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Entre adultes consentants

31/05/2011

Non, je ne vais pas jouer sur le mot consentants, non plus que sur concupiscent. Simplement, je me pose la question du consentement.
Jadis, la femme du monsieur épousé devait se plier quoi qu’il arrive au devoir conjugal : ce terme en dit long sur l’agrément, dans les deux sens du terme, de l’épousée. Ce fut l’époque de la fameuse migraine des femmes.
Et puis vint la libération sexuelle. Et madame découvrit que c’était rudement chouette de prêter son corps à un artiste qui savait en jouer, en jouir. Elle le prêtait d’autant plus volontiers qu’on le lui rendait en meilleur état qu’en celui auquel elle l’avait (aban)donné …
Et puis la nouveauté se tassa. La libération s’accentua, porno à la télé, puis sur le web et découverte d’un autre type de sexualité, tendance lourde, qui fit les beaux jours des blagues et vidéos potaches : l’éjac faciale, la tournante, le gang bang et autres facéties dont je n’ai même pas idée, t’as qu’à voir ! Certaines (beaucoup ?) de nanas n’étaient pas très consentantes, mais si elles ne se pliaient pas à ces blagues ou à ces jeux, elles étaient exclues du groupe, traitées de mal baisées réacs.
En même temps, la lutte contre le sexisme se poursuivait dans les pays anglo-saxons, principalement aux USA où, il y a pas mal d’années,  une sécu fut mise en place pour éviter tout malentendu : le monsieur faisait signer à sa partenaire un papier comme quoi leurs imminentes relations sexuelles étaient librement consenties. C’est d’un romantisme ! Espérons qu’on n’en arrivera jamais là.
Aujourd’hui, le petit monde politico-médiatique fait mine de découvrir que les Français sont machos. Je n’ai plus l’âge d’être harcelée par un employeur, d’être une proie pour un taré encore qu’il n’y a pas d’âge pour avoir les jetons quand on est une femme dans certaines circonstances. Je dis simplement que quand  les dirigeants au sens large se décideront à admettre que les femmes ne sont pas qu’un cul —  ou un pied —  ne sont pas non plus qu’une bonniche/potiche mais qu’elles ont un cerveau adapté  et qu’il serait temps de le mettre au service de tous, donc quand les problèmes de parité seront enfin réglés, les pratiques sexuelles de domination seront forcément moins lourdingues, moins violentes et donc  moins criminelles. CQFD.
Je vous signale en passant que la France est en 46ème position — derrière vous n’imaginez même pas quels pays (voir ici)  — en terme de parité, alors j’aimerais qu’on arrête de dire que ce pays est très respectueux des droits des femmes, merde, quoi  !

Texte et dessin © dominique cozette

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