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Un roman d’une force inouïe !

13/08/2022 Aucun commentaire

Peindre, pêcher et laisser mourir de Peter Heller est un livre magnifique. je ne connaissais pas le succès de ses débuts, La Constellation des chiens, et c’est une de mes libraires qui me l’a fait découvrir. Et quelle découverte ! Déjà, j’aime beaucoup des écrivains  de la famille de l’immense Jim Harrison décédé récemment et dont j’ai tout dévoré mais Heller, en plus, tout en s’en approchant, ‘en affranchit par un style plus percutant, plus dynamique. Il est loin néanmoins de s’affranchir de la poésie qui fait le sel des situations naturalistes dépeintes. D’ailleurs, on y retrouve l’amour des paysages grandioses, des animaux de toutes sortes, les plus sauvages qui se planquent dans les vastes forêts, mais aussi la passion dévorante (comme une addiction ici) pour la pêche à la truite  dont les rituels nous sont contés avec force détails — la fabrication maison des mouches, les sortes de lignes, de fils de soie, de waders … — et sans que cela nuiset à la fluidité de l’histoire qui nous prend rapidement aux tripes.
Ah oui, un suspense sanguinolent, parfois insoutenable dû à la situation très précaire de notre héros qui s’appelle Jim (tiens donc !) et est devenu courageusement sobre depuis qu’il a (presque) flingué un homme genre pédophile dans un bar. Et les pulsions de haine à l’encontre des méchants et des cruels, ceux qui blessent, frappent ou tuent des êtes sans défenses, humains comme animaux vont se produire assez vite, parfois réfrénés. Sans avoir tué l’immonde personnage qui s’en prend à une petite jument, il va se foutre dans une drôle de merde. Et il ne sera pas longtemps innocent.
Entre les parties de cache-cache avec les bourrins qui le persécutent, les policiers qui le suivent à la trace et ses accès de culpabilité, nous sommes loin d’avoir affaire à un homme d’airain. Sa fille est morte, elle avait quinze ans, il pense qu’il aurait pu éviter ça et depuis, il vit d’une drôle de façon, pas vraiment catholique, c’est sûr. Il trouve son exutoire dans deux disciplines qui demandent patience  et concentration : la pêche qu’il pratiquait avec sa fille qui adorait ça et qu’il continue pour faire comme s’il vivait encore avec elle. Et la peinture, une peinture sauvage, incisive, tripale qui lui permet de s’extraire de ce monde de terreur qu’il a initié. Une sorte de résilience, quoi.
C’est formidable, beau, surprenant, pas un gramme de gnangnantise, puissant et ce, jusqu’à la toute dernière ligne.
Ne vous privez pas d’un tel plaisir !

Peindre, pêcher et laisser mourir de Peter Heller. (The Painter, 2014). Aux éditions Actes Sud et Babel, traduit pas Céline Leroy. 476 pages, 9,80 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Hedy Lamarr trop belle pour être créditée, les cons !

