Et ces êtres sans pénis !

07/07/2021 Comments off

Ne croyez pas que j’ai titré ainsi mon papier pour attirer votre regard lubrique. Non. C’est le titre du livre avec son point d’exclamation, Et ces êtres sans pénis !, de Chahdortt Djavann, romancière et essayiste iranienne, féministe, vivant en France après avoir fui son cher pays dévasté par les ayatollahs. Elle y a même fait de la prison à treize ans. Treize ans !
Pourquoi avoir appelé son livre comme ça ? Parce que sa naissance « sans pénis » a été une erreur. Une faute terrible que sa mère n’a jamais pardonnée. Imaginez : Avant elle, la mère avait un petit garçon magnifique, un ange, elle l’adorait. mais il est mort à onze mois. Drame absolu. Lorsqu’elle se retrouve enceinte, la mère est persuadée que c’est son petit ange qui revient. Elle est tellement heureuse dans cette attente. Hélas, il ne naît qu’un être sans pénis, autrement dit une fille. Premier drame de l’autrice. Et drame récurrent puisqu’en Iran, si tu n’as pas de pénis, tu as raté toute ta vie. Et même ta mort.
Ce livre douloureux, mais plein d’esprit, d’allusions au beau langage persan, nous conte le terrible destin de femmes iraniennes. Car une Iranienne n’a aucun droit. Quoi qu’il lui arrive, c’est sa faute. Les hommes, les flics, les maris, les frères, peuvent la frapper, la mutiler, la violer et la tuer, il n’y a pas mort d’homme, ce n’est donc pas grave. Dans ce pays où l’écrasante majorité des êtres sans pénis, dans son enfance, son adolescence ou sa jeunesse, a été violée ou a subi des attouchements sexuels; dans ce pays où aucune voix n’ose publiquement parler des abus sexuels, du viol ou de l’inceste; dans ce pays où des enfants sans pénis, dès l’âge de neuf ans, sont mariées avec des êtres avec pénis quatre fois plus vieux, sans que quiconque qualifiât cela de pédophilie; dans ce pays où les lois écrasent les êtres sans pénis, leur font porter un voile dès l’âge de sept ans pour ne pas exciter les hommes...
Chahdortt Djavann nous parle des émeutes où les mollahs ont coupé immédiatement l’Internet afin que rien ne transpire de la terribles répression où les gardiens du pouvoir étaient exortés à tirer à vue sur les manifestants. Rien n’a été dit ou vu sur les réseaux, de ces milliers de morts.
Chahdortt Djavann nous parle d’une jeune femme qui refusa d’être mariée (vendue) à un maire pour le bénéfice de son père, qui s’enfuit, vécut une histoire d’amour avec une femme sur laquelle l’homme humilié se vengea en projetant de l’acide pour dissoudre son visage. L’homme ne fut pas puni.
Chahdortt Djavann nous parle de cette ado de quatorze ans qui s’amusait avec ses copines autour d’une fontaine. Bien que voilée, mais rétive, elle fut embarquée violemment et punie puis cloîtrée par ses parents car en cas de récidive, on leur confisquerait leur appartement.
Chahdortt Djavann nous raconte aussi cette jeune fille qui, par bravade comme le font certaines, grimpa sur un poteau et ôta son voile. Elle fut attrapée, frappée et violée sauvagement par trois hommes, gardiens des lois.
Bien que grande amoureuse de la France, Chahdortt Djavann écrit : Je me sens coupable de vivre tranquillement en France qui a accueilli Khomeiny  — l’homme qui changea la face du monde. Je me sens coupable lorsque la France, l’Europe se mettent à table avec les dirigeants criminels de l’Iran. Le silence assourdissant du gouvernement français me fait mal. Le Pays de Droits de l’Homme ne dit mot.
Alors, pour alléger sa honte, sa peine ou sa colère, elle écrit un dernier chapitre où elle s’affranchit de toute règle littéraire (puisque nul ne suit de règles) une histoire en forme de conte mais d’un réalisme hallucinant où elle revient au pays, elle retrouve deux cousines guerrières déterminées avec tout une organisation révolutionnaire à mettre ce régime à terre. C’est dur, puissant et porteur d’un tel espoir !
Superbe livre qui aurait beaucoup à apprendre à celles qui, en France, décident de porter le foutu voile, ceux qui les obligent ou les y encouragent et beaucoup qui n’y voient qu’une histoire de colifichet.

Et ces êtres sans pénis !, de Chahdortt Djavann. 2021 aux éditions Grasset. 226 pages, 19,50 €

Texte © dominique cozette

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Un nouveau Iain Levison trop bien

05/07/2021 Comments off

Iain Levison, né en Ecosse mais vivant aux Etats-Unis m’a souvent régalée avec ses petits romans acerbes, drôles et quand même très critiques sur le rêve américain. Le dernier, Un Voisin trop discret, est un régal. Il n’est pas très épais mais les situations mises en scènes sont denses, explicatives et parfois cocasses. Il m’apprend des tas de choses au sujet des militaires qui œuvrent en Afghanistan, comment ils sont gradés, pourquoi il vaut mieux être marié et avoir un enfant pour monter en grade si telle est l’ambition de l’impétrant. Comment aussi une femme de soldat devine que son mari a été tué en service. Ce que j’aime beaucoup, c’est que cet auteur décrit aussi le point de vue des femmes. Bon venons-en au fait.
Il y a plusieurs héros principaux, a priori très loin les uns des autres, mais qui vont finir par se rencontrer de façon assez violente, inattendue et surtout cocasse. Le premier en scène est un homme très secret de soixante ans qui conduit un Uber, qui ne reçoit jamais personne chez lui, qui veut qu’on lui foute la paix. Problème numéro un : les foutues appréciations des clients. Parfois, à cause d’un pet de travers, il se retrouve dans la merde. Problème numéro deux : sa voisine, mexicaine peut-être, qui a laissé ses clés à l’intérieur et lui demande de l’aide. Une jeune femme avec un enfant dont le mari est en mission mais dont elle craint, à raison, le retour prochain.
Puis une jeune femme qui revoit un de ses amis de classe dans un bar. Elle est mère célibataire d’un môme de quatre ans affligé d’une malformation interne, or les soins, aux Etats-Unis, coûtent excessivement cher. Mais voilà-t-il pas que son ami, qui est gay, lui propose le mariage. Avantage pour lui : il pourra monter en grade plus facilement. Pour elle : un train de vie très attrayant avec prise en charge de tous les problèmes de santé du gosse. Tope-là, marché conclu. (Et ne croyez pas que c’est cousu de fil blanc et que le « mari » va devenir hétéro. Non, pas de ça ici !). La rencontre entre les deux maris, militaires, va produire des situations particulières, jusqu’au tragique.
C’est extrêmement bien construit. Outre une histoire pas banale, on y trouve les thèmes de nos tracasseries actuelles comme, je l’ai dit, les notations à tout va, mais aussi la gêne pour parler aux gens (ou des gens) sans les froisser car aujourd’hui, le plus petit mot peut ressembler à un crachat.
Quant à la fin, elle est jouissive. Le côté psy des héros s’y développe de façon logique mais complètement à côté de la plaque. Très fort ! Un régal, je vous dis.

Un voisin trop discret de Iain Levison. (Parallax, le titre original) traduit par Conchita Gonzales Batlle. 2021. Aux éditions Lana Léni. 220 pages, 19 euros.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #553′

03/07/2021 Comments off

Pas de Fessebouqueries cette fois, il y a des semaines comme ça où rien ne se passe, enfin presque rien, je reviens bredouille du marché des Gorges Déployées à part une grosse raie sur le côté repérée chez le marchand de poison et, comme vous, me mets à fustiger cette pauvre actualité qui n’a pas su intéresser mes fournisseurs habituels de rigoleries. Entre les lointains résultats burnant des urnes, ceux navrants d’un match loupé ou encore la saillie stérile d’un président « qui aime les jeunes » mais pas les crop-tops  des jeunettes—  en vieux français les brassières, ces petits hauts féminins de dix centimètres qui laissent voir le nombril  — rien n’a réellement inspiré nos humoristes habituels. C’est comme ça, vous êtes tous le nez dans les valises ou les résas pour août, vous oubliez de poster, voilà où on en est. Mais c’est le week-end, profitez bien, dear friends, même si une harassante soirée Biafine se profile chez les uns alors qu’il pleuvra chez d’autres, et comme l’a écrit NP :

« Je ne dis pas qu’il pleut beaucoup à Paris en ce moment. Je dis juste que si ça continue, la seule chose qu’on verra défiler sur les Champs Élysées le 14 juillet, ce sera l’arche de Noé. »

A la prochaine, donc !

