Idéalisation & Clémentine

29/07/2021 Comments off



Idéalisation
, c’est le titre d’une chanson rigolote que j’avais écrite / composée / chantée sur mon inoubliable super 45T en 1967.
Ça racontait l’histoire d’une femme qui voulait insonoriser, araignéiser, démithridatiser, dérupturiser son mec, bref, il devient peintre en bâtiment pour la couvrir de blanc… (écouter ici)
Un jour, va savoir pourquoi, les Yesmen (Beni-oui-oui activistes du canular) s’en sont emparés pour illustrer un de leurs films. Mais plus pour le coup de trompette que pour le contenu du texte, je suppose.
Et puis voilà-t-il pas qu’une chanteuse cool que j’aime énormément — et dont j’avais déjà deux albums très sympas —  reprend cette chanson, à sa façon, très swinguante, dans son nouvel album !
Elle s’appelle Clémentine et a déjà publié vingt albums de style jazz, pop ou bossa avec des collaborations prestigieuses  comme Ben Sidran, Leo Sidran, Carlos Lyra, Marcos Valle, Roberto Menescal, Johnny Griffin, Niels-Henning Orsted Perdersen, Kenny Drew … et de nombreux grands musiciens japonais dont je ne connais pas les noms. Il faut savoir qu’elle a très vite été remarquée par Sony Music Japon qui lui a assuré une superbe carrière dans ce pays où elle est une icône. Elle y a vendu plus de quatre millions de disques ! Quatre millions !
Ce dernier album sur lequel elle a repris avec un immense talent Idéalisation (écouter ici) a été produit en France, avec un choix de titres pour le moins étonnant comme Le Mambo du légionnaire ou Cresoxipropanédiol en capsule de Jean Yanne, Domino, Les Flonflons du balMaria Ninguem en VO… Et toujours cette voix tout sourire, pleine de fraîcheur, super relaxante et positive dans cette monde de brutes. Un plaisir absolu. Une pause on ne peut plus cool. Superbe !

Texte © dominique cozette

 

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Elephant man et son docteur

26/07/2021 Comments off

Qui n’a jamais entendu parler d’Elephant man ou vu le film de David Lynch (1980) ? Ce personnage a non seulement existé mais s’il persiste à rester dans nos mémoires et nos cœurs, c’est grâce au docteur Frederick Treves qui l’a sorti d’un dénuement épouvantable et a pris grand soin de lui jusqu’à ce qu’il meure.  Ces notes ont été utilisées pour créer la pièce qui l’a fait connaître puis le film.
Le livre qui rassemble ces notes, plus de nombreuses autres anecdotes du praticien, s’intitule Elephant Man et autres souvenirs. Il a été écrit en 1923, plusieurs années après la mort de Joseph Marrick, son nom réel, intervenue en 1890 à l’âge de 27 ans.
Ce pauvre garçon, atteint de difformités épouvantables dus au syndrome de Protée ou de Cloves, méconnu à l’époque, fut très tôt recueilli par un montreur forain qui le présenta au public comme un monstre et l’exhiba des années durant sans aucun respect devant des foules dégoutées, railleuses et humiliantes. Nul ne se demandait ce qu’il y avait dans sa tête tant ses excroissances le rendait repoussant. De plus, comme on ne le lavait pas, il dégageait une odeur pestilentielle.

Heureusement, le docteur Treeves croisa sa route et ce fut miraculeux pour lui. Pour la première fois, quelqu’un s’intéressait à lui avec dévouement, s’inquiétait de son confort, de son bien-être et, faut-il le dire, de son bonheur. Le docteur s’aperçut que le garçon était intelligent, qu’il savait lire et aimait ça et qu’il était très curieux. Il le nourrit de culture et aussi de rencontres même si les premières furent plutôt catastrophiques : les personnes, des dames surtout, non prévenues du physique de cet homme, repartaient épouvantées. Mais il en connut de moins bégueules, des femmes de bonne compagnie qui lui offraient des moments de clarté et de communication malgré son impossibilité à parler et à sourire vu l’état de ses lèvres, lui apportaient des petits cadeaux. On l’emmena aussi à la campagne, dans des beaux endroits mais il fallait prendre de sacrées précautions pour éviter qu’il rencontre des gens non prévenus. S’il mourut jeune, Elephant Man connut malgré tout une partie de vie acceptable, voire supportable. Ajoutons que c’était un homme pétri de bonté et de sagesse, qu’il n’éprouva aucune rancune ou aigreur par rapport à la façon dont il avait été (mal)traité dans sa jeunesse. On appelle cela la résilience.

Les anecdotes qui suivent ne sont pas forcément d’ordre médical. D’abord un inventaire de ce qui se faisait dans les hôpitaux « avant », donc fin du XIXème, les opérations sans anesthésie aucune et sans hygiène dont il était impossible de ressortir vivant, les cautérisations au fer brûlant à vie etc… (quand je pense à ceux qui craignent une piqûre), de quoi vous dégoûter des soins. D’autres histoires ont pour sujet un chapeau (nul ne sortait tête nue), une dépression, un chirurgien prétentieux qui ne sait même pas opérer, la mort et aussi la façon de l’annoncer aux proches. Et d’autres cas pathologiques.

Ce livre représente un bon témoignage sur cette époque victorienne pas toujours victorieuse, du moins au niveau social si l’on en croit les mœurs, bardées de préjugés et d’interdits de l’époque. Une fresque sociale, en quelque sorte.

Elephant Man et autres souvenirs par le Dr Frederick Treves, 1923. 2012 aux éditions OKNO avec une excellente traduction d’Arnold Petit. 272 pages, 16,90 €

Texte © dominique cozette

 

 

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Envie de faire Pipin ?

26/07/2021 Comments off

Pardon pour ce jeu de mot foireux mais après tout, on n’est pas là pour s’enquiquiner car je vais vous reparler de Ramon Pipin. Ramon Pipin, oh les filles oh les filles s’en souviennent encore mais il a tourné la page. Au Bonheur des Dames est devenu Odeurs, oui, c’est plus rance déjà. S’ensuivent des tas de réalisations d’albums, de musiques de films etc. je ne vais pas vous faire une nécro. Bref, Pipin qui s’appelle aussi Alain Ranval, a fait énormément de choses à part les crêpes aux anchoix. Quoique. Pendant ma période pub, on a fait beaucoup de séances dans son studio Ramsès, on s’est toujours marrés et on est devenus potes, comment faire autrement ?

