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Le blouson de Françoise Hardy

20/10/2020 Aucun commentaire

Mais que fait ce blouson sur le dos de ces deux filles qui ne se connaissent pas ? N’est-ce pas le blouson que Françoise Hardy arborait sur une célèbre couverture de Mademoiselle Age Tendre, MAT pour les connaisseuses, probablement photographiée par Jean-Marie Périer, alors compagnon de la chanteuse, ou pas car devenue celle de Dutronc mais restée une des meilleures amies du photographe ? On devait être en 65 ou 66, j’étais à la fac de droit, choix de mon paternel — qui peut imaginer une seconde que la fille que j’étais ait eu l’idée sotte et grenue d’entrer dans ce mouroir à créativité qu’était ce bâtiment d’une laideur absolue sis rue d’Assas ? — Là, étudiaient les jeunes minets costumés et cravatés, jetant les juteuses bases d’une carrière prometteuse, dans la politique ou les affaires, quelques futurs maîtres du barreau aussi, ainsi que des jeunes filles bien mises aux cheveux denses retenus par de fiers serre-tête en velours, fouillant de l’œil discrètement maquillé le grand amphi bourré jusqu’à l’estrade les jours où officiait l’icône de l’époque, Maître Maurice Duverger, dans l’espoir d’y repérer celui qui leur ferait plus tard de beaux enfants blonds comme sur les photos de Jours de France et les emmènerait à la Baule ou au Croisic manger des crêpes complètes. Je vous rassure, je n’y ai connu personne et le fait que je suis venue dans cette maudite fac en blouson clouté et  jeans n’a rien changé.
Bon. Donc le blouson.
J’étais encore, malgré ma maturité de bachelière, assez souvent fourrée à MAT, j’aimais ces filles pétillantes, cette ambiance open-spacy rigolote de rédaction où s’accumulaient, fringues, pompes, books de mannequins, où passaient les photographes, où j’aidais parfois à trier des courriers, où je me projetais aussi comme potentielle future journaliste, où arrivaient plis et paquets livrés par un très jeune mec, Yves je crois, un titi parigot souriant, moustache naissante et gouaille d’un Jean-Pierre Léaud fin d’ado, le coursier de Salut les Copains et MAT. Un type adorable. Et c’était son perfecto. Il avait inscrit dessus Françoise Hardy, l’avait customisé, il était unique et avait tapé dans l’œil de je ne sais qui, qui eut l’idée d’une photo avec Françoise dedans. Oui, Yves avait bien entendu : Françoise porterait son blouson. La photo fut faite.
Et comme j’adorais les blousons noirs et les vêtements de cuir, je lui demandais s’il pouvait me le prêter aussi, à moi, pauvre inconnue sans aucune garantie de ne pas me voir disparaître avec. Et vous savez quoi ? Il me l’a prêté quelques jours, le temps de frimer à Assas, sauf que ça ne faisait pas de moi le genre de nana sur lesquels ces minets fantasmaient, et de demander à ma sister de me faire quelques photos avec. Je lui en fis aussi, d’ailleurs. Vous remarquerez que l’une fume et l’autre pas et c’est drôle de penser que nos principales chanteuses de l’époque yéyé étaient tellement sages. Aucune des icônes, Sylvie, Françoise, Sheila, France Gall plus tard, ne fumait, ne faisait de frasques, ne provoquait de mini-scandales mondains ou ne se dopait comme les petites Anglaises d’en face, comme le fera plus tard Jane, drogue exclue. Juste, elles portaient parfois un blouson noir.
Je n’ai pas pu résister à l’envie de le faire figurer sur la couverture de mon livre, recto-verso avec ça. Regardez bien, c’est écrit FIN, au dos, clouté à la main. La fin de quoi ? Sûrement pas la fin des haricots !

Texte © dominique cozette.

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La nana aux dreadlocks et l’homme masqué

22/04/2020 Comments off

Ce matin, pour aller faire mes courses, je traversais la place des Vosges. Sous les arcades, j’avise une femme de belle allure, svelte, vêtue d’une redingote cintrée et de leggins noirs, de grosses chaussures de sport, les chevilles nues grâce aux mini-soquettes. Elle a une belle chevelure très brune mi-longue tout en dreadlocks bien ordonnées autour d’un joli visage. Je sortais du soleil et, dans l’ombre des arcades, je n’avais pas remarqué un accessoire important près d’elle : une sorte de charrette faite d’un assemblage de trottinettes où étaient joliment amoncelés des pièces d’habillement de couleurs vives, plusieurs gourdes de métal et autres objets mal définis.
dans un élan d’empathie, je mets la main à mon sac et lui dis que je peux l’aider. Je comptais lui donner un billet.
- M’aider ?
- Oui, vous donner quelque chose car je donne plutôt aux femmes …
- (elle sourit) : Ah non, ce n’est pas la peine. Je n’ai besoin de rien.
Et là, je vois le désastre buccal : elle n’a plus que quelques dents espacées sur les mâchoires et c’est tellement dommage de voir les dégâts sur son beau physique. Je lui demande ce qui lui est arrivé, comment s »est-elle retrouvée dehors.
Elle me réponds, d’une jolie voix claire, avec les mots de quelqu’un de bonne culture, qu’elle vient de Bruxelles, qu’elle est médecin et qu’elle a décidé de s’intéresser aux personnes précaires.
- C’est courageux ! Et vous faites quoi ?
- Je regarde comment elles sont traitées. Les voitures qui n’y font pas attention, les gens aussi. Je suis avec elles, quoi.
- Mais vous faites quoi ? Vous écrivez ?
- Oui, j’ai des blogs.
- Ah, ça m’intéresse, je peux les consulter ?
- Vous savez, les blogs, ça tombe. Je suis médecin. Et si vous voulez savoir ce que j’écris, vous n’avez qu’à lire les articles de Michel Cymes. J’écris quelque chose et le lendemain, c’est Michel Cymes qui les met dans son journal.
- Vous voulez dire qu’il vous pille ?
- Oui, c’est ça, il me pille.
S’ensuivirent quelques propos dont je ne saisis pas bien le sens. Je lui ai ai souhaité une bonne journée tandis qu’elle choisissait quel foulard appliquer sur son visage.
Lorsque je suis revenue plus tard, elle avait tombé la redingote et portait un petit haut bien échancré qui mettait en valeur sa jolie silhouette…

