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Naissance

13/08/2012 4 commentaires

C’était un jour comme aujourd’hui, clair, radieux, irréprochable. C’était un jour J. Le jour J. Le jour où le petit inconnu aurait un sexe, une taille, un poids, une apparence, un visage et une existence.
Ce fut un jour féminin. Un jour tout rose. Où je ne me demandai pas comment faire. Car je sus que je saurais. Je sus que ma vie avait pris le tour qui convenait, qu’elle avait pris tout son sens et que l’essentiel prendrait tout mon espace.
Les fées d’habitude, elles se dépêchent, elles se démènent,  elles courent d’une couche à l’autre mais là, malgré leur dos broyé à se courber comme ça, restaient penchées sur le berceau, touchées par la grâce de ce petit bourgeon.
Je ne me demandai pas comment  lui apprendre à grandir, à regarder, à écouter, à profiter. Je sentis qu’elle saurait faire ça toute seule, qu’elle me lâcherait la main trop souvent et que c’est moi qui devrais apprendre à grandir, à la regarder, à l’écouter et à profiter d’elle.
J’ai tout de suite vu qu’elle était quelqu’un, qu’elle était elle. Spéciale, unique.  Surtout pas un clone. Elle avait pioché dans nos ADN comme on cueille un bouquet, sans faire la fine bouche devant nos imperfections.
Je ne me posais pas de questions encombrantes, ne me faisais pas de soucis inutiles, ne m’alarmais pas outre mesure. Cette petite créature me mettait en confiance. Loin de m’inquiéter, elle me montrait que la vie c’est simple, que l’amour coule de source, que les soins sont faciles, que l’instinct a raison.
Je savais néanmoins que je ne serais pas une bonne mère, car nulle ne l’est, que je lui ferais peut-être du mal ou de la peine parfois, qu’il serait normal d’avoir envie de l’étouffer sous l’oreiller, de crier plus fort qu’elle et d’abandonner mes principes pour redevenir sauvage. Mais globalement, je sentais que ça marcherait d’enfer entre elle et moi. Et j’étais sûre que ça serait toujours une superbe aventure.
Bien sûr, il y eut les peurs, les terreurs, les angoisses. L’accident possible, le bad boy bouleversant, les provocs de jeunesse, les tentations dangereuses, les tests imbéciles, les pervers de tout poil. Ça fait partie du deal, on en prend pour perpète.
Pacifique, généreuse, tolérante, altruiste, la maternité est ma seule religion. Il n’y a pas plus puissant que cette vie qui jaillit de notre corps et nous tient pour toujours par le bout du nombril. Rien de plus  banal, mais de plus extraordinaire, rien de plus animal mais de sacrément divin, rien de plus intime mais de tellement universel, rien de plus quotidien mais de plus exaltant.
La petite chose est devenue grande, elle  m’a construite, a affuté mes sens et ma conscience, m’a fait toucher l’infini, le surnaturel, le merveilleux et le miraculeux. La plus belle histoire de ma vie.

Texte et dessin © dominique cozette

 

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Aventures des Toiles, comment que je me la pète !

27/06/2012 un commentaire

Figurez-vous que l’un de mes tableaux a suffisamment plu à François Gadrey, PDG de la très belle marque Aventures des Toiles, pour qu’il en fasse l’un des thèmes de sa collection été 2013. Sept artistes par saison ont ainsi le bonheur de représenter un thème sur une large palette de très beaux vêtements, robes, ensembles, hauts, jupes, pull, etc…
J’ai débarqué au Creusot la semaine dernière pour voir les collections et là, chers amies/amis, j’ai roucoulé !


Vous allez me dire que sur les belles mannequines, c’est une chose… Non, parce que toutes les femmes qui étaient là portaient une, deux ou trois pièces de vêtements de saisons passées, de la dame qui fêtait ses 80 ans à pratiquement tout le personnel féminin de l’usine, et aux acheteuses, responsables de magasins, représentantes,  petites, grandes, rondes, maigres, jeunes ou mûres.  Toutes avaient fière allure, c’était très joyeux !

La visite de l’usine le lendemain m’a donné d’autres sentiments de satisfaction : c’est une marque éthique qui fait appel aux talents nationaux, aux machines et à la main d’oeuvre françaises. Pas d’esclaves à 29 € par mois au fin fond de l’Asie, pas d’abattage, pas de pratiques douteuses. C’est respectueux. Plus cher que chez H&M mais ça le vaut. Et les personnes qui travaillent là ont l’air bien plus heureux que dans certaines boîtes que j’ai fréquentées. Elles adorent leur job. Et tant mieux parce qu’en même temps, il faut vivre au Creusot. Le lundi soir après nos agapes, trouver un bar ouvert c’est comme demander à Samir Nasri de dire s’il vous plaît. Mais Paris n’est qu’à 1h20 et tout autour, la campagne est magnifique, et le vin mondialement apprécié. Le bourgogne.

Et puis, dans cette usine, voir des techniciennes travailler sur des rouleaux de tissu ou de maille issu de mon tableau, ça fait drôle ! C’est énorme !
Je vous signale qu’il y a un très beau concept store Aventures des Toiles à Paris dans le Marais, 38 rue Sainte Croix de la Bretonnerie. Les soldes viennent de commencer, c’est le moment de découvrir les dernières collections !

Ce dernier modèle est un petit pull d’été en maille, c’est une stylisation de mon tableau, très fin, très chic. J’ai hâte de le porter mais il faut attendre 2013.
Pour en savoir plus sur Aventures des Toiles, voir le site ici, très complet, assez technique, avec des vidéos pour présenter les différents postes de la création et le blog actu.
Pour finir, voici le tableau :

La légende a été gommée sur les modèle car tout le monde n’aurait pas eu envie d’exhiber  I’m fuckin’ so great ! Oh my God ! Keep in contact. See you later (= CUL). Trop clivant.
Je ne vous parle pas des autres artistes 2013, je n’ai pas les photos mais ils seront en ligne avec moi dès que la collection sortira. Vous verrez, tous sont magnifiques et chacun a son style.

