A jeter sans ouvrir

18/08/2019 Comments off

Viv Albertine, je l’ai découverte il y a peu avec son premier livre sur sa période punk (voir mon article ici : De fringues, de musique et de mecs). Et comme j’ai bien kiffé, je viens de lire le deuxième opus A jeter sans ouvrir, l’histoire interprétée sur le tard de sa famille restreinte, père, mère et sœur. C’est raconté sans filtre, ça pique, c’est cash. Car la mère de Viv est en train de mourir dans une chambre d’hosto. Viv aimerait bien qu’elle s’éteigne gentiment dans les meilleures conditions, entourée d’elle-même et de sa fille ado. Mais voilà-t-il pas que sa soeur, qui est restée longtemps fâchée avec la mère, débarque du Canada et vient lui voler les derniers instants chéris. Rester digne autour du lit d’agonie, rester digne à tout prix mais… ça déborde, Pascale la sœur s’est approprié la main, les oreilles et même le bord du lit de leur mère dont elle ne veut pas bouger, même pour les soins. C’est trop fort, c’en est trop, Viv est quand même restée une rebelle et après tout, c’est elle qui s’est occupée de leur mère toutes les années d’absence de sa sœur. Donc elle finit par lui sauter dessus et l’attraper par les cheveux par-dessus le corps encore en vie de la mourante, et s’ensuit une baston épique, incroyable de violence, de coups et de sang qui gicle sur les murs de la chambre. Cet épisode, assez long, est découpé en tranches servies au début de chaque chapitre.
Les chapitres eux, nous ramènent dans l’enfance des fillettes, un truc pas marrant du tout car ils étaient d’une pauvreté totale et surtout, les parents se battaient constamment, cruellement, prenant les fillettes en otages. Viv raconte d’abord son souvenir ressenti. Puis, à la mort de son père français réfugié en France, elle trouve une enveloppe « A jeter sans ouvrir » qu’elle garde jusqu’à la mort de sa mère. Puis elle le lit : il s’agit du journal que son père a tenu lors de leur divorce pour démontrer aux juges la cruauté de sa femme, son inaptitude à élever ses filles. C’est vrai que c’est cruel et Viv commence à comprendre la genèse de sa vie à la lumière de ce témoignage extrêmement touchant par rapport à l’amour qu’il portait aux petites. Sauf qu’après la mort de sa mère, elle découvre aussi le journal que celle-ci a tenu dans les mêmes circonstances, où elle décrit la personnalité violente du père. C’est alors que la mémoire de Viv renaît et qu’elle se souvient des coups, des menaces, de sa méchanceté, mais aussi de ses penchants pédophiles. En plus, et ce n’est pas la moindre des fêlures de son enfance, sa mère a été forcée par son mari d’abandonner un fils d’un premier lit à son père, qu’ils ne se sont pas revus avant qu’il ait dix-sept ans, qu’il a appris seulement à ce moment là l’existence de ses sœurs élevées par sa mère. Ne parlons pas des multiples et très graves problèmes de santé de Viv, la coupe est pleine.
Tout cela enrobé de nombreuses citations féministes car Viv est abreuvée de lectures de femmes qui en ont, de Simone de Beauvoir à Virginie Despentes en passant par toutes les autres.
Seul bémol : la fin du livre, les quelques dernières pages, sont un peu chiantes, beaucoup de descriptions et peut-être aussi une sorte de mea culpa envers sa sœur dont elle dit qu’elle l’aime quand même. On peut s’en passer. Sinon, ses démêlées  familiales telles qu’elle les décrypte, tranchantes et sans concessions, nous rendent la lecture de l’ouvrage passionnante.

A jeter sans ouvrir de Viv Albertine, 2018.  2019 aux éditions Buchet Chastel, traduction par Anatole Muchnik. 352 pages, 22 €.

Texte © dominique Cozette

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Une autre Floride

14/08/2019 Comments off

Lauren Groft, dont le roman « Furies » fut adoubé par Barak himself qui en fit son préféré, sort Floride, un recueil de formidables nouvelles ou plutôt de tranches d’ambiances tempétueuses. Tueuses ? Oui car ce qui se passe dans ces moment arrachées à cette terre qu’on croit paradisiaque, c’est un enfer, l’enfer de ceux qui n’ont pas les moyens de se protéger de la nature hostile, mouvementée, cruelle et glauque. Des portraits de femmes très à la hauteur mais débordées par les événements, les hommes ou les enfants, des fillettes abandonnées dans la sauvagerie d’un biotope effrayant, un œil de cyclone qui lorgne dangereusement sur une autre qui n’a pas réussi à sauver son voisin ou sa maison. Des choses assez marrantes involontairement quand le récit se situe en France avec des « salades de homards » dégustées vite fait dans une cafèt de Monoprix, si, si…, les vacanciers résidant en Champagne.
Un autre plus réaliste se situe à Yper, vers Etretat, où la mère de deux jeunes garçons vegans a choisi de passer l’été pour fuir la fatale saison humide de Floride. Elle vient visiter les lieux de son écrivain préféré, Guy de Maupassant, elle écrit une thèse sur lui mais elle finit par le détester à cause de ses mœurs dissolus non respectueux des femmes, tout en se nourrissant de bourgogne pas cher acheté à l’épicerie du coin, deux litres chaque soir.
Dans cet étourdissant voyage au bout de l’envers du rêve, on côtoie toutes sortes de bêtes toxiques, serpents, alligators, insectes de toutes sortes, chats sauvages, et des marais qui puent et renferment une faune pestilentielle, et des pluies incessantes, des cyclones, une nature écrasante que l’on aime(rait) bien fuir. D’où la France.
C’est un vrai plaisir de découvrir ces nouvelles, moi qui n’aime pas le genre,  car l’écriture est formidable, le vocabulaire très riche et les personnages intrigants et attachants.

Floride de Lauren Groft, 2019 aux éditions de l’Olivier, traduit par Carine Chichereau. 300 pages, 22,50 €.

Texte © dominique cozette

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Les sept mariages d’Edgar et Lumilla

12/08/2019 Comments off

Les sept mariages d’Edgar et Lumilla, dernier opus de Jean-Christophe Ruffin, est un roman assez amusant, disons-le franchement. On assiste à une épopée amoureuse comme il y en a peu en vrai, mais ça existe, de deux personnes que tout réunit et puis sépare — le bien connu « ni avec toi ni sans toi » —  et jamais pour les même raisons. Forcément, ça commence par un coup de foudre. Juste un regard intense, ce qui est très improbable quand la personne est une jeune femme nue que des villageois ukrainiens tentent de soustraire du regard de tous alors que l’autre personne est un jeune homme en voyage initiatique avec trois compagnons et compagnes étudiants dans une grosse voiture française assez singulière. C’est leur premier contact. Le jeune homme doit continuer la route, ayant juste appris que les yeux superbe appartiennent à cette magnifique femme prénommé Ludmilla. Un peu maigre comme indice mais impossible de s’attarder.
Néanmoins, il finit par la retrouver, une autre fois, avec l’audace de tout amoureux pensant que l’attirance est une chose réciproque. Elle se laisse faire, se laisse épouser vite fait à coup de tampons administratifs, elle est tellement pauvre et seule et sans ressources dans un pays fermé. Donc, elle se retrouve avec lui à Paris, mais il est fauché lui aussi et le bonheur est un astre coûteux, parfois. Il a tellement peur de l’avoir arrachée à son pays pour rien, pour une autre vie sans panache ! Et elle a tellement de mal à lui faite comprendre qu’elle est terriblement heureuse d’être arrivée ici. C’est comme ça qu’un malentendu peut déclencher un premier divorce. Ensuite, ce ne sont que péripéties, routes qui se séparent, carrières qui se construisent, hauts et bas, l’une qui devient diva puis insupportable et l’autre entrepreneur de très haut vol très égocentré, puis les choses qui s’écroulent d’un côté comme de l’autre etc…
A part des petites maladresses (il vend sa voiture en Russie mais on le retrouve roulant dedans à Paris un peu plus loin, et quelques fautes d’inattention) on se laisse balader au fil des pays, des motifs de séparation et de retrouvailles jusqu’à la fin de leur vie. L’histoire, en fait, est narrée par le mari de leur fille unique dont ils se sont assez peu occupés, ayant un tas de choses bien plus intéressantes à faire à cette époque de mondanités, de succès, de sorties, de fêtes… Il est obligé d’enquêter afin de retrouver les trous de cette histoire pour le moins cahotique.