Or donc, quoi de neuf ? Un superbe album ALAFU bourré de chansons formidables et à la musique — écriture, arrangements et tout le reste — d’une extrême sophistication, avec des tas d’instruments classiques aussi, mais excusez-moi je ne suis pas critique musical, allez voir sur le site de l’artiste ici. Il se trouve que Ramon lui-même explique tout.

Et puis son livre qu’il a récrit en mieux, un polar déjanté dont je vous ai entretenu lors de la première mouture, emportée par un dépôt de bilan d’éditeur… Il s’appelle Une jeune fille comme il faut, mais évidemment, c’est une jeune fille comme il faut être pour les faire tomber tous. Et ils tombent, les cons, principalement notre petit puceau, Fabien Gourniche, fils du flic à la retraite qui a libéré cette fille, Naja, prise en otage dans un bled paumé. Donc le môme boutonneux, tricotilomane, que ses parents ont eu sur le très tard (et peut-être sur le tréteau) tombe en amour avec cette bombe qui lui explose le cœur. Et pas que le cœur.
Désespoir des parents mais il n’y a rien à faire contre ça. Juste à constater, impuissants qu’ils sont, que leur futur hypokhâgneux (il va s’occuper des chevaux, imagine Naja) se met à d’autres tribulations, drogues, vol etc. Je ne vous raconterai rien des aventures abracadantesques de ces jeunes et de leur bande de nases, ni du père qui, bien qu’ex-flic, a la collectionnite aigüe pour les guitares les plus pointues mais se voit moucher, dans son échoppe préférée, par un jeune glandu qui fait une démo de dingue. Parfois, on se demande si Pipin n’a pas écrit certains passages avec son médiator.
Page 51 et suivantes attention ! Passage remarquable  à tous points de vue sur le laçage des lacets. Personne n’a jamais parlé des lacets comme ça, je vous jure que mes larmes commençaient à apparaître quand ouf, l’action déjantée est repartie de plus belle d’un coup de scooter.
Alors, plutôt que de vous trancher les veines ou de vous pendre dans le grenier de votre grand-mère devant la perspective du monde  sacrément cradingue qu’on nous donne à voir et à entendre dans les médias, sacrifiez vos économies chèrement acquises pour ces deux moments de bonheur concoctés par Pipin le farceur qui, jamais, ne vous laissera tomber jamais. Jamais. Ah, je l’ai déjà dit ?
Et je ne vous ai pas parlé de la préface à tomber de Tonino Benacquista. Et des références musicales qui émaillent ce chef d’œuvre d’humour déjanté.
Vous pourrez trouver le livre chez Jeff B., le mec qui s’évade dans l’espace avec les milliards que lui fournissent ses clients. Bon, bah oui, j’ai une éthique tac-toc. Et hop !

Une jeune fille comme il faut de Ramon Pipin, 2012 chez Mon Salon Editions, 190 pages, 12 €, qui nous met la page à 0, 06315789 €, ce qui est donné !

Texte © dominique cozette

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Hamnet, amour fou, drame indicible

20/07/2021 Comments off

Poussée par l’élogieuse et unanime critique de l’émission le Masque et la Plume, je me suis offert Hamnet de Maggie O’Farrell. On est à la fin du seizième siècle, dans la campagne anglaise, près de Stratford. Un gantier réputé du coin, violent et malhonnête, est poursuivi par ses nombreux créanciers. Pour compenser une de ses dettes, il envoie un fils, le moins estimé de lui, comme précepteur auprès d’une fratrie de paysans, pour leur apprendre quelques humanités. Et celui-ci tombe amoureux d’une des filles de la ferme, toujours pieds nus avec une crécerelle (sorte de faucon) perchée sur l’épaule. Agnès est une personne très singulière :  elle vit avec la nature, sait utiliser les plantes pour soulager les malades, prédire l’avenir des gens en leur pinçant la peau mais ne s’intègre pas à sa belle-famille, une famille reconstituée par son père après la mort en couches de sa mère chérie. Elle n’en s’en console pas. Contre toute attente, elle va tomber amoureuse de cet homme fluet et sans fortune. C’est un amour profondément partagé avec projet de mariage que seront obligés d’accepter les parents des deux amants car elle est enceinte.
C’est le début de leur histoire mais pas du récit qui est entrecoupé de « flash-forwards » (le contraire de flash-backs) où l’on voit un de leurs enfants, Hamnet, chercher du secours partout comme un fou car sa jumelle est tombée brusquement très malade. Ses symptômes sont ceux de la terrible « pestilence », la peste qui confère aux victimes une odeur putride insupportable. La maison, qui est celle de belle-famille d’Agnès est vide, tous sont partis vaquer à leurs obligations, Agnès soigne un malade et son mari est à Londres où il « fait » du théâtre. Le mari qui n’a pas de prénom dans ce livre, ni de nom, il est appelé le père, le mari, le fils.  Il est en fait William Shakespeare.
L’autrice ne se considère pas comme une biographe, elle a fait énormément de recherches pour retrouver quelques traces de la vie de Shakespeare. Et elle a tricoté son roman autour des maigres éléments qu’elle a glanés. Mais elle ignore de quoi est mort Hamnet, à onze ans, peut-être de la peste. Ce qu’elle n’ignore pas, c’est la vie qu’on menait à cette époque lointaine, les conditions sociales des gens de peu et des bourgeois mais aussi, et c’est extraordinaire, de ce que la nature produit et dont savaient se servir nos ancêtres pour améliorer leur vie, se nourrir, se soigner, se guérir. Son écriture est superbement riche et fleurie, on dirait de la dentelle tellement elle est gracieuse et sophistiquée. Parfois on aimerait accélérer un peu le récit (j’avoue : je suis une impatiente) mais il ne le faut pas. Car ce qu’il est conté avec force détails, c’est aussi l’amour immarcescible d’un frère et d’une sœur arborant la même âme et le même visage, dont ils se servent pour tromper son monde, c’est le deuil impossible d’une mère pour son enfant et la culpabilité toujours présente de n’avoir pas su le protéger du pire et c’est  le deuil muet du père qu’il finit par exprimer dans une pièce de théâtre.
Ce superbe livre a a été couronné de prix prestigieux.