Texte et tableau © dominique cozette. Photos © Aventures des Toiles.

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Autre rue, autres moeurs… Daguerre.

08/06/2012 un commentaire

Cette charmante petite rue parisianissime présente une explosion de petits commerces à touche-touche sur  sa partie piétonne d’environ 500 mètres. Jugez plutôt : Sur près de 50 commerces on compte :

1 poissonnerie gigantesque
3 boucheries plus une rôtisserie-boucherie
2 fromageries hénaurmes
2 boulangeries dont une juste « pains spéciaux »
1 pâtisserie
1 glacier style classe
1 chocolatier belge dont le prénom est Jeff
1 sandwicherie
1 crêperie bretonne forcément
4 commerces de fruits et légumes paradisiaques, cirés chaque matin et arrosés
1 maison de la pâte non italienne, I suppose, sinon ça sera una pasteria
7 traiteurs mirifiques régionaux et exotiques dont 4 font également restauration sur place
1 boutique d’huile d’olive chicos
1 boutique de miel et autres naturalités
2 supermarchés  dont 1 Franprix et le Monoprix d’angle
3 cavistes
3 brasseries cosy blindées

Puis, au rayon non bouffe :
2 opticiens, normaux, comme tous les opticiens
1 bazar ancien mais moderne car ancien
1 boutique de chaussures assez moyenne
1 collanterie !!!
1 parfumerie Nocibé
I coiffeur Biguine
1 boutique vidéo avec plein de DVD récents pas chers
1 bijouterie des familles pas encore entrée dans le giron de LVMH
1 point fleurs, alias petite boutique mignonne et odorante
et 1 pharmacie, faut ce qu’il faut.

Et il manque, et il manque… y a pas quelques chose qui vous manque, vous ? Eh bien moi, il me manque une librairie.
Vous allez me dire qu’il y a une FNAC pas loin, sûrement. J’en sais rien, d’ailleurs. Alors je vais vous rétorquer qu’acheter ses livres dans une FNAC, c’est enrichir monsieur Pinault de PPR. Chacun fait ce qu’il veut de son blé, je le fais aussi, souvent par flemme. Mais une librairie de proximité, moi je trouve que c’est aussi sympa que le clocher d’un village.

Sinon, à l’autre bout de cette foire à la papille, là où les piétons sont assignés au trottoir pour cause de rares voitures, là où est encore the boutique de l’accordéon, se trouve le fief de la formidable artiste qu’est Agnès Varda. Il y a très longtemps, une cinquantaine d’années, elle avait acheté une cour toute pourrie avec une sorte de cabane insalubre. Aujourd’hui, elle a deux immeubles peints en rose (je ne crois pas qu’il lui appartiennent mais sa société de production occupe deux RdC) et, juste en face, une boutique avec toutes les créations de l’artiste, vidéos, livres, DVD, albums, produits dérivés et celles de feu son époux chéri, Jacques Demy.
Je vous parle d’elle parce que j’ai revu « les plages d’Agnès » où elle retrace sa vie de façon très ludique, très créative. Si vous voyez ce DVD, prenez-le, c’est vraiment un grand moment d’amour et de fraîcheur. Ça manque, parfois.

Texte, photo et dessin © dominique cozette

 

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Violence conjugale dans ma rue

07/06/2012 Comments off

Non, en fait, pas dans ma rue. Pour changer, j’ai pris le petit chemin qui sent la noisette, où un terrain est laissé en friche pour les fleurs, les papillons, les oiseaux. Des petits immeubles sympas. Quelques personnes qui circulent.
Et soudain, une femme qui hurle. En langue étrangère. Il y a de quoi. Un type l’a attrapée par derrière et l’étrangle. Il relâche, elle lui crie dessus, il la serre, il l’emmerde, il la poursuit. Arrivée à leur hauteur, je lui demande, à la fille, si tout va bien. Le type me lance un regard assassin, un regard qui fait peur. Les gens ralentissent. Le type se rapproche de la fille. La fille me répond : ça va, on s’amuse. Et ils se mettent ensemble, genre complices, et me voilà comme une conne, à m’occuper des affaires des autres.
Quelques secondes plus tard, même cirque : il la brutalise, elle hurle, les gens regardent, ne sachant trop quoi faire. Je parle avec une autre très  jeune femme qui confirme qu’ils ne s’amusent pas. Tant qu’il y a des gens qui circulent, je me dis bon…en restant vigilante.
Le petit chemin débouche sur une rue, je suis en avance sur eux. Elle se remet à hurler, il la serre, ils s’injurient, elle essaie de lui échapper et manque de se faire écraser. Un passant m’interroge, je le mets au courant. Il est OK pour intervenir avec moi. Alors, même jeu. Le type revient vers la fille, lui prend la main et ils disent qu’ils s’amusent.
Alors on leur fait la morale. Je dis qu’un homme n’a pas à brutaliser une femme, qu’une femme n’a pas à hurler dans la rue si c’est juste pour s’amuser. On ne joue pas à ça. Mon comparse ajoute que ça risque de mal tourner et que des gens peuvent appeler la police.
Ils nous écoutent poliment et repartent devant moi en se tenant la main. Le type fait quelques gestes tendres qu’elle fait mine d’apprécier. Il se retourne pour voir si je suis là. Puis arrive une voiture de police qui apparemment les recherche et stoppe à leur niveau. Les flics alignent le type contre un mur. Lui prennent ses papiers. Et puis comme je ne vais rester plantée, je repars.
Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que ça me touche. C’est le genre de violence ordinaire que subissent beaucoup de femmes. C’est le type d’homme habité d’une telle rage qu’elles ont peur des représailles et font tout pour qu’il ne soit pas inquiété. Parce qu’elles savent qu’un jour ou l’autre, elles vont le payer. A moins que quelqu’un s’en mêle, je ne sais pas.
C’est banal, c’est courant. C’est intolérable.

