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Ingé-son ? Oui, une sacrée vocation

30/01/2017

Quand on lit le livre de Dominique Blanc-Francard, aka DBF, on entre dans une histoire énorme d’amour entre un homme (et plus tard une femme) et son fer à souder, ses consoles 4 puis 8 puis… 64 pistes, les studios qu’il a animés, remontés, créés, inventés, extraordinaire sacerdoce d’un mec dont le père était déjà versé là-dedans en radio et qu’il n’a pas hésité à dépasser pour sublimer un métier dont le pékin moyen ignore tout.
Il nous prend par la main pour nous faire découvrir cet univers étrange dans des lieux confinés, des caves souvent, mais parfois proche de la nature comme le chateau d’Hérouville où il enregistrait aussi en plein air. Il fut au début musicien, produisit quelques disques avec son frangin avant de passer aux manettes. C’est à cette époque que ce métier très rigide et technique, réservé à des hommes en blouse grise, devint un job artistique et c’est là que le talent de DBF se développa. Il enregistra avec la plupart des plus grands, il continue d’ailleurs dans un studio plus adapté aux besoins rapides et souples d’aujourd’hui. Il a connu tout le monde et je suis modestement placée pour savoir qu’il faut une sacrée dose de patience pour en encadrer certains durant les longues heures de mixages, nettoyages de pistes, etc. Il rapporte de drôles d’anecdotes mais raconte aussi des naufrages où tout fut effacé (la hantise de tous) ou déprogrammé (des centaines d’heures de boulot à refaire).
Moi qui ne suis absolument pas une technicienne, j’ai été passionnée par la passion de ce jeune homme de 72 ans, remariée avec une jeune femme, Bérénice Schmitt, complètement fada comme lui et qui roulent ensemble aujourd’hui dans leur studio, le Labomatic, pour le plus grand bien de la musique actuelle. C’est drôle cet ouvrage, j’y ai retrouvé mes yéyés de jadis et leur modeste mythologie et aussi les orfèvres du son du jour comme Biolay, exigeant musicien s’il en est, qui défilent dans ces pages avec les centaines d’anecdotes qui émaillent le monde musical.
Accessoirement, les fils de DBF sont Hubert Blanc-Francard (du groupe Cassius) et Mathieu Blanc-Francard alias Sinclair. Les chiens ne font pas de chats.
Ce livre est d’autant plus sympa qu’il y a des photos à chaque page. Passionnant, je vous dis.

Dominique Blanc-Francard et Olivier Schmitt It’s A Teenager Dream, itinéraire d’un ingénieur du son, éditions le Mot et le Reste, 352 pp., 23 €. (2) It’s a Teenager Dream (Parlophone).

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