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Archives pour la catégorie ‘mine de crayon’

Sbamons tous, mes bien chers frères !

17/03/2010 un commentaire

"Ça fait trois ans que je sbame, quel kif !"

Vous avez tous pris dans la gueule un jour un « bonjour » très autoritaire alors que, dans un magasin, cherchant le rayon colle à bois, vous avez dit, gentiment,  à une personne du magasin :
- Excusez-moi, où se trouve le rayon colle à bois, s’il vous plaît ?
- Bonjour !
Un bonjour coup de poing, sur un ton d’une telle sévérité que vous avez craint, un moment,  d’avoir marché sur le pied de votre interlocuteur. Ou de l’avoir souillé de postillons. Ou autres chose, mais quoi ? Alors, d’un ton piteux :
- Oui, heu, bonjour, pouvez-vous m’indiquer le rayon colle…
- Derrière à gauche, troisième travée à droite, bonne journée.
La deuxième fois, vous en êtes sûr, vous avez été poli comme on vous l’a appris c’est à dire que vous avez dit excusez-moi ou pardon ou s’il vous plaît,  bref une formule aussi civile qu’urbaine pour signifier que vous ne preniez pas la personne pour un écran d’information ou un larbin de merde et que c’est pas marqué pigeon sous sa frange.
- Bonjour, assène t-il derechef avec autant d’aplomb que d’inimitié déclarée, comme si vous l’aviez traité d’enfoiré ou de  salope.
Bon…
Ce n’est que plusieurs fois après que vous vous remémorez ce brief pour une enseigne d’hypermarché :  il y était question de la formation des hôtes et hôtesses de caisse. Ils étaient soumis à l’obligation de sbamer. Qu’est-ce que le sbam ? C’est un mot composé de quatre initiales qui signifient : Sourire – Bonjour – Au revoir – Merci. c’est du marketing ou du merchandising, je n’en sais plus rien, ça vient forcément des Etats-Unis, c’est en fait du formatage. Pour les employés mondiaux des multinationales mondiales  en contact avec la clientèle mondiale, bonjour est LE mot qui doit ouvrir le dialogue. Le sésame sine qua non. La clé de toutes les fenêtres. Hors ce bonjour, point de salut.
Voilà. Donc ne dites plus excusez-moi ou s’il vous plaît, si  vous  cherchez le rayon clouterie ou la rue des Déchargeurs. Car c’est descendu dans la rue, comme on dit chez Karl Lagerfeld.  Dites Bonjour. Sbamez  haut et fort, sans complexe. Et le monde s’ouvrira à vous. Dans un large sourire…

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon

Sale empreinte…

15/03/2010 un commentaire

Avoir du chien, c'est encore autre chose...

C’est horrible, me direz-vous, de rouler 10 000 km par an en Toyota Land Cruiser. Oh oui, cracra, caca et tout. Que c’est moche. Mais avoir un chien de taille moyenne, c’est deux fois plus moche et cent fois moins pratique. Essayez de partir aux sports d’hiver sur votre chien, à quatre, en empruntant l’autoroute, hein ? D’abord y a pas d’essuie glace et c’est drôlement embêtant parce qu’un chien qui court, ça bave et on en prend plein la gueule. Et tout à l’avenant.
Mais pourquoi comparer cette belle voiture de snob hautain  à un ratier sans airbag ni GPS ? Eh bien, des chercheurs ont mesuré l’empreinte écologique que chacun laisse à l’année. En myenne,  Ekta, Mirza ou Bazil* consomme 164 kg de viande plus 95 kg de céréales chaque année. Ce qui nécessite 0,84 hectare, soit la surface productive nécessaire pour répondre à sa consommation de ressource. Figurez-vous qu’il en faut deux fois moins pour la Toyota et ses 10 000 km/an. En plus, une Toyota, y a pas besoin de la sortir le matin et elle n’aboit jamais, c’est prouvé. Moi, ce qui m’épate, c’est que  les Toyota mangent de la viande et des céréales. Je l’ignorais.
C’est le magazine anglais New Scientist qui expose ces conclusions d’après les travaux de Brenda et Robert Dale de Nouvelle-Zélande, relayées par le Monde 2. Ce n’est pas ce qu’on appelle une info de première main, voire de source sûre, vous ne trouvez pas ? Essayez donc d’en parler autour de vous, vous deviendrez une risée. Je serais vous, j’attendrais confirmation costaude avant de faire piquer mon ami à quatre pattes !