 

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Amour filial, amour paternel, sacrée histoire

28/06/2021 Comments off

Elle se passe dans des coins précis de France, le Jura, Lyon, Siant-Claude, Oyonax, les lieux y sont cités, décrits, la nature s’y tricote, elle y tient un beau rôle. Le livre de Pierric Bailly s’intitule Le Roman de Jim. Jim n’est pas encore né lorsque Aymeric sort de prison pour des histoires de travaux irréguliers et revoit par hasard Florence, aide-soignante,  rockeuse de quarante ans, qui ouvre son manteau pour lui montrer son ventre. Elle est enceinte de six mois mais le père, marié ailleurs, est hors champ. Les deux amis de voisinage passent la soirée ensemble. Lui est, par choix, intérimaire, il aime les boulots qui ne durent pas trop et l’emmènent dans des domaines différents, scieries, supérettes, usines, travaux saisonniers. Pas le genre à se fixer, ayant déjà formé un « petit couple » avec une copine de classe.
Ils s’entendent si bien qu’ils ne cessent pas de se voir. L’amour avec le gros ventre ne le gêne pas mais il n’imagine rien au sujet du gamin. Il accompagnera la délivrance, aidera la mère comme il peut jusqu’à ce que l’amour pour le tout-petit lui tombe dessus. Et ça sera la grande histoire de sa vie, ce petit Jim. Tous les trois iront vivre auprès de la mère de Florence, veuve, râleuse mais connaissant tout sur les plantes et les bestioles du coin, dans une vieille ferme avec dépendances. La pêche, la chasse, les arcs, les balades en forêt, les réponses aux questions quand l’enfant les posera, Aymeric saura y faire, le petit l’appellera papa sans savoir qu’il ne l’est pas.
C’est très beau, très ordinaire aussi, très pétri d’humanité.
Mais voilà qu’un jour débarque le père biologique de Jim, effondré par la mort accidentelle de sa femme et ses enfants. Inconsolable, détruit, il demande juste un peu d’amitié. Jim a dix ans. Et c’est là que tout se complique, forcément. Il y aura de l’énervement, du malheur, un peu d’espoir, d’énormes chagrins,  plus plus rien, puis le temps qui passe avec des surprises pas toujours positives.
Très beau roman dont on voit les images comme dans un film, dont on peut partager les larmes, sur lequel surtout on s’interroge sur le rôle du père, de la paternité, sur l’amour filial. Et sur le mensonge lorsqu’il est, ou pas, justifié, pour l’intérêt de l’enfant malgré lui. Jim, je l’ai aimé, tout le monde l’a aimé, mais peut-être pas toujours de la meilleure façon. Pierric Bailly n’hésite pas à dire qu’il s’agit d’un mélodrame, d’une histoire sentimentale. Bourrée d’émotions, quoi. Bouleversante, oui, vraiment.

Le roman de Jim par Pierrick Bailly, 2021, aux éditions P.O.L.

Texte © dominique cozette

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Une vie étincelante

28/06/2021 Comments off

Une vie étincelante a été publié pour la première fois en 1932. L’autrice, Irmgard Keun (1905-1982) y conte l’histoire ultra-moderne d’une femme libre qui veut devenir une « vedette ». C’est son obsession. Elle ne voit pas sa vie autrement que dans le clinquant d’une existence éclatatante faite de mondanités, de richesse, de luxe. Elle vient de très bas, elle a beaucoup à gravir. C’est pourquoi elle fuit sa famille à dix-sept ans, sa petite ville moyenne et sans avenir pour intégrer Berlin (qui n’était pas coupée en deux, alors) et sa mine de possibilités pour quelqu’un comme elle, belle, attirante, sexy, qui n’a pas peur de se servir des hommes pour lui faire la courte échelle. Tout ce qui n’est pas « distingué » ne trouve aucune grâce à ses yeux, « distingué » est un mot qui revient tout le temps, comme on dirait « classe ». Il lui faut les superbes lieux, les théâtres, les bars où elle se fait offrir de délicieuses boissons par des hommes qui ont les moyens de lui faciliter la vie. Elle sait comment s’y prendre et ne rechigne devant aucun physique désagréable.
Un soir, elle a volé une fourrure à une femme, un petit-gris, et depuis, elle parade avec, s’aperçoit qu’elle brille dans cette tenue, qu’elle attire les regards, qu’elle est montée en grade… Mais si elle vole, elle aide aussi, elle compatit, elle n’est pas dénuée de morale. Elle sauve le mariage d’un homme dont elle s’est éprise, elle sait qu’elle en paiera les frais, se retrouvera seule et en bas de l’échelle.
Ce qui est drôle dans ce livre, c’est la liberté du ton et l’audace du propos. Mieux, ce sont des expressions et des pensées terriblement actuelles, de la pure provocation d’une femme qui ne craint pas le scandale.
C’est une libraire qui m’a conseillé ce roman, elle a décidé de le mettre en pile dans son échoppe et elle a bien raison car il le mérite. On se balade dans les lieux mythiques de Berlin, ses cafés, ses lieux où être vu. On se régale dans ses restaurants. On s’étonne qu’on puisse y vivre aussi librement quand on est une très jeune femme dans les années 30.
Irmgard Keun, l’autrice, a tout connu : l’exil, la gloire, la misère, l’oubli. Puis elle fut redécouverte en Allemagne dans les années 70, avec succès et adulée par de grands auteurs dont Joseph Roth.

Une vie étincelante (das kunstseidene Mädchen) d’Irmgard Keun traduit par Dominique Autrand fut publié par Gallimard en 1932 sous le titre : une jeune fille superficielle. Puis repris par Balland en 1982. Aujourd’hui, Les Editions du typhon, 2021. 206 pages, 19€

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #553

26/06/2021 Comments off

Une drôle de semaine vient de s’écrouler entraînant avec elle mille espoirs de mille candidats aux élections. La bonne nouvelle c’est que le match Lepen-Macron n’aura pas lieu, l’autre, c’est que Macron s’intéresse à notre belle jeunesse, mais oui, en lançant ses cruels et mutilants soldats à l’assaut de joyeux teufeurs alors que lui et Bribri bringuent à l’Elysée avec un jeune cerveau tout ce qu’il y a d’avisé et bourré d’idées, Justine Bibi, quelque chose comme ça, venu avec sa meuf en soutif. Bref, tout va bien, même si je n’ai rien compris au hashtag ennemisdelarépublique, mais heureusement que Bolloré et sa clique sauront nous expliquer tout ça sur sa radio, en toute objectivité. Renforcé par la clairvoyance des sondeurs, ces gens qui te foutent leur micro dans le cul pour savoir pour qui tu votes. Néanmoins, le week-end saura nous réconcilier avec la meilleure part de nous, la glotte, et son sens inné de l’absorption de liquides bien frais raisonnablement alcoolisés. Enjoyez-vous bien, dear friends !