Hamnet de Maggie O’Farrell, 2020. 2021 aux Editions Belfond, traduit par Sarah Tardy. 368 pages, 22,50 €

Texte © dominique cozette

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Anatomie d’un mariage

14/07/2021 Comments off

Anatomie d’un mariage est le deuxième roman de Virginia Reeves, un ouvrage bien fourni de 432 pages, relatant le désagrégation d’une union qui promettait pourtant de durer. Le mari, Ed, est un jeune et brillant psychiatre nommé à la tête d’une institution périclitante du Montana, au cœur de ses beaux pays grandioses. Sa femme Laura, belle et forte, la suivit malgré elle car c’est un peu le trou du cul du monde. Ils devraient avoir des enfants, elle peindrait comme elle aime le faire et lui pourrait aller à la chasse et la pêche, enfin dans les rêves car il y a un boulot énorme à Boulder où aucun patient ne peut être soigné faute de budget, de personnel et de motivation. Lui, il veut tout changer et il commence par s’intéresser aux malades en créant des ateliers d’expression pour réveiller leurs cerveaux endormis et amochés. Mais il s’intéresse particulièrement à une jeune fille, Penelope, fine, intelligente et très attirante, placée de force par ses parents car épileptique. Même s’il reste dans les normes morales, il est peu à peu obsédé par elle et lui confie la création d’un atelier de lecture. Bonne initiative car il qui va vraiment améliorer le mental de ses jeunes recrues.
Et puis chaque soir, avant de rentrer, il va boire des coups au saloon du coin, avec son fidèle ami, celui par qui il a été admis dans l’institution. Des shots de Whiskey accompagnés de bière, ah que ça détend ! Bien sûr, il ne rentre jamais à temps pour dîner, ce que Laura commence à déplorer. Peu à peu, sans qu’il le reconnaisse, ses pensées vont plus souvent à Penelope, amoureuse de lui, que vers Laura.
Souvent, c’est la voix de Laura qui prend la plume, si j’ose dire, pour donner sa version des choses. Laura qui a décidé de créer un atelier de peinture dans l’institution, pour se rapprocher d’Ed, à son grand dam. De plus, pour se désennuyer, elle travaille secrètement une fois par semaine dans une boutique de fringues.
Le mariage commence à boiter sec, même avec l’arrivée d’un bébé mais Ed se promet de rectifier le tir, d’être plus souvent là. Paroles, paroles… Jusqu’à ce qu’elle décide de le quitter. Mais leur histoire est loin d’être finie.
Comme beaucoup de romans psychologiques américains, ce livre campe admirablement ses personnages, leurs qualités, leurs défauts. Il nous montre comment pense un homme plein d’ambition, plein de désirs, plein de bons sentiments aussi, tout cela forcément inconciliable, comment peut l’accepter une femme pas particulièrement soumise et comment les vrais amis peuvent intervenir dans une histoire compliquée. Et puis il nous montre tous ces détails de la vie quotidienne dans les années 70 et 80 de gens qui ne vivent pas dans des grandes villes, leurs valeurs, leur amour indicible pour la nature, leurs idéaux familiaux difficiles à réaliser…
A lire comme une série car les étapes de ce drôle de mariage sont bien cadrées et définies avec des retournements de situation, de gros chocs, des accidents de parcours gravissimes… Passionnant pour qui aime le genre. Moi, oui.

Anatomie d’un mariage de Virginia Reeves (The behavior of love, 2019). 2021 aux éditions Stock, traduit par Carine Chichereau.  432 pages, 22,90 €.

Texte © dominique cozette

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Un thriller si cruel

10/07/2021 Comments off

Robe de mariée de Pierre Lemaître m’a été prêté par une amie qui pensait que ce livre me plairait. Me plairait ? Mais j’en tremble encore tellement il m’a secouée, baladée, fourvoyée, trompée, énervée, abasourdie, apitoyée, stupéfiée, déconcertée, estomaquée, médusée. Vous l’aurez compris, je n’en suis pas revenue. D’ailleurs, c’est le premier livre de Lamaître que j’ai lu, honte à moi, mais pas le dernier, je vous rassure.
Sur la couverture du poche, il est écrit thriller. Pour sûr, j’en frissonne encore. Qu’en est-il du motif ? Il s’agit d’une jeune femme, pleine d’allant au départ mais qui se dit folle. Elle ne sait pas comment ni pourquoi c’est arrivé, mais force lui est de constater qu’elle est vraiment folle. Ses affaires disparaissent, reviennent plus tard, ses rendez-vous sont décalés malgré elle, elle fait des fautes lourdes dans la boîte où elle était si professionnelle. Et cela jusqu’à assassiner Léo, le petit garçon qu’elle gardait, mais sans en avoir aucun souvenir. Le choc, forcément écrasant, douloureusement  effrayant lorsqu’elle découvre le petit corps sous les draps, l’enjoint à fuir. Sinon, comment expliquer aux parents ou à la police ce qui est arrivé alors qu’elle ne le sait pas elle-même.
Et la voilà parant au plus pressé, quittant la ville, raflant ses économies, sans aucun plan en tête, mais en fuite. Une cavale qu’elle a su finalement organiser puisqu’elle a résisté à toutes les recherches.
Enfin non, pas à toutes. Elle a eu beau se refaire une vie, un nom, une « honnêteté », quelqu’un continue à savoir où elle est, ce qu’elle fait. Elle ne s’en doute pas une seconde et, pour les lecteurs que nous sommes, c’est un vrai cauchemar. L’homme est cruel, efficace, invisible, imaginatif. Pourquoi fait-il tout cela ? Il tient un journal, au milieu du livre, où il nous expose la traque de Sophie et on comprend qu’il y est question de vengeance. Mais se venger de quoi ? On ne peut le savoir qu’à la fin. Malgré tout, Sophie est futée, elle a de la ressource, très peu mais suffisamment pour glisser un grain de sable dans la belle mécanique du pervers. De ces deux ennemis à la vie à la mort, qui va s’en sortir au mieux, qui va sombrer et surtout : comment ? C’est diabolique.
Ce livre est génial. Il nous retourne comme une crêpe, nous fait souffrir aussi, nous inquiète terriblement. On thrille à mort, une vraie tuerie !
Ne vous privez pas de ces frissons de terreur pour mieux vous évader de ce climat de peur organisée qui nous tombe dessus chaque fois qu’une info nous débusque.

