Archive

Archives pour la catégorie ‘cozeries’

Cuicui, v’la le printemps

22/02/2010 un commentaire

J’ai entendu les oiseaux chanter, on croit que c’est gai, tout le monde dit, youpi ! C’est le printemps ! Je peux vous dire que ce n’est pas du tout ça. C’est la moinelle qui braille après le moineau, son amoureux :
- Dis-donc, maintenant que tu m’as bien fécondée, faudrait voir à construire le nid !
- Ouais, OK, je vais t’aider, où est le blème ?
- Bouge ton cul au lieu de regarder la vie des bêtes ! Les branchettes vont pas venir toutes seules dans ton bec !
- Qu’est-ce que t’en sais ! J’ai un bec magique, ma grosse !
- Magique mon cloaque, ouais ! Regarde Pioupiou, là-bas, il en est aux finitions. Il a même pécho un duvet d’autruche, la classe. Pioupioute a plus qu’à poser ses fesses dans la plume. Y ‘en a qui sont vernies !
- Tu vas pas commencer à me faire fienter, non ? Pour qui tu te prends, d’abord, pour la môme Piaf, oscarisée ousque tes ailes te porteront jamais ?
- Tu peux parler, avec ton ADN de sédentaire déplumé ! En attendant, j’ai ma petite fabrique qui travaille et je vais bientôt pondre ! Alors si tu veux pas les appeler omelette, tes petits, t’as vraiment intérêt à t’y mettre !
- C’est bon, arrête de piailler ! Pffff, oh la la ! Ce que c’est chiant l’arrivée du printemps ! Putain !!!

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries

Taguée par l’infâme charogne stoned *

21/02/2010 4 commentaires

Charogne Stoned* — grande blogueuse derrière l’éternel — a eu la mauvaise idée de me taguer récemment pour m’obliger à déclarer en public, et quel public ! puisque c’est vous et que vous ignorez tout de ma vie privée sauf ma bio que vous avez lue sur mon site, donc à déclarer un signe particulier, un trait de caractère, un mauvais souvenir, un souvenir d’enfance, un de mes défauts, un film bonne mine et un meilleur ami. Comme je ne la connais pas depuis longtemps, Charogne, que je suis dans ma phase de séduction, et que néanplus, je suis flattée par cette demande, je vais me soumettre voilà mais franchement, ça n’est pas …voilà …ce qu’il y a de plus intéressant. (les « voilà », c’est pour faire nana qui parle à la télé)

1 signe particulier : odorat hyper-développé, c’est très gênant dans le métro mais moins que dans les dîners où les femmes sont très (trop) parfumées,  et aussi partout ailleurs où, tel un chien, je me mets à renifler dans les coins dès que ça sent louche.

1 trait de caractère : tout et son contraire : creuse et pleine, lente et vive, molle et dure,  yin et yang, loir et chère, bère et basque etc…

1 mauvais souvenir : tous le sont quand on les regarde de travers (c’est beau, non ? c’est moi qui l’ai fait). Bon, alors, un jour, ils ont annoncé à la radio la mort de Coluche. Très mauvais souvenir. Entre autres. D’autant plus que j’allais prendre des places pour le voir à la rentrée.

1 souvenir d’enfance : les dimanches chez Gégène, frites et musette, kayak et pédalo, cerisiers roses et pommiers blancs…

1 de mes défauts : éjaculatrice tardive, je fais ça après, hors du contexte (on appelle ça aussi l’esprit de l’escalier)

1 film bonne mine : Le plus drôle reste le film de BHL, Le  jour et la nuit (qu’il a fait disparaître de la circulation) où Arielle ne cesse de se frotter contre les chambranles des …portes, bien sûr, d’une façon, la pauvre, tellement ridicule, fallait-il qu’elle soit amoureuse de pépère pour faire cette grosse merde, bref un film qu’il faudrait revoir en bande avec des petites saucisses et du martini. Scénario de Jean-Paul Enthoven, ex de Carla B et papa de Raphaël E également ex de Carla B, avec Alain delon, Lauren Bacall, Kalfon, Denicourt, Beauvois…96 ! Quelle marrade !!!

