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Jolis jolis monstres

27/11/2020 Aucun commentaire

Jolis jolis monstres sont les plus jolies du monde car il s’agit de merveilleuses drag-queens dont Julien Dufresne-Lamy nous conte l’histoire dans une explosion d’images, de couleurs, de paillettes, de musiques, de rires et de souffrances. Les drag-queens sont plus que des femmes, des êtres immenses, des licornes, des chimères. Ce sont d’abord des hommes, souvent homos, qui veulent exploser leur nature. Et pour cela, ils sacrifient tout. Pour exister sur une scène, pour être la meilleure, il faut bosser comme une dingue, déjà pour pouvoir acheter tout le bazar, les robes, les sequins, les plumes, les pompes, les lotions, le maquillage, les perruques de l’enfer en vrais cheveux… une petite fortune. Il faut travailler son look, ses attitudes, sa démarche, sa souplesse, ses regards, il faut apprendre à chanter, à danser, à écrire des textes percutants, à planquer son sexe, à arracher tout ce qui fait l’homme, à entraîner sa voix. Bref, il faut faire tomber les spectateurs, les scotcher, les ébahir. Leur clouer le cœur
Le premier héros du roman, James, est devenu Lady Prudence, reine de la nuit des années 80 où elle côtoie tout le gratin du monde interlope new-yorkais, les trav, les trans, les queers mais aussi les futures bombes comme Madonna, RuPaul (le drag-queen mondialement connu), Andy Warhol, Bowie…
Ce livre est un voyage fascinant dans les bas-fonds scintillants ou super glauques en compagnie de ces reines attachantes, généreuses, qui créent des « maisons » pour accueillir les orphelins, les petits, les moinillons affamés. Elles se tiennent les coudes, se donnent des conseils, se prêtent des fringues et nous, on apprend tout sur la façon de se grimer, les heures que ça prend de sculpter un visage. Impressionnant. On les accompagne dans leur ascension qui commence très très bas dans des endroits louches et peut les conduire au nirvana de la gloire, leur objectif.
Très vite, on fait connaissance avec  le deuxème héros de l’histoire, Victor, hétéro marié, qui plaque sa famille chérie pour faire vivre sa drag. Une génération les sépare : James a 50 ans et Victor 27 lorsqu’ils se rencontrent. James a mis un terme à sa carrière depuis vingt ans mais va la revivre en livrant tous ses souvenir au jeune homme, la clinquance des années 80 puis le maudit sida qui est venu dézinguer des dizaines et des dizaines de ses amies, les dangers de certaines rencontres où il a failli y laisser sa peau pour cause d’intolérance et de haine. Car en plus d’être homo et drag, il est noir.
Victor est blanc et ordinaire. Il va se former auprès de son impitoyables pygmalion, bosser comme une chienne pour arriver au plus haut mais l’époque n’est plus la même. Les drag-queens sont sorties de la honte, elles paradent lors des gay prides et participent à des émissions de télé-réalité qui connaissent un succès incroyables dont la plus célèbre est animée par RuPaul, revenu sur le devant de la scène. Elles se font aussi tuer par des fous comme cela s’est passé à Orlando dans une boîte gay. Néanmoins, Victor continue de monter, continue à penser chaque jour à sa femme et à sa fille qu’il a abandonnées et à sa mère chérie morte d’avoir perdu sa petite fille, et dont il a repris une partie du nom.
C’est un livre époustouflant, pourtant je n’étais pas sûre de prendre autant de plaisir à le lire quand mon petit libraire me l’a conseillé. On dirait que l’auteur, qui est français et écrit aussi des livres d’enfants, a vécu une partie de sa vie dans ces endroits de New-York parmi toute la faune qu’il dépeint si bien avec son style percutant, musical, d’une force inouïe, vraiment. J’ai été impressionnée. Enorme émotion sur la fin qui m’a fait chavirer. Superbe.
Bonus : une vingtaine de pages avec les photos des drag-queens de l’époque qui posent parfois avec les artistes précités, à la fin du livre.

Jolis jolis monstres de Julien Dufresne-Lamy, 2019, aux éditions Harper Collins Poche. 330 pages, 7,90 €.

Texte ©dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #523

21/11/2020 Aucun commentaire

C’est très très flou, ce qui nous arrive ! Très très flou. Certains ont beau changer leurs objectifs toutes les cinq minutes, d’autres de faire le poing sans (ou avec) coups férir mais en cadrant drastiquement, d’autres encore d’ouvrir le diaph pour plus de lumière, ou de se coller à l’œilleton pour que rien de dépasse, quand on appuie sur le déclencheur, de drôles d’oiseaux jaillissent brutalement avec des cris d’or frais, ah non, d’orfraies pour effrayer les pauvres gueux.ses que nous sommes devenu.es, errant dans cette démocrassie parmi les masques souillés de crachtouille, les seringues à vaccins prometteuses comme des fix, les débris appareils photos piétinés, les sordides histoires de culte, nous fracassant brutalement sur un blanquerGate ébouriffant. Heureusement qu’un petit coup de Beaujolpif va nous remettre d’aplomb en attendant un prochain déconfinement scintillant comme le sapin de l’Elysée un jour de noël aux enfants du personnel. Que d’espoir pour la soif dear friends (oui, j’écris dear friends pour éviter l’écriture inclusive de cher.es ami.es. Vous aviez compris, n’est-ce pas ?)

