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Dans la famille beat generation, je demande le bus…

16/08/2015

Sur ma lancée des années beat qui se transforment peu à peu en années hippies, je continue avec cette histoire hallucinigène du bus des Merry Pranskers. Quel rapport ? Cassady, toujours. L’inénarrable Neal Cassady  que l’on retrouve au volant de cet improbable moyen de locomotion. Mais que fait-il là ? Le con, comme d’hab. Et puis il conduit, sans les mains, sans les yeux, sans les pieds. Comme tout le monde est camé à l’intérieur, ça baigne.
C’est Babbs et Ken Kesey, vous savez, celui qui a écrit le formidable vol au-dessus d’un nid de coucou qui a eu cette idée, après avoir expérimenté diverses drogues et constaté que le LSD, tout nouveau, ouvre l’esprit complètement. Quoi de mieux que de le faire savoir à tout un chacun ? Voilà le pourquoi de ce bus scolaire qu’il a racheté et, avec toute sa bande de farfelus explosifs, relooké aux couleurs psychédéliques et fluos des amateurs de champignons. Avec des aménagements insensés, toit ouvert pour y mettre l’orchestre, principalement les Grateful Dead, son hyper sophistiqué pour tout entendre, faire entendre partout, avec écho etc…, lumières, caméras (un film de 40 h. a été tourné). Le convoi s’ébranle pour semer la pagaille avec ses shows d’acid test un peu partout où chaque volontaire reçoit un diplôme.

Celui qui raconte cette folie, c’est le journaliste et romancier Tom Wolfe (le bûcher des vanités) qui fait accessoirement partie de la troupe, qui s’est aidé des films, des écrits, des enregistrements et témoignages des nombreux participants. Je ne dis pas que c’est facile à lire à moins (peut-être) d’être stone soi-même tant l’écriture est parfois confuse et allumée.
Néanmoins, cette épopée où les Merry Pranksters (joyeux lurons) ont rallié les terribles et impitoyables Hell Angels à leur cause ainsi que bien des populations, est assez rigolote. C’est quand même toute cette équipe qui a lancé le mouvement hippy et le graphisme psychédélique.
Pour échapper à ses condamnations pour usage de marijuana, Ken Kesey a dû se suicider avant de s’enfuir au Mexique pour retrouver le bus et continuer les tournées. L’histoire du suicide raté est à tomber. Comme son retour clandestin. Puis tout ça finira en Californie pour cause de flicage et peut-être d’usure normale.
Cassady, pour en revenir à lui, passe son temps à jongler avec un marteau, une masse de 2 kg qu’il lance et rattrape sans regarder, à longueur de temps, comme on mâche un chewing-gum. Outre sa conduite complètement délétère. Et ses excès de substances que le bus fournit en abondance. Document très intéressant. Enfin pour moi.
Au fait, quelqu’un a-t-il lu l’autre livre de Kesey Et quelquefois j’ai comme une grande idée, pavé de 800 pages paru en France récemment ?

texte © dominique cozette

Acid test par Tom Wolfe écrit en 68. Traduit par Daniel Mauroc en 78. Dans la collection Points. 534 pages, 8,30 €

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