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Les parents d’élèves et moi.

02/02/2020

Non, je ne parle pas de moi, Les Parents d’élèves et moi sous-titré ou les tribulations d’une mère de famille est un roman écrit par Catherine Berthon, une histoire très prenante sur le désir d’un couple de mettre toutes les chances du côté de son enfant pour qu’il réussisse au mieux ses études. Ce n’est pas un récit mais l’autrice a une sérieuse expérience sur les associations des parents d’élèves, les conseils de classe, les dossiers de toutes sortes qu’il faut produire pour tout et n’importe quoi, sans garantie de réponse positive. De réponse.
Gaspard va entrer en troisième, c’est un bosseur, il a très bonnes notes, donc il n’y a aucune problème pour l’inscrire dans un des lycées les plus prestigieux de Paris, Henri IV pour ne pas le citer, qui lui ouvrira les portes de l’ascenseur social et le montera vers les cieux brillants de la réussite professionnelle. Hélas, Henri IV dit non, ainsi que Louis le Grand. Mais, elle, Hélène, a entendu dire que les bons lycées de secteur avaient plus de propension à épanouir les enfants que ces grands bahuts qui risquaient de les casser. Re-hélas, Hélène n’étant pas venue aux portes ouvertes des établissements en question, le dossier de Gaspard n’a pas été retenu. Résultat : Gaspard ira au lycée Marcel Paul, à dix minutes de chez eux. Lamentation générale
Hélène est une battante. Elle se renseigne, ce lycée n’est pas si mal, même en terme de réussite au bac, les profs ont bon esprit et, au pire, s’il est décevant, on déménagera vers les CSP+, histoire de trouver un établissement qui sent moins la racaille que la banlieue est. Mais avant, pour bien suivre la scolarité de Gaspard, Hélène décide de s’inscrire à l’association des Parents d’Elèves de Marcel Paul.
Et là, rien de lui sera épargné : l’indifférence des profs, leur susceptibilité si on a l’arrogance de les conseiller, l’agressivité de certains parents qui pensent que leur gamin est un génie, l’inertie de la hiérarchie, de son mari parfois, l’absentéisme de ses collègues de l’asso, celui des profs, plus l’extrême contrariété de Gaspard à se sentir sous tutelle maternelle. J’en passe.
Les conseils de classe qu’elle rapporte constituent des morceaux d’anthologie avec leurs clichés d’ouverture : une classe très sympathique, toujours, mais…
Ce roman se dévore grâce au talent de Catherine Berthon qui ne cesse de rebondir, de pousser des gueulantes, de s’énerver puis de créer de nouvelles occasions pour intéresser les autres parents à entrer dans le jeu. Elle sera souvent déçue, parfois surprise par des petits succès, mais toujours partante pour entreprendre, de la troisième au bac, des démarches originales dans cette effrayante jungle qu’est le monde de l’enseignement. Les portraits des profs sont truculents, le style est vif et soutenu et en plus c’est drôle. Et très instructif et le fait que je ne sois pas concernée prouve l’intérêt de cette histoire. Une petite réserve sur la couverture qui ne donne pas le ton de l’écriture : non, ce n’est pas un essai pédagogique « astucieux » mais un très bon roman, de belle écriture sur un sujet rendu attractif par la bonne dose d’auto-dérision et d’humour de l’autrice.

Les Parents d’élèves et moi (ou les tribulations d’une mère de famille) de Catherine Berthon. 2019 aux éditions Chum. 274 pages, 19 €.
(En fin d’ouvrage, une bibliographie très utile sur les livres et les liens cités.)

Texte © dominique cozette

 

 

 

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