Robe de mariée de Pierre Lemaître, 2009. Edititons Calmann Lévy? Le Livre de Poche. 316 pages, 6,60 €

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries en vacances

10/07/2021 Comments off

C’est pas que je ne veuille plus travailler pour vous faire rire même si je n’y gagne pas grand chose à part quelque satisfaction narcissique lorsque certain.e.s d’entre vous ont la délicatesse de me tresser des compliments par ailleurs ultra-mérités mais force est de constater que l’actu du moment, en plus d’être gonflante de redondance, a fini par bâillonner la plupart de mes fournisseurs habituels, et donc la livraison ci-devant de leurs perles. Comme sur un crado de la méduse, je navigue à vue et crierai « terre ! terre, je ne peux plus me taire » lorsque les événements nous feront la grâce d’être un chouïa plus inspirants. Merci à Isabelle S. pour l’image et à vous tous pour le reste. Bon week-end, bonne semaine, bonne saison ou bonnes vacances, cher.es toustes enfin démasqué.es et bidonnez-vous bien comme on disait au siècle dernier ! A très bientôt !

Un petit dernier cul sec pour la route :

Au vu des enjeux de l’épidémie actuelle, je suis favorable à la vaccination systématique des personnels soignants, avec les vaccins recommandés pour leur classe d’âge. J’encourage donc tous mes collègues à se rapprocher de leur centre de vaccination. 

MERCI À VOUS QUI ME SUIVEZ ET PARTAGEZ MES FESSEBOUQUERIES…
RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

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Et ces êtres sans pénis !

07/07/2021 Comments off

Ne croyez pas que j’ai titré ainsi mon papier pour attirer votre regard lubrique. Non. C’est le titre du livre avec son point d’exclamation, Et ces êtres sans pénis !, de Chahdortt Djavann, romancière et essayiste iranienne, féministe, vivant en France après avoir fui son cher pays dévasté par les ayatollahs. Elle y a même fait de la prison à treize ans. Treize ans !
Pourquoi avoir appelé son livre comme ça ? Parce que sa naissance « sans pénis » a été une erreur. Une faute terrible que sa mère n’a jamais pardonnée. Imaginez : Avant elle, la mère avait un petit garçon magnifique, un ange, elle l’adorait. mais il est mort à onze mois. Drame absolu. Lorsqu’elle se retrouve enceinte, la mère est persuadée que c’est son petit ange qui revient. Elle est tellement heureuse dans cette attente. Hélas, il ne naît qu’un être sans pénis, autrement dit une fille. Premier drame de l’autrice. Et drame récurrent puisqu’en Iran, si tu n’as pas de pénis, tu as raté toute ta vie. Et même ta mort.
Ce livre douloureux, mais plein d’esprit, d’allusions au beau langage persan, nous conte le terrible destin de femmes iraniennes. Car une Iranienne n’a aucun droit. Quoi qu’il lui arrive, c’est sa faute. Les hommes, les flics, les maris, les frères, peuvent la frapper, la mutiler, la violer et la tuer, il n’y a pas mort d’homme, ce n’est donc pas grave. Dans ce pays où l’écrasante majorité des êtres sans pénis, dans son enfance, son adolescence ou sa jeunesse, a été violée ou a subi des attouchements sexuels; dans ce pays où aucune voix n’ose publiquement parler des abus sexuels, du viol ou de l’inceste; dans ce pays où des enfants sans pénis, dès l’âge de neuf ans, sont mariées avec des êtres avec pénis quatre fois plus vieux, sans que quiconque qualifiât cela de pédophilie; dans ce pays où les lois écrasent les êtres sans pénis, leur font porter un voile dès l’âge de sept ans pour ne pas exciter les hommes...
Chahdortt Djavann nous parle des émeutes où les mollahs ont coupé immédiatement l’Internet afin que rien ne transpire de la terribles répression où les gardiens du pouvoir étaient exortés à tirer à vue sur les manifestants. Rien n’a été dit ou vu sur les réseaux, de ces milliers de morts.
Chahdortt Djavann nous parle d’une jeune femme qui refusa d’être mariée (vendue) à un maire pour le bénéfice de son père, qui s’enfuit, vécut une histoire d’amour avec une femme sur laquelle l’homme humilié se vengea en projetant de l’acide pour dissoudre son visage. L’homme ne fut pas puni.
Chahdortt Djavann nous parle de cette ado de quatorze ans qui s’amusait avec ses copines autour d’une fontaine. Bien que voilée, mais rétive, elle fut embarquée violemment et punie puis cloîtrée par ses parents car en cas de récidive, on leur confisquerait leur appartement.
Chahdortt Djavann nous raconte aussi cette jeune fille qui, par bravade comme le font certaines, grimpa sur un poteau et ôta son voile. Elle fut attrapée, frappée et violée sauvagement par trois hommes, gardiens des lois.
Bien que grande amoureuse de la France, Chahdortt Djavann écrit : Je me sens coupable de vivre tranquillement en France qui a accueilli Khomeiny  — l’homme qui changea la face du monde. Je me sens coupable lorsque la France, l’Europe se mettent à table avec les dirigeants criminels de l’Iran. Le silence assourdissant du gouvernement français me fait mal. Le Pays de Droits de l’Homme ne dit mot.
Alors, pour alléger sa honte, sa peine ou sa colère, elle écrit un dernier chapitre où elle s’affranchit de toute règle littéraire (puisque nul ne suit de règles) une histoire en forme de conte mais d’un réalisme hallucinant où elle revient au pays, elle retrouve deux cousines guerrières déterminées avec tout une organisation révolutionnaire à mettre ce régime à terre. C’est dur, puissant et porteur d’un tel espoir !
Superbe livre qui aurait beaucoup à apprendre à celles qui, en France, décident de porter le foutu voile, ceux qui les obligent ou les y encouragent et beaucoup qui n’y voient qu’une histoire de colifichet.

Et ces êtres sans pénis !, de Chahdortt Djavann. 2021 aux éditions Grasset. 226 pages, 19,50 €

Texte © dominique cozette

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Un nouveau Iain Levison trop bien