- CEMT : Emmanuel Macron : « Et j’ai décidé de nommer Justin Bieber au poste de Marlène Schiappa, il ne dira pas moins de conneries mais en anglais, comme ça au moins personne comprendra. »
- OM : La gueule des jeunes dimanche quand ils vont s’apercevoir que Justin Bieber est sur aucune liste aux départementales…
- OB : « Emmanuel Macron a reçu Justin Bieber pour parler des questions relatives à jeunesse. » Les étudiants n’étaient pas disponibles, ils étaient occupés à manger des pâtes.
- JD : Trop hâte de lire la loi Bieber sur la réforme du CROUS.
- RR : S’il y a des antivax qui me lisent et qui veulent perdre les kilos du confinement, sachez qu’une heure après le vaccin j’ai perdu cinq kilos, que deux heures après, ma cellulite a disparu et que je viens de signer un contrat chez Elite. Après, c’est à vous de voir…
- GD : Cette jeunesse qui ne respecte rien, pas même la réception à l’Élysée de Justin Bieber.
- OM : N’empêche la leçon du jour, c’est quand même que c’est quand on ne vote pas qu’on fait le moins de conneries…
- RP : Ça fait un moment que je n’ai pas regardé le résultat des élections. Est-ce que Chaban-Delmas est passé ?
- OM : J’ai voté et du coup je me sens aussi bizarre qu’un vacciné au concert de Francis Lalanne.
- DC : RN et LREM dans les choux. A quoi on va faire barrage lors des présidentielles, alors ?
- LO : Mais du coup, Macron il va pas se présenter ou il va aller prendre une mandale monumentale en 2022?
- BG : Macron, deux gifles en 10 jours, c’est sans doute beaucoup. Calmons nous. Pensons coup de pied au cul, un peu, que diable.
- CEMT : Trois jours de deuil décrétés sur CNews suite aux résultats du RN.
- LJ : J’attends avec impatience le prochain sondage à 131% de popularité pour Macron.
- CEMT : C ‘est quand même curieux qu’au terme d’une campagne où les candidats n’ont parlé que de leurs ambitions présidentielles et ont passé leur temps à s’engueuler sans prendre une minute pour expliquer à quoi servait un département ou une région, les gens en viennent à s’abstenir.
- JM : Trente Français tirés au sort pour aller voter au 2ème tour.
- LO : Je crois que LREM devrait envisager de créer un numéro vert pour sauver LREM.
- NP : Vous noterez que le RN a appelé ses électeurs à se réveiller, pas à réfléchir. Parce que faut pas déconner quand même.
- NMB : Je n’ai pas télétravaillé depuis le début de l’année, je ne suis pas encore allé boire un coup en terrasse, je n’arrive pas à faire tenir mon portable sur mon bras au niveau du vaccin et en plus je suis allé voter ce matin. Faut être lucide, j’ai tout foiré 2021 pour le moment.
- RT : Je me trompe ou l’endroit où LREM fait son pire score, c’est celui où Macron s’est déplacé avec tambours et trompettes et où il a présenté un paquet de ses ministres ? Quelqu’un a une explication ?
- MP : « Des hommes se sont battus et ont donné leur vie pour qu’on ait le droit de vote ». Ouais bah ils connaissaient pas Mariani, Pécresse ou Wauquiez, sinon ils se seraient pas fait chier, hein ?
- LJ : 97% des électeurs n’ont pas voté pour LREM. Le message est clair non ?
- DC : Il faudra arrêter de dire la majorité présidentielle pour parler de la minorité présidentielle.
- LA : « Tu prends un petit, gros, moche, chauve et tu te le fais piquer quand même » (Valérie Trierweiler).  J’ai failli recracher mon thé.
- CD : Donc Emanuel Macron reçoit Justin Bieber en grande pompe à l’Elysee et, en même temps, gaze et matraque les jeunes qui font la teuf pour la Fête de la Musique…..Mais selon Mac Fly et Carlito, Macron est le président des jeunes….
- HC : Donc hier après l’effondrement de la démocratie, Môssieur est allé à la Samaritaine, a pris le thé avec Justine Bieber, il s’est aussi offert un petit concert de Jean Michel Jarre. Il a noté dans son journal : « rien ».
- PA : Bien sûr qu’il était dopé, Armstrong ! Le mec, il gagne sept tours de France, marche sur la lune, et joue de la trompette !
- LJ : Christophe Barbier propose de supprimer le droit de vote aux abstentionnistes. Commençons par interdire l’écharpe rouge.
- ES : Les Rémois se plaignent des inondations mais ils ont élu un maire dénommé Arnaud Robinet. Y a un moment, il faut assumer, hein.
- BOR : Les brigades de CRS seront en tournée dans toute la France cet été avec distribution de goodies dans ta tronche, surtout si tu es jeune, teufeur ou punk à chien !!!
- GD : Un groupe de musiciens boliviens joue avec entrain devant le marchand de café, en bas de chez moi. J’ai l’impression qu’El Gringo va surgir à tout moment.
- OB : Encore un matin en grève sur Europe 1. L’ami du petit déjeuner, l’ami Bolloré.
- ES : Déclaration d’Anne Hidalgo lors de l’inauguration de la Samaritaine : « C’est beau, mais je préfère quand même le Bazar de mon Hôtel de Ville ! »
- GG : Ma mamie a 104 ans. Aujourd’hui, elle est allée voter avec son déambulateur. « Je me souviens très bien de la première fois où nous les femmes avons eu le droit de vote, alors ne comptez pas sur moi pour m’en priver maintenant ! »
- LSS : Macron, il est incroyable. On lui dit « un écolo » il prend Nicolas Hulot, on lui dit « la justice » il prend Dupont-Moretti, et pour savoir ce que pensent « les jeunes » il choisit Justin Bieber. C’est pas un politique, c’est Google image !
- PA : Au supermarché, j’ai demandé à ma femme si on pouvait acheter une caisse de bière à 25 euros. Elle a dit non et s’est pris un pot de crème revitalisante à 30 euros. Je lui ai dit que la bière m’aiderait plus à la trouver belle que sa crème. C’est là que la dispute a commencé.
- ADS :  —  Est-ce que l’épilation fait mal ?!!  —  Cela dépend de la région…  —  Je suis d’Amiens…!
- RR : Selon une étude américaine, il existerait plus de « variants Valls » que de « variants Covid ».
- CEMT : Gérald Darmanin : « Je n’ai aucun problème avec cette enflure d’Eric Dupont-Moretti. Et quand je dis enflure, c’est affectueux, n’allez pas dire que je n’aime pas ce gros connard. »

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

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Encore un Goolrick

21/06/2021 Comments off

L’ayant découvert depuis peu et fortement apprécié avec sa vie de dingue (voir sur mon blog), je me suis ruée sur Arrive un vagabond, un autre livre de Robert Goolrick, une fiction cette fois. Ce vagabond s’appelle Charlie, il débarque dans ce bled de Virginie en 1948. On ne sait qui il est ni d’où il vient ni ce qu’il a fait avant mais un couple au grand cœur l’accueille avec bienveillance. C’est Will, le boucher du village, sa femme Alma et leur petit garçon de sept ans, Sam. L’amitié naît peu à peu entre eux, d’autant plus que Charlie a été boucher dans une vie antérieure, il possède ses propres outils et est bien plus méticuleux que le patron. Il est très bien vu de la clientèle principalement féminine car il est bel homme, aimable et galant. Il s’attache au petit Sam qui le lui rend bien car il connaît les réponses à toutes ses questions, il l’emmène dans la campagne, à la pêche et tous les mercredis à l’abattoir.
Une superbe jeune femme passe à la boucherie, vêtue comme une star de cinéma. C’est Sylvan Glass, la femme achetée par Harrison Glass, le richissime gros bonhomme du coin. Le coup de foudre est immédiat mais l’histoire entre eux deux mettra un peu de temps à s’installer. Le petit Sam  sera complice du secret, Charlie fera tout ce qu’il peut pour doter cette femme à l’insu de son mari qu’elle ne peut pas quitter à moins de risquer la vie des siens. Mais le danger sera de plus en plus grand, la menace de plus en plus prégnante.
Ce qu’on peut appeler un mélodrame, c’en est un effectivement, n’a rien de gnangnan sous la plume brillantissime de Goolrick. Et c’est assez déroutant de le voir plancher sur une histoire d’amour, aussi volcanique soit-elle, sans aucun cynisme. Une épopée au premier degré mais extrêmement fleurie et superbement mise en valeur.
Une préface de l’auteur explique que tout ce qu’il raconte est vrai, sauf que ça s’est passé en Grèce, dans une île minuscule.
Moi, ça m’a plu, c’est personnel et j’ai l’impression certainement fallacieuse qu’il a écrit ce roman à destination des femmes.  Des femmes pas gnangnan, attention !

