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Sexe & rage, pas trop finalement

20/11/2018 Aucun commentaire

Eva Babitz fut une égérie californienne issue d’un milieu bohème et artie. Filleule de Stravinsky, elle connut sa prime notoriété grâce à une photo d’elle à poil jouant aux échecs avec Marcel Duchamp. Comme je suis sympa, je vous offre la photo à la fin de l’article, ça vaut le coup d’œil ! En France, un premier livre d’elle est sorti il y a peu, très chouette, une compil de chroniques très vivantes, très people et très classe au niveau de l’écriture, cinglante et drôle – comme pour ce livre – intitulé Jours tranquilles, brèves rencontres, écrit dans les années 70. Sexe & Rage publié en 79 conte la vie dévergondée d’une jeune fille surfeuse, qui n’a peur de rien et pense qu’on n’est sur terre que pour s’amuser. Le sous-titre intérieur est d’ailleurs Conseils aux jeunes demoiselles avides de prendre du bon temps. Elle tombe amoureuse de charmants bellâtres, ou richissimes dandies ou gays lurons et fait la fête sans arrêt. Parfois, elle envoie un texte à un magazine, c’est comme ça qu’elle est repérée par THE agent littéraire de New-York qui la harcèle pour qu’elle écrive enfin son livre et surtout qu’elle vienne à New-York. Mais elle traîne, elle boit, le temps passe, elle s’envoie en l’air, se drogue et perd sa fraîcheur physique à 28 ans. Néanmoins, elle envoie ses bouts d’écrits à l’agent qui lui dégotte un éditeur qui raffole d’elle. Sans la connaître. Elle va finalement à New-York, stoppe net l’alcool et le reste. Mais Los Angeles lui manque terriblement.
Ce n’est pas tant l’histoire qui passionne que sa façon de l’exprimer. Outre une écriture habile et souvent hilarante, elle pratique le name-dropping et étale la culture qu’il fait bon d’étaler ses années-là : littérature marginale ou française, Paris, musiciens de jazz etc. C’est assez chic et snob mais elle est tellement désabusée que ça n’a pas d’importance. Quant au sexe, il est plutôt discret et la rage fugace. Si vous aimez ce que représente la mythologie défonce, bitures et bringues à L.A dans les seventies, ce livre est pour vous. Une petite citation en bonus : « Elle avait entendu dire qu’un artiste, c’était n’importe quel blanc de plus de 25 ans, sans mutuelle »

Sexe & rage de Eve Babitz, 1979 pour la version originelle. Traduit pas Jakuta Alikavazovic, 2018 aux Editions du Seuil. 240 pages, 20 €

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #417

17/11/2018 Aucun commentaire

Cachou Lajaunie, lajaunie, han han ! Je ne sais pas pourquoi j’ai ce jingle en tête. Ah, oui, les Gilets Jaunis, oh mais quel bololo, cette affaire ! Le péril jaune, comme on dit ! Qui arrive juste derrière le beau joli nouveau couleur banane, juste après Darmanin, maillot jaune de la niaiserie avec sa très bonne idée d’espionnage de votre train de vie d’enfer sur les réseaux, juste après l’homme aux cheveux jaunes qui dirige le monde à coups de twitts grossiers, juste après la flamme jaune ranimée sous l’arc mais hélas, pendant celles, toujours assassines, de la Californie qui ont passé la ligne jaune des 1000 disparus ! Une bonne nouvelle dans tout ça ? Oui, une bonne nouvelle toute bleue : un footeux paye ses impôts ! Un petit jaune pour fêter ça ?

