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Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage

25/07/2019

Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage, titre de ce drôle de roman de Vendela Vida idéal pour l’été, donne une image qui n’a pas à voir avec l’histoire, c’est juste le titre d’un poème dans le récit. Mais, quand même. C’est d’une sorte de disparation qu’il est question puisque l’héroïne, une Américaine de 33 ans, se voit disparaître de par le vol de tous ses papiers. Voici : Elle s’envole pour le Maroc, itinéraire conseillé par une proche pour se changer les idées après un douloureux divorce, atterrit à Casablanca où elle a réservé pour trois jours dans un hôtel pas terrible, alors que le guide conseille de se tirer au plus vite de cette ville. Et voilà qu’on lui vole son sac avec tous ses papiers, passeport, ordi, téléphone, carte bancaire, tout quoi. Ne lui reste que sa valise de vêtements. Et pas un rond. Enfer et damnation !
Le surlendemain, après moult difficultés qui font le sel de l’histoire, le chef de la police lui tend un sac similaire avec papiers, passeport et même une carte bancaire. Mais il s’agit de celui d’une autre Américaine qui lui ressemblerait un peu.  Par chance, elle n’a pas encore fait opposition. Une autre vie commence car par chance encore, il y a un tournage dans le beau quartier et on la repère pour doubler une célèbre actrice américaine. Tous frais payés etc. Entre temps, elle a dû changer de nom, prenant celui de sa nièce bébé, on saura pourquoi elle attache tant d’intérêt à cette petite. L’actrice est très sympa. Très capricieuse aussi, forcément. Quand la narratrice sera obligée de la remplacer auprès du prétendant officieux, ça va déraper sérieusement. Et toute la suite de cette histoire n’est qu’un dérapage pour fuir le danger de voir ses mensonges découverts. Elle disparaît sans arrêt, sans arrêt, se rattrape à une branche trop fragile et c’est vraiment très amusant.
Au lieu de raconter son histoire en mode je, elle utilise le tu. C’est un procédé pas très nouveau et on s’y fait. Le plus bizarre, c’est de lire à la fin la liste des remerciements, des équipes qui l’ont assistée pour ce livre etc… Est-ce de littérature ou de marketing qu’il s’agit ? J’image les réunions où des tas de gens demandent de rectifier ici ou là, de mettre plus de jeune et moins de rouge, ce genre de truc. Comme dans les bons vieux plansboards de la pub. Une activité solitaire, l’écriture ? Heu…
Nerver mind, ce livre est très plaisant et vraiment amusant.

Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage de Vendela Viva, 2015 l’original, 2019 chez Albin Michel, traduit par Adèle Carasso. 244 pages, 21,50 €.

texte © dominique cozette

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