Arrive un vagabond de Robert Goolrick. (Heading out to Wonderful traduit par Marie de Prémonville). 2012 (Grand prix des lectrices de Elle) aux éditions 10/18. 354 pages.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #552

19/06/2021 Comments off

Oh la la, ça décoiffe cette semaine ! On joue sans masque, autant dire sans filtre ! Rendez-vous compte ! Des footeux qui font tomber Coca, et ce n’est pas du ruissellement, des vaccinés de souches différentes qui envisagent de se mélanger, un couvre-feu qui ne couvre plus aucun feu d’action, des élections qui heu non comme d’hab, des Russes qui font bosser un mec spécialisé dans les emplois fictifs de sa meuf, Coluche qui continue d’être raide mort, Castex qui relâche tout ce qu’il peut, ah lala. Quoi d’autre pour se consoler ? Lalanne brait avec le meugleur Bigard mais ça n’est rien à côté de visages démasqués qu’on avait fantasmés tellement plus séduisants. En gros. Mais c’est le week-end, on démêle le bien du mal et on arrête de se faire des cheveux pour tous ces problèmes dérisoires solubles dans un bon petit verre de rosé… Tchin tchin à vous !

- ES : Quand tu arrives chez le coiffeur avec la tête d’une rescapée de Guy Georges qui viendrait tout juste de se décoincer les cheveux de sa braguette, et qu’il te demande innocemment « on les coupe aujourd’hui ? » Tu la sens la suffisance du mec qui a ta vie sociale entre les mains ?
- MK : Hier midi on apprend que le masque n’est plus obligatoire en extérieur, mais pas dans les cours d’école. Hier soir, patatras, le masque n’est plus obligatoire dans les cours d’école. Dites, dans les chiottes des écoles, collèges et lycées, on doit porter le masque ou pas ? Ou on se contente de la pince à linge sur le nez à cause aux odeurs ?
- ES : Si j’étais à la tête du gouvernement, les femmes auraient, chaque mois, un jour de congé pour pouvoir exfolier leur peau, se faire des masques hydratants et s’épiler. Et je le financerais en taxant les films porno et les matches de foot. Voilà, je tenais à le dire.
- OVH : Roland Garros, deux profils : l’un grec, l’autre taillé à la serbe.
- NP : On baise, on baise et puis un jour… On se retrouve à faire un FaceTime dans le rayon hygiène féminine pour que sa fille puisse choisir sa boîte de tampons.
- TC : Mon boulot : Reprise en « présentiel » obligatoire un jour par semaine. Moi => tout seul au bureau. Donc le lundi, je ne suis en présence de personne. Ça compte quand-même ?
- LP : Si Macron n’est pas réélu, il partira avec ses cliques, parce que ses claques il les a déjà eues.
- CC : Les autorités : « nous interdisons les télévisions grand format » Les bars : « on a installé dix TV au lieu d’une »
- ADS : Est-ce que quelqu’un sait si les vaccinés avec Pfizer peuvent coucher avec les vaccinés avec Moderna ?!
- OM : Vous avez vu l’impact de Cristiano Ronaldo sur du Coca ? Alors imaginez celui qu’il pourrait avoir en boycottant la Coupe du Monde au Qatar… Mais imaginez seulement.
- NP : Quand tu vois l’influence que peut avoir une star du foot sur les marchés financiers, tu te dis qu’ils pourraient vraiment faire changer des choses s’ils s’impliquaient politiquement. En dénonçant le racisme par exemple. Mais je ne sais pas pourquoi je dis ça…
- RP : Le retour du président en Côte d’Ivoire s’est fait calmement. On l’a appelé « le Gbagbo de croisière » !
- CEMT : Fillon bientôt membre d’un groupe pétrolier russe. Franchement, c’est pas très prudent : dans deux ans Poutine va être obligé de courir après Fillon pour lui dire de rendre le pétrole.
- PDJ : Demain c’est la fin des masques en extérieur mais ne nous voilons pas la face, le virus avance toujours masqué.
- SO : J’aime déjà pas les hommes mais en été ils sont plus répugnants que jamais. Torse nu, ou la main sous les vêtements pour se gratter, ils sont à deux doigts de se gratter le nombril en terrasse, affalés en manspread. En plus de leur sueur dégueulasse.
- CEMT : Le couvre-feu se termine juste à temps pour la fête de la musique, on pourra donc se taper des reprises d’Oasis au biniou toute la nuit, merci Castex.
- NP : Si vous voulez une preuve de plus que la vieillesse est un naufrage, rappelez-vous que quand il était jeune, Francis Lalanne était ami avec Léo Ferré, alors que maintenant il est pote avec Bigard. Voilà…
- MK : Ne jetez pas les masques qui vous restent : ça servira à l’automne, au quatrième confinement !
- OB : Si j’étais vous, je mettrais toutes mes actions chez L’Oréal demain. Le cours du rouge à lèvres va exploser.
- DA : 1er jour sans masque en extérieur, la jolie brune à la chevelure ondulée que je salue chaque jour devant ma boulangerie est en fait un joli brun moustachu.
- JB : Pris dans son élan, Jean Castex invite désormais tout le monde à sortir à poil en fumant des pétards, et programme l’hologramme de Bob Marley à la fête de l’Huma.
- CEMT : —  C’est quoi le sujet du Bac philo ? —  « Discuter, est-ce renoncer à la violence ? »  —  C’est quoi discuter ? —  Aucune idée.
- RP : Warner vient d’acquérir le catalogue de David Guetta pour cent millions d’euros. Ça fait tout de même cinquante millions d’euros la note !
- SF : Un ancien président de la République Française, un ancien premier ministre condamnés à de la prison ferme et tant d’autres élus corrompus, ça donne vraiment envie d’aller voter dimanche pour élire la racaille.
- CEMT : En fait le projet de Bolloré c’est de détruire tous les médias où Coluche est passé.
- EF : Aujourd’hui, ma femme a fait un sondage dans sa classe de CE1 : 15 élèves sur 22 ont télé + console dans leur chambre. Les meilleurs élèves n’en font pas partie. CQFD.
- BI : Je trouve notre société beaucoup trop violente envers tout ce qui est festif ces dernières années. Notamment envers les fêtes qui ne peuvent pas lui rapporter le moindre euro.
- NP : Cycliste mon frère (ou ma sœur), j’ai une dure révélation à te faire : tu ne peux pas taper un texto ET faire du vélo en même temps. Tu crois que tu peux. Mais tu ne peux pas. Tu zigzagues comme une otarie bourrée à la bière et tu es dangereux pour toi, et surtout pour moi.
- DC : On a dit qu’on pouvait tomber le masque dans la rue. On n’a pas dit qu’on pouvait tomber le masque sur les trottoirs, bande de dégueulasses !
- JPT : Même quand ils perdent, ce sont toujours les Allemands qui marquent.