* les prénoms ont été changés

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon

DRAC, FRAC, NAC ?

14/03/2010 un commentaire

« Je suis allée au Printemps de Septembre, un festival très culturellement rayonnant, à Toulouse, et je n’ai rien compris ! Rien du tout. j’en ai discuté avec quelques autres visiteuses. Rien pigé elles non plus (même qu’il y en avait une qui avait lu comme moi votre article sur le « parler art contemporain » dans Artension n° 97). Rien du trou. Stupéfactibilité. Incrédulité. Inbitabilité totale du blabla ! Comme je suis sans doute un peu VCBR (vieille con bourge et réac), j’ai interrogé deux djeunes qui étaient aussi désemparés que moi. Ils m’ont dit qu’ils étaient venus parce que c’était gratuit, mais qu’ils ont trouvé ça complètement NAC (nul à chier). Il y avait même des bambins de maternelle emmenés là de force, qui eux aussi trouvaient ça complètement NAC ! »

Texte © D. Muzard tiré du  courrier du magazine Artension en cours.

Suis passée au CREDAC, lieu d’Art Contemporain, à Ivry, situé entre ma tirette Société Générale et Carrefour Market. Le Grand Artiste Peter Coffin y expose. Dans une pièce blanche, aveugle, d’environ 300 m2, un néon blanc pas très droit qui relie le sol au plafond. « Ce néon de PC a été soufflé artisanalement. Sensible au mouvement, cette ligne sinusoïdale qui relie le sol et le plafond, la terre et le ciel, ne suit pas la rectitude attendue d’une corde reliant deux opposés. Du néon, on connaît plutôt la ligne droite, forme des standards de l’industrie, que cette ligne mouvante dont la réalité demande une maîtrise du verre etc…blabla… ça dure comme ça…Bon, voilà. (Ce néon est prêté par la Galerie Perrotin, qu’est-ce que c’est sympa !) (Le texte n’est pas signé. Qu’est-ce que c’est modeste !)

Ci-joint un dessin artisanal envisagé sous l’angle photoshopien dans une mouvance discontinuelle qui relie l’antériorité de la page d’hier à cette esquisse a-temporelle, imprimant par là même la nécessité du futur à être sous-tendu par l’exigence du passé, selon le rythme imprévisible du radius allié au cubitus du créateur de l’oeuvre dans un geste auguste menacé par une soudaine envie de faire caca, l’excrémentiel participant tant de la fluidité que de la densité de la trace laissée par la plastic(h)ienne soumise elle aussi aux contraintes divergentes de l’être et de l’étron. Ha ha ha !!! C’est complètement NAC !

Texte final et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon

Des boulots à 70 km…

11/03/2010 Aucun commentaire

J’ai fini mes études, bac + 5. Nous nous sommes installés à la campagne juste après notre mariage, c’est lui qui en avait envie, j’ai suivi sans trop me poser de questions. Et puis il m’a fallu trouver du travail, mais le travail, c’est pas à la campagne, faut aller à la ville. Et pour aller à la ville, faut une voiture. J’ai trouvé une vieille Dauphine pas trop nase, mais vieille et mal suspendue (qu’est-ce qu’on en a à foutre de la suspension quand on a 25 ans !). Et puis une vacation de psychologue à Nantes, c’est à dire une journée par semaine, à 60 km de chez moi. Comme ce n’était pas assez et qu’il n’y a rien d’autre à Nantes, j’ai trouvé un temps partiel dans un ImPRO à la Roche/Yon, soit deux jours par semaine, à 70 km de chez moi. Pour trouver une maison avec un minimun de confort, ça n’a pas été facile car en Vendée, pas loin de la mer, il n’y a que des locations d’été sans chauffage. On a fini par dégotter une maison avec air pulsé, mais on a toujours froid, on ne peut pas se coller les fesses sur une source de chaleur. Et c’est cher à chauffer. Je suis enceinte, j’ai dit au bébé : accroche-toi bien, les routes sont pas terribles, mais après, on va se marrer ensemble. Il n’y a rien dans le coin, la première maternité est à Nantes, 60 bornes donc, et mon mari travaille la nuit, dans une discothèque. Donc,  le jour J, ou la nuit N plutôt, je me suis démerdée, je suis allée à la gendarmerie vers minuit, j’ai crié devant pour que quelqu’un se réveille, ils ont appelé un taxi et voilà. Le bébé est né, tout va bien.
Ceci se passait au début des années 70. je viens de lire un article sur Libé racontant la vie de ménages urbains modestes (c’est pas que nous étions réellement modestes, mais on avait besoin de mon travail) qui s’installent à la campagne pour vivre mieux et ça ne marche pas. J’ai tendance à penser que je vivais plutôt bien mais c’est vrai qu’il y avait moins de circulation sur les routes, moins de luxe étalé dans les journaux, moins de frustration par rapport à ce qu’on pouvait espérer. Mes parents et mes soeurs n’appelaient presque jamais de Paris parce que ça coutait cher, on fabriquait des habits de bébés multicolores et des tapis-touff.  On avait quatre poules qui nous fabriquaient des oeufs.
On n’aurait jamais imaginé qu’une vie comme la nôtre pût être considérée, un jour lointain, comme précaire, et qu’une telle absence de communication deviendrait un handicap socio-professionnel. Ceux qui vivent comme ça aujourd’hui, je les plains de tout coeur, réellement. On est tellement facilement ringard, nase ou nul à chier quand on n’a pas « tout » qu’il faut être très fort pour pour ne pas en être affecté.

Categories: mine de crayon

Lettre ouverte à Dieu

09/03/2010 Aucun commentaire

Cher Dieu,
je vous écris pour vous dire que je ne suis pas contente de vous. Qu’est-ce que vous fabriquez, ces derniers temps ? Vous êtes en train de saccager votre oeuvre et je trouve ça con. On dirait un môme qui saute à pieds joints sur son transformer ou une gamine qui arrache les bras de sa Barbie. Je ne vois pas l’intérêt, franchement.
Vos tremblements de terre, vos éruptions volcaniques, vos tempêtes, vos épidémies, je trouve ça nul et pas très inventif. Le tsunami au moins, je parle d’il y a dix ans, il avait du panache. Attention, je ne dis pas que c’est bien. Simplement, je m’interroge :  Quel plaisir éprouvez-vous à passer votre temps à nous emmerder, et à nous coller des guerres par-dessus le marché, comme si on avait besoin de ça.
Je ne suis pas assez sotte pour attendre une réponse. Quoi qu’il arrive les bigots continueront à vous célébrer, on se demande, parfois. Autre chose, tiens : des gens comme Enrico Macias, par exemple, ou Ariane Massenet, ou Hortefeux, tiens, je pourrais en citer des centaines, Zemour, Hitler bien sûr…pourquoi les avoir créés ? Quel était le brief de départ ? Les papillons, les insectes, les poissons, les fauves, ça je comprends, c’est impressionnant, c’est sublime, c’est varié, c’est créatif, mais franchement, ces gens, hein ? Même moi, c’est vrai, quand je me regarde en sachant que je suis faite à votre image, je ne vous fais pas mes compliments ! Heureusement que je plais à certains.
d’ailleurs, faut que j’y aille, je me marie pour la quatrième fois.  ET J’AIMERAIS QUE VOUS CESSIEZ DE RAPPELER À VOUS MES MARIS CHÉRIS TOUS LES DEUX ANS ! Ça commence à jaser dans les chaumières !
A tout à l’heure à l’église (attention, la prochaine fois, ça sera  le temple ou la mosquée), bien à vous. (Et faites un effort)

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon

Un ministère détonant

04/03/2010 un commentaire
"Hey, t'as vu, Corinne ? Il a de ces idées, not' Président !"

"Hey, t'as vu ça, Corinne ? Il a de ces idées, not' Président !"

Je me demandais l’autre jour (vous démarrez un roman comme ça et ça va direct poubelle) pourquoi notre bien-aimé Président ( je dis bien-aimé mais pas par moi, vous pensez, et j’ai même mis un pet majuscule, bref, je fais du remplissage) ne créerait pas le… le quoi ???? le Ministère de l’Opposition. Quelle classe ! Ça aurait de la gueule, d’autant que les ministres de l’opposition, ils seraient obligés de jouer leur rôle d’opposant pour bien montrer comme le Président à l’esprit large de rameuter des gens qui ne pensent pas comme lui et qui peuvent le dire. Ils diraient par exemple : je désapprouve totalement la politique sécuritaire du ministre de l’Intérieur, je suis contre la politique de Besson, je regrette que le Président aille dans ce sens etc… Bref, ils l’ouvriraient, contrairement aux UMPistes qui eux, ne peuvent l’ouvrir sans subir des remontrances. Dons les UMPistes seraient irrités que d’autres ministres puissent s’exprimer. Et le Président, ça le ferait marrer car il aime bien foutre la merde, faut le reconnaître.
Le seul problème, c’est de recruter les vrais opposants. Parce que les faux opposants, c’est facile. Ils sont d’ailleurs dans l’Ouverture, d’autres se pressent à la porte pour les nouvelles inscriptions de la saison prochaine. Mais les vrais ? Ils ne pourraient pas, ils diraient, non mais, pas de ça Coco, moi dans un gouvernement sarkozyste ??? Non mais ça va pas !!! Puis finalement, ils iraient quand même parce que s’il faut attendre la Saint Glinglin pour avoir son macaron sur le pare-brise, sa pension à vie et ses trépidantes anecdotes de vrai politicien vues de l’intérieur (sans i majuscule, je parle du dedans), hé ben, bref. Oui, monsieur le Président, vous n’allez pas être déçu par ma détermination à vous contrer, blabla… (sourire ironique du Président).
Vous allez me dire : elle est idiote ton idée. Ça servirait à quoi, ce ministère de l’opposition ? Qu’est-ce qu’il ferait, le Président, quand un opposant lui dirait « je ne suis pas d’accord avec telle mesure » ? Hé bien, il répondrait : « c’est normal puisque vous êtes dans mon opposition, ça prouve bien que ma mesure va satisfaire mes électeurs ! ». Ainsi, il enfoncerait le clou du bien-fondé de sa politique.
(Note : je viens de m’inscrire à Sciences Pauvres « section enseignement par courriel », c’est chouette la politique,  et on peut vraiment y exercer sa créativité !)

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon

Des patrons qui en ont

03/03/2010 un commentaire

Selon une étude qui sera publiée en avril dans la revue du CNRS “Travail, genre et sociétés” : les entreprises du CAC 40 qui ont plus de 35% de cadres féminins ont connu une croissance de chiffre d’affaires de 23,54%, contre 14,61% dans les sociétés qui ont moins de 35% de femmes cadres. Cette croissance  s’accompagne d’une productivité sur cinq ans supérieure de 33,88% aux autres entreprises, et de créations d’emplois plus nombreuses (18,08% contre 7, 36%). Attendez !!! Je n’écris pas ce blog à la gloire des femmes ! Laissez-moi finir !

Parmi les explications avancées et indéniables (vivier de talents élargi, comportement différent des femmes face aux risques…),  il y en a une, et de taille, qu’on oublie : la mentalité de leurs patrons. Des patrons capables de filer le pouvoir à de nombreuses femmes, ce sont des mecs qui en ont, qui n’ont pas peur que les femmes piquent leur job, qui les placent sans barguigner à des postes de responsabilités, qui les écoutent, qui respectent leur talent et leurs compétences. Des patrons à l’esprit ouvert, quoi. Donc des gagneurs. CQFD

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon

Le paradis des riches fraudeurs.

02/03/2010 un commentaire

Vous me direz, en France, les riches n’ont pas trop à se faire de soucis entre la mollesse à débusquer leurs évasions fiscales et la quasi absence de sanction. Eh bien il y a peut-être mieux et c’est la porte à côté, en Allemagne, figurez-vous, dont notre dirigeant s’est entiché de la sienne. Comme  je ne suis pas trop l’économie internationale, je pensais qu’Allemagne = rigueur, ordre, règlement-règlement !!! Eh bien non ! Pas du tout ! Il y a aussi  l’évasion fiscale, pas de raison !, qu’on estime à plus de 300 milliards d’euros ! Impunie. Bon, ça peut changer vaguement. Le ministre des finances de Merkel s’est fait tirer l’oreille pour acheter le DVD contenant les informations sur ces comptes. Il a récupéré 170 millions. Une paille ! Mais un début de menace car les riches commenceraient à pétocher et viendraient se signaler au fisc. Bon.

