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Et Nietzsche a pleuré

03/04/2017

C’est le titre d’un brillant roman d’Irvin Yalom que j’ai découvert avec Mensonges sur le divan, à propos  duquel j’ai écrit un article enthousiaste (voir ici).
Irvin Yalom est psychanalyste et écrivain bourré de talent. Il réussit à nous accrocher dans de longues diatribes entre patients et médecin, ou psy et psy, à transformer des situations douloureuses en objets de suspense. On ne s’ennuie jamais dans ses pages foisonnantes.
Dans Et Nietzsche a pleuré, il met en scène la rencontre entre le Dr Breuer, un des fondateurs de la psychanalyse, et Nietzsche, philosophe pas encore réputé, et aussi Freud, jeune perdreau encore effarouché par les méandres de l’âme humaine mais très pointu et très avisé pour donner des conseils ou analyser des situations embrouillées.
Car ici, il s’agit d’embrouilles. La jeune Lou Salomé, une splendide mademoiselle sans gêne, entre d’autorité dans le cabinet de Breuer pour lui demander de soigner la maladie de Nietzsche, sorte de mal de vivre puissant avec tendances suicidaires. Il se trouve qu’elle est très liée à Nietzsche ainsi qu’à un autre homme et qu’ils ont essayé de faire ménage à trois. Mais Nietzsche ayant été trahi, ne veut plus entendre parler d’elle et rumine douloureusement. Breuer, tombé en extase devant la jeune femme, tentera d’amener Nietzsche à son cabinet, après bien des vicissitudes. En bon joueur d’échecs, il va élaborer diverses stratégies qui vont lentement s’effondrer au fur et à mesure qu’il les met en pratique alors que lui, trichant sur lui-même, va peu à peu s’enfoncer dans la tragédie à quoi bonniste bien connue des grands déprimés. Qui va soigner l’autre ? Comment vont-ils s’aider à retrouver une sorte de joie de vivre même relative ? C’est tout l’enjeu de leur joute haute en réflexions philosophico-métaphysico-psy. Que du bonheur tout en finesse !

Et Nietzsche a pleuré de Irvin Yalom. 1992. Traduit de l’américain par Clément Baude. Edition le Livre de poche. 504 pages. 7,90 €

Texte © dominique cozette

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