05/07/2021 Comments off

Iain Levison, né en Ecosse mais vivant aux Etats-Unis m’a souvent régalée avec ses petits romans acerbes, drôles et quand même très critiques sur le rêve américain. Le dernier, Un Voisin trop discret, est un régal. Il n’est pas très épais mais les situations mises en scènes sont denses, explicatives et parfois cocasses. Il m’apprend des tas de choses au sujet des militaires qui œuvrent en Afghanistan, comment ils sont gradés, pourquoi il vaut mieux être marié et avoir un enfant pour monter en grade si telle est l’ambition de l’impétrant. Comment aussi une femme de soldat devine que son mari a été tué en service. Ce que j’aime beaucoup, c’est que cet auteur décrit aussi le point de vue des femmes. Bon venons-en au fait.
Il y a plusieurs héros principaux, a priori très loin les uns des autres, mais qui vont finir par se rencontrer de façon assez violente, inattendue et surtout cocasse. Le premier en scène est un homme très secret de soixante ans qui conduit un Uber, qui ne reçoit jamais personne chez lui, qui veut qu’on lui foute la paix. Problème numéro un : les foutues appréciations des clients. Parfois, à cause d’un pet de travers, il se retrouve dans la merde. Problème numéro deux : sa voisine, mexicaine peut-être, qui a laissé ses clés à l’intérieur et lui demande de l’aide. Une jeune femme avec un enfant dont le mari est en mission mais dont elle craint, à raison, le retour prochain.
Puis une jeune femme qui revoit un de ses amis de classe dans un bar. Elle est mère célibataire d’un môme de quatre ans affligé d’une malformation interne, or les soins, aux Etats-Unis, coûtent excessivement cher. Mais voilà-t-il pas que son ami, qui est gay, lui propose le mariage. Avantage pour lui : il pourra monter en grade plus facilement. Pour elle : un train de vie très attrayant avec prise en charge de tous les problèmes de santé du gosse. Tope-là, marché conclu. (Et ne croyez pas que c’est cousu de fil blanc et que le « mari » va devenir hétéro. Non, pas de ça ici !). La rencontre entre les deux maris, militaires, va produire des situations particulières, jusqu’au tragique.
C’est extrêmement bien construit. Outre une histoire pas banale, on y trouve les thèmes de nos tracasseries actuelles comme, je l’ai dit, les notations à tout va, mais aussi la gêne pour parler aux gens (ou des gens) sans les froisser car aujourd’hui, le plus petit mot peut ressembler à un crachat.
Quant à la fin, elle est jouissive. Le côté psy des héros s’y développe de façon logique mais complètement à côté de la plaque. Très fort ! Un régal, je vous dis.

Un voisin trop discret de Iain Levison. (Parallax, le titre original) traduit par Conchita Gonzales Batlle. 2021. Aux éditions Lana Léni. 220 pages, 19 euros.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #553′

03/07/2021 Comments off

Pas de Fessebouqueries cette fois, il y a des semaines comme ça où rien ne se passe, enfin presque rien, je reviens bredouille du marché des Gorges Déployées à part une grosse raie sur le côté repérée chez le marchand de poison et, comme vous, me mets à fustiger cette pauvre actualité qui n’a pas su intéresser mes fournisseurs habituels de rigoleries. Entre les lointains résultats burnant des urnes, ceux navrants d’un match loupé ou encore la saillie stérile d’un président « qui aime les jeunes » mais pas les crop-tops  des jeunettes—  en vieux français les brassières, ces petits hauts féminins de dix centimètres qui laissent voir le nombril  — rien n’a réellement inspiré nos humoristes habituels. C’est comme ça, vous êtes tous le nez dans les valises ou les résas pour août, vous oubliez de poster, voilà où on en est. Mais c’est le week-end, profitez bien, dear friends, même si une harassante soirée Biafine se profile chez les uns alors qu’il pleuvra chez d’autres, et comme l’a écrit NP :

« Je ne dis pas qu’il pleut beaucoup à Paris en ce moment. Je dis juste que si ça continue, la seule chose qu’on verra défiler sur les Champs Élysées le 14 juillet, ce sera l’arche de Noé. »

A la prochaine, donc !

 

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Amour filial, amour paternel, sacrée histoire

28/06/2021 Comments off

Elle se passe dans des coins précis de France, le Jura, Lyon, Siant-Claude, Oyonax, les lieux y sont cités, décrits, la nature s’y tricote, elle y tient un beau rôle. Le livre de Pierric Bailly s’intitule Le Roman de Jim. Jim n’est pas encore né lorsque Aymeric sort de prison pour des histoires de travaux irréguliers et revoit par hasard Florence, aide-soignante,  rockeuse de quarante ans, qui ouvre son manteau pour lui montrer son ventre. Elle est enceinte de six mois mais le père, marié ailleurs, est hors champ. Les deux amis de voisinage passent la soirée ensemble. Lui est, par choix, intérimaire, il aime les boulots qui ne durent pas trop et l’emmènent dans des domaines différents, scieries, supérettes, usines, travaux saisonniers. Pas le genre à se fixer, ayant déjà formé un « petit couple » avec une copine de classe.
Ils s’entendent si bien qu’ils ne cessent pas de se voir. L’amour avec le gros ventre ne le gêne pas mais il n’imagine rien au sujet du gamin. Il accompagnera la délivrance, aidera la mère comme il peut jusqu’à ce que l’amour pour le tout-petit lui tombe dessus. Et ça sera la grande histoire de sa vie, ce petit Jim. Tous les trois iront vivre auprès de la mère de Florence, veuve, râleuse mais connaissant tout sur les plantes et les bestioles du coin, dans une vieille ferme avec dépendances. La pêche, la chasse, les arcs, les balades en forêt, les réponses aux questions quand l’enfant les posera, Aymeric saura y faire, le petit l’appellera papa sans savoir qu’il ne l’est pas.
C’est très beau, très ordinaire aussi, très pétri d’humanité.
Mais voilà qu’un jour débarque le père biologique de Jim, effondré par la mort accidentelle de sa femme et ses enfants. Inconsolable, détruit, il demande juste un peu d’amitié. Jim a dix ans. Et c’est là que tout se complique, forcément. Il y aura de l’énervement, du malheur, un peu d’espoir, d’énormes chagrins,  plus plus rien, puis le temps qui passe avec des surprises pas toujours positives.
Très beau roman dont on voit les images comme dans un film, dont on peut partager les larmes, sur lequel surtout on s’interroge sur le rôle du père, de la paternité, sur l’amour filial. Et sur le mensonge lorsqu’il est, ou pas, justifié, pour l’intérêt de l’enfant malgré lui. Jim, je l’ai aimé, tout le monde l’a aimé, mais peut-être pas toujours de la meilleure façon. Pierric Bailly n’hésite pas à dire qu’il s’agit d’un mélodrame, d’une histoire sentimentale. Bourrée d’émotions, quoi. Bouleversante, oui, vraiment.

Le roman de Jim par Pierrick Bailly, 2021, aux éditions P.O.L.