Ce même ministère rechigne aussi à faire son travail pour évaluer les gros comptes : pratiquement aucun  contribuable très riche ne paie les 42% correspondant à l’imposition maximale. Les 450 ménages les plus aisés ne versent que 34% de leurs revenus. Là-dedans ne sont pas pris en compte (ni payés)  les revenus du capital  (pourquoi s’emmerder avec ça !)  ni les revenus locatifs (alors que plus de la moitié des Allemands sont locataires). Non,  l’Etat n’est pas très curieux sur la situation financière des ménages aisés. En voici une autre preuve : il a commandé une étude sur la pauvreté et la richesse : 216 pages sont consacrés aux pauvres et 10 seulement aux  riches. Vous me direz que c’est parce que les défavorisés l’intéressent beaucoup plus. C’est exact ! Mais pour une raison bizarre : figurez-vous que leurs maigres ressources  sont épluchées au centime près ! Au centime près ! Alors que les fonctionnaires ne disposent que  de trois heures et demie pour vérifier la déclaration d’une grosse légume ! Sachant qu’elle débouche sur un rappel moyen de 135 000 €. Bof, 135 000 petits euros, c’est une paille par rapport aux monstrueux centimes que les pauvres pourraient  carotter. Salauds de pauvres ! Tous des voleurs et des menteurs, des profiteurs de système et d’aides sociales, non mais je te vais les mater moi !

Texte © dominiquecozette d’après un article de Daniel Haufler (Berliner Zeitung) dans Courrier International récent.
Dessin qui n’est pas Merkel mais on dirait que ça serait sa soeur en 1985 © dominiquecozette

PS : Article sur ce sujet dans Libé d’hier qui passe le traitement réservé aux salauds de pauvres sous silence.

Categories: mine de crayon

Pourquoi le temps passe de plus en plus vite

01/03/2010 un commentaire

C’est la une de Science et Vie de février. Oui, pourquoi ?  Voici donc la réponse à ce problème que déplorent les retraités et autres quinquas précocement retirés des affaires. Cette enquête très poussée sur 14 pages blindées de colonnes de texte en corps 8, de graphiques et schémas, confirme les deux hypothèses subodorées : 1/ le temps passe plus vite pour les vieux/vieilles* parce que les durées de temps représentent une partie de plus en plus ténue de leur temps déjà vécu, ou 2/ comme il arrive moins de choses aux vieux/vieilles*, les années se ressemblent et défilent sans que rien de saillant ne vienne les ralentir**. Bon, bah finalement c’est à la fois ça et à la fois beaucoup plus compliqué. Comme je ne veux pas vous laisser le bec dans l’eau, je vais vous exposer ma théorie.
Théorie Cozette du Temps*** : Si notre senior (ou seniorette) sorti du monde du travail trouve que le temps passe plus vite, c’est parce qu’il se donne beaucoup plus de tâches qu’on ne lui en a donné au boulot. Et notre babyboomer, consciencieux, en pleine forme (toutes les études le disent), veut aller plus vite que la musique car il s’agit de sa vie, de ses activités personnelles, de ses objectifs privés, donc d’une importance primordiale. Ranger le grenier, par exemple, il estime que ça lui prendra une semaine (« et encore, je compte large »  fanfaronne-t-il). Or, dans ce grenier se trouvent toutes sortes de documents/photos  qu’il va éplucher entre deux coups de facebook, une sortie journaux/pain, un popo tranquille en lisant Science et Vie etc… En fait, il va mettre deux semaines à liquider cette tâche (sans compter les îlots de résistance à traiter ultérieurement), retardant d’autant l’érection d’une étagère à chaussures (même estimation erronée car à Leroy Merlin il va s’éparpiller dans tous les rayons, faisant de nouveaux projets pour une vie plus éco-responsable…).
De fil en aiguille, nos seniors (ou seniorettes) actifs vont trouver que les journées sont plus courtes qu’avant puisqu’elles ne leur suffisent plus. Avant, ils n’avaient pas vraiment de raisons de s’avancer dans leur boulot donc le temps était parfaitement calibré. (Et je ne parle pas de la paperasserie, les coups de fil administratifs et autres obligations privées hautement chronophages qu’ ils faisaient au boulot)
* je dis vieux/vieilles, hein, vous n’allez pas vous vexer. Si vous trouvez que le temps passe trop vite, c’est que vous êtes vieux. De même que si vous trouvez que la musique joue trop fort, c’est que … bravo, vous n’êtes pas sourd.
** Pas forcément vrai mais ça fait plaisir aux quarantenaires responsables de ces études de penser qu’il ne peut rien arriver d’important à leurs vieux parents sauf glisser en pente douce vers la sortie de secours.
*** soit TCT, en abrégé, que je développe en détail dans le prochain ouvrage que je rédigerai lorsque j’aurai du temps.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon

Je veux du bonheur, je vire à droite

28/02/2010 Comments off
UMPéattitude

UMPéattitude

C’est décidé, je vais prendre ma carte à l’UMP. Ça va choquer beaucoup d’amis, ça va en rassurer d’autres, mais si je fais ça, c’est purement égoïste. En effet, être à gauche est très inconfortable de nos jours, rien ne va, peu d’espoir de changement, bonjour tristesse. Tandis qu’à droite !!! Le paradis ! Je ne vous dis que ça (pour ceux qui ne connaissent pas, bien entendu). A droite, on est optimiste car on peut s’appuyer sur un président qui s’occupe de tout, avec toutes ces personnes fort sympathiques autour de lui qui approuvent tout ce qu’il fait. Ça stresse moins, quand il y a harmonie.
Donc à droite, le chômage est en baisse constante. Rien que ça, ça met de bonne humeur. A droite, y a plus de racaille, finis les petits malfrats, les violences conjugales et les maladies (vous avez vu avec quelle efficacité la grippe A a été renvoyée hors de chez nous, comme ces étrangers sans papiers qui viennent piquer nos allocs). D’ailleurs, dans les villes de droite, y a pas de tags sur les murs et pas de jeunes à capuches, ils ont tout compris les jeunes à droite, ils s’habillent proprement, parlent sans accent banlieue et trouvent du travail, sont moins cons que les jeunes que j’ai dans ma ville à gauche. Re-donc quand on est à droite, on est plus confiant parce qu’on est la Majorité. La Majoritén c’est l’UMP. Si vous tapez UMP sur Google, vous tombez dessus, c’est le premier site de la page, cliquez -> UMP.org.. Le sous-titre dit : »ce vous cherchez (sic), au moment où vous en avez besoin ». Et les rubriques sont assez… prometteuses : annonces personnelles adultes, Pamela Anderson nue, éjaculation faciale, Sarkozy… Notez, quand on est une femme, c’est moins alléchant, mais enfin, on se dit que décidément, pour un mouvement de droite dont on attend qu’il soit un peu réac, il est vraiment décomplexé,  il a bien brisé tous les tabous.
Normalement,  je devrais déménager dans une commune de droite pour être dans cette belle communauté de gens insouciants et heureux mais je me suis renseignée, ils ne font pas beaucoup pour la culture, c’est peut-être un détail pour vous mais  pour moi ça veut dire beaucoup :  dire adieu à mes trois théâtres, ma super médiathèque, mes petites salles de concert, mes ateliers dessin, modèles vivants, gravure, sculpture etc, mon ciné-club qui programme à longueur d’année des super films en VO. Donc je reste dans ma ville de gauche, triste et pessimiste. En même temps, c’est pas écrit là que je suis devenue UMP, hein ? Mon bonheur, ça ne regarde que moi (en plus,  je continuerai à voter à gauche pour que ma commune reste sympa, qui le saura ?). Ah, que la vie est belle !

Texte et dessin © dominiquecozette

PS : En commençant ce texte, je ne savais pas que j’allais tomber sur ce site UMP un peu spécial… Ce sont les surprises du direct !

Categories: mine de crayon

Vu à la radio

24/02/2010 3 commentaires

Avant, tu étais invité(e) à la radio pour causer dans le poste, tu y allais comme ça, pas coiffé(e), pas sapé(e), pas maquillé(e), mal chaussé(e) etc… Tu pouvais faire des mimiques, des grimaces, des gestes insensés pendant qu’on te posait des questions ou que des infos tombaient. Tu pouvais aussi mettre les doigts dans ton nez, fumer une clope, mettre une main aux fesses, boire de l’alcool, être moche sans que ça se sache, auréoler tes aisselles, te gratter le ventre, que sais-je… Mais voilà que les studios radio sont devenus des relais d’internet, du zapping, du Petit et du Grand Journal. Et voilà qu’on montre tout ce qu’il s’y passe. Enfer et damnation, plus rien ne sera jamais pareil. Le secret de la confession en feutré disparaît pour faire place soit au cabotinage, soit à l’immobilité totale (après une  prise en flag d’exploration nasale, Roselyne Bachelot se statufie dorénavant sans ciller). Tout ça pour quoi ? Pour faire de la mauvaise télé ! C’est pas que ça me dérange vraiment, je m’en tape même le transistor,  c’est que ça change l’esprit.
A partir de maintenant, on ne comprend plus qu’on passe la voix de quelqu’un sans une image qui bouge et qui va avec. On s’étonne qu’on ne soit pas dans les coulisses de la chose et dans les chiottes des coulisses. On veut tout voir, tout savoir, avoir des preuves, des vu-de-mes-yeux-vu, des sources sûres. Imaginer n’est plus intéressant, c’est même pénible, ça fatigue la tête. A partir de maintenant, on veut du making off, du webcamé, du coloscopique, du trou se serrure. Moi je dis : pourquoi on ne fixe pas un petit écran sur la radio pour la regarder ? Quelqu’un (à l’intérieur de ma tête) me rétorque : t’es con, ça serait de la télé, voyons ! Voyons, bien sûr, mais qu’est-ce qu’on est con, parfois. Enfin, je parle pour moi et je vous jure que si j’étais filmée en train de me fustiger ainsi, ça passerait en boucle sur Youtube  !

texte et dessin © dominiquecozette (sujet très très vaguement inspiré de « au poste » de Judith Sibony)

Categories: mine de crayon

Mon corps, mon amour

23/02/2010 2 commentaires

Oui, j’aime mon corps ! Pour autant, ne croyez pas que tous les matins, je me  goberge, nue, devant ma glace, me félicitant de la joliesse de mon enveloppe charnelle. Ce n’est pas de ça qu’il s’agit. Je parle du confort que mon corps m’offre grâce à cette incroyable technologie jamais égalée : je veux fermer mes yeux, hop ça ferme, je veux m’assoir, hop ça y est, je veux montrer que je suis contente, hop je souris, je veux nourrir mon esprit, hop je lis le blog de Pierre-Arnaud Gillet (vous aussi, vous pouvez en cliquant ici) etc, vous voyez… En plus, il ne demande pas grand chose pour fonctionner : une purée, une tranche de poisson, un verre de pif. C’est vrai qu’il n’est pas de toute première jeunesse bien que de première main (je suppose !), mais il démarre au quart de tout, il ne cale pas, l’accélérateur ne se coince pas et il ne fait pas d’huile (un peu de graisse peut-être). Une petite révision par-ci par-là remboursée en partie par la garantie, et ça va.
Le corps — que d’aucuns méprisent parce qu’il n’est plus top, qu’il ne suscite plus de concupiscence, que l’allumage est laborieux ou qu’il tire franchement à droite en vieillissant — rend quand même de grands services. Il suffit de lire ou d’entendre ceux qui en sont privés, ou dont une partie manque ou ne fonctionne pas, les mettant à la merci du corps d’une autre personne. Le peu qu’il leur reste, il faut voir comme ils le ménagent, ils le poupougnent, ils l’entretiennent. Eux savent que le corps c’est précieux, quels qu’en soient le modèle et le millésime. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que parfois je suis injuste avec le mien. Et c’est pas gentil, je n’aimerais pas trop qu’il se venge ! … Heu, la chute est molle comme ma fesse au sortir de l’hiver, mais je t’aime, fesse, j’ai besoin de toi, ne me quitte pas …

Texte et dessin © dominiquecozette

Une sacrée tante !

19/02/2010 Comments off

Ma tante était assez médium et particulièrement radin. Quand elle voulait que quelqu’un l’appelle, elle s’allongeait à côté de son téléphone en pensant très fort à son interlocuteur et dans l’heure en général, il ou elle l’appelait, comme ça, elle ne payait pas la communication. Le nombre de fois où je l’ai appelée et où elle répondait : « Ma chérie, justement, je pensais à toi… » et là je savais que je m’étais fait téléphoner le bulbe. Elle faisait des rêves prémonitoires, il n’y avait plus qu’à envoyer le faire part (joie ou peine). Et puis, elle avait fait du « mind control », donc elle s’expédiait dans son « laboratoire »,  sorte de cocon virtuel où elle se sentait beaucoup mieux et pouvait faire venir dedans des gens qu’elle avait envie de voir. C’était une dépressive profonde, elle a fini par se suicider, je la comprends, mais elle m’a laissé un message téléphonique qui disait : « Passe me voir lundi », ce que j’ai fait, j’ai trouvé son corps sur son canapé littéralement recouvert des photos des gens qu’elle aimait. Putain, pour une fois que c’est elle qui téléphonait.

