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Archives pour 04/2010

Astrid Wendlandt, une vagabonde chez les Nenets

13/04/2010 Comments off

Astrid Wendlandt

Très beau livre d’Astrid Wendlandt sur  les Nenets, derniers nomades du grand nord sibérien (prononcez « nénettes »). Astrid est une grande belle nana toute blonde qui partage son temps entre Paris, le Canada, les Etats-Unis, la Russie, Londres etc. Elle est polyglotte, curieuse, sportive et aventurière, elle a été correspondante pour le Moscow Times puis le Financial Times. Elle est actuellement journaliste à l’agence Reuters.

« Assis sur le plus grand gisement de gaz de la terre, menacés par les changements climatiques, les Nenets sont parmi les derniers autochtones à défendre un mode vie ancestral au nord du cercle polaire.
Astrid Wendlandt a nomadisé avec eux dans la toundra hostile que la folie des grandeurs soviétique a désespérément cherché à coloniser. Elle a partagé leur vie de longs mois pour tenter de comprendre comment la culture nenets a survécu alors que celle des Inuits de son pays, le Canada, a été dissoute dans le whisky, le cholestérol et la social-démocratie.
Le mystère des Nenets, leurs croyances et leurs coutumes invitent à penser qu’il reste encore quelques arpents de la planète où la beauté, la magie et le sacré sont à portée de main. » (Texte © quatrième de couverture et photos © du livre).

Au bord du monde est  un récit passionnant qui nous colle face à des personnages d’une force exceptionnelle, leurs difficultés à transmettre quand des hélicos viennent leur arracher leurs enfants pour les emporter très loin, dans des écoles où ils apprendront qu’une autre vie peut être envisagée, leur résistance au géant Gazprom qui menace leur territoire et leur autonomie mais aussi aux ponts d’or faits par les Chinois pour obtenir les bois de leurs précieux troupeaux (devinez pourquoi). Une sacrée existence. De plus, Astrid possède une plume hors du commun, c’est un vrai bonheur que de plonger avec elle dans cet univers étrange et impressionnant. A lire de toute urgence, foi de Cozette !

Categories: bouquins

Pourquoi les femmes font l’amour ?

12/04/2010 Comments off

Bonne question. Et très nombreuses réponses : 237 exactement, apportées par deux psychologues de l’université du Texas, Cindy Meston et David Buss, après avoir interviewé 1006 femmes. C’est assez amusant car c’est vrai que faire l’amour peut répondre à des motivations qu’on aurait honte d’avouer, comme se venger de quelqu’un, voler un homme à une autre femme ou accepter l’amour d’un homme moins bien parce que les autres sont pris. Il y a, bizarrement, la migraine,  hé oui, qui peut passer grâce aux hormones secrétées pendant l’acte. L’argent, la drogue, un cadeau ne sont pas des raisons négligeables.
De plus sordides raisons sont celles liées à la coercition comme la violence, le viol, le chantage. Pire, mais côté femmes : vouloir refiler une MST. Certaines font ça à la suite d’un pari, ou parce que c’est le seul moyen de passer un moment avec le monsieur, ou encore en espérant se l’attacher de façon durable.
Des raisons plus banales : parce qu’il a de beaux yeux, qu’il est intelligent, que ça fait maigrir, pour se réchauffer. Mais aussi pour faire son devoir ou empêcher son homme d’aller chercher ailleurs.
Je n’y ai pas vu une raison assez classique : parce que c’est plus simple de dire oui. Ça existe !
Mais qu’on se rassure, Arthur et les autres : les deux premières raisons citées par les femmes sont le plaisir et l’amour.
Il y a pas mal de sites qui racontent cette étude, en voici un. Un bouquin est sorti également en 2009, je ne pense pas qu’il ait été traduit, d’ailleurs on s’en fout, ça concerne les Américaines. Nous, en France, on n’a qu’une raison de faire l’amour : c’est parce que tu es génial, mon amour…