1 meilleur ami : En fait, je n’ai jamais goûté mes amis, ni même l’ami Ricoré, donc mystère…

Ben voilà…Je ne vais taguer personne car je déteste les chaînes !!! J’espère que Charogne ne m’en voudra pas de n’être pas aussi rigoureuse qu’elle.
Je vous mets  son blog, pour la peine ! Il est urgent de vous y précipiter !
* Charogne Stoned

Bon, allez, je tague Pierre-Arnaud Gillet, ça nous changera des filles, enfin je crois…

Texte © plusieurspersonnes et dominiquecozette
Photo © dominiquecozette d’après une poupée © Mattel complètement blurrée.

Categories: cozeries

Kabul, c’était comment en 67 ?

09/02/2010 un commentaire

Un nuage de haschish...

Je trie mes vieilles lettres et tombe sur celle-ci, d’un copain qui a plaqué son école de commerce pour bourlinguer.  Il m’écrit de Kaboul, en 67 :
« Je me trouve donc actuellement en Afghanistan. C’est le royaume des fourrures et du haschish. Les unes comme les autres sont aussi bon marché et on en trouve à tous les coins de rue contre une poignée de dollars. J’ai sur ma table à côté de moi 1/2 kg de haschish qui appartient à un ami. Hier soir, j’arrive à Kaboul vers minuit. Je frappe à la port de l’hôtel Noor, réputé comme lieu de perdition où  ou tous les beatnicks, voyageurs et Européens bizarres se rendent. On est accueillis par un Afghan complètement parti, avec des yeux grands comme des soucoupes. Il nous installe dans une chambre et revient ensuite avec son shilum, sorte de pipe dans laquelle on fume le haschish pur. Il nous explique que comme il fait très froid la nuit, il vient remplir la chambre d’une fumée de h réconfortante. En effet, dix minutes plus tard, on n’y voit plus rien. Nous nageons dans un nuage de h, et pas du plus mauvais. Il nous lance ensuite des petites plaques de h sur le lit, il n’arrête pas de rire et de parler (…).  Il est tordant, très bronzé. Il porte un petit chapeau couvert de broderies en fils d’or comme en portent les Afghans sous leur turban. Très content, il revient avec du raisin, des gâteaux et des bonbons. Il est merveilleux. D’ailleurs en Afghanistan, tout est merveilleux.(… ) J’apprécie de plus en plus, les paysages, les visages, tout ce qui est naturel et pas contrefait. Je ne regrette qu’une chose, c’est de trouver sur la route des individus complètement drogués, pas au haschish mais à la morphine, à la cocaïne et à tous les médicaments genre Maxiton fort, amphétamines et tout le reste. Le h est une drogue très saine, moins dangereuse que le tabac et l’alcool. (…) Je compte rester à Kabul huit à dix jours, ensuite je vais au Pakistan, puis à Dehli. J’irai sans doute passer Noël à Katmandou… »
Ce copain a vécu au Boutan, est ensuite parti dans le monde, sur un bateau etc. j’ai définitivement perdu sa trace. Il s’appelle Jean-Eudes Bertrand (il n’est pas un des deux de ce nom sur FB). Si quelqu’un le connaît…En recopiant ces mots, j’entends la radio qui la mort d’un soldat français en Afghanistan.

Texte © Jean-Eudes B. /Photo © Mroad

Categories: cozeries

C’est obligé de ranger ?

07/02/2010 Comments off

« Comment je classe. Mon problème avec les classements, c’est qu’ils ne durent pas ; à peine ai-je fini de mettre de l’ordre que cet ordre est déjà caduc. Comme tout le monde, je suppose, je suis pris parfois de frénésie de rangement ; l’abondance des choses à ranger, la quasi-impossibilité de les distribuer selon des critères vraiment satisfaisants font que je n’en viens jamais à bout, que je m’arrête à des rangements provisoires et flous, à peine plus efficaces que l’anarchie initiale. Le résultat de tout cela aboutit à des catégories vraiment étranges ; par exemple une chemise pleine de papiers divers et sur laquelle est écrit “à classer” ; ou bien un  tiroir étiqueté “urgent 1” et ne contenant rien (dans le tiroir “urgent 2” il y a quelques vieilles photographies, dans le tiroir “urgent 3” des cahiers neufs). Bref, je me débrouille. »
Texte © Georges Perec « Penser/classer »

