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L’horreur vuittonesque

16/08/2010

Au secours, je vais mourir, comment vais-je tenir, qui peut m’aider ? Trois mois, voire quatre, c’est à dire pratiquement tout l’hiver de notre hémisphère ou tout l’été au Brésil où je suis toujours fourrée, tout ce temps où je serais obligée, oui, vous avez bien lu : OBLIGÉE !, moi, Dominique Cozette, star planétaire, it girl totale, fashionista absolue, créatricissime de buzzicimes et sourcissime de toutes les tendances, moi dis-je, princesse au grain de riz, prioritaire sur tous les must have du monde, hé bien moi, malgré la complicité unique qui me lie à Marc Jacobs, directeur artistique de la marque aux malles, je dois attendre et faire la queue comme une simple petite milliardaire de rien du tout, comme une cosette du hype,  pour enfin toucher du doigt MON sac Vuitton sur mesure, celui qui ne se commande que chez Comme des Garçons d’Omotesando à Tokyo parce que c’est Rei Kawabuko herself, énorme vuittomonogrammophile depuis plus de trente ans, qui se trouve au commande de cette immense opération. Opération qui va en faire pleurer plus d’une, nom de Dieu, mon clavier est déjà inondé mais par chance, j’ai la version Deepest Submarine qui permet de taper, clicker et surfer depuis le sous-marin que m’a offert le cousin de Poutine et qui peut descendre à des profondeurs abyssales…Bref, j’ai eu beau faire appel à tous mes potes de la planète, de Karl L. à Carla BS qui peut toucher qui elle veut grâce au doigt nucléaire de Son-Mari, rien à faire. Pas de passe-droit, de coupe-file ou de ticket modérateur. Je dois, et c’est la première fois de ma vie, attendre. Attendre comme tout le monde, moi ! Dominique Cozette !!!

(C’était mon quart d’heure putain-ce-que-la-vie-est-rude-quand-on-est-une-icône, écrit en octobre 08, quand je n’avais pas encore de blog)

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic
  1. olivia van hoegarden
    16/08/2010 à 15:41 | #1

    choisis un autre modèle, même en soldes ils sont hors de prix si c’est ça qui t’inquiète. tu entres pour acheter un petit porte-monnaie de rien du tout avec un monogramme coloré qui se fout de sa propre gueule et tu ressors avec un portefeuille monogrammé dans le plastique et un sac archi classe épi noir. auparavant, on t’a fait asseoir à une table comme chez Cartier, Mauboussin et autres vulgaires bijoutiers, table en pur Louis 15 recouverte de daim clair style peau de chamois; pendant que ton vendeur va te chercher ce qu’il y a urgence à te caser, ta vendeuse, oui, ils vont par couple, te sert une flûte de Nicolas Feuillatte monogrammé à coup de bulles domperignonesque. puis tu vois arriver le même sac que ton porté main la Bagagerie qui n’a fait de mal à personne, mais qui tout à coup devant son collègue noir épi porté main aussi, a l’air un peu province; tandis que ta mâchoire inférieure se vautre sur la peau de chamois et que ta langue se déroule façon tapis rouge, SAS le Vendeur sort de son chapeau un portefeuille en forme de cartable avec plein de recoins comme le larfeuille de ma concierge sauf que c’est pas du skaïe, il est en solde à 250 euro, quant au sac qui va remplacer avantageusement, madame, votre porté main actuel (air pincé) il est mis à prix 750 euro, prix de réserve , parce qu’il est allé le chercher dans la réserve, les soldes, nous ne les montrons pas, comprenez-vous, on a son standingue comme disait ma reum quand elle voulait faire peuple. et 750 euro plus 250 euro ça fait mille euro et voyez comme c’est bien pensé, il y a une poche spéciale pour y glisser un « cell phone », notez l’anglicisme, alors là, tu craques, une poche pour le portable, que tu n’as plus à chercher quand il sonne au cinéma, bordel mais où ce qu’il est ce putain de téléphone, chut mais chuuuut, tu serres les deux objets sur ton coeur et tu regardes le couple de prédateurs qui te sourient en morphing béat, mais si vous voulez ne prenez que le portefeuille, ce petit faux cartable contient même un miroir, pourquoi? pour vérifier que t’es suis toujours aussi belle et jeune que sur la photo de ton permis de conduire? non, vous n’allez pas reprendre le sac qui plus grand que ton Bagagerie, voyez vous peut contenir des documents pour aller à vos réunions (prépro, présentation client, Danoforum et débriefs en tous genres) car je vois à votre tailleur pantalon de bon faiseur, on dirait du Max Mara, c’en est, que vous êtes une femme d’affaires, ah? oui, c’est pour ça que je glande un après midi de semaine aux Champs Elysées où Vuitton fait des soldes sous sa façade transformée en vanity-case géant pour cacher le long et périlleux lifting de cette nouvelle adresse, et bien, glups, vous prenez la carte Infinity Gold Premium amex que tu as dans ton vieux porte-monnaie rapporté par ta nounou marocaine de ses vacances à Casa, on vous amène la machine à faire fumer le plastique mais même si ça t’as donné soif, on ne te ressert pas de Feuillatte, mais on te courbette jusqu’au sol et jusqu’à la sortie non sans avoir dissimulé le Baga dans un grand sac LV, avé la housse et le toutim. tu sors de là, la tête qui tourne un peu, alors tu marches et te voilà devant la Maison du caviar, allez une coupette, 100 gr de pressé, mais c’est juste pour goûter, hein et re 200 euro; quand on te pousse de ton tabouret de bar, tu regagnes ton parking Vinci à 5 euro de l’heure, oui mais, tu as la musique classique et comme c’est propre; tu croises même Yves Dutheil qui te regarde gentiment et te fait un sourire fondant, puis tu grimpes dans ta Saab noire intérieur cuir crème, décapotable, estampillé Directeur de Création des Années 80, the roaring 80′s comme disait Fabrice Emaer et tu regagnes ton domicile, tu passes tranquillement un coup de fil avec ton portable agence et tu préviens la traffic créa que ça s’est prolongé chez Danone et qu’ils t’ont laminés et que tu rentres chez toi finir les scripts Taillefine. avec plein de LV dans les yeux tu conduis doucement le long des berges où explosent les forsythias, chez toi tu t’enfermes dans ta chambre et tu frottes doucement ton sac épi (ton bag épi, hahaha!) contre ta poitrine haletante. et on n’a pas intérêt à venir te déranger.
    et le lendemain tu fais plein de jalouses à ton agence, déjà que bon, on se demande ce que tu peut bien foutre toute la journée; tu vois Dom, c’était pas la peine de faire un caprice alors que chez LV on réalise tous tes rêves même ceux que tu as pas faits.

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