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Archives pour la catégorie ‘caustic’

Oh mon dieu, j’ai des couilles !

04/02/2016 Comments off

Après avoir effectué un acte assez courageux, pas très courageux genre avoir dissuadé un homme de violer une femme enceinte dans le RER B en lui enfonçant mon parapluie dans une de ses narines ou avoir réussi à déloger d’une mairie de Levallois un couple de forcenés cumulards installés là depuis une trentaine d’années, pas jusque là mais un truc que quand même, faut le faire, c’est pas tout le monde qui en a pour faire ce que j’ai fait. Mais le sujet n’est pas là. Le sujet c’est qu’après cet acte, j’ai entendu des gens, des hommes et même des femmes, me dire que : ah la la ! Si tout le monde en avait comme vous !
- Avait quoi, comme moi ?
- Ben, vous savez…
- heu… non !
- du courage, vous voyez, enfin…
- des couilles, madame ! Si tout le monde avait des couilles ! Parce que vous, c’est clair, VOUS avez des couilles ! Bravo, madame ! Permettez qu’entre couillards, on se serre la main !
Et me voilà sans voix, à me faire secouer la main par celle d’un porteur de testicules qui ne se l’était peut-être même pas lavée après avoir manipulé le machin qui va avec, le pénis.
Et c’est comme ça que je suis devenue la femme à couilles dans l’enceinte de mon super marché parce que j’avais empêché une mémère à moustache et forte voix de passer devant tout le monde dans la queue. Quelle gloire !
Le pire, c’est qu’en rentrant chez moi, j’ai vérifié mon anatomie : hé bien croyez-le ou pas, j’avais effectivement deux utricules  en peau de zébi flétrie avec quelques poils dessus, qui avaient sailli au bas de mon mont de vénus. Ouch… c’était pas jojo à voir, je vous le dis tout net ! Ça nuisait fortement à mon image de marque féministe. Et puis même, c’était d’un laid ! Je me suis demandé comment les hommes peuvent être si fiers de deux petits organes aussi vilains, tellement vilains qu’ils n’ont jamais servi d’emblèmes, que je sache, à une quelconque cérémonie virile axée sur la bravitude. Genre le truc qui orne des portails d’administrations guerrières, fleurit sur des banderoles brandies lors de manifs velues ou sur les plastrons des plastronneurs testostéronés. Sorte de balls pride.
En étudiant la question, j’ai noté que beaucoup d’autres femmes avaient des couilles. Des femmes qui avaient fait montre d’une attitude ferme en exécutant un acte exemplaire et peu courant. Exemple : une garde des sceaux démissionnaire d’un gouvernement dit mou. Attention  cependant : une femme exécutant un acte exemplaire et peu courant qui élèverait une voix haut perchée se requalifierait instantanément non pas en personne couillue mais en en hystérique. Gaffe, la membrane est fine.
Voilà. Depuis, j’ai dû faire preuve de diverses lâchetés afin que ces testiculaires extensions se séparent de mon bas-ventre sans faire trop de vagues.
In fine, j’ai lancé une pétition pour que les scientifiques énoncent clairement sur tous les tons et tous les réseaux sociaux que non, définitivement, le courage n’est pas dans les couilles, mais dans le cerveau. Il est vrai que ceux qui n’ont que deux neurones ne peuvent pas comprendre.
Quant à nous les femmes, laissons notre minou vierge de tout pendentif, et cessons de manier la pensée unique et mâle qui, parfois, fait construire des caisses en bois dans les musée pour ne pas choquer certains …mal burnés à qui personne n’a osé dire qu’une femme n’en a pas, que ça ne l’empêche pas d’être courageuse.
Mais qu’eux sont parfois très très cons. Cons comme des bites, tiens, allez hop !

Texte et dessin © dominique cozette

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Nanar le tapir : saison 8. Ou 9…

20/12/2015 Comments off

D’après Wiki, le corps du tapir est massif et recouvert d’une peau très épaisse (il est d’ailleurs connu pour son cuir épais). Il a une courte trompe, qui lui sert à humer le sens du vent et à s’y adapter immédiatement. Il  mesure moins de deux mètres pour une circonférence pouvant aller jusqu’à approximativement 1,70 mètre, et une masse allant de 90 à 132 kg. (Photo du tapir en slip kangourou dans son pré carré)
Il possède un odorat excellent et une voix hyper développée. Dans la nature un tapir vit approximativement 85 ans. Dans la prison aussi.
Auparavant herbivore, le tapir est devenu fricophage. Son odorat le porte immédiatement dans les lieux et places où le fric affleure : les affaires, le sport, la presse, les magouilles et … la politique. Ayant réussi un temps à être presque au sommet de la pyramide alimentaire (ministrus mitterrus) puis ayant intégré la réserve modèle du sarkosypus horribilis où il put donner libre cours à son sens de la prédation, il s’est créé un énorme silo de fric donc les historiens se demanderont plus tard : comment fut-ce possible ?
Hélas pour lui, d’autres prédateurs en voulaient à cette réserve. Ils l’ont cerné et sommé de la remettre en circulation. Acculé à la banqueroute — expression qu’on pouvait lire dans nos vieux manuels scolaires en pouffant (acculé !!!) — le tapir va de nouveau retourner sa veste et aller là où le vent le porte, où ça sent le fric : l’éradication du fromage. Ici, on dit le chômage. Il va faire comment ? Tout simplement l’interdire. Le tapir est un gars malin, il sait que les riches ont certes plus de fric que les pauvres mais que les pauvres sont bien plus nombreux et que c’est là qu’il doit foutre son nez fureteur.
Le petit problème : au bout de sa trompe, il y a un truc rouge, tout rond qui lui est poussé, que les tapirologues ont nommé le NDC. Autrement dit : le nez de clown. Et ça, ça ne fait pas très sérieux !

