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Clem et Dom

20/03/2019

Pour les nostalgiques de Dominique Laffin, injustement oubliée aujourd’hui malgré ses nombreux films, son talent et sa beauté irradiante, voici un petit livre écrit par sa fille plus connue qu’elle aujourd’hui, Clémentaine Autain. Elle en a écrit, des livres avant celui-ci, mais tous consacrés à la politique et plus précisément à la cause des femmes. Ce dernier sonne les retrouvailles de la fillette qu’elle était quand sa mère est morte à 33 ans, alors qu’elle en avait 12, et qu’elle a décidé d’enfouir très très profond tout  ce qui la concernait. Ne plus souffrir.
Dites-lui que je l’aime, le titre, n’est pas un message que Clémentine envoie à sa mère. On le comprend à la fin : c’est l’amour énorme que sa mère lui porte et que lui transmettent toutes les personnes qui l’ont connue. Car la fillette a eu une enfance très pénible. A Dominique qui l’a eue très jeune, on n’a pas livré le mode d’emploi : un enfant oui, c’est super, mais comment on fait, Dominique étant elle-même une enfant mal poussée. Les grandes joies connues des mômes, vacances, fêtes de familles, retrouvailles, ont pratiquement toujours été gâchées par l’incurie de la mère et d’abord son alcoolisme. Mal dans sa peau, de plus en plus, elle s’est jetée dans la boisson qui lui permettait d’oublier son mal-être. Et sa fille. Elle l’oubliait souvent à l’école, elle sortait la nuit en laissant la fillette seule et bouffée d’angoisse dans leur petite maison; une fois, elle était tellement bourrée en revenant d’un tournage que son fiancé et la gamine on dû la transporter sur un chariot à bagages car elle avait chu sous le train en en descendant. A ses huit ans, son père a décidé de la prendre avec lui et sa compagne. Ce qui a accéléré la perdition de sa mère, mais comment faire autrement ?
Réconciliée avec l’image très douloureuse que sa mère lui renvoyait et qui la faisait se refermer dès qu’on l’évoquait, Clémentine finit  par la redécouvrir dans cette quête, de voir en elle une personne fragile, tendre et touchante. Depuis, elle s’autorise à regarder ses films et à accepter tous les témoignages du court passage sur terre de celle qui l’a tant (et si mal) aimée. Néanmoins, la mort de la comédienne, accident ou suicide, n’est toujours pas résolue. Très joli hommage.

Dites-lui que je l’aime par Clémentine Autain. 2019 aux éditions Grasset. 160 pages, 16 €

Texte © dominique cozette

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