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Mais qui est le sale bourge ?

21/02/2021 Aucun commentaire

Sale bourge est le premier roman de Nicolas Rodier. Le titre peut égarer, on peut penser que la racaille fait du mal au garçon bien propre sur lui de la couverture, mais on se trompe. C’est le bourge, qui est sale, parce qu’il est violent, parce que son milieu est pourri et que les valeurs inculquées sont de pures virtualités.
Dès l’intro, on apprend que Pierre est condamné à quatre mois avec sursis, mise à l’épreuve et injonction de soins pour violences conjugales. Il a 33 ans. Il va alors dérouler sa vie, mais de façon factuelle. Que des scènes isolées sans introspection, ni analyse, ni explication ce qui fait la force du livre. Le trait est incisif, les chapitres courts et denses et, selon le bon vieil adage de la royauté britannique « never complain, never explain »; on n’est pas ici dans une tentative de réhabilitation, d’indulgence ou de confession complaisante. Pas du tout. Le narrateur n’essaie jamais de nous entraîner sur ce terrain. S’il y a une chose que l’on peut déduire de sa violence, c’est qu’elle serait déterminée par celle de son éducation. Mais sans s’appesantir sur cette hypothèse.
Le premier chapitre de l’enfance, terrible, plante le problème : sa mère l’oblige à avaler ses carottes râpées, trop acides pour lui, il ne peut pas, il n’y arrive pas. Ses frères et sœurs, ses cousins et cousines sont tous à la plage, mais lui décide qu’il ne cédera pas, sous le regard cruel et froid de sa mère. Et la scène s’étirera jusqu’à ce que tous les jeunes reviennent, il est dix-huit heures, alors vite, pour qu’on ne se moque pas de lui, il avale tout. Sa mère « tu vois, quand tu veux ». Le soir, elle ira l’embrasser dans son lit en lui disant qu’elle l’aime.
Ils sont d’un milieu haut de gamme, bourgeoisie catho versaillaise, les écoles privées, puis les prépas et grands écoles, les domaines et propriétés familiales où ce petit monde se retrouve à chaque fête, ou événement ou rite, et aussi les interdits, notamment le nom du frère du mari décédé de bonne-maman, secret de famille qui pèse. Il y a l’obligation de réussite, d’être le premier de la classe. Il y a aussi les coups de cravaches, les coups de gueule du père qui, ne se mêlant de rien quand l’enfant est petit, devient tyrannique quand il flanche durant son adolescence. Il y a aussi le qu’en dira-t-on, les pressions de la famille pour que rien ne sorte, rien de mal, entre gens bien élevés, rien ne doit filtrer.
Pierre va se révolter, un jour. Drogue, alcool et sexe seront son ordinaire quelques temps, puis la philo et le retour, un peu obligé, dans le droit chemin.
La femme qui va le faire craquer, c’est Maud, belle, étudiante douée en médecine, facile à vivre. Et pourtant, parfois, il s’énerve d’un rien. Il doit se contenir. Il voit même un psy après un premier faux-pas. Mais il se sent parfois envahi par la violence, il a un mal fou à se maîtriser. Il ne se comprend pas, se prend pour un moins que rien. Jusqu’à ce que quelques récidives et que Maud ait atteint son seuil de tolérance. Alors le procès et la condamnation.
Au départ, on a l’impression de lire un « petit » roman mais au fur et à mesure, on est pris dans l’engrenage de ce que subit Pierre et on se laisse envahir par son mal-être qui, sans être développé dans le détail (comme dans les livres de Lionel Duroy), nous atteint profondément. D’après ce que j’ai lu sur l’auteur, ce n’est pas du tout autobiographique. Ce n’est pas non plus une compile de clichés sur cette bourgeoisie fière, tête haute toujours, méprisante pour le reste du peuple, c’est beaucoup plus subtil. Un très bon premier roman.

Sale bourge de Nicolas Rodier, 2020 aux éditions Flammarion. 218 pages, 17 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #536

20/02/2021 Aucun commentaire


Il y a des semaines, comme ça, où quelques petits centimètres d’organe érectile squattent tout le reste de l’info. Ça peut être aussi l’arpion, auquel cas Tron serait l’arbre qui cache la forêt mais il faut reconnaître que le grand PPD, ce guignol de l’info, souffle la vedette à tous les autres, ajoutant à l’agression le marquage de son territoire par un jet inapproprié. Et les Martiens de se gratter le poil du crâne, et Macron s’empiffrant pour grossir, et Darmanin critiquant la mollesse de son ennemie, et Isabelle Balkany préparant sa casserole de nouilles pour sa future chronique, et Sarkozy se faisant vacciner avant l’heure… franchement ! Comme quoi, la quéquette des uns fait l’ombre des autres. Heureusement que le soleil nous console de toute cette indignité et qu’ainsi la journée s’annonce sous les meilleurs hospices* pour ceux qui ont un jardin dans leur Ehpad. Bon week-end, dearest friends, patience et Perseverance finiront par gagner.