- EF : 14-18 : Quand on se réconcilie avec des allemands on se rabiboche…
- NP : C’est marrant mais tout le monde commémore la fin de la 1e Guerre Mondiale mais personne ne rappelle pourquoi on s’est battu. Parce qu’on s’est battu pour rien. Absolument rien. Si ce n’est l’envie des états majors militaires de se battre.
- JC : Pour les générations futures de présidents américains, il faudra penser à faire la 3ème guerre mondiale à Tahiti.
- NP : Le Beaujolais Nouveau c’est le seul vin au monde qui soit moins mauvais à vomir qu’à boire.
- YP : J’ai compris le message des pauvres comme des riches : l’écologie, oui, mais pas ici, pas maintenant, pas si ça me gêne.
- OM : Grosse fête en ville, j’ai l’impression que le prix du Beaujolais à la pompe a baissé…
- DV : Je tombe par hasard sur TF1 qui explique que l’évasion fiscale c’est 60 milliards d’euros et qu’en surveillant les réseaux sociaux ça ira mieux.  
TF1 a un niveau de journalisme entre zéro et le caniveau ..
- AB : Cette année, la dégustation du Beaujolais Nouveau sera effectuée sous contrôle médical par les sommeliers de Bayer Monsanto à la salle des fêtes commerciales.
- JB : Pour riposter aux feux en Californie, je pense qu’il faudrait doter chaque californien de lance-flammes, afin que chacun puisse se défendre en toute liberté.
- RR : Je tiens à signaler au FISC qui va nous espionner sur Instagram, que mes photos du brunch au Meurice sont celles de la formule « sans champagne »….
- NP : Donc Trump a traversé l’Atlantique en avion avec ses limousines, son hélicoptère et toute sa sécurité juste pour aller sous l’Arc de Triomphe… Soit en un week-end l’équivalent du bilan carbone de la Creuse en une année. Ça se voit qu’il ne croit pas au réchauffement climatique.
-LI : Mais qu’est-ce qu’ils sont cons ces journalistes ayant menés des investigations sur les Panama Papers, les Lux Leaks ou CumEx files, alors qu’ils suffisait de regarder les comptes Facebook et Twitter des grandes fortunes. Darmanin, ce génie
- DC : Cahuzac nommé trésorier de la Fédération Française de golf ! Il va y avoir des trous dans la compta !
- GD : « Et puis il y eut aussi cette grande révolte du 17 novembre 2018. Ils bloquèrent des ronds-points en gilets jaunes et firent pouêt-pouêt. »
- OK : Contre la hausse des prix du logement, je propose qu’on manifeste tous avec un détecteur de fumée sur la tête.
- BD : Est-ce qu’un hacker russe pourrait éteindre le smartphone de l’imbécile de Washington, histoire de nous faire des vacances ?
- OK : Il parait que Trump balance une grosse partie de ses tweets pendant qu’il prend son petit déjeuner. Il faut vraiment qu’il arrête les All-bran.
- RP : Si un bonnet rouge se met en couple avec une gilet jaune, ils peuvent avoir un slip orange ?
- JC : Darmanin qui veut nous surveiller sur Facebook alors que c’est Facebook qui ne paie pas ses impôts.
- PI : Année 5428, un accord est trouvé pour le Brexit mais en raison d’un mouvement géologique, la Grande Bretagne se rattache au continent, le Brexit remis en question.
- GD : Si cette époque était saine, il n’y aurait pas d’article sur un footballeur qui paie bien ses impôts.
- RR : On vit dans un monde où il faut circuler en trottinettes à Paris pour ne pas polluer et où des mecs tournent en rond en voiture toute la nuit pour les récupérer…
- ACD : Je n’ose pas poster une photo de moi faisant le plein de ma voiture, j’ai trop peur de me faire contrôler par les impôts.
- OL : « Marre de se faire racketter par l’État à chaque fois que je vais à la pompe !» dit-il en désignant fièrement le gilet jaune placé sur le tableau de bord de son Land Rover qui consomme du 16L au 100.
- DT : — Papa je voudrais te présenter mon fiancé.
— Il gagne bien sa vie au moins ?
— Oui, il fume deux paquets par jour, et fait trois pleins par semaine.
— À coup sûr, ça c’est un bon parti…
- BP : Le problème, c’est le covoiturage. Comment faire monter dans le même véhicule le marché, l’écologie, le pouvoir d’achat et Darmanin ?
- PR : Les anglais n’ont jamais été complètement dans l’Europe et ne seront jamais totalement dehors. Il faut s’y faire.
- MK/JCC : Gilets jaunes, gilets jaunes… Jaune devant, brun derrière ?
- DT : Bizarrement, tous ces gens qui voient rouge et rentrent dans une colère noire ont choisi de porter des gilets Jaunes.
- OK : Il va falloir faire appel aux casques bleus.
- GD : Et Jupiter sublimé vit un matin la réalité du pays lui revenir au visage sous forme de relents de saucisses grillées dans les ronds-points.
- PE : Sur Facebook, avec la censure, je pouvais pas vous montrer ma bite. Maintenant, avec le Fisc, je peux plus non plus exhiber mon couteau suisse…
- OK : Macron t’es foutu, la France des ronds-points est dans la rue.
- OM : Petit rappel pour ceux qui ne savent pas comment se positionner sur le mouvement des gilets jaunes : si vous n’êtes pas pour, vous êtes “un connard de bobo à trottinette”.
- JT : Depuis un an je mets chaque jour 8€ dans une boîte, grande joie aujourd’hui en allant m’acheter 365 paquets de cigarettes.