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Categories: Fessebouqueries

Passion flamboyante

17/06/2021 Comments off

Brigitte Kernel, dont j’aime tellement le style quand elle nous raconte les gens connus, a choisi le petit bout de l’oreillette du cœur de Baudelaire pour parler de cet immense poète. Et à côté de l’oreillette, il y a le ventricule qui, comme son nom l’indique, n’est pas un pur esprit. Dans Baudelaire et Jeanne L’amour fou, il y a tous les ingrédients pour décrire une passion amoureuse et érotique. Une femme très sensuelle, portée sur le sexe des hommes mais aussi des femmes, comédienne, qui sait convaincre, aguicher, tricher, jouer de son mystère car, petit oiseau des îles, c’est une « mulâtresse » qui ne révèlera jamais rien de son passé. La société d’alors (pourquoi d’alors ?) étant passablement raciste, Baudelaire a dû se battre bec et ongles pour imposer leur relation, pour amener la femme qu’il aime dans les sorties, au théâtre, au café et faire admettre à sa maman chérie que c’est l’amour de sa vie.
Donc cet homme, pas encore célèbre mais déjà très pénible, jaloux et coléreux, doit ravaler sa fierté lorsque Jeanne se fait entretenir par quelques amants fortunés afin de leur permettre à tous deux de vivre sur un grand pied. Tous deux, en effet, aiment les beaux vêtements, les étoffes précieuses. Ils n’arrêtent pas d’acheter ou de se faire couper de magnifiques tenues, d’acquérir des beaux objets pour meubler leur nid. Mais comme ils se déchirent en permanence, ils se séparent puis prennent un nouveau logement ensemble qu’il faut bien sûr, somptueusement décorer. Heureusement que la chère mère est là avec sa fortune pour aider car pour l’instant, Baudelaire ne gagne rien. Il mettra du temps à publier son premier recueil de poèmes, les Fleurs du mal, qui sera vivement critiqué.
Donc ils ne peuvent vivre ni avec, ni sans l’autre. Lui ne se prive pas d’aller voir ses prostituées quand elle est avec d’autres, elle ne se prive pas de le rabaisser sur ses exploits sexuels. De plus, et c’est d’époque, il souffre constamment à cause de la syphilis, il fatigue, ce qui n’arrange pas son caractère ni sa patience.
Cependant, les poèmes que lui inspire Jeanne sont magnifiques, il les lit dans les soirées et sa réputation ne cesse de grandir. Elle l’encourage et le soutient, jusqu’à la dispute suivante. C’est une gouailleuse, une fille du peuple, une femme libre qui fait ce qu’elle veut et dit ce qu’elle pense. C’est la femme de sa vie et lorsqu’il est malade et elle aussi, il continue de prendre soin d’elle, de s’assurer qu’elle a ce qu’il faut pour vivre et se soigner. Une histoire bouleversante, agrémentée ici d’extraits de courrier et de poèmes, et de notes explicatives. Passionnant.

Baudelaire et Jeanne L’amour fou de Brigitte Kernel aux éditions Ecriture, 2021. 292 pages, 21 €

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Un bref instant de splendeur

12/06/2021 Comments off

Un bref instant de splendeur pourrait aussi qualifier le temps qu’on a pris à lire cette histoire de Ocean Vuong. Cet auteur est principalement un poète, c’est son premier roman, empreint de pure poésie frôlant l’impressionnisme. C’est extrêmement virtuose, avec des sauts, des coupes, des ellipses, parfois au détriment d’une compréhension paresseuse mais chaque fragment irradie d’éclat, une parcelle de ressenti, une traîne de sentiment ou de ressentiment. Et il y a de quoi. Le narrateur est un jeune métis, petit-fils d’un GI et d’une paysanne vietnamienne qui a elle-même mis au monde une fille, mère du garçon, analphabète, paumée, violente et aimante à la fois pour ce môme avec qui elle partage sa pauvre vie aux Etats-Unis. Elle travaille dans une onglerie. La grand-mère quant à elle est schizophrène mais attachée à ce garçon. Elle vit toujours avec américain, ex GI lui aussi qui sert de grand-père au garçon : elle était enceinte de quatre mois quand ils se sont mis ensemble.
Ce livre explique la construction du garçon qui n’a jamais trouvé sa place. Déjà, son métissage l’empêche de faire partie d’un des deux camps, trop clair pour être asiate, trop foncé pour être américain. Il y a ce racisme de base, mais aussi le rejet dû au fait que sa mère, ou sa grand-mère, a couché avec l’ennemi. Puis il y a aussi un problème de classe sociale et son plafond de verre, qui lui faut assumer coûte que coûte. Et enfin, dernière malchance pour lui : il s’aperçoit très tôt qu’il est gay. D’autres, en classe, s’en sont aperçus en même temps que lui et le harcèlent cruellement. Il s’appliquera alors à devenir invisible, à ne pas exister pour les autres.
Dans ce marigot peu accueillant, il va toutefois rencontrer, durant son adolescence, un jeune garçon blanc et, ensemble, ils vont tracer leur voix, irrégulièrement, secrètement. Le partenaire vit avec un père violent et alcoolique dans un vrai taudis. C’est quand le bonheur ? peut-on se demander à juste titre. On se doute que ce n’est pas pour demain… Certains passages sont magnifiques, encensant le naturel, le beau, d’autres sont crus, comme la souffrance animale et les premiers rapports sexuels des deux garçons. Néanmoins, ce texte déborde de tendresse et d’émotion.
J’ai passé sur la chose la plus importante : le livre est une lettre qu’il écrit à sa mère, pour lui dire tout ce qu’il ressent, ce qu’il ne lui a jamais dit, ni raconté, ni avoué. parfois, le ton de la lettre disparaît pour nous laisser en prise directe avec ce qu’il ressent. Malgré tout, c’est une confession à la fois pleine de pudeur et dérangeante, et le plus fort, c’est que sa mère ne la lira jamais, puisqu’elle se sait pas lire, qu’elle est très seule et qu’à part son fils, personne ne communique réellement avec elle. Ça m’est difficile d’en dire plus car si le fond est prenant, la forme tient une grande place dans l’intérêt pour ce livre et je ne sais pas vraiment développer. Arghhh…

Un bref instant de splendeur (On earth, we’re briefly gorgeous 2019) de Ocean Vuong. 2021 aux éditions Gallimard, traduit par Marguerite Capelle. 290 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #551

12/06/2021 Comments off

L’élégance de l’image ci-dessus illustre bien la semaine passée. La violence des balles de fond de court vaut bien celle de la tarte tatin offerte avec délicatesse à notre bien aimé président ou celle, plus rigolote, à base de farine sur un élu qu’homard avait « tuer ». Rassurez-vous, il y a aussi nos  groniqueurs baveux qui vomissent leur haine à tire larigot  sur nos écrans, beurkifiant tout sur leur passage. Nous en sommes là, le cul entre deux couvre-feux, celui des riches sans trous dans la raquette (cette nouvelle expression journalistique) et celui des djeunes qui rattrapent les bals perdus. Ce n’est papad’cito qu’on goûtera un peu de sérénité dans cette tarte-up nation, mais il fait beau, le rosé est au frais, rien ne saura troubler la fin de ma phrase ! Bon week-end et tchin, dearest friends…