Texte © dominique cozette

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Ta quéquette, elle mesure combien en terrain de football ?

01/10/2014 Comments off

Il semble que le terrain de football soit devenu le nouvel étalon de mesures de nos chers journaleux, comme si les mesures n’existaient pas. (voir exemples en annexe)* . Moi, ça me parle pas. Je sais que c’est grand mais franchement, c’est pas très défini.
Un terrain de foot, c’est entre 90 m et 120 m pour la longueur. Et pour la largeur, entre 45 et 90 m.
Bon, prenons les terrains des matches internationaux qui font 105 x 68 (approuvé par la FIFA).  Et disons qu’un km c’est un peu plus court que dix longueurs de terrain. Ce qui fait que pour aller prendre mon métro, je parcours un peu moins de 6 fois le terrain.
D’ailleurs, l’autre jour, à Paris, un jeune homme m’a demandé où se trouvait l’Opéra Bastille et si c’était loin à pied. Je lui ai dit à environ 2 km. Il a produit une moue plus que dubitative alors j’ai dit : 21 longueurs d’un terrain de foot. Son visage s’est illuminé, il est parti gaillardement d’un bon pied sans crampons.
Et ça rentre dans les mœurs, je vous assure, du moins chez les garçons. D’ailleurs ils ne disent plus : j’ai fait une teuf dans un loft grand comme un terrain de football, ils disent j’ai teufé dans un tdf.
Et puisqu’on en est là, on peut aussi définir les meufs — rappelons que pour les bourrins, les meufs ne sont qu’une grosse paire de seins — en taille de ballon de foot soit bdf, demi-bdf etc. D’ailleurs un ballon de foot est composé de 32 pièces, comme un soutif classique (c’est à dire assemblé). Il fait 68 cm de circonférence ce qui nous ramène le soutif à un bon bonnet F. De quoi inciter nos gracieux amis à parcourir des dizaines de tdf pour un rencart avec miss bdf.
Ben et nous les filles ? On n’a qu’à aussi utiliser les dimensions de ce noble sport pour mesurer des trucs ! Par exemple, « la distance séparant l’intérieur des deux poteaux est de 7,34 m (8 verges) et le bord inférieur de la barre transversale se situe à 2,45 m (2 verges et 2 pieds) du sol. » Ça nous donne une taille de verge assez conséquente dont peu peuvent s’enorgueillir. Je suppose qu’il s’agit de verges d’âne en action.
Après renseignement, une verge est longue de trois pieds, mais on ne nous donne pas la pointure, ah c’est compliqué, ou de 36 pouces (qui likent ?). La verge espagnole est un peu plus petite. Quand à la verge belge, c’est une unité de surface.
Fichtre. On était bien d’accord pourtant, à part les Anglais, pour adopter un système métrique tout ce qu’il y a de simple. Et voilà que les journaleux, dans leurs tentations d’ampoulage de texte nous chamboulent nos repères ! Pffff….

*ANNEXE : exemples récents :
Un astéroïde de la taille d’un terrain de football va frôler la Terre le 15 février 2013
En forêt d’Amazonie, l’équivalent de deux mille terrains de football disparaît chaque jour.
Dubaï : un centre commercial grand comme 100 terrains de football
Un toit-jardin aussi grand qu’un terrain de foot!
Le futur temple du shopping du XVe, le centre commercial Beaugrenelle, accueille le plus grand toit végétalisé de la capitale.
Un télescope grand comme un terrain de football
UN OVNI GRAND COMME UN TERRAIN DE FOOTBALL SURVOLE LA VILLE SUISSE D’YVERDON-LES-BAINS.
« Le champ était gros comme un terrain de football ». Déjà, un terrain gros je me demande comment peut il être, et ensuite, combien mesure un terrain de football? »
Le plus grand champignon du Monde est le mycélium (partie enterrée du champignon) d’un Armillaire d’Ostoya ou Armillaire Noir (Armillaria Ostoyae) qui occupe une surface équivalente à 1200 terrains de foot-ball, soit environ 900 hectares et son poids est estimé à 600 tonnes!!!. Il a été découvert aux U.S.A. (Orégon).
Le drapeau du Qatar sur un terrain grand comme 7 terrains de football. -
Il faut savoir que l’intestin grêle peut être long d’au moins 8 mètres et présenter une grande surface de contact grâce à ses villosités, équivalente à celle d’un terrain de football (300 m2).