Photo © dominiquecozette : chambre d’adolescente qui n’a jamais pu rien ranger. Aujourd’hui, elle est archiviste dans une grosse boîte d’assurances et il paraît qu’elle assure grave. Chez elle, c’est devenu nickel, elle a des boîtes pour tout, il y a d’abord eu les boîtes Habitat héritées de sa mère (à l’époque où Habitat était sympa et abordable), puis les boîtes Ikéa de toutes tailles et facilement réassortissables et enfin, pour changer du carton qui finit par s’écrouler, des boîtes Muji en plastique transparent. Quand vous lui demandez si elle a une aiguille, elle ouvre d’abord un placard où sont empilés de ces  grands tiroirs. Elle tire celui des « travaux manuels », elle en sort une boîte à chaussures Camper où est inscrit « couture » sur un morceau de gaffer, elle l’ouvre, sort une petite boîte translucide ou est marqué « aiguilles » et en sort plusieurs étuis à aiguilles de différentes tailles. Et tout comme ça. C’est tuant aussi, d’une certaine façon.

Categories: cozeries

Brèves de trottoir

04/02/2010 un commentaire
employMunicipoW

- Tu crois que DSK ferait un bon président ?
- Qui ça ?
- DSK, tu sais Dominique Trottcame, çui qu’était patron de la plus grosse banque du monde !
- Je vois pas mais un patron de banque, moi je me méfie.
- Parce que il paraît que les Français, ils aimeraient bien qu’il soit président.
- Bah, on en a d’jà un de président !
- Ouais mais c’est pour après. Y disent qu’à gauche, ça serait mieux que Hollande…
- Hollande, il est français ce mec ?
- Ben ouais, c’est le mari de Martine Aubry
- Et à droite, y zont qui ?
- Eh ben, Dominique de Vipin, François Fion et Nicolas Sarkosky.
- Nicolas Sarkosky, c’est marrant ce nom, ça me dit quelque chose !
- Idiot, c’est le président actuel.
- Ah…
- Alors ?
- Alors quoi ?
- T’en penses quoi de Dominique Trottcam ?
- Il a un nom pas très catholique. T’es sûr qu’il est français, ce mec là ?
- Bof, tu sais, ce que j’en dis !
- Y a quoi à la cantine aujourd’hui ?
- Des petits poissons carrés avec des blettes
- Ah oui, c’est vendredi ! Au fait, tu viens voir le Kurosawa, ce soir, avec Thierry ?
- Je viendrai seul, il l’a déjà vu. On aura qu’à le rejoindre au backroom après, non ?
- Ouais, ça me détendra…

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries

Arnaud Fleurent-Didier met Villepin (en musique)

24/01/2010 Comments off
Villepin jeune

Villepin jeune

Arnaud Fleurent-Didier (écouter sa chanson « La reproduction » sur mon blog du 10 janvier, avec pour titre « Une des chansons les plus intelligentes de ces dernières années ») tout le monde en parle comme d’une révélation. Ce qu’il est puisqu’il vient d’être amplement révélé par les medias papier les plus influents. Il est certainement passé à la télé, mais je n’ai pas le nez dessus.
Comme il aime à le raconter, et excusez-moi mais moi ça me fait rire, que voulez-vous, il a mis en musique le discours de Dominique de Villepin contre la guerre en Irak à l’ONU. C’était en 2005.  » J’ai trouvé ce discours gaulliste beau et lyrique. Pour moi, Villepin s’opposait à Colin Powell avec sa grosse voix darth-vaderienne, comme le cinéma d’Yves Robert s’oppose au cinéma hollywoodien. La musique est lyrique, avec des choeurs un peu ridicules; on dirait une pub Ricorée. Pour moi, Villepin, c’est OSS 117, le type du héros français flamboyant et ridicule qui, dans le film, finit par se faire sodomiser sur une plage au Brésil… » Propos recueillis par Fabrice Pliskin dans le Nouvel Obs du 21 janvier 10.