Texte et dessin © dominique cozette

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Il n’y a pas de fumée sans fric

29/02/2012 Comments off

Un scientifique, Robert Proctor,  vient de sortir un pavé de 750 pages sur l’industrie du tabac, ses scandales, son CA, ses ravages etc… Le livre est remarquable car c’est une étude qui porte sur les « tobacco documents » sortis du secret depuis 1990, soit 13 millions de documents numérisés. Puis épluchés pendant 10 ans. Enorme. Car il met à jour l’énorme complot des puissantes firmes de tabac pour entraver toute mise en garde. On sait depuis 1920 que le tabac est cancérigène. En 53, les dealers de la mort se réunissent pour s’entendre pour ne pas ébruiter l’affaire, qui le sera quand même dix ans plus tard.
Enorme aussi le marché passé grâce au plan Marshall, la fameuse aide à la reconstruction de l’Europe de l’après-guerre, pour rendre accro les Européen, fumeurs de brunes moins nocives parce que plus difficilement inhalables. C’est le sénateur de Virginie, ce bon tabac doux, qui a eu l’idée d’un package où, pour 2 dollars de nourriture, un dollar de tabac était envoyé à l’Europe.
On peaufine la douceur des fumées, on les sucre, on les bidouille pour qu’elles aillent plus vite au plus profond des poumons en accélérant l’addiction. Je ne vous parle du polonium 210 qui, en vingt clopes dans la poche, équivaut à 300 radios thoraciques. Ni du plaisir à fumer qui n’est qu’une pure fabrication marketing contrairement aux drogues ou à l’alcool qui, eux, produisent ivresse ou sensations fortes.
Tout ce qui pourra être tenté pour augmenter l’enrichissement du secteur sera fait. Tout ce qui pourrait éveiller des soupçons de la part des autorités sanitaires, des gouvernements, des fumeurs, sera tu. Beaucoup d’organismes anti-tabac, ou indépendants seront infiltrés ou arrosés. Des experts de l’OMS reconnaissent avoir été roulés dans la farine.
La cigarette est l’invention la plus meurtrière de l’humanité. Elle tue plus que le paludisme, plus que le sida, plus que la guerre, plus que le terrorisme. Et surtout : plus que tous ces éléments réunis. On estime à 100 millions les victimes du XXème siècle. Et peut-être à un milliard pour le siècle actuel (en même temps, on est trop, non ?).
Chaque année, la production de clopes pourrait remplir la pyramide de Khéops et dépose, en se consumant, 60 000 tonnes de goudrons dans nos poumons. Il y a beaucoup d’autres choses à apprendre dans cet article du Monde du 25 février, ici d’où ces infos succinctes  sont tirées. Ça vaut son pesant de mégots.
Une réplique m’avait frappée  dans un film iranien (je crois)  :
- ça ne vous dérange pas si je fume ?
- Non, non,c’est vous que ça dérangera plus tard.
Ah, j’oubliais le titre du bouquin : Golden holocaust (et non pas golden low coast, ou goldo hole low coast)

Texte (d’après le Monde) et peinture © dominique cozette

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L’année 65 racontée à mes blecteurs*

