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Audur ava olafsdottir nous interroge sur le couple.

22/03/2015

L’exception d’Audur Ava Olafsdottir (je vous fais grâce des accents et des barres sur les lettres) est un roman troublant et d’un style très cut, très agréable. Pas de mélo pour cette histoire qui en est un. C’est la Saint Sylvestre, le champagne pète et c’est le moment que choisit un tendre époux pour annoncer à sa douce femme qu’il va vivre différemment, avec un homme, son collègue de bureau. Ils ont vécu onze ans de façon exemplaire pour tous les autres, il a était un mari hyper attentionné, un amant prévenant et un père formidable. Leurs jumeaux, un gars et une fille, on 2 ans et demi. Et arrive enfin la lettre leur annonçant que l’enfant adoptif — un projet entrepris des années auparavant — les attend à des milliers de km d’ici, de l’Islande.
Il est homosexuel mais ça ne l’a pas empêché de tomber sous le charme de cette belle jeune femme que tout le monde aime, voulant essayer de construire une famille et y réussissant. Seulement voilà, l’amour a frappé à nouveau sous les traits du collègue, et bien qu’il ne se soit jamais privé d’aventures avec les hommes. Pas mal d’hommes.
Ce livre nous livre sans pesanteur les interrogations que peuvent se poser une femme dans ce cas. Remettant sa mémoire en route, elle revit leur relation et s’aperçoit qu’effectivement, elle aurait pu voir, si elle y avait pris garde, que son mari aimait bien les hommes. Elle restera la (seule) femme de sa vie, il continuera d’être charmant avec elle, de s’occuper des enfants, mais elle restera seule.
Et puis, coup du hasard, le père biologique de cette femme désirera la rencontrer. L’aventure sans lendemain de sa mère avec un étranger aura des lendemain pour le moins inattendus.
C’est un livre tout ce qu’il y a de plaisant, avec ses personnages bien campés, sa psychologie précise et sa touche de neige dans les longues nuits d’hiver de ce pays étonnant.

L’exception d’Audur Ava Olafsdottir aux editions Zulma, 2012. Et 2014 pour la VF par Catherine Eyjolfsson. 340 pages, 20 €.

Texte © dominique cozette

 

 

 

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