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Archives pour 08/2019

Sauver la planète ? Elle s’en tamponne le coquillard, la planète !

20/08/2019 Aucun commentaire

Que ce soit moins d’enfants, de glyphosates, de Trump, de dépenses d’énergies, de chasseurs de baleines, de bouteilles de plastoc, de lumières dans la ville, de voitures polluantes, de déchets nucléaires, de sècheresses, d’incendies, de béton, de fumées diverses, de vaches qui rotent… n’importe quoi de moins ou plus, s’il y en a une qui s’en bat la breloque, c’est bien la planète ! Elle va continuer sa petite promenade intersidérale avec des milliards de bandes de cons à l’agonie, aux poumons explosés, au sang marronnasse, au cœur obèse, bavant sur de plus en plus de joujoux technologiques, addicts à de plus en plus de poisons pour se soigner, s’envoyer en l’air ou se tenir debout, des milliards de sans bras et sans dents qui regarderont fixement le nuage pharamineux qui ne fait pas de pluie des fois qu’il s’entrouvre vaguement et qu’on aperçoive ce qu’on nommait le soleil, des milliards de descendants d’idiots qui ont préféré le déluge d’après-moi qu’un peu de confort en moins, alors que quelque part, dans des endroits tenus secrets, se gobergeront des dynasties d’ultrariches dans des demeures à l’air filtré et à l’eau intarissable, regardant se reproduire dans d’immenses bassins sains des huîtres et des langoustes, caressant un chat de luxe et attrapant par-ci par-là des nouvelles de la pourriture extérieure, jusqu’à ce qu’elle s’infiltre dans leurs interstices et les fasse crever les uns après les autres dans l’atroce souffrance du privilégié qui s’aperçoit soudain, tel un Ghosn emmuré ou un Epstein suicidé, qu’on peut tomber dans l’ordinaire, le commun, le vulgum, le mortel quoi, sans qu’un miracle se produise.
Et la planète dans tout ça ? Elle va continuer à tourner autour de son Maître-Soleil, va se nettoyer grâce aux petites bêtes bien plus résistantes que nous et donner naissance à des trucs insensés, des bidules qui vont voir le jour, des trucs qui nous paraîtraient immondes ou monstrueux si nous étions encore là pour les voir, mais nous n’en saurons rien. Le monstre le plus pourri qu’aura porté la terre sera définitivement enseveli sous la couche insensée de son incommensurable connerie.
Pour la peine que je vous cause, je vous invite à écouter une chanson joyeuse en buvant le jus d’un flacon divinement travaillé par une vigneronne sincère en caressant la petite tête blonde ou brune du rejeton que votre avenir n’inquiète pas encore. Mais gardons espoir, le G7 va bientôt se tenir dans un spot où le rouleau compresseur de la police répressive n’a rien à envier à celui de la vague surfante toujours recommencée…