25/01/2012 Comments off

En 1965, ça pète de partout ! Ouille-ouille ouille !
Ça pète sur le Viet-Nam, que bombardent allègrement les Etats-Unis, et dans les rues de New-York avec les manifestants contre cette guerre inique. Ça pète entre l’Inde et le Pakistan, ça pète sous le Mont Blanc pour finir d’ouvrir le tunnel, ça pète à Harlem pour ce pauvre Malcolm X, bing, t’es mort ! et aussi à Paris pour ce pauvre Ben Barka, bang, terminé.
Ça pète de joie chez les Françaises qui, tenez-vous bien jeunes femmes d’aujourd’hui ! sont autorisées à ouvrir un compte en banque, à travailler et à gérer leur bien sans que leur mari ait son mot à dire !!! Oui, oui oui ! Même s’il est contre, d’ailleurs : couché, le mari ! Ce qu’essaie de dire Sylvie Vartan au sien, de mari tout juste épousé, qui est plutôt du genre à découcher !
Ça pète sec chez les grenouilles de bénitier qui s’offusquent de ce qu’on autorise la messe en français. Et ça pète pas très haut, niveau commentaires, devant  la mini-jupe qui est de sortie dans la rue. Visionnez les incroyables réactions des réacs de l’époque à la Gaminerie du boulevard Saint Germain, ça vaut son pesant de baffes.
En revanche, ça pète très haut dans l’espace. C’est la guéguerre entre l’est et l’ouest ! Le premier à sortir « dehors » avec son cordon ombilical est le cosmonaute Leonov, suivi trois mois plus tard par l’astronaute White. Nous, en France, on lance un petit truc, une chtite fusette,  j’sais plus quoi.
Sinon et à part ça, de Gaulle est le premier président français élu au suffrage universel, à 55% des votes contre François Mitterrand qui traite sa politique de dictature. Le Royaume Uni suspend la peine de mort pour cinq ans tandis que les minettes se dessinent des cils sous l’œil et des taches de rousseur sur les joues. Trop cute !
Monod et Jacob reçoivent le prix Nobel de médecine et Kodak lance le Super 8 pour les amateurs.
Côté lettres, ça pète le feu du côté d’Hara-Kiri, le journal bête et méchant, qui lance son édition livres avec quatre auteurs-phares : Cavanna, Wolinski, Gébé et Topor. Sortent aussi, outre les K. Dick, Calvino, Updike attendus, la Chamade de Sagan et l’immarcescible succès de Perec : Les Choses (que je vous conseille de relire).
La plus grosse panne d’électricité des temps frappe 30 millions de personnes à New-York dont 800 000 bloquées dans le métro. Combien de bébés neuf mois après ?Je pose la question.
Nous, on a l’EDF qui alimente nos télés et on se régale avec une émission iconoclaste, Dim Dam Dom, et quelques feuilletons pas piqués des vers : Belphégor avec Juliette Gréco, Belle et Sébastien — non, ce n’est pas un groupe mais une fille et son chien — Max la Menace ou comment téléphoner de sa chaussure quand le mobile n’existe pas, et les Saintes Chéries ou les premiers pas de madame la Bourge qui veut s’émanciper des clichés qui l’étouffent (femme au volant, mort au tournant, ce genre).
Le film français pète la forme avec d’inoubliables succès  defunesques tels le corniaud et le gendarme à New-York .
New-York où B.B. qui n’a jamais pété plus haut que son beau cul parce qu’elle n’en avait pas besoin, débarque avec le succès que l’on sait pour la promo de Viva Maria. New-York encore qui offre  deux James Bond pour le prix de deux :  Goldfinger et Opération Tonnerre. Mais en France, on n’est pas de reste avec deux Godard : Alphaville et Pierrot-qu’est-ce que j’peux faire – Le-Fou. Les palmes azuréennes vont à Richard Lester avec « le knack… et comment l’avoir ». Très dans le vent !
Une grande dame se la pète mais elle a bien raison avec « seulement » quatre pièces de théâtre dans la même année, et dans les plus belles salles de Paris : Marguerite Duras !
Ça pète encore plus fort dans les baffles avec Satisfaction (Stones) Vs Help (Beatles). La Reine, sensible à leur image propre sur soi, décore les quatre chevelus à cravate. A part ça, c’est l’explosion des groupes anglo-saxons que nous connaissons tous : The Doors, Loving Spoonful, Herman Hermit, Kingsmen… Un ovni : James Brown avec son père qui arbore son  brand new bag, enfin qui montre plutôt comme il est loin d’être ringue car il connaît toutes les danses de ses morveux de kids.
Tandis que nous en France, on a Capri c’est fini et Aline pour qu’elle revienne, et même si tu revenais, de l’Egyptien blondinet à ressorts, le folkore américain de miss-aux-couettes, les mains sur tes hanches du gendre idéal italo-belge, l’amitié — pour remonter le niveau —  de la belle grande tige dont Dylan et Jagger sont amoureux, mais aussi l’immense succès de la Petite gainsbourrette, poupée de cire. Mais hélas, hélas, hélas, on subit pour la première fois la fausse Piaf à la coupe au bol qui vient de remporter le crochet à la télé, sans imaginer que c’est elle qui nous fera entrer, quarante deux ans plus tard et de façon calamiteuse, dans la beaufitude sarkozienne et sa constellation de bouffons (je m’égare) !
En 65, il y aura des naissance : Emmanuelle Béart, Philippe Torréton, Step de Monac, Beigbeder, Bjök, Rachida Dati, Barouin. Ah, j’allais oublier le plus important : Pascal Obispo !
Sont partis en 65 le bon docteur Schweitzer pour qui minuit  sonna au clocher de Lambaréré. Mais aussi Winston Churchill, Nat King Cole, Somerset Maughan, le Corbusier et Stan Laurel.
Quant à moi, hé bien, les garçons, les chansons, le bac, la fac et … aucune conscience politique. T’façon, j’étais mineure !

Pour voir ou revoir les années précédentes : L’année 64 ici

Texte © dominique cozette / Photo © pour M.A.T, toutes dans une caisse et hop ! (pull Mayfair si ça dit quelque chose à quelqu’un)

* Blecteurs = lecteurs de mon blog

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Tous mes voeux de rutabagas, ananas et falbalas…

01/01/2012 Comments off

Categories: du vrai

Bil’an très égocentré

30/12/2011 Comments off

Voici un vrai blog nombriliste qui concerne ma petite personne et mon petit bilan en cette fin d’année morne, presque moribonde, bientôt cadavérique.
J’habite près de Paris et c’est heureux parce que c’est là où tout s’est passé en 2011 :
Je n’ai pris que 7 fois le train et zéro fois l’avion. Mais passé 18 heures à ramer sur mon skiff immobile. Activité uniquement territoriale donc, zéro mile accumulé, et bilan carbone excellent !
En revanche, mon bilan Cambronne est lamentable, je n’ai pas cessé de jurer contre les mêmes que vous.
Mais !!!  Mais !!! Mais…  j’ai beaucoup circulé dans les lieux culturels, ah ouf : j’ai visité 70 expositions, salons et portes ouvertes  — du beau et du scotchant — sans compter les ateliers d’artistes découverts pour la sélection de Mac Paris, du bon et du zarbi.
J’ai visionné 45 films dont beaucoup m’ont bien plu ou franchement enthousiasmée grâce à l’excellent choix éclectique de mon ciné-club.
J’ai assisté avec un plaisir non feint à 25 spectacles vivants, théâtre, one man show, danse. Curieusement aucun concert.
J’ai lu une centaine de bouquins dont une vingtaine de BD et romans graphiques d’excellente facture, mais pas tous, des centaines de quotidiens et une bonne centaine de magazines, je ne compte pas les torchons ni les féminins feuilletés chez le coiffeur ou chez le dentiste, d’ailleurs je ne vais plus chez le premier et j’ai zappé le second, me voilà bien entartrée ! En revanche,  j’ai effectué trois visites médecin/spécialistes et subi quatre examens/analyses de routine sans gravité.
J’ai joui de la compagnie d’amis et de proches lors d’une centaine de dîners chez les uns, les autres ou au resto, plus les déjeuners du dimanche et les petites bouffes du midi entre copines. J’ai assisté à un mariage sans messe.  Et pas d’enterrement, thanks god.
Quant à ma production, je la trouve convenable pour une année impaire :  plus d’une vingtaine de peintures de différents formats, une pièce pour les 3 Jeanne — qui étaient deux  à Avignon —  et près de 150 articles dans ce blog, si j’enlève la cinquantaine de Fessebouqueries écrites par mes amis fb (et patiemment récoltées par bibi). Et  plus d’une centaine de petits dessins pour agrémenter tout ça.
Et puis j’ai essayé de rendre un homme heureux.