Dessin peint et texte à part la citation © dominiquecozette

Categories: cozeries

Que foetus là ?

18/01/2010 Comments off
Abortion #7 ratée : naissance à venir

Abortion #7 ratée : naissance à venir

Il avait tellement envie d’être dehors, de voir ce qui se passait, quels étaient tous ces sons, toutes ces lueurs, d’où provenaient ces goûts somptueux qui lui parvenaient dans le tube à manger, qu’il entreprit sa descente vers le bout du tunnel. Mais qui vit-il au bout du tunnel ? La face hostile du dieu-médecin qui tonna :
- Que fais-tu là, têtard, si tôt ? Qu’est-ce que tu crois ? Que tu vas survivre avec tes pauvres petits organes minables ?
Le têtard tordit son nez comme s’il allait pleurer.
- Bon, écoute, tu choisis : ou tu sors maintenant et tu te retrouves dans une boîte en plastique, tout seul, tuyauté de partout, le nez, la gorge, les bras, le nombril et une inquiétante machinerie autour de toi. Ou tu remontes, tu grandis encore et tu nous reviens dans trois mois.
Le têtard souleva un sourcil d’étonnement.
- Parce que dans trois mois, la plus merveilleuse femme au monde te cueillera dans ses bras, t’offrira ses seins juteux, t’embrassera les joues et les fesses. Elle sera tout à toi, rien qu’à toi, te chantera des romances, te montrera partout avec une immense et tendre fierté : tu seras son roi.
Il n’y avait, effectivement, pas à balancer. Le têtard prit ses jambes à son cou pour gravir le col de l’utérus et se réinstalla confortablement dans son nid douillet. C’est vrai qu’il était bien là, royal au bar, tout compris. Et puis, c’était bien de se faire désirer, non ?

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries

Pétassette

11/01/2010 Comments off

Ces jolies petites jambes perchées sur des talons appartiennent à une coquette également folle des sacs de luxe qu’elle tient avec art dans ses jolies petites mains.
- Alors comme ça, ça lui fait quel âge, à votre petite fille, monsieur et madame Tom Cruise ?
- Eh bien, elle va sur ses quatre ans !
- Et elle a l’air d’y aller gaillardement avec ses escarpins taille 27, elle s’en tire bien, dites-moi !
- Oh, vous pensez bien qu’elle a un coach, notre petite ! Vous savez, chez les Cruise, la valeur n’a jamais attendu la nombre des années.
Les parents de la petite pute en herbe lui  font alors soulever ses vêtements pour me montrer son mini soutien-gorge coquin, son porte jarretelles et son mini string perlés de diams. (Mais pas de photo, hein !) Je leur demande, avec un clin d’oeil de connivence,  à quel âge ils espèrent le voir sniffer sa première ligne, prendre sa première cuite, faire sa première pipe, entamer sa première rehab.
Ça les fait rire.
- Vous savez, je suis quand même un scientologue averti et je pense être le meilleur inculqueur de valeurs au monde. D’ailleurs, votre propre président, qui m’a invité à en discuter l’autre année, pourra en faire foi.
- Mais, les pédophiles, dans tout ça ?
- Eh bien, voyez-vous, si vous réfléchissiez un tant soit peu… (monsieur Cruise fixe un moment l’horizon de ses yeux bleus horizontaux) … ils n’aiment pas les femmes, les pédophiles, voyez-vous,  ma mini-femme ne peut en rien les intéresser.
Leur publiciste, miss Lumpenschnik, entra alors brusquement without shouting station (sans crier gare) et indiqua que l’interview était finie. Les trois Cruise ont fermé leur visage et je suis restée sur ma faim au sujet de la marque des petits talons. Si vous la connaissez, dites-le moi, j’attends une fille pour le printemps et j’aimerais tant lui faire porter ces petites fantaisies, si ça existe en premier âge toutefois.

Voici la photo entière qui prouve que cette petite fille rayonne. *
* Miss Lumpenschnik, chargée de relire mon article avant de l’agréer,  m’informe que la petite Suri est allergique à la rayonne. Ses mini-bas sont en pure soie. Je rectifie donc : Voici la photo entière qui prouve que cette petite fille soie.

Texte © dominiquecozette. Photo : voir service iconographique de Elle.

Categories: cozeries

Encore une belle idée avortée !

06/01/2010 Comments off
Abortion #6

Abortion #6

C’est une grande gaillarde costaude et décidée. Elle a trouvé, dès l’âge de 15 ans, un procédé infaillible pour mettre fin à toutes les guerres et tous les conflits armés. Elle y a travaillé jusqu’à ce qu’il soit définitivement au point, pour ses 25 ans. C’était formidable, enfin un monde sans guerres ! Bien sûr, les marchands d’armes ne lui disaient pas merci.
Mais cette belle utopie est tombée à l’eau car le jour où cette grande gaillarde aurait dû être conçue, un mardi après le judo sur le banc du vestiaire filles, la mère de la jeune ovulante se fit renverser par un quad, accident bénin mais suffisant pour consigner la jeune fille à la maison. Son copain pensa qu’elle lui avait posé un lapin et de dépit, forniqua avec une pauvre ceinture jaune nommée Rose-Marie Magrotta et la mit en cloque séance tenante. Il en naquit un bébé qui devint petit chef de rayon (principalement poisson et viande) du Mégamarché de la Région. Et qui se passionnait pour les jeux vidéos les plus violents. Comme quoi…

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries

Fin de partie

04/01/2010 Comments off

Putain ce qu’on a pu se marrer dans cette boîte où je passais mes vacances ! On  buvait du bourbon-coca gratos à volonté, les nanas en mini-jupes aux jolies jambes, et quand on était pafs, on dansait comme des tarées sur une estrade d’où les voyeurs pouvaient voir … pas grand’chose car les strings n’existaient pas et on portait culotte. Parfois, monsieur Eddie Barclay débarquait avec sa clique et il offrait le champ à tout le monde. Nous, il nous ramenait chez lui et nous faisait danser au bord de sa piscine tandis que ses invités connus se poussaient à la baille les uns après les autres et gueulaient parce que leurs montres prenaient l’eau. Y z’avaient pas encore de montres étanches, eux non plus d’ailleurs l’étaient pas, parce qu’on les emmenait souvent aux urgences pour les vider. Y avait Sacha qui prenait sa guitare sur le coup de l’aube et il croonait. Quelques couples faisaient l’amour dans les fleurs et moi je m’endormais de toute façon dans la balancelle. Dès que je fumais un joint, toc, dodo. Voilà.
Aujourd’hui le lieu est devenu une permanence pour des sans foyer, c’est pas la même ambiance. Mais à Noël et au premier de l’an, il y avait des rires qui fusaient et des bouchons de champagne qui pétaient. Y en un qui est sorti tout éméché, de blanc vêtu, je vous jure, on aurait dit Eddie Barclay. Sauf qu’il était avec une vieille. Là, je me suis dit : non, c’est pas lui !

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries

Moi, nue, sur FB

30/12/2009 Comments off

Cette photo de moi qui a fait le tour du monde en 2018 a été prise lorsque j’avais 12 ans. C’est ma mère qui, très fière « de la belle jeune fille » que j’étais en train de devenir, l’a postée sur Face Book pour se vanter auprès des copines et des copains. Je ne vous raconte pas  les commentaires croustillants que ça a généré. Ce n’était pas pour me nuire, elle était juste ravie de m’exhiber, ainsi que mon petit frère avec sa zigounette au vent … de nous immortaliser. C’est le mot, car depuis que je suis connue, ces photos ornent les magazines dès qu’il est question de moi, comme vous le savez. Alors tant pis, j’ai attaqué ma mère et figurez-vous que j’ai gagné : n’ayant pas respecté mon droit à l’image lorsque j’étais mineure, elle a été condamnée à me verser des dommages et intérêts. N’ayez crainte,  les droits d’auteur de ma mère suffiront largement à couvrir cette somme, vu ce que ses best-sellers lui rapportent depuis que je suis en pleine lumière. Nous ne sommes pas brouillées, je voudrais simplement qu’elle arrête de raconter ma vie et qu’elle se mette enfin à vivre la sienne. C’est trop demander que ma mère de 45 ans se fasse cloner comme tout le monde et  s’occupe du rejeton avec amour et égoïsme ? Qu’elle me lâche une bonne fois, en un mot ?