Plus loin, un homme masqué s’efface pour me laisser entrer dans un passage. Je le remercie joyeusement et il me dit :
- C’est bizarre, quand même, ces façons de s’éviter, maintenant.
- Oui, drôle de mode, d’autant plus que je ne porte pas de masque puisqu’il n’y en a pas ! Je fais très attention !
Attendez, dit-il en ouvrant sa grande sacoche. J’y aperçois une grosse liasse de masques bleutés. Je commence par refuser, alors il me dit : je suis infirmier, ne vous inquiétez pas, ils sont propres et j’en ai beaucoup.
Merci l’infirmier. Me voici à la tête d’un deuxième masque à usage unique. Je n’oserai pas m’en servir…

 

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Parlons masque…

06/04/2020 Comments off

Paraît que ça va être obligatoire. Le masque. A défaut de pouvoir m’en procurer,  je vais porter ce masque, un authentique masque de Dali qu’il a offert à ma sœur en 1966. Parfaitement ! Cette année-là, mon père m’avait filé son énorme Beaulieu, six places, moteur V8, phare au plancher et changement de vitesses au volant, rutilante, un paquebot des routes et nous partîmes à quatre blondes, cap sud, à Cadaquès exactement, avec un chèque en blanc pour la location, un petit appartement avec vue sur la plage. A peine garée, sur qui tombé-je ? Sur Simon le philosophe rencontré  au bal de la Contrescarpe du 14 juillet ! Et que me m’annonce-t-il ? Qu’il se rend illico chez le Maïtrrrre Dali himself, alors que si ça m’amuse… Et comment donc !
Me voilà partie avec un vieux jeans coupé aux genoux et un T-shirt quelconque, le truc pour conduire à l’aise quoi. Nous arrivons à Port LLigat où l’ours géant nous accueille avant que le Maîtrrre nous prie d’entrer. Il est dans le patio avec Jean-Christophe Averty auquel il est fier de montrer son dernier chef d’œuvre géniââââl : un flacon de Vim cabossé sur lequel il a collé quelques mouches en plastoc. Magnifique ! dit l’homme aux bébés passés  à la moulinette.
Introduite dans le saint des seins et des godes (la chambre des gouines en offre une affriolante collection), je suis régulièrement invitée à ses soirées où ma jeune sœur et moi-même avons l’honneur de chanter deux trois chansons à la guitare et mon harmonica en do en haut d’un petit escalier blanc.
Un soir, tard, ma sœur, pas encore habituée au champagne, attrape ce masque sur un banc, qui sert à un film en tournage, et se met à déclamer le Roi des Aulnes en allemand. Vous savez : Wer reitet so spät durch Nacht and Wind… qu’on apprenait par cœur en allemand deuxième langue. Tout s’arrête, même Wagner, tout le monde regarde cette adolescente qui déclame sans vergogne du Goethe dans le texte… le Maîtrrrre, un peu amorti dans son fauteuil Emmanuelle, s’ébroue, il est ravi, il applaudit et pour la peine,  fait cadeau du masque à sa sister.
Non seulement on n’en fait pas un plat, mais surtout on en fait une lampe : facile, deux bouts de fil de fer, deux clous et l’ampoule nue de notre chambre prend la forme d’une créature inquiétante illuminée de l’intérieur. Et l’ampoule est chaude, ça crame le masque. Bon, tant pis. Et puis on va vivre notre vie, ma sœur met le masque avec d’autres vieilleries.  Puis, quand nos parents sont morts et qu’il nous faut vider la maison, nous tombons sur le masque de Dali, tout chiffonné, patiné. Ma sœur le jette comme tout le reste. Oh mais non, le masque de Dali quand même ! Et je le récupère. Et voilà des siècles que je le trimballe de maisons en maisons dans une jolie boîte, enveloppé de papier de soie.
Aujourd’hui où il est question de masques obligatoires, je veux le lui rendre mais refuse : Encore un fouilles en plus, merci bien ! Alors bon, je vais finir par le porter, je ne dis pas qu’il est très confortable, ni très seyant, si très approprié, mais c’est le masque de Dali, quand même !
(Si vous voulez me braquer pour en tirer une fortune, il ne vaut rien, il n’est même pas signé, je me suis déjà renseignée, vous pensez !)

