L’impressionnant Gainsbook

11/03/2020 Comments off

LE GAINSBOOK, en studio avec Serge Gainsbourg est un livre impossible à résumer. Pourquoi ? Parce qu’il est au contraire une dissection minutieuse de tous les  éléments constitutifs de l’art de Gainsbourg, de ce qui a forgé son inspiration, de ce qui a nourri ses musiques, ses chansons, ses pensées, son art de placer les voix, de situer chaque instrument dans un morceau, de coller des milliers d’éléments entre eux pour en faire une petite œuvre.
Pendant deux décennies, quatre passionnés de musique et de Gainsbourg, Sébastien Merlet, Christophe Geudin, Jérémie Szpirglas et Andy Votel ont enquêté sur ce dont aucun des presque 200 livres sortis après la mort en 91 n’a su parler : que se passe-t-il derrière la porte des studios ? Ils ont voulu tout savoir sur la naissance des chansons de Serge, comment elles ont été créées, quand, pour qui, sous quelles influences et comment elles ont été fabriquées, dans quels studios, quel pays, avec quels arrangeurs, orchestrateurs, musiciens, producteurs, combien de pistes, etc… tout tout tout. Tout le livre est traversé par les époques musicales, les découvertes, les influences, les changements de mode, les interprètes, les réals pour les BO etc.
Pour ce faire, les auteurs sont allés  farfouiller dans les souvenirs des participants aux œuvres, ceux qui étaient encore vivants. Ils ont retrouvé tous les bulletins de dépôt de Sacem, les bandes originales avec les fiches techniques, les émissions TV et filmages divers. Un boulot de titan relaté ici chronologiquement. Ils mettent l’accent sur le fait que Gainsbourg accumulait toutes les notes gribouillées de ses textes et s’en resservait des années après en les sortant de leur contexte temporel ou musical.
On réalise aussi le travail gigantesque réalisé par un compositeur hors pair, Alain Gorager, sur quelques lignes mélodiques de Gainsbourg, sans d’ailleurs que celui-ci ne le crédite sur ses galettes. Plus tard, il s’adjoindra le talent majuscule de Michel Colombier puis de Vannier. Lorsqu’il trouve un partenaire idéal, lorsqu’il passe de super moments dans des studios, il y reste fidèle. Jusqu’à ce qu’il décide de faire peau neuve, d’étonner, de provoquer.

Tout est finement analysé, la couleur des enregistrement, le son, l’ambiance comme seuls savent le faire les connaisseurs passionnés. On peut mieux comprendre les chansons, notamment des premières années, en découvrant que pour certaines, il y avait quatre pianos ensemble (exceptionnel), ou juste une guitare (super Elek Baksik) avec une basse etc…
On y apprend comment le Poinçonneur des Lilas est devenu l’hymne des scouts de l’armée israëlienne.
On découvre comment et par quelle grâce il a pu écrire Anna, la comédie musicale avec  Anna Karina, Brialy et lui, les nuits blanches  pour écrire, parallèlement, pour une myriade d’interprètes tout en apprenant à chanter à Brialy. (Il continuera à accumuler les commandes jusqu’au bout sans jamais faire défaut aux artistes).
Il n’improvisait rien comme on a pu le penser, il avait en tête l’exacte coloration qu’il voulait, apportant parfois en studio des piles de disques avec des petits passages qu’il montrait aux arrangeurs. Puis plus tard, des mini-cassettes où il enregistrait de nombreuses bribes de musiques à orchestrer.
Mais pour notre plus grand plaisir, y figurent des anecdotes tendres, drôles, bizarres. Un jour, Colombier a engagé Arpino pour ses talents de siffleur. Gainsbourg et lui commencent à siffler face à face et là, Arpino explose de rire parce que Serge, lorsqu’il siffle, a les oreilles qui s’écartent. Ils ont tellement ri que la séance n’a pas pu se faire, malgré un panneau installé en secours entre eux deux.

Labro lui apporte les textes qu’il a écrits pour Birkin. Affalé et fumant clope sur clope dans son canapé rue de Verneuil, Serge lit les textes. Puis d’un seul coup, il se lève, va au piano et là, en une après-midi, il compose les mélodies de ses six textes. « Je suis scié » dit Labro.
La veille de l’enregistrement de « Aux Armes et Cætera », à Kingston, Gainsbourg n’a pas les paroles. Comme d’habitude finalement. Il dépose des feuilles blanches partout dans sa chambre, sur son lit, sous l’œil plus qu’inquiet de Lerichomme, son producteur. Celui-ci vient le réveiller le lendemain matin. Gainsbourg ne dormait pas et avait noirci toutes les feuilles. Ils les ont réorganisées ensemble et à 11 heures, ont filé au studio où Serge les a chantées.
On n’en finirait pas, le livre fait 450 pages. Y sont même créditées les pubs qu’il a concoctées, souvent réalisées lui-même, comme celle pour Pentel de l’agence Lintas où j’étais, mais pas à cette époque. Créditées également les one shots comme les émissions de télé, les duos éphémères, etc. Ses films aussi et les projets qui n’ont pas pu aboutir pour une raison ou une autre.
Les états d’âme évidemment de Serge y sont relatés, les pleurs qu’il versait dans de grands moments d’émotion (quand il s’est planqué pour écouter Rostropovitch qui était en résidence avec lui mais qu’il n’a jamais osé aborder), quand il a vu sa petite Charlotte chanter avec application. Et tous les moments de sentimentalité avec Jane, même après leur séparation.

Puis on le voit se détruire par l’alcool et cependant rester toujours parfaitement lucide lorsqu’il était en studio pour lui ou quelqu’un d’autre.
Le livre est énorme, taille des 30 cm, bourré de photos, celles de chaque pochette de disque en granduer nature, de documents, de morceaux de partitions, de manuscrits et chaque chapitre se clôt par les fiches techniques des enregistrements avec date, studio, et toutes les personnes impliquées. Ne parlons pas des centaines de notes pour éclaircir encore le sujet !
Passionnant, émouvant, impressionnant. LE livre sur Gainsbourg, en fait. La référence.

On peut écouter ici une interview de deux auteurs du livre qui expliquent bien mieux que cet article la teneur de leur analyse.
Jacqueline, la sœur ainée de Serge, se montra impressionnée lors de la sortie du livre par la somme de choses encore à découvrir sur son frère.

LE GAINSBOOK, en studio avec Serge Gainsbourg par Sébastien Merlet, Christophe Geudin, Jérémie Szpirglas et Andy Votel. 2019 aux éditions Seguers. 450 pages. 42 euros.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Séparer l’homme de l’artiste ?

08/03/2020 Comments off

On dit séparons l’homme de l’artiste
on dit qu’il a violé qu’il a tué qu’il a mal fait
et on dit oh oui mais qu’est qu’il écrit bien
qu’est-ce qu’il filme bien, qu’est-ce qu’il réfléchit bien
qu’est-ce-ce qu’il fait bien la messe
on dit ne nous privons pas de ce talent si merveilleux
de cette œuvre irremplaçable
qui réjouit tant notre tête et nos sens
alors je m’avance et je dis
mais la fille mais le petit garçon
brisés liquidés torturés anéantis
gisant dans leur fracas dans leur néant
qu’auraient-ils créé
eux aussi
de beau d’irremplaçable
si on leur avait laissé le temps et la vie et le souffle
si on n’avait pas étouffé leur feu
de quoi étaient-ils féconds
si on n’avait pas dissocié l’objet sexuel
de la personne qu’ils étaient
ou allaient devenir
si un pervers habile créatif consensuel admirable
n’avait pas brisé leur élan
qui sait de quoi une toute jeune fille ou un petit garçon
auraient pu accoucher en mots en musique en danse en autre chose
qui sait ce que le viol le crime la violence le harcèlement
ont éteint ont brisé ont cramé
qui en parle de ces œuvres empêchées empêtrées mort-nées
dans les corps si fragiles
et devenus stériles arides et désertiques
ou morts décomposés
des victimes qui ont été meurtries à jamais
ruinées et saccagées dilapidées et dépecées
et je ne parle pas de celles muettes compagnes
dont on a volé pendant des siècles
les lauriers de leur science de leurs recherches de leur fougue
alors toutes ces victimes à jamais bâillonnées
aux œuvres calcinées
pensez-y avant de vous scandaliser
quand des femmes se lèvent et s’en vont
quand des femmes metoo-isent et racontent
quand des femmes défendent simplement ce qui doit l’être
le droit à réaliser leur vie leurs rêves
ou tout autre œuvre pouvant germer
des entrailles de la tête ou du corps
et qui nous manque terriblement
© dominique cozette le 8 mars 2020