13/08/2022 Aucun commentaire

Oui, les cons ! La marine US en pleine guerre, en 1941, avec son matos décadent, 60% des torpilles ne vont pas au but.  Une femme leur propose  une invention majeure et totalement nouvelle et ces imbéciles refusent, même si elle a été validée par le très sérieux Conseil National des Inventeurs qui le leur recommande. Déjà, parce que c’est compliqué à comprendre mais surtout — car elle va tenter d’aller en personne les convaincre — parce que c’est … une femme.
Cette invention sera prise au sérieux plus tard et sera utilisée par nos technologies actuelles : Wifi, téléphonie mobile, liaisons militaires, positionnement par satellite (GPS…) etc.
Mais revenons à l’histoire de cette femme géniale avec le livre La Femme qui en savait trop de Marie Benedict. C’est l’actrice Hedi Lamarr, son pseudo d’actrice. Elle est née en Autriche en 1914 dans une famille juive aisée et commence sa vie de comédienne adolescente. Elle tournera un film scandaleux (nudité et sexe) puis jouera Sissi au théâtre. Là, un homme très puissant la verra et tombera fou amoureux d’elle. C’est l’homme le plus riche d’Autriche, marchand d’armes d’extrême-droite, ami avec Mussolini, qui ensuite s’alliera à Hitler. Il a pris soin de la rendre catholique par leur mariage. Peu à peu, voyant qu’elle peut lui être utile car elle est très intelligente, il l’utilise pour sonder les invités politiques qu’il reçoit. Curieuse, elle lit tous les écrits sur les armes, assiste aux présentations de celles-ci, connaît leurs défauts.
Au péril de sa vie, elle va fuir cet homme terriblement possessif et jaloux ainsi que le régime nazi qui s’est immiscé en Autriche après l’annexion à l’Allemagne. C’est alors Hollywood, contrat avec la MGM, films, succès grâce à sa beauté et aussi à sa vie sulfureuse, nombreux mariages, aventures avec les plus grands. Ceci ne l’intéresse cependant pas. Culpabilisée d’avoir abandonné son pays, elle va mettre à profit tout ce qu’elle a appris avec son marchand d’armes, avec la complicité d’un musicien, Georges Antheil, qui a lui-même créé un programme pour faire jouer ensemble dix-huit pianos sans qu’on puisse décoder son système. Ensemble, ils vont inventer un système de communication cryptée pour les torpilles radio-guidées. Il s’agit d’un système d’étalement de spectre par saut de fréquence. Ils déposent un brevet libre de droits. Les imbéciles de la Navy ! Ils auraient pu épargner tant de vies s’ils l’avaient mis en œuvre.
J’ai axé mon article sur la prouesse inventive et particulièrement extraordinaire de Hedy Lamarr, qui fut d’ailleurs très vite oubliée comme le sont souvent les  femmes talentueuses. En réalité, ce livre romanesque place ce fait d’importance vers la fin du livre, détaillant plutôt toute la vie artistique, affective et sentimentale de la comédienne, qui ne manque pas de piquant. On révise de cette façon les grands événements de ces années de 1933 à 1942, la culture, la vie des nantis, la guerre de 40, les alliances entre puissances, les grandes peurs, la montée de l’antisémitisme. Puis on retrouve Hollywood tel qu’on l’imaginait, avant l’épisode Winstein et #metoo.
Un très bon « roman » pour l’été.

La Femme qui en savait trop de Marie Benedict (The only woman in the room, 2019), chez 10/18. 336 pages, 7,70 €

texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #593

13/08/2022 Aucun commentaire

A part le clown américain qui a encore fait des siennes, l’actu n’est pas toujours très drôle, et même extrêmement fumante, hélas pour nos pauvres pompiers. Heureusement, Macron parle de prêter son jet ski pour participer, mais ça plante. Les milliardaires voudraient bien aussi jeter un peu d’eau au-dessus des forêts en feu mais les hublots sont hermétiques (il paraît qu’on dit hermès-tics), en tout cas, ils sont reconnaissants à la patrie de ne pas les surtaxer comme le font les horribles méchants autres pays. Et puis ne croyez pas que c’est une vie que d’être toujours en l’air pour aller se rafraîchir (il paraît qu’ils disent en riant la bouche pleine de caviar béluga : allons nous rafraîchier) d’un golf à l’autre : ça fait gonfler le bide. Oui, bon, on va pas non plus se plaindre parce qu’il fait chaud en été. Sinon, bien sûr, souhaitons un prompt rétablissant à Salman Rushdie après sa terrible agression et puis faisons gaffe aux prochains flics des prochaines manifs et à leur formation en dix jours : ils peuvent tirer comme un rien sur d’innocents pacifistes, chose qui n’arrivaient jamais avec la police de Darmanin. Voilà, cela mérite bien quelques glaçons dans votre verre ballon, alors tchin dearest friends.