Les sept mariages d’Edgar et Lumilla, de Jean-Christophe Ruffin, 2019 aux éditions Gallimard. 376 pages 22 €.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #457

10/08/2019 Comments off

Comme un linceul n’a pas de poches sauf sous les yeux, Mocky est parti là-haut sans pactole, loin du piège à cons qu’est la vie quand on n’est si glandeur ni miraculé mais plutôt une machine à découdre. Drôle de paroissien, dragueur, étalon (17 mômes officiels), roi des bricoleurs, adepte de saisons des plaisirs comme de grandes lessives, pratiquant la colère, Mocky fut solo dans son style, sans grande frousse devant le grabuge et les calomnies qu’il sema. Pas d’arbitre dans cette FIN sans l’ombre d’un doute plus passionnante qu’une nuit à l’assemblée nationale, sans monsieur cauchemar pour lui dire chut ! Bonsoir et… dors mon lapin !*
- OVH : Good bye Pépé le Mocky.
- PR : Avec l’Europe, l’ouverture des marchés est simple : le peuple achète et bouffe de la merde, pendant que les actionnaires chopent la thune et mangent bio. Je trouve ça cool. Très très cool !
- AB : La différence entre Jean-Pierre Mocky et les autres est qu’il était un iconoclaste qui faisait des films coûte que coûte sans concession avec des bouts de ficelle et n’est jamais rentré dans le moule pour plaire.
- HB : Je ne comprends rien a cette histoire d’Achille Zavatta qui se prend pour pour Marty McFly au dessus de la manche
- CV : Afin de coller à l’actualité, après les exactions commises par le gouvernement contre : les manifestants/les chômeurs/les retraités/les réfugiés/ les pauvres, Emmanuel Macron décide de modifier légèrement le nom de son parti.
 LREM devient donc LREMOCESFBTG, ou La République En Marche Ou Crève Et Surtout Ferme Bien Ta Gueule.
- PI : Pour la millième fois, ne mettez pas de photos de vos enfants sur fb. Si vous ne le faites pas pour protéger leur vie privée, faites le au moins parce qu’on en a rien à foutre.
- AB : Alain Delon : « Alain Delon vous remercie de penser à Alain Delon, car Alain Delon se repose tranquillement en Suisse après un AVC signé Alain Delon et une légère hémorragie style Alain Delon dont Alain Delon viendra à bout. »
- PE : 1ère journée du Championnat des Etats-Unis de fusillade : 
Texas-Ohio : 20-9
- JB : Peut-on vraiment faire confiance à un trou de balle pour contrôler les armes à feu ?
- DC : Est-ce que la journée internationale du chat est aussi la journée internationale de la chatte ?
- LC : Les mecs aujourd’hui ils sont incroyables, ils hésitent pas à te bouffer la chatte au premier rencard mais ils bégayent si tu leur empruntes leur brosse à dents
- MH : Franchement, la journée internationale du chat, on aurait pu l’organiser une semaine plus tard, à la mi-août.
- AB : Casino lancera en septembre le premier hypermarché sans caisse ni produit interdit au public (pas de parking). Il ouvrira de 4 à 5 h du matin.
- ME : On nous ment depuis toujours. Le diable ne s’habille pas en Prada. Il est en Pampers, torse-nu et il braille comme un putois à côté de moi depuis un quart d’heure.
- AB : Il y a encore un an, je haussais les épaules en lisant « État policier » ou « Démocrature » au sujet de la Macronie. Aujourd’hui, épaules basses, je grince… Comment en est-on arrivé là si vite ?
- RP : Je n’ai pas attendu le dernier rapport du GIEC pour me sentir, en tant que musicien, extrêmement concerné par l’épuisement des sols. C’est pourquoi j’en utilise le moins possible et compose généralement en Si. ‬
- OVH : Mon smartphone est un text toy.
- AB : Les ex-Premiers ministres coûtent bonbon par an (pareil à Gauche) : • Fillon 103 304 € • Villepin 110 808 € • Raffarin 130 055 € • Juppé 65 436 €.  Je croyais qu’on avait aboli les privilèges.
- RE : Cambriolage d’un collège dans l’Oise : les pertes de matériel informatique s’élèvent à 80 euros. « Ils ont tout pris. » déplore le chef d’établissement.
- PC : Y’a un truc que je ne comprends pas. Quand un juif fait une blague juive, tout le monde rit. Idem pour les arabes, les handicapés, les LGBT… Mais quand une meuf fait une vanne sur les meufs, elle se prend toute la team féministe sur la gueule. Pourquoi ? On n’a pas d’humour ?
- GU : « C’est terrifiant ce qui se passe dans les églises, c’est infesté de pédophiles, de toute façon c’est des gens qui sont obligés d’éjaculer d’une façon ou d’une autre, c’est pas parce qu’on est prêtre qu’on éjacule pas. En clair faudrait leur couper la bite ! » (JP Mocky)
- MM : Toute sa vie il aura gueulé «mort aux cons !  ». Puis il est mort. C’est con. Sa colère échevelée, parfois enfantine, toujours généreuse, va nous manquer.
*(sauras-tu retrouver 24 titres de ses films ?)

Photo Philippe Delacroix © Une de Libé.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

La Féroce ou la fée rosse ?

05/08/2019 Comments off

La Féroce de l’Italien Nicola Lagioia exerce une attraction étrange  sur la lectrice que je suis. Cela tient partiellement à son sujet, l’histoire de Clara Salvemini, jeune fille puis femme libre et libérée, au sein d’une famille tragiquement italiana. Le père est un entrepreneur sans scrupules, bravant les interdits, pratiquant menaces et pots de vin, mouillant ses propres enfants dans de malsaines affaires de bétonneur de côte, voulant garder la main sur tout. Sa femme tient tête tant bien que mal malgré ses infidélités et son caractère ombrageux et les quatre enfants tentent par tous les moyens de lui échapper. Clara, l’aînée, couche avec tout le monde, principalement la clique d’affairistes de son père. Le roman commence avec elle : un camionneur voit cette jeune femme nue et ensanglantée traverser la route et, pour l’éviter, se plante. Il sera gravement blessé et perdra une jambe. Mais tout le monde affirme que Clara s’est suicidée en se jetant d’un immeuble, là où l’on a retrouvé son corps. En ce qui concerne l’autopsie, le dossier du légiste, c’est l’omerta. C’est donc son frère préféré, Michele, un être border line, rebelle et insaisissable, qui va mener son enquête. C’est un demi-frère élevé avec les autres, né d’une maîtresse du patriarche morte pendant l’accouchement. Durant une longue période de leur adolescence, les deux vont être inséparables, jusqu’à ce qu’il disparaisse en lui-même et s’en aille vivre à Rome. Un deuxième fils, celui qui devait succéder à son père, coupe le cordon en devenant oncologue. Enfin la petite dernière, Gioia, qui rigole parfois mais dont on ne sait pas grand chose.
L’histoire, c’est une chose mais le plus fascinant, c’est la façon dont il la raconte. Nicola Lagioia possède un style très sophistiqué, voire ensorcelant. Les phrases qu’il écrit donnent à voir une construction de la pensée à la fois tortueuse et poétique. Parfois, on ne comprend (je ne comprends) pas tout, l’auteur ne perdant pas de temps en explications rationnelles. Parfois, le récit entremêle deux époques différentes et on doit se concentrer pour faire la part des choses. Malgré tout, on s’accroche comme à une personne impressionnante qui ne parle pas tout à fait de la même façon que nous. Enfin, c’est mon impression. Mais je ne suis pas seule à le trouver superbe puisque ce livre a reçu le prestigieux prix Strega.

La Féroce de Nicola Lagioia 2015. Paru en 2017 chez Flammarion, traduit par Simonetta Greggio et Renaud Temperini. 458 p. 23€. Ou chez Folio.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #456

03/08/2019 Comments off


Evidemment, le rapport ne peut pas être établi entre le fait que l’on soit samedi et les Fessebouqueries du samedi. Sinon, s’il y avait un rapport chaque fois qu’il y a un fait, on ne s’en sortirait plus. Comme par exemple le rapport entre Greta Thunberg et l’imbécillité de certains députés, entre l’imbécillité de certains députés et la signature du CETA, entre un homard et la démission d’un ministre, entre une maman moustique et un antispéciste nommée Aymeric Caron. Ce ne sont que de vagues supputations faites par des mauvaises langues doutant de la probité de nos gouvernements et de leur volonté de servir au mieux les intérêts de nous le peuple. Heureusement, L’IGPN veille. Faites gaffe sur les routes quand même et bon WE !