Categories: politic

Les Fessebouqueries #486

07/03/2020 Comments off

Semaine 10, la semaine où l’on se rend compte que nul n’est à l’abri de virus qui vont nous pourrir la vie, le virus des pékinus moyennus qui nous font leur petite morale par réseaux interposés, l’hanounus virus qu’on trouve dans les slips pleins de nouilles, le polanska virus qu’on trouve dans les slips petit bateau, le vir. 49.3 qu’on nous signale dans les braies de nos saigneurs tout pissants, le balkanus virus qu’on tente encore « des rats dickés » d’une mairie couche-toi-là, et le pognonus-loidumarchus virus qui se développe principalement chez les marchands de gel…Oui, ça urge de trouver un remède. Heureusement que les municipales arrivent avec leur lot de solutions mirenculeuses ! Sur ce, bon week-end all my friends et pas de bises !
- LS : Cyril Hanouna révèle le QI de Marlène Schiappa. « Mes chéris, j’ai jamais vu ça. Son cerveau est plein de cervelle. »
- PC : Ce matin, je faisais la queue à la banque, sont rentrés deux types avec des masques, tout le monde s’est chié dessus, heureusement, ce n’était qu’un braquo…
- GD : 49.3. La poignée de main n’étant pas recommandée, Edouard Philippe a opté pour le bras d’honneur.
- PI : Nous, les hommes, nous n’avons pas peur du Covid-19, nous avons déjà l’habitude de mourir quand nous avons un rhume et 37.5 de fièvre.
- OVH : Oui, j’éternue dans mon coude. Mon cachemire fait la gueule.
- GD : On n’est pas bien, là, avec notre loi d’encadrement des prix des gels hydroalcooliques et nos « checks » du pied ?
- GP : Pas de panique, un virus made in China, dans un mois, il est cassé.
- CC : Je vous rappelle que la plupart des gens se mouchent déjà du coude en France.
- PI : Ça craint, le coronavirus, faut penser à tout : j’ai ouvert les WC du train avec le poignet, la cuvette avec le pied, le robinet avec le genou, refermé la porte avec le coude et traversé le train sans rien toucher… Mais du coup j’ai oublié de rentrer ma bite.
- SP : Pour me laver les mains j’ai tourné le robinet et je me suis dis qu’un porteur du virus l’avait p’têt touché avant donc je l’ai lavé aussi, puis tout le lavabo, le miroir, le sol des toilettes, puis c’est parti en vrille là je suis en train de passer la serpillière sur le périph.
- HD : Le 49-3 est à la démocratie ce que la branlette est à l’amour .. un grand coup de pogne pour finir seul et pour un résultat plus que mitigé !!
- DC : Inutile de planter le thermomètre dans vos fesses. C’est 49,3 pour tout le monde !
- OB : Si vous voulez vivre dans la peau d’un tueur en série recherché depuis des mois, sur lequel pèse un mandat d’arrêt international, je vous conseille d’éternuer dans le métro. Frissons garantis dans toute la rame.
- PE : Alors qu’il nous demande de vérifier deux fois par jour notre température, le gouvernement grimpe directement à 49.3 ! Vite, il faut le confiner!
- MK : Rassemblements de plus de 5000 personnes interdits. Selon les chiffres de la police ou celui des syndicats ?
- OVH : Drame. Paul en Ski va être contraint de s’inscrire chez Paul en Ploi.
- DC : Les Balkany : Les feuilles mortes se ramassent à l’appel !
- CC : Si je récapitule les demandes : – les agriculteurs et les viticulteurs – les restaurateurs et les hôteliers – le CAC 40 et la CGPME réclament d’être indemnisés par l’Etat. Les mêmes qui votent à droite et parlent d’assistanat quand on veut 5€ supplémentaires sur les salaires .
- BG : J’ai bien compris ou pas: Un préfet confiné à cause du virus, ce préfet a reçu le ministre de la santé qui est allé ensuite en conseil des ministres serrer la main des collègues et depuis Macron est invisible ? Merde. Heureusement que Manu n’a pas de personne âgée dans son entourage.
- JB : COMMENT RÉALISER UN GEL HYDROALCOOLIQUE MAISON ? 1/ Des glaçons pour le côté gel
. 2/ Une carafe d’eau fraîche pour le côté hydro
. 3/ Une bouteille de Pastis pour le côté alcoolique
- NP : J’ai déjà du mal avec le fait qu’on ne ré-édite pas Mein Kampf, alors imagine un peu ce que je pense de la censure des mémoires de Woody Allen…
- PI : Vous me dites quand le gel hydro-alcoolique dépasse le bitcoin, j’ai un flacon à la maison je compte bien assurer mes vieux jours.
- JH : Je n’ose même pas imaginer l’état de détresse de LREM au point qu’ils envisagent de faire entrer Manuel Valls au gouvernement.
- MO : Pour ceux qui affirment le contraire… Agnès Buzyn a bien affirmé, au début de l’épidémie, que le risque de contagion pour notre pays au corona virus était « pratiquement nul »… On lui a reproché d’abandonner sa charge ministérielle… moi je crois qu’elle a bien fait…
- JE : Virus : le député LREM Thierry Solère : « Il n’y a pas de raison de s’inquiéter, nous sommes comme toujours protégés par l’immunité parlementaire. »
- OM : Je ne dis pas que les médias en font trop avec le Coronavirus, je dis juste que j’attends les zombies avec un fusil chargé et un masque à gaz derrière un mur de farfalle panzani.
- OB : Si vous avez raté l’actualité du week-end, Roman Polanski qui devrait passer sa retraite en prison a eu un César grâce au 49-3 tandis qu’Adèle Haenel a un cojonesvirus visiblement isolé.
- TC : Plus personne ne tient les barres du RER ou du Métro. Dans 6 mois on est tous champions de surf.
- HD : Se faire traiter de gond par une porte qui vous claque au nez ne vous oblige pas à voter pour le penne !!!
- OB : Une pensée pour ceux qui militent contre les bouteilles d’eau en plastique et en sont à leur 10ème bouteille de gel hydroalcoolique.
- PM : César 2020 : Cyril Hanouna révèle le cachet à six chiffres de Florence Foresti. Celle-ci se venge en révélant le QI à un chiffre de l’animateur.
- JT : Arrêtez avec Polanski, il faut dissocier l’homme de l’artiste, moi par exemple je trouve que ses films c’est de la merde mais je reconnais qu’il s’habille mieux qu’Emile Louis.
- TC : JO de Paris sponsorisés par Corona : l’entraînement des parisiens continue. Un nouveau record d’apnée vient d’être établi. Il va de Nation à Étoile.
- HD : Ma machine à laver a plus de programmes que certains candidats aux municipales
- MK : Coronavirus : grosse contamination dans les haut et bas reins, rien dans les poumons.
- COP : Flacon de 10 ml de gel antibactérien, neuf, à échanger contre Audi RS3 ou Mercedes AMG. Annonce très sérieuse, curieux s’abstenir. Premier arrivé, premier servi !
- RV : Coronavirus, le virus du pékin moyen.
- OM : Même le coronavirus aura plus été à l’assemblée nationale que Pénelope Fillon…
- PA : Une pensée pour Claude François qui aurait eu 81 ans si la CGT avait coupé le courant le 11 mars 1978.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

L’amour maternel ?

02/03/2020 Comments off

Après le faux dutronesque Play Boy, voici le trompeur elvissien Love me tender où Constance se radicalise. Rien ne va plus. Son ex a carrément réussi à lui faire perdre la garde alternée de son fils mais elle se bat pour en récupérer une partie. C’est une cause désespérante, le père a monté le fils contre elle, il prétend devant les juges que sa mère est folle etc. Alors elle vire tout ce qui lui restait de sa vie où le partage était encore possible, où il avait sa chambre, ses affaires. Elle liquide tout, elle donne, pose sur le trottoir, elle ne va plus au Palais, abandonne le barreau, vit de rien : une piaule de 9m2 avec juste un lit, une planche sur tréteaux et un pola de son fils endormi. Deux jeans, deux tee-shirts, un sweat plus son cuir qu’elle porte non-stop. Tous les matins à sept heures, elle nage pour ne pas sombrer. Elle fuit les sorties d’écoles, les jardins, elle ne veut plus voir les enfants car ils sont des bombes à fragmentation comme s’ils allaient m’exploser à la gueule, cribler mon corps de petits morceaux de métal coupant.
Sinon, elle écrit et elle baise les filles. Elle est très grande, mince, bien gaulée, très repérable lesbienne avec sa coupe courte et ses tatouages, c’est un jeu de pécho n’importe où. L’amour ne l’intéresse plus, elle ne s’attache pas, déteste qu’on s’attache, quitte vite sans drame.
Un jour, elle obtient de revoir enfin son fils après des mois, une heure par quinzaine dans un lieu social sous l’œil de deux personnes. Il a des élans de tendresse, il aime sa mère, elle aime son fils. Le père, le plus souvent, annule ces rencarts, ainsi que, plus tard, les deux ou trois pauvres week-ends qu’elle a réussi à tirer. Elle revoit son fils qui de nouveau prend le parti du père, ne veut plus la voir. C’est désespérant. Lui-même a maintenant dix ans, elle a n’a que le recours de la justice qui se révèle impuissante. Alors elle prend l’impitoyable décision, puisque son fils ne donne plus signe, de l’oublier, carrément. De tirer un trait.
On voit la personne qui écrit ce récit serrer les dents. Un moment, elle a même viré la petite piaule pour squatter chez les uns ou les autres, pas d’attaches, liberté totale. Puis un peu d’argent est rentré par le livre d’avant, elle reprend un petit lieu. Elle tombe même amoureuse mais ça ne dure que quelques mois. On lui en demande trop, elle n’a rien à donner…
Toujours aussi sec, plus cru, sans complaisance et sans fioritures. Quelle drôle d’existence ! Mais l’écriture, ah, l’écriture !