- CEMT : Perquisition chez Trump : Les enquêteurs à la recherche d’un cerveau repartent les mains vides.
- JP : Trump qui a fait enterrer son ex-femme Irina dans son golf parce que ça permet de classer le lieu comme un cimetière et donc de ne pas payer de taxes dessus, ça me foudroie toujours.
- HK : Vous vous réveillez dans un monde où la dernière goutte d’eau disponible servira à arroser un parcours de golf. Passez une bonne journée
- CEMT : C’est normal qu’on continue à arroser les golfs même en pleine sécheresse, vous savez bien que les privilèges, c’est toujours pour les trous de balle.
- RS : En Corse, les pauvres commerçants sont tous touchés par un terrible fléau, la panne de l’appareil CB. Obligé de tout payer en espèce. C’est dingue ces problèmes de réseau !
- KZ : Vous saviez déjà que l’élite de l’intelligence humaine avait créé une piste de ski en plein désert à Dubaï, mais saviez-vous que – puisqu’il y fait froid – ils avaient mis des braseros pour se réchauffer au bar ?
- RT : Ce que les macronistes appellent « indexer sur l’inflation, » c’est d’augmenter de 3 ou 4% quand l’inflation sera à plus de 7 en septembre. Tu m’étonnes qu’ils n’aient pas envie que l’école enseigne les mathématiques.
- SA : Je me demande quel est le meilleur moyen de lutter contre la sécheresse : faire la danse de la pluie, multiplier les concerts d’Arielle Dombasle ou réélire François Hollande.
- NP : Ceux qui souffrent le plus avec ces interdictions de laver les voitures c’est quand même les riches. Ils vont être obligés d’acheter des voitures neuves pour ne pas se retrouver avec des voitures sales comme les pauvres.
- JE : Pour ne plus avoir de sécheresse, le mieux est d’implanter partout des terrains de golf.
- IF : Milliardaires et dirigeants irrités par le suivi en ligne de leurs jets privés, désolé pour le dérangement ! On est aussi un peu « irrité » d’avoir autant de vols à suivre. N’hésitez pas à prendre le train.
- PR : Fascinant de voir les moyens déployés par les autorités pour tenter de sauver un béluga, et le système organisant le massacre de milliards d’animaux.
- MC : Vous vous réveillez sur une planète où milliardaires et stars voudraient pouvoir continuer à polluer en paix en utilisant leurs jets privés pour participer à un apéro sur la plage et ainsi relâcher autant de CO2 en un été que vous ne pourrez le faire en moyenne sur toute votre vie.
- GR : Les refuges pour accéder au Mont-Blanc sont fermés à cause de la canicule qui fait craquer les rochers ? L’être humain a la solution : des vols en petit avion pour admirer la disparition des glaciers. Après l’effet rebond, l’effet gros con.
- NW : À quel moment l’arrivée de 30.000 amateurs qui vont tenir entre leurs mains un Sig Sauer (nb : pistolet) après 10 jours de formation dans la police est-elle censée nous rassurer ?
- FM : Les USA rejoignent le Royaume-Uni, l’Italie, la Roumanie, la Hongrie, l’Espagne, en taxant les sur-profits des multinationales, tel que recommandé par l’ONU et le FMI. Quelqu’un a le numéro de Bruno Le Maire ?
- ES : Tous ces incendies montrent à quel point la société a avancé dans l’égalité hommes – flammes.
- RS : J’étais au golf ce matin et c’était insupportable. Y a de l’arrosage automatique de partout, ça te bouffe le cuir de tes chaussures Jack Dior et t’es obligé de nettoyer tes ray ban toutes les cinq minutes si tu veux voir quelque chose.