- DSF : Urgent : le baron de Dard-Malin annonce qu’afin de protéger leur réputation, les photos des policiers ayant participé à la rafle du Vel d’hiv seront floutées.
- RR : Je n’ai rien contre les catholiques, j’ai une amie qui adore le point de croix.
- NH : Je veux pas dire mais si la possibilité d’injecter une puce sous la peau pour tracer des personnes existait, ce ne serait pas Bill Gates qui l’inventerait mais une mère juive.
- GB : Donc la réforme des retraites que personne ne voulait, que le covid avait repoussée, voire enterrée tellement c’était plus le sujet vient d’être votée par le sénat sans bruit. LR en fdp gardien de Macron l’ont voté à l’unanimité. J’ai pas les mots polis.
- RR : Rien que le fait que Carla Bruni aime Hold-Up devrait vous laisser sans voix.
- MK : Manifs de cathos en manque de messes : Dieu placé en garde à vue !
- MK : J’aime les messes basses, sans curés, sans imams, sans rabbins
- DO : Et maintenant, ce tas de réacs frustrés réclamant leur messe ! J’en ai plein le culte !
- CEMT : Petit avantage pour les vignerons, cette année il y a tellement de gens qui ont perdu le goût et l’odorat à cause de la COVID que le Beaujolais nouveau devrait bien se vendre.
- TC : Y paraît qu’on peut faire du gel hydro-alcoolique avec du beaujolais nouveau. L’inverse aussi d’ailleurs.
- NMB : Il peuvent aller se rhabiller chez Pfizer, nous, jeudi, en France, on va débuter un essai clinique grandeur nature dont on connait déjà les effets secondaires : mal de tête, vomissements, diarrhées et petit arrière goût banane fruits des bois.
- LS : C’est pas parce que le Beaujolais Nouveau arrive en plein confinement que vous êtes obligés d’en boire.
- DP : On me dit que François Hollande aurait une liaison avec une danseuse. Le premier qui ose le surnommer « le petit gras de l’Opéra » aura affaire à moi !
- OM : Un pote qui connait des gens bien informés vient de me dire que dans toutes les galettes des rois cette année seraient placées des fèves truffées de nano-particules à base de 5G et de produits chimiques qui anesthésient les neurones et filent la chiasse !!! Faites passer !
- PA : ANALYSE D’URINE : Faites pipi sous un arbre. Si des fourmis arrivent, trop de sucre. Si des mouches arrivent, infection. Si ça sèche vite, trop de sel. Si tu as oublié de baisser ta culotte, Alzheimer. Si tu ne sens aucune odeur, Covid 19.
- JG : Chers donateurs au film Hold-Up, sachez qu’avec les 329 000 € collectés vous auriez pu financer, au choix : 100 000 masques aux plus démunis, 329 000 repas aux restos du cœur, 82 250 kits d’hygiène pour la croix rouge, 277 593 comprimés antipaludiques pour l’UNICEF.
- DA : Catholiques : Si ça continue, je vais finir par croire que dieu les protège vraiment de la matraque et du lacrymo qui tombent dru sur le reste des humains.
- DC : la seule chose qu’ils méritent, c’est un bon coup de pied au culte !
- RDB : C’est fou tous ces gens qui se mettent à réclamer des messes alors qu’en tant normal les églises sont vides. Est-ce que ce sont les mêmes qui ont adopté un chien au premier confinement pour pouvoir sortir ? Non parce que la SPA ne reprend pas les prêtres après, vous êtes prévenus.
- NN/ CP : Je me suis porté volontaire pour le vaccin russe du COVID et j’ai été vaccinée ce matin Jusqu’à présent, je n’observe aukune reaksion ou effet sekondariski иi meиш че сеитгюд ерпестe аьио овут Лопес Обрадор, и я коррумпирован и u…
- MK : Ziad Takieddine est catégorique : il n’a rien versé non plus à David et Laura.
- DI : On peut encore faire des tweets, ou il faut une accréditation ?
- OM : Ok, les bars et les restos sont fermés et les soirées entre amis sont interdites mais tenez bon, le 1er décembre vous pourrez aller à la messe !
- CC : P’tain les mecs préparent un décret pour acheter un sapin ! Gageons que dedans il précisera où tu peux acheter les boules !
- NMB : Très beau départ de PFIZER, PFIZER fait sa course et entame le dernier virage mais attention derrière, accélération de MODERNA, MODERNA à la hauteur de PFIZER ET MODERNA QUI PASSE EN TÊTE, BIENTÔT LA LIGNE D’ARRIVÉE QUELLE COURSE MAIS QUELLE COURSE MES AMIS ! À vous les studios.
- RR : La tragédie est que les restaurateurs vont se retrouver aux Restos du Cœur et les artistes dans la fosse.
- RDB : « Nous sommes dans un pays aujourd’hui où porter un uniforme peut vous mettre en danger » (Olivier Veran) On l’a bien vu il y a quelques mois : tu mettais un gilet jaune, paf, tu perdais un œil.
- LED : Vu qu’on n’a absolument aucune photo ni peinture de Mahomet, comment savoir si certains dessins sont des caricatures de Mahomet ?
- MP : on va déconfiner parce quil faut acheter des cadeaux et aller faire un cluster chez tata Simone à noël pour achever mamie, et puis après on va rereconfiner de mi janvier jusqu’en mai. Ça va être génial, ces fêtes.
- DI : Le gouvernement avance ses pions. C’est la diagonale du flou.
- MAF : Je me suis sentie musulmane quand l’opticien m’a demandé de baisser mon masque, j’ai eu l’impression de baisser ma culotte.
- MK : Ne pas confondre les fosses sceptiques et les vraies complotistes
- CEMT : Jean Castex : « Le déconfinement sera très différent, vous pourrez sortir pendant 1h05 et à 1,1 kilomètre de chez vous. Je sais, c’est beaucoup de liberté, soyez raisonnables. »
- CV : Si j’ai bien tout compris, les messes vont être autorisées, mais les saltimbanques peuvent bien crever la bouche ouverte. Prochaine étape, enterrer leurs cadavres de nuit. On y vient, on y vient.
- XB : Si les cinéphiles se mettent à genoux, dans la rue, devant les cinémas, avec un air idiot, du coup on ne les gaze pas, on ne les verbalise pas et on ouvre les cinémas ?
- CM : Je suis dégoûté, c’est la première année où je ne pars pas aux Maldives à cause du covid. D’habitude c’est à cause de l’argent.
- SA : URGENT ma cousine est enceinte de 4 mois à cause qu’un gars qui a fait des trucs chelou a la piscine a donc infecter l’eau malheureusement c’est arrivé que à elle elle est en panique elle sait pas comment le dire à ses frères Est ce que y’a des filles à qui c’est arrivé ???.
- RDB : Un camion de pompier vient de mettre un coup de sirène dans la rue et mon mec m’a dit « Hein ? ». Genre il a cru que c’était moi qui parlais. Genre quand je parle, il entend « pin-pon ».
- CGT : Darmanin propose d’aider les journalistes en corrigeant tous les articles de presse avant publication…
- HAL : Après les Français aiment le jogging, les livres et faire pisser leurs chiens; maintenant on a les Français aiment la messe ! Cette France me fascine
- RDB : Quand je pense à tous les gens qu’il a fallu sauver de la variole, de la tuberculose, de la rage, du tétanos, de la fièvre jaune, de la poliomyélite ou des oreillons avant d’endormir votre confiance et de pouvoir ENFIN éliminer la population mondiale grâce au vaccin covid !!!
- RR : Je me demande quand sortira le décret qui imposera aux journalistes quelle police utiliser pour leurs articles.
- IB : Journée internationale des droits de l’enfant : Michel Fourniret fait un malaise
- CC : J’aimerais moins d’hommages nationaux aux résistants morts et plus de préservation des droits et libertés des citoyens vivants.
- LJ : Si Marine Le Pen arrive au pouvoir , elle aura juste a appliquer les lois de Macron. Effrayant.
- GD : Face à la mise en place de ce régime autoritaire, nous sommes comme la grenouille plongée dans l’eau froide portée très progressivement à ébullition : on s’habitue à la température pour finir ébouillantés.
- DSF : Urgent: devant les révélations du Blanquer Gate, Kim Jong Un renomme son parti La République En Marche. « Parvenir à un tel niveau de dictature tout en étant félicité comme démocrate est une leçon d’humilité pour la Corée du Nord » a déclaré le Grand Leader.
- LS : Jean-Michel Blanquer crée les Jeunesses Blanqueriennes.
- DSF : Urgent : devant le BlanquerGate, Emmanuel 1er réagit fermement en annonçant la création d’un numéro vert.
- BL : La macronie empêtrée dans une nouvelle affaire avec les révélations sur Blanquer. On nous promettait un Kennedy à la française on se retrouve avec un Nixon entouré de ses barbouzes. Affligeant.
- AM : Le «Daron noir», comme l’appelle Libé, est rejeté par tous les professeurs ou presque. Mais ne nous y trompons pas : il a le seul soutien qui compte dans ce pays, celui de Brigitte Macron. Les gueux que nous sommes peuvent s’égosiller. Telles sont les «valeurs de la République».
- DC : En fait, Blanquer s’est sacrifié pour que la loi scélérate de Darmanin passe tranquille.
- NF : « Faites ce que vous voulez mais votez Macron ». Une pensée pour ce climat dégueulasse de 2017 où l’écrasante majorité des journalistes nous présentaient Macron comme un gars sympathique, très démocrate, très décontracté.
- DI : Vous aviez une mauvaise image de la police ? Le gouvernement a réglé le problème. Vous n’aurez plus d’image du tout.