Love me tender de Constance Debré, 2020 aux éditions Flammarion.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Constance quitte Debré

02/03/2020 Comments off

Avant d’aller au sur-médiatisé dernier livre de Constance Debré, Love me tender, j’ai commencé par Play Boy et bien m’en a pris car c’est le début de la nouvelle vie de l’autrice, celle où elle dit merde à tous les Debré de l’arbre, le grand-père gaulliste, le tonton chiraquien, l’autre tonton chirurgien, tout ce beau monde bourge de chez bourge, puis son père, grand reporter qui sombre dans les substances sans jamais réussir à s’en sortir, comme quoi les médecins…,  et sa mère, une beauté fin de race ayant elle-même succombé jeune d’une hémorragie cérébrale suite à divers excès dont un alcoolisme qui la répugnait ainsi que son frère quand ils étaient mômes, les laissant se démerder avec cette drôle de vie huppée. La jeune fille d’alors, jamais tombée des nues, fait « son » droit, devient avocate pénale. « On m’appelle maître, pas madame, je fais un métier d’homme où on porte une robe. Il y a même une sorte de cravate bien phallique qu’on appelle un rabat et que je tripote pendant les audiences. » Elle se marie à un certain Laurent, fait un gosse de sexe mâle mais au bout de dix-huit ans de ce régime matrimonial ennuyeux, envoie péter l’affaire. Marre de ce cirque.
Elle tombe vaguement amoureuse, c’est plutôt du désir d’ailleurs, pour une belle femme bourge, encore, mariée et affublée de plusieurs amants, plus âgée qu’elle. L’approche sera très longue, très lente, même pas sulfureuse. Mais elle constituera son entrée dans l’homosexualité et la fin des ambitions. Le début d’une vie dépouillée, où cheveux courts riment avec tatouage (non, ça ne rime pas, flûte) avec drague de filles. Elle adore emmerder son père en lui racontant ses histoires homo d’autant plus que la jeune nana du daron est moins belle que la sienne, ha ha ha… Donc, elle s’éclate, plus ou moins d’ailleurs car on devine que l’éclatage ne fait pas partie de son trousseau d’émois. Disons qu’elle se sent plus elle.
Là où le bâts blesse, c’est que son ex, père de leur gamin de 6-7 ans, rechigne maintenant à lui laisser le gosse et trouve qu’elle a pris un mauvais genre qu’il n’aime pas voir peser son leur fils. Je crois que c’est aussi le sujet de son dernier livre dont je vous parle très bientôt.
J’adore le ton saisissant de la narration de Constance. C’est bref, sec, cassant, criant, pas une banalité, pas de prise de tête, pas de psy. Elle parle de tout, et de rien, et sans tabou. Elle parle mal de son ex, de tout le monde, elle a l’esprit brusque, brutal parfois, plein de la poésie du bitume au ras des caniveaux. Elle déboule ses phrases parfois sans rapport, en fait si, rapport avec la situation, et comme ça vient dans sa tête, c’est à dire en enchaînement d’idées et de choses qu’elle voit. Saisissant, je vous dis.

Play boy de Constance Debré, 2018. Aux éditions 10/18. 168 pages, pas cher.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #485

29/02/2020 Comments off

Le monde est bien fait : Il y a des virus et il y a des gens pour les pécho. Parce que c’est le projet des virus d’être pécho ! C’est comme les ministres de la santé qui bossent eud’sus. Parce que leur projet, c’est d’être maire du virus à Paris ! Et il y a des procès, et des accusés à mettre dans les boxes. J’accuse personne, comme ils disent à l’Académie des César (Ave Cesar, morituri te salutant, soit dit en passant) mais y des statuettes qui se perdent, c’est peut-être la con-pression des uns et des autres… Sinon, on est rassurés de savoir que dans certains partis, on change de slip tous les deux jours, alors qu’on aurait pu juste les retourner pour qu’ils fassent la semaine. Enfin, c’est le week-end, n’en parlons-plus, lavons-nous en les mains de tout ça, avançons masqués et mouchons-nous du coude.
- JT : Pour enrayer le coronavirus, il est temps d’arrêter de nous serrer la main et de nous faire la bise. Je propose que nous nous disions bonjour en nous caressant mutuellement les seins.
- NP : Y’a pas comme une contradiction à supprimer le Carnaval de Nice pour limiter les risques de dissémination du Coronavirus alors que c’est justement un moment où tout le monde porte un masque ?
- JJ : 20 jours d’indemnité pour les personnes à l’isolement ? Si vous me cherchez je suis en train de lécher les barres du métro.
- LS : Dans la catégorie meilleure actrice dans un second rôle, le César est attribué à Penelope Fillon pour son rôle dans « Potiche ».
- IS : « Si vous ne vous ne voulez pas recevoir de LBD, arrêtez vos manifs » Une déclaration de Macron au salon de l’agriculture…. On pourra pas dire qu’il nous a pas prévenus ….
- CC : Il faudrait peut-être arrêter avec cet espèce de record du temps passé par le président au Salon de l’Agriculture. Sinon quoi, dans 10 ans, il y passe les 3 jours ? Il dort sur place ? Il fait véler ?
-  LH : In French we don’t say “You can rape if you’re talented enough”, we say “Le César du Meilleur Réalisateur est attribué à Roman Polanski” and I think it’s beautiful.
- OVH : L’italie ose reconnaître que le Coronavirus est dangereux et prend des mesures drastiques. En France, c’est comme pour Tchernobyl, ça s’arrête en Alsace et ça va direct à Monaco.
- RV : Aucune inquiétude quant à la propagation du Coronavirus en France. Comme d’habitude les douaniers seront chargés d’arrêter la pandémie à la frontière. On est rassuré.
- ?? : Merci Monsieur Legendre. Avant j’avais peur parce que je ne savais pas combien j’allais toucher à la retraite ; mais maintenant que je sais que cette somme inconnue sera indexée sur un indice qui n’existe pas ça va beaucoup mieux.
- JB : Vous allez voir qu’on va nous ressortir une vieille sextape de François Fillon qui touche de l’argent.
- MK : Cornonavirus. La contamination ? Moi je m’en foot !
- FT : Dans le taxi, le chauffeur écoute une émission sur la vulvite et la vaginite. Voilà qui repose du coronavirus.
- CC : « Il faut savoir raison garder avec le coronavirus, l’économie française se porte bien. Aucun premier de cordée n’a été infecté, il semblerait que ça ne touche que ceux qui ne sont rien. » (Emmanuel Macron)
- NP : Ce serait ballot qu’un député chope le coronavirus : tous les députes se verraient confinés chez eux pendant 14 jours et les débats sur la réforme des retraites suspendus… Oui… ce serait vraiment ballot.
- CEMT : Porter des costumes à 6000 boules mais jamais changer de slip, c’est la vie que les électeurs de François Fillon ont choisi de mener.
- TC : Voilà…tu as une conscience écolo, tu retournes tes slips pour utiliser moins d’eau et de lessive et on vient te critiquer…
- SI : Coronavirus : la fellation moins contagieuse qu’une poignée de main selon l’OMS.
- NP : Agnès Buzyn propose « d’étudier les meilleurs moyens de répartir les pics d’affluence des voyageurs »… Elle pense vraiment que le maire de Paris peut changer les horaires de début et de fin de travail dans les entreprises ? On n’est pas loin du niveau « Central Park, là…
- GD : On avance dans la vie, on ne se méfie pas et on se retrouve un lundi soir à regarder sur Internet la vidéo « comment changer les joints de son robinet mélangeur ».
- PI : Quand je pense qu’il n’y a pas plus complexe dans l’évolution que le cerveau humain et que je vois ce que certains en font, j’ai une tendresse pour les organismes unicellulaires.
- PA : Profitez bientôt des deux jours sans alcool. Les 30 et 31 février.
- OM : Si on se lave les mains aussi souvent qu’on lave son calbar dans ce pays, on va pas finir l’année…
- GD : Prétérition (n.f.) : figure de rhétorique consistant à déclarer que l’on ne parle pas de quelque chose alors qu’on le fait. Par ex. : « Je ne vous demande pas de me dire merci » (E. Macron devant le personnel hospitalier, 27 février 2020).
- OB : Agnès Buzyn candidate à la mairie de Paris. Son slogan : la charité qui se fout de l’hôpital.
- OM : En tous les cas après ces Césars 2020 si j’étais Matzneff, je tenterais ma chance à l’Académie Française…
- DC : Polanski dénigré meilleur réalisateur.
- LC : César du meilleur court métrage attribué à Benjamin Griveaux, pour La femme de mon Piotr.
- SK : Polanski, pédocriminel mais cinéaste de talent. Rendons également hommage à notre regretté Emile Louis qui était malgré tout un super chauffeur de bus.
- XY : J’ai toussé dans le train. Je crois que si j’avais déféqué dans le couloir, les gens ne m’auraient pas regardé plus suspicieusement.
- CEMT : « Après César Roman Polanski, tout devenir possible, moi pouvoir obtenir Palme d’Or avec bite Griveaux. » (Piotr Pavlenski)
- MP : Réponse à BB qui soutient Polanski : « Si demain il viole un bébé phoque, on va voir si elle va séparer l’homme de l’artiste… »
- XY : Au final, la seule raison pour que Marc Dutroux ne soit pas distingué meilleur ouvrier de France, c’est qu’il est Belge.
- IT : On nous reproche de dire qu’on est en dictature et d’aller voir en Corée du Nord pour voir la différence ; mais sachez qu’à Pyongyang aucun gilet jaune ne manifeste contre M. Kim, ce qui confirme bien qu’il est aimé du peuple, contrairement à Macron.
- SR : Dans la catégorie « Meilleur acteur » le César 2020 est attribué à Édouard Philippe pour son film « 49.3 le matin ».
- PE : Est-ce qu’on a un sondage parmi les manifestants devant la salle Pleyel qui donnerait les favoris pour le palmarès des César ? C’est pour gagner du temps et pas passer 3 heures devant un jamais très bon moment de télévision.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