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: cozeries

Risky business

27/12/2009 Comments off
Abortion #5

Abortion #5 ratée = naissance réussie

Il y a les conducteurs qui n’ont pas vu le stop
Il y a les conducteurs furieux après leur patron / femme / mari /autre (préciser)
Il y a les conducteurs victime d’une crise cardiaque ou d’un accident vasculaire cérébral
Il y a les conducteurs suicidaires
Il y a les conducteurs qui doublent sans visibilité
Il y a les conducteurs fous de vitesse et que leur importe de mourir…
Il y a les conducteurs bourrés, défoncés ou les deux
Il y a les conducteurs dont l’enfant fait coucou en lui mettant les mains sur les yeux dans un virage en épingle à cheveux
Il y a les conducteurs poursuivis par les flics
Il y a les conducteurs flics qui poursuivent une voiture louche
Il y a les conducteurs qui roulent sur une plaque de verglas ou une tache d’huile
Il y a les conducteurs absorbés par leur discussion téléphonique
Il y a les conducteurs qui regardent le match sur la télé de bord
Il y a les conducteurs sujets aux crises d’épilepsie suite à l’alternance ombre/lumière des platanes bordant la route
Il y a les conducteurs victimes d’une pulsion mortifère qu’ils sont incapables d’expliquer ensuite
Il y a les conducteurs qui se la jouent rallye de Monte-Carlo ou circuit d’Indianapolis
Il y a les conducteurs qui se font faire une douceur par la personne accompagnée
Il y a les conducteurs qui perdent le contrôle de leur véhicule
Il y a les conducteurs trop âgés pour avoir eu le bon réflexe
Il y a les conducteurs juste énervés parce que la voiture devant eux  n’avance pas
Il y a les conducteurs qui font la course entre eux ou avec le train
Il y a les conducteurs qui prennent les routes à contresens
Il y a les conducteurs qui n’ont pas une seconde à perdre pour une urgence
On peut mettre ces conducteurs au féminin, bien sûr.
Et il y a tous les impondérables trop longs à énumérer (chute de pierres, sanglier au milieu de la route…)
Et puis il y a nous qui – pour l’instant et jusqu’à quan – ne nous sommes pas trouvés sur leur chemin.
Sans parler des maladies, accidents divers, malformations fortuites, catastrophes naturelles, intempéries récurrentes, maléfices de putes.
Sans compter aussi la probabilité sur des milliards d’avoir été conçus puis d’être nés.
Alors oui, pourquoi ne pas tenter un petit loto, ne pas croire aux miracles, ne pas être fataliste. Et ne pas faire des voeux irréalisables ?
Tous mes voeux donc, et s’ils ne se réalisent pas, tant mieux, il en restera pour l’année prochaine !

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries

solo e miserabile

25/12/2009 Comments off

Cet homme rose, comme je l’appelle alors que c’est la maison qui est rose, est en train de tripoter cet appareil avec frénésie. Il ne le met jamais à l’oreille, ne parle jamais dedans, n’a pas de dispositif mains libres qui l’en dispenserait. Il ne veut pas parler parce qu’elle lui raccroche au nez. C’est pourquoi il envoie des chapelets de SMS qui racontent sa peine : Es-tu seule ce soir, est-ce que je te manque, les chaises de ton salon te semblent-elles vides ? On dit que la vie est une scène sur laquelle chacun joue son rôle. J’ai aimé l’acte 1, le coup de foudre, l’amour et tout ça, et c’était tellement bien joué. Mais je n’ai rien compris à l’acte 2, tu as tellement changé, tu m’as raconté tellement de bobards et tu ne m’as jamais dit pourquoi. Néanmoins (il apprécie ce mot désuet téléphoniquement parlant), je préfère la vie avec toi et tes mensonges que rien. Maintenant la scène est vide et le théâtre désert et si tu ne reviens pas, il vaut mieux baisser le rideau. FIN. Alors, l’homme rose éteint la lumière et sort du bâtiment. Puis se met à pleurer à torrent.*