PS : Jamais retrouvé Simon le Philosophe par la suite à Paris, un garçon charmant. Ce premier jour, il m’a raccompagnée à l’appart et pour le remercier, je l’ai fait monter, lui ai présenté mes sœurs et la copine et nous lui avons proposé un bon café. Car les trois blondes avaient vidé la voiture et fait les courses pendant ce temps-là. Un bon café, certes, à en juger par le sourire de connaisseur de Simon. Puis l’une de nous en avale une gorgée et recrache tout, dégoûtée : on ne savait pas que l’eau du robinet était saumâtre !

Texte et photo © dominique cozette

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Effet positif du virus : Gene est revenu !

17/03/2020 Comments off

C’est une photo agrandie 157 fois, au moins. La pelloche qui ne provient pas d’un rouleau 24×36 semble issue d’un vieux Kodak à soufflet mais je ne peux pas croire une seconde que je me suis pointée à l’Olympia en 63, au fameux Milk Shake Show avec cette antiquité et que j’ai photographié Gene Vincent avec ça.
Je profite du confinement pour trier un carton plein de négatifs non identifiés, ça marche — mal mais ça marche — sur mon vieux scan, après tu agrandis, tu fais pomme i pour avoir le positif, tu vas à donf sur le contraste et les courbes de corrections et, miracle ou pas, une image se fait péniblement jour. Et ce petit truc grisâtre d’un cm sur ma plaque négative blanche devient le grand Gene, enfin, si on veut car à ce show, il était sacrément chargé !
Ce show, ode au lait, était gratuit pour les yéyés qui avaient collectionné assez de capsules de bouteilles de lait. J’avais. Et j’étais dans les tout premiers rangs. Il y avait nombre de groupes choupinets comme les Pirates avec le mignon Dany Logan qui chantait « je bois du lait ». Qui d’autre ? Je ne sais plus. Sauf, bien sûr, the big one, le créateur de Be Bop A Lula, Eugene Vincent Craddock (oui, c’est son vrai nom), rescapé d’un terrible accident de voiture où est mort le non moins pionnier du rock et meilleur ami, Eddie Cochran, et dont lui, Gene, gardera les profonds stigmates sur une jambe. Une jambe raide, donc, sous son fute de cuir dont il a piqué l’idée à Vince Taylor qui était dans la voiture de derrière…
La salle est électrique, le rideau de l’entracte tarde à se lever, le suspense est à son comble quand soudain, le velours rouge frémit. Les New Blue Caps, ses musiciens, sont sur scène, waouh !!! et entament avec force énergie Say Mama. L’idole du rock se pointe en titubant vaguement, en boitant forcément, le cheveux gramouillé comme ça se faisait, le cuir noir luisant, la face blanchâtre. Il s’accroche au pied de micro comme un coronavirus au pékin moyen, inspire, ouvre la bouche et lance :
« Hey mama, don’t you treat me wrong
Come and love your daddy all night long
All right now, hey hey, all right »
qui est, comme chacun sait, l’immense succès de Ray Charles. Ce n’est pas Say Mama, composé par Gene himself et qui dit :
« Say Mama can I go out tonight?
Say Mama would it be all right?
They got a record party down the street
Say Mama cant you hear that beat
Whoaaaaaa »
et dont la grille harmonique est violemment différente.
D’où une sacrée cacophonie.
D’où gêne non pas de Gene mais des musiciens qui ne comprennent pas ce que le retour leur renvoie.
D’où un jeune homme de bonne famille, petit neveu de Bruno Coquatrix, monté de Melun pour voir le monstre, vêtu d’un costume cravate acheté sur les Grands Boulevards et chaussé de … hum, je m’égare. Un jeune homme qui vient tendrement arracher le rocker complètement stone du pied de micro et l’embarque dans la coulisse. Roulement de batterie, accord en 7ème 9ème plus diminuée et shuntée.
Rideau.

Une voix nous demande de rester assis, nous présente des excuses, nous informe que Gene étant fatigué, il doit se rétablir backstage, nous invite à aller dans le hall où nous seront offerts des milk-shakes dans des petites bouteilles avec paille en papier avant que le concert reprenne dans un court instant.
Il reprend une éternité après. Say Mama, Crazy legs, Blue jean bop, Lotta lovin etc… et finit en apothéose avec Be Bop a Lula.
j’ai fait mes quatre photos foireuses pendant ce tour de chant, celle que je vous présente est la seule regardable mais je suis bien contente de l’avoir sortie de son oubli grâce à la trêve covidienne qui s’annonce.
Et j’en profite pour vous glisser celle où je pose, à la sortie, avec ses fameux Blue Caps, des gens charmants, sur le boulevard des Capucines. Bénéficiant d’une pure lumière extérieur/jour, elle est plutôt réussie.
Très aimé du public français, Gégène est mort en 71 à seulement 36 ans. J’ai encore mes albums et 45 tours qui moisissent dans un grenier.
Texte et photos © dominique cozette

 

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La liberté d’importuner ? Et celle de ne pas l’être ?