The last wedding, quelle mine !

24/02/2020 Comments off

Plus qu’une semaine pour aller admirer le magnifique travail de Rebecca Tollens, à peine 30 ans, d’origine franco-suédoise, qui se destinait au droit international. Puis, après une mission humanitaire au Ghana, se lança dans un road-trip en Amérique du sud qui lui fit abandonner une carrière juridique pour celle d’artiste. Elle a d’abord fait des études d’illustratrice puis, sur les conseils des deux créateurs de la galerie de la rue de Charonne, s’essaya dans des dessins plus personnels, sans cadres imposés ou autres contraintes. Une réussite.

Si je ne me trompe, c’est sa deuxième exposition à Arts Factory, expo sur les quatre demi-étages, riche, superbe, avec ses dessins à la mine de plomb et au fusain qui racontent des jolies scènes de vie, étrangement cadrées parfois, toujours émouvantes avec leur petit je ne sais quoi de nostalgique. Mais aussi des céramiques d’allure très fragile, très fines, quelques vidéos mystérieuses et des installations sur ses recherches graphiques.
A ne pas manquer si vous appréciez le beau dessin, sinon, il restera son site. Ou son instagram.

Rebecka tollens, The Last Weddind à la galerie Arts Factory, 27 rue de Charonne 75011. Jusqu’au 29.

texte © dominique cozette

Categories: kultur

Les Fessebouqueries #484

22/02/2020 Comments off

Cette semaine, beaucoup ont eu du mal à ranger le matos de Griveaux, le petit oiseau était comme ivre d’’être de sorti mais il commence à puer de la fiente ! Heureusement, on a eu un buzz, un sacré buzz, faut dire qu’avec ce nom, Buzyn, c’est un sacré business pour l’actualité ! Pendant ce temps-là, bah rien. Les médias et les réseaux, c’est comme les hommes, ça ne peut pas faire trop de choses à la fois ! Juste quelques petits saupoudrages d’épices, du Fillon de la Sarthe en poudre, du Macron en copeaux, du Piotr des hauts plateaux de l’Oural en gousse, un extrait d’Eurovision en suppositoire et la mort du copier-coller et la mort du copier-coller et la mort du copier-coller. Pardon, ça m’a échappé ! Alors excellent week-end, my friends  et des bises.

- OM : Eh ben, c’est bien la première fois qu’Agnès Buzyn répond quand on l’appelle en Urgence…
- GP : Ils en font trop quand même à LREM. Les éléments de langage à placer pour l’affaire Griveaux, c’est « La démocratie en danger » . Et les LBD ? Ils n’ont pas peur du ridicule.
- MK : On est prié de ne pas avoir la fièvre jaune, Buzin est en campagne, c’est Capitale!
- SF : Agnès Buzyn reprend les dossiers de Benjamin Griveaux. Juste le temps de décoller les pages
- PC : Excellent choix de LREM, Macron et Philippe : Buzyn a résolu tous les problèmes de l’hôpital public, où tout va bien désormais. Elle peut donc mettre son immense talent au service d’une cause vraiment primordiale pour les Français !
- AdN : Après avoir pourri les hôpitaux, elle va sévir à Paris ? Tiens voilà du Buzyn .
- OVH : En fait Buzyn est ravie de se décharger de la santé. Elle considère comme un échec personnel de n’avoir pas mis un terme au virus de la tomate.
- GD : Nous vivions un hiver tempétueux. La ministre de la Santé était démissionnée et envoyée en pleurs au casse-pipe électoral en pleine crise sanitaire. De la neige était déversée sur les pistes de ski par hélicoptère. Il y avait encore des moustiques.
- DC : Elle était buzy buzy. La voilà en plein bousin…
- OVH : Adieu Griveaux, vaches, cochons, couvées
- OM : Balkany, Buzyn… Décidément en ce moment, tout le monde quitte la santé.
- RP : Un activiste connu pour s’être cloué les testicules a fait abandonner un des favoris à la mairie de Paris en diffusant des vidéos intimes, relayées par un député qui fait du sabre laser, avant d’être interpellé pour des coups de couteau. Je ne vois pas ce qu’il y a d’extraordinaire.
- SF : C’est impressionnant la vitesse avec laquelle la plainte de Benjamin Griveaux a été traitée. Celles de femmes en danger de mort face à la violence de leurs conjoints sont toujours en attente. Justice, vous avez dit Justice
- GD : Je viens d’entendre la chanson française pour l’Eurovision. La prochaine fois, faisons concourir directement de la musique d’attente de téléphone, ça fera des économies.
- CEMT : « Et je continuerai bien sûr à combattre le coronavirus, s’il se présente contre moi à la Mairie de Paris. » (Buzyn)
- AG : Y a Bénabar qui passe en concert pas loin de chez moi, du coup j’ai pas acheté de billet.
- ES : Pour les municipales à Paris, les attaques se font désormais sous la Petite Ceinture.
- NP : Ça va être étrange les entretiens d’embauche des ministres à partir de maintenant : — Vous avez un compte à l’étranger ? —  Vous payez vos impôts ? —  Vous avez payé votre femme à ne rien faire ? —  Vous avez déjà envoyé des photos de votre bite à quelqu’un ?
- ES : De toute manière, Griveaux n’avait pas la gaule de l’emploi. Il se serait pris une branlée.
- NP : 48 heures qu’Agnès Buzyn est candidate à la Mairie de Paris et elle n’a toujours pas sorti de projet débile et irréalisable… Je me demande si elle a vraiment le niveau pour cette campagne.
- ALD : La jeune femme en niqab, avant ou après un selfie avec Macron, résume à elle seule la réponse des islamistes à son discours : cause toujours tu m’intéresses !
- RR : Piotr Pavlenski, un nom pour jouer au Scrabble mais qui a mené Griveaux aux échecs.
- CC : On me demande comment je fais pour vivre de ma plume, mais quand le seul rêve de luxe qu’on a c’est de passer une heure le dimanche au monoprix de Vichy, je vous assure que c’est pas si compliqué.
-  DC : L’inventeur du « copier-coller » est mort. Gad Elmaleh, Morandini, Joseph Macé-Scaron, Calixte Belaya, Minc, Attali, Ardisson et tellement d’autres pourront venir le remercier.
- PM : Accusée de s’être moquée sur Twitter d’un enfant atteint de nanisme, Nadine Morano se défend : « c’est ridicule, surtout quand on sait que mon meilleur ami est Nicolas Sarkozy »
- LS : Piotr Pavlensky menace de diffuser une vidéo d’Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, qui éternue sans mouchoir. « Je démens formellement, j’ai toujours gardé mes miasmes pour moi », se défend la candidate à la mairie de Paris.
- GD : Je prends bien note de cette nouvelle polémique. Mais tout ça ne nous explique pas vraiment qui est Olivier Faure.
- NBF : Titre d’un magazine féminin : « Comment perdre 3kg ? ». Vu la fille en couverture, je dirais que la réponse est : « En se démaquillant ».
- EP : Quand je pense que des gens doutent encore du rôle de Poutine dans l’affaire Griveaux. Mais merde, c’est quand même évident que chaque matin, Vladi, avant de manger un sanglier et violer 3 Femen vociférantes, se demande comment il va bien pouvoir anéantir dans l’œuf le destin exceptionnel qui attend Griveaux à la tête du monde libre.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