NOTA :  Profitez de vos commandes clique & collecte chez votre libraire pour y intégrer mon dernier livre « La fois où j’ai failli tuer la reine des yéyés ». Sans vous commander, bien sûr.

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Histoires de la nuit, quelle histoire !

18/11/2020 Aucun commentaire

De Laurent Mauvignier, Histoires de la nuit (chez Minuit ha ! ha ! ha !) est un roman qui se mérite. Certes les phrases font dix kilomètres de long et à l’heure où l’on n’a droit qu’à un kilomètre de chez soi, c’est un peu saumâtre. Mais ces phrases, quoique avec des répétitions (effet de style dont je ne connais pas le nom), sont une sacrée source pour comprendre chaque personnage, pour renseigner sur ce qui passe dans sa tête ou ce qui aurait pu se passer ou dû se passer, où même se passera, sorte de torticolis cérébral comme on en connaît dans nos petites têtes personnelles. J’ai entendu dire que c’était un peu rude de « se farcir » ces phrases à rallonge, j’avoue que, aux prémices de l’action qui occupent un bon tiers du récit, j’ai parfois lu en diagonale certains longs paragraphes qui semblaient ne être décisifs pour la suite des événements.
Mais.
Car il y a un mais. Une fois le premier élément de l’histoire installé, je ne me prive plus de rien, car la précieuse mécanique du suspense est primordiale, sinon à quoi bon.
L’action se situe dans un hameau minuscule de trois maisons, le hameau des trois femmes seules s’appelle t-il. Bergogne, un paysan rustique et costaud s’y occupe de ses vaches tandis que Marion, sa femme, travaille en ville, dans une imprimerie. Ils ont une fille adorable de 10 ans, Ida, qui, en rentrant de l’école par le car scolaire, passe chez la voisine, Christine, une artiste excentrique aux cheveux rouges, peintre parisienne de bonne renommée qui s’est réfugiée ici et continue son œuvre sans le faire savoir. Juste pour elle. Ida prend son goûter chez elle, en compagnie de l’adorable chien de Christine. La troisième maison est inoccupée. Dès le début, le malaise qui s’est développé dans le couple est perceptible : Bergogne bave d’envie et d’amour pour sa femme qui, elle, le bat froid. Elle sort une fois par semaine avec ses copines de l’imprimerie en boîte ou au karaoké et en revient murgée. Lui va parfois se soulager chez les putes.
Christine et Marion ne s’aiment pas. Christine a toujours su que Bergogne n’aurait jamais dû épouser cette femme, elle n’est pas nette. Et puis une affaire vient troubler le calme de ce trou : les lettres anonymes insultantes adressées à Christine, parfois même déposées directement chez elle.
Mais tout commence le jour des quarante ans de Marion : le mari doit aller en ville lui acheter un beau cadeau, Christine doit préparer des gâteaux car ils ont invité, pour lui faire une surprise au dessert, les deux copines de Marion. La gamine doit faire un beau dessin. Mais c’est aussi en fin d’après-midi que Marion et ses deux collègues ont un problème à régler lors d’une réunion avec le chef pour une faute qu’elle a faite et qu’un collègue, harceleur et macho, n’a pas su contrôler. Réunion décisive car Marion ne veut pas se laisser dominer par ce triste sire qui leur pourrit la vie.
Et, alors que le mari s’est attardé stupidement en ville, le cadeau plus la passe plus une crevaison, que la réunion dure longtemps, deux voitures entrent dans la cour du hameau, et deux hommes vont prendre Christine en otage après avoir « neutralisé » le chien. Le cauchemar commence.
A ce moment, un suspense terrible commence car on ignore ce que ces hommes veulent, pourquoi ils sont acheté des cadeaux et du champagne pour l’anniversaire de Marion, on ignore pourquoi on les laisse s’installer à la table de fête sans réagir. La terreur monte chez les participants, et à partir de ce moment, les très longues phrases sont les bienvenues pour nous faire comprendre, lentement, à petites doses, ce qu’il se trame. Et c’est pas joyeux !

Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier, 2020 aux éditions de Minuit. 636 pages, 24 €.

Texte © dominique cozette

 

Categories: bouquins

La petite dernière

15/11/2020 Aucun commentaire

Fatima Daas est La petite dernière, elle ne cesse de le proclamer dans son court récit, roman, autofiction, comme on veut puisqu’elle y parle d’elle et de sa vie de jeune musulmane pratiquante et lesbienne, difficile à vivre, et elle se sent bien coupable d’être ainsi même si elle explique que ce n’est par choix. Chaque chapitre commence donc ainsi : je m’appelle Fatima Dass et… suivent d’autres particularités de son identité ou de son caractère. Elle est clichoise (de Clichy), la petite dernière, un accident, la petite chamelle sevrée, chtarbée etc. Son prénom fait référence à une figure exemplaire mais elle-même ne l’est pas, elle met trois heures pour aller étudier à Paris, ses parents ne lui ont jamais vanté ou même enseigné l’islam, son père est analphabète, elle va au cours de théâtre, au musée, elle a bientôt trente ans, a suivi une thérapie pendant quatre ans, sa plus longue relation, elle est poly-amoureuse mais  désire follement une fille qui ne veut pas d’elle, enfin qui ne l’aime pas autant. Elle consulte un iman qui lui dit qu’il existe des chrétiens homosexuels comme il existe des lesbiennes musulmanes, c’est bien connu. Le problème c’est qu’il lui donne comme conseil de renoncer à tout ça et qu’elle se marie. Elle va en Algérie pour connaître ses origines et ses tantes et s’aperçoit que tout le monde sait qui elle est tant elle ressemble à son père.
Son père est violent. Comme il rentre souvent tard le soir, parfois bourré, et que femme et filles dorment dans le salon, il ne faut pas lui parler, sinon coups de ceinture.
Fatima est un garçon manqué, elle ne porte pas de talons, préfère les baskets, adore le rap, pas les bijoux ni les chichis féminins au grand dam de sa mère.
Ce livre est le portrait d’une fille déchirée entre deux cultures, à l’aise nulle part, venue de chez ceux qui ne sont pas grand-chose mais elle fait ce qu’elle peut pour concilier  ce qui peut  se concilier, elle ne veut pas choquer mais elle ne veut surtout pas renoncer à qui elle est, qui elle veut aimer, qui elle veut devenir.
Ce livre est composé de courts chapitres très imagés, des fragments d’elle vus d’ici et de là, composés avec talent et comme « montés » cut, pas de longueurs, des phrases courtes et assénées telles quelles, sans filtre, sans explication particulière. Très agréable à lire, comme une poésie moderne et sèche mais pleine de tendresse aussi.
Très beau premier livre.

La petite dernière de Fatima Daas, 2020 aux éditions Notabilia. 190 pages, 16 €

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #522

14/11/2020 Aucun commentaire

Où qu’on en est, cette semaine ? A part que les Trumpettes de la renommée sont toujours aussi mal embushées (elle est bien bonne, non ?), que les violences policières ne se sont absolument pas manifestées à coups de gaz lacrymo et autres joyeusetés auprès des futurs sachants, lycéens et étudiants (vous me mettrez les .e inclusifs please), que Méluche a encore méluché « à ma façon », certaines lignes ont bougé grave : Ségolène a sorti la tête de l’iglou et glou et glou, son ex s’est pris de passion pour les sissones et les entrechats, Pfizer finit de postillonner son futur vaccin meringué, Takkiedine se résorbe enfin non c’est un autre mot, se récure, se recule, bref ravale sa rengaine en même temps que son acte de naissance menacé par un possible contrat, et surtout, surtout, dearest friends, un truc inimaginable : Hold-Up is the new les petits hommes verts sont sur votre paillasson. Mais Robinette veille, ils ne nous auront pas ! Bon week-end, chers, très chers  concombres masqués !