- BDM : Dites les pauvres ! Vous saviez qu’il fallait 70 litres d’eau pour fabriquer un litre de Coca ? Voilà, vous irez vous coucher toujours aussi pauvres mais un peu moins cons. Je retourne golfer.
- CC : En Macronie, tu peux être policier armé en 10 jours, prof sans diplôme, vendeurs de lunettes et faire des ordonnances d’ophtalmo, vétérinaire et vacciner des vieux, escrocs et être ministre. Tout est possible
- BN : La France devient le plus grand paradis fiscal du monde ! Même les USA veulent taxer les super profits !… C’est pour dire !
- CEMT : Gérald Darmanin : « Et nous allons expulser sans délai le béluga probablement islamiste qui s’est introduit illégalement dans notre pays. »
- RS : D’abord un orque, maintenant un béluga dans la Seine, va falloir qu’Anne Hidalgo se calme un peu sur les campagnes de pub de Paris plage…
- BM : Bonjour Emmanuel Macron, navré de vous déranger entre deux sorties jet-ski mais plus d’enseignants, plus de soignants, plus de personnels de crèches , plus de pompiers, plus de chauffeurs de bus scolaires, pourriez vous me dire où passent mes impôts ?
- NMB : Une étoile filante, c’est un caillou qui a traversé tout l’univers pour se désintégrer dans l’atmosphère d’une planète peuplée de gens dont la seule préoccupation est de placer chorizo dans un titre de film…  ça me fout le cafard tout ça.
- JC : Donald Trump, le beluga orange égaré dans les eaux de Floride, va finalement être euthanasié. « On ne peut pas faire autrement », à déclaré le FBI, « il schlingue trop ».
- gb : * Bonjour vous êtes en relation avec le Ministère de l’Intérieur  — Si vous souhaitez expulser un étranger arbitrairement tapez 1  — Si vous voulez être sommairement formé au port d’arme en 10 jours tapez 2  — Si vous vous inquiétez du terrorisme d’extrême-droite merci de raccrocher *.
- PI : Faudra voir à renommer les précipitations, elles prennent bien leur temps je trouve.
- PK : Arrêtez de critiquer Macron et ses vacances à la mer ! Il a le droit de se reposer comme tout le monde, surtout après son succès diplomatique avec Poutine, il les mérite plus que n’importe qui.
- RT : Dire que les milliardaires créent des emplois, c’est à peu près aussi solide comme raisonnement que de dire que les chauffards créent des emplois dans les hôpitaux.
- AL : Je propose un embargo sur les citations d’Albert Camus qui le font passer pour Paulo Coelho.
- HK : Vous vous réveillez dans un pays où le ministre de l’intérieur n’arrive pas à fournir des moyens aux pompiers alors qu’il n’a eu aucun mal à leur fournir des coups de matraque quand ils demandaient des moyens, justement.
- RDB : Vivement l’allocation de rentrée scolaire, j’ai déjà fini tout mon écran plat de l’an dernier.
- GE : Heureusement que les Français ont fait barrage à l’extrême droite ! Vous imaginez, on aurait pu être mêlés à une guerre, ne plus pouvoir se chauffer l’hiver, vivre dans l’insécurité, voir s’effondrer le service public et devoir appeler la Roumanie pour éteindre nos feux de forêts.
- DC : Y en a qui se demandent pourquoi Macron n’est pas sur le terrain auprès de pompiers. Personnellement, je pense que sur le terrain, il gênerait avec son jet-ski.
- OM : Il y a quand même des gars qui en veulent à Rushdie parce qu’il a écrit il y a plus de 30 ans un livre qu’ils n’ont pas lu à propos d’un autre livre qu’ils n’ont pas compris.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration ou montage d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Le drame berlinois de Kennedy