Texte © dominique cozette

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Une vie étincelante

28/06/2021 Comments off

Une vie étincelante a été publié pour la première fois en 1932. L’autrice, Irmgard Keun (1905-1982) y conte l’histoire ultra-moderne d’une femme libre qui veut devenir une « vedette ». C’est son obsession. Elle ne voit pas sa vie autrement que dans le clinquant d’une existence éclatatante faite de mondanités, de richesse, de luxe. Elle vient de très bas, elle a beaucoup à gravir. C’est pourquoi elle fuit sa famille à dix-sept ans, sa petite ville moyenne et sans avenir pour intégrer Berlin (qui n’était pas coupée en deux, alors) et sa mine de possibilités pour quelqu’un comme elle, belle, attirante, sexy, qui n’a pas peur de se servir des hommes pour lui faire la courte échelle. Tout ce qui n’est pas « distingué » ne trouve aucune grâce à ses yeux, « distingué » est un mot qui revient tout le temps, comme on dirait « classe ». Il lui faut les superbes lieux, les théâtres, les bars où elle se fait offrir de délicieuses boissons par des hommes qui ont les moyens de lui faciliter la vie. Elle sait comment s’y prendre et ne rechigne devant aucun physique désagréable.
Un soir, elle a volé une fourrure à une femme, un petit-gris, et depuis, elle parade avec, s’aperçoit qu’elle brille dans cette tenue, qu’elle attire les regards, qu’elle est montée en grade… Mais si elle vole, elle aide aussi, elle compatit, elle n’est pas dénuée de morale. Elle sauve le mariage d’un homme dont elle s’est éprise, elle sait qu’elle en paiera les frais, se retrouvera seule et en bas de l’échelle.
Ce qui est drôle dans ce livre, c’est la liberté du ton et l’audace du propos. Mieux, ce sont des expressions et des pensées terriblement actuelles, de la pure provocation d’une femme qui ne craint pas le scandale.
C’est une libraire qui m’a conseillé ce roman, elle a décidé de le mettre en pile dans son échoppe et elle a bien raison car il le mérite. On se balade dans les lieux mythiques de Berlin, ses cafés, ses lieux où être vu. On se régale dans ses restaurants. On s’étonne qu’on puisse y vivre aussi librement quand on est une très jeune femme dans les années 30.
Irmgard Keun, l’autrice, a tout connu : l’exil, la gloire, la misère, l’oubli. Puis elle fut redécouverte en Allemagne dans les années 70, avec succès et adulée par de grands auteurs dont Joseph Roth.

Une vie étincelante (das kunstseidene Mädchen) d’Irmgard Keun traduit par Dominique Autrand fut publié par Gallimard en 1932 sous le titre : une jeune fille superficielle. Puis repris par Balland en 1982. Aujourd’hui, Les Editions du typhon, 2021. 206 pages, 19€

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #553

26/06/2021 Comments off

Une drôle de semaine vient de s’écrouler entraînant avec elle mille espoirs de mille candidats aux élections. La bonne nouvelle c’est que le match Lepen-Macron n’aura pas lieu, l’autre, c’est que Macron s’intéresse à notre belle jeunesse, mais oui, en lançant ses cruels et mutilants soldats à l’assaut de joyeux teufeurs alors que lui et Bribri bringuent à l’Elysée avec un jeune cerveau tout ce qu’il y a d’avisé et bourré d’idées, Justine Bibi, quelque chose comme ça, venu avec sa meuf en soutif. Bref, tout va bien, même si je n’ai rien compris au hashtag ennemisdelarépublique, mais heureusement que Bolloré et sa clique sauront nous expliquer tout ça sur sa radio, en toute objectivité. Renforcé par la clairvoyance des sondeurs, ces gens qui te foutent leur micro dans le cul pour savoir pour qui tu votes. Néanmoins, le week-end saura nous réconcilier avec la meilleure part de nous, la glotte, et son sens inné de l’absorption de liquides bien frais raisonnablement alcoolisés. Enjoyez-vous bien, dear friends !