A History of misogyny par Laia Abril

20/02/2020 Comments off

J’avais repérée l’artiste Laia Abril en 2016 aux Rencontres d’Arles où la première partie de son travail, A History of Misogyny, avait pour sous-titre « on abortion », et je la retrouve (attention, c’est jusqu’au 22 février) dans la bien-nommée galerie Les Filles du Calvaire  où elle traite cette fois le viol. Cette jeune artiste, je la vois comme une sorte d’historienne, de journaliste ou de sociologue tant elle affiche plusieurs pans de ses sujets qu’elle recueille avec photos et précisions narratives pour nous en faire part. Elle dit : « En scrutant, conceptualisant et visualisant les échecs judiciaires, en tenant compte des réglementations historiques, des dynamiques toxiques et des témoignages de victimes, le projet pointe la culture du viol institutionnel répandue dans les sociétés du monde entier. Je développe ce travail en explorant les liens entre mythes, pouvoir et droit et les notions de masculinité et de violence sexuelle. » [•••] « Ce projet montre à quel point la société blâme encore aujourd’hui les victimes d’agression sexuelle, tout en normalisant la violence sexuelle. »

Au rez-de-chaussée, une petite dizaine d’immenses photos représentant chacune une tenue : une robe de mariée pour une enfant de 13 ans mariée de force, une robe de petite-fille de cinq ans violée par son instituteur jamais puni, une tenue de religieuse de femme maltraitée, un uniforme de prisonnière… etc et, au-dessus, la narration des crimes. Dans certains pays, la femme violée est lapidée, ou son père est remboursé, ou elle doit épouser le violeur, ou elle n’est pas crue, ou c’est la tradition d’enlever une très jeune fille pour l’épouser sans que la famille ne puisse l’en empêcher pour ne pas perdre son honneur.
Au premier étage, des petites photos ou des objets accompagnés de légendes sur leur utilisation par rapport au viol. Ou pour punir ou soigner les pervers…
- Un sabre vibrant « Aux filles et aux femmes qui se plaignent d’avoir été violées, il n’y aurait, il me semble, qu’à leur conter comment une reine éluda autrefois l’accusation d’une plaignante. Elle prit un fourreau d’épée, et, en le remuant constamment, elle fît voir à la dame qu’il n’était pas
possible alors de mettre l’épée dans le fourreau. » (Voltaire.)

- Kits de viol : Aux États-Unis, des milliers de kits de preuve de viol (sorte de boîte) contenant des preuves ADN n’ont pas été envoyés aux laboratoires de polices scientifiques pour analyse, ils ont soit été interceptés soit laissés tels quels. Ce problème a potentiellement empêché l’identification de milliers de violeurs.
- Photo des camps de viols en Bosnie où l’armée serbe a commis entre 12 000 et 50 000 viols sur des personne de tous âges et des deux sexes.
- Un dispositif anti-viol hérissé de pointes à introduire dans le vagin. Le pénis piégé ne peut être délivré que par un acte chirurgical.
- Gulabi Gang ,« le gang rose », est un groupe d’autodéfense indien entièrement féminin qui lutte contre la violence domestique et sexuelle. Il comprend 400 000 combattants (en 2014) armés de lathis [bâtons] et habillés de saris roses.
- La castration chimique : des médicaments sont distribués aux États-Unis, en Indonésie, en Australie, en Russie, en Corée du Sud, en Chine, au Danemark, en Suède, en Moldavie, en République Tchèque, en Allemagne ou en Pologne. Ces substances sont capables de réduire la libido, les fantasmes sexuels compulsifs et la capacité d’excitation sexuelle.
- Le physique : En 2017, le tribunal italien de la ville d’Ancône a innocenté deux hommes qui avaient drogué et violé une jeune fille de 22 ans parce que la victime présumée était  » trop masculine et trop laide  » pour être une cible.

« On rape » de Laia Abril à la galerie Les filles du calvaire, 17, rue des Filles-du-Calvaire 75003 Paris. Jusqu’au 22 février.

Categories: kultur

Daeninckx chassé par l’incurie

20/02/2020 Comments off

Didier Daeninckx déménage car il n’en peut plus de la ville du 9-3 qu’il chérissait tant avant que le clientélisme la pourrisse. Cet opus s’intitule Municipales. Banlieue naufragée et s’inscrit dans la collection Tracts de Gallimard, de courts pamphlets pas chers mais bien sentis. C’était une ville des banlieues rouges, municipalités ouvrières où étaient lancés d’ambitieux programmes de rénovation urbaine, où étaient créés des offices du sport et de la culture, où on mangeait gratos à la cantoche, où il y avait des patros et des colos pour les mômes, des maisons des jeunes puis où furent construits théâtres populaires, médiathèques, tout ce qu’il était possible de créer pour améliorer la situation matérielle et morale des classes ordinaires, même si le rock, les jeans et le Coca étaient vus d’un sale œil par les cocos.
Peu à peu, les politicards ont moisi cette histoire, s’alliant avec dealers et voyous, achetant les uns et les autres, fermant peu à peu l’accès à tout, se servant des gros bras de la ville pour leur tranquillité, trafiquant pour leur propre compte les organigrammes,faisant entrer dans les hiérarchies du personnel non méritant, des amis, dévoyant les institutions… Dégoûtant de ce fait les électeurs qui ne furent plus qu’un minuscule 5% à appuyer des décisions forcément non démocratiques.
Sa ville n’est plus sa ville. C’est devenue la poubelle du voisinage. Il y a plus de pauvres que partout ailleurs, des gens tellement miséreux qu’ils ch… dans la rue au vu et au su de tous, des drogués en pagaille, des jihadistes et autres voyous armés jusqu’aux dents. Et donc des faits divers sordides, pour trois francs six sous, des filles harcelées ou plus, des incendies de vengeance. Une horreur. Plus rien à faire, plus rien qui intéresse la classe politique, plus de redressement en vue malgré le ruissellement de fric du futur Grand Paris dont on devine dans quel marigot il va atterrir.
Partir, c’était la seule chose à faire pour l’écrivain (de plus en plus censuré dans cette commune). Rage et tristesse.

Municipales. Banlieue naufragée de Didier Daeninckx, Février 2020 aux éditions Tracts Gallimard. 46 pages, 3,90 €

Texte © dominique cozette

 

Categories: bouquins

L’humour Echenoz

20/02/2020 Comments off

Appâtée par la critique unanimement hilarante du Masque, j’ai acheté Vie de Gérard Fulmard d’Echenoz qui m’avait épatée avec 14, minus opus sur la grande guerre. Ce n’est pas mon genre de critiquer un livre que je n’ai pas aimé, mais ce n’est pas que je ne l’ai pas aimé, celui-ci, c’est que je n’y ai rien compris. A sa décharge, il grouille de personnages interlopes et bizarroïdes, dont je ne retiens rien au chapitre suivant, de vocabulaire alambiqué que j’apprécie et de tournures rigolotes. Rien n’est perdu, sauf peut-être mes neurones qui ont tendance à se diluer dans l’usure du temps car lorsque je lis d’autres critiques, je note que l’Obs l’encense : « Jamais là où on l’attend, l’auteur de « Je m’en vais », de « Ravel » et de « 14 » invente aujourd’hui le polar marabout (bout d’ficelle, selle de cheval….) afin d’établir, à sa manière, burlesque, que les officines politiques sont des cloaques, que les stewards se crashent, que le pire est devant nous et « le hasard, l’ignorance des causes ». Tout cela mené dans une prose de claveciniste, à un rythme de galopeur et avec une légèreté de fulmar boréal. » Que les Echos s’en réjouissent « « Vie de Gérard Fulmard », polar parodique et ludique, un pur concentré du génie échenozien qu’on quitte trop tôt, trop vite et à regret sur une ultime pirouette. Il est vrai qu’on y était entré par un tour de malice : « J’en étais là de mes réflexions quand la catastrophe s’est produite. » Là où ? Là où vous voulez. » Et quelques autres médias s’en délectent, ceux qui ne me privent pas de leur lecture vu que je n’y suis pas abonnée ou que je ne les ai pas dé-adblockés.
Donc, si vous aimez les polars absurdes qui se passent dans d’irréalistes arcanes politico-cloaquesques, si les portraits de personnages improbables et burlesques vous font rire, si les faits divers advenus rue Erlanger vous passionnent, ils sont plutôt flippants, vous aimerez ce livre qui détaille entre autre la défenestration de Mike Brant, l’assassinat puis l’ingestion d’une étudiante batave par un petit Nippon, et autres drames de la vie comme la chute d’un débris céleste sur l’hypermarché d’Auteuil. Et vous vous attacherez, ou pas, au petit bonhomme ringard qui donne son titre au livre, un loser qui monte une sorte d’agence Duluc sans aucune expérience.
Il est évident que l’auteur s’est amusé à écrire cette histoire abracadabrantesque en pariant peut être qu’il y semerait des situations et des mots extravagants comme nous le faisions jadis pour agrémenter nos harassantes réunions de prépro. Une sorte d’exercice de style. Pourquoi pas ? Car même si j’y comprends que pouic, je ne peut pas nier (de crabes) que c’est plaisant à lire et que ça n’a rien à voir avec notre navrante réalité !