FESSEBOUQUERIES  RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

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Les salutations révolutionnaires de Carlos

15/11/2018 Aucun commentaire

Bien sûr, pas le chanteur, le terroriste officiellement nommé Ilitch Ramirez Sanchez, qui sema la terreur dans les années 70/80 avec de très nombreux attentats qui firent énormément de victimes dont celles du Drugstore Publicis et de la gare Saint Charles, et lui valurent le surnom d’ennemi public numéro un. Salutations révolutionnaires est écrit par la journaliste Sophie Bonnet qui, un beau jour, eut la curiosité de voir ce qu’il pouvait bien y avoir dans la tête d’un terroriste. Condamné à perpétuité sans aucune chance de sortir – lui est persuadé du contraire, il sera un jour président du Venezuela, son pays – il croupit à la centrale de Poissy.
Sophie est d’abord étonnée de voir que cet homme, devenu un vieillard mais toujours élégamment vêtu, croit encore à son influence et à son aura. Il n’a pas intégré sa chute. Beaucoup de femmes lui rendent visite, il en a « baisé » de nombreuses, car dans cette centrale, les parloirs possèdent des boxes individuels où l’on peut s’isoler. Il a d’ailleurs épousé une de ses avocates. Lors de chaque visite, chaque mois durant quatre ans, Carlos tentera sa chance avec Sophie qui ne lui laissera jamais d’espoir mais il la manipulera sans relâche pour créer une sorte d’empathie. Elle, ce qu’elle voudrait, c’est qu’il se confie, qu’il avoue, qu’il brise sa carapace. Peine perdue, cet homme a une parfaite maîtrise de lui-même. Il parle beaucoup, il possède une vaste culture, adore vanter ses relations avec les dictateurs, présidents, services secrets du monde entier, les fabuleuses sommes d’argent qu’il a reçues pour exécuter certaines mission. Jusqu’alors, il n’a avoué officiellement que peu d’attentats et se voit uniquement comme un révolutionnaire. Il confiera cependant à Sophie que c’est lui qui a envoyé la grenade au Drugstore, en sachant que cet aveu ne vaut rien, c’est juste une des nombreuses façons de se vanter. Et il égrenera d’autres actions.
Dans cette centrale, il est admiré des jeunes des cités, souvent radicalisés, entre autre pour sa haine des Juifs sionistes et pour ses crimes, bien entendu. Il est soutenu par Dieudonné, des groupuscules lointains, des militants turcs d’extrême-gauche, des groupes Facebook  et d’anciens nazis bien que la plupart de ses « collègues » ou riches bienfaiteurs l’aient oublié. Carlos, alias Ilitch (ses frères s’appellent Lénine et Vladimir) est sobre, pas de tabac ni de H qui circule librement. Il ne se sert pas de mobile mais pique une crise quand il n’a plus d’imprimante. Il souffre de diabète mais consomme énormément de saletés sucrées des distributeurs, il est gros.
Pour la journaliste, ces visites deviennent vite pénibles car Carlos joue toujours son numéro de claquettes du mec important, tombeur et au pouvoir démesuré. Il est simplement pathétique. Elle assistera au procès du Drugstore où il se comporte avec elle de façon tellement familière que cela lui interdit tout rapprochement avec les victimes. Enfin, elle doit remettre son manuscrit et le documentaire sur lesquels elle travaille. Elle ne sait pas trop comment annoncer son départ à Carlos mais il n’en est pas plus affecté que ça. Elle sait qu’il la balaiera de sa mémoire immédiatement alors qu’elle gardera de lui un poids de souvenirs tenaces. Et qu’elle n’aura rien appris sur ce qui fait d’un homme un monstrueux terroriste.
Livre passionnant bourré d’anecdotes intimes, familiales, géopolitiques, très instructif sur les conditions carcérales effroyables eu égard à la simple hygiène, au laisser aller de l’administration par rapport aux drogues et aux substances médicamenteuses mais aussi aux simples relations humaines.