- CEMT : Emmanuel Macron : « Et j’ai décidé de nommer Justin Bieber au poste de Marlène Schiappa, il ne dira pas moins de conneries mais en anglais, comme ça au moins personne comprendra. »
- OM : La gueule des jeunes dimanche quand ils vont s’apercevoir que Justin Bieber est sur aucune liste aux départementales…
- OB : « Emmanuel Macron a reçu Justin Bieber pour parler des questions relatives à jeunesse. » Les étudiants n’étaient pas disponibles, ils étaient occupés à manger des pâtes.
- JD : Trop hâte de lire la loi Bieber sur la réforme du CROUS.
- RR : S’il y a des antivax qui me lisent et qui veulent perdre les kilos du confinement, sachez qu’une heure après le vaccin j’ai perdu cinq kilos, que deux heures après, ma cellulite a disparu et que je viens de signer un contrat chez Elite. Après, c’est à vous de voir…
- GD : Cette jeunesse qui ne respecte rien, pas même la réception à l’Élysée de Justin Bieber.
- OM : N’empêche la leçon du jour, c’est quand même que c’est quand on ne vote pas qu’on fait le moins de conneries…
- RP : Ça fait un moment que je n’ai pas regardé le résultat des élections. Est-ce que Chaban-Delmas est passé ?
- OM : J’ai voté et du coup je me sens aussi bizarre qu’un vacciné au concert de Francis Lalanne.
- DC : RN et LREM dans les choux. A quoi on va faire barrage lors des présidentielles, alors ?
- LO : Mais du coup, Macron il va pas se présenter ou il va aller prendre une mandale monumentale en 2022?
- BG : Macron, deux gifles en 10 jours, c’est sans doute beaucoup. Calmons nous. Pensons coup de pied au cul, un peu, que diable.
- CEMT : Trois jours de deuil décrétés sur CNews suite aux résultats du RN.
- LJ : J’attends avec impatience le prochain sondage à 131% de popularité pour Macron.
- CEMT : C ‘est quand même curieux qu’au terme d’une campagne où les candidats n’ont parlé que de leurs ambitions présidentielles et ont passé leur temps à s’engueuler sans prendre une minute pour expliquer à quoi servait un département ou une région, les gens en viennent à s’abstenir.
- JM : Trente Français tirés au sort pour aller voter au 2ème tour.
- LO : Je crois que LREM devrait envisager de créer un numéro vert pour sauver LREM.
- NP : Vous noterez que le RN a appelé ses électeurs à se réveiller, pas à réfléchir. Parce que faut pas déconner quand même.
- NMB : Je n’ai pas télétravaillé depuis le début de l’année, je ne suis pas encore allé boire un coup en terrasse, je n’arrive pas à faire tenir mon portable sur mon bras au niveau du vaccin et en plus je suis allé voter ce matin. Faut être lucide, j’ai tout foiré 2021 pour le moment.
- RT : Je me trompe ou l’endroit où LREM fait son pire score, c’est celui où Macron s’est déplacé avec tambours et trompettes et où il a présenté un paquet de ses ministres ? Quelqu’un a une explication ?
- MP : « Des hommes se sont battus et ont donné leur vie pour qu’on ait le droit de vote ». Ouais bah ils connaissaient pas Mariani, Pécresse ou Wauquiez, sinon ils se seraient pas fait chier, hein ?
- LJ : 97% des électeurs n’ont pas voté pour LREM. Le message est clair non ?
- DC : Il faudra arrêter de dire la majorité présidentielle pour parler de la minorité présidentielle.
- LA : « Tu prends un petit, gros, moche, chauve et tu te le fais piquer quand même » (Valérie Trierweiler).  J’ai failli recracher mon thé.
- CD : Donc Emanuel Macron reçoit Justin Bieber en grande pompe à l’Elysee et, en même temps, gaze et matraque les jeunes qui font la teuf pour la Fête de la Musique…..Mais selon Mac Fly et Carlito, Macron est le président des jeunes….
- HC : Donc hier après l’effondrement de la démocratie, Môssieur est allé à la Samaritaine, a pris le thé avec Justine Bieber, il s’est aussi offert un petit concert de Jean Michel Jarre. Il a noté dans son journal : « rien ».
- PA : Bien sûr qu’il était dopé, Armstrong ! Le mec, il gagne sept tours de France, marche sur la lune, et joue de la trompette !
- LJ : Christophe Barbier propose de supprimer le droit de vote aux abstentionnistes. Commençons par interdire l’écharpe rouge.
- ES : Les Rémois se plaignent des inondations mais ils ont élu un maire dénommé Arnaud Robinet. Y a un moment, il faut assumer, hein.
- BOR : Les brigades de CRS seront en tournée dans toute la France cet été avec distribution de goodies dans ta tronche, surtout si tu es jeune, teufeur ou punk à chien !!!
- GD : Un groupe de musiciens boliviens joue avec entrain devant le marchand de café, en bas de chez moi. J’ai l’impression qu’El Gringo va surgir à tout moment.
- OB : Encore un matin en grève sur Europe 1. L’ami du petit déjeuner, l’ami Bolloré.
- ES : Déclaration d’Anne Hidalgo lors de l’inauguration de la Samaritaine : « C’est beau, mais je préfère quand même le Bazar de mon Hôtel de Ville ! »
- GG : Ma mamie a 104 ans. Aujourd’hui, elle est allée voter avec son déambulateur. « Je me souviens très bien de la première fois où nous les femmes avons eu le droit de vote, alors ne comptez pas sur moi pour m’en priver maintenant ! »
- LSS : Macron, il est incroyable. On lui dit « un écolo » il prend Nicolas Hulot, on lui dit « la justice » il prend Dupont-Moretti, et pour savoir ce que pensent « les jeunes » il choisit Justin Bieber. C’est pas un politique, c’est Google image !
- PA : Au supermarché, j’ai demandé à ma femme si on pouvait acheter une caisse de bière à 25 euros. Elle a dit non et s’est pris un pot de crème revitalisante à 30 euros. Je lui ai dit que la bière m’aiderait plus à la trouver belle que sa crème. C’est là que la dispute a commencé.
- ADS :  —  Est-ce que l’épilation fait mal ?!!  —  Cela dépend de la région…  —  Je suis d’Amiens…!
- RR : Selon une étude américaine, il existerait plus de « variants Valls » que de « variants Covid ».
- CEMT : Gérald Darmanin : « Je n’ai aucun problème avec cette enflure d’Eric Dupont-Moretti. Et quand je dis enflure, c’est affectueux, n’allez pas dire que je n’aime pas ce gros connard. »

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

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Encore un Goolrick

21/06/2021 Comments off

L’ayant découvert depuis peu et fortement apprécié avec sa vie de dingue (voir sur mon blog), je me suis ruée sur Arrive un vagabond, un autre livre de Robert Goolrick, une fiction cette fois. Ce vagabond s’appelle Charlie, il débarque dans ce bled de Virginie en 1948. On ne sait qui il est ni d’où il vient ni ce qu’il a fait avant mais un couple au grand cœur l’accueille avec bienveillance. C’est Will, le boucher du village, sa femme Alma et leur petit garçon de sept ans, Sam. L’amitié naît peu à peu entre eux, d’autant plus que Charlie a été boucher dans une vie antérieure, il possède ses propres outils et est bien plus méticuleux que le patron. Il est très bien vu de la clientèle principalement féminine car il est bel homme, aimable et galant. Il s’attache au petit Sam qui le lui rend bien car il connaît les réponses à toutes ses questions, il l’emmène dans la campagne, à la pêche et tous les mercredis à l’abattoir.
Une superbe jeune femme passe à la boucherie, vêtue comme une star de cinéma. C’est Sylvan Glass, la femme achetée par Harrison Glass, le richissime gros bonhomme du coin. Le coup de foudre est immédiat mais l’histoire entre eux deux mettra un peu de temps à s’installer. Le petit Sam  sera complice du secret, Charlie fera tout ce qu’il peut pour doter cette femme à l’insu de son mari qu’elle ne peut pas quitter à moins de risquer la vie des siens. Mais le danger sera de plus en plus grand, la menace de plus en plus prégnante.
Ce qu’on peut appeler un mélodrame, c’en est un effectivement, n’a rien de gnangnan sous la plume brillantissime de Goolrick. Et c’est assez déroutant de le voir plancher sur une histoire d’amour, aussi volcanique soit-elle, sans aucun cynisme. Une épopée au premier degré mais extrêmement fleurie et superbement mise en valeur.
Une préface de l’auteur explique que tout ce qu’il raconte est vrai, sauf que ça s’est passé en Grèce, dans une île minuscule.
Moi, ça m’a plu, c’est personnel et j’ai l’impression certainement fallacieuse qu’il a écrit ce roman à destination des femmes.  Des femmes pas gnangnan, attention !