- OP : J’ai vu Hold-Up, et j’ai eu une vision. Si on soustrait 1984 (Orwell) à 2019 (Covid), on obtient 35, puis si on multiplie 35 par 49, année de sortie de 1984, ça fait 1715, année de la mort de Louis XIV, roi soleil. Vous ne pourrez plus dire que vous ne sachez pas.
- ES : Trump est au fond du dix-huit trous.
- NDF : Du coup, si les secret service doivent aller chercher Trump pour le faire sortir de force de la maison blanche, ils pourraient pas regarder au passage s’il ne trouvent pas Xavier Dupont de Ligones ?
- QA : J’espère vraiment qu’il va refuser de partir et qu’on aura des plans incroyables de lui, s’accrochant en hurlant aux colonnes de la Maison Blanche avec 4 types à lunettes noires qui le tirent par les pieds.
- JPM : Le canard à l’orange est cuit.
- MK : Réjouissant de voir Trump se mettre over.
- ES : On a eu les résultats au compte-gouttes, mais quoi de plus normal pour un président qui s’appelle Robinette ?
- CV : Loin de moi l’idée de vouloir me moquer, mais comment des parents ont-ils pu penser à appeler leur enfant Joseph Robinette ?
- DC : Trump va devoir rendre les chattes !
- JPT : L’Amerique s’est fait ligaturer les Trump.
- EM : La leçon Biden : tu peux échouer jusqu’à 77 ans. Mais si tu lâches pas l’affaire, ça peut passer à 78. Ça ouvre des perspectives à pas mal de gens.
- TB : JEAN-LUC VIENT D’INVENTER LA PRIMAIRE À UN SEUL CANDIDAT.
- NP : J’aime bien voir des gens faire du vélo la nuit à Paris, habillés en noir et sans lumières. Ça veut dire qu’un malade en attente de greffe va bientôt avoir une bonne nouvelle.
- PI : Marine Le Pen ne reconnaît absolument pas la victoire de Joe Biden, je pose ça ici au cas où quelqu’un en aurait éventuellement vaguement quelque chose à foutre.
- PA : Si une fille reprend 3 fois de la soupe, peut-on en déduire qu’elle est adepte du tripotage ?
- GM : Des députés et des sénateurs l’envisagent sérieusement : punir de 3 ans de prison et de 45 000 euros d’amende des étudiants ou des profs occupant leur fac. Pensées émues pour mai 68 ! Avec LREM, Cohn-Bendit aurait fini au trou, Geismar ruiné et Sauvageot avec un œil en moins.
- PI : J’attends le vaccin et comme il y a plein de gens qui n’en veulent pas, j’espère avoir droit à deux doses pour atteindre les 180% de chance de succès.
- CC : Je cours trois/quatre fois par semaine dans un parc et chaque fois je vois des hommes en collants + short parapente + chaussettes de contention + manchons + airpods + gourdes pliables. Pour des sorties running sur du plat de moins d’une heure. Je me demande donc si ces gens prennent dans leur sac des mousquetons, une trousse de survie, des pastilles désinfectantes, une patate à tente et un piolet de haute montagne quand ils vont boire un café en terrasse. N’hésitez pas à me renseigner, je suis absolument ébahie.
- NMB : À mon avis, cette année, le Beaujolais Nouveau aura un petit goût de sapin.
- MA : Au lycée, on tire au LBD dans la tête des gosses pour leur donner envie de rentrer au cluster où les profs doivent leur expliquer que la liberté d’expression, c’est Charlie Hebdo. En fait, la liberté d’expression, en Macronie, c’est ça…
- MM : Le problème, c’est que lorsque tu prononces « Pfizer », tu contamines 15 personnes !
- RR : Beau symbole de faire entrer au Panthéon Genevoix comme écho aux anciennes qui se sont tues.
- CV : Aujourd’hui, j’ai mis du rouge à lèvres parce que la beauté intérieure, c’est important.
- DC : Takkiedine il parle mal français, les juges avaient compris le contraire. Quels cons.
- NE : Charles de Gaulle aurait eu 122 ans aujourd’hui s’il avait été encore plus résistant.
- CEMT* : Jean-Luc Mélenchon : « Je dis ça je dis rien, mais hier soir je me présente à la présidentielle et ce matin Pfizer trouve un vaccin contre le COVID. Coïncidence ? Je ne crois pas. »
- NA : Je viens de lire sur Facebook que pfizeur il asperge de vaxin tou les sapins de Noël. Si vous vous faisez piqué par une épine vous seré vaxiné ! Difusé en mass.
- DSF :   Alors je veux être clair : j’ai menti quand je n’ai pas menti ». Tiakkedine
- DSF : «  Je suis innocent, c’est l’escroc qui le dit » (Sarkozy)
- IBL : Le problème des antivaxx, c’est qu’on peut même pas les renvoyer dans leur pays vu que la France du moyen-âge n’existe plus.
- ES : Quand on sait que Pfizer est le concepteur du Viagra, pas étonnant qu’à l’annonce du vaccin anti-Covid, les bourses se soient autant réjouies…
- DA : Parfois, c’est rare mais ça m’arrive surtout en ces temps anxiogènes, je n’ai plus aucune confiance en moi, je me sens inutile aux autres, impuissant face à ce Monde. Et toujours dans ces moments-là, Ségolène Royal refait surface pour me rappeler que ma vie a un sens.
- CC : Se faire dévorer par les moustiques au milieu d’une nuit de novembre, descendre dans la salle de bains chercher du baume du tigre pour éviter de se gratter, énorme araignée dans l’armoire à pharmacie, se dire tant pis je vais prendre une douche chaude, énorme araignée rouquine dans la baignoire, lui filer un prénom pour avoir une conversation, se gratter, se recoucher, se réveiller avec un œil de Sylvester Stallone à cause d’une piqûre sur la paupière : ce confinement ressemble à une semaine de vacances à Fort Boyard.
- LJ : Une pensée pour tous les commerçants qui critiquaient les gilets jaunes quand ils manifestaient pour défendre les droits du peuple.
- NMB : Il aura fallu une pandémie pour que tout le monde comprenne que Noël est avant tout une fête commerciale. C’est moche.
- BE : C’est rigolo la façon dont vous faites la promotion d’un film documentaire complotiste dont strictement personne n’aurait entendu parler si vous n’en parliez à longueur de hashtags.
- VM : Vous cassez les couilles à parler du docu « hold up »..  Bonne journée
- OM : Une merde qui te vole 2h30 de ta vie… je pense que « hold-up » porte très, très bien son nom.
- MP : Je suis en train de troller dans un groupe Facebook complotiste qui défend Hold up, j’ai l’impression d’avoir 255 de QI, je vous conseille cette expérience pour améliorer l’estime de soi.
- DSF : Quand un gouvernement explique en quelques mois que les masques ne sont pas indispensables dans une épidémie, que plus de lits de réanimation ça ne sert à rien et que les écoles ne servent pas à transmettre le virus, comment s’étonner du succès du complotisme et des fakenews ?
- RC : Je me demande si le fameux documentaire complotiste Hold-up est vraiment plus nocif que Kohlanta ou le journal de 20 heures. En l’état actuel de mes modestes réflexions de professeur de philosophie, ma réponse est non.
- PA : Cécile de France est Belge. François Hollande est Français. Eric Blanc est noir. Michel Noir est blanc. Et Catherine Deneuve ne l’est plus… Et moi, j’écoute Véronique Sanson… C’est quoi ce bordel ?
- PI : Je m’amuse à faire de confinement un adverbe. Ça donne : je m’en vais confinement de mon canapé à mon frigo puis je retourne confinement de mon frigo à mon canapé.
- NP : Dans ses mémoires, Obama compare Sarkozy à un « petit coq ». On est sûrs de la traduction ? Parce que « small cock » ça peut avoir plusieurs sens. Mais je dis ça…
- CC : J’ai terminé mon nouveau roman. J’ai vraiment hâte de le lire. (Comme il paraît que cette phrase est d’Amélie Nothomb je complète avec un petit : j’espère que je ne vais pas m’attendre à ma fin).
- PE : — Génie : Que veux-tu ? — Moi : Je souhaite qu’on réutilise l’imparfait du subjonctif. — Génie : Impossible, autre chose. — Moi : Alors que Jean-Michel Blanquer arrête de mentir. — Génie : Ah ! Il eût fallu que tu formulasses ce vœu en premier pour que nous gagnassions du temps.
- BR : Et pendant que les « Sans-Dents » portent le masque, Hollande tombe le slip.

