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Bidasses des sixties et autres troufions

12/08/2010

 » Je ne pars pas en permission ce week-end, un événement depuis 8 mois. Je ne suis pas de service, seulement, je n’avais rien de particulier pour occuper ces deux jours chez moi. Si, bien sûr, je pouvais sortir le soir, pour aller où ? Encore danser et draguer la faune féminine. Non, je reste dans l’Anjou. Je vais mettre ma correspondance à jour. Ensuite ce soir, j’irai dîner en ville dans une charmante petite auberge où l’on ne voit aucun « bidasse ». (…) Ensuite, je vais tenir une permanence  de cinéma dans une salle d’Angers, je remplace un camarade qui désirait partir en permission. Cette permanence n’est pas déplaisante quand le film est bon, cela me permet de reprendre certains « garçons militaires » bien entendu dans leur tenue. J’ai un peu dans ce sens l’impression de servir à quelque chose, de rénover un peu, rehausser l’attitude vulgaire et délinquante du « bidasse-type ». Et ils sont rarement beaux, ces « affreux gabarits ». Le plus ennuyeux dans cette histoire, c’est que je dois moi-même porter la tenue. Résultat : je suis contraint de repasser pantalon, veste et astiquer mes boutons et chaussures. Un bon petit célibataire.  » (Bob, Angers. 65)

 » Incorporé à Swippes (51) dans le 15ème régiment d’artillerie lourde. Je passe mon temps dans les marches, les revues de paquetage, les piqûres..tout un programme. S’il fait froid à Paris, je vous assure qu’ici il gèle à –27. d’autant plus que le treillis n’est pas épais. Le camp est perché sur une colline balayée par des rafles de vents glacés, entourée de champs gelés à perte de vue habités par des « corbacs ». Swippes : trois maisons et demie, un cinéma et un café. Bourrés de bidasses. Une merveille ! Heureusement qu’il n’y en a que pour 15 mois ou presque ! (JY. Swippes 65) // Ici, c’est à devenir dingue. On court sans arrêt et l’on ne fait rien de sensé, encore moins d’intéressant. Du vrai bourrage de crâne. Exemple de corvée : nettoyer un couloir à trois avec un bout de serpillière de 10 cm // Je fayotte à mort et aujourd’hui, Casimir le chef m’a confié la déco d’un couloir avec pour récompense une PERM. » (Jean-Yves, Swippes. 66)

« Je me retrouve bêtement à l’armée et comme un fait exprès, dans l’arme que j’avais choisie « la Marine ». Je suis donc à bord du sous-marin « L’espadon » et je fais ma première croisière. Ma première impression à bord fut désastreuse. On a plongé à 200 m. et j’étais malade comme une bête, en plus, c’est très petit. La propreté, on n’en parle pas. En deux mois, tu risques de te laver 2 ou 3 fois maximum. Il y a une nette différence entre le laisser aller des vacances et l’armée, enfin tout le monde y passe. » (Dany, Lorient. 65)

« Mon père m’annonce à l’instant que j’ai un sursis militaire jusqu’à 23 ans, ce qui est toujours agréable à apprendre quand on est anti-militariste comme moi ! » (Jean-Eudes, St Cloud. 65 ?)

Petites tranches de vie des années 60 où les garçons étaient tenus de faire leur service.  Nostalgie ? Je ne crois pas.

dessin © dominiquecozette d’après un dessin de Foldvari.

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