Vie de Gérard Fulmard d’Echenoz, 2020 aux éditions de Minuit. 236 pages, 18,50 €

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Jean Feldman est à Sète

17/02/2020 Comments off

Jean Feldman, avant d’être un grand artiste, fut un très grand publicitaire. Les campagnes qui sortaient de son agence FCA étaient magnifiques. Tous les anciens publicitaires que nous sommes s’en souviennent. Mais il a tourné la page, je ne le sens pas nostalgique du tout mais allant toujours de l’avant, réalisant le projet qui lui tenait à coeur depuis toujours : entrer dans le monde de l’art.

J’ai appris par un de ses proches qu’il a détruit les peintures de sa première exposition, des femmes nues stylisées, superbes, pour passer à autre chose. Cet autre chose, après de nombreuses expositions principalement parisiennes, est à Sète dans une étonnante chapelle dédiée aux arts plastiques, décatie et impressionnante : la Chapelle du Haut Quartier.

Le cadre parfait pour les personnages et autres créations de Jean Feldman, la plupart réalisées à base de carton découpé, parfois peint, d’aluminium, de bois. Il n’arrête pas, son atelier est envahi de son imaginaire, très souvent des grands formats soigneusement encadrés — Jean est un perfectionniste — et enrichi régulièrement de nouvelles créations.

Car si son style est bien identifiable, il continue à le faire évoluer d’année en année, en nuances, en sujets ou en volume, nous offrant chaque fois une nouvelle facette de son talent.

 

Ce qu’on aime à l’unanimité, c’est le regard bleu azur qu’il porte sur le monde, on l’imagine enfantin, simple, ébahi, émerveillé. Comme lui, en fait.
Mes photos ne sont pas merveilleuses, certaines sont faites à partir du très beau catalogue que je n’ai pas voulu « casser », mais ça donne une idée assez claire de l’artiste. Vous pouvez en voir plus sur la page FB de la Chapelle avec un film panoramique de l’expo.

L’atelier de Jean Feldman, c’est jusqu’au 8 mars à la Chapelle du Haut Quartier, rue Borne, à Sète.

Texte © dominique cozette

Categories: kultur

Les os des filles

15/02/2020 Comments off

Les Os des filles, curieux titre de ce livre de Line Papin mais on a une première réponse au début : au Vietnam, les morts sont enterrés dans une tombe à leur taille pendant trois ans puis, quand la chair est évaporée, il reste les os qu’on dispose dans un petit coffret gardé au cimetière. Puis, tout au long du livre, Line évoque nombre de sentiments ou d’événements qui se ressentent dans les os des vivants.
L’histoire qu’elle raconte est la sienne et des deux générations du dessus qui ont vécu au Vietnam : son grand-père et sa grand-mère, surnommée Ba, qui ont survécu à toutes les guerres, bombardements, famines dûes pour beaucoup à l’embargo ou simplement à la pauvreté. Puis les trois fille de Ba, dont la mère de l’écrivaine. Tout ce petit monde vivait pauvrement près des rizières, pieds nus, sans rien que ce qu’ils avaient sur le dos, mais heureux. Le grand-père de l’autrice était enseignant à la ville, à Hanoï. Il parcourait des kilomètres et des kilomètres pour retrouver sa petite famille le week-end. Les trois filles s’amusaient beaucoup ensemble. Puis un jour, leur père a pu trouver un autre poste d’enseignante pour sa femme, et alors tout ce petite monde a abandonné la vie misérable de la campagne pour une vie très médiocre, mais joyeuse aussi, dans un appartement trop petit, en ville car tout le monde vit ensemble au Vietnam.
Puis les trois filles grandissent et trouvent un mari. La deuxième, qui est la mère de Line, est victime d’un coup de foudre partagé avec un jeune Français venu ici faire des recherches sur ce pays qu’il adore. Evidemment, la famille voit ça d’un mauvais oeil, c’est une trahison car les Français sont quand même les ennemis. Mais peu à peu, devant sa gentillesse, sa bonne volonté à apprendre la langue, les cadeaux qu’il fait — c’est un expat, il gagne bien — on s’attache à lui. Comme il n’est pas habitué à vivre les uns sur les autres, à manger à même le sol, il épouse sa belle pour l’embarquer à deux blocs de la famille. Et ils vont vivre dans une résidence luxueuse, avec gardien, piscine et tennis dans un beau jardin. Les familles se fréquentent assidûment, la jeune mariée est enceinte (c’est Line qui va naître) et le papa trouve plus sûr de l’amener accoucher en France. Puis ils reviennent, tous les petits enfants jouent ensemble dans cette résidence, tout est beau et chaleureux, vert et fleuri, odorant. Le paradis.
Jusqu’au jour où la fillette, qui a aussi un petit frère, voit ses parents tout emballer dans la résidence, où elle doit dire au-revoir à sa famille vietnamienne, à ses deux autres mamans, sa nourrice et sa grand-mère en larmes avant de prendre l’avion.
Qui les emmène en Touraine, cette contrée froide et peu accueillante pour la métisse qu’elle est. Une grande maison les y attend, trois étages, plein de pièces, chacun sa chambre, un jardin. Et sa famille française. Et une école française. Et des feux rouges, des pulls à col roulé, des écharpes, un froid glaçant, de la « bouffe lourde » etc. Fini de courir nus-pieds, de grouiller sous le soleil brûlant, de conduire sans permis. Son enfance meurt à dix ans. Elle est mal, elle a mal. Elle n’en peut plus de la souffrance due à la déchirure. Ça ne s’arrange pas en grandissant. Elle devient gravement anorexique, elle frôle la mort. Mais elle survit tant bien que mal. Elle passera brillamment le bac, retournera visiter son enfance chérie au Vietnam, mais celle-ci n’existe plus, tout a changé, la famille est égaillée, les maisons ont été détruites. Il lui faut se décider à revivre, à se reconstruire, à aimer son nouveau pays, sa nouvelle ville, Paris.
Histoire très poignante sur la guerre, l’exil et la maladie subis par la famille et la jeune fille en particulier, écriture poétique très imagée, sentiments de mort et d’abandon émouvants, le tout enrichi d’un carnet central de photos personnelles et dessins sur papier glacé qui rendent encore plus attachants le récit et son héroïne.

Les os des filles de Line Papin, 2019 aux éditions Stock et au Livre de poche. 164 pages, 7,20 €. Prix des lecteurs sélection 2020.

Texte  © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #483

15/02/2020 Comments off

Tout était en place pour des Fessebouqueries de taille honorable quand badaboum ! déboule l’habitat urbain, non, heu le bidule ino-piné d’un homme qui ne sait pas garder une intimité érectile qui va abreuver jusqu’à  plus soif le bla-bla des égoûts sociaux et des merdias. Donc de ma rubrique ! C’est aussi la Saint Valentin, elle sera fêtée d’une part, par un repris de justesse qui va subir les assauts de bobonne en chaleur, d’autre part, par un candide candidat qui aura droit à l’hôtel du cul tourné en fait de plan cu…pidon. Et pourtant, lit-on partou(ze), il n’a rien fait d’illégal. La morale de tout ça ? Y en a pas, je vous rappelle qu’on est en politique et que notre cher président encense les amateurs ! Un peu indigestes en une fois, ces Fessebouqueries comportent deux parties (génitales), l’avant et l’après-teub. Bon week-end, lecteurices, et relisez-donc Claire Bretécher, c’est toujours aussi génial.
PART ONE.