* CEMT est sur Twitter sous le nom de Ceci Est Mon Tweet. (Si d’autres contributeurs désirent se faire connaître, pas de problème. Mais il n’y a aucun droit d’auteur ni d’autrice, ah ah ah ).

NOTA :  Profitez de vos commandes clique & collecte chez votre libraire pour y intégrer mon dernier livre « La fois où j’ai failli tuer la reine des yéyés ». Sans vous commander, bien sûr.

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

L’autre moitié de soi ou comment ma jumelle m’a lâchée

09/11/2020 Comments off

Brit Benett est … heu… ce qu’on ne sait plus comment appeler pour ne pas froisser, noire, Noire, renoi, black, Black, de couleur, métisse, racisée, d’origine afro-américaine, en gros ce que les Américains — elle est américaine — considèrent comme non blanche. C’est  vers le milieu de son superbe roman, L’autre moitié de soi, que j’ai eu la curiosité d’aller voir de quelle côté du nuancier elle se situait car la couleur est ici le personnage principal du livre, porté par les jumelles.
Les jumelles, Desiree et Stella, homozygote à ce détail que la première, aînée de sept minutes est beaucoup plus délurée que l’autre. Elles ont passé leur enfance dans une petite ville du Sud des Etats-Unis où les Noirs avaient l’ambition d’être le plus clair possible. Elles ont assisté, petites, au lynchage à mort de leur père par des Blancs qui venaient de temps en temps casser du nègre. Un jour de leur 15 ans, pour fuir cette ambiance malsaine, Desiree entraîne sa sœur dans une fugue définitive qui va les emmener à la Nouvelles Orleans. Là, elles vont se débrouiller pour survivre. Elles ont la peau très claire et de beaux cheveux bouclés, ça aide. Mais l’une d’elle se fait virer parce que sur sa fiche, elle a inscrit « coloured ». A partir de là va commencer la scission entre elles deux. Elles ne se racontent plus tout, se mentent même. Desiree entre au FBI où elle déchiffre avec talent les empreintes digitales et Stella devient la secrétaire très discrète et compétente du boss d’une grosse boîte, un type bien. Peu à peu, il va s’enticher d’elle et réciproquement, et l’embarquer dans sa nouvelle boîte à Boston. Pour sa famille, elle disparaît sans laisser de trace. Malgré les recherches d’un des meilleurs détectives.
Desiree en est fortement affectée. Elle épouse un homme si noir qu’il en est bleu et ils ont une fille de la couleur du père. Mais il est d’une violence extrême, alors elle fuit avec sa fille. Malgré tout, elle s’efforcera de suivre des études pour une meilleure vie.
On verra par la suite, que sa sœur a suivi une route contraire et mène l’existence enviable d’une femme Blanche richement entretenue par un mari formidable, avec tout ce que ça comporte de mensonge, de cachoteries et de reniement de soi-même.
C’est passionnant car, malgré la déségrégation, le racisme est toujours aussi virulent dans ce pays, et l’inégalité pèse énormément sur le destin des gens. Sans vouloir spolier, on verra ces deux jumelles, dans leur vie respective, faire face aux problèmes liés à la couleur, choisie ou subie, qui marque leur identité qu’elles vont d’ailleurs transmettre. C’est une vision de la vie américaine pas toujours évoquée dans la littérature (et le cinéma), puisque la plupart des autrices qu’on connaît ici sont blanches. Autrices, oui, car il se mêle au problème de la race le vaste problème du genre, Brit Benett se positionnant comme féministe assumée.
Le livre s’étend sur la génération d’après les jumelles sans oublier les anciens, pour nous offrir une saga qui nous tient en haleine du début à la fin. Superbe.

L’autre moitié de soi de Brit Benett (The vanishing half) 2020 aux éditions Autrement. Traduction par Karine Lalechère. 480 pages, 22,90 €

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #521

07/11/2020 Comments off

A l’heure où je boucle ce samedi midi, suspense de ouf : qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Boira-t-on du champagne avant ? Bon, moi je propose qu’on fasse deux Amériques, la blue et la red. Tout le monde sera content. Pareil en France, pays du cafouillage : ceux qui lisent et celles qui se maquillent et si ce sont parfois les mêmes, tant pis, restons confinés mais n’oublions pas de porter nos masques anti-lacrymo car c’est pire que le virus, ça coule de partout cette saleté, surtout sur les lycéen.nes et le personnel soignant, heureusement que le porte-parole du gouv Gabriel Attal nous éclaire sur les mesures à prendre dont celles de notre cercueil car personne, je dis bien personne, ne nous dit la chose essentielle : si vous voulez continuer à sortir partout sans qu’on vous emmerde, prenez votre permis de chasse, d’autant plus que Macron avait pris soin d’en baisser le prix à son arrivée. Bon wek-end réjouissant, dear friends, nous n’avons pas encore touché le fond. (Image empruntée à Nordpress)