- JV : J’en ai plein le cul des fachos. Je crois que j’ai des Zemmouroïdes..
- RR : Ne m’énervez pas ce matin. Séance d’essayage des fringues d’été, taille ère pré-Covid.
- OB : Éric Zemmour et Raphaël Enthoven qui parlent de féminisme, c’est un peu comme si Fabien Barthez parlait de brushing.
- AO : Dans quelques instants, quelqu’un va faire la blague de la tarte à Tain. Voilà. Dans quelques instants, quelqu’un va faire la blague de la tarte à Tain. Voilà. Dans quelques instants, quelqu’un va faire la blague de la tarte à Tain…
- NP : Je ne sais pas quelles sont les étapes prévues pour le Tour de France de Macron, mais vu qu’il s’est pris une tarte à Tain, je rêve qu’il aille à Poil et à Montcuq.
- NV : Quelle inconscience ce citoyen qui gifle le Président ! Quelques centimètres à côté et Macron aurait pu perdre un œil, alors que c’est le privilège des CRS d’éborgner les gens.
- FR : En démocratie, les baffes, ça se met dans les urnes.
- EB : La tarte-up nation.
- GP : Macron à donc pris une tarte à Tain aujourd’hui. Il en était tout retourné.
- DDS : Pensée pour le type qui a baffé Macron qui va passer sa soirée de garde à vue à signer des autographes aux flics.
- SN : Je sais pas vous, mais moi j’en ai ma claque de cette année !
- ET : La baffe sur Macron c’est comme les chips avec le coca : c’est bon, mais c’est pas bon.
- DC : Dans le cas présent, peut-on sépare l’homme du président ?
- MK : Jésus, lui, a tendu l’autre joue !
- HBS : Il y a plus de Français dans l’espace qu’en deuxième semaine de Roland Garros !
- AL : Mélenchon complotiste / Papacito appelant au meurtre / Enthoven lepéniste / gifle au PR, le tout en 48h : qu’elle va être dure et longue cette année électorale.
- RR : J’ai entendu mon voisin algérien dire qu’il allait voter Le Pen. Apparemment ça ne le gégène pas.
- MK : Le gifleur de Tartatain en comparution immédiate dès aujourd’hui. Quant à Benalla, euh… C’est que, voyez-vous, les tribunaux sont un peu encombrés en ce moment !
- MK : 18 mois de requis pour une tarte ? Qu’est-ce que c’est que cette justice de mous du gland ? J’aurai requis le bûcher, moi. Ou l’écartèlement ou, que sais-je, l’empalement ! Ou une nuit avec Brigitte…
- PA : Quand j’avance doucement, peut-on dire que j’ai une démarche administrative ?
- RR : Paris, c’est comme un homme ou une femme, on lui trouve tous les défauts quand on ne l’aime plus et les plus beaux atours quand la passion bat son plein.
- GD : Pas encore de loi votée en urgence au Parlement contre le séparatisme des adeptes de combats médiévaux à l’épée et lecteurs de « Mein Kampf » ?
- OM : Les voisins du gifleur sont abasourdis : « jamais on aurait pu imaginer ça, c’était un homme discret et courtois qui filait la laine, chassait le cerf et troussait la gueuse… »
- PA : LE G7 : Plus de 10.000 policiers pour surveiller sept personnes ! Je les savais dangereuses, mais quand même…
- NP : Tout ce qu’il faut savoir sur le niveau intellectuel de Papacito c’est qu’il croit que, quand on te coupe la tête, ça fait plus mal si elle tombe sur du bitume que dans le sable… Voilà…
- RT : —  Pourquoi les tribunes étaient vides les autres soirs à Roland Garros ? —  C’était réservé à ceux qui ne fraudaient pas les impôts.
- PA : Je plains les riches, ils ont de quoi vivre dix vies mais ils n’en ont qu’une. Nous au moins on sera content de crever.
- RT : Le Grand Macron Suprême a décidé d’annuler le couvre feu pour les bourgeois parisiens qui assistaient au match de Roland Garros, d’un claquement de doigts. C’est plus le Président de la République, c’est le général Tapioca dans Tintin.
- AX : Roland Garros couvre-feu prolongé, sage décision du préfet. Personne ne voulait voir des hooligans en polo Ralph Lauren mettre le feu à des Mini Cooper secteur Porte d’Auteuil.
- SA : Du coup cette année ça sera les Pas-après-23h du Mans ?
- GD : Je découvre, dans mes mentions, les défenseurs du tennis-qui-n’est-pas-du-tout-un-sport-de-droite. Hâte de me colleter avec ceux du golf-qui-défend-les-masses-laborieuses.
- SY : François de Rugy, tête de liste LREM, porte plainte après avoir été enfariné à Nantes. Il voulait être blanchi, c’est fait.. Fin de la blague !
- MZ : Pour fêter la dérogation à Roland Garros, Jean Castex viendra faire le ramasseur de balles au cours du 4e set.
- AD : Si j’ai bien suivi l’histoire du jour, après avoir liquidé l’esprit Canal, les Guignols, iTele et ses supers animateurs pour mettre à la place Zemmour et toute la fachosphère, Bolloré vient d’assassiner le foot français, j’ai bon ?
- CEMT : Les gens, après avoir acheté comme des malades chez Amazon pendant un an et demi : « Tiens, c’est curieux, comment ça se fait qu’Amazon rachète tout ? »
- JF : « J’ai une intolérance au gluten. » François de Rugby porte plainte.
- PM : J’ai rencontré hier une personne qui n’avait pas de compte Twitter… vous imaginez… la sérénité ?
- SO : Il est sympa Macron, il fait une vidéo avec des youtubeurs débiles pour séduire les jeunes, puis il les fait gazer aux Invalides. Alors les jeunes ? Sympa macron?
- CC : Je comprends qu’on bosse tous pour une planète plus propre mais pourquoi ne pas commencer par les toilettes du train. Merci.
- BR : François de Rugy enfariné par une femme au cri de « Rends le homard ! »
- OM : Je me rappelle plus, l’air qu’on respire appartient déjà à Amazon ou pas encore ?
- KA : Cherche éditeur.trice intéressé.e par la publication d’échanges épistolaires avec l’URSSAF Limousin. Deux ou trois volumes. Suspens insoutenable. Fort potentiel.

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Les Fessebouqueries #550

05/06/2021 Comments off

Cette première semaine de déconfinement serait-elle une semaine de déconfiture pour nos fringants french tennismen ? Hé oui ! On ne va pas chanter Gare au gorille pour célébrer Brabra mais Gare au Garros ! C’est quand qu’on gagne, comme on dit aussi à l’Eurovision ? Comme ils disent aussi aux régionales mais on s’en fout bien quand on sait que Macron nous invite à passer des vacances bien d’cheu nous, dans ce beau pays où on harcèle les meufs, où on parcoursupe notre belle jeunesse, où on panne nos numéros d’urgence, où on bolllorise à coup de pied OQ les gêneurs d’Europin, où on perd son disque dur de ministre, notez c’est moins grave que de perdre son maroquin, et enfin où on teste le rassemblement indochinois, qui n’a rien de national, çuila, ouf. Profitez bien du soleil, du rosé, des grillons, des grillades, dans trois dodos, on saute les grillages, je veux dire les barrières. Bisous et tchin !

- RR : Demain j’ai un déplacement en Bretagne. J’ai pris tellement de cellulite que j’ai peur qu’on me confonde avec un kouign-amann.
- OM : Je veux pas relancer la polémique mais ça fait quand même 5 ans, 2 mois, 3 jours et 21 minutes que Karim Benzema n’a pas marqué en équipe de France..
- RR : Le tennis français à Roland Garros, on dirait moi quand je n’avais droit qu’à un seul tour de manège.
- JV : Contre les fake news, il serait urgent d’inventer le fil à couper le leurre.
- TC : Le correcteur d’orthographe qui te laisse écrire « J’en étais dur ! » Mais bordel y a pas une I.A pour t’empêcher d’écrire des conneries à ta cheffe ?
- LAP : Comme on a plein de boulot, ma patronne a demandé de lever le doigt à celles qui voulaient retarder les congés. On a toutes levé le doigt mais c’était le majeur.
- ST : Je vous laisse juger cette punchline de Christian Jacob dans le Figaro : « Si nos candidats ne gagnent pas, ce sont nos adversaires qui l’emporteront. »
- CEMT : « Ne vous inquiétez pas, je vais gérer cette affaire de numéros d’urgence comme j’ai géré le COVID, dans moins de cinq ans c’est réglé. » (Jean Castex)
- RR : Je viens de me rappeler que l’an dernier, à la même époque, on nous recommandait presque de jeter notre machine après chaque lavage de masques.
- CEMT : Les candidats du RN, c’est un peu comme une pochette surprise mais où il n’y aurait que des mauvaises surprises.
- NMB : Les terrasses sont ouvertes, les températures sont de saison, il n’y a presque plus aucun joueur français à Roland Garros après quatre jours de tournoi, il semblerait que la vie reprenne doucement son cours normal.
- OM : Astucieux cette idée de faire jouer les Français de nuit et sur des chaînes payantes pour que plus personne ne les voit perdre.
- JT : Tu sais que tu as vécu une année de merde quand les gens sont heureux d’aller voir un concert d’Indochine.
- LM : Le non-renouvellement d’Anne Roumanoff à Europe 1 n’a rien à voir avec ses déclarations anti-Bolloré, mais en raison de la faiblesse de ses audiences, qui « n’ont cessé de dégringoler », dit une source interne.
- GD : À part le participe passé, je ne vois pas un truc moins respecté que le couvre-feu de 21 h.
- JM : Comme par hasard, ils ont juste volé le disque dur dans lequel Marlène Schiappa gardait toutes les mesures concrètes et efficaces pour faire avancer les droits des femmes. C’est vraiment dommage cette histoire.
- NMB : Force est de constater que Yannick Noah est au simple Messieurs de Roland Garros ce que Marie Myriam est à l’Eurovision
- LAP : Amis juifs et musulmans, pourquoi détruisez-vous ce que Dieu a créé ? La peau de la bite par exemple ?
- OM : En tous les cas avec cette affaire Mila, on n’en sait pas beaucoup plus sur l’existence de Dieu mais on sait déjà qu’il a au moins treize trous du cul.
- CEMT : PPDA, trois nouvelles plaintes dont une pour viol. Du coup c’est chaud pour lui, il risque à la fois d’être réengagé par CNews et de devenir candidat du RN ou ministre de l’intérieur.
- BR : Macron nous demande de rester en France pour les vacances. Il ne m’empêchera pas d’aller à l’étranger : et même jusqu’en Bretagne
- PN : Je suis en week-end avec maman et son chéri. On entend maman gueuler : « Mais plus vite !! VA PLUS VITE J’TE DIS ! Plus vite ou je t’enlève le fouet !! » Ils font une mayonnaise.
- JM : Roland Garros c’est pas un tournoi, c’est un AirBnB. T’as les étrangers qui arrivent, on leur file les clés et on leur dit qu’on repasse dans 2 semaines pour l’état des lieux.
- EP : On m’a invitée à un brunch dimanche matin. J’ai une tête à payer 50 € pour tremper deux mini-croissants bio et un pancake au sésame mou dans un bol d’eau chaude, en bermuda pastel et Stan Smith ? Dimanche, je serai au rayon barbeuc du Carrouf avec le caddie ras la gueule de bières.
- LaP : Il n’y a aucun mal à donner la tétée en public, sauf si le bébé a 30 ans.
- PH : Hop ! Sixième injection de Pfizer et troisième de Moderna. J’approche d’un taux de protection de 300%. Hier encore, j’ai immunisé toute la piscine municipale en pissant dans l’eau.
- NP : Trois semaines après ma première injection, je dois reconnaître que les anti-vax ont raison : il y a des effets secondaires non annoncés dans les études. Par exemple, le fait d’être totalement serein quand ta fille est détectée positive. Parce que tu es vacciné.
- OB : Une pensée pour tous les ados qui ont passé des heures sur les jeux vidéos au lieu de bosser, alors que le vrai boss final, c’était Parcours sup.
- PE : Les Brigitte se séparent : l’une va garder les couplets, l’autre les refrains.