Texte © dominique cozette / dessin d’après une appli Simpson

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Avoir (eu) trente ans…

18/12/2011 Comments off

Quelle est la différence entre avoir 30 ans aujourd’hui et en 1970 ? Outre que c’est en 1970 que meurt Luis Mariano et qu’accouche madame Schiffer, mère de Claudia, les trentenaires sont déjà largement mariés dans les 70′s, les hommes à 25 ans (j’arrondis) et les femmes à 23. Aujourd’hui, c’est vers 30 que les femmes s’engagent et les hommes 32,  6 mois de moins pour les pacsés. De même, en 70, on est parent plus tôt, 26 et 24 ans alors qu’aujourd’hui, c’est 31 et 30. Conséquence : les générations sont plus amples, on devient grand-parent plus tard.
Sexuellement, pas de gros changement chez les mâles qui ont eu une dizaine de partenaires alors que les femelles sont passées de 2 à 5, les coquines !
On habite comment ? On a la chance d’être propriétaire à 29 ans en 70 alors que maintenant, tu peux te gratter, c’est 8 ans plus tard. Et qu’y a-t-il, dans le petit nid d’amour ? Une télé dans 75% des foyers en 70, que les trentenaires regardent 7 heures par semaine. Tandis qu’aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’écrans devant lesquels ils passent 35 heures dont 16 devant ordinateur et console.
Côté socio-pro, une énorme amélioration des études, on se demande vraiment bien à quoi ça sert : En 70, plus de la moitié de nos cobayes ont arrêté les études avant 16 ans, 15% ont le bac et 8% font des études supérieures. Aujourd’hui, 63% ont le bac et 44% sont diplômés de l’enseignement supérieur. Ça donne quoi au niveau du boulot ? Le statut de cadre est passé de 25 à 33% mais le chômage a crevé le plafond : de 3% pour les hommes et 9% pour les femmes, il est à 14% aujourd’hui (sans précision de sexe, mais on devine).
Côté salaire, c’est pas la joie : en 70, quand on a trente ans, on gagne 15% de moins qu’un quinquagénaire pour 40% aujourd’hui. De moins !
Les vacances sont à peu près équivalentes avec 55% des trentenaires qui prennent des vacances contre 60% qui sont partie en 2010. A l’étranger ? Assez peu : 4 jours par an  pour les anciens contre 12 pour les nouveaux, hors voyages professionnels.
En revanche, la presse ne s’y retrouve pas puisque 41% des trentenaires de 70 lisaient le journal quotidiennement contre 16% aujourd’hui.
La plus grosse différence, c’est que 95% des trentenaires de 1970 ont 70 balais aujourd’hui et que c’est pas beau à voir !!!
(Je parle même pas des 5% restants…)

Texte d’après des éléments d’article de Marc Beaugé ( les Inrockuptibles). Conclusion et tableau © dominique cozette

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Pour une fois, un article utile…

03/11/2011 2 commentaires

"On ne reste jamais seul"