- HH : Selon l’IGPN, la Loire ne passait pas à Nantes le jour de la Fête de la Musique
- RV : Ce matin j’ai pris mon café dans un bistrot communautaire et franchement ça faisait peur. Il n’y avait que des Français.
- YP : On aurait trouvé des huiles de vidange dans des mayonnaises bien françaises. Je me demande si je ne vais pas soutenir le CETA.
- JB : Greta Thunberg se rendra au sommet pour le climat de New-York en voilier, depuis le Royaume-Uni. Donald Trump tentera pour sa part d’arriver à pied par la Chine.
- CV : Selon un rapport de l’IGPN, mon énervement n’a rien à voir avec le manque de pognon.
Ouf.
- HM : Je viens de lire la note d’intention du prochain Desplechin pour le taf. J’ai dû vérifier que je n’avais pas de sperme sur ma robe tellement ça atteint des sommets de branlette intellectuelle.
- CV : Selon L’IGPN et le gouvernement, il n’y a aucun lien établi entre la police partout et la justice nulle part.
- PR : Toujours pas reçu de pub pour du homard géant, livré dans les dix minutes, sur financement public. Ils font quoi les startupers ? Ils sont lents. Ya un biz à prendre. La startup nation, c’est du pipo.
- GD : « Le rapport rédigé par la pluie ne fait aucun lien entre les gouttes tombées des nuages et les flaques d’eau constatées au sol. »
- LFI : Nous exigeons que l’enquête sur la mort de Steve soit retirée à la police et faite uniquement sur Twitter, comme depuis le début.
- GD : (Imaginez le scandale si, dans une grande démocratie, on apprenait la mort d’un jeune homme suite à une charge policière lors d’une fête.)
- FS : Il y aurait des militants de la majorité présidentielle qui inventerait une vérité alternative comme, par exemple, qu’il est possible qu’il se soit suicidé ou bien qu’il soit tombé à un autre endroit.
- PA : Pour savoir si mes enfants sont rentrés, je débranche le WIFI. Si j’entends hurler, c’est qu’ils sont là.
- PI : Si vous connaissez des endroits où, dans le cadre d’une tradition hein, des taureaux se réunissent pour applaudir d’autres taureaux qui humilient un homme avant de le tuer, mais pour l’art et pour la tradition, hein, dites-moi, merci.
- SP : Hier à Naples j’ai mis mon clignotant. Toute la ville s’est arrêtée pour rire. Pire que conduire à Marrakech, jamais vu ça.
- PR : C’est rigolo cette utilisation tous azimuts des lacrymos et lanceurs de balles de défense. C’est très fun. On se croirait dans un jeux vidéo. Surtout qu’il y a des primes et décorations pour les meilleurs joueurs. A quand un concours mondial des meilleures équipes Russie, Chine, Turquie, France ? On a des chances de gagner ?
- CC : Essonne : un commandant de police mis en examen pour harcèlement sexuel sur une collègue. On attend la médaille remise par Castaner !
- BP : Le vrai débat n’est donc pas celui des violences policières mais celui des leçons de natation.
- GD : In French we don’t say « un non événement », we say « un rapport de l’IGPN » and I think it’s not beautiful du tout.
- PE : Y a trois semaines, Edouard Philippe gardait toute sa confiance en Rugy, qui a démissionné quelques jours plus tard. 
Hier, le même Edouard Philippe a dit garder toute sa confiance en Castaner. 
Vivement lundi!
- DC : 2022. Macron n’a pas été réélu mais il a pourtant affirmé qu’il ne peut être établi de lien entre cet échec et sa politique.
- SF : À ton avis, Christophe Castaner, pourquoi Edouard Philippe t’a-t-il demandé de l’ouvrir le moins possible ?
- MN : Les garçons, ce n’est pas parce ce que vous avez un zizi que vous devez vous comporter comme des connards. Les lézards en ont deux et ils ont réussi à rester cools.
- BP : Ça vaut vraiment le coup de polluer le ciel avec un avion qui annonce à la plage, sur une banderole, que les sardines ne sont pas chères à Géant Casino ?
- AB : On a un compteur Linky depuis janvier : aucun problème, sauf une lévitation qui nous oblige à vivre près du plafond, d’où quelques maux de tête.
- PA : C’est d’actualité : Quand j’étais petit j’avais peur du noir. Maintenant quand je vois ma facture d’électricité, j’ai peur de la lumière.
- CC : Y a un article dans le Parisien qui parle du retour de de Rugy et de sa femme dans un appart place de Clichy, on croirait un récit de Zola.
- PI : Ce soir n’oubliez pas de laisser un petit bol de votre sang sur la table de chevet pour maman moustique.
- OM : Je n’ose même pas imaginer le dilemme que vivrait Aymeric Caron si il chopait un vers solitaire.
- GP : Pour Castaner,  les dégradations des permanences sont comparables a des attentats. Je vais en parler avec les gars du Bataclan et de Charlie Hebdo. Monsieur Castaner, les mots ont un sens.

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Se perdre, oui, pour se perdre…

30/07/2019 Comments off

Se perdre est un livre d’Annie Ernaux emprunté à ma petite bibliothèque de l’été. En fait ce n’est pas réellement un livre, c’est la transcription mot pour mot du journal qu’elle a tenu lors de son histoire avec S., le diplomate russe, en 1988. Elle en avait tiré Passion simple, sous la forme romancée habituelle. Puis quelques années plus tard, retrouvant ce journal, elle décide de le publier tel quel, sans ajout ni retrait. Je dois dire que c’est calamiteux, c’est ça qui est intéressant. Imaginez un peu : elle a 48 ans, elle est mince, grande, sérieuse, reconnue voire célèbre, intello. Lui est très grand, blond, russe, marié à une petite femme grassouillette, il porte des slips et des tricots de peau russes hideux, il garde toujours ses chaussettes pour faire l’amour, il est quasi inculte, il boit comme un trou, fume comme un pompier et se damne pour tout ce qui est bling bling. Il a une grosse voiture, un costard St Laurent, une cravate Guy Laroche. Il est beaucoup plus jeune qu’elle, il travaille à l’ambassade …

Ils se rencontrent lors d’un voyage littéraire à St Pertersbourg car il accompagne un cheptel d’écrivains. Le dernier soir, ils font l’amour. Puis, comme il est basé à Paris, ils se revoient. Elle habite à 40 km, à Cergy, et quand il vient la retrouver, l’ayant prévenue par téléphone, il reste en général quatre heures et ils ne font que l’amour. Boire et grignoter. Il est plein de désir, elle-même en meurt tellement elle n’attend que ça, et lui ne demande qu’à se perfectionner dans l’art de la baise. Sodomie, fellations, positions, longues caresses bucco-génitales, Annie ne nous passe rien. C’est d’une indécence totale, non pas ce qu’ils font, mais le fait qu’elle ne vit que pour ces moments intimes et jouissifs qui la rendent d’autant plus malheureuse après qu’elle ne se sent pas aimée. Elle guette tous les signes qui pourraient lui faire croire qu’il a une réelle affection pour lui mais rien. Elle passe ces deux ans à pleurer à chaudes larmes tellement elle est malheureuse. Elle suppose même vers la fin — il vient moins souvent — qu’il a une autre maîtresse en plus de sa femme à qui il fait souvent l’amour.  Mais on n’en saura rien. Elle devient indifférente à tout le reste, plus rien ne la touche, son moteur est à l’arrêt, l’écriture est impossible, à part ce journal qui la remet en situation.
Ce journal est donc une litanie de gémissements tragiques, de ressassement dramatique vaguement perlés de petits pics de joie lorsque la relation lui laisse encore une trace de complicité. C’est cru, je ne parle pas des séances car elle ne décrit pas dans le détail ce qui s’y passe, mais de la misère dans laquelle elle semble se complaire comme si elle était réellement maso (c’est moi qui pense ça), on a l’impression qu’elle érige sa douleur VS son désir violent et permanent en totem massif et écrasant. Durant toute cette affaire, elle ne prend plaisir à rien (à rien d’autre que les rapports), ne fait rien, met plus de six mois à rédiger un pauvre article, ne sort pas avec des ami.e.s (en a t-elle seulement ?), même ses fils (qui sont adultes) l’embarrassent quand ils passent, l’empêchant de se concentrer sur ce mal d’amour qui la ronge. J’oublie de le dire : dans ces années-là, il n’y a pas d’internet ou de mobiles et comme la femme de S. est sa secrétaire à l’ambassade (où Annie se rend car elle est souvent conviée à des soirées culturelles), elle ne peut pas téléphoner. Elle est donc réduite, comme n’importe quelle midinette soumise, à attendre qu’il la contacte. Le plus dur c’est qu’il ne lui dit pas vraiment quand il sera rappelé à Moscou, et toujours elle craint qu’il ne la préviendra même pas lorsqu’ils déménageront.
Cette femme, par ailleurs brillante, se laisse voir sous un jour pathétique, extrêmement dévalorisant, c’est une loque névrosée, sa soumission odieuse, flagrante, ne mènera à rien. Elle le sait puisqu’elle l’a déjà vécu  avec les autres (elle en fait référence et compare ses douleurs). La fin est d’ailleurs encore plus pénible que le début puisque, comme S. vient de moins en moins, elle raconte ses rêves dans son journal.
Mais c’est intéressant.