Quant à « des seins gros comme des ballons de foot », je vous laisse chercher sur Google, ça a pas l’air triste.

Texte (hors annexe) et dessin © dominique cozette

 

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Réponse du berger à la bergère

14/09/2014 Comments off

Ma chère Valoche,
depuis que tu as fait les tiennes, je n’ai jamais autant entendu parler de toi. Rassure-toi, je ne ferai pas un livre sur notre relation car j’ai beaucoup de boulot, de l’huile sur le feu, de l’eau dans le gaz, Gattaz et l’Irak, les sans-dents comme tu l’as fait buzzer, et dont tu as même la preuve. Tu me rappelles Monika Levinski qui avait gardé sa robe tachée du sperme de Clinton pour le jour où elle devrait apporter des preuves. Heureusement que nous faisions l’amour à poil, ma grosse !
De quoi te plains-tu finalement ? Que je ne t’aie pas épousée ? La belle affaire ! Tu sais comme je suis : un ego-jouisseur mou. Avec les femmes, c’est le meilleur qui me motive, pas le pire. Assez de soucis comme ça.
Cependant,  j’ai tenu quelques promesses : Tu voulais gravir les marches du pouvoir à mon bras : tu l’as fait. Tu voulais garder ton boulot chez Lagardère, tu l’as fait. (Lagardère, tout de même, Valoche !) Tu voulais le pouvoir et l’argent, ça y est ! Grâce à qui ?
Tu me voulais pour toi tout seul, ça, ma vieille, c’était pas possible, entre la France et toi, y a pas photo.
Quant à mon histoire avec JG, je n’y peux rien si je suis bourré de la testostérone des mâles dominants. Je ne suis qu’un animal soumis à ses glandes, comme le coq, le lion, le chimpanzé… Vous êtes drôles, les femmes, vous voulez toujours nous changer !  Si j’avais été fidèle, nous n’aurions pas vécu ces dix belles années ensemble, je serais encore avec Ségo.
Oui, elle est de retour au harem, heureuse et consentante. Comme toi, ma Valoche, un jour, quand Lagardère te trouvera has been et que tu auras claqué tes droits d’auteur ! Bien contente de revenir dans l’aile des dames de l’Elysée. Note que je n’y serai probablement plus, un peu grâce à toi et à tes sans-dents.
J’ai pas lu le bouquin mais comme ce n’est pas toi qui l’as écrit, nous sommes quittes.
Et puis, chère Valoche, entre nous, je suis bien content que tu m’enfonces un peu plus dans les sondages. Ça va m’aider à toucher le fond, pour mieux rebondir comme je l’ai toujours fait. Avec une petite sirène peut-être. Qui sait ?
Le capitaine de pédalo t’embrasse bien fort.
Françou
PS : Tu as oublié ton bonnet de bain dans le tiroir. Mazette, c’est au moins du 95 C !  Je ne savais pas que la première dame était aussi une grosse tête ! OK, c’est pas drôle. Je vais te le faire porter à Match par un motard.

Texte et image © dominique cozette

 

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L’horrible destin du doudou

05/08/2014 Comments off

Tout petits déjà, ils abandonnent leur doudou sur un bout de trottoir. Les parents n’ont rien vu, bien sûr. Les parents, ces irresponsables qui leur achètent des doudous en veux-tu en voilà comme des petits pains au chocolat !
On peut être sûr que ces monstres devenus grands vont larguer leur chien dans un bois, leur bébé trisomique dans un container, leur femme dans un bordel ou leur mari dans une laverie. Puis un jour, ce sera nous, leurs vieux parents impotents et ruineux qui finiront sur un parking Auchan, enfermés dans une voiture en plein soleil, un dimanche.
C’est pour lutter contre cette forme de délinquance qu’est née la brigade des doudous abandonnés, dont je suis l’une des bénévoles. Avec la LBA, plus moyen d’échapper à la terrible sanction de ces petits criminels en couches.
Protocole appliqué illico : relevé de l’ADN sur le doudou. Confrontation avec la banque mondiale des données désoxyribonucléiques. Identification. Procès verbal.
Et la sanction : suppression définitive de la tétine.
On n’a pas encore suffisamment de recul pour tirer les conséquences de cette initiative. De toute façon, lorsqu’on en aura, j’aurai claqué depuis belle lurette. Mais ce n’est pas une raison pour se laisser enquiquiner par des tyranneaux sans conscience morale !