10/01/2018 Comments off

J’ai bien sûr lu l’article du Monde « laisser aux homme la liberté d’importuner les femmes« , qui n’aurait rien de polémique s’il était le fait d’une personne, un coup de gueule quoi, mais il s’agit de la prise de position d’une pluralité de femmes, d’une sorte d’injonction à ne pas adhérer au mouvement actuel de libération de la parole des femmes venu de différentes nations. Elles citent tout ce qu’on a entendu dire ces dernières semaines sur le féminisme pur et dur, « puritain », qui nous renverrait vers des censures allant des peintures de Schiele, au licenciement d’un homme parce qu’il a effleuré le genou d’une femme. Ce qui, à ma connaissance, ne s’est pas passé en France.
Il va de soi qu’une femme « évoluée », qui tient une grande place dans la société et les medias, qui ne prend pas le métro quand il est bondé, qui n’est pas soumise à un petit chefaillon vaguement lubrique, qui n’a pas peur de perdre son salaire, qui n’a personne pour la protéger, qui voit une menace quand un relou l’importune et qui, si elle n’y répond pas fortement, clairement, féministement, peut entraîner sa responsabilité lors d’un « dérapage » subséquent, il va donc de soi que ces signataires ne sont, en vérité, que peu importunées. Ça reste un jeu de séduction*  comme il est dit dans l’article : « ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque. »
La tribune est clairement le credo de femmes libres, indépendantes, sans complexes, ayant appris à se défendre. Il est dit aussi : « une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d’être l’objet sexuel d’un homme, sans être une « salope » ni une vile complice du patriarcat ». Pourquoi n’ont-elles pas écrit : « une femme peut, dans la même journée, faire des ménages, travailler à la caisse chez Auchan, être au chômage (bon, allez : être graphiste, infirmière, exploitante agricole) et jouir d’être l’objet sexuel d’un homme, sans être une « salope » ni une vile complice du patriarcat ». Ça aurait marché aussi, le ridicule en plus, car qui dénie le droit de jouissance entre adultes consentants ? Il n’y a pas de camera dans les lieux privés ou coquins, que je sache.
Ce coup media me rappelle la tribune  qu’avaient signée les « 343 salauds pour le droit à la prostitution », qu’ils ont regrettée ensuite, après mûre réflexion.
Pour être claire, de mon point de vue, il n’y a aucun sens à « assurer aux hommes la liberté d’importuner » :  ceux qui savent le faire continueront (on a vu leurs réactions navrantes lors de l’affaire DSK), les autres resteront sobres et corrects. Il n’y a aucun sens à demander aux femmes (et aux législateurs) d’être plus cool : quand on t’emmerde (ça veut dire quand on t’importune, en poli), ça t’énerve, ce n’est pas excitant, ça peut te faire peur, ça peut aussi te faire craquer pour que cesse la pression (ce qui arrive souvent, bien sûr sans que la femme y prenne du plaisir).
Je propose donc une idée : que celles qui sont pour la liberté des hommes à les importuner portent un badge. Et qu’elles fichent la paix aux autres qui n’ont pas envie de ça.

* Etre importunée par des hommes n’est pas un jeu pour tout le monde. Je parle en connaissance de cause et confirme qu’on peut très bien être séduite et conquise par des hommes sans qu’ils n’aient besoin de nous importuner. C’est très simple, ça s’appelle le respect. Par ailleurs, je n’ai pas souvenir d’avoir cédé à un homme qui m’importunait. Mais c’est personnel.

Texte et illustration © dominique cozette

Categories: du vrai

Gloire aux petits bras !

25/12/2017 Comments off

On n’en parle jamais des petits bras fins. Les petites flûtes adolescentes. Les jeunes biscottos malingres. Quel poète, quel aède, quel chantre a osé dire à une jeune fille qu’elle avait des bras ravissants ? Sans le risque d’une baffe car un tel éloge pourrait sous-entendre que le tout reste, yeux, bouche, seins, nuque, taille, hanches, fesses, jambes, chevilles, oreilles, pieds, voix, nez etc… est vaguement daubé.
Donc, les petits bras …

Oui, les bras d’adolescentes montées en graine, ces brindilles maigrelettes, voire anorexiques so Eléonore Klarwein, diaboliquement menthe !
Puis qui  s’épaississent doucement pour passer au stade Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Audrey Tautou,…
Et puis, il y a les très honnêtes bras des créatures ensorcelantes, les femmes femmes exhibant leur moelleux rondelé, comme celui des cuisses, des seins, de la petite couche de graisse ventrale. C’est joli aussi mais c’est alors plus Romy Schneider, Sophie Marceau.
A l’heure où les petites nanas farfouillent pour dégotter la chouette robe dénudée qui va mettre en valeur en cette fin d’année leurs juvéniles humérus, les ex-ex-ex-petites-nanas-baby-boomeuses vont s’emmitoufler dans un plaid 100% cachemire à 425 € chez Merci ou 9,99 chez Toupourien (garanti bourré d’électricité statique) pour roupiller devant les multiples bêtisiers censés leur faire finir l’année dans une cascade de rires à bouche que veux-tu (moi ? … non, non, rien… faut juste que j’aie le courage de me sortir de mon Cinna / mon Clic-clac pour aller au lit), on peut se poser la question : pourquoi les petits bras ne sont pas plus chantés, honorés, fêtés, focusés, comme le seul (et rare) gage de fraîche jeunesse de son innocente propriétaire ?
Oui pourquoi ? Je pose la question.
Quelques égéries, largement dépassés les 50, 60 balais mais conscientes du pouvoir d’attraction d’un tel morceau de roi, ont su le garder maigre, le gringalet, telles Arielle D., Karen Ch. ou encore madame la première dame, qui n’hésitent jamais à porter une petite robe sans manches — sans manches mesdames et messieurs — et à continuer d’exhiber cet endroit du corps que je ne saurais voir sans un frisson de terreur dans l’hypothèse d’un éclairage imparfait ou d’un soleil ruisselant au zénith : gare alors au terrible effet chauve-souris ou à la rédhibitoire ridularité de ce petit spot intime qui ne devrait jamais sortir nu en ville à l’âge canonique, toujours fixé à 40 ans même si on est encore canon à cet âge, mes bien chères sœurs.
(Il paraît que ça se peut se dégraisser ou lifter mais il ça coûte un bras.)

Si cet article vous a passionné(e)s, je vous parlerai prochainement de la taille des oreilles qui s’accroît avec l’âge.

Texte © dominique cozette.

Categories: du vrai

Enorme ! J’ai bossé près d’un cacabeurk !

16/09/2017 un commentaire

En réorganisant ma bibliothèque, je tombe sur FCA 85, un livre qu’avait fait faire Jean Feldman pour promouvoir son agence. Il avait fait monter un mini studio de photo dans l’agence pour tirer le portrait de tous les collaborateurs. Tout le monde y est, du coursier au PDG, en passant par le chien de l’acheteuse d’art ! Comme son nom commence par Z, il est à la dernière  face au chien Kodak, la mascotte. Je n’en crois pas mes yeux ! Comment ? Eric Zemmour ???? Eric Zemmour aurait bossé comme chef de pub dans mon agence et on ne m’aurait rien dit  ! Eric Zemmour aurait pris le même ascenseur ! Eric Zemmour m’aurait même peut-être adressé la parole ! J’aurais partagé de l’air avec Eric Zemmour ! C’est énorme ! Mais que ne l’ai-je écrasé d’un coup de talon de mes Santiags, comme un nuisible qu’il est ! Pourquoi l’avoir laissé vivre ! Incroyable !!!
Remarquez, je ne m’en souviens pas du tout. Il est passé dans ma vie professionnelle de façon aussi discrète qu’une chiure de mite à l’autre bout de Paris. A l’époque l’agence avait déménagé à Suresnes, on venait de la rue du Louvre, pas loin de la Cloche d’Or (un fameux bar à vins), de la première boutique d’agnès b. et du pied du cochon. Voyez l’ambiance. Il fallait que nous retrouvassions nos marques (que pour ma part, je n’ai jamais retrouvées, je suis repartie assez vite dans une agence des Halles). Alors Eric Zemmour et ses petits dossiers clients et ses petits tickets resto et ses petites chaussures pointues, voyez comme je m’en tapais.
Pour être bien sûr que c’était LE Eric Zemmour haïssable que nous connaissons, j’ai vérifié son CV sur le net. Hé bien rien sur la pub. Sa carrière  commence après, à un âge pas si jeune. Il a tout gommé le traitre. Mais cette photo, réalisée par Alain Vivier, très bon portraitiste inconnu du Web, apparaît dans son tronchoscope, sans commentaire.
C’est tout ce que j’avais à dire sur le charisme avorté de cet individu. Un(e) ex- FCA se souvient-il/elle de lui ? A-t-il au moins dépassé le stade de la période d’essai ? En tout cas, pas le stade sadique anal !
Pour vous montrer comme je ne regardais pas les cacabeurks, je vous joins ma photo parue dans le livre. J’étais équipée des célèbres Wayfarer qui filtrent les saletés et autres indésirables. Je ne les quittais pas du nez. Ceci explique cela.

 

 

 

 

 

 

 

Photos Alain Vivier. Texte © dominique cozette

 

 

 

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Au secours ! Le maillot au crochet revient !!!

22/05/2017 Comments off

Ah, le retour des vieilleries de notre jeunesse ! Ces superbes maillots triangulaires tricotés main – tricotés cœur qui ont fait les belles émotions des années 70, dites années hippies, où le poil avait encore droit de cité. Oui, car il faut savoir qu’à cette belle époque où on se baladait volontiers à poil sur les plages, on avait des poils, du petit minou blondinet au tablier de sapeur noir et dru en passant par les mauvaises herbes qui s’échappaient du maillot.

Parfois, on l’enfouissait sous un triangle crocheté selon un patron du magazine 100 idées. Qu’a t-on crocheté comme bidules, du boléro à franges (photo) au jeté de lit fait de petits carreaux… et des gilets pour bébés style paillassons doux  (photo) dont ils attrapaient de leurs petits doigts gluants les brins de laines pour les mettre à la bouche — je ne parle pas du tapitouf qui, lui, relevait d’une autre technique.

Ces bikinis donc, tellement ajourés, alourdis par l’eau salée, qu’ils laissaient passer les tétons durcis par la brise atlantique et les poils pubiens du plus bel effet lorsque vus à contre-soleil. Magnifique !
Mais aujourd’hui, les poils sont morts et les chattes sont glabres. Rien ne sera plus pareil !

Texte et photos © dominique cozette sauf les photos maillots trouvés sur internet.

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Les photos insoutenables

02/02/2016 Comments off

Quand j’étais petite ou jeune, ou les deux, ont commencé à paraître, dans Paris-Match que mon père rapportait à la maison, d’insoutenables photos de petits enfants d’Afrique maigres avec un gros ventre. Des yeux immenses parfois bordés de quelques mouches. Des restes de bave ou de terre séchée aux commissures des lèvres. Et des femmes, tout aussi maigres, essayant d’allaiter de leurs seins secs, des petits corps déjà partis sur l’autre rive.
C’était extrêmement choquant. Nous étions fascinés par ces images tellement elles étaient incroyables.
Nous ne savions pas pourquoi les enfants qui meurent de faim ont un gros ventre. Nous ne comprenions pas pourquoi le photographe ne leur avait pas apporté quelque chose à manger. Nous avions peine à imaginer comment un pays nanti comme la France n’envoyait pas plus de vivres à tous ces pauvres êtres. Oui, bien sûr, on en envoyait. Est-ce qu’ils arrivaient, est-ce qu’ils étaient distribués, est-ce que des vies étaient sauvées ?
Et alors est née une antienne lorsque nous faisions les difficiles, à table. C’était : tu vas me faire le plaisir de finir ton assiette ! Tu as vu tous ces petits enfants qui meurent de faim ? Tu ne crois pas qu’ils aimeraient manger ça ?  On voulait nous faire honte. Comme si le fait de ne pas finir nos épinards ou notre côte de porc avait un quelconque rapport avec le gros ventre de ces pauvres victimes d’un monde déjà bien déréglé. En même temps, je me demandais comment on pouvait envoyer des restes de haricot de mouton ou de blanquette à des petits Africains.
Aujourd’hui où on gaspille autant qu’on achète, ça c’est une vraie honte, d’autres photos insoutenables paraissent aux infos, sur les réseaux sociaux. Dont une, icônique, celle du petit Eylan mort noyé sur une plage avec d’autres réfugiés syriens. Cette photo insoutenable dont on peut se demander pourquoi on en est arrivés là, à laisser chavirer de pauvres embarcations, à laisser se noyer des victimes de guerre qui n’ont plus de maison pour y vivre. Dont la ville est devenue un tas de pierres et de pans de murs parfois traversés par un tir de combattant.
Il y a eu le petit Eylan, il y en a eu tant et plus, et ça continue, c’est l’hiver, la mer est mauvaise et l’eau est froide, mais les réfugiés continuent à risquer leur vie pour ne pas se faire tuer dans leur pays devenu invivable. Et les petits Eylan continuent à accoster, sans vie, sans souffle, sans passé, sans rien.
Oui, c’est insoutenable. Ai Weiwei, artiste chinois a pris la même pose dans son rôle d’artiste engagé —  je ne sais quoi en penser — toujours est-il que  les photos insoutenables, quelles qu’elles soient, deviennent très vite de simples images ordinaires charriées par l’actu insensible et l’inexorable flots des misères du monde.
Quant aux petits enfants à gros ventre et aux mouches autour des yeux, ils n’ont pas disparu. Ils se sont juste banalisés.

Texte et peinture © dominique cozette

Categories: du vrai

Et les blessés ? Bof, les blessés…

14/01/2016 Comments off

La gueule arrachée, Philippe Lançon fait partie des rescapé de la tuerie de Charlie Hebdo. Chaque semaine, il continue à écrire dans Charlie, oh pas pour se faire plaindre. N’empêche, en suivant la lente reconstruction de son visage et de sa mâchoire en charpie, il nous donne à voir ce que les rescapés d’attentats endurent pendant de longs moi et souvent de longues années. Un sacré chemin de croix. Et vous savez quoi ? Rien n’a été prévu pour eux dans la « joyeuse » foire aux commémorations diverses. Il le dit dans son dernier article, il dit ça pour montrer comment lui et les autres, ces gens-là, les blessés, les rescapés, les survivants, ni morts ni vivants donc coupables de quelque chose, ont disparu de la mémoire collective, des listings, des gens intéressants, broyés une deuxième fois, méprisés, humiliés car, pour ceux qui l’auraient désiré, ils auraient été obligés de réclamer une petite part de survivance, une modeste présence. Ah, merde, revoilà les pleureurs, les quémandeurs !
Lançon est sobre, il n’a pas mis de colère dans son article, c’est moi qui le fais. Hier, dans C à vous, le seul blessé du stade de France (où il y a eu un mort), gravement blessé, regrette amèrement cet oubli « on est traités comme des chiens », dit-il les larmes aux yeux, comme si on n’existait plus. On ne lui a rien proposé à lui non plus. On les oublie, on les traite avec désinvolture, c’est d’une violence inouïe.
Lui, Philippe Lançon, qui passe le plus clair de son temps à l’hosto pour des greffes, des transplantations, des opérations de ravalement et de restauration, n’aurait pas eu envie d’aller commémorer le 7 janvier.
Mais on ne lui a rien demandé, on ne l’a invité nulle part, il n’a donc rien refusé. Il n’a pas envie d’en parler encore et encore, il a besoin de calme, de tranquillité et de jolies choses. Alors, avec son frangin et deux potes, il est allé à Trouville manger des moules, boire du vin et du champagne, sentir le vent ensoleillé de la plage, à côté d’une affiche de Savignac  pour un festival de l’humour où il était écrit « ils sont tous venus. On ne les oubliera pas ». Ça l’a beaucoup fait rire, affirme t-il, entre deux bouchées de tarte aux pommes qu’il peut enfin manger.
Ce très bel article n’est pas en ligne, alors lisez-le dans le Charlie de cette semaine.

Deux personnes dont les filles sont mortes le 13 novembre, ont créé une association, 13 novembre: fraternité et vérité (lien article du Monde ici) pour toutes les victimes des attentats, qu’elles soient blessées, proches, oubliées…

texte © dominique cozette. Affiche © Savignac

 

 

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Je suis con et j’aime ça

12/01/2015 2 commentaires

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Le jour où j’ai trouvé un diams

28/08/2014 Comments off

On se disait qu’on se paierait un voyage en Californie, ou qu’on changerait la voiture, ou qu’on referait la salle de bain. Oui, je sais, c’est assez petit-bras comme envie mais je n’ai aucune notion du prix d’un gros diamant.  Un gros diamant éclatant trouvé dans les cailloux par mon époux qui adore passer le râteau dans le jardin.
Dimanche à l’apéro du village, le vieux bijoutier retraité l’a examiné à l’œil presque nu puisque chaussé de lunettes. Cherchant à savoir si la monture était en or blanc ou en argent. Il trouvait que le sertissage n’était pas tout à fait assez top pour un gros diamant comme ça, mais trop top pour un faux.
On ne sait jamais, ce n’est pas impossible, mais ne rêvez pas, nous a-t-il conseillé. Venez me voir chez moi, cette semaine !
Alors je l’ai rangé en attendant de savoir.
Donc une nouvelle voiture plus le voyage plus les travaux, peut-être. Ou encore plus. Et les enfants avec leur toit à refaire ! On verra bien.
Lundi, c’était branle-bas de combat à la maison, les amis qui repartent à Paris, les enfants et leurs kids aussi, à tout boucler, ne rien oublier et à conduire à la gare. Et divers autres tâches.
Hier à Avignon, les bijoutiers étaient fermés à l’heure où nous sommes passés.
Alors aujourd’hui, nous sommes allés chez ce modeste bijoutier qui, avec un appareil tout bête, peut diagnostiquer la chose.
C’est un vrai, a-t-il lancé, après avoir piqué mon diamant de sa petite électrode. Il parlait de celui que j’avais au doigt, un petit, bague de ma GM puis de ma mère. Vous voyez, ça marche bien, cet appareil. Regardez, ça marche aussi avec cette aigue-marine. Et puis aussi cette petite pierre.
Bref, l’appareil était en état de marche. J’avais ma grosse pierre dans la main et pas trop envie de savoir si c’en était ou pas. J’aime bien espérer. Je n’aime pas être déçue.
Alors il l’a prise dans ses vieux doigts noueux, a planté la petite aiguille sur la pierre. Un mouvement de faible amplitude s’est produit sur le vu-mètre. Trop petite amplitude. Il a répété l’examen trois fois pour être sûr : c’était juste un très beau zircon, très finement ouvragé, très lumineux. Mais un diamant, point.
Samedi, mon mec amène la vieille caisse chez Leclerc Centre Auto pour changer les amortisseurs.
Mais en tout cas, c’est de l’or, a-t-il précisé à l’aide d’un autre bidule.
On n’aura pas tout perdu.
Il a ajouté le petit embout en or pour que la boucle d’oreille tienne.
Mon époux, qui est un bon bricoleur, s’apprête à me percer le lobe avec une mèche de deux. Mais je me tâte : le lobe gauche ou le lobe droit ?

Texte et illustration © dominique cozette

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Je te promets, je rentrerai tôt, le soir …

04/06/2014 Comments off

Comment lui en vouloir ? Quand on voit le nombre de types qui pratiquent le présentéisme dans leurs boîtes !
Présentéisme, oui.
Il y a quelques temps, je les voyais très souvent jouer aux fléchettes le soir quand il n’y avait aucune réunion. Pas question de rentrer tôt, d’aider sa femme à torcher les mômes ou faire la bouffe. Et puis, ils auraient eu l’air de quoi, dans la pub, de préférer rejoindre bobonne plutôt que de rester là, entre amis, décontractés du gland de leurs mocassins…
Aujourd’hui, je suppose qu’ils sont sur Internet, à faire je ne sais quoi, prétextant réunions tardives, max de boulot, clients stressants, fournisseurs nases.
J’ai eu un patron de pub chez FCA, prénommé Jean, pour les initiés, qui décourageait cette attitude. Il nous poussait dehors, nous incitant à rejoindre femmes, maris, amoureux et enfants, jugeant que nous étions mal organisés si nous faisions des heures sup. Beaucoup d’entreprises étrangères raisonnent d’ailleurs de cette façon, voyant d’un mauvais oeil les traînards de bureaux.

Un récent article de Libé montre que la participation des hommes aux tâches ménagères  s’est accrue de 7 minutes (sept, oui) en 20 ans (vingt ans, oui). Si les choses évoluent au même rythme, l’égalité domestique sera atteinte … en 2460.
Vaut-ce le coup d’attendre ?

Je vous raconte ça pour illustrer mon dessin. Je ne travaille plus en boîte. D’ailleurs, à l’époque, je n’avais pas de mari qui pratiquait ce genre d’imposture. Ça n’aurait pas marché, dit-elle en secouant la tête de gauche à droite.

 

Texte et dessin © dominique cozette
d’après l’article de François Fatoux, membre du laboratoire de l’égalité.

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Grouillons, grouillons !

02/12/2013 un commentaire

Les tenants de l’hyper économie, du tout partout, du toujours ouvert, du boulot 24/24 7/7, de la croissance à tout prix, de l’aide  totale à la reprise avec suppression de toutes taxes, impôts et contributions, sont probablement des jésusophiles dont la parole s’appliquerait bien à leur desiderata : croissez et multipliez. A l’époque, il devait y avoir 5 millions d’habitants sur la planète, enfin j’en sais rien, c’est une hypothèse. Il y avait des places pour garer ses boeufs, le chômage n’existait pas puisque le sale boulot était assuré par les esclaves, la démocrate battait son plein avec le tirage au sort des édiles, la terre était cultivée selon une tradition ancestrale, les animaux paissaient et broutaient dans de grands espaces avant que d’être abattus proprement.
Le commerce marchait tranquillement, le marketing c’était juste de savoir si la mère machin et le père truc achèteraient une oie ou une pintade, et, quand le temps le permettait, on allait tous ensemble voir les jeux du cirque.
Aujourd’hui, ce que les politiques de tout poil, les responsables des grands groupes internationaux, les boursicoteurs et nous-mêmes qui mettons nos économies sur des produits financiers dont on espère qu’ils amélioreront notre pouvoir d’achat, demandent/exigent/souhaitent, c’est la croissance. La croissance, la croissance, la croissance !!! On n’entend que ça. Allez hop !  Croissons… Que ça grouille de voitures partout tout le temps, que ça grouille de monde dans les zones de chalandise sans interruption, que rien ne s’oppose à l’achat de n’importe quel produit de n’importe quelle façon, que la concurrence soit la plus âpre possible entre toutes les productions pour être sûr d’avoir le moins cher, que le produit juste lancé soit aussi sec dans mon caddy car je dois être le premier à l’avoir même si je sais que demain il sera complètement ringard, que l’aménagement du scolaire permette à tous de profiter de la mer, de la neige, des voyages, que d’ailleurs les avions soient de plus en plus fréquents, de plus en plus gros, de plus en plus nombreux pour permettre à TOUS d’aller partout, que les bateaux de croisière soient de plus en plus énormes pour offrir tout ce dont on rêve sur la mer mais de moins en moins cher donc de plus en plus concurrentiels, que tous les pays du monde puissent construire vite les installations olympiques et footballistiques avec infrastructures d’accueil concommitantes même si ça ne sert qu’une fois… etc, vous savez tout ça.
Vous avez appris qu’Amazon venait d’annoncer que bientôt vous serez livré par drone. En voilà une idée, qu’elle est chouette ! Donc nous serons bientôt envahis de milliers d’engins volants qui viendront obscurcir notre ciel, troubler le silence de nos nuits, voire se percuter au-dessus de nos têtes. Car on ne voit pas pourquoi une seule entreprise aurait le monopole du ciel, de l’urgence, de la course à l’échalote.
Alors, grouillons, grouillons, y a pas une minute à perdre, pas un espace à garder. Tout sera dans tout et réciproquement. Et, c’est promis, il n’y aura plus de frustrés, de malheureux et d’aigris. De nouveau, la vie sera belle. Chouette, chouette et rechouette !

Texte © dominique cozette. Photo faite à la FIAC 2013.

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Laisse-moi te taper et on après on ira chez les flics, salope !

30/08/2013 un commentaire

- Laisse-toi faire, chienne, et après on ira chez les flics, allez, retire tes bras !
- Oui mais tu dis toujours ça ! Aïe ! Et quand tu m’as défoncé la tronche, aïe ! tu te défiles à chaque fois, aïe !
- Tu me traites de menteur, salope, tiens prends-ça !!!
- Aïe ! Mais après tu m’accompagnes chez les aïe ! flics, pour que je puisse porter aïe ! plainte ! Tu promets ? aïe !
- Puisque je te le dis, chienne ! Tiens, paf, pour t’apprendre à douter de moi !
- Aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe ! Allez, on y va, j’en peux plus !
- Moi non plus, j’en peux plus, connasse ! Tu crois ça m’amuse de te frapper ? Ça me crève, ça m’épuise, sale conne, tiens, encore celle-la !
- Aïe ! Allez, s’il te plaît, allez…
- Oh ! Arrête avec ça ! Tiens !  Tu crois que j’ai que ça à foutre d’aller chez les flics ?
- Tu avais promis ! Ouille !
- Je fais ce que je veux quand je veux, saloperie. Tiens, attrape celle-là !
- Tu m’as encore fracturé le nez …Aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !

Bref, une scène de ménage comme il y en aura beaucoup en Arabie Saoudite. Car depuis quelques jours, cela ne vous a pas échappé, la violence sur les femmes et les enfants sort du cadre privé. Oui, dorénavant, elles peuvent porter plainte pour violences conjugales. C’est énorme !
Sauf qu’il faut que leur mari (ou leur tuteur) soit d’accord pour les accompagner dans cette démarche. Comme ce sont des braves types, si, si, ils ne vont pas se faire prier. Ainsi, la vie de milliers de femmes va réellement être transformée ! Heureux pays !

C’est mieux dit ici.

Texte et image © dominique cozette

Categories: du vrai