Se perdre d’Annie Ernaux, 2001 aux éditions Gallimard. 296 pages. 110 fr. 16,77 € . Et chez Folio.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #455

27/07/2019 Comments off

Cette semaine nous a offert une vaste palette des futurs climats de saison dite d’été. On a transpiré sa race comme nos ancêtres femelles dans leurs sudisettes pour perdre du poids, puis on a joué à Poséidon-votre-imperméable sur la patère tandis que roulaient des courageux sur des glaçons ronds dans les Alpes. Le climat change ? Pensez-vous, disent les uns, tandis qu’une jeune pubère fait la leçon à tous ces autres courageux qui préfèrent crier au loup de leur voix mâle intentionnée que de lever leur QI de leur écran plat comme un encéphale de philosophe confit. Sinon, oui, céta, cétarrivé, on va arrêter le homard pour bouffer du bœuf nourri à la poudre d’os et de poil. Poil au cul, turlututu, chapeau pointu ! Du poil de bœuf, c’est du bœuf, oui ou non ? Bon week-end, friends !

- PI : « Termine ton assiette ça va être chaud. » Anonyme à son enfant, 24 juillet 2019.
- PI : Je remarque qu’une partie de la droite a une grande estime pour Jeanne d’Arc morte à 19 ans donc laissons disons deux ou trois ans à Greta Thunberg pour être légitime à leurs yeux.
- BL : Faut quand même un sacré courage politique aux députés LR pour s’attaquer en meute à une gamine de seize ans. À moins que ce soit la trouille d’être confrontés à une parole infiniment plus puissante que la leur.
- DC : C’est vrai que tu as de quoi scandaliser ! Tu es suédoise, tu as 16 ans, et au lieu de tourner dans un porno ou de faire la pute, tu viens nous parler du climat !
- FC : Affaire de Rugy : La commission de l’assemblée Nationale accrédite la thèse du ‘tous pourris »
- BL : Il y a des années, l’Homme posait le premier pas sur la Lune et depuis il n’est jamais arrivé à y retourner, on dirait la bio de mon point G.
- EEF : Donc Kim Kardashian veut que ses cendres soient jetées dans l’océan à sa mort… Comme si il n’y avait déjà pas assez de plastique.
- SVR : Selon la France, une fille de 16 ans est capable de consentir à un rapport sexuel, par contre si une fille de 16 ans essaie de mobiliser les gens pour le climat, d’un coup « c’est qu’une gamine ».
- PI : Les jeunes, j’espère que vous tenez des notes sur tout ce que les LR et le RN disent de vous en creux quand ils parlent de Greta Thunberg.
- NP : Le problème quand il y a une deuxième canicule pendant l’été c’est que ,du coup, même les blagues sur la canicule sentent le réchauffé.
- JC : Greta Thunberg ? Qu’elle fasse s’indigner Boutin et vomir de haine Pascal Bruckner est déjà une victoire de la civilisation contre la médiocrité intellectuelle et la bassesse morale. Anecdotique, la victoire, mais y’a pas de petit plaisir.
- BL : Lorsque le sage montre l’urgence climatique du doigt, l’imbécile regarde la polémique
- RP :  CETA : Ce qui est paradoxal, c’est que le repas à la française à été sanctuarisé et que très bientôt, il faudra recycler les derniers étrons de De Rugy pour retrouver la trace des ingrédients nécessaires à la confection du truc.
- AB : Vendredi, lecture. J’en suis à la page 15 du projet d’accord CETA, qui en comporte 2344 ; je comprends que les députés LREM l’aient voté sans le lire
- PR : J’explique. Il y a des choses que tu ne peux pas faire dans un pays à cause de la loi locale. Donc, tu le fais dans un autre pays qui passe un accord de marché ouvert avec le premier pays, et tes produits entrent légalement dans le pays où c’était illégal. Accessoirement, tu provoques une jolie distorsion du marché, car les habitants du premier pays ne peuvent pas le faire, puisque c’est illégal chez eux. Héhé. Donc, tu les as bien niqués de sa race. Donc.
- JE :  Après les dîners de François de Rugy, l’Assemblée Nationale déclare que les comptes suisses de Jérôme Cahuzac étaient « d’ordre professionnel. » « Ces comptes ont contribué à l’amélioration de la sécurité de notre système fiscal, c’était son rôle de Ministre. »
- NP : Il fait la même température à Paris qu’à La Mecque… Il y a encore des gens pour mettre en doute l’islamisation de la France.
- OM : C’est quand même dingue ces gamines de 16 ans qui ne respectent pas le droit des politiques de rester les bras croisés pendant que la planète brûle !
- PdJ : Il est agile Zapata. Tweet peu compréhensible par les jeunes…
- NP : La France, ce pays où les TGV tombent en panne en hiver parce qu’il y a de la neige et en été parce qu’il fait trop chaud…
- JPP : Tu coupes la clim dans tous les lieux de pouvoir mondiaux. Dans la semaine le problème du réchauffement climatique est réglé.
- RdB : Bon, le Flyboard de Zapata, on sait toujours pas ce que ça vaut pour la guerre, mais apparemment, pour pécher du poisson, c’est pas mal.
- ES : Make our planet Greta again !
- JG : Hélicoptères, plongeurs,… Y aurait pas plus de moyens pour assurer la traversée de Zapata que pour retrouver Steve ?
- SF : On me dit dans l’oreillette que François de Rugy va rendre l’argent qu’il n’a pas volé
- AB : Si un jour je suis inquiété pour mes dépenses, je demanderai une enquête menée par mon frangin, ma concierge et les caissières de Lidl.
- GD : François de Rugy, François de Rugy et François de Rugy vous informent n’avoir rien à reprocher à François de Rugy (confirmé par François de Rugy).
- CB : Être mère, c’est manger la partie noire de la banane…
- ES : Franky Zapata : « J’ai perdu la première Manche, je n’ai pas perdu la bataille. »
- BL : Je n’ai rien contre le progrès mais je trouve plutôt rassurant qu’un type qui flottait dans les airs avec un fusil d’assaut il y a 10 jours se vautre comme une bouse au milieu de nulle part.
- SF : La clim du bureau d’un préfet fait plus parler d’elle qu’une centaine de malheureux migrants qui se noient en Méditerranée. C’est pas vraiment l’idée que je me faisais du XXIème siècle.
- BV : Pierre Péan est mort, Christophe Barbier est vivant. Injustice.
- CC : Si Macron avait eu la phobie des évadés fiscaux plutôt que celle des bêtes à plume, z’imaginez le pognon qu’on aurait récupéré ?
- TC : Présentement dans un train bondé, plus de place assises par 40 degrés. Je suis devenu un homme fontaine.
- BL : Ce n’est pas le fait que ce monde soit dirigé par des cons cyniques qui est flippant. C’est qu’on n’ait pas encore trouvé le moyen qu’il en soit autrement.
- PG : Bon !!!! Ça y est…. on se sent mieux ! Je commençais à en avoir marre de me faire caniculer tous les jours !
- OK  : La canicule est terminée. Arrêtez d’hydrater les personnes âgées. Merci pour elles.
- NP : PointMeteo : c’est le déluge. Mon chat qui était sorti faire un tour dans le jardin vient de rentrer à la nage.
- PI : C’est pas pour dire que c’est mieux organisé que le Tour de France, mais bon, à Roland Garros, ils auraient bâché et suspendu quelques heures, c’est ça la différence entre un sport et un moyen de locomotion.
- NP : Geler une étape de montagne à cause d’une averse de grêle c’est quand même le sommet de l’ironie.
- TC : *ouvre les fenêtres de l’étage* *descend faire à bouffer* *entends l’orage* *remonte en 4 secondes* *essore tous les draps, essuie les sols, les meubles, étend les oreillers…* 4 put… de secondes !
- NP : Les parisiens sont vraiment nuls en danse de la pluie : ils se contentent de trottiner sur les trottoirs avec leur sac au dessus de la tête…

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

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Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage

25/07/2019 Comments off

Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage, titre de ce drôle de roman de Vendela Vida idéal pour l’été, donne une image qui n’a pas à voir avec l’histoire, c’est juste le titre d’un poème dans le récit. Mais, quand même. C’est d’une sorte de disparation qu’il est question puisque l’héroïne, une Américaine de 33 ans, se voit disparaître de par le vol de tous ses papiers. Voici : Elle s’envole pour le Maroc, itinéraire conseillé par une proche pour se changer les idées après un douloureux divorce, atterrit à Casablanca où elle a réservé pour trois jours dans un hôtel pas terrible, alors que le guide conseille de se tirer au plus vite de cette ville. Et voilà qu’on lui vole son sac avec tous ses papiers, passeport, ordi, téléphone, carte bancaire, tout quoi. Ne lui reste que sa valise de vêtements. Et pas un rond. Enfer et damnation !
Le surlendemain, après moult difficultés qui font le sel de l’histoire, le chef de la police lui tend un sac similaire avec papiers, passeport et même une carte bancaire. Mais il s’agit de celui d’une autre Américaine qui lui ressemblerait un peu.  Par chance, elle n’a pas encore fait opposition. Une autre vie commence car par chance encore, il y a un tournage dans le beau quartier et on la repère pour doubler une célèbre actrice américaine. Tous frais payés etc. Entre temps, elle a dû changer de nom, prenant celui de sa nièce bébé, on saura pourquoi elle attache tant d’intérêt à cette petite. L’actrice est très sympa. Très capricieuse aussi, forcément. Quand la narratrice sera obligée de la remplacer auprès du prétendant officieux, ça va déraper sérieusement. Et toute la suite de cette histoire n’est qu’un dérapage pour fuir le danger de voir ses mensonges découverts. Elle disparaît sans arrêt, sans arrêt, se rattrape à une branche trop fragile et c’est vraiment très amusant.
Au lieu de raconter son histoire en mode je, elle utilise le tu. C’est un procédé pas très nouveau et on s’y fait. Le plus bizarre, c’est de lire à la fin la liste des remerciements, des équipes qui l’ont assistée pour ce livre etc… Est-ce de littérature ou de marketing qu’il s’agit ? J’image les réunions où des tas de gens demandent de rectifier ici ou là, de mettre plus de jeune et moins de rouge, ce genre de truc. Comme dans les bons vieux plansboards de la pub. Une activité solitaire, l’écriture ? Heu…
Nerver mind, ce livre est très plaisant et vraiment amusant.

Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage de Vendela Viva, 2015 l’original, 2019 chez Albin Michel, traduit par Adèle Carasso. 244 pages, 21,50 €.

texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #454

20/07/2019 Comments off

Je te préviens : si tu ne finis pas ton assiette, on te la servira la semaine prochaine ! Oui, on croyait que c’était avalé, digéré, toute cette fantaisie sur le homard. Hé bien non, il est blanchi, le ministre, par le système qu’il avait lui-même mis en place ! Pas con, le larron. Il paraît même qu’il va recevoir le casse-pinces d’or de la main de monsieur Castaner qui s’y connaît en déhontologie. A part ça, vieillis-toi avec FaceApp, mange ton kebab et ta gueule, y a Hanouna qui cause et le ruissellement qui commence à se déverser. T’entends pas ? Oui, bon, c’était une cigale. Allez, bouffe, bouffon ! L’actu toute chaude, ça n’attend pas !

- OVH : Pour le défilé, Macron a invité du beau monde : Merkel et tout le tremblement.
- ES : — Chéri t’as pensé à mettre le champagne au frais ? — Non je l’ai mis AUX frais —  …? — Aux frais des contribuables AHAHAH
- CV :  — Les enfants, on va faire une ronde. Voilà, très bien, maintenant on ferme la ronde, comme ça, et on s’assied. Faites bien attention qu’il n’y ait pas de CACA quand vous vous asseyez.
- DC : Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains, devient groniqueuse chez le slipanouille. De Wauquiez à Hanouna c’est comme d’une bouse à l’autre, un petit pas suffit.
- CD : Je viens d’entendre le Préfet de Police dire :  » il y avait 200 manifestants « .
 Comme on apprend qu’il y a eu 175 interpellations, c’est quasi un strike, moi j’dis.
- PA : Je suis sorti avec des ami.es, on a bu des coups en célébrant la démission de De Rugy. J’ai tellement bu qu’en rentrant, j’ai cru que Macron avait nommé Elisabeth Borne Ministre l’écologie !!! MDR les ravages de l’alcool
- HB : Pour avoir servi un Château Yquem avec du homard, je propose de destituer De Rugy de la nationalite Français
- HM : C’est pénible, votre FaceApp qui vous vieillit. Moi qui ai de lourdes tendances gérontophiles, ça me donne envie de tous vous baiser.
- CV : Nommer la ministre des transports à l’écologie, ça dépasse les bornes !
- SN : Nous avons conscience que nos concitoyens ne mangent pas du homard tous les jours, bien souvent c’est plutôt des kebabs (Sibeth Ndiaye)
- CdH : Quelqu’un.e sait pourquoi Elisabeth Borne n’est pas ministre d’État ? Merci !
- MO : En seulement deux ans. C’est plus un gouvernement, c’est un speed dating ! Départs de ministres sous Macron : Richard Ferrand, François Bayrou, Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard, Nicolas Hulot, Laura Flessel, Gérard Collomb, Françoise Nyssen, Delphine Gény, Stéphane Travert, Jacques Mézard, Nathalie Loiseau, Benjamin Griveaux, Mounir Mahjoubi, François de Rugy.
- PE : —  mon avis diffère du tien. —  tu penses avoir raison ? —  oh non, avoir raison n’a aucun sens, je te parle du prisme à travers lequel je forge mon point de vue, c’est très subjectif. —  on est sur twitter. — ah oui excuse, ouais non,  mais ta gueule connard, tu dis de la merde. —  voilà.
- OK : Passation de pouvoir entre De Rugy et Borne, il paraît que la Badoit / Pulco citron coule à flot et que les petit-beurre Leader Price sont servis à volonté.
- RR : J’ai synthétisé l’actualité politique de ces dernières 24 heures. Effectivement on peut supprimer l’ENA.
- OM : En fait, depuis que Macron est Président, le seul truc qu’on recycle mieux en France, c’est les Ministres de l’écologie.
- RR : Je ne comprends pas pourquoi les hommes politiques ne veulent pas suivre les modèles suédois alors que ce sont toutes des bombasses.
- OM : Y’a pire pour un facho que de voir que l’Algérie a remporté la CAN. C’est de voir que les célébrations se sont passées sans incident.
- OM : « La porte-parole de Les Républicains démissionne de ses fonctions pour devenir-chroniqueuse chez Hanouna. » En même temps à raconter de la merde, autant que ça rapporte.
- PV  : Vous êtes républicain modéré, mais partisan du rétablissement de la peine de mort, de la sortie de l’Euro, de l’interdiction de l’IVG et du mariage pour tous, et de la chasse aux étrangers non blancs ? Rejoignez Marion !
- TH : « Éborgner des manifestants, ça passait. Tuer des vieilles dames, ça passait. Noyer des jeunes, ça passait. Dénier le droit constitutionnel de grève, ça passait. Les politiques racistes ça passait. Mais le homard, ça coince ».
- SF : Sous la Vème République, il y a eu une femme Premier Ministre et trois femmes Ministres d’État. Par contre, toutes les dames pipi de nos somptueux palais ont été et sont encore des femmes. Hey, les mecs, j’ai un message pour vous
- DC : La femme qui a posé pour l’origine du monde est née dans l’Aisne. Ça ne s’invente pas ! Et son prénom commence par Con… (stance). Franchement !
- OB:  N’empêche, on vieillit mieux avec FaceApp qu’avec la réforme des retraites.
- NP : Les Algériens à chaque fois qu’ils gagnent un match de foot, tu as l’impression qu’ils fêtent leur indépendance. Calmez vous les gars ! Ça fait 37 ans, vous devriez être habitués maintenant.
- AB : M. Christophe Castaner, ministre de la Baston, a reçu la matraque d’or et le LBD d’honneur des mains du président Manu Militari. Félicitations navrées…
- RdB : Bernard Arnault, 2ème fortune mondiale . MAIS ÇA VA PLUS ÊTRE UN RUISSELLEMENT, ÇA VA ÊTRE UN TSUNAMI
- GD : Pour geindre sur la casse des services publics, il y a du monde. Mais pour se réjouir de la 2e fortune mondiale de Bernard Arnault, ça regimbe.
- TC : Faut arrêter de consommer et de jeter comme ça… on est même pas foutu de garder un ministre tout neuf. Dès que la garantie a expiré, ça tient plus…
- LC : J’allais m’endormir et puis je me suis demandé comment les nudistes faisaient pour nettoyer leurs lunettes.
- SF : L’Assemblée Nationale qui enquête sur les dîners de François de Rugy et l’IGPN qui enquête sur la disparition de Steve. Ça commence sérieusement à se voir qu’on se fout de notre gueule
- ME : L’Assemblée, qui avait indiqué ne pas pouvoir contrôler les dépenses du président, nous annonce avoir contrôlé les dépenses du président pour en conclure que tout était réglo.
DC : Nommée sur proposition du Président François de Rugy, Mme Agnès Roblot-Troizier, déontologue de l’Assemblée nationale, a conclu que les dîners de monsieur de Rugy étaient bien professionnels. Déhontologie ?