- HLT : Psychose au coronavirus à la station Contamines-Montjoie. Franchement, avec un nom pareil.
- CEMT : Le plus grave, c’est pas de penser que Hanouna pourrait se présenter en 2022, c’est de le comparer à Coluche.
- BG : Les auto-entrepreneurs c’est bien ces travailleurs qui se croient patrons et qui gagnent pour 80% d’entres eux 5000 balles par an ?
- OK : Afin de lutter contre la prolifération des rats à Paris, le candidat LREM Benjamin Griveaux, s’il est élu, propose l’organisation d’un grand débat dès le printemps, suivi d’une grande concertation à l’automne afin de trouver un terrain d’entente avec les rongeurs.
- NP : Pourquoi je ne serais pas surpris que le quasi-mourant redevienne maire de Levallois la semaine prochaine ? Peut-être parce que sa femme quasi mourante a repris la mairie une semaine après avoir été condamnée…
- RC : « Allo Grain de riz ? Ouais c’est Isa, dis tu me mets 2-3 bouteilles de champ au frais pour fêter le retour de Patrick, et tu prépares les blinis. On sera à la casa dans 1h. A toute »
- MA : C’est la fête à Pamplemousse où Citron, Grain de riz, Pépito, Banania et tous les autres employés municipaux de Levallois préparent un bain de pétales de roses dans la baignoire en or pour le retour du roi au château sous les caméras. La honte…
- DC : Balkany : Il faut séparer le taulard du maire de Levallois…
- RP : Nouveau rebondissement dans l’Iowa où Ségolène Royal vient d’annoncer sa candidature à la primaire démocrate. Surchauffe du pacemaker de Bernie Sanders, selon le Washington Post.
- MD : Tu es content, Grain de riz, ton papa rentre à la maison aujourd’hui. Par contre ce soir tu dors dans ton lit.
- NP : Patrick Balkany a perdu tellement de poids qu’il va falloir que les policiers français surveillent qu’il ne s’évade pas dans un étui à clarinette.
- CC : Bonjour BFMTV, nous n’avons pas un « couple présidentiel », nous avons la femme du Président qui s’exprime sur un sujet avec le même niveau de compétence que Ginette, coiffeuse dans le 13ème. Merci.
- FIA : le numéro unique des handicapés : « Allo bonjour, je vous appelle car je suis devant les escaliers du métro et je ne peux accéder à la station. Pouvez-vous m’aider ? » « Merci d’avoir appelé, bonne journée ! »
- CEMT : « Et je dis à tous les députés En Marche, soyez fiers d’être des amateurs, n’ayez pas peur d’être des grosses brêles, continuez à faire et dire n’importe quoi, PARCE QUE C’EST NOTRE PROJEEEEEET ! »
- NS : Bravo. Vous êtes des nuls sans expérience. C’est parfait. Bientôt grâce à moi vous serez toujours des nuls, mais des nuls professionnels.
- GD : Bonjour ceux qui prennent vapeur et celles qui se sentent plutôt cosmo-telluriques molleton; bonjour les biomanes, les raymonds et les momacs.
- GD : Et adieu Modern Mesclun, Chlorine Bankrut, Kacem le Moël, Bergère Leprince, Mirtil Galère, Pelouse Quéméneur, Moonlight Mollard, Melfrid Potétoz, Rouge-Gorge de Cossé-Balzac, Fenouil Le Glocq, Psyché Chia, Caresse Benchemoul, Soledad Rognon, Kelly Pocrizzi. Claire Bretecher
- PI : Ils sont un peu couillons (ou très mal conseillés) les gens en prison, à rester en bonne santé. Ah on me dit que ça ne marche pas pour tout le monde.
- LS : Patrick Balkany sera mon invité exceptionnel jeudi soir dans Vous Avez Des Casseroles.
- KA : « Votre libération fascine absolument le monde entier, pour beaucoup d’enfants vous êtes l’homme qui a voyagé dans la geôle » (Léa Salami).
- DC : La caution magique, mode d’emploi : pour sortir de tôle, tu paies une caution. Mais tu geins, tu maigris (forcément, y a moins de mayo avec le homard) et tu sors. Sans payer la caution… Parce que le valois bien !
- FI : Isabelle Balkany renonce à se suicider pour des raisons de santé
- LS : INFO : peu avant leur procès, Nicolas Sarkozy et François Fillon avouent souffrir d’arthrose et de remontées gastriques.
- RP : « —  Salut Romain, tu vas bien ? — Non, moi c’est Ronan —  Trop compliqué, on va t’appeler kouign amann ». Mon stage à la mairie de Levallois se déroule à merveille
- CEMT : « Et concernant l’écologie, nous allons ouvrir un centre d’appel pour que tous les animaux qui se sentent menacés puissent nous contacter. » (Macron)
- RTP —  Journaliste : Et pour les rats à Paris vous proposez quoi ?? —  Benjamin Griveaux : Pour les rats, je propose qu’on leur apprenne à cuisiner et on monte un grand restaurant comme dans le documentaire !! —  Le dessin animé vous voulez dire? —  Oui c’est ça, le documentaire !
- MA : Tous les monts blancs peuvent appeler à un numéro spécial en cas de besoin
- NP : Je ne dis pas qu’il y a beaucoup de vent sur Paris aujourd’hui, je dis juste que Benjamin Griveaux est à deux doigts de proposer de déplacer la gare d’Austerlitz pour installer des éoliennes à la place.
- QV : Svp, arrêtez Deliveroo et compagnie. Vous voulez d’une ville sans restaurant où des bataillons mal-payés préparent vos repas dans des hangars glauques?
- VC : Patrick sort de prison tranquillement, lui n’aura pas eu besoin de s’évader dans une malle . Il sort par la grande porte parce qu’il montre des signes de déprime et va pouvoir se reposer dans son moulin de Giverny, bichounette ! On pourrait donc s’attendre à une bonne nouvelle pour tous « les petits voleurs de pommes » qui croupissent en prison et qui montrent des signes de déprime? non on ne les libère pas eux?
- MK : Gare de l’Est épargnée : opération Central park annulée !

PART TWO.
- LV : La question que tout le monde se pose : pourquoi essayer de flinguer la campagne de Griveaux ? Il y arrivait très bien tout seul pour l’instant.
- OM : On s’offusque mais la bite de Benjamin Griveaux, même en érection, c’était quand même autrement moins indécent que la comédie médiatique des époux Balkany, non ?
- ET : Après avoir voulu rentrer, Benjamin Grivois annonce son « retrait », il a le sens de la formule !
- PR : Obligé de regarder des cochoncetées pour virer un incapable. Ça part en couilles.
- DC : Ne faudrait-t-il pas, une fois pour toute, séparer la bite de l’homme politique/écrivain/artiste/pédophile/violeur ?
- FPS : On ne le répétera jamais assez : Si vous ne souhaitez pas qu’une vidéo de votre bite circule sur les internets, ne la filmez pas avec votre téléphone. Si vous n’avez vraiment pas pu vous en empêcher, n’envoyez pas ladite vidéo par messagerie
- LS : Emmanuel Macron apporte son soutien à Benjamin Griveaux. « Je viens de voir la vidéo. Sois fier d’être un amateur, Benjamin.
- LGB : « Si je peux aider, c’est avec plaisir » DSK
- WO : Emmanuel Macron recadre les députés LaREM : « Quand j’ai dit soyez fiers d’être des amateurs, je ne parlais pas de vidéos amateur !! »
- OL : Benjamin Griveaux : « Cédric, il n’a pas les épaules pour encaisser une campagne de cette nature. Il ne verra pas venir les balles, il va se faire désosser. » Ce retour de bâton est juste phénoménal.
- SDD : Franchement arrêtez d’accabler Benjamin Griveaux. Tous ses collègues à l’Assemblée Nationale, au regard de son absentéisme, disaient que c’était un branleur et vous faites les étonnés maintenant…
- DC : Qui imagine le général de Gaulle faire une sextape ?
- RO : Auparavant on envoyait des fleurs à l’élue de son cœur. Aujourd’hui on lui envoie une photo de son sgueg en gros plan. Il parait que c’est moderne.
- OK : BFMTV et son reportage sur les poubelles de Paris qui débordent. Ah non, c’est Toussaint qui s’entretient avec Balkany.
- CC : Tout de même cette manie de prendre sa teub en photo, en vidéo, de l’envoyer, de la transmettre virtuellement. Les gars, c’est une bite, pas un chaton. C’est beaucoup plus intime, et beaucoup moins mignon.
- PR : Paris, New York, Gare de l’Est, Central Park. Terminus, tout le monde descend.
- IS : Entre Isabelle qui se suicide à l’aspegic et lui qui se meurt d’une tendinite, j’aimerais bien avoir les coordonnées de leur médecin traitant, ça peut toujours servir….
- NA : Bon, on va faire simple, qui n’a pas vu le kiki de Griveaux ?
- CC : Je rappelle aussi accessoirement que LaRem méprisait littéralement Hollande pour s’être fait gauler en scooter.
- JS : Communiqué officiel du Bureau international des poids et mesures : à partir du 15 février, la limite supérieure de l’échelle de la journée de merde est redéfinie par « la Saint Valentin de Madame Griveaux »
- OM : N’empêche ce serait bien qu’on apprenne un jour que Marine Le Pen a fait des vidéos de sa bite…
- SE : Maintenant que le personnel politique chante à l’unisson, la main sur le cœur, son respect absolu de la vie privée, n’est-il pas opportun d’abandonner les expérimentations de la reconnaissance faciale permises par ce gouvernement, et tout autre dispositif de surveillance de masse ?
- CC : La violence c’est aussi de relâcher un homme politique qui se goinfre depuis 50 ans aux frais des Français pour raisons de santé et le retrouver parader direct sur BFMTV
- FB : Si la classe politique voit la démocratie en péril quand une vidéo de branlette circule et pas quand elle fait enfermer des enfants sans jugement, c’est qu’elle doit être remplacée d’urgence.
- NC : En vrai c’est quand même chaud de se dire que dans ce pays, une dickpic apparemment consentie stoppe plus facilement les carrières que des détournements de fond, des mensonges ou des affaires rocambolesques…
- LC : Je sais pas pourquoi mais je sens qu’on va beaucoup entendre parler de protection de la vie privée, de la bouche même de ceux qui en parallèle s’apprêtent à voter des lois pour que nos télés nous espionnent chez nous et que des caméras de surveillance nous reconnaissent partout.
- PB : – on a le nom de l’ « artiste », il ne se cache pas – on a le nom de son avocat – on a le nom de la victime. MAIS  « Il faut supprimer l’anonymat sur les réseaux sociaux ». Il y a quelques livraisons de neurones à effectuer.
- CEMT : Hier Patrick Balkany était mourant, aujourd’hui il fait un marathon d’antenne sur les chaînes info, il faut d’urgence faire authentifier ce miracle par le Vatican.
- JT : Marre d’entendre parler de la bite à Griveaux. On dit la bite DE Griveaux.
- GD : J’ai l’impression que tout ça ne va pas nous faire beaucoup avancer sur la méthode de calcul du point de retraite.
Et pour finir en douceur :