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Au fou !

31/05/2021 Comments off

Joy Sorman a passé tous les mercredis pendant un an dans deux unités de soins psychiatriques qu’elle a appelés, dans son livre A la folie, le pavillon 4B d’un hôpital psychiatrique (HP). Elle a donc côtoyé « les fous », schizophrènes, psychotiques, bipolaires, suicidaires et autres inadaptés de la vie courante d’aujourd’hui. Car avant, l’idiot du village ou le crétin des Alpes  étaient non seulement tolérés mais souvent fréquentés avec bienveillance. Ce n’est d’autant plus le cas que maintenant, on te les fiche en tôle pour cause de diminution drastique de chambres dans les HP et surtout de personnel, remplacé par d’impossibles et inhumains protocoles administratifs, comme partout dans les services publics. Mais ici, c’est encore plus cruel car chaque patient a une histoire. Chaque patient a une demande. Chaque patient est atypique. Mais tant pis pour lui, pour eux. On préfère les calmer, c’est tellement facile avec la panoplie de médocs sur lesquels les labos se font du blé : ici, le « soin » est dicté par la toute-puissante « gorgone administrative ».
Mais le livre de Joy Sorman n’est pas, au premier chef, un essai critique, c’est un reportage sur ce qui se passe derrières les portes closes des HP. Ce n’est pas réconfortant, on s’en doutait un peu. D’abord, on est accueilli par cette odeur de collectivité et de macération, de légume bouilli et de détergent, de sauce refroidie et d’inquiétude. Puis très vite, on croise cette société non désirée qui se manifeste comme elle peut, faute d’avoir les mots, le vocabulaire, la distance, le recul pour pouvoir en parler comme un malade à son médecin. Chaque résident.e est un personnage, avec son mode d’emploi (le transgresser peut être extrêmement déstabilisant, voire dangereux). Toucher, ne pas toucher, répondre, ne pas répondre, ne pas demander comment ça va, ne pas entrer dans son jeu, il faut être très attentif aux codes.
Les aides-soignant.e.s sont ceux qui les connaissent le mieux mais qui, paradoxalement, ne sont pas décisionnaires. Alors qu’avant il était simple d’autoriser un malade à faire ci ou ça, une pause cigarette, sortir en ville, choses anodines, il faut maintenant demander l’autorisation en haut lieu sans garantie de réponse. Déstabilisant et contre-productif.
Il existe aussi, dans cet HP comme certainement dans les autres, une chambre d’isolement. Il accueille les personnes trop violentes, trop dissidentes, qu’on n’arrive pas à raisonner ou à calmer. Il arrive que des malades réclament d’y être enfermés pour échapper à l’ambiance trop sonore du lieu : cris, appels, phrases hurlées en boucle, choses qu’on cogne sur les murs etc.
Il arrive aussi que des malades, en général chroniques, refusent de sortir. Certains, dès qu’ils vont mieux et qu’ils sentent qu’on va les envoyer en MAS, maisons d’accueil spécialisées, structures alternatives où en principe on vit mieux, se remettent à faire une grosse bêtise pour rester au 4B. Car la force de la routine, ce n’est pas rien. Ces malades qui ont une telle demande de sécurité, ne supportent pas d’être envoyés dans un endroit où ils ne connaissent rien ni personne.
Joy Sorman nous raconte tous ces gens, envoyés parfois ici contre leur gré (je me souviens que ça s’est fait sous Sarkozy : une horreur) ou parce qu’il n’y a ni famille ni solution. Leurs grigris, leur façon de la séduire, leurs comédies, leurs caprices, leur douleur, leur mal-être. Les soignants y sont aussi décrits, métier difficile, prenant, épuisant et sans logique depuis que leur humanité ne sert à rien face au protocole. Ils font ce qu’ils peuvent, avec sincérité.
Très instructif si on aime le sujet et plutôt déprimant sur le rôle des pouvoirs sur cette partie sombre de notre société.

A la folie de Joy Sorman. 2021 aux Editions Flammarion. 280 pages, 19€.

Texte © dominique cozette

 

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Les Fessebouqueries #549

29/05/2021 Comments off

Encore une semaine de grosse rigolade ! Heureusement que Coluche a vendu son âme au diable sinon ça serait trop ! Donc l’humoriste Bigard, excusez-moi mais je dis encore Bigeard, qui a commencé sa campagne pour devenir le ministre de la santé de la peut-être première femme présidente de France, puis le vainqueur de l’Eurovision qui, voulant ramasser un verre, a accidentellement reçu une dose de farine dans le pif, les tests sont formels… Continuons avec  les deux rigolos, Carlito et Mac Bidule qui essaient de gagner au concours de bobards avec Macron, les pôvres !, et puis et puis… Dard-manin, bien sûr, qui sort ses petits biscottos vénères pour jouer au bras de fer avec mâme Pulvar, sur un sujet glaçant paraît-il. Et pi et pi, devinez ? Manuel Vals, bien sûr, qui nous revient car les Espagnols sont vraiment trop gnols pour lui (mais c’est qui, le guignol ?). Pour finir avec un autre grand comique, Lucas Chenko, çui qu’a coulé une bielle aux Russes, qui fait mumuse avec l’espace aérien des Européens. Nan mais des fois ! Toute honte bue pour nous être tant marré.e.s, ressortons nos verres pour trinquer au beau temps, à la fiesta et à ce dimanche de la fête aux mômans qui ont tant souffert et sacrifié pour vous rendre heureuses, petites pourritures de mômes ! Tchin tchin !