Texte © Olivia van Hoegarden
dessin © dominiquecozette

(Suite à un article où par un enchaînement d’idées on en est venues à évoquer les dons de medium de certaines personnes, Olivia m’a envoyé ce texte. Je l’ai trouvé très dense, très fort, très émouvant et lui ai demandé l’autorisation de le publier, voilà. J’ajoute qu’Olivia aimait beaucoup sa tante malgré cette fin plutôt trash).

Categories: mine de crayon

Spirale infernale

18/02/2010 un commentaire

Monsieur Takata, ou donnez-lui le nom nippon qui vous arrange, arrive au bureau comme tous les matins. C’est un labo de recherche. Je ne sais pas s’il faut un s à recherche. Je ne crois pas. Il bosse comme un dingue, il est sur le point d’accéder à la reconnaissance scientifique planétaire. Son projet, nom de code Vortex, va pouvoir être publié, après des années d’études, d’essais, d’erreurs, de choux blancs. Il va aussi enfin pouvoir en toucher trois mots à sa femme qui, bien que discrète, piaffe d’impatience devant l’omerta de son époux. Imaginez les milliers d’heures où lui et ces collaborateurs étaient penchés sur le problème Vortex, leurs espoirs, leurs déceptions, cette obsession qui souvent les empêchaient de dormir et les précipitaient dans des soirées Geishas/Saké à volonté où ils pouvaient décompresser quelques heures. Et ça y est ! Champagne français pour tout le monde, ils sont nés, ils vivent normalement et ils ont même procréé !!!
- Qui ?
- Les petits escargots à coquille inversée.
- Pardon ?
- Les petits escargots dont l’enroulement de la coquille est dans l’autre sens. Et qui ont donné eux-mêmes naissance à des escargots à coquille normale.
- Heu, moi je veux bien, mais vous ne croyez pas que tous ces cerveaux auraient pu réfléchir à des trucs plus intelligents, plus utiles ?
- Comme quoi ?
- Eh bien au hasard, tiens, aux pédales de frein ou d’accélérateur de voitures hybrides !
- Mais monsieur Takata (ou le nom que vous aurez préféré) travaille dans la recherche GÉ-NÉ-TIQUE. Pas dans la bagnole. Vous seriez pas un peu con, vous ? Vous n’auriez pas l’hippocampe retro-spiralé, des fois ?
Non, je ne crois pas, quoi que les hippocampes par les temps qui courent, qui les maîtrise encore ?  Enfin, cette recherche nous servira peut-être un jour, comme la souris transparente, le rat avec une oreille humaine greffée sur le dos, le lapin phosphorescent et les jeunes appelés du contingent devenus cobayes involontaires durant nos essais nucléaires…

Texte © dominiquecozette d’après un article dans S&V de ce court mois.

Categories: mine de crayon

Ma mémé a cen-hans…

15/02/2010 Comments off

Ma mémé a cen- hans, ma petite soeur di-hans et moi même quarante deu-hans. Ça fait pas bizarre ? Hé si. Alors pourquoi y en a qui font ça avec  lé-heuros ? Hein, pourquoi ??? Comme l’a expliqué un jour un amoureux de la langue dont je tairai le nom pour la bonne raison que je ne l’ai pas imprimé, il faut faire  avec les zeuros comme avec les ans, la liaison. Ainsi, ma mémé a cent teuros, ma petite soeur dix zeuros et moi-même quarante-deux zeuros. Ça ne fait beaucoup de thune à l’arrivée mais au moins c’est corrèk. Bordel à queue de crénom de dieu de nouille du cochon, ça serait bien que les journalistes s’y mettent, non ? Y en a marre des gens publics qui s’expriment pas convenablement, chier, quoi ! Bon, je vais prendre mes gouttes…

texte et dessin © dominiquecozette

Categories: mine de crayon