Salutations révolutionnaires de Sophie Bonnet, 2018 aux Editions Grasset. 314 pages, 19 €.

Texte © dominique Cozette

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Au grand lavoir…brrrr

10/11/2018 Aucun commentaire

Sophie Daull a connu deux drames épouvantables. Le premier qu’elle ait mis en mots fut la mort de sa fille de seize ans, d’une maladie foudroyante, appelé Camille, mon envolée. Que je n’ai pas lu. Le second fut bien antérieur puisqu’il s’agit du meurtre abominable et du viol instrumentalisé de sa mère alors qu’elle avait 19 ans. Elle n’a pas raconté le meurtre, même si c’est elle qui a découvert le corps au petit matin, mais narré son enquête pour retrouver des traces de sa mère dont elle ne savait pas grand chose parce qu’elle ne s’épanchait pas, et de son père qu’elle ignorait. C’était dans La suture dont j’ai écrit un article.
Cette fois, pour ce troisième livre, elle revient sur le meurtre de sa mère par le biais de son assassin qui serait sorti de prison au bout de 18 ans pour bonne conduite. Il a fallu que je regarde ce qu’elle en disait dans La Grande Librairie (lien ici) pour comprendre ce qui était vrai. En fait, elle invente l’assassin, il devient sa marionnette. Elle le fait s’exprimer : il est suivi dans sa réinsertion, accepté par une institution qui lui fait confiance à savoir la mairie de Nogent-le-Rotrou où il est jardinier. Il est sobre, travaille correctement, ne fait pas grand chose, hébété qu’il est par la mort de son compagnon de cellule avec qui il était en couple et qui lui a appris les raffinements de la vie. Il était très riche. Il le protégeait, le gâtait, ils se sont éclatés en prison.
L’assassin est un beau garçon, c’est comme ça qu’il a joué de son charme jadis. Mais brusquement, il est confronté à son passé : une femme écrivaine va venir à Nogent signer le livre sur sa fille morte et il reconnaît la fille de sa victime. Alors il est déstabilisé. Tout lui revient, sa tête s’emplit de sons, ça devient invivable.
Dans le même temps, dans une police de caractère autre, s’exprime l’écrivaine. Elle ne sait rien de la rencontre qui va avoir lieu, elle ne pense pas à cet assassin, elle se prépare pour sa tournée des librairies.
C’est un livre extrêmement dense, court, avec un style très sophistiqué et métaphorique lorsque c’est elle qui parle, plutôt cru et terre à terre lorsque c’est lui qui s’exprime. C’est très très fort.

Au grand lavoir de Sophie Daull, 2018 aux éditions Philippe Rey. 160 pages, 16 €.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #416

10/11/2018 Aucun commentaire

Pétain coup et décompresse, Maréchal nous revoilà pas, reste dans ton indignité nationale mais tout de même ! Macron a besoin d’un médecin du cerveau, je crois, il est entré en iti-n’errance et n’en ressort (à bousin) pas tout blanc. Des armes, des armes, des armes, citoyens ! N’en voici encore avec les chasseurs qui continuent à semer la terreur, les tueurs en masse qui font rien qu’à amortir leurs armes achetées en vente libre dans un grand pays, et même, même ! les pistolets, vous savez les trucs qu’on enfile dans son réservoir des sens unique. Que du pas drôle que même Francis Lai ne mettra jamais en musique, badabadabada…

- JH : On va donc commémorer des maréchaux français responsables globalement, avec leurs homologues européennes, d’une des plus grandes boucheries du siècle. Si l’expertise militaire c’est d’envoyer au casse pipe le plus grand nombre d’hommes possible, alors oui, ils méritent un hommage
- DH : Pour la hausse des carburants. Pour l’interdiction des voitures en ville. surtout pour la sauvegarde de la planète. Votre journée du 17 récupérée par les politiques vous pouvez vous la carrer dans l’oignon. J’ai le droit de dire ça ? En tout cas je me l’octroie !
- YP : Dans notre société médiatique, quiconque n’est pas EN COLERE contre quelque chose, quelqu’un ou le gouvernement, n’existe pas.
- AB : Dans une semaine, centième anniversaire de la fin de la guerre de 14-18. Je propose qu’à cette occasion son ridicule surnom de « Grande guerre » soit remplacé par « Grande boucherie ».
- RV : 2 chèvres arrêtées sur l’A46 bloquent la circulation pendant 1h. Castaner et Collomb ?
- CA : Quand soudain tu réalises que « littérature » c’est aussi « lis tes ratures ».
- JB : Manif du 17/11 : la préfecture redoute des mouvements de fuel.
- DC : « Pétain a été un grand soldat, c’est une réalité. » (Macron). Hitler a été un chouette copain. Mussolini a été un bon père de famille. Bachar el Hassad a été un super amant. Etc.
- PE : « Emile Louis, c’est aussi 700 000 kilomètres au compteur et pas un seul point retiré du permis »
- EN : Un homme et une femme, Love Story… On l’écoutera en RipLai
- ET : Je me demande dans quelle mesure Macron n’a pas fait un pari avec quelqu’un du style « Viens, on dit que j’essaye de sortir une connerie par jour ! »
- OK : On ne dit pas « le président fait un burn-out », on dit « Macron Pétain câble ».
- CC : Toi aussi porte un gilet jaune si tu trouves qu’il y a beaucoup trop de Perrier dans les mojitos à huit euros.
- OM : Ce qu’il y a de magnifique avec cette manif en gilets jaunes fluo, c’est que pour la première fois la connerie française sera visible depuis l’espace.
- RR : Mon boulanger arabe vient de me remercier de lui avoir recommandé ma dentiste juive. Si vous cherchez quelqu’un pour régler le conflit israélo-palestinien, je suis dispo.
- LC : Hey les gens qui s’énervent dans les embouteillages pour aller au boulot, je comprends pas, vous avez hâte d’y être ou quoi?
- RR : Je ne voudrais pas être médisante, mais la grande itinérance semble tourner à la grande vadrouille.
- OB : Sartre: « L’existence précède l’essence. » Gouvernement : « Au temps pour moi, taxons l’existence. »
- NP : Donc 60% des gens qui vivent à moins de 3 kilomètres de leur boulot y vont en voiture… Si vous trouvez que l’essence est trop chère mettez un gilet jaune… Et montez sur un vélo. Vous ferez des économies et vous serez en meilleure santé.
- RR : L’ironie de la vie de Macron, c’est de partir en itinérance en quête de sens et de ne s’entendre parler que d’essence.
- DA : « Je peux pas démarrer ma journée sans un vrai bon café » lança-t-elle en sortant du Starbucks avec son café latte rallongé saveur chocolat chantilly vanille nappage caramel billes de riz soufflé croustillant paillettes multicolores supplément brisures de cookies coulis mangue.
- AB : Thousand Oaks. 30 000 victimes par armes à feu chaque année aux USA : à ce train-là, dans environ 27 ans, il ne restera plus que bébés et enfants en bas âge.
- JT : Je viens de faire un plein d’essence et je ne vois pas de quoi vous vous plaignez, je n’ai même pas payé de frais de notaire.
- RR : J’ai entendu Montebourg ce matin….Calme, posé, peace and love, ambiance l’amour est dans le pré….Franchement pour la santé du petit coeur de JL Melenchon je lui recommande de faire du miel…
- FR : -Tu sais combien il a récupéré, Nanard Arnault, avec la réforme de l’ISF? – 50 millions ? – 50 ? 552 !  552 putains de millions. Et c’est la 4eme fortune mondiale ! – Oh les cons! Ça va finir par se voir. – Mais non: on leur a expliqué que le problème, c’est les cheminots! – J’suis mort!
- RG : Bonjour Emmanuel Macron, Un arrêté de la Préfecture de l’Oise indique, pour des raisons de sécurité, pas de chasse ce samedi en forêt de Compiègne. Le hasard fait que vous y serez avec des invités. Merci de ramener des champignons, nous on ne peut plus.

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Une vie de dingue … et de patachon !

09/11/2018 Aucun commentaire

Ça s’appelle Rock, c’est Philippe Manœuve qui y raconte des tranches de sa vie dont on suppose qu’il doit y en avoir tellement plus depuis ses 18 ans. Là, c’est déjà énorme. Oui, Manœuvre c’est son vrai nom. Il s’ennuyait comme un rat mort dans son bled près de Chalons/Marne alors il est « descendu » à Paris pour y faire ce qu’il savait qu’il ferait : du rock. Pas forcément comme musicien, principalement comme souteneur de la cause où il a tout fait, critique, rédac chef à Rock&Folk  mais jamais aux Inrocks comme le croient beaucoup, créateur de magazine, de collections bédé, émissions de radio, de télé, juré dans téléréalités musicales, collectionneur invétéré de disques et documents sur le sujet et surtout, copain /ami avec les plus grands rockeurs. Il a tourné partout dans le monde avec eux, les Stones en premier, Iggy Pop, (la simple liste de toutes ses relations prend deux pages pleines !), les punks, JoeyStarr… il a surtout tout bu avec eux, des nuits entières avec Gainsbourg avec qui il était d’une extrême proximité, Johnny, épaté que ce dernier supporte encore plus d’alcools variés que Gainsbarre. Il raconte ses folles nuits avec ces monstres de la musique, et c’est quelque chose ! C’est encore plus drôle que de lire la bio d’un artiste puisque ici, c’est une pléiade d’artistes qu’il nous donne à connaître sous leurs jours les plus dingues. Mais pas que ça. Il lâche quelques moments d’intimité comme d’avoir vécu plusieurs années avec Virginie Despentes – ils ont écrit énormément à cette époque –, ou comment est née Manon, sa première fille issue d’une actrice anglaise farfelue, puis aujourd’hui sa retraite en Picardie avec la jeune femme qui lui a donné deux petits. Il a arrêté la dope et l’alcool depuis des années, il boit maintenant des cocktails fruités.
Un livre comme ça, ça n’a pas de pitch. Tout est à lire quand on aime cet univers. D’ailleurs Manoeuvre n’a-t-il pas été surnommé l’homme qui connaît le mieux le rock en France ? C’est furieusement bien, c’est divinement rock, c’est diablement stone !

Rock de Philippe Manœuve, 2018 aux éditions Harper Collins. 284 pages, 19 €.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #415

03/11/2018 Comments off

Encore une belle semaine de très bonnes nouvelles pour  les citrouilleurs qui aiment semer la panique contre des saletés sucrées : le beau char facho qui va bientôt défiler dans les rues de Rio, les chasseurs qui poursuivent leur génocide de bipèdes innocents, l’épidémie d’enfants sans bras de l’Ain mais de l’autre tout est normal, une ministre désarmée ignorante de la dangerosité de nos armes sur les civils, la grosse fatigue d’un jeune mec qu’on croyait costaud mais qui ne marche plus, un vieux président peu présentable qui ne sait pas qu’il se représente, et le mec le plus marrant de la télé s’est fait attraper l’oreille par la grande faucheuse. Enlevez vos masques, la fête est finie…
- MK : Fier de savoir que la France ne se laissera pas intimider ; que nous, nous avons le courage de continuer à vendre des armes à l’Arabie Saoudite (après ils en font ce qu’ils en veulent, on n’est pas responsable) ! On n’est pas des mollusques, non mais !
- AB : Heureusement, la France ne vend pas à l’Arabie Saoudite des armes utilisées sur des civils au Yémen, où règne la famine : nos humanistes ministres qui assument tout pourraient cauchemarder.
- JE :  Comme des millions de français je suis absolument horrifié d’apprendre que les armes que nous vendons à des pays comme l’Arabie Saoudite servent à tuer des gens, je pensais qu’ils préparaient une sorte de fête foraine.
- OB : Nous ne vendons que des armes décoratives dans toute une variété de tons, formes et coloris, idéales pour ajouter un peu de chaleur et de joie de vivre à votre intérieur. pensez-y à l’approche des fêtes de fin d’année ! »
- LI : Il ne manquerait plus que Bolsonaro place une lobbyiste de Danone au secrétariat d’Etat à la transition écologique
- CU : J’étais contre la grande braderie de –50% sur le permis de chasse mais au fond on devrait les distribuer gratuitement pendant quelques mois, histoire que la population des chasseurs s’auto-régule entre elle.
- DC : Catherine Deneuve vend aux enchères sa collection de vêtements Yves Saint Laurent et François Mitterrand sa collection de livres annotés de sa main. Je ne sais pas ce qui m’excite le plus…
- MH : Une femme s’est fait exploser dans le centre de Tunis. Il lui manquait certainement une Kami case.
- DC : Un 8eme bébé sans bras dans l’Ain : Les marchands de chocolat menacent de se joindre aux plaignant(e)s si les responsables de ces malformations ne se manifestent pas.
- OM : Un hommage digne de « l’Esprit Canal » consisterait à coller des oreilles de 35m de hauteur de part et d’autre de la Tour Eiffel.
- EN : C’est fini les plumes dans le cul à Rio.
- CC : Par contre dans le tram à 18h les gens se parfument à l’huile essentielle de big mac ou quoi ?
- JB : Gros bouleversement géographique : le Brésil est en Nazi.
- LP : je l’entends déjà cogner à la porte hurlant : « la franc-maçonnerie c’est MOI ! »
- CC : Puisqu’on limite la vitesse sur les routes de campagne à 80 km/h cette année, pourrait-on aussi limiter les repas de famille à une blague raciste-mysogyne/heure ? Merci d’avance.
- JB  : Entre 1970 et 2014, le nombre d’espèces sauvages s’est réduit de 60%. Par exemple, en France, il ne reste plus qu’un Jean-Luc Mélenchon en liberté.
- FC : Ma fille aînée, me voyant sortir un paquet de boulgour pour le déjeuner : « ça y est toi aussi tu es passé du côté obscur de la force ! »
- GR : Bouteflika candidat en 2019. Les autres candidats sont Nabuchodonosor, Ramses II et Hannibal.
- CC : C’est la fête des morts qui est aussi la saint-valentin pour les nécrophiles.
- AO : Aucun enfant n’est venu sonner à la porte hier soir. C’est con : j’avais prévu tout un tas de super blagues bien macabres à base de montée des populismes, de réchauffement climatique et de politiques sociales déplorables…
- OM : Il faut mettre Bouteflika dans l’urne. Dans tous les sens du terme.
- GB : Sinon il y a une bonne nouvelle en vue en ce moment quand on évoque des élections ou un scrutin dans le monde ?
- PD : Le président est épuisé, et on peut comprendre. Apprendre à la dernière minute que Benalla est un barbouze, que 100 flics perquisitionnent la Fi, que Bolsonaro est un fasciste, et que les saoudiens butent des civils avec des armes françaises, ça doit faire un sacré choc.
- RR : En Macronie, on ne dit plus « un déplacement », mais une « itinérance ». On ne dit plus « être fatigué », mais « gérer ses forces ». Du coup, quand le président mourra, on dira qu’il a eu « un accident grave de personne ».
- RP : En ce 1er novembre, j’apprends qu’on n’a pas le droit de conserver les cendres d’un défunt chez soi. Ok, mais chez son voisin de palier on peut ?
- DC : Qui y croyait, à la théorie du ruissellement de la finance ? Personne ! Eh pourtant, ça marche ! Le fleuve Argens vient de déborder plus que de raison dans le Var ! On était prévenus ! Alors, arrêtons de nous plaindre.
- FM : Crue du fleuve Argens. Ben ya plus qu’à continuer à ramer.
- FC : « Papa, ça sert à quoi un adulte ? » (Je réfléchis à la meilleure réponse depuis environ 7 heures 30)
- CC : rayon femme : un flacon shampoing, un autre après-shampoing, un conditionner, un tube masque SOS cheveux secs, un pulvérisateur effet wavy, un gel douche, un gommage. rayon homme : un flacon tout en un shampoing-gel douche-dentifrice-liquide vaisselle
- VS : Rappelons que la bagnole c’est une tonne de métal, pour bouger 100 kg de barbaque. Energétiquement c’est aberrant
- BM : La France est un pays formidable : Emmanuel Macron aurait pu aller buller à Bregançon aux frais de la Princesse . Il va claquer un bon paquet d’euros en Normandie à ses frais et tout le monde lui tombe dessus !
- DS : – Papa, c’est quoi le populisme. – Ben c’est comme si un enfant qui n’est jamais allé à l’école t’expliquait qu’il était le mieux placé pour être délégué de classe en te promettant qu’il n’y aurait plus de devoirs à faire et qu’il y aurait des frites tous les jours à la cantine.
- FT : Si toi aussi tu as une idée de taxe, alors rejoins LREM !
- PLG : Je vous rappelle qu’on a besoin des chasseurs, ne serait-ce que pour réguler la population des chasseurs.
- BA : Hollande : « qui aurait pu penser qu’un milliardaire américain n’ayant jamais exercé la moindre fonction publique puisse devenir le président des États-Unis ? » Cependant qui aurait pu penser que des promotions entières de l’ENA ruinent à ce point la France ?
- CC : Je suis au cap ferret pour le weekend et je viens de croiser un chien mieux habillé que moi.

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Les rêves dans les romans, ce cauchemar !

01/11/2018 Comments off

Ah, mais quel cauchemar, quand vous êtes bien engagée jusqu’aux cuisses dans une histoire quelle qu’elle soit, de voir subitement, au chapitre d’après, surgir un pet de cervelle, un prout d’inconscient, un rêve quoi, inventé par l’auteur/trice, tentant de nous la jouer Sigmund et ses freudaines ! Non, mais des fois ! 95% des bouquins que je lis racontent le rêve du personnage principal. Quand il n’y en a qu’un, de rêve ! Que c’est chiant ! Que c’est calamiteux ! On est déjà dans une fiction, man, tu vas pas nous refaire le coup de la mise en abyme ! Eh bien, si ! Alors, pendant qu’on y est, pourquoi pas un rêve dans le rêve ? Vous n’avez jamais rêvé que vous rêviez ?

Ce matin, dans mon lit, attendant que le jour se lève pour prendre mon comprimé de Levotyrox 50 et préparer le petit déjeuner, je suis plongée dans un livre à l’humour modeste mais sincère, le roman d’un auteur de BD qui nous narre les déboires ordinaires d’un loser, ses parents à côté de la plaque, sa nana qui le plaque et son futur beauf qui lui réclame un discours de mariage. Et bim ! Un rêve ! Nan mais je rêve, allô, quoi !

Un truc sans intérêt, en plus. Que mes futurs auteurs/trices de romans le sachent : je ne lis les rêves qu’en diagonale, lorsque je les lis ! Pour moi, c’est du remplissage de pages, c’est de la laitue sous rosbif-mayo, du soutif push-up, du micro-trottoir de l’info…

Lorsque je terminais mes études de psycho, j’avais axé mon mémoire sur l’interprétation de mes rêves. Je les notais chaque matin au réveil, avant même que de sauter sur la lunette des toilettes ou dans les bras de mon nouveau mari qui m’auraient fait tout oublier. J’ai rêvé de tout, le meilleur étant celui concernant un proche ami que j’avais vu noyé dans un étier. Quelques heures plus tard, cet ami vint nous rendre visite pour nous raconter que, vers trois heures du matin, il avait dégagé un homme mort de noyade à bord de sa voiture tombée dans un étier. Hallucinant ! Mon rêve étant inscrit dans mon cahier, aucune contestation possible ! C’était plus que prémonitoire puisque probablement transmis en direct par les ondes alphas de nos cerveaux connectés. Donc des rêves, vous pensez !

Parfois, je me dis que pour se vendre bien, un roman doit absolument comporter un rêve. Une sorte de code. Les cinq miens n’en comportent aucun, d’où probablement leur insuccès. Je m’interroge même sur une règle éditoriale secrète, distillée à des auteurs qui possèdent un certain profil, celui de la réussite, du sens de la promo, une voix qui séduit, un regard un peu fou, que sais-je. 95%, je vous affirme. Et ne me dites pas le contraire, je ne vous croirai pas.

D’ailleurs, à vous, étudiant.e.s en  psy, j’offre ce sujet : l’analyse des rêves des personnages de fiction. Ne me remerciez pas, soyez juste assez sympas pour me les faire lire après.

Texte © dominique cozette

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