08/08/2022 Aucun commentaire

Ich bin ein Berliner,  ça ne marche pas pour Douglas Kennedy. Pourtant, son livre intitulé Cet Instant-là se passe dans la grande ville coupée en deux par le maudit mur. Un vrai mélodrame y prendra racine avec un suspense infernal. Mais ça ne commence pas comme ça. Ça commence de nos jours, au XXIème siècle, quand le héros, Thomas, reçoit deux courriers dans la maison isolée où il s’est retiré : les documents officiels de son divorce et le journal de son terrible amour.
Le divorce, c’était couru, il ne s’est jamais réellement bien entendu avec sa femme et c’était le symptôme d’un gros ratage, comme celui de ses parents. Lorsqu’il s’est marié, sa croyance en l’amour vrai, pur, avait été sérieusement ébranlé par ce qu’il s’était passé à Berlin.
Le courrier venu d’Allemagne l’a beaucoup plus choqué car il ne l’attendait pas. Vingt-cinq ans après cette épopée, l’affaire était close. Même s’il y pensait sans arrêt. Et le journal va tout faire ressurgir. Mais avant, Thomas va nous raconter ce qu’il s’était passé là-bas, quand il voulait devenir écrivain — il avait déjà eu un petit succès avec son premier livre sur l’Egypte —  et il choisit ensuite Berlin pour étudier de plus près la vie déchirée par la guerre froide qui s’y joue. Il réussit à trouver un emploi dans la radio pro-américaine Liberty, qui diffuse aussi à l’Est, emménage dans un quartier interlope chez un peintre junky et complètement barjo. Puis entreprend la connaissance de la ville en se rendant à l’Est où l’omniprésence de la Stasi est palpable. Oui, rien à voir, terriblement triste et policé, une sinistrose totale.
Dans cette radio, coup de foudre réciproque avec une jeune et jolie traductrice, Petra, transfuge de l’Est qui peu à peu se laisse apprivoiser par cet Américain si attentionné, si compréhensif et si amoureux. Ils partagent les mêmes passions pour le cinéma et la littérature, ils s’entendent à merveille, ce qui n’est pas sans soulever certaines jalousies. Leur projet de vivre ensemble s’enracine et commence à prendre forme jusqu’au jour où. Son journal s’arrête là puisqu’il quitte Berlin brusquement, le cœur en vrac, dégoûté de la vie.
Le journal qu’il reçoit est la réplique de son histoire, du point de vue de Petra, plus la suite, le pourquoi de cette rupture fatale et irrémédiable. Je n’en dis pas plus. Mais c’est bouleversant. Le mot est lâché…
Et puis d’autres personnages entourent cette brève et intense aventure et nous amène à considérer notre existence comme une suite de hasards, ou de malentendus, ou de chances… La partie berlinoise couvre à peu près 450 pages, c’est que ce que raconte de la vie là-bas est très détaillé, l’Est et l’Ouest, les soupçons des uns sur les autres, le mythe américain, la réalité du système communiste, l’impression d’être toujours coupable, tout cela nous renseigne avec précisions sur ces années. Passionnant.

Cet Instant-là par Douglas Kennedy, (The Moment, 2011) Aux éditions Belfond puis chez Pocket. Traduit par Bernard Cohen, 700 pages., 8,75 €

Texte © dominique cozette

 

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #592

06/08/2022 Aucun commentaire

Evidemment, il y aurait beaucoup à dire sur cette actu aride sauf que la nouvelle la plus fracassante concerne la sortie de prison d’un héros de la république qui a réussi, sans l’aide du Parlement, à soutirer un pognon de dingue aux contribuables, à survivre en milieu hostile sans jamais prendre de Falcon comme le font ses potes, sans avoir rendu l’argent donc sans changement dans son pouvoir d’achat si cher à Macron ni dans son train de vie, sans non plus se soumettre au bracelet électronique vu l’immensité de sa propriété qui en interdit le bon usage, sous les applaudissements de Dany Boon qui, pauvre biloute en déroute, n’a pas réussi à pénétrer dans son paradis fisc-sale. Tout le monde n’en a pas le code d’entrée, mais beaucoup quand même, les super-profiteurs que la France est le seul pays démocratique à épargner. Chaud devant encore et encore, buvez et n’oubliez pas que les glaçons font baisser la température du verre ballon, alors tchin, dearest friends !