Arrive un vagabond de Robert Goolrick. (Heading out to Wonderful traduit par Marie de Prémonville). 2012 (Grand prix des lectrices de Elle) aux éditions 10/18. 354 pages.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #552

19/06/2021 Comments off

Oh la la, ça décoiffe cette semaine ! On joue sans masque, autant dire sans filtre ! Rendez-vous compte ! Des footeux qui font tomber Coca, et ce n’est pas du ruissellement, des vaccinés de souches différentes qui envisagent de se mélanger, un couvre-feu qui ne couvre plus aucun feu d’action, des élections qui heu non comme d’hab, des Russes qui font bosser un mec spécialisé dans les emplois fictifs de sa meuf, Coluche qui continue d’être raide mort, Castex qui relâche tout ce qu’il peut, ah lala. Quoi d’autre pour se consoler ? Lalanne brait avec le meugleur Bigard mais ça n’est rien à côté de visages démasqués qu’on avait fantasmés tellement plus séduisants. En gros. Mais c’est le week-end, on démêle le bien du mal et on arrête de se faire des cheveux pour tous ces problèmes dérisoires solubles dans un bon petit verre de rosé… Tchin tchin à vous !

- ES : Quand tu arrives chez le coiffeur avec la tête d’une rescapée de Guy Georges qui viendrait tout juste de se décoincer les cheveux de sa braguette, et qu’il te demande innocemment « on les coupe aujourd’hui ? » Tu la sens la suffisance du mec qui a ta vie sociale entre les mains ?
- MK : Hier midi on apprend que le masque n’est plus obligatoire en extérieur, mais pas dans les cours d’école. Hier soir, patatras, le masque n’est plus obligatoire dans les cours d’école. Dites, dans les chiottes des écoles, collèges et lycées, on doit porter le masque ou pas ? Ou on se contente de la pince à linge sur le nez à cause aux odeurs ?
- ES : Si j’étais à la tête du gouvernement, les femmes auraient, chaque mois, un jour de congé pour pouvoir exfolier leur peau, se faire des masques hydratants et s’épiler. Et je le financerais en taxant les films porno et les matches de foot. Voilà, je tenais à le dire.
- OVH : Roland Garros, deux profils : l’un grec, l’autre taillé à la serbe.
- NP : On baise, on baise et puis un jour… On se retrouve à faire un FaceTime dans le rayon hygiène féminine pour que sa fille puisse choisir sa boîte de tampons.
- TC : Mon boulot : Reprise en « présentiel » obligatoire un jour par semaine. Moi => tout seul au bureau. Donc le lundi, je ne suis en présence de personne. Ça compte quand-même ?
- LP : Si Macron n’est pas réélu, il partira avec ses cliques, parce que ses claques il les a déjà eues.
- CC : Les autorités : « nous interdisons les télévisions grand format » Les bars : « on a installé dix TV au lieu d’une »
- ADS : Est-ce que quelqu’un sait si les vaccinés avec Pfizer peuvent coucher avec les vaccinés avec Moderna ?!
- OM : Vous avez vu l’impact de Cristiano Ronaldo sur du Coca ? Alors imaginez celui qu’il pourrait avoir en boycottant la Coupe du Monde au Qatar… Mais imaginez seulement.
- NP : Quand tu vois l’influence que peut avoir une star du foot sur les marchés financiers, tu te dis qu’ils pourraient vraiment faire changer des choses s’ils s’impliquaient politiquement. En dénonçant le racisme par exemple. Mais je ne sais pas pourquoi je dis ça…
- RP : Le retour du président en Côte d’Ivoire s’est fait calmement. On l’a appelé « le Gbagbo de croisière » !
- CEMT : Fillon bientôt membre d’un groupe pétrolier russe. Franchement, c’est pas très prudent : dans deux ans Poutine va être obligé de courir après Fillon pour lui dire de rendre le pétrole.
- PDJ : Demain c’est la fin des masques en extérieur mais ne nous voilons pas la face, le virus avance toujours masqué.
- SO : J’aime déjà pas les hommes mais en été ils sont plus répugnants que jamais. Torse nu, ou la main sous les vêtements pour se gratter, ils sont à deux doigts de se gratter le nombril en terrasse, affalés en manspread. En plus de leur sueur dégueulasse.
- CEMT : Le couvre-feu se termine juste à temps pour la fête de la musique, on pourra donc se taper des reprises d’Oasis au biniou toute la nuit, merci Castex.
- NP : Si vous voulez une preuve de plus que la vieillesse est un naufrage, rappelez-vous que quand il était jeune, Francis Lalanne était ami avec Léo Ferré, alors que maintenant il est pote avec Bigard. Voilà…
- MK : Ne jetez pas les masques qui vous restent : ça servira à l’automne, au quatrième confinement !
- OB : Si j’étais vous, je mettrais toutes mes actions chez L’Oréal demain. Le cours du rouge à lèvres va exploser.
- DA : 1er jour sans masque en extérieur, la jolie brune à la chevelure ondulée que je salue chaque jour devant ma boulangerie est en fait un joli brun moustachu.
- JB : Pris dans son élan, Jean Castex invite désormais tout le monde à sortir à poil en fumant des pétards, et programme l’hologramme de Bob Marley à la fête de l’Huma.
- CEMT : —  C’est quoi le sujet du Bac philo ? —  « Discuter, est-ce renoncer à la violence ? »  —  C’est quoi discuter ? —  Aucune idée.
- RP : Warner vient d’acquérir le catalogue de David Guetta pour cent millions d’euros. Ça fait tout de même cinquante millions d’euros la note !
- SF : Un ancien président de la République Française, un ancien premier ministre condamnés à de la prison ferme et tant d’autres élus corrompus, ça donne vraiment envie d’aller voter dimanche pour élire la racaille.
- CEMT : En fait le projet de Bolloré c’est de détruire tous les médias où Coluche est passé.
- EF : Aujourd’hui, ma femme a fait un sondage dans sa classe de CE1 : 15 élèves sur 22 ont télé + console dans leur chambre. Les meilleurs élèves n’en font pas partie. CQFD.
- BI : Je trouve notre société beaucoup trop violente envers tout ce qui est festif ces dernières années. Notamment envers les fêtes qui ne peuvent pas lui rapporter le moindre euro.
- NP : Cycliste mon frère (ou ma sœur), j’ai une dure révélation à te faire : tu ne peux pas taper un texto ET faire du vélo en même temps. Tu crois que tu peux. Mais tu ne peux pas. Tu zigzagues comme une otarie bourrée à la bière et tu es dangereux pour toi, et surtout pour moi.
- DC : On a dit qu’on pouvait tomber le masque dans la rue. On n’a pas dit qu’on pouvait tomber le masque sur les trottoirs, bande de dégueulasses !
- JPT : Même quand ils perdent, ce sont toujours les Allemands qui marquent.

MERCI À VOUS « : »  QUI ME SUIVEZ ET PARTAGEZ MES FESSEBOUQUERIES…
RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs/trices, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

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