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Encore un Hannelore Cayre à kiffer !

02/10/2020

Hannelore Cayre, c’est elle l’autrice de la Daronne (lire article ici) qui passe actuellement sur les écrans mais que je n’irai pas voir, non que je n’aime pas cette chère Isabelle H, mais surtout parce que ce qui me régale avec Hannelore, c’est son écriture. Ce qui disparaît à l’image. Celui-ci s’intitule Richesse oblige, je ne trouve pas que ce soit très incitatif, c’est juste mon avis. Mais ne nous y trompons pas, c’est une cuvée tout ce qu’il y a de florissant et de cocasse. Déjà, les héroïnes ! La narratrice est une nana cabossée, brisée par un accident de jeunesse très con, et qui porte un exosquelette pour tenir debout. Originaire d’une miette d’île bretonne où les patrnymes sont d’origine certifiée, elle s’appelle bizarrement Blanche de Rigny et ne sait pas trop pourquoi, sa mère étant morte à sa naissance et son père, pêcheur taciturne, ne gâche pas sa salive. Son amie, Clothilde, porteuse d’une maladie rare, est immense et tordue, elle aussi… Les couples improbables font les meilleurs tandems. La narratrice a aussi une fille, attrapée lors d’une beuverie, élevée à la va comme je te pousse qui ne semble pas en souffrir.
C’est à l’occasion de la mort de son père mutique que la narratrice, sur le bateau de la mer d’Iroise, entend parler un trio de citadins au sujet d’une de Rigny décédée dans de louches circonstances. Attisée par le mystère, elle va entreprendre une enquête approfondie sur le pourquoi du comment de la chose qu’elle est. Comme elle travaille dans le secteur justice, elle se procure des fichiers, mais sait aussi comment retrouver des traces de vie. Cela nous embarque au 19ème siècle, lorsque les riches avaient le droit de payer un pauvre pour les remplacer lorsqu’ils étaient conscrits. Officiel. Alors, il fallait aller à la pêche au courageux peigne-cul, en assez bonne santé, qui parfois ne parlait que patois. Et ce qu’elle découvre est passionnant.
Comme dans tous ses romans, Hannelore a le goût de nous apprendre des tas de choses souvent édifiantes, souvent incongrues. Pour finir, elle nous entraîne dans la ville mythique de l’Inde où une société parfaite fut créée dans les années 70 : Auroville, habitée principalement par des Européens, du moins dans l’idée (j’ai un couple d’amis qui s’y est installé définitivement, je saurai si la description est fidèle). La fin du livre est énorme et réjouissante !

Richesse oblige de Hannelore Cayre, 2020 aux éditions Métaillié, 224 pages, 18 €.

NB : Pardon pour cette mise en page mais mon blog bloque sur quelques fonctions…

Texte © dominique cozette

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