Texte © dominique cozette

Categories: caustic

A jeter sans ouvrir

18/08/2019 Aucun commentaire

Viv Albertine, je l’ai découverte il y a peu avec son premier livre sur sa période punk (voir mon article ici : De fringues, de musique et de mecs). Et comme j’ai bien kiffé, je viens de lire le deuxième opus A jeter sans ouvrir, l’histoire interprétée sur le tard de sa famille restreinte, père, mère et sœur. C’est raconté sans filtre, ça pique, c’est cash. Car la mère de Viv est en train de mourir dans une chambre d’hosto. Viv aimerait bien qu’elle s’éteigne gentiment dans les meilleures conditions, entourée d’elle-même et de sa fille ado. Mais voilà-t-il pas que sa soeur, qui est restée longtemps fâchée avec la mère, débarque du Canada et vient lui voler les derniers instants chéris. Rester digne autour du lit d’agonie, rester digne à tout prix mais… ça déborde, Pascale la sœur s’est approprié la main, les oreilles et même le bord du lit de leur mère dont elle ne veut pas bouger, même pour les soins. C’est trop fort, c’en est trop, Viv est quand même restée une rebelle et après tout, c’est elle qui s’est occupée de leur mère toutes les années d’absence de sa sœur. Donc elle finit par lui sauter dessus et l’attraper par les cheveux par-dessus le corps encore en vie de la mourante, et s’ensuit une baston épique, incroyable de violence, de coups et de sang qui gicle sur les murs de la chambre. Cet épisode, assez long, est découpé en tranches servies au début de chaque chapitre.
Les chapitres eux, nous ramènent dans l’enfance des fillettes, un truc pas marrant du tout car ils étaient d’une pauvreté totale et surtout, les parents se battaient constamment, cruellement, prenant les fillettes en otages. Viv raconte d’abord son souvenir ressenti. Puis, à la mort de son père français réfugié en France, elle trouve une enveloppe « A jeter sans ouvrir » qu’elle garde jusqu’à la mort de sa mère. Puis elle le lit : il s’agit du journal que son père a tenu lors de leur divorce pour démontrer aux juges la cruauté de sa femme, son inaptitude à élever ses filles. C’est vrai que c’est cruel et Viv commence à comprendre la genèse de sa vie à la lumière de ce témoignage extrêmement touchant par rapport à l’amour qu’il portait aux petites. Sauf qu’après la mort de sa mère, elle découvre aussi le journal que celle-ci a tenu dans les mêmes circonstances, où elle décrit la personnalité violente du père. C’est alors que la mémoire de Viv renaît et qu’elle se souvient des coups, des menaces, de sa méchanceté, mais aussi de ses penchants pédophiles. En plus, et ce n’est pas la moindre des fêlures de son enfance, sa mère a été forcée par son mari d’abandonner un fils d’un premier lit à son père, qu’ils ne se sont pas revus avant qu’il ait dix-sept ans, qu’il a appris seulement à ce moment là l’existence de ses sœurs élevées par sa mère. Ne parlons pas des multiples et très graves problèmes de santé de Viv, la coupe est pleine.
Tout cela enrobé de nombreuses citations féministes car Viv est abreuvée de lectures de femmes qui en ont, de Simone de Beauvoir à Virginie Despentes en passant par toutes les autres.
Seul bémol : la fin du livre, les quelques dernières pages, sont un peu chiantes, beaucoup de descriptions et peut-être aussi une sorte de mea culpa envers sa sœur dont elle dit qu’elle l’aime quand même. On peut s’en passer. Sinon, ses démêlées  familiales telles qu’elle les décrypte, tranchantes et sans concessions, nous rendent la lecture de l’ouvrage passionnante.

A jeter sans ouvrir de Viv Albertine, 2018.  2019 aux éditions Buchet Chastel, traduction par Anatole Muchnik. 352 pages, 22 €.

Texte © dominique Cozette

Categories: bouquins

Une autre Floride

14/08/2019 Aucun commentaire

Lauren Groft, dont le roman « Furies » fut adoubé par Barak himself qui en fit son préféré, sort Floride, un recueil de formidables nouvelles ou plutôt de tranches d’ambiances tempétueuses. Tueuses ? Oui car ce qui se passe dans ces moment arrachées à cette terre qu’on croit paradisiaque, c’est un enfer, l’enfer de ceux qui n’ont pas les moyens de se protéger de la nature hostile, mouvementée, cruelle et glauque. Des portraits de femmes très à la hauteur mais débordées par les événements, les hommes ou les enfants, des fillettes abandonnées dans la sauvagerie d’un biotope effrayant, un œil de cyclone qui lorgne dangereusement sur une autre qui n’a pas réussi à sauver son voisin ou sa maison. Des choses assez marrantes involontairement quand le récit se situe en France avec des « salades de homards » dégustées vite fait dans une cafèt de Monoprix, si, si…, les vacanciers résidant en Champagne.
Un autre plus réaliste se situe à Yper, vers Etretat, où la mère de deux jeunes garçons vegans a choisi de passer l’été pour fuir la fatale saison humide de Floride. Elle vient visiter les lieux de son écrivain préféré, Guy de Maupassant, elle écrit une thèse sur lui mais elle finit par le détester à cause de ses mœurs dissolus non respectueux des femmes, tout en se nourrissant de bourgogne pas cher acheté à l’épicerie du coin, deux litres chaque soir.
Dans cet étourdissant voyage au bout de l’envers du rêve, on côtoie toutes sortes de bêtes toxiques, serpents, alligators, insectes de toutes sortes, chats sauvages, et des marais qui puent et renferment une faune pestilentielle, et des pluies incessantes, des cyclones, une nature écrasante que l’on aime(rait) bien fuir. D’où la France.
C’est un vrai plaisir de découvrir ces nouvelles, moi qui n’aime pas le genre,  car l’écriture est formidable, le vocabulaire très riche et les personnages intrigants et attachants.

Floride de Lauren Groft, 2019 aux éditions de l’Olivier, traduit par Carine Chichereau. 300 pages, 22,50 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les sept mariages d’Edgar et Lumilla

12/08/2019 Aucun commentaire

Les sept mariages d’Edgar et Lumilla, dernier opus de Jean-Christophe Ruffin, est un roman assez amusant, disons-le franchement. On assiste à une épopée amoureuse comme il y en a peu en vrai, mais ça existe, de deux personnes que tout réunit et puis sépare — le bien connu « ni avec toi ni sans toi » —  et jamais pour les même raisons. Forcément, ça commence par un coup de foudre. Juste un regard intense, ce qui est très improbable quand la personne est une jeune femme nue que des villageois ukrainiens tentent de soustraire du regard de tous alors que l’autre personne est un jeune homme en voyage initiatique avec trois compagnons et compagnes étudiants dans une grosse voiture française assez singulière. C’est leur premier contact. Le jeune homme doit continuer la route, ayant juste appris que les yeux superbe appartiennent à cette magnifique femme prénommé Ludmilla. Un peu maigre comme indice mais impossible de s’attarder.
Néanmoins, il finit par la retrouver, une autre fois, avec l’audace de tout amoureux pensant que l’attirance est une chose réciproque. Elle se laisse faire, se laisse épouser vite fait à coup de tampons administratifs, elle est tellement pauvre et seule et sans ressources dans un pays fermé. Donc, elle se retrouve avec lui à Paris, mais il est fauché lui aussi et le bonheur est un astre coûteux, parfois. Il a tellement peur de l’avoir arrachée à son pays pour rien, pour une autre vie sans panache ! Et elle a tellement de mal à lui faite comprendre qu’elle est terriblement heureuse d’être arrivée ici. C’est comme ça qu’un malentendu peut déclencher un premier divorce. Ensuite, ce ne sont que péripéties, routes qui se séparent, carrières qui se construisent, hauts et bas, l’une qui devient diva puis insupportable et l’autre entrepreneur de très haut vol très égocentré, puis les choses qui s’écroulent d’un côté comme de l’autre etc…
A part des petites maladresses (il vend sa voiture en Russie mais on le retrouve roulant dedans à Paris un peu plus loin, et quelques fautes d’inattention) on se laisse balader au fil des pays, des motifs de séparation et de retrouvailles jusqu’à la fin de leur vie. L’histoire, en fait, est narrée par le mari de leur fille unique dont ils se sont assez peu occupés, ayant un tas de choses bien plus intéressantes à faire à cette époque de mondanités, de succès, de sorties, de fêtes… Il est obligé d’enquêter afin de retrouver les trous de cette histoire pour le moins cahotique.

Les sept mariages d’Edgar et Lumilla, de Jean-Christophe Ruffin, 2019 aux éditions Gallimard. 376 pages 22 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #457

10/08/2019 Aucun commentaire

Comme un linceul n’a pas de poches sauf sous les yeux, Mocky est parti là-haut sans pactole, loin du piège à cons qu’est la vie quand on n’est si glandeur ni miraculé mais plutôt une machine à découdre. Drôle de paroissien, dragueur, étalon (17 mômes officiels), roi des bricoleurs, adepte de saisons des plaisirs comme de grandes lessives, pratiquant la colère, Mocky fut solo dans son style, sans grande frousse devant le grabuge et les calomnies qu’il sema. Pas d’arbitre dans cette FIN sans l’ombre d’un doute plus passionnante qu’une nuit à l’assemblée nationale, sans monsieur cauchemar pour lui dire chut ! Bonsoir et… dors mon lapin !*
- OVH : Good bye Pépé le Mocky.
- PR : Avec l’Europe, l’ouverture des marchés est simple : le peuple achète et bouffe de la merde, pendant que les actionnaires chopent la thune et mangent bio. Je trouve ça cool. Très très cool !
- AB : La différence entre Jean-Pierre Mocky et les autres est qu’il était un iconoclaste qui faisait des films coûte que coûte sans concession avec des bouts de ficelle et n’est jamais rentré dans le moule pour plaire.
- HB : Je ne comprends rien a cette histoire d’Achille Zavatta qui se prend pour pour Marty McFly au dessus de la manche
- CV : Afin de coller à l’actualité, après les exactions commises par le gouvernement contre : les manifestants/les chômeurs/les retraités/les réfugiés/ les pauvres, Emmanuel Macron décide de modifier légèrement le nom de son parti.
 LREM devient donc LREMOCESFBTG, ou La République En Marche Ou Crève Et Surtout Ferme Bien Ta Gueule.
- PI : Pour la millième fois, ne mettez pas de photos de vos enfants sur fb. Si vous ne le faites pas pour protéger leur vie privée, faites le au moins parce qu’on en a rien à foutre.
- AB : Alain Delon : « Alain Delon vous remercie de penser à Alain Delon, car Alain Delon se repose tranquillement en Suisse après un AVC signé Alain Delon et une légère hémorragie style Alain Delon dont Alain Delon viendra à bout. »
- PE : 1ère journée du Championnat des Etats-Unis de fusillade : 
Texas-Ohio : 20-9
- JB : Peut-on vraiment faire confiance à un trou de balle pour contrôler les armes à feu ?
- DC : Est-ce que la journée internationale du chat est aussi la journée internationale de la chatte ?
- LC : Les mecs aujourd’hui ils sont incroyables, ils hésitent pas à te bouffer la chatte au premier rencard mais ils bégayent si tu leur empruntes leur brosse à dents
- MH : Franchement, la journée internationale du chat, on aurait pu l’organiser une semaine plus tard, à la mi-août.
- AB : Casino lancera en septembre le premier hypermarché sans caisse ni produit interdit au public (pas de parking). Il ouvrira de 4 à 5 h du matin.
- ME : On nous ment depuis toujours. Le diable ne s’habille pas en Prada. Il est en Pampers, torse-nu et il braille comme un putois à côté de moi depuis un quart d’heure.
- AB : Il y a encore un an, je haussais les épaules en lisant « État policier » ou « Démocrature » au sujet de la Macronie. Aujourd’hui, épaules basses, je grince… Comment en est-on arrivé là si vite ?
- RP : Je n’ai pas attendu le dernier rapport du GIEC pour me sentir, en tant que musicien, extrêmement concerné par l’épuisement des sols. C’est pourquoi j’en utilise le moins possible et compose généralement en Si. ‬
- OVH : Mon smartphone est un text toy.
- AB : Les ex-Premiers ministres coûtent bonbon par an (pareil à Gauche) : • Fillon 103 304 € • Villepin 110 808 € • Raffarin 130 055 € • Juppé 65 436 €.  Je croyais qu’on avait aboli les privilèges.
- RE : Cambriolage d’un collège dans l’Oise : les pertes de matériel informatique s’élèvent à 80 euros. « Ils ont tout pris. » déplore le chef d’établissement.
- PC : Y’a un truc que je ne comprends pas. Quand un juif fait une blague juive, tout le monde rit. Idem pour les arabes, les handicapés, les LGBT… Mais quand une meuf fait une vanne sur les meufs, elle se prend toute la team féministe sur la gueule. Pourquoi ? On n’a pas d’humour ?
- GU : « C’est terrifiant ce qui se passe dans les églises, c’est infesté de pédophiles, de toute façon c’est des gens qui sont obligés d’éjaculer d’une façon ou d’une autre, c’est pas parce qu’on est prêtre qu’on éjacule pas. En clair faudrait leur couper la bite ! » (JP Mocky)
- MM : Toute sa vie il aura gueulé «mort aux cons !  ». Puis il est mort. C’est con. Sa colère échevelée, parfois enfantine, toujours généreuse, va nous manquer.
*(sauras-tu retrouver 24 titres de ses films ?)

Photo Philippe Delacroix © Une de Libé.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

La Féroce ou la fée rosse ?

05/08/2019 Comments off

La Féroce de l’Italien Nicola Lagioia exerce une attraction étrange  sur la lectrice que je suis. Cela tient partiellement à son sujet, l’histoire de Clara Salvemini, jeune fille puis femme libre et libérée, au sein d’une famille tragiquement italiana. Le père est un entrepreneur sans scrupules, bravant les interdits, pratiquant menaces et pots de vin, mouillant ses propres enfants dans de malsaines affaires de bétonneur de côte, voulant garder la main sur tout. Sa femme tient tête tant bien que mal malgré ses infidélités et son caractère ombrageux et les quatre enfants tentent par tous les moyens de lui échapper. Clara, l’aînée, couche avec tout le monde, principalement la clique d’affairistes de son père. Le roman commence avec elle : un camionneur voit cette jeune femme nue et ensanglantée traverser la route et, pour l’éviter, se plante. Il sera gravement blessé et perdra une jambe. Mais tout le monde affirme que Clara s’est suicidée en se jetant d’un immeuble, là où l’on a retrouvé son corps. En ce qui concerne l’autopsie, le dossier du légiste, c’est l’omerta. C’est donc son frère préféré, Michele, un être border line, rebelle et insaisissable, qui va mener son enquête. C’est un demi-frère élevé avec les autres, né d’une maîtresse du patriarche morte pendant l’accouchement. Durant une longue période de leur adolescence, les deux vont être inséparables, jusqu’à ce qu’il disparaisse en lui-même et s’en aille vivre à Rome. Un deuxième fils, celui qui devait succéder à son père, coupe le cordon en devenant oncologue. Enfin la petite dernière, Gioia, qui rigole parfois mais dont on ne sait pas grand chose.
L’histoire, c’est une chose mais le plus fascinant, c’est la façon dont il la raconte. Nicola Lagioia possède un style très sophistiqué, voire ensorcelant. Les phrases qu’il écrit donnent à voir une construction de la pensée à la fois tortueuse et poétique. Parfois, on ne comprend (je ne comprends) pas tout, l’auteur ne perdant pas de temps en explications rationnelles. Parfois, le récit entremêle deux époques différentes et on doit se concentrer pour faire la part des choses. Malgré tout, on s’accroche comme à une personne impressionnante qui ne parle pas tout à fait de la même façon que nous. Enfin, c’est mon impression. Mais je ne suis pas seule à le trouver superbe puisque ce livre a reçu le prestigieux prix Strega.

La Féroce de Nicola Lagioia 2015. Paru en 2017 chez Flammarion, traduit par Simonetta Greggio et Renaud Temperini. 458 p. 23€. Ou chez Folio.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #456

03/08/2019 Comments off


Evidemment, le rapport ne peut pas être établi entre le fait que l’on soit samedi et les Fessebouqueries du samedi. Sinon, s’il y avait un rapport chaque fois qu’il y a un fait, on ne s’en sortirait plus. Comme par exemple le rapport entre Greta Thunberg et l’imbécillité de certains députés, entre l’imbécillité de certains députés et la signature du CETA, entre un homard et la démission d’un ministre, entre une maman moustique et un antispéciste nommée Aymeric Caron. Ce ne sont que de vagues supputations faites par des mauvaises langues doutant de la probité de nos gouvernements et de leur volonté de servir au mieux les intérêts de nous le peuple. Heureusement, L’IGPN veille. Faites gaffe sur les routes quand même et bon WE !

- HH : Selon l’IGPN, la Loire ne passait pas à Nantes le jour de la Fête de la Musique
- RV : Ce matin j’ai pris mon café dans un bistrot communautaire et franchement ça faisait peur. Il n’y avait que des Français.
- YP : On aurait trouvé des huiles de vidange dans des mayonnaises bien françaises. Je me demande si je ne vais pas soutenir le CETA.
- JB : Greta Thunberg se rendra au sommet pour le climat de New-York en voilier, depuis le Royaume-Uni. Donald Trump tentera pour sa part d’arriver à pied par la Chine.
- CV : Selon un rapport de l’IGPN, mon énervement n’a rien à voir avec le manque de pognon.
Ouf.
- HM : Je viens de lire la note d’intention du prochain Desplechin pour le taf. J’ai dû vérifier que je n’avais pas de sperme sur ma robe tellement ça atteint des sommets de branlette intellectuelle.
- CV : Selon L’IGPN et le gouvernement, il n’y a aucun lien établi entre la police partout et la justice nulle part.
- PR : Toujours pas reçu de pub pour du homard géant, livré dans les dix minutes, sur financement public. Ils font quoi les startupers ? Ils sont lents. Ya un biz à prendre. La startup nation, c’est du pipo.
- GD : « Le rapport rédigé par la pluie ne fait aucun lien entre les gouttes tombées des nuages et les flaques d’eau constatées au sol. »
- LFI : Nous exigeons que l’enquête sur la mort de Steve soit retirée à la police et faite uniquement sur Twitter, comme depuis le début.
- GD : (Imaginez le scandale si, dans une grande démocratie, on apprenait la mort d’un jeune homme suite à une charge policière lors d’une fête.)
- FS : Il y aurait des militants de la majorité présidentielle qui inventerait une vérité alternative comme, par exemple, qu’il est possible qu’il se soit suicidé ou bien qu’il soit tombé à un autre endroit.
- PA : Pour savoir si mes enfants sont rentrés, je débranche le WIFI. Si j’entends hurler, c’est qu’ils sont là.
- PI : Si vous connaissez des endroits où, dans le cadre d’une tradition hein, des taureaux se réunissent pour applaudir d’autres taureaux qui humilient un homme avant de le tuer, mais pour l’art et pour la tradition, hein, dites-moi, merci.
- SP : Hier à Naples j’ai mis mon clignotant. Toute la ville s’est arrêtée pour rire. Pire que conduire à Marrakech, jamais vu ça.
- PR : C’est rigolo cette utilisation tous azimuts des lacrymos et lanceurs de balles de défense. C’est très fun. On se croirait dans un jeux vidéo. Surtout qu’il y a des primes et décorations pour les meilleurs joueurs. A quand un concours mondial des meilleures équipes Russie, Chine, Turquie, France ? On a des chances de gagner ?
- CC : Essonne : un commandant de police mis en examen pour harcèlement sexuel sur une collègue. On attend la médaille remise par Castaner !
- BP : Le vrai débat n’est donc pas celui des violences policières mais celui des leçons de natation.
- GD : In French we don’t say « un non événement », we say « un rapport de l’IGPN » and I think it’s not beautiful du tout.
- PE : Y a trois semaines, Edouard Philippe gardait toute sa confiance en Rugy, qui a démissionné quelques jours plus tard. 
Hier, le même Edouard Philippe a dit garder toute sa confiance en Castaner. 
Vivement lundi!
- DC : 2022. Macron n’a pas été réélu mais il a pourtant affirmé qu’il ne peut être établi de lien entre cet échec et sa politique.
- SF : À ton avis, Christophe Castaner, pourquoi Edouard Philippe t’a-t-il demandé de l’ouvrir le moins possible ?
- MN : Les garçons, ce n’est pas parce ce que vous avez un zizi que vous devez vous comporter comme des connards. Les lézards en ont deux et ils ont réussi à rester cools.
- BP : Ça vaut vraiment le coup de polluer le ciel avec un avion qui annonce à la plage, sur une banderole, que les sardines ne sont pas chères à Géant Casino ?
- AB : On a un compteur Linky depuis janvier : aucun problème, sauf une lévitation qui nous oblige à vivre près du plafond, d’où quelques maux de tête.
- PA : C’est d’actualité : Quand j’étais petit j’avais peur du noir. Maintenant quand je vois ma facture d’électricité, j’ai peur de la lumière.
- CC : Y a un article dans le Parisien qui parle du retour de de Rugy et de sa femme dans un appart place de Clichy, on croirait un récit de Zola.
- PI : Ce soir n’oubliez pas de laisser un petit bol de votre sang sur la table de chevet pour maman moustique.
- OM : Je n’ose même pas imaginer le dilemme que vivrait Aymeric Caron si il chopait un vers solitaire.
- GP : Pour Castaner,  les dégradations des permanences sont comparables a des attentats. Je vais en parler avec les gars du Bataclan et de Charlie Hebdo. Monsieur Castaner, les mots ont un sens.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

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