C’est pas non plus l’invention du siècle qui vous renvoie dans le passé pour bidouiller votre avenir, ou la martingale pour gagner 225 millions d’euros sans même jouer au Loto, c’est pas non plus le philtre magique qui le ou la fera tomber pour la vie au premier coup d’oeil, ou encore  l’engin à éliminer sans douleur ni peine tous ceux qui vous pourrissent la vie, quoi que ça n’en soit pas loin puisqu’il s’agit de tous ceux et celles qui vous emmerdent pour vous vendre des doubles vitrages, des opérateurs téléphoniques, des tapis d’Orient à l’heure où, à peine rentrés accablés du bureau (je dis  du bureau mais ce pourrait être de l’usine, de l’atelier, du magasin, du claque…), vous vous relaxez avec votre chéri(e) à portée de langue et de bras, un petit mojito sur la table basse où sont posés les carnets de correspondance des enfants à signer absolument, au moment où commence votre émotion favorite sur votre écran préféré, ou à l’heure du brunch dominical où vous paressez au pieu avec vos meilleurs personnes ou animaux sur le lit, ou sans personne car bon Dieu ce que c’est divin aussi d’être peinard sans rien pour entrer par effraction dans votre champ visuel ou auditif, ou encore au moment où vous mettez le pied dans votre bain à remous saturé de sels et déjà pré-empli par la personne de votre choix qui sait vous masser entre les arpions, vous savez lesquels bien sûr, ou encore mais c’est plus rare, lorsque vous êtes en train de compter jusqu’à trente pour que vos oeufs à la coque soient carrément au point, eh bien c’est à ce moment-là que celui ou celle qui dit s’appeler Virginie avec l’accent du Maghreb, ou Jérôme avec une petite pointe d’oriental, tente de vous appâter avec son produit à la noix dont vous n’avez que faire.
Bien sûr, vous pouvez l’envoyer péter, lui raccrocher au pif et retourner à vos affaires  mais vous avez pitié de ce pauvre travailleur de l’ombre, alors vous le laissez déballer son truc pour finir par le remercier d’avoir pensé à vous et ajouter que hélas, vous avez déjà l’objet en question et que vous ne comptez pas en changer, donc qu’il a perdu trois minutes pour rien et que trois minutes, c’est énorme.
Fred, Serge, Sylvie, Béatrice, vous tous, mes amis, ne soyez pas polis, le temps c’est de l’argent. Raccrochez leur au nez très vite, c’est le meilleur sévice à leur rendre.  Puis allez sur le site qui vous évitera de telles mésaventures : PACITEL. Le site est ici, c’est tout simple. Vous serez sur une liste interdite, plus personne* ne viendra vous emmerder au téléphone. Cool, non ?
* Cette liste ne filtre pas les tapeurs sympathiques, les patrons harceleurs, les banquiers sournois, les amis chieurs, les pots-de-colle récurrents. Pas plus que les relations qui vont racontent par le menu comment ils se sont fait enlever leur verrue plantaire, les belles-mères et beaux-pères qui vous abreuvent de conseils pour vos travaux de salle de bain ou vous informent sur les meilleurs produits anti-poux, votre ex qui vient d’avaler un tube de tranxène, votre vieille tante sourde qui vous demande de la coacher pour envoyer ses photos sur internet. ( Par bonheur, vous échappez aux copains de vos enfants, ils ont tous leur mobile, veinards !, vous n’avez pas connu ce cauchemar de la mainmise sur le combiné collectif pour des communications stupides et interminables qui vous mettaient la rate au cour-bouillon !)

Dessin à l’aquarelle  © Marcel Gautho, 11 ans. Texte © dominique cozette. 11 ans et quelques.

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Métro, macho, phallo ? Un bon remède crétin…

22/09/2011 Comments off

Qui donne les noms de stations de métro, dans cette république avancée qu’est la France ? France moderne où règne, on le sait toutes, la plus grande parité du monde ! Je rigole, on est … quarante-sixième ! Rien que de regarder une photo du gouvernement au complet, on est édifié(e) :  cravates, cravates, cravates… quelques chemisiers, ça et là.
Pour en revenir au métro, vous savez combien il y a de stations qui portent un nom de femme ? Zéro !!! Zéro dans Paris intra-muros. Et deux dont une qui le partage avec son mari (on sait que sans elle, il n’aurait pas eu cette gloire), j’ai nommé Marie Curie, à Ivry. Et une autre, Louise-Michel, anarchiste révolutionnaire qui doit faire des flip-flap dans sa tombe à être ainsi affichée en pleine Balkanie. A part ça, rien. Nib, si je puis m’exprimer ainsi.
Pourtant, il y en a des meufs honorables, y a qu’à piocher chez les écrivaines, ou les héroïnes comme madame Bovary  qui est nous comme l’a dit Flauflau. Des personnalités mythiques, des goulues de Montmartre, des Kiki de Montparnasse, des comtesses de Ségur (oui, il y a une station Ségur, mais ça leur aurait arraché le prépuce de préciser ?), des madame de Sévigné, des Barbara, des Sagan, des Camille Claudel, des Sarah Bernhardt. Coco Chanel, ça serait chic de chez chic, on demanderait à Karl de la décorer. Très classieux aussi, Colette. Et plus gai que Bréguet Sabin, Mistinguett.
En attendant d’avoir une nouvelle meuf où descendre, amusons-nous avec un plan hilarant où toutes les stations sont remplacés par leur anagramme. Ex : le SS ignoble pour les Gobelins, Repas Subventionné Amen pour Montparnasse Bienvenue, Homologuant Crétin pour Châtillon Montrouge, le Pédé Phallocrate pour Porte de la Chapelle, Hôpital du Pénis Puéril pour Saint Philippe du Roule, etc… c’est à mourir de rire. Le plan est ici.

Texte  et dessin © dominique cozette

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L’année 64 racontée à mes blecteurs.

02/08/2011 Comments off

En 1964, drôles de truc : les Parapluies de Cherbourg ! Et la caméra invisible !  Et a hard day’s night, le film des Beatles ! Et Ringo Starr qui se fait opérer des amygdales ! Et les deux soeurs Goitschel et leurs légendaires descentes ! Et le monokini sur la plage de Saint Trop qui donne l’idée à Jean Girault d’habiller de Funès en gendarme !
Les filles sortent les jambes grâce à Mary Quant et à Courrèges qui inventent la mini-jupe (shame !). Les hommes ne se remettront jamais de la disparition du porte-jarretelles : ils haïssent les collants ! Les soutifs se modernisent en se dotant de bretelles… élastiques et en s’arrondissant : les seins arrêtent de ressembler à des cônes.
Kossiguine détrône Khrouchtchev, la chanson « Johnsine et Kossigone sont deux petites mignonnes… » nous amuse un temps. Sylvie se fait belle pour aller danser mais son cavalier, jaloux,  lance : excuse-moi partenaire… Tout ça, c’est du pipi de chat face à ce que nous envoie la première radio-pirate, Radio Caroline.
Le premier mariage Burton-Taylor a lieu alors que Roger Moore débarque sur le petit écran avec son auréole de Saint entre la première caméra invisible et « les femmes aussi » d’Eliane Victor. La deuxième chaîne balbutie et le Nouvel Obs vient concurrencer l’Express.
Les nouveautés s’imposent : les Kinks avec All day and all of the night, Marianne Faithful avec as tears go by et les Animals et leur house of the rising sun. Le tabac de Roy Orbison avec Pretty Woman, et les Who, les Pretty Things…
Adamo  ravit les dames avec ses petites histoires polies  et Alain Barrière vient nous baver saaaa viiiiiiie dans les oreilles durant les slows.  Enrico Macias, pas encore Sarkompatible, pleure son pays perdu et France Gall émeut tous les messieurs  tandis que Dominique nique nique… Les Beatles deviennent vraiment les champions toutes catégories des hit-parades. En ce temps on pondait 7 ou 8 tubes par an. Celui de Brassens, les copains d’abord, dentre dans le répertoire de tous les grattouilleux guitareux.
A part ça, Lacan ouvre son premier séminaire, la Chine communiste est reconnue, Malraux lance la Fondation Maeght et les cendres de Jean Moulin. Silence du côté de Bergman, Lol V Stein chez la Duras et le Cru et le Cuit pour Strauss (Claude L. Strauss).
64 est un peu pauvre côté naissances : Kad Merad, Dupontel, Emmanuelle Devos, la Binoche, Nicolas Cage et la Belle Elle Mc Pherson. Et Delarue mais qu’est-ce qu’on s’en fout. Pour les décès, c’est petit bras. Citons Ian Flemming, Cole Porter et Maurice Thorez…
Sur le poste de la voiture, on entend Soeur Sourire, Barbara, Johnny comme d’hab, les Surfs et Salvador. En VO,  Sandy Shaw, les Stones, Bobby Solo.
Quant à moi, c’est jamais sans ma guitare et un beau fiancé…

L’année 63 ici

Texte et photo © dominique cozette. Vous pouvez retrouver les années précédentes sur le blog dans la catégorie « du vrai ».

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Mon énormissime entreprise

11/07/2011 Comments off

Il bosse pour moi

Je viens de réaliser que des milliers de personnes sont actuellement en train de bosser pour moi. C’est énorme. Des milliers, et  pas des moindres. Mais aussi des moindres. Je passe sur mon mari qui fait beaucoup pour moi, sur mon homme de ménage tamul parce qu’il est parti au Canada passer ses congés payés, sur ma gynéco et ma dentiste avec lesquelles je dois prendre rendez-vous. Parlons de celles que je ne connais pas : un éleveur de porc bio en Bretagne et toute sa filière (cultivateur, abatteur, boucher, acheteur pour Rungis, transporteur, distributeur etc…), un chercheur sur les problèmes liés à l’âge, au cholestérol, au cancer du col et du sein et filière. Des patrons de presse et de télé qui cherchent à m’agglutiner dans leur audience, avec leur filière, journalistes, assistants, restaurateurs, responsable de la maintenance de la machine à café, fabricant de PQ et filière.
La pub qui aimerait bien me vendre ses cochonneries de sacs, pompes, antirides, poulets, opérateurs téléphoniques, avec filière : responsables projets, directeurs marketing, directeurs clientèle, planeurs stratégiques, créatifs, graphistes, coursiers, fabricants de motos et filière. Mais aussi marchands de fringues, stylistes, fabricants de tissus, chercheurs de matières, cueilleurs de coton, teinturiers, élimeurs de jeans, fabricants de boutons, tondeurs de moutons, fileuses et filières : vendeuses, gérants de magasins, décorateurs, étalagistes….
Romancier(e), je pense à toi aussi, travailleur de l’ombre, dans l’ingratitude générale, permettant à des milliers de gens de vivre sur ton dos : maisons d’édition, magazines, critiques, libraires, bibliothèques, société de dépôt, industriels du bois et de la pâte à papier, encre, stylos, traitement de texte, illustrateurs, graveurs, c’est abyssal !!!
Je me sens tellement solidaire de vous tous et de ceux, des millions non cités comme ces fabricants de tubes de peinture acrylique, de crème, planteurs de riz, ingénieurs toutes tendances, tresseurs de tapis, facteurs/trices, acteurs/trices, scénaristes, travailleurs d’Orange, de Mac, et autres technologies modernes, pilotes d’essai, présentateurs.
Même qui vous savez là-haut, il bosse pour moi, stressant ses 600 commissions et 1100 conseillers pour me niquer  de leurs promesses phallussieuses dans leurs futures burnes électorales. Je dis à ceux-là : Vous êtes dispensés. Arrêtez-tout, ne vous donnez pas ce mal, allez cultiver les champignons de votre cerveau nécrosé, névrosé ou ce que vous voudrez qui en tient lieu. Car je ne voterai jamais pour votre lider. Jamais. Quelle que soit la pression, la promesse, la personne face à lui.
Sinon, il y a aussi tous les autres, qui défont, qui bossent aussi mais qui abîment, qui détruisent, qui abaissent ou rabaissent, qui liquident, qui gâchent, qui gaspillent, qui pillent… pour que la société marchande que je représente un peu quelque part participe à leur enrichissement.
Ah, mes amis, mais quelle responsabilité  d’être moi !