Photo © dominique cozette

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Les gens, les gens…

17/12/2013 Comments off

Les gens sont sympas. Les gens sont méchants. Les gens n’ont honte de rien. Les gens sont moches. Les gens n’ont pas d’idée. Les gens sont snobs. Les gens sont simples. Les gens ne sont jamais contents. Les gens font ce qu’ils peuvent. Les gens sont aigris. Les gens sont paranos. Les gens sont pas aidés. Les gens sont méfiants. Les gens sont aveugles. Les gens sont cool. Les gens sont d’un égoïsme. Les gens sont terrifiants. Les gens sont chouettes. Les gens n’ont rien dans la tête. Les gens sont superficiels. Les gens sont laids. Les gens sont drôles. Les gens sont des bourrins. Les gens sont sinistres. Les gens sont mal élevés. Les gens ont de la merde dans les yeux. Les gens sont des porcs. Les gens sont durs. Les gens sont des amours. Les gens sont incroyables. Les gens sont pathétiques. Les gens sont fourbes. Les gens sont obtus. Les gens sont tellement indiscrets. Les gens sont inconscients. Les gens sont gentils. Les gens sont idiots. Les gens sont incultes. Les gens sont hypocrites. Les gens sont hallucinants. Les gens faut pas compter dessus. Les gens sont braves. Les gens sont touchants. Les gens sont insupportables. Les gens sont tarés. Les gens sont too much. Les gens sont étonnants. Les gens sont extras. Les gens sont cons. Les gens sont bizarres. Les gens sont pitoyables. Les gens sont prévisibles. Les gens sont des boeufs. Les gens sont des veaux. Les gens sont des moutons. Les gens sont bêtes. Les gens sont comme ça. Les gens sont pires que tout. Les gens sont graves. Les gens ont la trouille. Les gens sont fous. Les gens sont jaloux. Les gens sont extraordinaires. Les gens sont authentiques. Les gens sont des lâches. Les gens ont du culot. Les gens ont peur. Les gens n’en ont rien à foutre. Les gens me font rires. Les gens oublient facilement. Les gens se croient tout permis.
Et j’ajouterais : OK, mais faudrait voir à pas généraliser !

Texte et dessin © dominique cozette.

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Nathalie demande grâce…

09/12/2013 Comments off

J’ai rencontré NKM dans le métro. Désespérée, la nana ! Elle n’avait pas de ticket sur elle et elle se demandait si elle trouverait suffisamment de monnaie au fond de son sac jaune pour s’acquitter du prix d’un billet. Pour elle, le billet vaut 4 €. En fait, il vaut 1,70 € à l’unité et 1,30 € si on prend le carnet de 10. Mais ça, personne ne l’a avertie car elle aurait trouvé ça pas assez cher, comme c’est dit dans la première pub pour la Duster.
Donc, la voilà dans l’entrée du souterrain de la station Sèvres-Bab, celle de la Grande Epicerie, là où elle fait provision de mets délicats, sucreries douces-amères (qui lui donnent ce petit rictus pincé) et huile issue des liposuccions de Catherine Deneuve. Tout ça stocké dans son grand sac jaune Hermès dont elle rêve qu’un jour la marque le rebaptisera le « KM » comme on a déjà le Birkin et le Kelly. En même temps, se demander si chaque matin on va prendre son Kochouchomorizet, c’est pas terrible. Moi, j’aurais le choix… mais je ne l’ai pas et je ne suis pas très sac.
Bref, elle en est là de ses recherches lorsqu’un mécontent de Hollande lui pose cette question : « Le pouvoir d’achat baisse, les impôts augmentent, faut-il encore augmenter les prix ? ».
Edouard Leclerc, il s’appelle le mec qui fait son intéressant car il vient de reconnaître la candidate à la mairie de Paris, si proche du peuple, si concernée par le quotidien des travailleurs.
Levant sa tête contrariée, elle lui répond : Non, faut surtout pas ! Vous vous rendez-compte ? Je dois déjà payer 12 € pour revenir chez moi, alors non, surtout pas !
On a ri autour d’elle, tous autant qu’on était, car la pauvre NKM croyait qu’il fallait raquer à chaque correspondance.
Finalement, un gros gars « de couleur » style caillera quand il avait 20 ans mais là il en avait 40, lui a proposé de la faire passer avec lui, il lui a fallu se coller sur son gros derrière pour franchir le tourniquet. Un superbe moment de grâce ! N’empêche, elle en faisait une tête !

Texte © dominique cozette

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On a retrouvé la petite Céline

10/11/2013 Comments off

Le soulagement est au rendez-vous : la police a retrouvé la trace de la petite Céline, disparue depuis plusieurs mois. Elle avait échappé à la vigilance de ses nurses anglaises dans les jardins de Bagatelle, nurses contre lesquelles le papa de Céline, Louis VMH, a porté plainte, arguant du fait qu’elles usaient trop de leurs portables durant les sorties, ce qui les détournaient de leur mission : veiller sur l’enfant.
Mais aujourd’hui, en attendant son retour à la demeure paternelle où le champagne Moët coule à flot pour célébrer la nouvelle, il confie à la presse être extrêmement satisfait du travail de la police française (car monsieur Louis VMH. vit désormais en Belgique).
Comme on le voit sur cette photo prise au moment de sa libération, la petite Céline semble avoir été bien traitée en fonction de son niveau de vie. Elle porte une tunique tissée main par des petites mains tunisiennes d’une valeur de 6500 euros, des colifichets en or issus des meilleures joailleries d’Orient, d’une valeur estimée à 250 000 euros et un collant en latex terminée par des boots, d’une grande marque allemande. Sa valisette ressemble à celles que son père fabrique mais elle est en faux veau, la petite Céline ne supportant pas la cruauté envers les jeunes animaux.
En revanche, on peut s’inquiéter de l’état physique de la fillette. Elle est très amaigrie, elle a perdu une dizaine de kilos, ce que les ravisseurs expliquent par le fait que la fillette était très difficile à nourrir, ayant de tels goûts de luxe qu’ils n’avaient pas les moyens de se procurer les ingrédients qu’elle réclamait. Ils ont pris soin de la mettre sous perfusion afin d’éviter l’irréparable.
Les personnes chargées des négociations ont confirmé que Céline était extrêmement bien traitée. Il n’y a qu’à voir les soins esthétiques visibles sur ce cliché. D’ailleurs, elle a exigé de conserver le superbe matelas pneumatique orange métal sur lequel elle jouait dans la piscine à débordement. Les ravisseurs n’ont pas eu le coeur de s’y opposer.
Cette pénible histoire, qui a tenu la sphère médiatique et les réseaux sociaux en haleine pendant plusieurs mois, sera vite oubliée par la fillette qui a elle-même annoncé à son père qu’elle ne voulait plus jamais jouer dans les jardins de Bagatelle où il y a trop de cailleras (sic). Son père, Louis VMH, n’a fait aucun commentaire.

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Nous les femmes…

31/08/2013 Comments off

Un texte de Françoise Héritier que j’avais gardé par devers moi au cas où. Le « cas où » pourrait bien être cette journée du 8 mars. Mais les choses ont changé. Aujourd’hui, les hommes ne nous considèrent plus de la même façon. Pour la bonne raison qu’ils sont devenus, notamment les hommes politiques, ce qu’ils nous reprochaient d’être au premier paragraphe et partiellement au deuxième. (Genre : c’est çui qui dit qui y est…). Pas sûre que ce soit un signe d’évolution…

Dans notre société, l’homme est dominant et a mis en place toutes sortes de stéréotypes pour qualifier les femmes. En gros, deux catégories (plutôt antagonistes) :
- créatures irrationnelles et illogiques, dépourvues d’esprit critique, curieuses, indiscrètes, bavardes, incapables de garder un secret, routinières, peu inventives, peu créatrices notamment dans les activités de type intellectuel ou esthétique, peureuses et lâches, esclaves de leur corps et de leurs sentiments, peu aptes à dominer et à contrôler leurs passions, inconséquentes, hystériques, changeantes, peu fiables voire traîtresses, rusées, jalouses, envieuses, incapables d’être bonnes camarades entre elles, indisciplinées, désobéissantes, impudiques, perverses…
- ou alors : fragiles, casanières, peu douées pour l’aventure intellectuelle et physique, douces, émotives, recherchant la paix, la stabilité et le confort du foyer, fuyant les responsabilités, incapables d’esprit de décision, d’esprit d’abstraction, crédules, intuitives, sensibles, les femmes ont besoin par nature d’être soumises, dirigées et contrôlées par un homme.

Françoise Héritier Masculin/féminin I.

Categories: caustic

Tu fais quoi là ? Je jouis…

28/08/2013 Comments off

Imaginez que les femmes puissent avoir aussi leur Viagra.
Que votre maîtresse qui avait  déjà le feu au chose multiplie ses assauts à votre endroit par dix …
Que votre épouse — qui montrait devant votre belle érection autant d’enthousiasme que devant un kilo de poiscaille à vider et à écailler  — se mette brusquement à grimper aux rideaux de 4 mètres  — hauteur sous plafond de votre loft …
Que  votre pauvre mère racornie par dix ans de veuvage se mette à danser la gigue en entendant les pas feutrés de monsieur le vicaire…
Que votre voisine d’open space — miss momolle d’ordinaire amorphe — disparaisse tous les quarts d’heure à l’appel de jeunes stagiaires glandus à  moustache naissante …
Que votre belle-soeur au physique ingrat et gras — appelée l’Antibaise — soit subitement devenue la folle du cul des dimanches à la campagne, faisant partager ses feulements à toute la famille recomposée…
Que votre grande fille sérieuse née d’un premier lit ait brusquement découvert la commodité des sites de rencontres, de sa chambre  au grenier  munie d’une échelle d’où vous voyez descendre ou monter des sortes de technocrates juniors, à houppette et à chaussures pointues venus dans des sortes de faux 4×4 de marques asiatiques…
Que votre soeur aka la Frigide soit changée en barjot délurée, jamais plus partante pour les corvées spéciales vieilles filles comme s’occuper des dîner familiaux, des cadeaux familiaux, des projets familiaux, des recherches de lieux pour vacances familiales, de la généalogie familiale…
Voilà ce que nous réservent les futures pilules de désir pour les femmes en manque de libido. Et attendez, ça s’appelle Lybrido, pour l’une d’elles, ça fait de l’effet au bout de trois heures, et son effet NE dure QUE quelques heures ! Quelques heures !
Qui va tenir la maison, les enfants, le ménage ? Qui va s’occuper des courses, des repas, du budget ? Bon, ça encore !
Mais qui va en profiter pour coucher avec le plombier, le charcutier, le boulanger, le réparateur de machine à laver, le livreur de Nespresso, le type du contrôle technique, le généraliste, le gynécologue, le mec de la mammographie et du labo d’analyses, le dentiste, le coiffeur, le voisin de droite et de gauche, celui du dessus et du dessous, le chauffeur de taxi, le contrôleur de train, son patron, ses collègues de travail, le technicien de surface, les clients, le conseiller bancaire, le type de la médiathèque, le prof de Qi Gong et puis pourquoi pas les autres nanas, ses copines !!!
On nous a déjà imposé le mariage pour tous, on ne va pas laisser passer l’orgasme pour toutes ! Non mais des fois !

texte et illustration © dominique cozette

Categories: caustic

Y a des volontaires ?

05/03/2013 Comments off

Rassure-toi, Frigide, je ne connais personne, mais alors personne de chez personne, qui ait envie de toucher à ton sexe ! A moins d’être pervers polymorve ou une sorte  DSK aveuglé par le manque … Ou ton mari  ( j’espère pour lui qu’il a d’autres chats à fouetter en même temps, je m’en fous à un point !), je ne vois pas qui, homme ou femme (femme ???) aurait pour fantasme de glisser la main dans ta culotte.  (Pensée émue pour ta gynéco). Brrr…
Bref, Frigide,  je crois que tu te mets le doigt dans l’oeil jusqu’au col du fémur pour vouloir ainsi  te protéger de prédateurs  putatifs.

A propos de putatifs (d’abord on dit putes hâtives), cette image est assez cocasse  : « service continu » lit-on, avec une dame accorte  au second plan. S’agirait-il d’une maison d’abattage non-stop pouvant recueillir les malheureux que ta pancarte aurait découragés ?

On est bientôt le 8 mars, Frigide-qui-rendrait-n’importe-qui-impuissant, et je te jure que pour la journée de la femme, je ne me vois pas  fêter celle que tu es devenue,  ex-fêtarde en pleine mémérisation, ultra-réac, voulant préserver dans sa petite communauté de bigotes hétérosexuelles le privilège de fonder une famille parce que l’homosexualité, ce n’est pas dans la nature des choses. La nature  ?
Hé bien la nature fait mal les choses, Frigide, parce qu’avec la ménopause,  c’en est fini pour toi de la grande fête du corps, de la séduction  et du désir. Ton sexe, tu vois, personne n’a envie de faire joujou avec. Mets-le de côté pour le filer à la science, range ton papier, tu es ridicule ! Et mets ton écharpe, tu vas attraper froid, tu vas encore éternuer et nous faire des p’tites gouttes dans ta culotte…

Texte © dominique cozette

Categories: caustic, politic

Luttons contre le présentéisme !

17/09/2012 Comments off

La SNCF en a marre de voir des cadres qui traînent après avoir fini leur travail. Ça ne sert à rien. Elle a dit, la SNCF, qu’elle allait lutter contre. Elle appelle ça le présentéisme. Et que c’était mieux que les cadres rentrent chez eux pour s’occuper de leur famille. QUOI ? M’occuper de ma famille ? Et puis quoi ?
Du temps où je bossais, particulièrement dans les années fastes, 80, 90, c’est vrai, les cadres traînaient au boulot. C’était l’époque fléchettes, enculette (c’est juste un jeu idiot), et autres loisirs servant prétendument à décompresser. Plus les pots de toutes sortes pour fêter tout et n’importe quoi. C’était autant de bonnes excuses pour ne pas avoir à rentrer à la maison et aider aux tâches ménagères. La plupart des hommes, ça les emmerde de faire les courses, veiller à ce que les petits aient fait leurs devoirs, leur donner le bain, mettre le couvert, faire cuire le bifteck.
la femme, elle, ça la passionne ! Enormément ! Ces tâches journalières et répétitives sont l’essence même de son existence ! C’est pour ça que la femme cadre qui, en tant que cadre n’a pas l’horaire rigide, est écartelée entre le devoir professionnel qui lui demande, si elle veut un jour percer le plafond de verre, de rester après 18 heures comme ses confrères les mâles —  on n’est pas à la Sécu qu’on lui dit pour la culpabiliser —, et le devoir bonnichien qui l’exhorte de toutes ses trompes (de Fallope) à rentrer dare-dare clito-clito là où est sa place : près des robinets (évier, baignoire).
Donc la SNCF va foutre sa zizanie. Mais alors, que vont faire nos cadres déstabilisés par la suppression de ce temps flottant bien au chaud au boulot décomplexés de la glande ? Eh ben moi je vous le dis : ils vont aller s’arsouiller au bistro. Comme jadis nos grands-pères ! Qu’est-ce qu’elle croit, la SNCF ? Qu’elle va, en un coup de clic sur le bouton à envoyer des circulaires qu’elle va régir la vie domestique de ses employés ? Que papa va rentrer avec une botte de poireaux calée dans son sac à ordi ? Qu’il va avoir la bonne idée de passer à Carre-Ouf City ou Market en ayant pris soin le matin de lister ce qui manque ? Qu’il va brandir le plumeau parce qu’il a remarqué un peu de poussière sur son installation de home cinéma en plastique laqué noir ? Qu’il va emmener son aîné chez l’orthophoniste et tant qu’on est puisque c’est à côté, prendre la petite à la crèche ?
Mais je me trompe peut-être. Je l’espère. L’intention SNCFiste est bonne. La nouvelle tendance à rentrer tôt va peut-être ringardiser tous les traîne-savates. Et ceux qui s’exclameront « une réunion à 18 heures ? Et pourquoi pas des dossiers à faire à la maison ? » deviendront les nouveaux cadres  modernes et responsables dont les médias, ravis de la naissance d’une nouvelle tendance socio-cul, s’empareront pour faire leur beurre, tandis que Jean-Claude Kaufmann se hâtera de sortir son ouvrage « le retour du père au nid » bientôt en piles incontournables dans les Relay de toutes les gares SNCF de France.

Texte et dessin © dominique cozette

Categories: caustic

C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule #4

30/08/2012 Comments off

Sujet du jour : ça pue des pieds.
Je ne dis pas ça, chers amis de Fessebouc pour vos sublimes photos de pieds de l’été ci-jointes qui reflètent une hygiène podale très pointue mais plutôt parce que franchement, le service public en la personne de monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — au sujet de la non diffusion en direct des épreuves des Jeux Paralympiques, ça frôle le pied de nez taille 48 fillette.
Ce matin, monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — s’est targué face aux critiques de nombreux auditeurs lui reprochant de ne pas les diffuser en direct, s’est targué d’avoir fait beaucoup d’efforts pour, beaucoup d’efforts de, beaucoup d’efforts dans le but de… bref monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — a bossé comme un malade, c’est dingue, pour qu’on parle des Jeux Paralympiques sur son antenne, la preuve le magazine de l’après-midi. C’est cela oui…
Le monsieur face à lui, Cohen je crois, lui rétorque fort à propos que s’il a fait des efforts, hé bien ça n’aboutit pas à la diffusion des JP en direct et que c’est bien dommage.
Et tout le monde pense  que s’il y a des personnes qui ont fait vraiment fait une tonne d’efforts, c’est bien tous ces sportifs courageux, opiniâtres et joyeux. Oui, ça mériterait bien quelques directs. Moindre des choses, valeur d’exemple etc.
Alors monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — a une réponse qui sent un peu le grunge (le grunge en anglais, c’est les crottes qui se trouvent entre les doigts de pieds), il dit que malheureusement il ne peut rien faire parce comprenez-vous, ça risquerait de bouleverser la grille de la rentrée qui est déjà en place. Figurez-vous que monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — ne savait pas jusqu’à ce matin qu’il existait des Jeux Paralympiques fin août à Londres avec la Reine qui les honore de sa présence. Donc forcément, il ne les a pas prévus dans sa grille de rentrée monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — pour qui gouverner ce n’est pas prévoir, sinon, s’il l’avait calculé, oh il aurait peut-être fait un petit direct, enfin, c’est pas sûr, mais il nous jure que c’est vraiment pas de sa faute.
Et puis c’est vrai que les programmes du service public sont tellement formidables que mettre des gens qui puent la sueur et qui n’ont même pas de pieds souvent, ça aurait pas été terrible pour sa grille de rentrée à monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques —.
Moi, je trouve que ça mériterait bien un petit direct du droit ou du gauche, ça dépend quelle main il reste au paralympique pour réagir,  et un bon coup de pied oc pour ceux qui en ont encore, un pied. Je suppose que monsieur Pflimlin — merci pour les postillons automatiques — dispose d’un cul pour accuser réception de ce mouvement d’humeur !

Texte © dominique cozette. Photos © amis facebook

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Oui, j’ai couché souvent par politesse, par lâcheté, par flemme

05/08/2012 Comments off

J’ai couché par politesse avec des hommes qui avaient pris la peine de me faire plaisir en m’offrant une belle soirée, un beau cadeau, en étant gentils, galants, attentionnés. Ils avaient fait ça dans ce but, et je le savais implicitement et ils savaient que je le savais, c’était un marché et ne pas en honorer les termes aurait fait de moi une imposteur (tiens, ça n’a pas de féminin !).
J’ai couché par lâcheté aussi, pour ne pas avoir à me battre si la pression devenait trop forte, ou risquer la violence, des coups, des insultes, quelque chose dont je ne serais pas sortie indemne.
J’ai couché bien souvent par flemme car dire non à son partenaire quand on n’en a pas envie est source de débats inépuisables, d’argumentations désagréables auxquelles on ne pense pas par ailleurs. Quand on se refuse à lui, l’homme se sent blessé dans son amour-propre de mâle et il est difficile de suturer cette blessure par des considérations ordinaires et légitimes comme une défaillance  d’hormones. Rejeter la « faute » sur la mécanique interne équivaut à reconnaître l’humiliation machiste de l’infériorité des femmes soumises à « ça ». Alors, il reste la fatigue, le mal de crâne, le mal au bide, les règles mais ça fait tellement cliché !
J’ai couché plus qu’à mon tour par habitude, parce que c’est samedi, parce qu’il fait froid/chaud, parce que les enfants sont en vacances, parce qu’il n’y a rien à la télé, parce qu’on a bu, parce que ça se fait…
Bien sûr, j’ai aussi refusé de coucher. Bien souvent. Plusieurs fois, ça m’a valu de me retrouver dans la nuit à la recherche d’un taxi, faisant du stop puis rentrant avec un livreur de lait. Ça m’a valu aussi quelque luttes physiques assez éprouvantes, des altercations usantes, des menaces pénibles, du mépris aussi. Parfois rien,  et au mieux, de la compréhension.
Vous pouvez me dire : t’avais qu’à pas aller avec tous ces hommes.
Je pourrais vous répondre : c’est d’un seul homme qu’il s’agit, le père de mes enfants, l’homme qui m’a choisie et qui m’aime. Un homme amoureux, jaloux, primaire, possessif et ardent.
Je pourrais ajouter qu’heureusement, la majorité des fois où j’ai couché avec un homme, c’était par pur plaisir.
Mais faut-il croire vraiment tout ce que racontent les femmes ?

Texte et peinture © dominique cozette

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C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule #3

02/08/2012 Comments off

Thème du jour : le Travail, ou les mots pour le dire.
Les Inuits pour parler de neige disposent d’une centaine de mots qui la définissent précisément. C’est très utile, une neige molle, glacée, fraîche etc,  ne se vit pas de la même façon.
Nous, de même, quand nous parlons d’un chien, d’une voiture, d’une fleur, d’une danse, nous utilisons une gamme de vocabulaire étendue.
Par contre et en revanche, nous n’avons qu’un mot, et c’est certainement exprès, pour dire travail. Un mot. Quand on parle de rallonger la durée du travail, immanquablement tu as un cravateux goguenard qui affirme qu’il adooore travailler et qu’il veut bien le faire jusqu’à 80 ans alors de quoi se plaint-on. C’est probablement un genre de travail tout confort, chauffeur , beau bureau climatisé, fauteuil ergonomique, assistantes, matériel haut de gamme,  exécutants divers, salaires élevés, notes de frais ahurissants, avantages en nature, primes diverses, indemnités non imposées, déjeuners de prestige, valorisation sociale et j’en passe.
Contrairement au travailleur (car Monsieur Bien-Sapé n’est pas un travailleur, bizarrement) qui n’en peut plus de serrer des boulons, ou de vidanger de la merde, ou de vider des poulets, ou de pousser des wagonnets et ce, sous le contrôle d’un petit chef frustré/frustrant qui exige de la rentabilité, ne tolère aucune défaillance dans ses journées routinières, notre travailleur donc qui mange à même sa gamelle parce qu’il n’a pas les moyens de se payer un menu-jour  tous les jours, et entre deux et quatre heures de transport insupportable.
Quand j’entends dire que les Français ne travaillent pas assez (c’est une analyse erronée), je me demande :  Qui ne travaille pas assez ? Le type au marteau-piqueur, le producteur de films, l’infirmière, le conseiller ministériel, le journaliste, le marin pêcheur  ? Hein ? Qui ? Des noms !
Vous trouvez normal que dans la langue de Molière (comme on l’appelle) on manque tellement de talent qu’il a été impossible de créer des mots s’appliquant à différentes catégories de travail allant du plus pénible au plus épanouissant, du moins payé au plus rémunérateur, afin que quand on nous annonce qu’il faut que la France se remette au travail, on sache qui est visé  ? Le public, le privé, le manuel, le tertiaire, l’artistique ? Qui ?
Tout ça, c’est politique. On fourre tout dans le même sac, on mélange les torchons et les serviettes et, comme d’habitude, ce sont ceux qui n’ont pas la parole qui se sentent visés. Ceux qui décident du « travail », des « codes du travail », des « lois » du travail, eux, sont au-dessus de tout ça, même s’ils ne foutent rien, qu’ils passent leur temps à faire de la com et à donner des ordres.
Le travail pénible, dur, sale, blessant, épuisant, dangereux, humiliant, c’est comme le harcèlement, qu’il soit sexuel ou pas. Tant qu’il n’aura pas de nom, il n’existera pas, sera indéfendable, ingérable. Restera innommable donc.

Texte et peinture sur tôle © dominique cozette

 

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