- CV : — Non mon amour, quand on mélange du lait et de la limonade, ça ne fait pas de potion magique. —  Même si on rajoute des cornichons ? — Marlon, ferme ce frigo !

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Les Fessebouqueries #482

08/02/2020 Comments off

Cette semaine nous a apporté de belles images du plus que centenaire Kirk pour la mort duquel son fils n’aura pas droit à un congé de 12 jours, mais enfin… on n’est pas en France ! Et puis une Angleterre finalement délivrée des bouffeurs de grenouilles, avaleurs de choucroutes, adorateurs de pizza ou de harengs, mais enfin … on n’est pas en France ! Et puis des hôpitaux construits avant même que le permis soit lancé, mais enfin …on n’est pas en France où on préfère détruire nos hôpitaux. Mais c’est pas grave car en France, on n’a pas de pognon mais on a des idées de dingue. Enfin… Griveaux a des idées. Et puis ce n’est pas en France, c’est juste à Paris où les imbéciles croient que les nems sont farcis de coronavirus ! On n’est pas sorti.e.s, mes ami.e.s mais bon week-end quand même !
- MK : Brexit : c’est quand qu’ils inondent le tunnel sous la Manche pour couper les ponts ?
- MH : Kirk et sa fameuse fossette au menton, qui obligeait les maquilleuses à utiliser du fard à fossettes…
- GD : Les députés jupitériens qui découvrent leur inutilité au bout de 3 ans, ce petit côté « poule devant un couteau » pas piqué des hannetons.
- LS : Les votes des députés de la majorité confirment qu’Emmanuel Macron est bien le Président des quiches.
- ND : On peut pas payer les retraites … Mais 100000 euros ! Il a fumé la moquette Griveaux ?
- OK : Élections municipales à Paris et dernière proposition choc de Benjamin Griveaux : Offrir aux familles modestes des maisons dans les arbres du Central Park qu’il aura créé à la place de la gare de l’Est.
- GA : vous achetez une rue à Tourcoing avec 100 000 €. A Paris, c’est  10m2.
- ME : Les mecs ils enlèvent cinq euros aux pauvres par mois car c est la crise mais proposent 100 000 à une certaine caste ! La blague.
- MK : Coronavirus : les bourses s’affolent (comme pour le cancer des testicules)
- CC : Il faut faire preuve d’humanité avec les députés LREM qui ont démontré qu’ils étaient inhumains en votant comme des Playmobil contre la proposition de loi visant à allonger le congé à 12 jours pour parents endeuillés.
- AI : Kirk Douglas RIP, pas trop tôt en même temps. Son fils Michael allait pas tarder à être plus vieux que lui.
- GD : Tous ces policiers dans les lycées et ces lacrymogènes contre les bacheliers, c’est pour « essayer la dictature et voir » ?
- FI : Pour concurrencer la Chine, Macron souhaite détruire l’hôpital public en 9 jours
- JS : Leçon 16 de notre cours « Apprendre le macronien en 20 leçons » : On ne dit pas « bouffer à tous les râteliers » mais « dépasser les clivages »
-  GD : In French, we do not say « une mesure moisie qu’on espérait faire passer en loucedé mais « c’est une erreur collective » and I think qu’on nous prend bien pour des crêpes de la chandeleur.
- CEMT : « In Macronie we don’t say « la concierge est dans l’escalier » but « le manager de rue fait du social working » and I think it’s beautiful. »
- GD : Le jour où les sandwichs des wagons-restaurants sont devenus des « parenthèses gourmandes », on aurait déjà dû se dire que quelque chose n’allait plus.
- LS : Selon l’IGPN, il n’existe aucun lien entre Christophe Castaner et le ministère de l’Intérieur.
- CC : C’est moi ou j’ai l’impression que quand la cote de Macron monte, il est à 24%, quand il stagne, il est à 24% et quand il chute, il est à 24% ? Mais j’ai toujours été une tanche en math à cause de Bourdieu…
- NP : Réaction de Michel Drucker à la mort de Kirk Douglas : « Je suis très triste, j’ai bien connu son père ».
- OB : Je n’arrive pas à dormir. Vivement que Benjamin Griveaux soit élu pour m’envoyer un manager de sommeil.
- NP : Je ne comprends pas bien cette histoire de bourses qui chutent à cause du Coronavirus… Je croyais que ça ne touchait que les poumons.
- GD : In French, we do not say « notre projet de loi est foireux et on ne sait plus trop comment le défendre », we say :  « l’étude d’impact fait 1000 pages ! » and I think qu’on nous prend pour des autruchons de 2 semaines.
- RC : Parution en ce jour de mon livre « Faire le deuil de son enfant en 5 jours et sauver son entreprise » aux éditions Massot.
- TA : In France we don’t say « viol et agression sexuelle sur mineure », we say « relations intimes inappropriées » and I think it’s absolument scandaleux, mais il est désolé donc ça va.
- MK : Dis Macron : si tu veux refaire Notre-Dame de Paris en cinq ans, prend des ouvriers chinois : il leur restera même du temps et te feront en plus des hôpitaux en dix jours et des prisons en quatre.
- TC : Beaucoup de mariages commencent par une salle des fêtes et se terminent par une sale défaite.
- FI : Benjamin Griveaux propose de déplacer la Gare de Lyon à Lyon.
- OK : Si ça se trouve, en 2022, on aura un second tour Sarkozy / Royal.
- RC : Benjamin Griveaux jette ses dernières forces dans la bataille et promet des canons à neige à Montmartre ainsi que l’ouverture de 3 pistes.
- CC : Cette grève des éboueurs est insupportable pour les Parisiens. En tant que Maire, je rassemblerai les déchets du centre parisien à la porte de la Chapelle pour éviter, aux Roms et aux SDF, une longue et épuisante marche. (B. Griveaux)
- TC : Je viens d’inventer un truc, un selfie où j’apparais pas dessus. J’ai appelé ça: « Photo »
- GD : Je viens de voir une archive télévisée où Kirk Douglas s’excuse dans un français impeccable d’avoir utilisé à tort le subjonctif. Ce monde ne méritait pas un tel monsieur.
- CC : Riester, ministre pasteurisé de la Culture, annonce qu’il ne quittera pas Coulommiers en cas de victoire (sic)
- LS : Isabelle Balkany : « C’était un jeu entre nous. Je l’appelais Grain De Riz et lui nous appelait Plein De Blé ».
- JT : Du coup quand son iphone est tombé dans l’eau, on peut toujours le mettre dans des grains de riz ou c’est raciste ?

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site et mon blog. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries