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Archives pour la catégorie ‘du vrai’

Au secours ! Le maillot au crochet revient !!!

22/05/2017 Comments off

Ah, le retour des vieilleries de notre jeunesse ! Ces superbes maillots triangulaires tricotés main – tricotés cœur qui ont fait les belles émotions des années 70, dites années hippies, où le poil avait encore droit de cité. Oui, car il faut savoir qu’à cette belle époque où on se baladait volontiers à poil sur les plages, on avait des poils, du petit minou blondinet au tablier de sapeur noir et dru en passant par les mauvaises herbes qui s’échappaient du maillot.

Parfois, on l’enfouissait sous un triangle crocheté selon un patron du magazine 100 idées. Qu’a t-on crocheté comme bidules, du boléro à franges (photo) au jeté de lit fait de petits carreaux… et des gilets pour bébés style paillassons doux  (photo) dont ils attrapaient de leurs petits doigts gluants les brins de laines pour les mettre à la bouche — je ne parle pas du tapitouf qui, lui, relevait d’une autre technique.

Ces bikinis donc, tellement ajourés, alourdis par l’eau salée, qu’ils laissaient passer les tétons durcis par la brise atlantique et les poils pubiens du plus bel effet lorsque vus à contre-soleil. Magnifique !
Mais aujourd’hui, les poils sont morts et les chattes sont glabres. Rien ne sera plus pareil !

Texte et photos © dominique cozette sauf les photos maillots trouvés sur internet.

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Les photos insoutenables

02/02/2016 Comments off

Quand j’étais petite ou jeune, ou les deux, ont commencé à paraître, dans Paris-Match que mon père rapportait à la maison, d’insoutenables photos de petits enfants d’Afrique maigres avec un gros ventre. Des yeux immenses parfois bordés de quelques mouches. Des restes de bave ou de terre séchée aux commissures des lèvres. Et des femmes, tout aussi maigres, essayant d’allaiter de leurs seins secs, des petits corps déjà partis sur l’autre rive.
C’était extrêmement choquant. Nous étions fascinés par ces images tellement elles étaient incroyables.
Nous ne savions pas pourquoi les enfants qui meurent de faim ont un gros ventre. Nous ne comprenions pas pourquoi le photographe ne leur avait pas apporté quelque chose à manger. Nous avions peine à imaginer comment un pays nanti comme la France n’envoyait pas plus de vivres à tous ces pauvres êtres. Oui, bien sûr, on en envoyait. Est-ce qu’ils arrivaient, est-ce qu’ils étaient distribués, est-ce que des vies étaient sauvées ?
Et alors est née une antienne lorsque nous faisions les difficiles, à table. C’était : tu vas me faire le plaisir de finir ton assiette ! Tu as vu tous ces petits enfants qui meurent de faim ? Tu ne crois pas qu’ils aimeraient manger ça ?  On voulait nous faire honte. Comme si le fait de ne pas finir nos épinards ou notre côte de porc avait un quelconque rapport avec le gros ventre de ces pauvres victimes d’un monde déjà bien déréglé. En même temps, je me demandais comment on pouvait envoyer des restes de haricot de mouton ou de blanquette à des petits Africains.
Aujourd’hui où on gaspille autant qu’on achète, ça c’est une vraie honte, d’autres photos insoutenables paraissent aux infos, sur les réseaux sociaux. Dont une, icônique, celle du petit Eylan mort noyé sur une plage avec d’autres réfugiés syriens. Cette photo insoutenable dont on peut se demander pourquoi on en est arrivés là, à laisser chavirer de pauvres embarcations, à laisser se noyer des victimes de guerre qui n’ont plus de maison pour y vivre. Dont la ville est devenue un tas de pierres et de pans de murs parfois traversés par un tir de combattant.
Il y a eu le petit Eylan, il y en a eu tant et plus, et ça continue, c’est l’hiver, la mer est mauvaise et l’eau est froide, mais les réfugiés continuent à risquer leur vie pour ne pas se faire tuer dans leur pays devenu invivable. Et les petits Eylan continuent à accoster, sans vie, sans souffle, sans passé, sans rien.
Oui, c’est insoutenable. Ai Weiwei, artiste chinois a pris la même pose dans son rôle d’artiste engagé —  je ne sais quoi en penser — toujours est-il que  les photos insoutenables, quelles qu’elles soient, deviennent très vite de simples images ordinaires charriées par l’actu insensible et l’inexorable flots des misères du monde.
Quant aux petits enfants à gros ventre et aux mouches autour des yeux, ils n’ont pas disparu. Ils se sont juste banalisés.

Texte et peinture © dominique cozette

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Et les blessés ? Bof, les blessés…

14/01/2016 Comments off

La gueule arrachée, Philippe Lançon fait partie des rescapé de la tuerie de Charlie Hebdo. Chaque semaine, il continue à écrire dans Charlie, oh pas pour se faire plaindre. N’empêche, en suivant la lente reconstruction de son visage et de sa mâchoire en charpie, il nous donne à voir ce que les rescapés d’attentats endurent pendant de longs moi et souvent de longues années. Un sacré chemin de croix. Et vous savez quoi ? Rien n’a été prévu pour eux dans la « joyeuse » foire aux commémorations diverses. Il le dit dans son dernier article, il dit ça pour montrer comment lui et les autres, ces gens-là, les blessés, les rescapés, les survivants, ni morts ni vivants donc coupables de quelque chose, ont disparu de la mémoire collective, des listings, des gens intéressants, broyés une deuxième fois, méprisés, humiliés car, pour ceux qui l’auraient désiré, ils auraient été obligés de réclamer une petite part de survivance, une modeste présence. Ah, merde, revoilà les pleureurs, les quémandeurs !
Lançon est sobre, il n’a pas mis de colère dans son article, c’est moi qui le fais. Hier, dans C à vous, le seul blessé du stade de France (où il y a eu un mort), gravement blessé, regrette amèrement cet oubli « on est traités comme des chiens », dit-il les larmes aux yeux, comme si on n’existait plus. On ne lui a rien proposé à lui non plus. On les oublie, on les traite avec désinvolture, c’est d’une violence inouïe.
Lui, Philippe Lançon, qui passe le plus clair de son temps à l’hosto pour des greffes, des transplantations, des opérations de ravalement et de restauration, n’aurait pas eu envie d’aller commémorer le 7 janvier.
Mais on ne lui a rien demandé, on ne l’a invité nulle part, il n’a donc rien refusé. Il n’a pas envie d’en parler encore et encore, il a besoin de calme, de tranquillité et de jolies choses. Alors, avec son frangin et deux potes, il est allé à Trouville manger des moules, boire du vin et du champagne, sentir le vent ensoleillé de la plage, à côté d’une affiche de Savignac  pour un festival de l’humour où il était écrit « ils sont tous venus. On ne les oubliera pas ». Ça l’a beaucoup fait rire, affirme t-il, entre deux bouchées de tarte aux pommes qu’il peut enfin manger.
Ce très bel article n’est pas en ligne, alors lisez-le dans le Charlie de cette semaine.

Deux personnes dont les filles sont mortes le 13 novembre, ont créé une association, 13 novembre: fraternité et vérité (lien article du Monde ici) pour toutes les victimes des attentats, qu’elles soient blessées, proches, oubliées…

texte © dominique cozette. Affiche © Savignac

 

 

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Je suis con et j’aime ça

12/01/2015 2 commentaires

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Le jour où j’ai trouvé un diams

28/08/2014 Comments off

On se disait qu’on se paierait un voyage en Californie, ou qu’on changerait la voiture, ou qu’on referait la salle de bain. Oui, je sais, c’est assez petit-bras comme envie mais je n’ai aucune notion du prix d’un gros diamant.  Un gros diamant éclatant trouvé dans les cailloux par mon époux qui adore passer le râteau dans le jardin.
Dimanche à l’apéro du village, le vieux bijoutier retraité l’a examiné à l’œil presque nu puisque chaussé de lunettes. Cherchant à savoir si la monture était en or blanc ou en argent. Il trouvait que le sertissage n’était pas tout à fait assez top pour un gros diamant comme ça, mais trop top pour un faux.
On ne sait jamais, ce n’est pas impossible, mais ne rêvez pas, nous a-t-il conseillé. Venez me voir chez moi, cette semaine !
Alors je l’ai rangé en attendant de savoir.
Donc une nouvelle voiture plus le voyage plus les travaux, peut-être. Ou encore plus. Et les enfants avec leur toit à refaire ! On verra bien.
Lundi, c’était branle-bas de combat à la maison, les amis qui repartent à Paris, les enfants et leurs kids aussi, à tout boucler, ne rien oublier et à conduire à la gare. Et divers autres tâches.
Hier à Avignon, les bijoutiers étaient fermés à l’heure où nous sommes passés.
Alors aujourd’hui, nous sommes allés chez ce modeste bijoutier qui, avec un appareil tout bête, peut diagnostiquer la chose.
C’est un vrai, a-t-il lancé, après avoir piqué mon diamant de sa petite électrode. Il parlait de celui que j’avais au doigt, un petit, bague de ma GM puis de ma mère. Vous voyez, ça marche bien, cet appareil. Regardez, ça marche aussi avec cette aigue-marine. Et puis aussi cette petite pierre.
Bref, l’appareil était en état de marche. J’avais ma grosse pierre dans la main et pas trop envie de savoir si c’en était ou pas. J’aime bien espérer. Je n’aime pas être déçue.
Alors il l’a prise dans ses vieux doigts noueux, a planté la petite aiguille sur la pierre. Un mouvement de faible amplitude s’est produit sur le vu-mètre. Trop petite amplitude. Il a répété l’examen trois fois pour être sûr : c’était juste un très beau zircon, très finement ouvragé, très lumineux. Mais un diamant, point.
Samedi, mon mec amène la vieille caisse chez Leclerc Centre Auto pour changer les amortisseurs.
Mais en tout cas, c’est de l’or, a-t-il précisé à l’aide d’un autre bidule.
On n’aura pas tout perdu.
Il a ajouté le petit embout en or pour que la boucle d’oreille tienne.
Mon époux, qui est un bon bricoleur, s’apprête à me percer le lobe avec une mèche de deux. Mais je me tâte : le lobe gauche ou le lobe droit ?

Texte et illustration © dominique cozette

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Je te promets, je rentrerai tôt, le soir …

04/06/2014 Comments off

Comment lui en vouloir ? Quand on voit le nombre de types qui pratiquent le présentéisme dans leurs boîtes !
Présentéisme, oui.
Il y a quelques temps, je les voyais très souvent jouer aux fléchettes le soir quand il n’y avait aucune réunion. Pas question de rentrer tôt, d’aider sa femme à torcher les mômes ou faire la bouffe. Et puis, ils auraient eu l’air de quoi, dans la pub, de préférer rejoindre bobonne plutôt que de rester là, entre amis, décontractés du gland de leurs mocassins…
Aujourd’hui, je suppose qu’ils sont sur Internet, à faire je ne sais quoi, prétextant réunions tardives, max de boulot, clients stressants, fournisseurs nases.
J’ai eu un patron de pub chez FCA, prénommé Jean, pour les initiés, qui décourageait cette attitude. Il nous poussait dehors, nous incitant à rejoindre femmes, maris, amoureux et enfants, jugeant que nous étions mal organisés si nous faisions des heures sup. Beaucoup d’entreprises étrangères raisonnent d’ailleurs de cette façon, voyant d’un mauvais oeil les traînards de bureaux.

Un récent article de Libé montre que la participation des hommes aux tâches ménagères  s’est accrue de 7 minutes (sept, oui) en 20 ans (vingt ans, oui). Si les choses évoluent au même rythme, l’égalité domestique sera atteinte … en 2460.
Vaut-ce le coup d’attendre ?

Je vous raconte ça pour illustrer mon dessin. Je ne travaille plus en boîte. D’ailleurs, à l’époque, je n’avais pas de mari qui pratiquait ce genre d’imposture. Ça n’aurait pas marché, dit-elle en secouant la tête de gauche à droite.

 

Texte et dessin © dominique cozette
d’après l’article de François Fatoux, membre du laboratoire de l’égalité.

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Grouillons, grouillons !

02/12/2013 un commentaire

Les tenants de l’hyper économie, du tout partout, du toujours ouvert, du boulot 24/24 7/7, de la croissance à tout prix, de l’aide  totale à la reprise avec suppression de toutes taxes, impôts et contributions, sont probablement des jésusophiles dont la parole s’appliquerait bien à leur desiderata : croissez et multipliez. A l’époque, il devait y avoir 5 millions d’habitants sur la planète, enfin j’en sais rien, c’est une hypothèse. Il y avait des places pour garer ses boeufs, le chômage n’existait pas puisque le sale boulot était assuré par les esclaves, la démocrate battait son plein avec le tirage au sort des édiles, la terre était cultivée selon une tradition ancestrale, les animaux paissaient et broutaient dans de grands espaces avant que d’être abattus proprement.
Le commerce marchait tranquillement, le marketing c’était juste de savoir si la mère machin et le père truc achèteraient une oie ou une pintade, et, quand le temps le permettait, on allait tous ensemble voir les jeux du cirque.
Aujourd’hui, ce que les politiques de tout poil, les responsables des grands groupes internationaux, les boursicoteurs et nous-mêmes qui mettons nos économies sur des produits financiers dont on espère qu’ils amélioreront notre pouvoir d’achat, demandent/exigent/souhaitent, c’est la croissance. La croissance, la croissance, la croissance !!! On n’entend que ça. Allez hop !  Croissons… Que ça grouille de voitures partout tout le temps, que ça grouille de monde dans les zones de chalandise sans interruption, que rien ne s’oppose à l’achat de n’importe quel produit de n’importe quelle façon, que la concurrence soit la plus âpre possible entre toutes les productions pour être sûr d’avoir le moins cher, que le produit juste lancé soit aussi sec dans mon caddy car je dois être le premier à l’avoir même si je sais que demain il sera complètement ringard, que l’aménagement du scolaire permette à tous de profiter de la mer, de la neige, des voyages, que d’ailleurs les avions soient de plus en plus fréquents, de plus en plus gros, de plus en plus nombreux pour permettre à TOUS d’aller partout, que les bateaux de croisière soient de plus en plus énormes pour offrir tout ce dont on rêve sur la mer mais de moins en moins cher donc de plus en plus concurrentiels, que tous les pays du monde puissent construire vite les installations olympiques et footballistiques avec infrastructures d’accueil concommitantes même si ça ne sert qu’une fois… etc, vous savez tout ça.
Vous avez appris qu’Amazon venait d’annoncer que bientôt vous serez livré par drone. En voilà une idée, qu’elle est chouette ! Donc nous serons bientôt envahis de milliers d’engins volants qui viendront obscurcir notre ciel, troubler le silence de nos nuits, voire se percuter au-dessus de nos têtes. Car on ne voit pas pourquoi une seule entreprise aurait le monopole du ciel, de l’urgence, de la course à l’échalote.
Alors, grouillons, grouillons, y a pas une minute à perdre, pas un espace à garder. Tout sera dans tout et réciproquement. Et, c’est promis, il n’y aura plus de frustrés, de malheureux et d’aigris. De nouveau, la vie sera belle. Chouette, chouette et rechouette !

Texte © dominique cozette. Photo faite à la FIAC 2013.

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Laisse-moi te taper et on après on ira chez les flics, salope !

30/08/2013 un commentaire

- Laisse-toi faire, chienne, et après on ira chez les flics, allez, retire tes bras !
- Oui mais tu dis toujours ça ! Aïe ! Et quand tu m’as défoncé la tronche, aïe ! tu te défiles à chaque fois, aïe !
- Tu me traites de menteur, salope, tiens prends-ça !!!
- Aïe ! Mais après tu m’accompagnes chez les aïe ! flics, pour que je puisse porter aïe ! plainte ! Tu promets ? aïe !
- Puisque je te le dis, chienne ! Tiens, paf, pour t’apprendre à douter de moi !
- Aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe ! Allez, on y va, j’en peux plus !
- Moi non plus, j’en peux plus, connasse ! Tu crois ça m’amuse de te frapper ? Ça me crève, ça m’épuise, sale conne, tiens, encore celle-la !
- Aïe ! Allez, s’il te plaît, allez…
- Oh ! Arrête avec ça ! Tiens !  Tu crois que j’ai que ça à foutre d’aller chez les flics ?
- Tu avais promis ! Ouille !
- Je fais ce que je veux quand je veux, saloperie. Tiens, attrape celle-là !
- Tu m’as encore fracturé le nez …Aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !aïe !

Bref, une scène de ménage comme il y en aura beaucoup en Arabie Saoudite. Car depuis quelques jours, cela ne vous a pas échappé, la violence sur les femmes et les enfants sort du cadre privé. Oui, dorénavant, elles peuvent porter plainte pour violences conjugales. C’est énorme !
Sauf qu’il faut que leur mari (ou leur tuteur) soit d’accord pour les accompagner dans cette démarche. Comme ce sont des braves types, si, si, ils ne vont pas se faire prier. Ainsi, la vie de milliers de femmes va réellement être transformée ! Heureux pays !

C’est mieux dit ici.

Texte et image © dominique cozette

Categories: du vrai

Quand je pense à Fernande, je pense à Lafarge…

27/08/2013 Comments off

Fernande est à droite. Je n’ai pas demandé le prénom de son amie. Ces deux femmes vivent ici, ont toujours vécu ici, dans la cité Lafarge ou cité Blanche — du nom de Blanche Lafarge, épouse de l’industriel —, au bord du Rhône, qui fut construite pour loger ouvriers et contremaîtres des célèbres ciments qui, il n’y a pas si longtemps, blanchissaient de leur fine poussière blanche, justement, tous les environs.

Une première partie des bâtiments fut construire au XIXème siècle. Celle où n’habitent plus que cinq personnes (et peut-être moins), en 2013. Le centenaire, donc.

Jadis, c’était la vie, les gosses, les écoles, les jeux, la chapelle, les petits potagers pour chacun, avec poules et lapins, les cris des enfants, la bouffarde dans le café (sans alcool) où les ouvriers se retrouvaient pour taper le carton. Les hommes. Les femmes, celles qui voulaient rajouter le beurre dans les rutabagas, travaillaient à la sacherie, raccommodant les sacs de ciment déchirés.

Puis dans les années 50, on put s’acheter une voiture, un logement en ville grâce à l’intérêt 0 offert par le patron, alors beaucoup quittèrent cet univers clos. Sans parler de l’automatisation qui réduisit le nombre de postes.
Aujourd’hui, la cité Blanche est une ville morte. A part nos deux petites vieilles fort sympathiques qui prenaient le frais, nous n’avons pas croisé un chat. au propre comme au figuré. Les petites dames nous confient qu’il y a pas de mal de visiteurs l’été, ça les distrait, et qu’il y a un monde fou lors des journées du patrimoine. Quand même, je n’aimerais pas être la dernière à vivre ici, l’hiver… Brrrr

On peut rêver et imaginer ces superbes bâtiments repris par un mécène pour en faire une cité d’art, avec lofts, cantines, expos, scènes, etc… mais bien que le monument soit dorénavant protégé, rien n’est prévu pour une éventuelle restauration.
Ici, le site pour en savoir plus et écouter le bel accent ardéchois de Fernande

Texte et photos © dominique cozette

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C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule. Aujourd’hui, le diapason.

17/02/2013 Comments off

Ramant sur mon rameur alors que j’écoutais en podcast le grand entretien,  j’entendis Djian faire allusion à cet étrange objet qu’est le diapason. Mon imagination s’enflamma.
Tiens, me dis-je, mais qui a inventé le diapason ? Surtout :  comment lui est venue l’idée ?
Je veux dire exactement : qui, un jour, a pensé inventer un truc à deux branches capable de produire une note d’une hauteur constante et régulière, le la par exemple, pour accorder les instruments et mettre tous les musiciens d’accord ?
La genèse de cette invention est complètement absurde, non ? Une fois créé, bien sûr, le diapason semble couler de source, mais pas du tout !
Déjà, penser à quelque chose qui règle de façon UNIVERSELLE  l’accord de TOUS les instruments du monde, de façon que George Harrison puisse jouer en Inde dans la même tonalité que Shankar ! Ou que Chantal Goyave puisse interpréter Bécassine accompagnée sans fausses notes par l’orchestre national de Tokyo, il faut être assez mégalo et posséder une bonne dose de prétention.
Mais que, paradoxalement, cette harmonie universelle soit le fait d’un tout petit truc métallique  sans envergure, à glisser dans sa poche, sans y penser, là, ça relève d’une abnégation encore plus grandiose.

 

 

Alors que, s’il avait fallu le reconstituer d’après les recherches en physique et acoustique ci après, on aurait abouti à une sorte d’usine à gaz, un peu comme Cloaca, la machine à fabriquer des excréments, qui elle ne sert à rien et se montre très encombrante.

 

Jugez plutôt de la technologie du diapason (cf Wiki. Et ce ne sont que des extraits) :

La principale raison de la forme du diapason est qu’il produit une note pratiquement pure. La majeure partie de l’énergie de vibration se retrouve dans la fréquence fondamentale, et très peu dans les harmoniques, contrairement aux autres résonateurs. La raison de cela est que la fréquence de la première harmonique est d’environ 52/22 = 25/4 = 6 1/4 fois la fondamentale (environ 2 1/2 octaves au-dessus de la fondamentale)1. Par comparaison, la première harmonique d’une corde vibrante est d’une octave au-dessus de la fondamentale. Ainsi lorsque le diapason est excité, peu d’énergie se répartit dans les harmoniques; celles-ci s’amortissent en conséquence plus rapidement, laissant vibrer la fondamentale. Il est plus facile d’accorder d’autres instruments avec cette note pure.

La fréquence du diapason dépend de ses dimensions et du matériau dont il est fait :

f  = \frac{1}{l^2} \sqrt{\frac{AE}{\rho}} et, si les branches sont cylindriques, f  = \frac{R}{l^2} \sqrt{\frac{\pi E}{\rho}},

où:

  • f est la fréquence fondamentale avec laquelle le diapason vibre, exprimé en hertz.
  • A est l’aire de la section des branches, exprimée en m2.
  • l est la longueur des branches, exprimée en mètres.
  • E est le module d’Young du matériau dont est fait le diapason, exprimé en pascals.
  • ρ est la masse volumique du matériau dont est fait le diapason, exprimé en kg/m3.
  • R est le rayon des branches, exprimé en mètres

Je vous laisse imaginer l’entourage du mec qui, après avoir été bassiné par des calculs sans fins, des équations sans fond et des doutes sans fun, voit ressortir notre inventeur, en 1711 et en culottes rayées,  avec ce petit bout de fer en hurlant : Eurêka !  J’ai trouvé la « pitch fork » !!!

Franchement, ça manque grave de panache, cette petite chose qui rouille, qu’on oublie dans un coin, qui abime le vernis du quart de queue quand on le plante dessus pour le faire résonner. Déception de l’entourage. Les inventeurs sont toujours des lonesome poor misunderstood fellows.
Réparons :  ce personnage génial s’appelle John Shore,  il était trompettiste et luthiste, il a oeuvré avec Purcell et Händel, il a joué de la trompette lors du couronnement de George 1er, et il est mort à 90 ans, soit 39 ans après son invention extraordinaire.

Texte (hors wikipedia) et dessin © dominique cozette

Categories: du vrai

2013 année balèze

01/01/2013 Comments off

© dominique cozette

Categories: du vrai

Cher petit rat

23/10/2012 un commentaire

Tu es mort, applati raplapla sur le bitume parisien du 13ème arrondissement et ce, dans l’indifférence générale. Cher petit rat, peut-être t’attendait-on quelque part, mais tu as traversé sans regarder  et vlam, te voilà écrapouti. On devine encore tes humeurs aqueuses qui dessinent autour de toi l’auréole de sainteté que personne ne te décernera, car, petit rat, les gens ne t’aiment pas. Les gens ont peur de toi, on se demande pourquoi. Ils te trouvent radin, crade, laid, répugnant et vont même, honte à eux, jusqu’à te comparer à Eric Zemmour, laisse tomber, un mec pas intéressant. Avec une queue plus petite que la tienne.
Cher petit rat qui a tenté de survivre dans ce monde bétonné de toutes parts, sois quand même heureux de ton sort car d’autres rats croupissent dans des laboratoires, bouffis de tumeurs cancéreuses par nous inoculées, abrutis de médocs qu’on n’ose pas avaler, rongés de maladies humaines, stressés d’apprentissages stupides, et torturés, vivisectés, prisonniers d’un enfer indicible.
Cher petit rat, j’espère que tu as eu le temps de connaître l’amour et la gourmandise, que ta vie aura été, sinon prospère, du moins heureuse. Adios, ratounet !

Texte et photo © dominique cozette

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L’année 67 racontée à mes blecteurs *

27/08/2012 Comments off

On entre de plain-pied dans l’ère hippy qui n’est pas non plus la période cool qu’on se plaît à imaginer : aux USA, les émeutes raciales sont d’une rare violence avec des centaines de morts bien qu’un Noir siège pour la première fois à la Cour Suprême, qu’en Virginie, on interdit d’interdire les mariages interraciaux et que le président Johnson incite les parents à accompagner les enfants de couleur différente à l’école. On interdit aussi la discrimination de l’âge à l’embauche car les plus de 40 ans, jugés trop vieux, ont du mal à trouver un job. Les femmes en ont marre de la mâle dominance et se regroupent en masse au sein du Women’s Lib. Le Pentagone manifeste contre la guerre au Viêt-Nam qui a déjà tué 15 000 GI, en mobilise 400 000 et coûte 20 milliards de dollars par an.
Et pas cool non plus ailleurs dont Israël et la guerre des 6 jours, la Grèce et les colonels au pouvoir, l’Australie et le droit de vote consenti aux Aborigènes mais qui restent sous curatelle. En Bolivie, le Che est abattu de deux rafales et devient une figure christique sur les photos qui le représentent barbu et à moitié nu,  tandis que Régis Debray  est condamné à 30 ans de prison. Il sera libéré en 70.
Au Canada, de Gaulle lance « vive le Québec libre » et en Afrique du Sud, le professeur Barnard réalise sa première greffe du coeur qui ne tiendra que quelques jours. Bonnes nouvelles pour certains : les Suédois se mettent à rouler à droite et, sans rapport je pense, ils sont les premiers à légaliser la pornographie.
Plus près de chez nous, à vrai dire en plein chez nous, on subit la première marée noire, celle du Torrey Canyon qui souille nos plages et celles des Cornouailles anglaises et englue nos pauvres oiseaux de mer, noires icônes devenues hélas banales.
Des millions de curieux se pressent pour voir  Toutankhamon qui revient aujourd’hui. On assiste au lancement du premier sous-marin nucléaire, le Redoutable, les grenouilles de bénitier sont séstabilisées par la messe en français, les chômeurs — car le chômage existe oui oui —  se réjouissent  de la création de l’ANPE et les salariés, eux, de l’obligation pour les entreprises de les intéresser  aux fruits de leur travail. La Carte Bleue nous laisse perplexes, en revanche la télé couleur nous estourbille avec les décors flashy qu’on nous inflige et les tenues fluos qu’on impose aux invités. Le plus intéressant reste sans conteste l’adoption de la loi Neuwirth qui autorise la contraception : vive la pilule ! La libération sexuelle approche à pas feutrés ou à gros sabots, je ne me souviens plus.
En France toujours, le tout confort dans la maison est loin d’être général : seulement 18,6% des foyers ont les WC dans la maison. Pour 38,6%, c’est la cabane au fond du jardin avec concert de mouches les jours de soleil et engelures aux fesses l’hiver, et 25,6%  partagent les toilettes à la turque (en général) avec les autres locataires de l’immeuble. Pour d’autres :  rien, on fait comme le crocolion : on se retient.
La France compte 500 000 fonctionnaires (contre 5, 3 millions en 2009) et 11,5 millions d’écoliers et étudiants soit une personne sur 4 (pour 15 millions de nos jours).
Culturellement, ça roule avec les parutions de Debord et sa Société, Vaneigem et son Traité, Deleuze et Derrida. Nathalie Sarraute se joue au petit Odéon…
Le bon peuple s’émeut du mariage d’Arnavour avec Ulla, sa blonde jeunette, et de celui du King Elvis et sa jeune brunette, Priscilla. La minijupe continue à faire loucher les hommes, et la mannequine star la mieux payée s’appelle Twiggy et pèse 41 kg après le pipi du matin.
Sont nés en 67 : Kool Shen et Joey Starr, Kurt Cobain, Sandrine Bonnaire, Julia Roberts, Nicole Kidman, Amélie Nothomb et … Carla Bruni.
Sont partis : la plus piquante, Françoise Dorléac, la plus opulente Jayne Mansfield, la plus mythique, Vivien Leigh, la plus impec, Martine Carol.  Mais aussi Spenser Tracy, John Coltrane, Edward Hopper, Ottis Redding, le maréchal Juin. Magritte a  cassé sa pipe qui n’en était pas une.
Quant à moi, je sors un 45 tours et puis s’en va, je rate droit avec plaisir et m’inscris en psycho à Censier avec plaisir.

Texte © dominique cozette (Sources Internet diverses + Les années hyppies de Jacques Pessis)

L’année 66 ici.
(Vous pouvez voir les années précédentes à partir de l’année 55 dans la catégorie « du vrai »)

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Categories: du vrai

L’année 66 racontée à mes blecteurs *

17/08/2012 Comments off

Le monde bouge en 66 avec l’avènement d’Indira Gandhi en Inde, le retrait de la France de l’Otan voulue par de Gaulle qui demande au président des Etats-Unis le retrait des troupes du Viêt Nahm.
Par ailleurs, ce même de Gaulle inaugure la longue série d’explosions atomiques dans le Pacifique ainsi que la première usine marée-motrice, sur la Rance. Il lance diverses mesures allouées aux PME pour résister à la concurrence européenne et faire la nique au déficit : réussite totale puisque la dette aura disparu en 1970 ! (pas pour longtemps…)
66, c’est le début de l’affaire Ben Barka, et l’apparition hallucinante du shadow cabinet, gouvernement fantôme d’opposition créé par Mitterrand.
Aux Etats Unis, les émeutes raciales battent leur plein favorisant  la naissance de deux mouvements de la cause noire, le Black Power et les Black Panthers. Parallèlement, les B52 US  bombardent allègrement le Viêt Nahm et l’administration US  livre des armes tactiques à l’état d’Israël.
Le World Trade Center commence à gratter le ciel tandis que les premières communautés hippies s’installent en Californie.
De l’autre côté de la terre, Mao entame sa révolution entourés de Gardes Rouges, très remontés contre les Tibetains.
Chez nous, Malraux ouvre la première Maison de la Culture et ça se passe à … Amiens *(tiens, tiens, voilà où ça mène !). Les salaires des femmes plafonnent :  36% moins élevés que ceux des hommes. Est-ce pour cela qu’Yves Saint-Laurent les vêt (les femmes, mais certainement pas les salariées ci-dessus mentionnées)  d’un superbe smoking ? Paco Rabanne lui, les fait défiler dans des tenues drôles et  importables, fabriquées dans du rhodoïd et autres matériaux industriels.
Cette année-là, on assiste aux adieux scéniques de deux entités monstres : Brel et les Beatles, l’un à l’Olympia, où va se produire Bob Dylan pour  sa première en France, et les quatre chevelus à San Francisco. Lennon annonce qu’ils sont plus célèbres que Jésus Christ, ce qui provoque des tollés d’intolérance. George, plus matérialiste, épouse Patti Boyd. Et  la Reine, reconnaissante des devises qu’ils rapportent au royaume, les décore de l’ordre de l’Empire. Ainsi que Mary Quant, l’inventrice de la mini-jupe, que ne prise pas la très scandaleuse Sophia Loren pour  épouser son Carlo Ponti.
Cette année est à marquer d’une pierre blanche avec une invention extraordinaire pour les musiciens en herbe : le mini K7 Philips, petit enregistreur portable au piètre son mais générateur de maquettes infinies et, ne l’oublions pas, des premiers piratages de disques.
Au ciné, on a droit à deux formidables Godard : Made in USA et Masculin-Féminin avec Léaud et la très prometteuse Chantal Goya qui était une adorable petite brunette avant sa période Bécassine. On découvre le chabadatesque Lelouch, on se marre à la Grande Vadrouille avec de Funès et Bourvil, on vibre avec le Bon, la brute et le truand, on se signe avec Rivette et sa Religieuse, on braie avec Bresson, son âne Balthazar et son autre Anne, Wiazemski.
Les séries télé, c’est la folie : citons les Globe-Trotters avec les jeunes débuts d’Yves Rénier pas encore calamiteux, Thierry la Fronde qui deviendra culte pour un président aux goûts de …  bref, Au nom de la loi avec le génial Steve Mc Queen, ma sorcière bien aimée, Flipper le Dauphin…
Pierre Sabbagh fera un carton avec au Théâtre ce soir  et son générique : « les décors sont sont de Roger Hart et les costumes de Donald Cardwell »
Qu’est-ce qu’on écoute en 66 ? des 45 tours deux titres qui ont supplanté les quatre titres en récession. Antoine élucubre avec ses chemises à fleurs, ses pilules et ses attaques contre Johnny qui va rétorquer avec « cheveux longs et idées courtes ». Faire l’amour va pouvoir enfin se dire, merci Polnareff, Dutronc poursuit sa glamoureuse carrière avec les Play-boys, Bernard « Tapy » se gaufre avec l’oubliable Un dernier verre, Mireille Mathieu sévit grave tandis que deux Salvador, Adamo et Henri, sont au hit. On danse sur Gainsbourg et son Qui est in, qui est out. N’oublions pas Michelle des Beatles, Sheila et autres yéyéteries.
En 66 vont disparaître l’homme qui n’aura jamais ri, Buster Keaton, le beau Monty Clift, le surréaliste André Breton et l’homme aux rats, Walt Disney.
Naîtront Laurent Garnier, le couple David Hallyday et Estelle, la belle Sophie Marceau, le séduisant Vincent Cassel et l’oreilleux Dany Boon. Deux poids lourds aussi : Tyson et Cantonna.
Quant à moi, je me tire en Beaulieu avec mes soeurs et une copine à Cadaquès où on s’éclate tout l’été au club des Naufragés et aux fêtes cosmogoniques du Maîtrrrre de Porrrrrt Lllllllligattttt !

* Rectificatif de Bob A : Petit Bémol pour l’inauguration de la première maison de la culture. Ce ne fut pas en 1966 à Amiens, mais en 1961 au havre appelée également le Musée Malraux)…Et entre temps en 1963 fut inaugurée celle de Bourges dirigée par mon ami Henri…

Texte © dominque cozette (sources Internet diverses) et photo © c’est écrit dessus

L’année 65 ici.
(Vous pouvez voir les années précédentes à partir de l’année 55 dans la catégorie « du vrai »)

* Blecteurs = lecteurs de mon blog

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Naissance

13/08/2012 4 commentaires

C’était un jour comme aujourd’hui, clair, radieux, irréprochable. C’était un jour J. Le jour J. Le jour où le petit inconnu aurait un sexe, une taille, un poids, une apparence, un visage et une existence.
Ce fut un jour féminin. Un jour tout rose. Où je ne me demandai pas comment faire. Car je sus que je saurais. Je sus que ma vie avait pris le tour qui convenait, qu’elle avait pris tout son sens et que l’essentiel prendrait tout mon espace.
Les fées d’habitude, elles se dépêchent, elles se démènent,  elles courent d’une couche à l’autre mais là, malgré leur dos broyé à se courber comme ça, restaient penchées sur le berceau, touchées par la grâce de ce petit bourgeon.
Je ne me demandai pas comment  lui apprendre à grandir, à regarder, à écouter, à profiter. Je sentis qu’elle saurait faire ça toute seule, qu’elle me lâcherait la main trop souvent et que c’est moi qui devrais apprendre à grandir, à la regarder, à l’écouter et à profiter d’elle.
J’ai tout de suite vu qu’elle était quelqu’un, qu’elle était elle. Spéciale, unique.  Surtout pas un clone. Elle avait pioché dans nos ADN comme on cueille un bouquet, sans faire la fine bouche devant nos imperfections.
Je ne me posais pas de questions encombrantes, ne me faisais pas de soucis inutiles, ne m’alarmais pas outre mesure. Cette petite créature me mettait en confiance. Loin de m’inquiéter, elle me montrait que la vie c’est simple, que l’amour coule de source, que les soins sont faciles, que l’instinct a raison.
Je savais néanmoins que je ne serais pas une bonne mère, car nulle ne l’est, que je lui ferais peut-être du mal ou de la peine parfois, qu’il serait normal d’avoir envie de l’étouffer sous l’oreiller, de crier plus fort qu’elle et d’abandonner mes principes pour redevenir sauvage. Mais globalement, je sentais que ça marcherait d’enfer entre elle et moi. Et j’étais sûre que ça serait toujours une superbe aventure.
Bien sûr, il y eut les peurs, les terreurs, les angoisses. L’accident possible, le bad boy bouleversant, les provocs de jeunesse, les tentations dangereuses, les tests imbéciles, les pervers de tout poil. Ça fait partie du deal, on en prend pour perpète.
Pacifique, généreuse, tolérante, altruiste, la maternité est ma seule religion. Il n’y a pas plus puissant que cette vie qui jaillit de notre corps et nous tient pour toujours par le bout du nombril. Rien de plus  banal, mais de plus extraordinaire, rien de plus animal mais de sacrément divin, rien de plus intime mais de tellement universel, rien de plus quotidien mais de plus exaltant.
La petite chose est devenue grande, elle  m’a construite, a affuté mes sens et ma conscience, m’a fait toucher l’infini, le surnaturel, le merveilleux et le miraculeux. La plus belle histoire de ma vie.

Texte et dessin © dominique cozette

 

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