- VD : La bite de PPDA vient de dépasser Perseverance.
- OB : Persévérance est bien arrivée sur Mars. La prochaine fois, merci d’envoyer Connerie, ça nous fera des vacances.
- VTS : La peur du variant s’estompe, va falloir relancer la menace terroriste si ça continue…..
- PE : Je suis malheureusement bloqué à l’étranger, j’ai appelé l’ambassade de France pour me venir en aide et ils ont eu le culot de me répondre que « Gare du Nord c’est pas l’étranger »
- JD : Si ça se trouve, en 2022, on aura des appels à voter Le Pen pour faire barrage à l’extrême-droite.
- DC : Ce pauvre gland de Tron a fini par tomber.
- PE : À Rome, tous les chemins mènent ailleurs.
- JD : C’est une chose de s’en douter, c’en est une autre de l’entendre, Marine Le Pen est moins d’extrême droite que Darmanin.
- RR : On parle tellement de l’Islam en ce moment que c’est à se demander si le gouvernement n’est pas en train de se radicaliser.
- GD : En somme, si j’ai bien tout suivi, ce gouvernement ni-de-gauche-ni-droite fait voter des lois pour séduire les électeurs d’extrême-droite afin de mieux se présenter comme un rempart à l’extrême-droite ?
- CEMT : Gérald Darmanin : « Et si j’ai décidé de dissoudre Génération Identitaire, c’est parce qu’en fait je les trouve un peu mous. »
- PA : Ça fait 5 minutes que je rigole parce que j’ai appris que le maire de Couthures est sans étiquette !
- LJ : Il y a maintenant en France plus de policiers et de gendarmes ( 450.000 ) que de paysans ( 400.000 ) Plus de gens pour nous contrôler que de gens pour nous nourrir.
- FT : Selon l’Elysée, Macron n’a pas grossi. Il a pris en densité et en maturité.
- MA : Avoir un enfant c’est comme être en couple : Les 3 premières années tout est merveilleux. Ensuite les premières crises, on teste les limites. Dix ans, t’as l’impression de ne plus partager que les repas. Vingt ans, il/elle se barre pour quelqu’un d’autre.
- DDS : Si ça se trouve l’islamo-gauchisme, ça se transmet par la nanotechnologie des vaccins 5G.
- NP : Stop aux clichés ! Il ne pleut pas tout le temps en Bretagne. Aujourd’hui il a fait beau. 23 fois. Bien sûr il a plu 22 fois mais si on s’arrête à ce genre de petits détails, forcément…
- BR : Il paraît que  Tron a retrouvé la Santé ?
- NI : Toujours aucune news de Jean Castex, il va se réveiller en juin et nous dire : ah mais le couvre-feu c’est fini, hein, je croyais que je vous avais prévenus, ah non au temps pour moi, j’avais oublié d’appuyer sur envoyer le message !
- LS : Quoi ? Ils ont retrouvé Dupont de Ligonnès sur Mars ?
- FP : Depuis que j’ai arrêté de fumer, j’ai beaucoup pris « en densité » et « en maturité ».
- HDD : Le gouvernement : “nous allons demander au CNRS une étude sur l’islamo-gauchisme” Le CNRS : “l’islamo-gauchisme n’existe pas”.  Le Figaro : “le CNRS est islamo-gauchiste”.
- PA : Aujourd’hui je suis allé voir mon psy. Il m’a dit que j’avais une double personnalité et il m’a demandé 160€. Je lui en ai donné 80 et je lui ai dit qu’il se fasse payer le reste par l’autre idiot.
- RDB : Isabelle Balkany rejoint l’équipe de Balance Ton Post en tant que chroniqueuse ! C’est plus un plateau télé, c’est un bac à compost !
- DSF : Urgent : Nicolas Sarkozy dément avoir été vacciné contre le covid. «  C’est en réalité Paul Bismuth qui a reçu la dose » a affirmé l’ancien chef de l’Etat en produisant une attestation de Claude Guéant.
- CEMT : Bon, y’a personne, apparemment c’est le couvre-feu aussi sur Mars.
- AR : Au trou le tron…
- PMC : — « T’as pas un peu grossi toi ? —  J’ai pris en densité et en maturité ».
- DR : Fin de game of Tron.
- ES : T’as pas le droit d’aller au resto, d’aller au ciné, de skier mais t’as un robot, lui il va sur mars. Ça te fout pas un peu les boules ? Dérogation spatiale.
- OVH : PPDA : Balance ton porcel.
- ADL : Une femme dénonce sans nommer : Elle est tombée sur un taré. Une femme dénonce et nomme : Les réseaux sociaux ne sont pas un tribunal, faut porter plainte. Une femme porte plainte : Elle en profite pour se faire mousser / elle ment. Ça va, on vous dérange pas trop ?
- CK : Je suis un arabe de Haute-Savoie : un rebeulochon.
- DDS : Merci d’avoir vacciné Sarkozy. Si ça peut nous épargner la mutation en variant de Neuilly…
- DSF : PPDA dénonce des accusations absurdes : «  J’ai d’ailleurs un témoin qui était avec moi au moment des faits supposés : Fidel Castro ».
- NMB : Le couple Balkany, condamné pour fraude fiscale, sera placé sous bracelet électronique. Encore des bracelets qu’ils n’auront pas payés. Y’a pas à dire, ils sont très forts.
- CC : « Dès qu’une stagiaire arrivait, la première chose qu’on lui disait c’est : Fais gaffe, ne monte jamais seule dans l’ascenseur avec PPDA. » On est au même niveau de prévention que « attention, petit lapin, tu risques de te faire pincer les doigts très fort ».
- CEMT : La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a plein de variants du virus à Nice, la bonne nouvelle c’est qu’il y aura bientôt plein d’appartements libres dans le coin.
- LS : INFO : « Dans ton cul », la nouvelle rubrique présentée par Isabelle Balkany pour apprendre aux téléspectateurs à frauder le fisc sans aller en prison. Bientôt sur Balance ton Post.
- HD : Le show bizz, c’est je te chaud bise par devant je te chaud baise par derrière.
- GU : MR Jacob, pour sauver LR de la dérive morale, vous devriez lancer un télé TRON animé par le grand vacciné Sarkozy . Ça enverrait du bois, non ?
- TB : Si PPDA est coupable, qu’il paye ! Mais faites ce que vous voulez, moi je séparerai toujours la marionnette de l’homme.
- JLP : Quelle histoire ! PPDA serait monté dans le bureau de Claire Chazal, aurait pissé sur le canapé, tout en hurlant :  » Ça ne peut plus d’urée !  »
- CL : « Dans la nature, le prédateur mâle urine partout pour marquer son territoire ». Ah non zut, c’était le bureau de Claire Chazal.
- CD : Selon le Parisien, PPDA est un épagneul breton : on l’aurait vu pisser et se masturber sur les canapés. Appelons donc un vétérinaire au lieu de convoquer les juges ! Faut-il le faire piquer ?
- ADN : Une amie me disait, derrière le masque, l’important c’est de sourire avec les yeux. J’ai donc testé sur la toute jeune fille de la voisine. Elle est traumatisée, je crois que je viens de lui bousiller son enfance.
- SCT : On en parle de mon voisin de train qui regarde une série sur l’écran cassé de son smartphone ?
- VTS : Voici bientôt 48 heures que je me pose la question suivante : Comment font les dragons pour éteindre leurs bougies d’anniversaire ???
- RS : Mon grand est en train de me montrer Fast and furious 7 à la télé. Je pense que je vais demander l’asile politique au voisin.

* Hospices. C’est évidemment une faute voulue se rapportant à Ehpad, un peu plus loins. D’aucuns ne l’ont pas compris.

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Caca boudin et bien pire

19/02/2021 Aucun commentaire

Vous réclamez de la culture ? En voici.
Et ça me fait bien rire.
Rue de Turenne, au 57, une minuscule galerie vient de s’ouvrir, 50 m2, elle s’appelle Pièce Unique. Car comme son nom l’indique, il n’y sera présenté qu’une œuvre. Ce n’est pas la première fois, selon le Monde 2 — presque deux pages sur ce lieu d’importance pour les chochottes de l’art gagosiano-perrotiniens — qui vante la niche appartenant à Massimo de Carlo. Je passe sur l’historique du galeriste mondialement connu ayant exposé d’immenses artistes internationaux. Il a confié les travaux de sa galerie au « starchitecte » Kengo Kuma, nippon comme il se doit, qui a construit le stade des Jeux Olympiques de Tokyo, c’est quand même pas rien, et qui annonce que « les petits projets sont essentiels pour mon approche conceptuelle car je peux y expérimenter des idées plus librement, avec moins de contraintes et ensuite les reproduire à plus grande échelle si elles ont fait leurs preuves « . On peut aussi appeler ça une maquette. Le concept du galeriste : « Il me semble nécessaire de revenir à l’idée du visiteur seul face à une œuvre ». Bon. J’ai hâte de voir le prochain vernissage déconfiné.
Le travail est soigné, les pierres lutéciennes ont été mises à nu et sablées, ainsi que poutres et lattes. La « banque d’accueil » a été dissimulée derrière une cloison, un parallélépipède de calcaire découpé dans le sol de Saint Maximin et laissé tel quel. Le sol en argile parachève cette symphonie de blanc, travail d’ »une discrétion absolue ». Quant à la baie, elle est d’un verre soigneusement sélectionné pour sa transparence qui n’offre aucun reflet. Et doit coûter la peau de paupière d’un cyclope.
Pourquoi me moqué-je ?
Parce que. Vous allez voir.
La personne de la banque d’accueil, fort sympathique, a insisté pour que j’accepte de prendre l’argumentaire. Une simple feuille A4, 80 grammes à vue de doigt, imprimée recto verso en corps 11 qui résume Massimo de Carlo puis nous informe sur l’œuvre de Kaari Upson (mini-bio au verso) intitulée Clay Baby (ce qui pourrait signifier bébé d’argile, mais c’est de la céramique). Et c’est la critique Myriam Ben Salah qui s’exprime :
TENEZ-VOUS BIEN !
« Gazon en plaque brûlure de merde brûlure des fesses brûlure de trou du cul crotte cuite au barbecue prêt remous miam miam, Paul Mc Carthy. (que vient-il faire là ?).
Je vous passe le travail archéologique qu’il lui a fallu faire pour justifier les trous de balle marron de la fillette penchée en avant « prête à déféquer ». Tout s’éclaire (!) à la fin : Si vous remplissez les fesses de Clay Baby et que vous les allumez, si vous lui enfoncez un bâton dans le derrière  — excusez mon français — elle défèquera des cendres, ouvrant la voie à une herméneutique de la décomposition. Spodomantie : divination par les cendres. Nous ne savons pas d’où vient Clay Baby mais il semblerait qu’elle sache où nous allons. »
Au zwater peut-être, je ne sais pas, je m’esclaffe en lisant ceci, c’est moins de l’art que du cochon quoique… Je suis subjuguée, je vous l’avoue, et me dit, in petto, avant de ressortir sous la pluie parisienne : tout ça pour ça…
(Mais c’est ça, l’art contemporain, imbécile, tu n’as rien compris). OK.

Galerie Pièce Unique. 57 rue de Turenne. 75003. Paris.

Texte © dominique cozette

Categories: kultur

Le dernier Duroy, un bijou

17/02/2021 Aucun commentaire

Lionel Duroy vient de sortir L’Homme qui tremble. Duroy, c’est un peu mon chéri, il écrit du plus profond de lui même, il écrit sur les choses intimes principalement, son enfance dans sa famille zinzin, plusieurs fois, ses amours et sa rage d’écrire. Il a commis aussi, parmi ses bouquins officiels, sur d’autres sujets plus journalistiques — il a été journaliste —  tels les enfants de bourreaux ou de dictateurs, le peintre Emil Nolde etc… et il a participé à l’écriture des mémoires de people comme Farah Diba, Vartan et bien d’autres.
Mais ceux que j’aime le plus sont évidemment ceux de sa vie privée et le meilleur, c’est de voir l’évolution de son jugement sur les événements vécus et sur lui-même. Son sens de l’analyse est d’un pointilleux jubilatoire et contrairement à ce qu’on pourrait imaginer de la part d’un homme qui décortique à ce point sa vie, il n’a pas une très haute opinion de lui-même, il se revoit minot avec ses grosses joues moches auprès d’un magnifique frère très classe, et déplore la façon dont il a été élevé avec ses neuf frères et sœurs, par une mère imbécile et un père sympa mais trop soumis à elle, une enfance en miettes et délabrée.
Il re-raconte cela dans ce livre, il se livre si je puis dire encore plus nu que d’habitude, raconte ses tremblements de peur qui lui tombent dessus dès qu’un livre n’avance plus ou qu’une femme qui l’aime devient une menace car ça l’oppresse, ça met une pression et surtout, il l’a compris, ça lui rappelle une scène de son enfance, quand sa mère se cachait sous l’armoire de leur chambre pour échapper à sa vie. Echapper est d’ailleurs le titre d’un récit qu’il a consacré à sa mère bien après sa mort, ce qui lui a donné les clés pour la comprendre.
Chaque femme aimée, la première avec qui a a eu deux enfants, puis la seconde qui l’a presque obligé a lui faire deux enfants, puis la suivante etc… a eu cet effet sur lui et chaque fois, il fuyait vers une autre femme qu’il n’aimait pas encore, donc sans enjeu, donc sans les tremblements.
Il re-raconte tout, dans l’ordre chronologique, avec les vrais prénoms, pour expliquer ce qu’il n’avait pas su bien expliquer. Il gratte et gratte encore la croûte. Il explique aussi comment il serait mort sans les livres qu’il écrit, comment il a envie de se suicider quand il bloque. Et surtout, pourquoi ses femmes et ses enfants lui ont souvent reproché d’être là sans être là. Car Duroy ne jouit pas du présent. Jamais. Il fait du présent la matière d’un prochain récit, il emmagasine la matière, il fait provisions de détails, il photographie même, en prévision. La plupart du temps, il écrit sur ses femmes après la rupture, lorsqu’il est avec la suivante, fou amoureux. « Comparée à la vie dans mon roman, la vie réelle n’avait que peu d’intérêt et je m’en serais volontiers retiré s’il n’avait pas été nécessaire de la maintenir a minima — pour écrire, précisément. » Certes, il avoue ceci lorsqu’il enquête sur sa mère et n’a rien de palpitant à faire d’autre. Plus tard, quand Sarah le rejoint en Roumanie où il travaille sur un personnage, elle se rend compte que l’amour qu’il dit avoir pour elle a beaucoup moins d’importance que d’arriver à finir son livre. Effectivement, pour lui, le désir de vivre, c’est écrire. Sinon vient la tristesse d’exister, et alors, comment aimer.
Fait-il vraiment être fan de Duroy pour apprécier ce récit ou peut-on y entrer comme ça, sans le connaître puis, se laissant prendre par cette fièvre qu’il a tout raconter, décider de se procurer tous ses autres récits ? Je ne saurais dire. Mais quel bouquin ! Quelle sensibilité ! Quelle sincérité !

L’homme qui tremble par Lionel Duroy, 2021, aux éditions Mialet Barrault. 384 pages, 21 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #535

13/02/2021 Aucun commentaire

Encore une semaine qui ne manque pas de piquants. Je mets au pluriel pour parler des choses qui piquent, comme les belles fiançailles de Marine et Gérald joliment scellées à la veille de la Saint Valentin tandis que Méluche flirtait avec Cyril H. Et le film de notre beau ministre de la santé voilant son téton quand la seringue l’a percé, et puis aussi ces pauvres retraités abandonnés au Costa Rica, se pelant de chaud et de soleil tandis que nous jouissons de la belle fraîcheur hivernale, so Moselle ! Les plus riches qui planquent au Luxembourg n’ont qu’à bien se tenir, les squatters ne piqueront pas leur belles demeures. En attendant le vaccin, comme disait Godot, papouillez-vous tendrement seul ou entre vous pour cette joyeuse fête florale de l’amûr. Bon week-end, my dearest friends !
- NP : Darmanin – Le Pen : La seule inconnue de cette émission c’est de savoir lequel des deux va demander l’autre en mariage.
- CEMT : Olivier Véran : « On a trouvé des tas de variants exotiques en Moselle, mais ne vous inquiétez pas, j’ai fait ma muscu, je vais leur casser la gueule. »
- MK : Petit rappel à deux jours de la Saint-Valentin : Le langage des fleurs : —  Roses : je veux te baiser. —  Œillets : je veux te baiser.  —  Marguerites : je veux te baiser.  —  Chrysanthèmes : t’es morte.
- NMB : Quelqu’un a des nouvelles de Jean-Michel Blanquer ? Ça fait bientôt une semaine qu’on l’a vu faire de la gym, depuis plus rien, j’ai peur que ce soit un claquage.
- DDS : Le Maire sort un livre, Darmanin sort un livre, il va bien falloir que Blanquer sorte un bouquin « Aquagym, barres parallèles et pandémie ».
- MK : Cinq minutes de victoires de la musique et je rêve déjà d’un autre monde.
- SY : J’étais en train de me dire, quand on pourra retourner dans les bars ça va faire bizarre. Perso je vais me mouiller la nuque avec de la bière et rentrer très progressivement.
- NMB : J’ai beau passer ma journée à rentrer mon ventre, il finit toujours par ressortir. Ce doit être un chat.
- FV : Ma mère, 90 ans, après avoir vu Véran se faire vacciner aux infos : « Franchement Véran devrait plus souvent enlever sa chemise. Faute de prendre plaisir à l’écouter, on prendrait plaisir à le regarder. Qui aurait imaginer que ce garçon a de si jolies épaules ?… »
- LS : INFO : Le ministre de la Santé, Olivier Veran, élu homme le plus sexy de l’année par trois sympathisantes LREM.
- DDS : —  Des comptes au Luxembourg, certes, mais c’est légal ! —  Qui fait les lois qui permettent que ce soit légal ? —  Des politiques dont les campagnes sont financées par les gens qui ont des comptes au Luxembourg —  Ah ouais c’est bien foutu quand même.
- JEB : P’tain mais que fait la police ? 17 sur les 50 familles les plus riches de France n’ont pas encore leur compte offshore au Luxembourg !
- AS : Le froid, c’est comme Céline Dion. Quelques minutes ça va, mais sur le long terme, c’est mieux au Canada.
- PI : J’espère que vous avez hâte de voir BFMTG et LCI tourner en boucle sur l’épisode neigeux et froid qui arrive avec des envoyés spéciaux chargés de filmer les précieux flocons et le désarroi du crétin de base qui ne comprend plus qu’on est en hiver.
- CEMT : D’abord Mauricette, maintenant Olivier Véran, bientôt peut-être une troisième personne vaccinée en France !
- ES : Le dicton du jour : « Mieux vaut un ministre piqué dans l’biceps qu’un ministre qui pique dans les caisses. »
-  NMB : Je voulais offrir du parfum pour la Saint-Valentin, mais j’hésite encore entre Eau de Covid de Moderna ou Rupture de Stock de Pfizer.
- LJ : Communiqué des psychiatres : chers concitoyens, étant donné que nous sommes inondés d’appels, nous vous informons que durant la période du couvre-feu, il est tout à fait normal de parler aux murs et aux plantes. Veuillez nous contacter uniquement si ils vous répondent. Merci.
-  RDB : Je soutiens la candidature de Zemmour à la présidentielle. Et celle de Ménard aussi. Tout ce qui peut diviser les voix des fachos au premier tour pour éviter qu’ils soient au second est bon à prendre.
- DDS : Origine du Covid-19, l’OMS repart de Chine sans certitudes : « On a auditionné des pangolins, des chauve-souris, des visons, des furets, des hamsters, mais personne ne veut parler. C’est la loi du silence. »
- LJ : Heureusement qu’il y a les tests PCR… sinon on continuerait à vivre en bonne santé sans savoir qu’on est malade .
- GD : On n’est pas bien là, entre le président épidémiologiste et l’enquête sur les certificats liés à l’allergie au chlore ?
- LJ : On a plus parlé du biceps de Véran que de l’enquête sur le Luxembourg et des 100 milliards planqués et volés à l’état par les riches. Il est là le problème.
- FS : Je suis un peu ennuyée… Depuis que mon père a eu sa 1ere dose de vaccin, il récite des fiches Wikipedia mécaniquement et parle Chinois dès qu’il s’approche de son compteur Linky…
- NP : Les antisémites ADORENT la campagne de vaccination massive en Israël : —  si le vaccin foire, ça va tuer des juifs, et ils aiment ça —  et si le vaccin marche ils vont pouvoir dire que les juifs ont été privilégiés par rapport aux autres et ils adorent ça aussi.
- LAP : Chez Mac Do à la table voisine, il y a ma diététicienne, on s’est regardées, on a fait comme si on ne se connaissait pas.
- VO : Devoir porter des lunettes, c’est aussi s’émerveiller de voir un petit hérisson dans son jardin et réaliser après cinq minutes d’observation que c’était une pomme de pin.
- ZI : Darmanin face à Le Pen : Un faf à faf.
- CEMT : Mélenchon chez Hanouna : Est-ce qu’on imagine le Général de Gaulle mettre des nouilles dans le slip de Jean Moulin ?
- LS : – Le seul appartement qui m’intéresse M. Damanin est celui du 55 faubourg Saint-Honoré. — Je suis désolé, Mme LePen, le locataire ne veut pas partir.
- LAP : Des squatters importunés par un vieillard de 82 ans sous prétexte que c’est sa maison. Mais où va le monde ???
- PE : J’ai le moral dans une chaussette perdue.
- AL : Darmanin- LePen, le débat de la honte où l’histoire retiendra les leçons de fascisme donné par un membre de la majorité présidentielle à l’extrême droite française !
- NP : Dites, les anti-masques, la quasi-disparition de la grippe et de la gastro cette hiver c’est dû à quoi, d’après vous ?
- IB : Parfois, je rêve d’attacher Benjamin Castaldi comme dans Orange Mécanique, de lui mettre un casque et de lui faire écouter pendant des heures sa pub Comme J’aime…
- LJ : Puisqu’ils nous interdisent tout ce qui est non-essentiel, je suggère de ne plus payer les députés jusqu’à nouvel ordre …
- CC : Je rêvais d’un autre monde où la terre serait ronde. J’aimerais bien qu’un jour quelqu’un prenne le temps de m’expliquer ces paroles.
- GB : Une fois vacciné au fait, on peut sortir sans masque et aller au restau, au théâtre, au ciné, chez des potes vaccinés, faire la fête avec des vaccinés ou… on reste chez soi comme un con mais… on est vacciné ?
- VP : Avant je me demandais pourquoi ça s’appelle les Victoires. Maintenant je m’interroge plus sur le côté Musique.
- RR : Victoires, c’est officiel : Stéphane Berne a piqué la place de Michel Drucker.
- PA : Hier, internet était en panne. Je suis donc descendu et j’ai parlé avec ma famille. Ils ont l’air sympa.
- LO : Hier t’as Darmanin qui explique à Marine Le Pen qu’elle a l’extrême-droite timide, et ce matin, t’as Attal qui t’explique que ça gouverne à gauche. Franchement avec un ratisseur comme ça, je fais mes 134 m2 de jardin en un seul passage.
- KA : Dix jours coincés au Costa Rica ! Hou lou lou… c’est pas facile la vie. Pendant ce temps-là il y a des agriculteurs et des restaurateurs qui se suicident mais évidemment, c’est vachement moins grave
- CE : Costa Rica, chacun sa M…. moi je suis bloqué à Aubervilliers j’ai appelé le quai d’Orsay.
- PB : Au lieu d’aller au Costa Rica, ces cloches auraient dû s’acheter du café Jacques Vabre, mettre un sombrero, et s’allonger dans leur salon sous un lampadaire en écoutant de la musique de Cariocas …..
- DC : Est-ce qu’au moins ces imbéciles vont conserver leur bronzage du Costa Rica après traitement ? Ça serait trop con sinon.
- LVS : M. Macron félicite M. Darmanin d’être plus facho que Mme Le Pen.
- IB : Covid-19 : le gouvernement décide la fermeture immédiate de la frontière entre la Moselle et l’Afrique du sud.
- PR : Il y a de la neige, la pandémie baisse, le Bitcoin explose. Il ne manque plus que Trump aille en prison et ça serait parfait.
- LG : C’est marrant. Stéphane Bern avec ses costumes semble sorti de l’ORTF. Il a dû échanger avec ses vêtements de l’Eurovision.

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La femme révélée

12/02/2021 Aucun commentaire

Comment parler de ce roman La femme révélée de Gaëlle Nohant ? C’est une histoire extrêmement romanesque que nous livre l’autrice, très imagée, même, je voyais les faits comme dans un film et c’est vrai que c’est très réussi. D’ailleurs, notre héroïne est photographe, elle a donc vraiment le sens du visuel. L’autre élément très réussi, c’est qu’elle écrit comme si c’était le témoignage d’une Américaine à Paris, et on se prend vraiment au jeu de ses balades dans ce vieux Paris des années 50, à St Germain des Prés, Montmartre et le long de la Seine. Puis, plus tard, à Chicago qu’elle semble si bien connaître.
L’héroïne du roman est en fuite, elle quitté brutalement un mari dangereux et a même laissé son petit garçon avec lequel il eût été impossible de fuir. La mort dans l’âme, la peur au ventre, et son petit Rolleiflex autour du cou, elle quitte les Etats-Unis et embarque pour Paris, la ville que son cher père, décédé, lui racontait. Ne connaissant rien ni personne, elle trouve un hôtel minable et il se trouve que c’est un hôtel de passe. Elle y noue quelques amitiés dont une fille qui va l’amener à vivre dans un foyer pour femmes, puis trouvera, grâce encore à cette petite bande d’amis, un job de nannie dans une famille rigide. Mais elle ne s’empêchera pas les virées le soir dans les clubs de St Germain des Prés, où elle écoutera du jazz et elle fera de belles rencontres. Mais elle craint toujours de se dévoiler car elle sait que son mari est lancé à ses trousses, c’est un homme puissant qui a de bons réseaux.
A Paris, elle va faire énormément de photos, de chouettes photos qui lui attirent de formidables opportunités.  Cependant, elle recule devant une carrière internationale qui la ferait sortir de l’ombre. Et puis, un jour, elle est draguée par un très bel homme, un Américain en mission à Paris. Elle se donne à lui, elle vibre à nouveau mais ne lui livre rien de sa vie d’avant. Jusqu’au jour où…
Alors, quel est ce frein à mon enthousiasme ? Oui, c’est un roman agréable, on suit cette aventure parfois cousue de fil blanc avec intérêt, d’autant plus que la partie qui se déroule à Chicago à la fin des années 60, y développe avec brio les émeutes raciales suite à l’assassinat de Martin Luther King. C’est vrai que c’est écrit avec énergie, entrain et suspens. Peut-être est-ce un poil trop romanesque ? Oui, ça doit être ça. Parfois, on peut entendre les violons, mais bon, c’est toujours un livre solide et réussi, dans son genre. Pourquoi bouder son plaisir. Oui, pourquoi ?

La femme révélée de Gaëlle Nohant, 2020. Au livre de Poche. 384 pages, 8,20 €

Texte © dominique cozette

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Retour à Martha’s Vineyard de Richard Russo

08/02/2021 Comments off

Retour à Martha’s Vineyard de Richard Russo jouit d’une critique très élogieuse. Pour tout vous dire, je l’ai trouvé un peu longuet parce que Russo, comme à son habitude, décrit dans leurs détails les plus insignifiants la bio des héros qu’il accompagne, de leurs parents, grands-parents, antécédents divers, scolarité, rencontres. Je ne dis pas que ce n’est pas passionnant mais parfois on a envie d’aller au cœur du sujet sans tous ces détours. Imaginez qu’un pote vous dise « je t’emmène dans un super resto ouvert et autorisé, c’est un peu loin, mais on y va »,  et qu’au lieu de prendre autoroute ou nationales, votre ami préfère vous embarquer dans de sinueuses petites routes de traverse, s’arrête parfois pour vous faire renifler un rameau de mimosa ou vous abreuver à une source divinement fraîche. Puis vous arrivez à mi-chemin, vous avez même la sensation que votre ami, tenaillé par la gourmandise (il vous décrit quelques amuse-bouche) décide d’entrer plus directement dans le vif de l’affaire, mais non ! Il continue à vous balader de vallons en guérets, de sentes en collines… Puis au loin, vous apercevez une folle bâtisse, il vous dit c’est là-bas. Mais… patience, pas encore, jamais directement. Enfin la récompense ! Et vous le remerciez de vous avoir trimballée car ça valait le coup … de fourchette.
L’histoire : ils étaient trois potes plus une nana, Jacy, dans les 70′s, soudés dans ce modeste campus où ils étudiaient. Les trois étaient follement amoureux de cette fille libre qui montrait peu d’intérêt pour son fiancé genre coincé. Pour fêter leur diplôme et surtout faire une dernière fête avant le départ au Vietnam de certains, ils passent un week-end dans cet endroit mythique, dans une belle baraque appartenant à la mère de l’un d’eux. Puis ils se séparent, se perdent de vue, ayant vaguement des nouvelles les uns des autres sauf de Jacy qui a disparu corps et bien après avoir quitté l’île. Ni ses parents, ni ses amis ou son fiancé n’ont su ce qu’il était advenu de cette fille formidable. Grosse blessure jamais refermée pour nos héros.
Quarante ans plus tard, l’héritier de la maison décide de la vendre, ce qui leur donne prétexte à se réunir ici pour quelques jours, comme au bon vieux temps. Ils ont 66 ans, plus ou moins réussi, sont un peu abîmés par l’âge mais croient au retour de leur belle jeunesse dans ce cadre idyllique. Cependant, le vide inquiétant laissé par Jacy devient de plus en plus encombrant. Des anecdotes remontent à la surface, un voisin style prédateur est soupçonné de l’avoir tuée, un vieux flic est approché… Peu à peu, on se rapproche de ce qui est arrivé. Et ce n’est pas rien. C’est même étonnant. Bref, ça valait le coup … de fourchette !

Retour à Martha’s Vineyard de Richard Russo. 2019. Chances are… titre original. Traduit pas Jean Esch. Aux éditions Quai Voltaire. 380 pages.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #534

06/02/2021 Comments off

Cette semaine, la République en Marche ou Crève nous en fait voir de toutes les couleurs ! Déjà qu’elle passe en démocratie défaillante dans le classement ! Et ce sable saharien qui vient rougir le ciel du sud de la France, comme la métaphore de tous ces grains de sable qui enrayent nos vies. Avez-vous remarqué que vaccin et vacances, ça commence pareil … mais que rien de tout ça ne commence vraiment. Grain de sable ! La faute aux ministres ? Les principaux qui font rien qu’à écrire des livres plutôt que de bosser sérieusement ? Grain de sable ! Prenez un candidat à l’élection présidentielle, que fait-il ? Des érections pestilentielles qui lui valent les surnoms d’Assholineau ou Harcelineau. Grain de sable ! Et Berry, accusé mais présumé, bon, ça met mal à l’aise, tout ça ! Comme ces vieux Léotard que jamais et Balladur la vie dans l’affaire Karachi des ronds de chapeau ! Et voilà-t-il pas que Brigitte, qui a su élever son enfant, heu son élève, au statut suprême, fait la morale en fustigeant les jeux vidéo et le mal qu’ils font aux jeunes, ces pauvres gamins privés de maîtresses et de vacances. Non mais des fois ? Grain de sable ! Et après, on s’étonne que le Sahara vienne mettre son nez dans nos affaires ! Je vous jure. Néanmoins, bon week-end, bonne chandeleur et de l’amouramitié à vous.

- DB : « Au début de ma relation avec Manu, je lui interdisais de jouer à la Game Boy plus de 2h par jour », raconte Brigitte.
- DDS : Mal organisées, ces files d’étudiants qui attendent pour avoir à manger. Regardez chez Sanofi, on ne fait pas la queue pour toucher ses dividendes.
- GD : Très amusé par ce ministre qui ne ressort qu’avant les vacances scolaires pour indiquer aux gens qu’ils pourront bien partir en vacances sauf s’ils n’ont finalement pas le droit de partir en vacances.
- CEMT  : « Et je vous promets que tous les Français qui le souhaitent seront vaccinés avant l’été, donc merci de ne pas le souhaiter sinon je suis dans la merde. » (Emmanuel Macron).
- JDF : Navalny condamné pour obstruction à une tentative d’empoisonnement ?
- PA : 17h56, je suis encore dans ma voiture. 18h02, arrivée à la maison. Je viens de vivre le moment le plus palpitant de mon existence !
- CEMT : Jeff Bezos quitte la tête d’Amazon, il sera livré dans son lieu de retraite dans les 24 heures.
- NMB : N’empêche, à la fin du XXème siècle, on avait un téléphone fixe mais on pouvait sortir, alors qu’au début du XXIème, on a des téléphones mobiles alors qu’on n’a pas le droit de sortir.
- TP : Après Bruno Lemaire, Gérald Darmanin publie un livre. Faut croire qu’en pleine pandémie, nos ministres ont beaucoup de temps libre…
- PI : J’ai très envie d’écrire un livre, mais j’attends qu’on me propose un poste de ministre pour pouvoir me dégager du temps.
- NP : Heureusement qu’il y a toujours un raciste de service pour rappeler qu’avant l’immigration, il n’y avait pas d’agressions, pas de chômage, pas de rues sales…
- GD : J’ai cru que ce curieux bruit venait de mon frigo, mais c’était en fait la chute de la France dans le classement des démocraties.
- DDS : Le nombre de lits de réanimation en Ile-de-France est passé de 2.500 en mars 2020 à 1.700 aujourd’hui. « Quoi qu’il en coûte »
- RDB : Donc si je résume, cet été on a vu Jean-Michel Blanquer faire du ping-pong, de la zumba, des barres parallèles, du canoë, de l’escalade, du rafting, du hoover board, du vélo, du beach-volley … C’est plus un ministre, c’est une pub Tampax.
- DDS : Soulagement : Sursis pour Balladur et Léotard dans l’affaire Karachi. Si on ne peut même plus financer les campagnes électorales avec les commissions occultes de ventes d’armes à l’Arabie-Saoudite et au Pakistan, où va-t-on !
- DC : Harcèlement, pédocriminalité, inceste :  On a le choix entre les zobs politiques et les zobs du chaud-biz.  Sinon, il y a aussi les hommes normaux…
- CEMT : « On va faire le contraire de l’inverse de ce qu’on avait dit qu’on ne ferait jamais. »
- CE : DANS LE CANARD : Ratés sur les tests, retards sur les vaccinations et sur les indemnisations : Macron reste fidèle au « couac qu’il en coûte » !
- LJ : Un exemple du ruissellement macronien ? Sanofi : 340 % de bénéfice, 4 milliards aux actionnaires et des milliers de licenciements.
- ES : Grosses tensions diplomatiques autour du Covid-19 : on rejoue « Les monologues du vaccin » !
- GD : La police française qui verbalise les automobilistes coincés dans les bouchons : voilà un bon résumé de la stratégie sanitaire gouvernementale.
- JB : 2021 commence quand même comme une année où je vois plus souvent Jean Castex que mes amis, au point que j’ai envie de lui je demander s’il ne voudrait pas qu’on monte un groupe de rock ou qu’on fasse un tennis ensemble.
- LJ : Emmanuel Macron veut une génération sans tabac en 2030. J’aurai préfèré un monde sans pédophiles dés 2021 !!!
- CEMT : « Je rappelle que le couvre-feu ne s’applique pas si vous êtes une femme et que vous voulez prendre un verre avec moi. » (Gérald Darmanin)
- SF : Savez-vous pourquoi votre Soeur F… n’a pas choppé la Covid-19 ? Parce qu’elle se lave les mains, la chatte et le cul régulièrement, et qu’elle met systématiquement un coup de pied dans les couilles aux complotistes qui s’approchent trop près. De rien.
- AC : Il y a deux sortes d’OVNI, l’Ovni tender et l’OVNI true
- EB : J’avais réussi à : – ne pas faire mon pain – ne pas faire de cure de sébum – ne pas prendre de poids – ne pas manquer de farine – ne pas faire de vidéo sur tik tok. Bref à deux doigts de réussir mon confinement, j’ai craqué : j’ai coupé ma frange !
- LC : La défense de Richard Berry, elle est osée : « j’ai pas violé ma fille mais en revanche j’ai tapé mes ex-femmes »
- DSF : «  La section 4 de l’article 23 alinéa 7 du traité de Sharpsburg de 1932 rend inconstitutionnelle ma mise en examen » a déclaré François Asselineau à sa sortie du tribunal.
- LJ : Il est dangereux d’avoir raison quand le gouvernement a tort.
- RMC : Ne venez pas en Bretagne pour les vacances de février, il pleut tous les jours, la bouillasse partout, la tempête… Restez chez vous, y a rien faire ici et en plus les vaches meuglent et les coqs chantent.
- BR : Un député LREM se moque des ouvriers qui fument. C’est vrai qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter de la coke.
- JCS : Je propose que Jean Castex et Emmanuel Macron aient droit à une conférence de presse tous les dix millions de vaccinés.
- JS : Des dizaines d’années de remembrement et d’artificialisation des sols et soudain la question : mais pourquoi toutes ces inondations ?
- RR : « Il ne suffit pas d’acheter des lits chez Ikea pour ouvrir des places en réanimation » (Castex).  De toute façon, Ikéa est fermé.
- VP : S’il y a un jour un variant normand, les Bretons vont en réclamer la paternité dans les 3 minutes.
- PDJ : Quand on n’a pas le moral, on déprime et quand on n’a pas de morale on opprime.
- LJ : Le Syndicat des Compagnies du Cirque demande la fermeture de l’Elysée pour concurrence déloyale.
- OB : La justice se prononcera sur la culpabilité ou non de Richard Berry mais tout de même, cette volonté de faire passer pour folle sa fille avant même que l’affaire ne soit sortie n’est pas saine. Qu’il soit coupable ou non, c’est le propre des pervers d’inverser les rôles.
- CEMT : Les gens se plaignent qu’ils peuvent pas voyager. Y a du sable du Sahara qui vient jusque chez eux pour amener un peu d’exotisme, ils râlent encore.
- TB : En garde à vue, Asselineau a avoué être l’auteur de lettres pré-rédigées pour ses victimes, dans lesquelles elles devaient revenir sur leurs accusations d’agressions et s’accuser d’être bipolaires et alcooliques.
- DSF : «  Si vous faites des efforts, nous réussirons grâce à moi » (E. Macron)
- LO : J’ai invité des potes à manger samedi prochain à midi. A midi… J’ai l’impression d’avoir 60 ans
- ADS : Si Richard Berry est coupable c’est affreux, si Richard Berry n’est pas coupable, c’est affreux.
- BD : Nan mais Richard Berry maintenant, sérieux ? Réaction de mon homme : si c’est pas vrai, sa fille doit avoir un sérieux œuf à peler avec lui…
- PR : J’aime bien ce sentiment de décadence progressive, tranquille et sanitaire. L’idée que ça ne peut pas être pire. C’est très rassurant, finalement.

MERCI À VOUS « TOUSTES »  QUI ME SUIVEZ ET PARTAGEZ MES FESSEBOUQUERIES…

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

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Moi aussi, je suis une loseuse officielle

05/02/2021 Comments off

Il y a des personnes avec qui ça matche immédiatement et c’est ce que j’ai ressenti en lisant le fameux livre de Dominique Cozette « la fois où j’ai failli tuer la reine des yéyés ». Nous sommes taillées dans le même bois, j’ai vécu exactement la même chose, c’est très curieux, ces correspondances dans la vie des gens. Nous sommes nées la même année (bien que je fasse plus jeune qu’elle, sans me vanter) et j’étais une bombe à l’époque. Tout le monde me voulait : les Chœurs de l’Armée Rouge, les Compagnons de la Chansons, les Blues Brothers, les polyphonies corses et même les Vieilles Charrues. Hélas, comme Dominique, j’ai joué de malchance. Je possédais, et encore aujourd’hui, une voix rentrée impossible à sortir, impossible !
Alors je me suis tournée vers le cinéma avec Vincent, François, Paul et les autres, César et Rosalie, Tom et Jerry, les Hommes du Président et les Chevaliers de la Table Ronde. Mais, comme Dominique Cozette, j’ai fait chou blanc car, après chaque essai, on m’annonçait tristement que j’attrapais mal la lumière mais quel dommage avec votre physique, ajoutait-on (mon correcteur a écrit ajout téton, c’est vrai que de ce côté, je n’ai pas à me plaindre ! Jayne Mansfield et Gina Lollobrigida pouvaient aller se rhabiller. Mais elles prenaient bien la lumière, elles.)
Et après, je me suis tournée vers l’édition, j’ai écrit des romans érotico-sentimentaux très chiadés, mes virgules étaient toujours placées au bon endroit, j’utilisais l’imparfait du subjonctif avec bonheur, le suspens étreignait le lecteur dès la dixième page. J’avais même réalisé un exercice de style à la Perec en évitant le y. J’avais une bonne touche avec la NRF et Minuit mais il y a eu quelques malentendus sur les pourcentages et ça a fini en eau de boudin.
Et tout comme ça. Là où ça a le mieux marché, c’est quand j’ai fait modèle pour les concours de coiffure. J’ai la tignasse de Catherine Deneuve, c’est que qu’on me disait toujours mais aucun photographe n’a voulu me shooter pour les pubs L’Oréal sous prétexte que je suis rousse et que ce n’est pas une teinte porteuse. Une teinte porteuse ! Gilda, vous voyez qui ? Je vous aide : Rita H.
Aujourd’hui, comme Dominique Cozette, je ressasse mes soucis, je me perds en conjectures, en regrets et en remords mais, toujours prête à percer, j’ai l’idée de créer un hashtag pour rassembler toutes celles qui, comme Dominique Cozette, ont collectionné les plans foireux, plantages, manques de pot en tout genre. Je dois la rencontrer pour lui en parler. Ça va s’appeler #moiaussijailulelivrededominiquecozetteetjesuisuneloseusevéritable
Je sens le succès !

Photo de Bruce Gilden.

Mon livre étant paru comme par hasard (ha ha ha)  durant la crise du covid, épilogue évident de ma  vie de malchance, j’ai décidé de vous infliger une vague de promo. Car oui, c’est  le seul livre qui vous fera voir la bouteille pleine près du verre à moitié vide.
« La fois où j’ai failli tuer la reine des yéyés »
aux Editions Chum. 2020. 292 pages, 19,95 €. A commander dans votre librairie préférée. Ou sur le site de l’édition ici.

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Serge, le dernier Yasmina Reza

01/02/2021 Comments off

Voici un livre qui semble faire l’unanimité des critiques, le Masque et la Plume l’a encensé comme un seul homme. Serge, le dernier roman de Yasmina Reza, est vraiment extra. Oh, il ne raconte pas des aventures extraordinaires, le pitch est tout mince mais la façon de le raconter est tellement savoureuse ! Reza nous met face à une fratrie vieillissante de juifs non pratiquants mais très caustiques vis à vis de leur communauté. Elle les fait parler et ils sont prolixes. Il s’agit de deux frères et d’une sœur qui se sont toujours adorés. Bien sûr, ça va ensuite coincer. Serge est l’aîné, il a laissé partir une chouette compagne qui n’en peut plus de son mauvais esprit, il râle et critique tout.  Leur fille, Joséphine, vient de faire un stage « sourcils » très cher, mais elle préfère maquiller maintenant. Jean est le narrateur, conciliant, pas rebelle pour un sou, détestant faire des histoires. Il vit plus ou moins seul, s’est attaché au fils un peu différent de sa dernière campagne et, face aux petites brouilles, se félicite de n’être ni mari, ni père. Nana, la sœur, est dans l’aide sociale, elle est mariée à un Franco-espagnol bien mou, bourrin même, très critiqué par les frangins. Ils ont un fils qui étudie la cuisine et refuse un stage gratuit dans un établissement suisse dégoté par Serge, très vexé.
Dans ce livre, il est question de la famille, vous savez, la famille juive, mais aussi des petites choses de la vie. Un oncle est en train de mourir, il voulait qu’on l’assiste mais en fait, il a l’air de se complaire dans sa douce agonie. Une série de personnages apparaissent dans les discussions.
L’action se déclenche, si on peut dire, lorsque tous trois avec la jeune fille, vont visiter les camps, notamment Auschwitz. Et là, bien sûr, les touristes, les cars, les filles faisant des selfies devant les fours… C’est à ce moment que les rancœurs se font jour car Serge n’a pas du tout envie de visiter, il préfère rester dans la voiture, il critique tout… Alors, toutes les choses qui ont un peu agacé les uns et les autres font surface et prennent une telle ampleur que… à suivre.
C’est aussi drôle et fin qu’un film avec Bacri dans une sorte de Vincent, François, Paul et les autres. J’adore les dialogues, ils sont formidables ! Et les saillies sur les juifs, la visite dans les camps, bref, c’est succulent.

Serge de Yasmina Reza. 2021 aux éditions Flammarion. 234 pages, 20 €.

Texte © dominique cozette

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