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

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J’enlève le masque…

16/07/2019 Comments off

Un livre qui va en agacer plus d’un/e comme toute histoire de réussite chanceuse.
Voilà un p’tit gars, Pierrot, Pierre Berville en vrai, il ne sait pas trop quoi faire, c’est pas qu’il s’ennuie, mais bon, qu’est-ce que je peux faire ? Heureusement pour lui, son grand frère, Paul, est dans la pub et y fait son trou. Alors, plutôt que d’aller à l’armée, Pierre se fait porter pâle et commence sa belle histoire par un stage croquignolet. Puis enchaîne, grâce au frangin, les places dans les agences de pub qui commencent à faire parler d’elles. Et alors, sans qu’il ait rien demandé, il gravit sans peine les échelons qui l’emmène aux sommets de la gloire. Parce qu’il deviendra très vite une super pointure de la création.
Certes, il a du talent, du répondant et de la gouaille. Personnellement, je ne l’ai pas connu mais beaucoup croisé et j’ai beaucoup lu son nom dans la rubrique « qui a fait quoi » dans Stratégies. Il l’écrit lui-même : ce n’est que de la chance. Couronnées de nombreux prix et lauriers, ses campagnes sont encore dans les mémoires, ne serait-ce que celle de Myriam qui enlève le haut, faite en free-lance, sport qu’il a beaucoup pratiqué et qui lui a rapporté beaucoup d’argent. Une chance énorme, encore : il trouve ses (très bonnes) idées très vite et très facilement. Oh, que c’est agaçant !
Il a donc connu la meilleure période de la pub, celle des créatifs qui arrivent à l’heure qu’ils veulent, qui bossent comme ils veulent, qui causent comme ils veulent. On les protège, on les couve, on les admire. Du moins ceux qui ont du talent. En plus, on les paie bien. En plus, ils n’arrêtent pas de faire la bringue, de picoler, de sniffer, de se faire des nanas, Beigbeider est passé par là aussi, on s’en souvient.
Il a habité dans des beaux lofts, il a fait des campagnes et des films dans des beaux pays, il a rencontré des gens hyper intéressants, dont certains sont devenue ses amis. Il a adoré les femmes qu’il a épousées. Il est très fier de tous ses enfants. Il n’a manqué de rien. Il a peut-être eu un problème avec son frère réalisateur car il n’a pas fait assez appel à lui pour ses films, et aussi avec un de ses fils car il n’a pas été trop présent, il le confesse. Mais quand on est très jeune et que tout tombe du ciel, on est comme les jeunes chiens fous, on s’amuse et on jouit.
Pour des pubard(e)s dont je suis, pas trop de surprises dans J’enlève le haut sauf que je ne connaissais pas tous les trafics de fric, de surcoms, d’arrangements, de prévarication dont on faisait preuve entre agences, centrales d’achat d’espaces, et prods diverses et qui ont sévi jusqu’à la loi Sapin.
J’y ai retrouvé beaucoup de figures dont j’ignorais la vie de bâtons de chaise ou les manières assez particulières, revu quelques connaissances mais pas tant que ça parce que j’ai commencé plus tard et pas dans les meilleures enseignes. Moi c’était plutôt Ringard & Grosse Com mes premières agences… Je m’en suis quand même sortie honorablement.
Bref, c’est un livre de nostalgie, si on veut, il nous ramène à des années-lumière de ce qu’on voit aujourd’hui sur les écrans et sur les murs ou de ce qu’on entend à la radio et nous fait dire, comme Pierre l’écrit, qu’au niveau pub, c’était mieux avant, et il assume comme un vieux con qu’il est. Je cite.
C’est donc une belle histoire paradisiaque qui s’arrêtera le jour où on aura croqué la pomme d’Apple, celle qui a permis à n’importe qui de faire ses films ou de remonter ceux de l’agence (merci FinalCut), de trafiquer les annonces en agrandissant le logo et en changeant la mise en page (merci Illustrator et PhotoShop) et de réaliser tous les trucages possible sans bouger de son siège.
Alors, ce livre plein d’anecdotes va certes faire des envieux, mais il n’en reste pas moins un excellent témoignage d’une tranche de notre vie à jamais disparue.

J’enlève le haut par Pierre Berville, 2018 aux éditions Aquilon. 424 pages, 24,90 €.

Texte © dominique cozette

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Mais qu’est-ce qu’un homme heureux ?

13/07/2019 Comments off

C’est la question que se pose Dario Jaramillo Agudelo dans Mécanique d’un homme heureux. Ce qui m’a d’abord attirée dans ce livre, c’est son physique : une première et une quatrième de couv à l’esthétique plaisante et très soignée. Puis le papier : il est épais mais léger, facile à tenir au lit et peu pesant au sac. Et le côté inconnu de l’édition : Yovana. Elle se trouve dans l’Hérault et se consacre aux livres étrangers. Sur la couverture,  comme une tache noire, une petite carte du pays, et en quatrième, on voit qu’il s’agit de la Colombie et que Bogota, en son centre, est indiquée. La typo est également très importante. Celle de l’intérieur, fine et racée, est du FreightSans Boook droite et italique tandis que les textes en couverture sont en Akkura mono. Ce qui relève encore du confort de lecture, c’est que les paragraphes sont composés de telle façon qu’ils sont rarement coupés d’une page à l’autre. Et les chapitres sont courts, ce qui permet d’interrompre la lecture de façon naturelle.
Venons-en à la forme du roman (je parle comme l’auteur). C’est une littérature très maîtrisée car le narrateur est très attaché au fonctionnement des mots entre eux, à leur précision, à leur matérialisme : pas de flou, pas d’approximation, pas de blabla. Voici pourquoi : notre héros est un homme passionné de mécanismes, de machines, de machinerie. Il est ingénieur, il a obtenu son diplôme aux Etats-Unis, puis il est revenu en Colombie pour monter une grosse usine de mécanique. Il adore faire des plans, tout calculer, tout prévoir, en temps et en heure, en dépenses, en efficacité. Il dort dans l’usine tellement il veut être à pied d’œuvre tout le temps, pour ne pas perdre une minute. Mais il est mal tombé : en Colombie, rien n’est net. On y vole les camions de pièces détachées puis on réclame de l’argent pour le récupérer, on n’y obtient les autorisations ou agréments qu’en versant des pots de vins et tout est à l’avenant.
C’est dans cette usine qu’il va être séduit par sa cheffe, dont il ne mesurait absolument pas l’attrait qu’il avait sur elle. Il tombe des nues mais laisse les choses arriver : elle est la petite-fille de l’un des fondateurs, séduisante, autoritaire en douceur, perfectionniste, bonne en tout, parfaite. Seul problème : elle n’a pas encore d’enfant à 35 balais. Lui en a 24, il trouve finalement normal qu’après avoir obtenu son diplôme puis trouvé un travail qui le passionne, il connaisse une suite logique à son cursus qui s’appelle : fonder une famille. Donc tout se déroule au petit poil.
Le grain qui bloque la machine de sa vie, c’est quand son seul ami lui dit, lors du mariage de sa fille qui part s’installer loin, comme son fils d’ailleurs : alors, maintenant, avec Regina, vous n’allez être que tous les deux ! Cette phrase le fait se réveiller de longues années de torpeur où il ne se posait aucune question. Sa femme avait démissionné de l’entreprise pour s’occuper de la maison, des enfants, de la vie mondaine liée à leur réussite. Il ne savait pas s’il était heureux ou pas car tout avançait.
Mais soudain, à cet instant précis, il s’aperçoit qu’il a été manipulé depuis le début par son épouse qui en a fait un clone à son goût à elle et que le Tomas qu’il était, a disparu sans laisser de trace. Alors que faire pour arrêter ça ? Divorcer ? Impossible, sa vie serait foutue. Se suicider ? Pareil. La seule issue, c’est qua sa femme ne soit plus là. Et comment ça peut se faire ? Il faut qu’elle meure. Comment fait-il faire pour ne pas se faire prendre et vivre enfin heureux le reste de sa vie ? C’est toute l’histoire de ce livre, excellent et très original.