- NMB : Quand on pense que certains états des USA n’arrivent pas à compter des bulletins de vote en moins de 72h alors que nous, en une demi-journée, on est capable de créer 2 cellules d’écoute psychologique et 4 numéros verts…
- ET : 600 000 bulletins Jean-Luc Mélenchon retrouvés dans le Wisconsin !
- RR : Pour éviter les émeutes urbaines, Gabriel Attal décrète le couvre-feu à New-York.
- MP : J’admire votre capacité à être surpris par les votes américains pour Trump alors que bon, un gros paquet du pays c’est quand même l’équivalent des Tuche en tracteur qui ont élu 2 fois Bush hein..
- PI : Ça y est j’ai déposé ma fille au cluster.
- DC : Interdiction du maquillage  dans les supermarchés : C’est le lobby des paravents et séparations en plastique qui a encore frappé !
- RdB : C’est important de soutenir nos petits vendeurs de maquillage de quartier, comme Jean-Michel Sephora, Chantal Kiko ou Monique Nocibé.
- FIA : Je déclare ce gouvernement non essentiel. Allez hop, fermeture !
- LG : On va réussir à avoir une crise économique ingérable et une épidémie totalement hors de contrôle. C’est splendide.
- RP : Je ne vois pas comment les Américains pourraient voter Trump en sachant qu’ils vont se mettre Laurent Fabius à dos.
- LG : J’ai un certain âge mais je crois que je n’ai jamais vu une équipe aussi incompétente au pouvoir et pourtant j’ai connu le socialisme.
- RdB : N’empêche, imagine le poids de la responsabilité sur les épaules du chef de rayon d’Auchan ce matin, quand il va devoir trancher pour dire si le Labello cerise c’est de l’hygiène ou du maquillage.
- DSF : C’est comme les Playmobil. Les grandes surfaces ne pourront plus en vendre pour ne pas concurrencer l’assemblée nationale.
- PI : C’est incroyable, les grandes surfaces deviennent un Dr Maboul géant : quand tu vas dans le mauvais rayon ça fait un biiiip.
- RR : Ça va aller … ma génération a survécu à la cagoule tricotée.
- BP : À Pau, y a un cluster au commissariat, du coup y a pas un flic dans les rues, autant vous dire que le confinement est souple comme une gymnaste chinoise de 7 ans.
- CC : Le pyjama, ce nouveau smoking.
- BVA : Un couvre-feu quand on est confiné, c’est éteindre la lumière en fait.
- GB : Donc si j’ai bien suivi, le porte parole du gouvernement dit un truc qui est démenti dans l’heure par le chef du gouvernement dont il est censé porter la parole. Soyez fiers d’être des amateurs les gars.
- CEMT : —  Il est vraiment nul Gabriel Attal comme porte-parole du gouvernement, on le remplace ? — Bien sûr, tu préfères Benjamin Griveaux ou Sibeth Ndiaye ? —  Ok, on le garde.
- DC : Si la violence policière existait, on n’interdirait pas de la filmer.
- RR : Si les femmes occupaient plus de postes à responsabilité, il y aurait moins de mâles entendus.
- CV : Ce matin au marché, quand « mon » maraîcher m’a demandé si je voulais des carottes « petites, moyennes ou grosses », je lui ai répondu, le prenant de vitesse : « Oh vous savez, c’est pas la taille qui compte. » Sous vos applaudissements.
- NMB : Les élections aux USA, c’est comme l’Eurovision : les candidats sont nuls, le décompte des voix de chaque État est interminable, et à la fin, la France finit dernière.
- ES : Manifestement, les sondages se sont trumpés.
- TG : Le monde en apnée devant une touffe jaune pisse.
- PK : Ce midi j’ai tenté le gratin de bouquins, ben j’ai du mal à digérer…
- MC : Le temps d’attente pour avoir les résultats des élections aux USA vient de dépasser celui pour obtenir un conseiller Pôle-Emploi au téléphone. Bravo
- SI : Quatre ramasseurs de champignons verbalisés pour violation du confinement. Mais les chasseurs ont le droit d’aller se bourrer la gueule et canarder des animaux.
- SC : Après les CRS contre les gilets jaunes et les CRS contre les soignants, les CRS contre les lycéens. Hâte de voir les CRS contre Fantomas et les CRS font du ski.
- IM : On a le droit de trouver UN POIL ironique les blocages des lycées par des ados qui globalement se contrefoutent des mesures sanitaires en dehors de l’enceinte scolaire ?
- TC : « Make America get a brain ! »
- NA : Vu le nombre de personnes dans la rue, j’en déduis qu’ils travaillent tous et que leur travail c’est de marcher.
- NP : Le VRAI succès des Républicains, c’est d’avoir réussi à faire croire que l’extrême-centriste Biden serait encore plus à gauche que Mélenchon…
- ES : Je le verrais bien en 2022 : après Macron, le président des riches, Montebourg, le président des ruches.
- PK : Ventes records d’opéras et de mille-feuilles dans les pâtisseries ! Le mendiant, quant à lui, est en passe de détrôner le financier…
- RR : Mon prochain livre sera un roman sur le confinement et s’intitulera « Du côté de chez Soi ».
- NMB : Les USA, ils ont créé des logiciels qui permettent de fermer les volets de ta maison quand t’es à 6000 kilomètres de chez toi, mais ils sont incapables de compter des bulletins de votes en moins de 24 heures. HAHAHA
- DSF : Urgent : Trump demande l’asile politique à la Corée du Nord.
- DSF : «  —  Sire, c’est affreux les hôpitaux sont pleins! —  Et pourquoi n’y a t’il pas plus d’hôpitaux ? — Parce que vous nous avez dit d’en supprimer ! — Et vous ai-je demandé de supprimer des cimetières ? — Non, sire ! —  Vous voyez donc bien que j’ai tout prévu! »
- NP : Je ne dis pas que le système électoral américain est tout pété, je fais juste remarquer qu’il leur faut presque plus de temps pour connaitre le résultats des présidentielles que pour envahir l’Irak.
- NMB : Si on pouvait se mettre d’accord dès maintenant sur les dates du troisième confinement, ça m’aiderait à pouvoir poser mes jours de congés 2021. Merci par avance.
- JPT : Ceux qui mettent en avant le bilan économique de Trump avant Covid sont les petits-enfants de ceux qui faisaient remarquer que sous Mussolini, les trains arrivaient à l’heure.
- LO : J’ai appris que Darmanin avait violé une règle du confinement. Il est en progrès, dites moi.
- IB : Quand je pense que si Joseph Robinette Biden, dit Joe Biden gagne, Robinette deviendra un prénom à la mode pour les petits garçons.
- FL : En France on a peut être pas les GAFA mais on compte les bulletins en moins de 4 heures .
- ZC : On me dit que c’est Philippe Croizon qui ouvre les enveloppes dans les états clés, ça pourrait prendre encore pas mal de temps.
- RDB : Bien sûr qu’on doit dire LA covid vu que c’est UNE maladie. Comme LA rhume, LA paludisme, LA choléra, LA lupus, LA tétanos…
- CB : Bonjour, vous êtes en France et depuis ce matin le pays est gouverné par les chasseurs.
- YLB : — T’as fait quoi papa aujourd’hui au boulot ? — Moi eh bien j’ai mis une amende à une soignante qui manifestait pour réclamer plus de lit dans les hôpitaux..
- SV : Un ancien président accusé d’association de malfaiteurs va remplacer Macron pour la cérémonie de Nice en hommage aux victimes de l’attentat.
- PR : Après la police, je suggère d’interdire les vidéos des hommes politiques sur les réseaux sociaux. Ils pourraient être pris en flagrants délires d’incohérence.
- CC : Désirant acquérir un smartphone pour la première fois de ma vie sans y mettre un rein et mon PEL, je suis allée sur le site wish, ai commandé un appareil facile à utiliser, lisible, résistant aux liquides avec une batterie longue. Je viens de recevoir un test de grossesse.

Bonus :
PP/AS :  Nous avons donc grosso modo un assassinat islamiste par jour, des fusillades en veux-tu en voilà aux quatre coins du pays, des milliers de commerçants poussés à la faillite, des employés qu’on a mis 6 mois à passer au télétravail, des profs et des chrétiens qui se font décapiter à qui mieux-mieux entre deux incendies de cathédrales, et un gouvernement qui se préoccupe d’interdire la vente de maquillage en grandes surfaces.
Pardonnez-moi mais : qui sont ces gens ? Quelle est leur vraie planète d’origine ? Ont-ils une langue à eux, un système de communication qui nous échappe ? Peut-être faudrait-il apprendre à les découvrir et à les comprendre et tout de même ,par précaution, les isoler en laboratoire…

NOTA :  Profitez de vos commandes clique & collecte chez votre libraire pour y intégrer mon dernier livre « La fois où j’ai failli tuer la reine des yéyés ». Sans vous commander, bien sûr.

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Mon père, elle va s’appeler Alice.

02/11/2020 Comments off

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre est le nouveau roman de Julien Dufresne-Lamy, auteur de 32 ans, que je ne connaissais pas, que m’a conseillé un de mes libraires et c’était un super bon conseil. Parce que ce livre est tout simplement top. Déjà par son histoire mais beaucoup par son écriture. C’est un ado du genre peu expansif qui subit un séisme force 10 lorsque sous la tente de camping plantée sur l’île d’Oléron où il passe les vacances avec ses parent, son père leur annonce qu’il va intégrer le genre qu’il aurait toujours dû avoir : le féminin. On appelle ça la réassignation sexuelle. Le père et le fils sont deux clones, ils se ressemblent énormément, aiment les mêmes films, jeux, sports et sciences. Ils ne cessent de se piéger sur les composants des produits de consommation, les E495 etc.
La mère tombe de haut également, un moment, elle s’enfuit avec son fils chez sa sœur dont l’exercice préféré est le dénigrement du père. Et puis au fur et à mesure que le père, enfin libéré de son secret et sur le point de se faire opérer définitivement, mère et fils sont sujets à des propos pourris venant de partout. C’est tellement violent que le garçon doit quitter l’école et bosser chez lui, sa mère perd son travail qui était de garder des petits tandis que le père s’adoucit grâce aux hormones et étudie son nouveau look. Il mesure quand même 1,84 mètre et il chausse du 44.
Mais peu importe, les choses suivent leur cours : il travaille à sa voix avec une orthophoniste pour qu’enfin, au téléphone, on lui réponde madame, il achète des bijoux de pacotille qu’il ne porte jamais et tchatte sur Internet avec des personnes qui sont passées par là. Le fils, un curieux des sciences, connaît tout ce par quoi son père doit passer et ce qu’il doit subir, du lourd, pour devenir femme.
Le roman commence dans la salle d’attente de la clinique où le père se fait opérer. Des heures. Le gamin y rencontre un autre jeune qui est lui aussi transgenre, c’était une fille, qui va lui donner des conseils utiles. Même si l’ado a tenu le journal de cette transformation durant de longs mois, avec tous les détails techniques, cliniques, pharmaceutiques qui se sont produits. C’est très  détaillé.
Ce livre est émouvant, poignant même car on a peine à imaginer comment faire son deuil d’un homme qui n’est pas mort mais qui a juste disparu, à imaginer comment sa femme, qui continue à l’aimer, envisage leur relation. Le fils, toujours cartésien, demande si elle devient lesbienne, si son père sera toujours considérée (oui il faut la mettre au féminin, cette nouvelle personne) comme hétéro. Des questions sans réponse mais l’amour, même s’il a des aspects bizarre, est toujours là.
Très joli roman, pas du tout gnan-gnan qu’on se rassure, plutôt assez « à l’os » même, qui nous fait nous interroger sur les a priori de notre culture.
Et nous frustre car on aimerait bien la suite. Ce qui est le preuve que le livre est bon.

Mon père, ma mère, mes tremblements de terre de Julien Dufresne-Lamy, 2020 aux éditions Belfond. 254 pages, 17 €

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins