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Archives pour 05/2010

Post coïtum, omne animal couic !

12/05/2010 Comments off

C’est une petite souris marsupiale grise appelée antéchinus agile, insectivore nocturne qui grimpe aux arbres. Avant que de grimper aux rideaux. Car pendant dix mois, tout va bien. Et subitement, à l’été, les mâles sont submergés par un afflux mahousse de testostérone, exactement comme chez nous quand les filles montrent leur peau (je veux dire comme au XXème siècle, quand il y avait encore une saison appelée printemps).
Ils sont pris d’une frénésie sexuelle intense et irrémédiable. Dingue. Mais ce qui fait leur charme, c’est qu’ils ne sont pas jaloux. Ni machos. Les femelles en profitent puisqu’elles changent de partenaire comme de trou d’emmental.
Concrètement, ça se passe comme ça : les mecs s’installent dans des penthouses construits dans les arbres, proches les uns des autres. Comme ça, il y a de l’émulotation.
- « Coucou Fifi, ça va toi ? Sur les starting blocks ? »
- « Ouais, j’ai plus qu’a remplir mon frigo et je les attends de pied ferme, les salopes ! »
Et les femelles, gonflées à bloc, font la tournée des popottes et s’arrêtent chez ceux qu’elles trouvent les plus glamour, plutôt les baraqués, mais y a pas de règle. Comme il y a plus de nanas, les mâles sont ultra-sollicités et, poliment, éjaculent à la demande. Ça dure souvent trois heures d’affilée… pfff … Ils ont une douzaine heures pour reconstituer leur stock et hop, c’est moi, Minnie Petite Souris, toc-toc-toc, et c’est reparti !
Cet afflux d’hormones et cette brutale dépense énergie a raison du système immunitaire de nos don Juan. S’ils ne sont pas emportés par un ulcère gastrique ou un arrêt du foie dû au stress de la copulation, ils succombent aux infections ou aux parasites dans les jours qui suivent. Avouez que le prix à payer est énorme.  Vous, jeunes mâles scotchés devant la pulpe cannoise  ou vieilles branches jamais rassasiées, vous pouvez remercier le ciel de ne pas les avoir faits antechini agiles !
Les femelles, elles, ont eu ce qu’elles voulaient et ne sont pas contre  remettre ça l’été suivant, du moins celles qui savent tenir à l’écart leurs filles et autres brindilles prépubères.

Texte © dominiquecozette d’après Les records du monde vivant (National Geographic). Dessin © dominiquecozette.

Categories: du vrai

Résumé succinct de la littérature occidentale.

11/05/2010 Comments off

Pour écrire un chef d’oeuvre de la littérature occidentale, c’est facile. Vous disposez de 26 lettres. Il suffit de les mettre dans un ordre particulier pour en tirer des mots, des phrases, puis des chapitres, le tout composant le volume. Vraiment à la portée du premier imbécile. N’oubliez pas aussi d’y placer des signes qu’on appelle la ponctuation, qui sont principalement le point et sa famille (point-virgule, d’exclamation,d’interrogation, de suspension, les deux points),  la virgule, les tirets, les guillemets, les parenthèses. Ne pas confondre ces deux derniers — combien d’ignares disent « entre parenthèses » au lieu de « entre guillemets » avec le geste doigts crochus en plus  — et utilisez bien les capitales et les bas de casse.
Si vous voulez faire du genre, maniez l’italique à bon escient (il gravissait lentement la colline : ça en jette, non ?).
Notez quand même que pour écrire une merde, la recette est la même. Personnellement, je pèse mes mots*, je mesure mes propos et je châtie mon style dans la mesure du possible (*Je cède mon vieux pèse-mots pour quelques euros, ayant mis la main sur une balance extraordinaire, capable d’isoler la cellulite du texte, tout ce qui, en gros, n’est pas du muscle et de l’os, comme les adverbes, les périphrases, les adjectifs oiseux et les etc… Etc).
Maintenant, si vous ne vous sentez pas d’attaque, préférez la musique. Il n’y a que sept notes plus cinq demi-tons, ce qui ne fait que douze sons à combiner. Bon, après il faut jouer sur leur durée et leur intonation mais ce n’est pas plus difficile que de crier : Ouille ! C’est même plus facile car on n’a jamais pu transcrire les interjections sur une portée. Enfin, ceux qui ont essayé. Et ils ne sont pas nombreux.

Texte et peinture © dominiquecozette

Si vous voulez voir ce tableau en grand, il sera exposé avec tous les autres  à  l’Aiguillage, la galerie des Frigos, du 26 mai au 12 juin. Plus de détails ici.

Categories: bouquins

Miss work in progress

10/05/2010 2 commentaires

Quand on construit sa maison, on aime l’habiter. Pareil pour sa femme. Quand le chirurgien caresse celle qu’il a recréée, il ne peut que ressentir de la fierté à la manipuler. Ah, ces pommettes que j’ai remontées, ce nez que j’ai redessiné, ces joues que j’ai retendues… Ah, ces lèvres que j’ai repulpées et ce cou que j’ai lissé. Ah, et ces seins que j’ai gonflés et raccrochés, et puis ce ventre que j’ai affiné. Ne me parlez pas de ces cuisses que j’ai regalbées et de ce sexe que j’ai resserré ! Ah, que je suis bien dans cette femme dont j’ai conçu toutes les pièces et dépendances et dont je connais tous les recoins. Dieu merci, il me reste encore pas mal de bricoles à finir : mains, doigts, mollets, fesses. Et dans quelques années, nous reverrons les coudes, les genoux et le nombril. Nous retaperons le visage, les orbites qui menacent de se creuser et les oreilles qui s’allongent. Ah que c’est bon, que c’est bon, que c’est bon.

Texte et dessin © dominiqueccozette

Categories: fictions

Waou, le mec, hé !

09/05/2010 Comments off

Je suis trop bien, trop élégant, trop galant, trop sympa, trop attentionné, trop généreux, trop intelligent, trop discret, trop mâle dominant, trop amoureux, trop viril, trop propre, trop sain, trop racé, trop charmeur, trop touchant, trop…voilà. Pas le genre aléatoire, improbable, flou, chelou, indéfinissable, douteux, mi-figue mi-raisin, imprévisible, impuissant, fade, médiocre. Ni totalement prévisible, totalement carré, totalement droit, totalement fidèle, voire totalement fiable mais un poil mystérieux, déjanté, salaud, bad boy, chiant, insupportable, destroy. J’en passe et des pires !
Vous comprendrez qu’avec un tel code ADN, je ratisse large.
Le problème c’est que j’aime tous les types de femmes, de la garce avérée à la gentille fragile, de la pulpeuse poupée à l’ascétique anorexique, de la joyeuse fêtarde à l’intello castratrice, de la jeune fougueuse à la vieille râleuse, de la grande prétentieuse à la petite modeste. Toutes, je dis bien TOUTES me tapent dans l’oeil. C’est d’un pénible ! Je vous jure, c’est difficile à gérer.

Texte et peinture © dominiquecozette

Si vous voulez voir ce tableau en grand, il sera exposé avec tous les autres  à  l’Aiguillage, la galerie des Frigos, du 26 mai au 12 juin. Plus de détails ici.

Categories: fictions

L’île aux fleurs, du costaud, du caustique !

07/05/2010 Comments off

Si tu manges pas tout, hein, l'Ile aux Fleurs !

C’est un docu édifiant (très primé) de 12 mn qui conte l’horreur du monde actuel avec un humour détonant.  Ou comment des êtres humains  convoitent les restes dédaignés par les cochons.
Ça commence par des tomates cultivées par un être humain. L’être humain se distingue par un télencéphale hautement développé et par un pouce opposable. Ce qui lui permet de comprendre et d’innover et qui le distingue de l’animal. Ces tomates, il les vend à un super marché. Là, Mme Truc en  achète ainsi que du cochon pour faire manger sa famille. Mais une des tomates est moche, elle la jette.
La tomate rejoint les 500 tonnes de déchets rejetés chaque jour dans cette ville. Ces déchets, on va les mettre loin, parce que ça pue et que c’est malsain. On les déverse dans l’Ile aux Fleurs, sur le terrain d’un mec qui y élève des cochons. Avant de les donner aux cochons, on trie les déchets, faut quand même pas déconner, même s’ils n’ont pas de pouce opposable, les cochons sont des mecs bien.
Lorsque les cochons ont la peau du ventre tendue, on va autoriser les pauvres qui font la queue patiemment derrière le grillage en regardant bâfrer les bêtes, à entrer dans l’enclos des ordures. Par groupe de dix. Et pas plus de cinq minutes. Parce que ces pauvres, bien que dotés d’un télencéphale hautement développé et d’un pouce opposable, n’ont pas d’argent comme les autres humains. Et n’ont pas de propriétaires comme les cochons, pour les s’occuper d’eux.
Ce docu cruel glisse une somme considérable d’images et d’infos  sur l’argent, Jésus, les Juifs, les camps, l’école, le profit etc… de façon pseudo pédagogique, d’une causticité sans pareille. Pour le voir,  vous cliquez ici. Sans vous commander !

Dessin © dominiquecozette

Categories: du vrai

Métro, mettre haut, mais trop…

06/05/2010 Comments off

Blafards et las, penchés sur nos journaux, Direct 8 le disputant au Parisien, sur nos lectures allant du Comment faire l’amour à un oeuf à Toutes les recettes à base d’homme, ou l’inverse, sudokusant, cruciverbant, tapotant sur nos mobiles, bref composant cette vaste faune du métro de fin de journée, n’espérant pas grand chose de la soirée à venir qui sentait déjà le plat industriel réchauffé au micro-ondes, le téléfilm relatant les brèves amours d’un SDF et d’une CDD, la pêche aux vidéos à poster sur FB, ou le boulot à finir chez soi  lorsque le message du conducteur commença son voyage dans nos oreilles, sous les casques des mains-libres et ipodistes, puis dans les conduits cerumenisés avant frapper sur nos tympans puis de slalomer dans les osselets, marteaux, étriers, enclumes, s’essuyer les pieds dans le vestibule avant que de — je schématise — parvenir au cortex. Où il aurait pu se fondre et mourir s’il n’avait continué, gai et plein d’espoir, à nourrir nos oreilles.
Ce message disait : “Mairie d’Ivry, terminus. la descente s’effectuera du côté gauche dans le sens de la marche (une bonne nouvelle car il y a alors une sortie en tête). Je vous souhaite une excellente soirée chez vous, prenez beaucoup de plaisir ! Pour ceux qui sont deux, je souhaite de l’amour. Pour ceux qui sont seuls, je souhaite de l’espoir et pour ceux qui vont travailler, je souhaite du courage. A tous, je souhaite de la joie et une nuit agréable. »
Nous avions tous décroché de notre activité pour mieux écouter. Les yeux s’arrondissaient, les sourires naissaient, les colonnes vertébrales s’assouplissaient, les cerveaux s’adoucissaient. Nous descendîmes sur le quai, euphorisés, sous le regard interrogateur des attendants, ceux qui repartaient dans l’autre sens.
Le conducteur, que nous guettions tous, était un immense et beau Noir, et déjà, les voyageurs le remerciaient, lui en souhaitaient bien de même (ça se dit ?).
Puis tels les petits personnages de Sempé, nous montâmes les escaliers, ce grand petit bonheur gravés sur nos faces. La foule se délita à l’air libre et c’est seule que j’entrai dans la rue du Colombier où un voisin me sortit de ma béatitude : « T’as l’air bien gaie, ce soir ! ».
Ben oui, il suffit d’un rien pour être heureux. J’avais pas les poils du bout de la queue d’une idée pour mon blog et grâce à ce joyeux travailleur de l’ombre (ouais, bon, ça va !)… voilà. C’est une histoire vraie, le message était juste un peu moins long mais c’était l’idée.
La morale ? Y en a pas. Puis quoi encore ? Bossez un peu aussi, non !

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: du vrai

Feignasse

05/05/2010 un commentaire

L’animal le plus passif est le paresseux à trois doigts — bradypus variegatus — qui passe 20 heures par jour accroché à une branche en dormant. S’il ne dort pas, c’est qu’il va le faire ou vient de le faire. Sa vie dure environ trente ans donc 25 ans passés à ronfler. Parfois il descend de son arbre, très lentement, pour changer de branche. Sa vitesse est de 500 mètres à l’heure.
Pour se nourrir, il mâche très lentement  de grosses feuilles épaisses qu’il digère très lentement. Il ne possède que des molaires. Son métabolisme est deux fois inférieur à celui des autres mammifères, sa température varie de 23 à 32°. Parfois, un petit besoin, mais pas souvent : il descend tous les dix jours faire pipi-popo, ce qui le leste d’un tiers de son poids. Ce qui est drôle, c’est que même ses excréments sont lents puisqu’ils se décomposent dix fois plus lentement que ceux des autres animaux.
Autre caractéristique amusante : sa position principale tête en bas agit sur son pelage qui pousse en sens contraire. De plus, il devient verdâtre, comme son décor.
Alors, si vous avez parfois un sentiment de culpabilité à rester trop longtemps sous la couette, je vous rassure : vous êtes minable à côté de ce roupilleur professionnel ! Allez ! au dodo ! Et plus vite que ça !

Texte d’après Les records du monde vivant (Ed. National Geographic)
Dessin approximatif (c’est pas qu’il ne veuille pas poser, l’animal, au contraire ! Mais il déteste prendre le taxi pour venir jusqu’à chez moi) non copyright, pour la peine.

Categories: du vrai

In vino, c’est la tasse

04/05/2010 un commentaire

On a bu cul sec notre vie, intubés, entubés aussi par l’intarissable nectar amer à boire.
Quand on se cuite on se quitte, c’est même pas un délit de fuite, juste une voie d’eau dans le radeau du conjugo.
Nous deux c’était du tout cuit, et puis très vite ce fut cuit. L’amour est parti doucement en titubant.
Entre nous deux l’Entre-deux-mers, aromatique adultère, ce fut le verre dans le fruit jamais cueilli.
In vino, toute la vérité, beaucoup d’amis nases, de gamma GT, et nos gamins jetés dans l’eau du vin.
On a bu jusqu’à l’hallali à notre amour qui s’est tari, fini en eau de boudin, tout ça en vain.
Boire et déboires j’assume en bloc, et dans ma cave, je stocke mes cadavres millésimés non consignés…

Quelle sale histoire de couple, franchement, c’est la débâcle. Boire cul sec leur vie et tout qui fout le camp…. Voilà. Il lui reste juste, à la dame, que ses cadavres exquis et millésimés mais malheureusement non consignés. Moi ça ne risque pas de m’arriver : je n’ai pas de cave.

Vous pouvez écouter un échantillon de cette chanson (et d’autres) ici sur mon site. C’est moi qui chante et qui l’ai écrite. Comme les autres.
On peut aussi l’écouter en entier sur mon myspace. Et puis acheter le CD pour 6 euros, c’est donné, il y a 12 titres, ça fait 0,50 le titre et 0 la pochette qui est de toute beauté et le liflet inside, de toute utilité.

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: kultur

Comment meurent nos idoles

03/05/2010 Comments off

Myself with the New Blue Caps, les musiciens de Gene Vincent (Olympia 63)

D’une façon assez rock pour certaines, trash pour d’autres ou juste connes. L’avion n’est pas si dangereux qu’on croit, l’auto non plus. Mais gaffes aux drugs at aux killers. Et electro-cardiogrammes en bon état, please, sinon, poum.

- Assassinées : Sam Cooke par le gérant d’un motel, King Curtis poignardé devant chez lui, John Lennon assassiné aussi devant son flat, guerre  de gansgta rap pour Notorious BIG et Tupac Shakur. Assassinés aussi : Don Myrick (Earth, W & F), Cornell Gunther (Coasters),Al Jackson (Booker T)

- Victimes d’excès : OD pour Tim Buckley, Jerry Garcia et Brent Mydland (Grateful Dead), idem Jimy Hendricks, Janis Joplin, Jim Morrison, Sid Vicious, Tommy Bolin (Deep Purple), Pete Farndone et Jim Honeyman Scott (Pretenders),  Gram Parsons (Byrds), David Ruffin (Temptations), Hillel Slovak (Red Hot), Grey Herbert (Blood S &T), abus de médocs pour Elvis et son gendre Michael Jackson, excès en tout genre pour Gene Vincent et Keith Moon des Who (qui a roulé sur son ami et garde du corps un jour), estouffade de vomi pour John Bonham (Led Zep), alcool pour Ron Scott (AC/DC) et Ron Pigpen Mc Kernan (Grateful dead). Liste non exhaustive.

- Suicide : Curt Cobain (jusqu’à preuve du contraire), Ian Curtis (Joey Division), Michael Hutchence (INXS), Richard Manual (The band), Del Shannon, Paul Williams (Temptations), Al Wilson (Canned Heat)

- Crash aérien : Buddy Holy, Richie Valens et JP Richardson dans le même avion, Otis Redding dans un autre, Ricky Nelson

- Accident de voiture : Pan dans un arbre pour Marc Bolan, sur la route de l’aéroport pour Eddie Cochran, Keith Godchaux (Grateful Dead), Clarence White (Byrds).

- Problèmes de santé  dont accident cardiaque pour Chas Chandley (Animals),  Gene Clark (Byrds), Bobby Darin, Tom Foggerty (Creedence), Billy Fury, Jerry Garcia (Grateful Dead), Bob Hite (Canned Heat), Roy Orbison, Joe Tex. Anorexie pour Karen Carpenter (Carpenters), sida pour Freddy Mercury, hémorragie cérébrale pour Nico , cancer pour Bob Marley et George Harrison.

- Accidents divers : Chet Baker s’est défenestré, Sonny Bono a croisé un arbre violent en skiant, Jeff Buckley a coulé dans le Mississipi, Mama Cass a avalé son sandwich jambon de travers, Brian Jones s’est endormi dans sa piscine, Kirsty Mac Koll s’est crashé en jet-ski, Dennis Wilson des Beach Boys s’est noyé ainsi que Johnny Burnett. Accident d’arme à feu pour Terry Kath (Chicago). Keith Relf (Yardbirds) et John Rostill (Shadows) se sont électrocutés, Steve Mariott (Small Faces) a été victime du feu, Wells Kelly (Meat Loaf) est mort étouffé et Pete de Freitas (Echo and the Bunnymen) est mort sur sa moto.

- Morts de vieillesse : Tout ceux qui sont encore debout.

texte © dominiquecozette. Photo DR.

Categories: people

Nichons

02/05/2010 un commentaire

C’est quand même assez rigolo de travailler chez PIP et de tripoter des nichons toute la journée. D’être payé pour ça. Vous vous rendez compte ? Tous les jours, ces hommes — d’après ce qu’a montré la télé — remplissent des prothèse mammaires avec du gel. Le soir, quand ils se mettent au lit et que Bobonne mendie une caresse, je les imagine leur dire : Ah non chérie ! Pas à la maison, tout d’même !
Bon, bref, leur vie à eux s’arrêtent car des cochons de responsables ont fichu une saleté dans le gel — pour faire du profit je suppose, pas parce que c’est le premier avril — et voilà t-il pas que trente mille nanas s’empoignent les seins en se demandant comment cela va -t-il finir !
Tout ça parce que nous essayons de coller au mieux à l’image de LA femme dans le but de plaire à celui qui assurera notre descendance, notre subsistance, notre réjouissance.
Voilà pourquoi aujourd’hui, nous ne voyons que de beaux nichons, des qui tiennent tout seuls comme une belle mayonnaise, des petits bien ronds, des gros bien pleins. Alors, quand j’ai lâché « elle a les seins qui tombent » à propos de ceux, naturels, d’une actrice à la quarantaine assumée, je m’en suis voulu, je me suis trouvée conne, et si j’en avais eu une paire et pas craint la vulgarité, je me les seraient bouffées pour me punir d’avoir eu cette réaction. Mais je n’en ai pas,  pas plus que de gel PIP.
N’empêche, ces prothèses qu’on nous montre à la télé, ça a l’air drôlement agréable à tripoter. Les PIP devraient recycler celles qui restent et les commercialiser comme boules à déstresser. On les poserait sur son burlingue (modèle standard), dans sa poche (modèle Birkin), ou à la place de son oreiller (modèle Lolo Ferrari).*

Texte et dessin © dominiquecozette

* Excusez-moi pour ces vieilles références, les actuelles étant moins typées au niveau mammaire, ou me trompé-je ?

Categories: du vrai