- MN : Rien de plus important sur les chaînes infos que Balkany sortant de prison en couinant ? Politicards mafieux et véreux ayant pleinement mérité la taule mais qui, en plus, en sortent comme s’ils avaient fait le Vietnam.
- SM : Pfffuuuu cet engouement pour Balkany sur les chaînes info BFMTV, on n’avait pas connu une telle effervescence depuis la libération de Mandela.
- PA : Quand un homme dit qu’il ferait n’importe quoi pour une femme, il veut dire combattre des méchants et tuer des dragons, pas passer l’aspirateur ou faire la vaisselle !
- BLC : C’est malheureux à dire, mais il aura suffit que Dany Boon se fasse escroquer pour qu’enfin il me fasse rire.
- RDB : Le Sénat dit non à la taxation des superprofits. Et on peut les applaudir parce que c’était pas facile de parler avec la bouche pleine de caviar.
- TH : Si j’ai bien compris, si je baisse le chauffage de ma voiture en roulant à 20km/h à l’huile de friture, tracté par un vélo tout en buvant une gorgée sur deux et en respirant du poumon gauche, je peux permettre aux riches de continuer leur train de vie au calme ?
- NP : En fait le personnage que tu croises le plus souvent au Parc Astérix c’est CarteBleuix.
- ML : Bon alors… je payais pas la redevance, je touche pas de prime Macron et je peux pas revendre mes RTT… y a un macronnard qui va pouvoir m’expliquer que j’ai gagné du pouvoir d’achat grâce à l’enfumage de la loi de macron ???
- JD : La fin de la redevance c’est Hanouna/Zemmour partout et Elise Lucet qui disparait.
- BR : LREM est prêt à supprimer tous les impôts qui financent nos services publics, mais pas les impôts qui payent leurs salaires, leurs trajets en Falcon et leurs homards.
- RDB : Debout les feignasses ! Vous croyez peut-être que le réservoir de kérosène de Bernard Arnault va se remplir tout seul ?!!
- RR : En 2 ans, le Covid et la guerre auront appris à certains à : – Se laver les mains – Ne pas embrasser n’importe qui – Éteindre la lumière en sortant d’une pièce – Fermer une porte quand il y a la clim. Vivement la prochaine pandémie pour apprendre à changer de slip quotidiennement.
- RDB : Les gens de droite quand tu parles de justice sociale, ils te traitent d’utopiste, et en même temps ils croient dur comme fer qu’un milliardaire philanthrope inventera une solution technologique qui sauvera le climat tout en leur permettant de ne rien changer à leur style de vie.
- CC : Récapitulons Macron déteste les oiseaux. Les loups. Et on n’a aucune nouvelle du labrador. Je dis ça je dis rien.
- FI : Petit calcul du matin : avec une remise de 30 centimes par litre en septembre, il suffira à l’heureux propriétaire d’une Porsche Cayenne de faire deux allers-retours vers sa maison de Deauville pour toucher de l’Etat l’équivalent de la revalorisation mensuelle du RSA.
- IC : Donc Dany Boon se serait fait bananer 6 millions € par un escroc irlandais en voulant soustraire cette somme au fisc français?
- MM : Commissariat de Clichy-la-Garenne 5 étoiles : Peu d’attente, personnel souriant, café offert. Un lieu de charme à deux minutes de Paris. Votre dépôt de plainte devient un moment privilégié de détente et de complicité.
- LJ : L’histoire retiendra que Macron aura été capable de trouver 8 milliards d’euros pour les jeux olympiques 2024 et pas un seul milliard pour l’hôpital public..
- CEMT : Patrick Balkany sort de prison et annonce sa participation prochaine à Danse Avec les Stars.
- SA : Les touristes dans l’île de Ré ont troqué leurs vélos classiques contre des vélos électriques… C’est vrai que c’est utile pour gravir les cols qui s’y trouvent.
- TV : Mais s’ils tournent le biopic de Xavier Dupont de Ligonnès, on est bien d’accord que c’est Terrasse Hill qui doit jouer le rôle principal et que Béatrice Dalle doit à tout prix être dans le casting ?
- NMB : J’ai pas mal regardé les émissions de cuisine des grands chefs à la télé, et une fois que tu as compris que « un filet d’huile d’olive » = une bouteille entière et « une pincée de sel » = une demie-brouette, les recettes sont assez faciles quand même.
- FT : À une époque, le poivrot qui te sortait des conneries raciste s’appelait Bébert, tu le rencontrais au café et personne ne prêtait attention à ses conneries. Aujourd’hui, il s’appelle Onfray ou Finkielkraut, on te dit qu’il est philosophe et tu le vois tous les jours à la télé.
- EM : Vraiment la french culture : se dire au revoir et  parler encore 45 min entre le pallier et la porte d’entrée.
- DC : Balkany sort de prison en liberté conditionnelle mais sans bracelet électronique : ça le gênait pour danser dans la rue !
- NP : Je ne dis pas qu’il fait chaud ici, je dis juste que j’ai fait tomber des pâtes dans la piscine, le temps que je les récupère, elles étaient cuites.
- FB : Je ne voudrais pas paraître démesurément pessimiste sur la prise de conscience de la réalité, mais j’ai aperçu hier une file d’attente dans une station de lavage de voitures.
- LJ : Patrick Balkany, un des plus grands escrocs de la Vème république , est accueilli comme une super star par les médias. À quand la légion d’honneur ?
- NMB : Toute la planète appelle à taxer les super-profits des compagnies pétrolières. Toute ? Non ! Un pays peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur.
- RT : Si jamais vous n’avez plus d’eau potable, essayez d’aller avec un seau au golf le plus proche aux heures d’arrosage.
- OK : Plus de 6500 travailleurs migrants sont morts sur les chantiers des stades au Qatar. J’espère que les os ne sortiront pas trop de la pelouse parce ça ne va pas être facile de jouer au foot en se cassant la gueule tous les 10 mètres.
- CR : Le paradoxe des fermetures des boulangeries dans les villages, c’est qu’il faut maintenant aller en ville pour acheter un pain de campagne….