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: du vrai

Blancs, Noirs et grigris

11/04/2010 un commentaire

Déjà qu’ils sont pas trop gâtés, au point de vue racisme, les Noirs, dans certains pays ! Eh bien il y a pire ! Et ce qui est pire, c’est d’être blanc. Mais pas blanc de blanc comme le type  caucasion dont je suis bizarrement bien que le Caucase me paraisse très loin du berceau de mes origines, mais blanc de Noir. C’est à dire albinos. Effrayant ! C’est une maladie congénitale qui, lorsqu’elle touche les Noirs, les rend non seulement blancs, mais extrêmement sensibles aux rayons solaires de l’Afrique donc sujets aux cancers de la peau — particulièrement les agriculteurs qui n’ont pas les moyens d’acheter des crèmes protectrices — et aussi à la cécité.
Mais là n’est pas leur seul drame : les albinos sont persécutés car soit ils portent malheur, soit ils sont signe de richesse et dans les deux cas, on les pourchasse, on les massacre, on les torture, on les mutile lors de sacrifices rituels, on porte des parties de leur corps comme  grigris. Des horreurs épouvantables sont commises à leur endroit.
Beaucoup d’associations tentent de les protéger, de mieux informer les gens sur ce qu’est l’albinisme. Salif Keta, albinos lui-même, a créé une fondation et a écrit un hymne à la tolérance. Sa fillette de quatre ans, Naty, blanche de peau, a été inscrite à l’école française, un comble ! pour éviter qu’elle se fasse maltraiter par les petits Noirs.
Voilà bien la folie du monde : des Blancs qui prennent des douches d’autobronzant, des Noirs qui se font blanchir, des Noirs blancs harcelés par des Noirs, un chanteur Noir devenu blanc qui achète des enfants tout blancs-blonds. Quelle est la logique de tout ça ? Où est brief ??? Peut-être que ça ira mieux quand nous serons tous gris.

Texte et peinture photoshopée © dominiquecozette

Categories: du vrai

Liquidités

09/04/2010 un commentaire

Elle est bonne ???

Vous qui travaillez, qui mettez entre deux et trois heures à aller chercher ce putain de pognon qui glisse entre vos mains, vous qui , pour des motivations alimentaires, subissez des patrons atrabilaires, des clients patibulaires, des collaborateurs valétudinaires, des coups de blues hebdomadaires, des pulsions  démissionnaires, des effets secondaires terribles sur votre sexualité légendaire et votre  caractère débonnaire, l’abandon de vos rêves de millionnaire, de vieilles envie de devenir fonctionnaire, des pulsions sanguinaires ou à tout le moins suicidaires…donc, vous, travailleurs,  imaginez une seconde et demie que cette thune chèrement gagnée se mette à tomber du ciel, à voler au vent, à s’amonceler sur les trottoirs, et à finir dans des feux de joie, sans que personne ne s’en indigne.
Ça s’imagine mal. C’est pourtant ce que doivent ressentir beaucoup de peuples du sud (comme on dit aujourd’hui) à l’égard de l’eau. Cette eau rare que les femmes vont chercher à des kilomètres de chez elles et qu’elles rapportent dans des seaux sur leur tête, quand il y en a encore dans le puits. Que pensent ces gens qui voient cette eau couler à flot d’un geste de notre main, cette eau qui nous sert à laver des voitures, des sols, nettoyer des caniveaux, remplir des piscines, et finir dans les chiottes, d’un coup de chasse d’eau. Mais jamais dans nos verres, bien qu’éminemment potable. Car cette bonne eau ne l’est pas assez pour nous. Il nous faut du plastique autour, du marketing, du logo, de l’image, du coût. Cette eau du robinet qui ne coûte pas grand chose, elle n’a forcément aucune valeur.
Tout cela, on le sait, et pourtant, en bien ou en mal, le monde ne cessera jamais de m’étonner.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Des vaches à lait

08/04/2010 un commentaire

Ma femme

Ça y est. Il ont réussi à me responsabiliser. Plus. A me culpabiliser. Ils, les medias, les politiques, les scientifiques. Je vis, donc j’abîme, je pollue, je salis, je fous une énorme empreinte écolo sur cette pauvre terre malade de ses presque sept milliards d’êtres humains sans compter les non-humains. En versant mon nuage de lait, l’autre jour, dans mon thé, j’ai pensé : putain ! qu’est-ce que ça doit abîmer la planète de fabriquer cet emballage, tous ces produits chimiques pour l’empêcher de ramollir, de fuir, de pourrir etc. Un emballage en carton pour un lait UHT. Et dans la foulée, j’ai pensée aux usines à produire les emballages, aux autres usines à fabriquer les outils pour les matières premières puis à toutes ces usines à gaz que sont les circuits de production, distribution, consommation, gestion etc… pour faire vivre les employés de ces usines. Sans parler du lait lui-même, de son procédé UHT, de son acheminement jusque chez moi.
Comme j’ai beaucoup de terrain puisque j’habite à la campagne, j’ai dit à ma femme :
- ce serait quand même plus simple d’acheter une vache.
Nos quatre enfants (oui, je sais, c’est mal, d’avoir quatre enfants) ont sauté de joie mais le plus grand d’à peine neuf ans a temporisé :
- Mais, c’est pas mieux, une vache, ça produit tellement de méthane en rotant…
Les trois petits pouffent à cette nouvelle et ma femme, toujours aussi con (mais c’est pour ça que je l’aime, je n’aime pas les femmes intelligentes) :
- Ça rote ? Ah, bon,  je croyais que ça pétait ! (fous rires des petits)
- Réfléchis maman ! (Quand on dit « réfléchis » à ma femme, elle pose ce qu’elle a dans la main, essuie ses mains sur son tablier et  croise ses bras sur ses seins généreux) dit l’ainé, les vaches rotent parce qu’elles ruminent. Ça fait entrer de l’air qui…
- Oui, bon, ça va, le coupè-je, ce petit prétentieux de futur scientifique de mes deux qui a réussi à nous faire installer des toilettes sèches à l’âge de six ans, un système de récupération d’eau de pluie à sept et qui commence à me les brouter. Sans jeux de mots. Que préconises-tu, monsieur je-sais-tout ?
- On peut réfléchir à des moyens d’élever proprement des mammifères non ruminants et d’utiliser leur lait. Y en a plein, les équidés, les canidés, les rongeurs, j’sais pas…
-  Et c’est toi qui va traire les souris tous les matins ?
- Ben non, mais ça n’empêche pas de réfléchir.
- j’ai une idée ! dit ma femme (dont les idées servent le plus souvent à caler le pied de la table de jardin) : on naka (c’est comme ça qu’elle imagine ce mot) acheter du lait concentré Nestlé ! Non ?
Alors j’ai pensé qu’au stade où l’humanité était rendue, il ne serait pas mal qu’un labo se penche sur l’élaboration d’un remède contre la culpabilité.  Si on n’a pas envie de se droguer, se souler ou se faire endoctriner, je ne vois que ça pour continuer à vivre avec un relatif plaisir.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Hiérarchie pas au lit va au pot !

07/04/2010 Comments off

"Je ne connais pas encore les projets que ma hiérarchie me prête"

Deux sociologues se sont mis en tête de traquer les raisons culturelles qui font que nous acceptons le capitalisme alors que nous en comprenons les dégâts. (…) Pour eux, la théorie du capitalisme se trouve dans les ouvrages de management. Leur idée, c’est que la théorie du management est la théorie de l’exploitation. Le management sert à apprendre à nos futurs directeurs à nous exploiter. Pour le prouver, ils ont entré dans un ordinateur 90 ouvrages de management de l’année 1960 puis 90 de l’année 2000. Ils ont lancé un logiciel d’analyse du langage pour savoir quels étaient les mots qui arrivaient les premiers.
En 1960, le mot le plus souvent cité est « hiérarchie ». Normal, on voit bien pourquoi il faut apprendre à nos futurs dirigeants à raisonner en terme de hiérarchie. Combien de fois le mot hiérarchie apparaît-il dans les 90 ouvrages de l’an 2000 ? Zéro fois ! Le mot hiérarchie a disparu de la théorie du capitalisme.  Si comme moi vous pensez qu’elle n’a pas disparu et qu’à bien des égards elle s’est renforcée — mais qu’on ne plus la nommer — alors on ne peut plus la penser en tant que hiérarchie. Et le syndicalisme est confronté à un problème. Autant on peut mobiliser un collectif de travailleurs contre une hiérarchie, autant il est extrêmement improbable de lancer des individus à l’assaut de ce qui tient aujourd’hui de hiérarchie… Et quel est ce mot ? Ce mot qui arrive en tête des 90 ouvrages du management de l’an 2000 ?  (le public : solidarité ? participation ? réussite ?). Ce mot est « projet ». Nous ne pouvons pas le combattre parce qu’il est tellement positif, il a tellement colonisé nos façons de penser en 20 ans, c’est un mot récent, que nous ne pouvons plus penser en dehors de lui ! … Les jeunes doivent avoir des projets, les pauvres doivent faire des projets, les gens les plus en difficultés, on leur demande des projets. Il faut avoir un projet de vie. Les seuls à qui on ne demande pas de projets sont les riches ! … Ce mot transforme tout ce qui bouge en produit, en marchandise, même du social, de l’éducatif, du culturel.
Avant, dans les années 60, un éducateur travaillait dix, douze ans dans un quartier. Aujourd’hui, on réunit un groupe de jeunes, on monte un projet, on le défend, on obtient une subvention.  Il dure un an et n’est pas encore fini qu’on présente un autre projet pour obtenir la subvention suivante…. Le mot projet a transformé insidieusement notre vie en un processus de marchandise. … On nous a volé des mots, et on nous a fourgué à la place de la camelote.

Ce texte  est un passage un peu résumé d’une « conférence gesticulée »  de Franck Lepage qui explique  comment, si l’on n’a pas le mot, on ne peut pas avoir la pensée. Remplacer les mots qui dérangent  par des mots bien choisis  (hiérarchie par projet, licenciements collectif par plan social ou restructuration, exploités par défavorisés) déforme effectivement la façon de penser. Annihile la critique. Paralyse l’action. Depuis que j’ai vu Franck Lepage, le mot projet n’a cessé de m’interpeller.
Vous pouvez voir cette conférence scotchante d’intelligence et drôlissime en cliquant ici, ou sur bien d’autres sites car Franck Lepage aime qu’elles circulent.

peinture sur tôle © dominiquecozette

Categories: politic

Ne pas jeter SVP

06/04/2010 un commentaire

C’est recta, chaque fois que je me débarrasse de quelque chose, j’en ai besoin dans les jours qui suivent. Si c’est un chandail rayé, la mode revient le lendemain, comme par hasard. Si c’est des bouquins, j’ai subitement besoin d’en relire un passage pour étayer une thèse. Si c’est des chaussures, c’est trop bête parce que  c’est exactement celles qui conviendraient pour des travaux de ciment. Si c’est de vieilles lettres d’amour, j’ai subitement une idée de collage artistique pour les utiliser. Et tout à l’avenant ! Même — et surtout — si je n’en avais plus l’usage depuis des années, voire des décennies.
Prenez ma femme, par exemple… Voilà des siècles qu’elle croupissait dans notre histoire entre sa cuisinière, son balai, son épicerie et sa télévision. Je ne m’en servais plus du tout. C’est moi qui faisais tout. Je m’en suis donc débarrassée aux beaux jours du printemps. Et figurez-vous que d’un seul coup, j’en ai besoin ! Non qu’elle soit redevenue à la mode ou qu’elle s’avère très pratique pour assouvir mes désirs masculins — je n’en ai plus — mais pour ma future exposition. D’habitude, j’aimais avoir pour modèle de jeunes beauté lisses et passagères, faciles à rendre. Mais là, depuis que j’ai vu Lucien Freud, je suis convaincu que ma femme, toute horrible et vieille qu’elle est, représente LE modèle idéal du peintre contemporain.
Alors, je l’appelle. Je sors la nuit, je hurle son nom dans les terrains vagues ou près des friches industrielles, je crie Aline, Aline pour qu’elle revienne mais balpeau. Un seul hêtre vous manque, comme disait le garde-forestier…

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: fictions

Je me souviens… de rien

05/04/2010 un commentaire

Protection de notre intimité ?

On nous bassine avec Internet, Facebook et autres réseaux sociaux qui garderaient, gravés dans leur mémoire d’éther, les faits, gestes et pensées qu’on leur aurait confiés volontairement ou non. Nos orientations politique, sexuelle, religieuse nous poursuivraient sans merci jusqu’au fond de notre urne funéraire !!! Et donc, il faudrait légiférer, protéger, « réfléchir à l’instauration d’un habeas corpus numérique, qui garantira aux citoyens les mêmes droits dans le monde numérique que dans le monde réel » (Emmanuel Hoog, PDG de l’Ina).
Ouais, ben j’vais vous dire une chose, comme dirait l’autre, il y a belle lurette qu’on a répertorié mes faits, gestes et divers dans un vivier de données informatiques bien avant que je ne fasse mon trou sur la Toile. Et les vôtres itou. Exemple ? Les relevés bancaires. Depuis que vous possédez un chéquier, les banques peuvent reconstituer votre vie : où vous achetez, ce que vous achetez, vos restos, vos voyages, vos abonnements divers, vos dons, votre propension à gaspiller ou à économiser, votre consommation de n’importe quoi, votre week-end à Bayeux avec votre chéri(e) le 15 juin 1989, vos maladies (ajoutez-y les archives sécu), etc, etc… Si l’on avait besoin de dresser le portrait de quelqu’un, à mon avis, il serait plus judicieux de le demander à  une banque qu’à farfouiller sur Internet.
Et puis, si on se met sur des réseaux sociaux, c’est bien pour se faire buzzer, non ?

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Mensonges d’un jour d’été

04/04/2010 Comments off

Non, un très beau temps...

Le temps pourri qui n’a pas l’air d’épargner grand monde en ce week-end pascal, vous allez voir que personne de ceux qui partent n’en aura subi les conséquences. Parce que c’est typique, comme disent des gens dont je ne citerai pas le nom, les gens ont tous la chance d’avoir un micro-climat dans leur endroit de villégiature. La France est une mosaïque de micro-climats distribués généreusement aux salariés qui prennent leurs ponts.
Mais pas que ça.
Le week-end de Pâques est généralement très chargé lorsque le lundi de Pâques tombe un lundi. Comme cette année. Des centaines de milliers de voitures, on entend cela à la radio, sont sur sur nos belles routes et sur les belles autoroutes revendues à des sociétés privées. Mais là encore, nos salariés ont une chance de cocu. Presque tous — ne généralisons pas — presque tous donc vont se vanter de n’avoir mis que trois heures pour aller à Truc-les-Oies de porte à porte ! Pas un bouchon, rien !!!
Ce sont les gens. Ils ne veulent pas être des victimes, ils ne veulent pas être des moutons. Alors, ils racontent des bobards, des petits mensonges qui les dédouanent et que personne ne croit ou dont tout le monde se fout. Puis, quand ils bifurquent vers la politique,  ils louent un jet privé avec l’argent du contribuable, ils vivent à moindre frais dans une HLM usurpée à des pauvres, ils s’arrogent les privilèges dus à leur rang d’êtres extraordinaires nés avec le cul bordé de nouilles et une petite cuiller en argent dans la bouche. Du plus bel effet. On est tous pareils.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Les taureaux adorent la corrida, c’est bien connu !

02/04/2010 Comments off

- T’as ta première corrida, dimanche ?
- Je te signale qu’on ne participe jamais à une deuxième corrida !
- Et alors, ça te fait quoi ?
- Comme tu vois, je rayonne ! J’ai une super forme et les arènes sont déjà blindées. C’est un beau sport, tu sais, et je suis fier d’en être !
- Tu n’as pas peur de souffrir ?
- Meuh non ! Dans le feu de l’action où l’on se bat à armes égales avec le valeureux Homme-Dieu,  on oublie toute souffrance, nous ne sommes pas des bêtes, tout de même !
- Et  mourir, ça ne te fait pas peur ?
- On va tous y passer, autant le faire en beauté ! Toutes ces belles dames qui t’admirent et tous ces hommes qui t’encouragent, non, je te jure, un taureau qui meurt lors d’une belle corrida, c’est exaltant !
- C’est quand même une torture, non ? Tu agonises, on te coupe la queue et les oreilles…
- Oui, c’est l’inconvénient. Mais tu sais, je suis un vrai taureau, un bon taureau, et si  l’Homme-Dieu a décidé de nous infliger cette épreuve, il faut s’en montrer digne.
- En somme, la corrida, tu es pour !
- Tous les taureaux sont pour, évidemment, comment peut-il en être autrement ! Ça serait interdit, sinon !

Si vous, vous êtes contre la corrida, faites un tour au CRAC, le Comité Radicalement Anti-Corrida, c’est ici.
Et puis vous pouvez aussi signer la pétition contre l’inscription de la corrida au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco, c’est ici.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Le guide du croûtard de Perec

01/04/2010 Comments off

« Il y a quelques années, j’ai eu, en l’espace de trois mois, l’occasion de prendre quatre repas dans quatre restaurants chinois respectivement situés à Paris (France), Sarrebrück (Allemagne), Coventry (Grande-Bretagne) et New-York (Etats-Unis d’Amérique). Le décor des restaurants étaient peu ou prou le même et sa sinoïté s’appuyait chaque fois sur des signifiant quasiment identiques (dragons, caractères chinois, lampes, laques, tentures rouges, etc.). Pour la nourriture, c’était beaucoup moins évident : en l’absence de tout référent, j’avais jusqu’alors naïvement pensé que la cuisine chinoise (française) était de la cuisine chinoise. Mais la cuisine chinoise (allemande) ressemblait à de la cuisine allemande, la cuisine chinoise (anglaise) à de la cuisine anglaise (le vert des petits pois …), la cuisine chinoise (américaine) à quelque chose d’absolument pas chinois, sinon à quelque chose de vraiment américain. Cette anecdote me semble significative mais je ne sais absolument pas de quoi. »

(Il suffit d’aller dans un restaurant français à l’étranger pour s’en convaincre. mais quelle idée d’aller dans un restaurant français quand on est ailleurs !)

© Georges Perec. Penser/classer
Dessin © dominiquecozette

Categories: bouquins