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Jérôme Zonder et ses jeux d’enfants

19/04/2015

Une expo très particulière, un immense dessinateur à la Maison Rouge, à la Bastille.


J’avais déjà vu quelques œuvres de Jérôme Zonder dans ce même lieu, mais cette fois, il a investi TOUT le rez-de-chaussée, du sol au plafond, l’a noyé dans son univers de fusain, d’encre de Chine et de mine de plomb.

Et quand ce n’est pas une jungle de branches et de feuilles qui est représentée, c’est un mur de briques sans fin, des briques dessinées une à une, opiniâtrement, de façon réaliste. Le parcours a été modelé selon des chemins de traverse, des maisonnettes dans lesquelles on entre et même un boyau entièrement noir.

Vous l’avez compris, ce n’est pas un univers joyeux et coloré. Même s’il aime dessiner les enfants, ils ne sont pas toujours à mettre en présence d’autres enfants.

Un enfant qui empoigne la tête de son copain pour l’égorger, un trio sexuel entre gosses dans une chambre, et d’autres où ils tuent à coups de batte. Il y a aussi beaucoup de portraits extrêmement sensibles, touchants, jolis.

Mais l’horreur revient au galop avec ces chairs grises qui racontent les guerres, les camps, l’Algérie, la violence sous toutes ses formes.

Jérôme Zonder est né en 1974 et lorsqu’il est sorti des Beaux-Arts de Paris, il s’est mis au dessin avec une contrainte de taille : que du noir et blanc, jamais de gomme, de repentir, pas de limite dans les dimensions d’une œuvre.
Je ne peux vous montrer qu’un faible échantillonnage de son talent. Car il y a beaucoup de styles dans son travail. Des images enfantines, d’autres (nombreuses) réalisées au doigt, d’anciens dessins gigantesques faits de minuscules petites formes visibles de près, des photos redessinées, des dessins inspirés de la BD. Il a aussi réalisé des décors directement sur les murs. Mais il ne s’arrête pas là puisque ses dessins s’appuient sur de nombreuses références littéraires, sociales ou artistiques.

Si vous aimez le dessin, cette exposition est indispensable. C’est du grandiose à l’état pur !

Pardon pour la mauvaise qualité des photos : vous en trouverez de beaucoup plus précises sur de nombreux articles et sur le site que La Maison Rouge lui consacre : c’est ici, tout y est expliqué et largement illustré.
L’exposition Fatum se tient jusqu’au 10 mai 2015, n’allez pas pleurer après, je vous aurais prévenu(e)s !

Texte © dominique cozette

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