Texte et dessin © dominique cozette

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Trop de santé nuit grave

07/07/2011 un commentaire

C’est l’histoire d’une copine dont la vieille mère se défait. Shunte longuement. Décline. Dévit. Une belle et grande femme jadis pêchue, toujours sur la brèche (si quelqu’un peut m’envoyer une photo de brèche, merci), faisant l’admiration de tous par son dynamisme, sa force physique, son allant. Une femme comme on rêve tous (ou toutes ?) de l’être, toujours partante, jamais abattue, positive, gaie, heureuse de vivre.
Et puis dzooooiiiiinnnnng ! Y a un ressort qui a pété dans la timonerie. Un fusible qui a cramé. On ne sait pas trop quoi. Et la sénescence a commencé son triste job. Au début, ça allait encore, elle avait toute sa tête, mais plus trop la patate. Et puis plus trop la tête. Et puis plus du tout la tête et encore moins la patate. Des années qu’elle nous fait du fading. Elle est devenue toute pliée, toute petite, toute légère, 35 kg toute mouillée. Elle ne sait plus grand chose de ce qu’elle a été. Bien entendu, elle ne reconnaît plus les siens. Elle semble malheureuse, elle a peur de mourir, elle a peur de vivre, elle souffre, elle geint. Ses enfants ne la reconnaissent pas non plus : ce n’est plus leur mère, cette petite chose enchifrenée, ce petit animal indéfinissable qui peine à vivre, à se nourrir, à rester ou à partir.
Et le paradoxe de cette sorte d’agonie sans violence mais insoutenable, c’est que cette femme possède des organes en airain. Elle a tellement pris soin d’eux toute sa vie en s’alimentant bio, végétarienne, sans excès, équilibré, les écoutant quand ils la sollicitaient, pratiquant des activités toutes plus saines les unes que les autres, qu’ils ne sont pas usés. Elle tient le coup, disent les médecins, grâce à sa parfaite hygiène de vie. Mais ça ne lui apporte plus que du tracas.
Il y a quelques temps, quand elle avait conscience de son état, elle disait regretter d’avoir tant pris soin d’elle, qu’il aurait mieux valu qu’elle partât vite…
Je vous raconte ça pour dire qu’au fond, il n’y a pas de règles, pas de lois, et que ceux qui essaient de nous faire croire à-ce-qui-est-bon-pour-nous se mettent le doigt dans l’oeil profond. Peut-être faut-il se garder d’en faire trop, dans un sens comme dans l’autre. Va savoir, Balthazar !

Texte et dessin  © dominiquecozette

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L’année 63 racontée à mes blecteurs*

05/07/2011 Comments off

A l'émission Salut les Copains avec une copine qui ne va pas tarder à se manisfester !

1963. L’horreur économique débarque en France avec le premier Carrefour à Sainte Genevière des Bois et la première photocopieuse. Pour rattraper ça, Malraux ouvre la première Maison de la Culture à Bourges. Pour ne pas être en reste, de Gaulle inaugure la gigantesque Maison de la RTF.
Notre grand homme au grand nez refuse, avec la Chine, le traité de Moscou qui limite les essais nucléaires, tandis que l’URSS, les USA et le Royaume-Uni le signent avec 99 autres puissances. De Gaulle demande à l’allemand Adenauer « tu veux être mon ami ? » tandis que la Maison Blanche se raccorde au Kremlin avec le téléphone rouge.
Martin Luther King, pour sa part, raconte son rêve aux centaines de milliers d’Américains privés d’égalité.
Dans la série Sexe et Politique, scandale à Londres : le ministre de la guerre Profumo démissionne après la découverte de sa liaison avec la call-girl Christine Keeler, espionne pour les Russes. A Londres encore, a lieu le hold-up du siècle dans le Glasgow-Londres : un cerveau a pécho 30 millions et demi de francs lourds.
BB chante la Madrague et l’appareil à sous. Pire : elle joue son propre rôle dans Vie Privée. On la traite de pute tellement qu’elle est belle. D’ailleurs, Godard ne lésine pas sur sa plastique dans le Mépris. Autres films de l’année : Un Fellini presque 9,  un Mocky paroissien, un Hitchcock ornithophobe, un Lautner cultissime et un Visconti palme d’or : le guépard.
Daniel Filipacchi a l’idée de créer Chouchou, sorte de mascotte SLC, puis Yéyé, sa nana. Ils vont chanter ensemble mais n’auront pas d’enfants.
Daniel Filipacchi a aussi l’idée de créer LUI, le magazine de l’homme moderne qui l’achète surtout pour ses articles de fond (de culotte).
Philippe Bouvard, déjà réac, dit sa première connerie : Quelle différence entre le twist de Vincennes et les discours d’Hitler au Reichstag ? (allusion au concert gratos de la place de la Nation)
La grande faucheuse ne se refuse rien : elle prend Piaf et Cocteau d’un seul coup de serpe. Gros tirage pour Match. Mais Hélas, elle ne s’arrête pas en si bon chemin : elle te dégage Kennedy, celui qui disait récemment « ich bin ein berliner » de manière impropre, paraît-il. Le monde entier est en deuil.
Mais les cigognes nous livrent trois canons : Lolo Ferrarri, la vraie aux obus sexuels,  Béart the lips et Lio tout le reste. Deux rivaux : Johnny Pitt et Brad Depp, deux dingues : Tarantino et Gondry et trois calamiteux : Bern, Dubosc et Ruquier.
Les magasins de disques (il n’y a pas de bacs, à cette époque) s’étoffent de tas de yéyé comme Moustique, les Vicomtes, Hector et les … Mediators, les Gam’s, Nancy Holloway. La guerre entre les Beatles et les Stones est déclarée : les petits propres contre les sales voyous.
Les transistors crachent du Cloclo, du Patricia Carli, du Marie Laforêt et du Françoise Hardy. En anglais, on se repaît de Trini Lopez,  de les Ronettes et de  les Beatles.
Quant à moi, je me prends un râteau à ma première boum avec un grand maigre nommé Gérard dont la vie a certainement viré en eau de boudin depuis.

Texte (sources Internet diverses)  et photo © dominique cozette. Sur la photo, la copine qui va se reconnaître, feue la trop sympa Annick Beauchamp qui lisait la pub et Daniel Filipacchi qui interdisait qu’on le prenne en photo.

L’année 62 ici
(Vous pouvez voir les années précédentes à partir de l’année 55 dans la catégorie « du vrai »)

* Blecteurs = lecteurs de blog

 

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