Photo et texte © dominiquecozette d’après la chanson de Roy Turc et Lou Handman « Are you lonesome tonight » chantée par Elvis.
(*Expression made by Mroad)

Categories: cozeries

Pourquoi tu n’es pas né ?

23/12/2009 2 commentaires

abortion # 4

A toi, le frère que je n’ai jamais eu car ma pauvre mère les perdait tous en route alors que les filles proliféraient, cette petite pensée une veille de nativité : tu te serais appelé Marc, tu aurais été probablement blond aux yeux bleus comme nous tous, le cheveu fin et les traits réguliers. Tu aurais peut-être fait Assas pour plaire à notre père et prendre sa succession, et tu serais  au bord de la retraite, aujourd’hui, profitant de ta fin de carrière pour réunir tes trois soeurs, leurs compagnons, tes quatre nièces et les enfants de celles-ci, bref, une grosse affaire de famille dans une belle propriété que tu aurais gagnée à la sueur de tes clients. Et puis ta femme nous aurait préparé de bonnes choses et tes enfants…???  Ou alors, tu aurais hérité de talents artistiques dont j’ai mal tiré parti et tu serais devenu le rival de Johnny, une sorte d’Higelin tom-waitsien, je t’aurais écrit des textes et ça aurait trop fort ! A l’heure actuelle, on serait tous en train de lever nos verres à ta tournée d’adieu. Mais voilà, mon Marco Cozette, tu n’es pas né, tu ne sais rien de notre famille et c’est drôlement con !

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries

East side story…

19/12/2009 Comments off

Ma Ludi chérie, excuse-moi ma poule, je ne serai pas à notre mariage et il ne faut pas que tu sois triste. L’homme que tu devais épouser n’existe plus. Il s’appelait Lucien comme moi, était un peu timide, un peu intro, et même terriblement complexé. Mais depuis mardi, cet homme n’existe plus. Depuis cette fameuse nuit où j’ai enterré ma vie de garçon. Trop fort ! Tu ne peux même pas imaginer la dinguerie. Nico et Fred, après m’avoir fortement alcoolisé, voire plus, m’ont abandonné dans un endroit où il y avait je ne sais combien de canons. Je veux parler de femmes et tu peux voir sur la photo prise par je ne sais qui que je n’exagère rien. Des Russes, des Lituaniennes, des Bulgares, des Tchèques, des Slovaques, bref un cocktail de nanas de l’est qui n’ont froid ni aux yeux ni ailleurs. Et, même si je sais que ça va te fendre le coeur, elles m’ont fait découvrir un monde, un monde !!! dont je ne reviendrai jamais, ma pauvre Ludi. Je suppose que ce genre de fiesta a été inventée pour tester la motivation des futurs maris : eh bien j’ai flanché. Je ne suis plus du tout motivé à l’idée de passer mes soirée devant la télé en te caressant la cuisse et en espérant que tu n’auras pas trop mal à la tête pour accepter une petite toupie polonaise (un truc !!!!). De passer nos vacances à Carnac à t’oindre le dos d’huile solaire alors que alors que… bref il y a tellement de choses à faire avec de l’huile solaire. Maintenant, si tu acceptes d’épouser un tout autre homme, le voici : il s’appelle Lulu, il est marrant, il mate les filles, il est lubrique et décomplexé du gland, il a envie de te prendre comme jamais personne ne saura le faire et de passer avec toi des nuits d’enfer. Et peut-être pas qu’avec toi car il aime partager. Voilà, ma Ludi. Je pense que tu ne perdras pas au change. Je t’embrasse où tu ne sais pas encore et t’attends, fébrile, devant l’hôtel. Je veux dire l’autel.

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: cozeries