- MP : Concernant les vaccins on ne sait plus qui croire : comment savoir qui a raison entre, d’un côté les virologues du monde entier et, de l’autre, Jean-Marie Bigard ?
- OB : « Entre ici, j’en moule un ! » La résistance selon Jean-Marie Bigard.
- AR : Je sais pas si vous vous rendez compte, mais à ce rythme, on va être obligés de voter Hanouna pour faire barrage à Bigard.
- OVH : Darmanin va se faire pulvariser.
- NMB : Je suis persuadé que, si on organise l’Eurovision avec un seul pays dont la France, on est encore capable de ne pas gagner.
- OB : Août 1963, Martin Luther King : « I have a dream ». Mai 2021, Emmanuel Macron : « J’ai fait un concours d’anecdotes avec Mc Fly et Carlito. » Voilà voilà.
- OM : Ok, l’italien s’est peut-être drogué mais certainement moins que les millions de téléspectateurs qui ont regardé l’Eurovision jusqu’au bout…
- PM : Oh quel dommage, quelle tristesse, on a perdu l’Eurovision, j’ai envie de dire snif
- PM : — Maman ?  — Oui mon poussin ?  — Tu veux pas attendre que je sois couché pour te démaquiller, parce que ça me fait un peu peur sinon.
- MP : Le pass sanitaire c’est la dictature. Si ça continue, bientôt il faudra un papier pour conduire, un petit carnet brun pour quitter le territoire… Pourquoi pas même une carte avec notre photo et notre identité à porter sur soi en permanence ??
- BG : Si Darmanin savait ce que je pense de lui, il pourrait sans problème déposer plainte pour injure, diffamation, appel à la violence, apologie d’acte de barbarie et plein d’aut’trucs. Mais on ne peut pas attaquer une pensée en justice, je crois, fils de ta mère.
- MP : En fait en France, tu peux leur foutre une pandémie, un crash boursier ou un réchauffement climatique, la présidentielle se jouera toujours sur l’immigration, le voile et la sécurité.
- CEMT : Gérald Darmanin : « Et je porte plainte contre Audrey Pulvar parce qu’elle a refusé de coucher avec les idées du Rassemblement National. »
- MK : Quelqu’un peut dire à Madame Taubira que je l’attends en mai 2022 à l’Elysée, en lieu et place de tous ces charlots qui guignent le poste ?
- CV : Aujourd’hui, j’ai oublié mes lunettes, mais je suis quand même allée faire des courses. J’ai acheté, je crois, du camembert à 9€99, 4 yaourts nature à 9€99, un dentifrice à 9€99 et du savon au même prix. Sous vos applaudissements, surtout que là, j’écris sans mes lunettes. Je me demande de quoi ça parle.
- CC : Je regarde les offres d’emplois sur LinkedIn. Maintenant il faudrait que j’aie fait une école d’ingénieur + une grande école pour faire le métier que je fais depuis 25 ans, en espérant toucher 60% de mon salaire actuel.  Oui je sais, c’est le monde de LinkedIn.
- LU : J’ai acheté une boîte de sel de l’Himalaya sur laquelle il est écrit que le sel s’est formé il y a 250 millions d’années, mais il expire en 2022.
- ES : En mai, fais ce qu’il te pleut.
- RU : Je trouve que les femmes aiment trop le sexe alors que nous, les hommes, on est plus concentrés sur l’art et la géopolitique.
- OB : Perso je suis vaccinée contre Jean-Marie Bigard et ça se passe très bien. Aucun effet secondaire.
- CEMT : Gérald Darmanin : « Et j’ai décidé de porter plainte contre Evelyne Dhéliat car depuis quelques temps, je trouve sa météo glaçante. »
- CV : En signe d’apaisement, les autorités biélorusses proposent à la France de détourner l’avion qui doit ramener Manuel Valls à Paris.
- PA : Un scientifique lira des centaines de livres dans sa vie, mais sera toujours persuadé qu’il lui reste beaucoup à apprendre. Un fanatique religieux n’en lira qu’un et sera persuadé d’avoir tout compris.
- GD : Le verbe « assumer » pour un politicien, c’est comme les warnings pour un automobiliste mal garé « pour 5 minutes » : une façon commode de se dédouaner de faire n’importe quoi.
- MK : Un concert test, c’est bien. Mais pourquoi au stress ajouter la torture d’Indochine ?
- RT : Blague de prof :  —  Tu vas faire quoi avec l’augmentation que Blanquer t’a donnée ?
- PP : Un jour faudra m’expliquer pourquoi on fait un signe de main aux voitures qui s’arrêtent à un passage piéton. Ce signe veut littéralement dire « Merci de ne pas m’avoir renversé, quelle gentillesse incroyable ».
- NP : Ok sex is cool mais avez-vous essayé « Pouvoir enfin manger sur la terrasse que tu t’es fait chier à construire il y a un mois mais depuis il a fait une météo de merde » ?
- DSF : Dans le fond Manuel Valls est le seul à pouvoir unifier l’Europe. Contre lui.

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Les folies 80′s

28/05/2021 Comments off

Robert Goolrick, dont je suis devenue fana tout récemment,raconte, dans La Chute des Princes, la vie de folie, fric, alcool, drogues, sexe, puis la chute, dans les années 80, ces fameuses années déjà racontées et filmées par d’autres, mais c’est pas parce que Roméo et Juliette a déjà été narré  qu’on ne doit plus parler d’amours contrariées. Ici, l’important c’est le style, formidable, et la qualité des anecdotes, incroyables. Je les ai un peu évoquées dans le dernier livre  Ainsi passe la gloire du monde (voir ici), qu’il faudrait lire après celui-ci, mais peu importe. Quand on aime un auteur pour sa qualité d’écriture, rien n’est grave.
Ce qu’il raconte, c’est la gloire d’un trader, ces mecs qui faisaient des fortunes colossales sur le marché des bourse. Mais pour lui, l’auteur, c’était en fait d’âge d’or des années fric de la pub. Pareil, des monceaux de pognon qu’on claque pour rien, juste parce qu’on l’a gagné en travaillant parfois trois jours sans nuit, avec la coke of course, et surtout la fierté de surenchérir, d’en faire encore plus que les collègues. Le plus est le mieux. Les vanités de cette époque.
Evidemment, il y a des dommages collatéraux. Il tire avec brio le portrait d’un richissime collègue, fortune de famille gigantesque, indépensable, un type formidable aimé de tous, des délires de vacances, etc puis un jour, après un coup de fil personnel, au bureau, après avoir brisé la vitre avec un extincteur, ce qui a tué deux personnes en bas, il retire ses chaussures (les chaussures sont toujours de marque et hyper précieuses) puis saute du gratte-ciel, et s’écrase sur une voiture. Il venait d’apprendre qu’il était atteint de cette terrible maladie appelée sida, ce qui était moins grave que la honte insurmontable qui éclabousserait ses parents, homophobes pure souche. Ils l’ont d’ailleurs effacé de tous les documents familiaux, photos, souvenirs. L’auteur s’inquiète vaguement pour lui-même car il baise tout ce qui bouge, hommes et femmes. Mais il s’en sort sans une égratignure.
Il parle aussi de cette pute, un travelo magnifique, avec qui il est devenu ami, car, malgré un loft magnifique créé par le plus grand décorateur, il a gardé son taudis infesté de bestioles, dans le quartier pourri où sévissent tous les crimes. Donc les prostitués, dealers et clients. Sa femme, il l’aime toujours bien qu’elle l’ait quitté le jour où il a perdu son job. Il lui a tout laissé sans discuter, sauf le taudis.
Il raconte beaucoup d’excès, avec humour et non sans cynisme. Comment il a eu son job juteux : le patron de la Firme recrutait ses traders au poker. Une seule et courte partie. Car dans ce type de boulot, il faut savoir prendre des risques énormes. Il dit comment ça a fini, piteusement, violemment, et comment, quand on est viré, personne n’est plus censé vous parler, vous téléphoner, vous connaître. Monde impitoyable.
Et là, comme dans le dernier livre, il se retrouve à claquer ses derniers deniers, avec panache, avant de se fondre dans une solitude plutôt bien subie. Je pourrais en dire plus mais ça me fatigue et puis je suppose que vous voyez le genre de livre que c’est. Brillantissime. C’est dit.

La Chute des Princes ( The fall of princes, 2014) de Robert Goolrick chez 10/18. 240 pages.

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