Mécanique d’un homme heureux de Dario Jaramillo Agudelo. Mai 2010. 2017 aux Editions Yovana. Traduit par Laurence Holvoet. 368 pages, 20 €. 7,99 € en numérique. Possibilité de feuilleter quelques pages sur le site de l’édition ici.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #453

13/07/2019 Comments off

Le charme discret de notre belle démocrassie constitue la part géante, comme les homards, de la semaine. Les lions  de l’actu se sont lâchés, déchaînés, ils ont rugi dans toutes les rédactions et jusqu’au plus profond du moindre petit twitt. Notez que l’allergie aux crustacés est courante (ou la donne, la courante) mais l’homéopathie n’y fait rien, c’est pour cela que d’aucuns préfèrent tuer des bêtes sauvages dans la brousse. Ceci dit, ça U payé mais ça ne paie plus. Donc les Rugy, tenue de Gala exigée ( normal, madame y bosse) pour être plus près des gens. Dont certains ne sont pas en forme, je pense au pauvre Lambert bientôt en lambeaux, et à Tapie, toujours relax. Bon, on a fait le Tour, mais pas eux, vive l’EPO dans une petite coupette et bon WE !

- PI : Faut quand même que je vous raconte. J’ai reçu un mail aujourd’hui me disant « je vous l’envoit demain sans faute ».
- PP : Depuis la relaxe de BernardTapie, Balkany retrouve foi en la justice de son pays..
- NM : Je ne comprends pas bien cette histoire de « homard ». Par contre, la morue je la vois bien.
- JFR : Ce matin, un drone de l’Inspection du Travail est venu me déposer une amende car j’ai fait travailler mon robot tondeuse hier dimanche…
- RR : Pour Villani, tout va de mal en π.
- CC : à partir d’un certain âge, tu fais des plans cure : c’est comme des plans cul, mais dans l’eau thermale et en claquettes anti-dérapage
- DC : Pour 400 patates, t’as plus rien. Même pas une petite condamnation, même pas un bracelet de cheville. Rien, je te dis ! Ah, si, une petite relaxe, Max…
- SK : Faut arrêter un peu avec la caricature du gneugneugneu les millionnaires/milliardaires doivent tout à leur héritage alors que c’est sous-estimer grandement la part de la malhonnêteté dans leur enrichissement.
- SP : Y’a quand même beaucoup plus de flics & gendarmes pour te verbaliser à 83 km/h, gauler les fumeurs de shit et taper sur les manifestants que pour sauver la vie d’une femme qui a tenté 4 fois de porter plainte pour violences et menaces de mort par son conjoint…
- AQ : Je remercie l’écologiste de châteaux pour les conseils de vertu et d’exemplarité qu’il nous a conférés comme Président de l’Assemblée. Pendant qu’il mangeait du gros homard arrosé de bon vin, je m’employais à scanner mes tickets de caisse de la pizzeria d’en face.
- OM : En tous les cas les mecs de Super U, c’est des baltringues. Les Mousquetaires de la distribution, ils auraient chassé le lion à l’épée.
- JE : François De Rugy s’explique sur ses luxueux dîners. « Les Français peuvent se rassurer, leur argent a été utilisé en parfaite cohérence avec ma fonction, le champagne ainsi que les homards étaient issus de l’agriculture biologique. »
- TB : « Ces homards ont été remis à la mer après le dîner » se défend De Rugy.
- CA : La sobriété vue par le ministre de l’écologie De Rugy qui prétend donc se connecter à la vraie vie des gens avec du homard et des bouteilles à 500 euros, tout en entonnant le refrain de la sacro sainte réduction des dépenses publiques. Quelle classe !
- CT : De Rugy, autant il est nul en écologie, autant il a l’air fort en pinard !
- LS : François De Rugy justifie son train de vie : « Il est important que nous montrions l’exemple aux fainéants et aux cyniques »
- TB : L’engagement de De Rugy pour maintenir la bio diversité dans les océans : –  » Avec mon épouse, nous limitons notre consommation de homard, à une seule fois par semaine… »
- NP : Juste un conseil aux coureurs du Tour de France : freinez un peu dans la dernière montée. Si vous grimpez plus vite que les motos les gens vont finir par se douter de quelque chose.
- CV a tout faux depuis le début, dans l’éducation de son fils.
 Elle lui apprend notamment à bien se comporter avec les autres et à partager. 
Il ne sera jamais ministre.
- OB : La vraie vie a appelé, elle ne connaît pas Francois de Rugy.
- HD : Il n’y a qu’en France qu’on pratique une autopsie pour connaître les causes de la mort d’un pauvre homme plongé dans un état végétatif depuis 11 ans .
- OM : On vit quand même dans un pays où les règles pour conserver son poste quand on a fait une connerie sont plus sévères à Super U qu’au gouvernement.
- JC : Je pense qu’il faut faire une autopsie du corps du homard qu’a mangé Christophe Lambert avant d’être débranché, pour savoir si François Veyrat n’a pas mis du cheddar (à dose homéopathique) dans le soufflé de Marc de Rugy afin de favoriser la candidature de Cédric Griveaux à la Mairie de Paris au détriment de Benjamin Villani.
- OM : Et les gilets jaunes qui pensaient que les élites les méprisaient alors que les mecs s’emmerdaient à bouffer des homards pour ne pas se couper de la société…
- RR : Pour ceux qui s’offusquent du déremboursement de l’homéopathie, rappelons que les pruneaux ne sont pas remboursés alors qu’ils soignent la constipation.
- PR : J’ai besoin de me reconnecter à la vraie vie… Pommard, Gevrey Chambertin, j’hésite.
- SY : Depuis que nous sommes dans le nouveau monde, on ne dit plus : je vous emmerde, on dit : J’assume !
- RR : De Rugy parle de « dîners informels liés à l’exercice de ses fonctions avec des personnalités issues de la société civile ». Quand j’étais prof on appelait ça « Buffet amical liés à l’exercice de nos fonctions avec quiches à volonté. »
- GD : Tu voulais incarner le renouveau en politique. Tu te retrouves, les yeux rougis, à raconter à la TV tes allergies aux crevettes.
- EEF : Apparemment, ça se fait pas d’aller chez Picard avec une chaise pliante et de demander une prise pour charger le téléphone
. J’ignorais !
- MM : Et le vélo je n’en fais pas, j’ai 3 chauffeurs, alors camembert Monsieur Bourdin.
- JT : Le remboursement du homard à la place de l’homéopathie, ça c’est la France qu’on aime.
- PI : Je ne comprends pas comment on peut expliquer pépouze, en toute décontraction, qu’on a rien fait de mal, tout en promettant de rembourser l’argent indûment utilisé.
- PI : De Rugy hate list : crustacés, caviar et champagne. Ma hate list : choux fleur, lait et endives cuites. Presque pareil.
- LL : Et une fois de plus on élude les vraies questions : Combien mesure un homard géant ? Par rapport à un calamar ?
- ES : Parigot, tête de Griveaux
- HT : Je ne crois pas qu’une carrière politique puisse se relever d’un sèche-cheveux doré à la feuille.
- PS : Vous pouvez dire ce que vous voulez mais la rapidité avec laquelle De Rugy a annoncé sa démission, après les révélations de Mediapart qu’il n’a pas remises en cause, montre bien qu’on est dans une démocratie moderne et fonctionnelle.
- OVH :  S’il est viré, privé de chauffeur, de Rugy sera obligé de repartir à pinces.
- EEF : François de Rugy : «J’assume. Après avoir mangé mon homard j’ai fait caca dans les bois»
- LD : D’après sa femme, de Rugy est « incapable de bouffer une moule » !
- OM : Top 1 des mesures écologiques qu’on retiendra de François de Rugy : 1. Je ne mange pas de homard.
- PI : On a beau tout tenter, De Rugy manque de charisme, le Rugybashing ne fonctionnera pas, il lui manque un truc qu’avaient Benalla et Fillon.
- PM (caviste) : De Rugy  » le champagne, ça donne mal à la tête, je n’en prends pas ». En plus , il est con
- ES : Si ça se trouve, on retiendra juste de François de Rugy qu’il aura été le ministre de la Transition entre Nicolas Hulot et son successeur.
- GP : Je suis un peu déçue par le feuilleton de l’été, j’ai préféré le feuilleton de l’été dernier plus musclé . A quand la saison 2 de Benalla
- PR : Samedi soir, tu fais quoi ? Homard Répu ou merguez rond-point ?
- NR : Les amoureux qui s’bécotent sur les fonds publics, fonds publics, fonds publics
En s’gavant d’homard avec not’fric
Sont bien malhonnêtes
Les amoureux qui s’bécotent sur les fonds publics
En s’goinfrant sans gêne avec leur clique
Ont des méthodes bien pathétiques.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