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Categories: Fessebouqueries

L’herne Ernaux

03/08/2022 Aucun commentaire

Ça sonne pas mal, ce titre de bouquin. Ce n’est pas un bouquin, c’est une publication (voir ici tous les auteurs et personnalités qui y ont été consacrés depuis 1960) qu’à vrai dire je ne connaissais pas. Or, comme je m’intéresse de près à l’œuvre d’Annie Ernaux, je me suis fait offrir ce gros beau pavé pour mon anniv. Et c’est vraiment formidable car c’est un « cahier » très varié bourré d’informations, d’articles, de critiques, d’extraits etc… sur cette autrice. De nombreux artistes, écrivains philosophes, journalistes et j’en passe, y ont écrit des textes qu’il est très plaisant de découvrir. Certains sous forme de thématique par rapport à un ouvrage précis (Les Années, l’Evénement, Mémoire de fille...), d’autres sous forme d’analyse de son œuvre marquée principalement par son complexe de classe, d’une part, et son féminisme.
Il y a aussi, bien sûr, des textes d’Ernaux elle-même issus de conférences, d’articles envoyés à des journaux, le Monde, Libé, quand elle ne pouvait plus tenir sa langue et contenir sa colère. Et des souvenirs inédits sur ses études, ses déplacements, ses élèves lorsqu’elle était prof…
Le plus intéressant, à mes yeux, sont les extraits de son journal (intime) dont on suppose qu’il sera passionnant à découvrir mais seulement après sa disparition, selon son souhait. Pour autant, je souhaite qu’elle reste parmi nous encore longtemps et continue à décortiquer son vécu personnel qui, de l’avis général, est devenu universel.
Je ne saurais en dire plus mais ceux qui aiment Ernaux ne manqueront pas ce rendez-vous important, à dévorer frénétiquement ou à déguster par petites touches selon ses disponibilités.

L’herne Ernaux, 2022, aux Cahiers de l’Herne. Grand format. 320 pages, 33 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins