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Attention : Polar polak comak !

03/03/2019

La Ferme aux poupées est le deuxième polar traduit en français de Wojciech Chmielarz, le premier étant Pyromane qui installe l’inspecteur récurrent Mortka, dit le Kub, et explique pourquoi on va l’envoyer loin de la base. Mais on s’en fiche quand on lit ce deuxième ouvrage, on sait seulement qu’il a fait quelque chose de gênant et que ses chefs, sans vraiment le punir, préfèrent l’éloigner un moment dans une bourgade de montagne où il ne se passe pas grand chose, sous couvert d’échange de compétences avec la police locale. Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un flic usé un peu grassouille, la cinquantaine désabusée, mais non, il a la trentaine. Sa femme l’a quitté parce qu’il se consacrait trop à son boulot et trop peu à elle et surtout à ses fils. C’est vrai que ce n’est pas un père attentionné, il en donne encore la preuve. Il est logé dans un appartement communautaire, il a de la chance car une jeune femme seule avec son fils s’occupe de lui faire à manger et de laver ses affaires. Son arrivée dans ce bled commence assez rudement, avec l’enlèvement d’une fillette de 11 ans qui jouait au bord de la route. Assez vite, un type avoue le viol et le meurtre de la fillette. On se dit : c’est un peu simplet ce bouquin, comme si un suspect avouait aussi vite. Sauf que voilà, il avait ses raisons de le faire.  Et puis on apprend qu’une autre petite fille avait déjà disparu il y a peu mais comme c’était une Tzigane, l’enquête s’était vite éteinte.
Avec le Kub, les choses s’accélèrent, il aime fouiner, chercher, sortir de la légalité pour aller plus vite. En faisant ses recherches, il retrouve la première fillette, vivante mais mal en point au fin fond d’une mine près d’un tas de cadavres de femmes  cruellement mutilées. La bourgade est en émoi, les supérieurs régionaux veulent reprendre l’affaire mais le Kub et ses collègues s’entêtent, et même s’ils sont mal équipés, ils veulent trouver le ou les tueurs de femmes, responsables de ces ignobles tortures. Sont-ce les Roms, ou des trafiquants, des maniaques sexuels ? Le mystère est insondable.
Des sacs de noeuds vont apparaître au fil de l’enquête, des blessures au corps et à l’âme, de terribles craintes mais le Kub est toujours sur la brèche, tâchant de rester debout à coup de bières et de mauvais café.
Palpitant, bien mené, bien écrit, ce bouquin est le fait d’un auteur-vedette dans son pays déjà plusieurs fois couronné. Il faut juste s’accrocher en ce qui concerne les noms, ils sont imprononçables, beaucoup se ressemblent mais on y arrive…

La Ferme aux poupées de Wojciech Chmielarz, 2018 aux les éditions Agullo Noir. Traduit du polonais par Erik Veaux. 400 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

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