La goutte de champ’ qui fait déborder la vase…

12/07/2019 Comments off
 

(Post facebook de F. Chauvet) « Apres APATHIE on apprend que Serge RAFFY (directeur du Nouvel OBS) et Alexandre KARA (Directeur de France Info), le reporter du Monde Guillaume DASQUIE, l’écrivaine et journaliste Besma LAHOURIEN, le rédacteur en chef du magazine Capital François GENTHIEL, la présidente du directoire d’Arte France, Véronique CAYLA ou encore le journaliste Patrice ROMEDIENNE, mais aussi la productrice Vanessa DJIAN et le réalisateur Philippe FAUCON; plus Séverine SEVAT de RUGY (« journaliste » à Gala) étaient présents aux bacchanales des De Rugy
Ca commence à faire un paquet de journalistes qui se faisaient rincer par le contribuable »

Je partage par désespoir. Ô rage ô désespoir ! Oui, tout cela me désespère profondément. Ça va de plus en plus loin. Et c’est de moins en moins sanctionné. Sortira-t-on un jour de ce sac de m… qui régit notre quotidien ? Pourrons-nous un jour écouter avec enthousiasme un(e) politique qui a une véritable idée pour servir son pays et le peuple qu’il représente et uniquement lui ? En finira-t-on avec les éléments de langage ? Lira-t-on des écrits auxquels on peut se fier dans des journaux probes rédigés par des personnes qui mettent leur honnêteté professionnelle au-dessus des petites pratiques douteuses, pas illégales non, simplement reprochables ? Arrêterons-nous un jour d’avoir honte de ceux qui tout en haut se gavent sans aucune vergogne, qui « assument » insolemment le détournement des biens publics pour leur petit profit, comme un « je vous emmerde, pourquoi me justifierais-je, pauvres nases » plein d’arrogance ? Assisterons-nous  un jour à un changement radical de mentalité, de voir qu’eux aussi paient leurs achats comme le font les politiques des pays du nord, leurs loyers, leurs  repas, leurs travaux,leurs costards,  leurs dîners et autres festins, qu’ils vont enfin cesser de créer des lois à leur seul profit pour jouir d’une retraite plus que douillette, pour échapper à la justice, et au fisc en plaçant leur fric (à nous escroqués) hors de portée de Bercy avec qui ils copinent, nous privant d’une monumentale ressource pour améliorer la société, la santé, l’école, les moyens de circuler, les aides aux précaires et tant d’autres choses ? Aurons-nous alors le plaisir de payer nos impôts pour le bien de tous et non pour faire jouir des prédateurs ? Serons-nous satisfaits de trouver la France, un jour,  parmi les pays les moins corrompus d’Europe alors qu’elle en est loin ? Pourrons-nous alors affirmer que oui, la France est le pays des droits de l’homme, le pays d’une  justice égale pour tous et d’une vie politique saine ? Ne riez pas si je suis encore naïve mais là, la coupe de champagne est pleine et la goutte commence à faire déborder la vase ! C’est d’une violence inouïe et encore, je ne suis pas à plaindre.
Tout ce déballage me rend très triste, bien qu’heureuse qu’on puisse encore déballer les dégueulasseries commises par le petit monde de l’entre-soi (« entre-soi » me fait toujours penser à papier de soie, l’ancêtre du PQ. Ça porte bien son nom)…

Texte © dominique cozette

Categories: politic

une sacrée vie de punkette !

09/07/2019 Comments off

De fringues, de musique et de mecs est le titre français du premier récit d’une icône punk de Londres, Viv Albertine. Le titre anglais est Clothes clothes clothes music music music boys boys boys.  Viv Albertine se raconte dans un livre qui m’a passionnée. Pourquoi ? Parce que j’aime beaucoup sa personnalité fragile, doutant d’elle, se dévalorisant sans arrêt mêlée à une folle hardiesse à aller au-devant d’improbables aventures, assez énormes. Comme celle d’acheter une guitare avec l’héritage de sa grand-mère bien aimée pour monter un groupe sans rien connaître à la musique et à son univers. Sa mère qui l’a élevée seule  espérait pour elle des études un peu poussées mais ses potes de l’entourage de Sid Vicious et des Clash l’influencent autrement. Elle ne semble pas très douée. La première fois que les Slits (les Fentes) se produisent sur scène, elle ne sait pas jouer debout !
Les quatre filles du groupe sont assez trash, surtout la chanteuse Ari, une jeune Allemande de 15 ans qui fait tout ce qui lui passe par la tête. Parallèlement Viv suit vaguement une école de couture car elle adore les fringues, elle s’habille de façon excentrique, très souvent chez SEX, la boutique de Vivienne Westwood, ça coûte une blinde mais ça classe. Sur la pochette de leur premier disques, elles posent torse nu avec de la boue, des plumes, de la peinture sur le corps et le visage. Rien à foutre ! Punk attitude. De façon générale, elle n’écoute personne, fait comme elle le sent, ne tire aucun plan sur la comète.
Elle vient de la classe ouvrière, pas de père, une petite soeur et une mère qui bosse dur pour qu’elles réussissent mieux qu’elle.
Mais la période punk n’a qu’un temps. Deux ans. Ari, la jeune chanteuse s’envole vers d’autres aventures, le groupe se disloque, Viv n’a pas envie d’en créer un autre. Après avoir vécu dans les squatts les plus  craignos et les endroits minables à plusieurs, vécu des aventures parfois importantes comme son histoire avec Mick Jones, elle retourne chez sa mère, petit pavillon pourri et entreprend des études de cinéma. C’est une révélation, elle adore ça. Alors elle bosse, elle bosse puis décroche des boulots, elle fait des films, des clips, ça marche si bien qu’elle gagne de l’argent. Elle peut s’acheter son petit chez-soi. Alors, elle va rencontrer un tout jeune homme de 10 ans de moins qu’elle (elle a passé la trentaine), lui est graphiste, gagne très bien sa vie. Ils se marient. Elle veut un enfant, lui pas trop mais elle se retrouve enceinte. Puis perd l’enfant. Sale période pour elle car elle va accumuler les fausses couches, puis tenter les FIV, neuf en tout, épuisantes, tuantes, qui finiront par lui donner une fille. Grand bonheur mais vite coupé par l’arrivée du sang. Il y a beaucoup d’hémorragies chez Vivi. Cette fois, c’est le cancer de l’utérus. Une horreur. Elle dépérit, les traitements l’épuisent, Mari (comme elle l’appelle) s’occupe bien de Bébé, ce qui lui permet de lutter. Elle maigrit de plus en plus, refait une sérieuse dépression, ce n’est pas la première. Mais finit par remonter la pente. De longues années comme ça. Elle ne travaille plus, ne s’occupe plus que de la maison qu’ils ont achetée au bord de la mer, et de la fillette. Ne voit personne d’autre. Mentalement, pas terrible. Elle s’accroche, veut que son couple marche, mais l’usure, le manque de considération de Mari pour elle l’atteint. Jusqu’au jour où elle reçoit une lettre admirative du séduisant Vincent Gallo, qui vit aux EU. Elle se demande bien pourquoi, et ça ne l’intéresse pas. C’est Mari qui insiste pour qu’elle donne suite, il lui montre les films. Alors, elle finit par lui téléphoner. Ils vont se téléphoner des heures pendant un certain temps jusqu’à de qu’elle se rende à New-York pour une reformation éphémère des Slits. Il est à Hollywood mais rapplique, il lui a dit qu’il l’aimait. Elle, elle veut rester fidèle. Que va-t-il se passer ?
Vous le saurez en lisant ce livre épatant où elle analyse avec finesse tout ce qui lui arrive et pourquoi. Ce n’est pas une bécasse qui voulait juste être célèbre, elle ne le voulait pas et surtout, comme elle est très curieuse, lit et se renseigne beaucoup, elle explique bien son parcours. A la fin, elle liste pour chaque année de références toutes les musiques qu’elle écoutait, les fringues qu’elle portait, les mecs qui ont compté pour elle (pas forcément des amants).
Dans la soixantaine aujourd’hui, elle décide de se consacrer à l’écriture. Elle vient de publier un nouveau récit autour de la mort de sa mère entrecoupé d’autres sujets. Je vais l’acheter.

De fringues, de musique et de mecs de Viv Albertine, chez 10/18.  2014 pour la première parution, 2017 ici. Traduit par Anatole Muchnik. 574 pages.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins