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Mémoires d’un bison. Et quel bison !

04/12/2016

Il s’appelle Oscar Zeta Acosta mais est plus connu sous le nom de Gonzo dans le bouquin Las Vegas Parano écrit par Hunter S. Thompson sur leurs inénarrables aventures largement dopées et arrosées. Oscar, de son côté, a écrit sa bio en deux livres dont je finis le premier : Mémoires d’un bison. Le bison  — brown buffalo dans le titre anglais — c’est un chicano, moitié mexicain moitié américain et totalement à la masse. Il est gros, il bouffe de la merde junk-foodienne jusqu’à s’en faire vomir et boit du coca pour digérer puis se bourre la gueule jusqu’à en perdre conscience. Il ne bande pas puis après il y arrive et essaie de tomber tout ce qu’il peut mais il connaît ses limites. Sauf que la nuit, quand t’es bourré, tout le monde est désirable.
Après une enfance merdique dans un trou, il fait quelques études et devient avocat des pauvres. Il défend gracieusement la veuve et l’orphelin. Puis brusquement, il largue tout, monte dans sa Plymouth pour tailler la route. On est fin des 60′s en plein révol Q et hippytreries avec toutes les expérimentations imaginables sur toutes les drogues. Qu’il supporte très mal même s’il en abuse. Il commet connerie sur connerie et rencontre des figures de l’époque, notamment Hunter S. Thompson (King, dans ce livre). C’est un véritable road-movie qu’il nous livre avec descriptions au plus près de ses trips et de ses descentes.
Un jour, il a envie de revoir le pays de ses racines. Il passe alors au Mexique sans papiers et sans savoir parler la langue car il l’a quitté petit. Il en profite pour claquer tout son fric en dope et en alcool avec des putes blondes. Et les ennuis vont lui retomber dessus, il faut dire qu’il les cherche grave. Jusqu’à ce qu’il décide de changer de cap. Il se rend à L.A pour une tout autre vie, mais c’est une autre histoire qu’il racontera dans la révolte des cafards. Je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il va devenir.
C’est un livre d’excès, tout y passe, sans retenue. C’est assez hallucinant. Mais comme c’est pas la moitié d’un schnock, il y a beaucoup de bonnes idées. Et aussi, l’esprit de cette époque, notamment au début, quand il vit à San Francisco, berceau du moivement hippy.
On ne sait pas ce qu’Oscar est devenu. Il a disparu des circuits en 1974. Son fils a juste reçu un coup de fil lui disant « Fiston, je suis sur le point d’embarquer sur un bateau rempli de neige blanche » et sa trace s’est dissoute.

Mémoires d’un bison par Oscar Zeta Acosta, écrit en 1972. 2013 pour la VF aux éditions Tusitala et chez 10/18. Traduit par Romain Guillou. 332 pages.

Texte © dominique Cozette.

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