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Les rêves dans les romans, ce cauchemar !

01/11/2018

Ah, mais quel cauchemar, quand vous êtes bien engagée jusqu’aux cuisses dans une histoire quelle qu’elle soit, de voir subitement, au chapitre d’après, surgir un pet de cervelle, un prout d’inconscient, un rêve quoi, inventé par l’auteur/trice, tentant de nous la jouer Sigmund et ses freudaines ! Non, mais des fois ! 95% des bouquins que je lis racontent le rêve du personnage principal. Quand il n’y en a qu’un, de rêve ! Que c’est chiant ! Que c’est calamiteux ! On est déjà dans une fiction, man, tu vas pas nous refaire le coup de la mise en abyme ! Eh bien, si ! Alors, pendant qu’on y est, pourquoi pas un rêve dans le rêve ? Vous n’avez jamais rêvé que vous rêviez ?

Ce matin, dans mon lit, attendant que le jour se lève pour prendre mon comprimé de Levotyrox 50 et préparer le petit déjeuner, je suis plongée dans un livre à l’humour modeste mais sincère, le roman d’un auteur de BD qui nous narre les déboires ordinaires d’un loser, ses parents à côté de la plaque, sa nana qui le plaque et son futur beauf qui lui réclame un discours de mariage. Et bim ! Un rêve ! Nan mais je rêve, allô, quoi !

Un truc sans intérêt, en plus. Que mes futurs auteurs/trices de romans le sachent : je ne lis les rêves qu’en diagonale, lorsque je les lis ! Pour moi, c’est du remplissage de pages, c’est de la laitue sous rosbif-mayo, du soutif push-up, du micro-trottoir de l’info…

Lorsque je terminais mes études de psycho, j’avais axé mon mémoire sur l’interprétation de mes rêves. Je les notais chaque matin au réveil, avant même que de sauter sur la lunette des toilettes ou dans les bras de mon nouveau mari qui m’auraient fait tout oublier. J’ai rêvé de tout, le meilleur étant celui concernant un proche ami que j’avais vu noyé dans un étier. Quelques heures plus tard, cet ami vint nous rendre visite pour nous raconter que, vers trois heures du matin, il avait dégagé un homme mort de noyade à bord de sa voiture tombée dans un étier. Hallucinant ! Mon rêve étant inscrit dans mon cahier, aucune contestation possible ! C’était plus que prémonitoire puisque probablement transmis en direct par les ondes alphas de nos cerveaux connectés. Donc des rêves, vous pensez !

Parfois, je me dis que pour se vendre bien, un roman doit absolument comporter un rêve. Une sorte de code. Les cinq miens n’en comportent aucun, d’où probablement leur insuccès. Je m’interroge même sur une règle éditoriale secrète, distillée à des auteurs qui possèdent un certain profil, celui de la réussite, du sens de la promo, une voix qui séduit, un regard un peu fou, que sais-je. 95%, je vous affirme. Et ne me dites pas le contraire, je ne vous croirai pas.

D’ailleurs, à vous, étudiant.e.s en  psy, j’offre ce sujet : l’analyse des rêves des personnages de fiction. Ne me remerciez pas, soyez juste assez sympas pour me les faire lire après.

Texte © dominique cozette

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