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Archives pour 03/2010

Tremblons, les robots qui écrivent comme nous sont au point !

12/03/2010 un commentaire

"C'est un robot qui écrit mon papier. Cool !"

L’ère des robots-journalistes.

(Intro de moi-même : que ceux qui travaillent avec leur plume ou leur clavier commencent à se faire du souci. Journalisme aujourd’hui, BD, pub, littérature dans quelques temps pourront bientôt se passer du cerveau humain. On dit que c’est pour libérer les journalistes  et leur permettre de faire des travaux plus intéressantes, comme si un travailleur dégagé d’obligations ingrates grimpait de facto vers des tâches plus nobles… Lisez ça, c’est scotchant et caillant à la fois. C’est un peu long, mais ça explique la technique)

Des chercheurs américains créent, dans le secret de leurs laboratoires, des techniques journalistiques révolutionnaires. Articles ou journaux télévisés sont conçus par des ordinateurs. A première vue, rien de surprenant. Un compte rendu de sport d’une confondante banalité : « Les efforts remarquables de Joe Mauer n’ont pas suffi à assurer la victoire des Minnesota Twins contre les Texas Rangers lundi dernier au stade d’Arlington. Les Rangers l’ont emporté sur un score de 8 à 5 (…) Quand il maniait la batte, Mauer a été excellent de bout en bout. Il a marqué une fois dans la première manche et deux fois dans la sixième. Du côté des Texans, l’artisan de la victoire est sans conteste Tommy Hunter, qui a remporté avec brio son cinquième match d’affilée…  » Un article de sport comme il en existe donc des milliers, publiés dans les pages sport de la presse américaine. Seule différence, mais de taille : il est signé The Machine, préparé et rédigé par un programme d’intelligence artificielle, baptisé Stats Monkey.
Depuis des décennies, dans le monde, des ouvriers découvrent un beau matin qu’ils vont être remplacés par un robot. Si les journalistes se croyaient à l’abri de ce genre de mésaventure, ils avaient tort. Depuis quelques mois, ils peuvent aller à Evanston (Illinois), près de Chicago, pour voir et tester le système qui va peut-être bientôt les suppléer. Il est tapi dans un réseau d’ordinateurs appartenant au laboratoire d’information intelligente (Infolab), installé sur le campus de l’université du Northwestern. Pour déclencher Stats Monkey, il suffit qu’un humain lui indique quel match il doit couvrir. Une fois lancé, il travaille automatiquement de A à Z. Il commence par télécharger les tableaux chiffrés publiés par les sites Web des ligues de base-ball, et collecte les données brutes : score minute par minute, actions individuelles, stratégies collectives, incidents… Puis il classe cette masse d’informations et reconstruit le déroulé du match en langage informatique. Ensuite, il va puiser son vocabulaire dans une base de données contenant une liste de phrases, d’expressions toutes faites, de figures de style et de mots-clés revenant fréquemment dans la presse sportive. Il va alors rédiger un article, sans fautes de grammaire ni d’orthographe. Il peut fournir plusieurs versions, rédigées dans un style plus ou moins imagé ( » Les Minnesota Twins ont : perdu/reçu une sévère correction/esquinté leurs battes en pure perte… « ) ou encore deux articles adoptant le point de vue de l’une ou l’autre équipe. Il ira même chercher sur Internet les photos des principaux joueurs. Le tout en deux secondes chrono, qui dit mieux ? Le rêve de tout chef de service : un journaliste rapide, pas cher, sans états d’âme.
Stats Monkey a été imaginé par les professeurs Larry Birnbaum et Kris Hammond, spécialistes d’intelligence artificielle. Puis son développement a été confié à John Templon, 27 ans, diplômé de journalisme, et Nick Allen, 25 ans, informaticien. M. Allen estime que le but est quasiment atteint : « Les articles écrits par The Machine sont très proches des dépêches sportives de l’agence Associated Press, qui sont souvent reprises telles quelles par les journaux.  »
La première version de la liste de phrases-clés a été réalisée manuellement, mais, à l’avenir, Stats Monkey l’enrichira automatiquement, en décortiquant de gros volumes d’articles écrits par des humains. Il pourra même imiter le style d’écriture de tel ou tel journaliste connu.
Une version commerciale de Stats Monkey sera bientôt accessible en ligne. Kris Hammond vise en priorité les journaux locaux et les sites Web de sport, qui n’ont pas les moyens de payer des pigistes pour écrire les comptes rendus de tous les matches de leur région :  » Il y a aux Etats-Unis 160 000 équipes scolaires de base-ball qui n’intéressent pas les journalistes, mais qui passionnent des millions de gens.  »
Infolab a l’intention d’adapter Stats Monkey à d’autres sports, notamment le football et le basket-ball. Il souhaite également se lancer dans le secteur de la finance et de la Bourse – où, là aussi, les journalistes utilisent massivement un nombre assez limité d’expressions toutes faites. A nouveau, Kris Hammond parle chiffres :  » 54 000 sociétés américaines sont cotées en Bourse, et chacune d’elles doit publier des données chiffrées, qui intéressent les actionnaires, les employés, les clients… Or, à peine 3 000 d’entre elles sont suivies par la presse économique.  »
Reste une question épineuse : si l’on met en place un système efficace et bon marché pour couvrir les matches locaux et la vie des PME, pourquoi ne pas étendre peu à peu son usage aux rencontres importantes et aux grosses entreprises ? M. Hammond a une réponse toute faite :  » Notre but est juste de fournir aux journalistes des outils qui les débarrasseront des tâches les plus répétitives et les moins intéressantes. Ils dégageront ainsi du temps pour accomplir leurs missions nobles : reportages de terrain, investigations, analyses…  »
Au même étage, trois chercheurs mettent au point un système expérimental baptisé News at Seven, qui fabrique des mini-journaux télévisés pour Internet, présentés par Zoe et George, deux personnages de dessin animé. Le spectateur se contente de choisir trois thèmes d’actualité – par exemple politique intérieure, basket-ball et nouveau film -, News at Seven se charge du reste. Il parcourt une série de sites d’informations pour trouver des textes pertinents, qu’il raccourcit. Puis il les envoie vers un logiciel de synthèse vocale, qui crée deux fichiers audio – une voix d’homme, et une de femme. Les textes sont aussitôt dits à l’écran par Zoe et George.
Pour les critiques de films, News at Seven apprend à faire le tri entre les articles élogieux et négatifs, grâce à un dictionnaire de mots-clés. En même temps, il cherche sur Internet des vidéos pouvant illustrer les thèmes choisis, et les insère dans l’émission.
Dès le lancement des projets, les responsables d’Infolab avaient poussé les jeunes chercheurs à aller faire des stages de formation à l’école de journalisme Medill, rattachée à l’université. Nathan Nichols, diplômé d’informatique travaillant sur News at Seven, se souvient qu’au début la collaboration n’était pas idéale :  » Des étudiants demandaient à leurs profs : faut-il vraiment aider ces gens à détruire nos futurs emplois ? Et certains profs semblaient assez d’accord avec eux.  » Pour combler ce fossé, Infolab et Medill ont créé en 2009 un organisme commun d’enseignement et de recherche, le Centre d’innovation en technologie, médias et journalisme, qui va accueillir des étudiants venus des deux écoles et leur apprendre à travailler ensemble. Le rapprochement se fait aussi avec la grande presse. Bill Adee, directeur du département numérique du Chicago Tribune, est venu à Evanston pour étudier une éventuelle coopération avec Infolab sur des projets à venir, notamment des outils de veille pour repérer les sujets qui agitent Internet. Il a aussi invité plusieurs fois MM. Birnbaum et Hammond à la rédaction du Chicago Tribune :  » Je leur donne des conseils pratiques, en adoptant le point de vue du journaliste. Ça les aide à concevoir des outils qui nous seront réellement utiles.  » M. Adee ne s’intéresse pas particulièrement à Stats Monkey, mais il sait que, face à ce rapprochement, certains de ses confrères pourraient se sentir menacés :  » Dans tous les journaux, il y a des gens qui passent leur temps à écrire des comptes rendus de matches. J’espère que, si on leur en offre la possibilité, ils seront capables à l’avenir de faire autre chose.  » De même, Larry Birnbaum est conscient de l’impact de ses inventions :  » Nous sommes en train de créer un paysage médiatique que nous ne comprenons pas encore, mais nous savons déjà que l’organisation économique des médias devra s’y adapter. Le défi sera d’intégrer les valeurs classiques du journalisme dans ces nouveaux outils.  »
En attendant, d’autres équipes travaillent sur une demi-douzaine de projets qui viendront compléter la panoplie d’Infolab. Le chercheur Francisco Iacobelli construit ainsi un système intelligent baptisé Tell Me More. Il commence par mémoriser un article politique publié sur CNN. com, puis il trouve d’autres articles traitant du même sujet, publiés par AP, Reuters, le Chicago Tribune. Si leur contenu est identique, il les rejette. En revanche, s’ils contiennent des informations supplémentaires (noms de personnes ou de lieux, chiffres, citations), il extrait les paragraphes concernés. Dans un second temps, Tell Me More va composer un nouvel article plus long et plus riche à partir du texte de CNN, auquel il aura incorporé, aux bons endroits, les phrases pertinentes tirées des autres articles. M. Iacobelli a testé ses méta-articles sur un panel de lecteurs :  » Ils ne voient pas la différence avec un texte écrit par un seul auteur. Il faut dire que, très souvent, les journalistes sautent d’un sujet à l’autre sans transition.  » Combiné à Stats Monkey, on imagine ce que pourrait donner Tell MeMore…
Aucun aspect du journalisme n’échappe à Infolab. Patrick McNally, étudiant-chercheur, met au point un système de fabrication de bandes dessinées appelé Manatee Comics. Son but est de démonter, reproduire et automatiser le mécanisme des plaisanteries basées sur une comparaison, une chute inattendue, un paradoxe… A ce jour, les résultats sont assez déroutants, mais M. McNally semble sûr de lui :  » Je vais prouver qu’une machine peut générer du contenu humoristique de façon robuste et régulière.  » A terme,toute intervention humaine sera éliminée : Manatee Comics choisira le sujet de sa BD du jour en allant consulter Google pour connaître les événements les plus recherchés et les plus commentés par les internautes.

Texte Yves Eudes © Le Monde électronique du 10 mars 2010
Dessin © dominiquecozette

Nota : Pas de billet demain, peut-être un dimanche. pas sûr. Sinon, lundi. Bon WE !

Categories: kultur

Des boulots à 70 km…

11/03/2010 Comments off

J’ai fini mes études, bac + 5. Nous nous sommes installés à la campagne juste après notre mariage, c’est lui qui en avait envie, j’ai suivi sans trop me poser de questions. Et puis il m’a fallu trouver du travail, mais le travail, c’est pas à la campagne, faut aller à la ville. Et pour aller à la ville, faut une voiture. J’ai trouvé une vieille Dauphine pas trop nase, mais vieille et mal suspendue (qu’est-ce qu’on en a à foutre de la suspension quand on a 25 ans !). Et puis une vacation de psychologue à Nantes, c’est à dire une journée par semaine, à 60 km de chez moi. Comme ce n’était pas assez et qu’il n’y a rien d’autre à Nantes, j’ai trouvé un temps partiel dans un ImPRO à la Roche/Yon, soit deux jours par semaine, à 70 km de chez moi. Pour trouver une maison avec un minimun de confort, ça n’a pas été facile car en Vendée, pas loin de la mer, il n’y a que des locations d’été sans chauffage. On a fini par dégotter une maison avec air pulsé, mais on a toujours froid, on ne peut pas se coller les fesses sur une source de chaleur. Et c’est cher à chauffer. Je suis enceinte, j’ai dit au bébé : accroche-toi bien, les routes sont pas terribles, mais après, on va se marrer ensemble. Il n’y a rien dans le coin, la première maternité est à Nantes, 60 bornes donc, et mon mari travaille la nuit, dans une discothèque. Donc,  le jour J, ou la nuit N plutôt, je me suis démerdée, je suis allée à la gendarmerie vers minuit, j’ai crié devant pour que quelqu’un se réveille, ils ont appelé un taxi et voilà. Le bébé est né, tout va bien.
Ceci se passait au début des années 70. je viens de lire un article sur Libé racontant la vie de ménages urbains modestes (c’est pas que nous étions réellement modestes, mais on avait besoin de mon travail) qui s’installent à la campagne pour vivre mieux et ça ne marche pas. J’ai tendance à penser que je vivais plutôt bien mais c’est vrai qu’il y avait moins de circulation sur les routes, moins de luxe étalé dans les journaux, moins de frustration par rapport à ce qu’on pouvait espérer. Mes parents et mes soeurs n’appelaient presque jamais de Paris parce que ça coutait cher, on fabriquait des habits de bébés multicolores et des tapis-touff.  On avait quatre poules qui nous fabriquaient des oeufs.
On n’aurait jamais imaginé qu’une vie comme la nôtre pût être considérée, un jour lointain, comme précaire, et qu’une telle absence de communication deviendrait un handicap socio-professionnel. Ceux qui vivent comme ça aujourd’hui, je les plains de tout coeur, réellement. On est tellement facilement ringard, nase ou nul à chier quand on n’a pas « tout » qu’il faut être très fort pour pour ne pas en être affecté.

Categories: du vrai

Toulemonde il est pas beau, Toulemonde il est pas gentil

10/03/2010 un commentaire

Hier soir, j’étais à la boum de Julie Personne, ça a démarré cool, mais une bande de nazes ont commencé à binge drinker et là, ça s’est mis à craindre. je me suis réfugiée dans une chambre et alors ce gros porc de Toulemonde s’est jeté sur moi et m’a violentée. Atroce. Je suis allée chez les flics mais le plus dur, c’est pour faire ma  déposition. Quand je leur ai dit que je m’étais fait pratiquement violer par Toulemonde, ils m’ont demandé de préciser : qui ça , tout le monde ?
- Ben Toulemonde !
- C’est cela oui. Vous étiez chez qui ?
- Ben, chez Personne, comme je vous ai dit ! Je réexplique : Je suis allée chez les Personne, monsieur et madame Personne…
- Et moi je m’appelle Quelqu’un ! T’entends ça, Jean-Yves ? Et comme par hasard, chez personne, y avait tout le monde !
- ben oui, Mathieu Toulemonde, celui qui…
- Donc chez Personne, y a Toulemonde et y a vous. Et c’est quoi, votre nom, qu’on rigole voir…
- Laferme
Là j’ai compris que ça allait pas le faire.  J’ai senti que le jeune fonctionnaire s’énervait. Je n’ai pas réussi à lui faire entendre raison car à chaque fois qu’il me reposait les questions, il tapait sur la table métallique et le fameux  Jean-Yves se tordait de rire. Il m’a mise dans une cellule de dégrisement, cauchemar. Le matin, un gros flic est venu me libérer en me disant : j’espère que tu vas  arrêter de te foutre de notre gueule. Dis-nous seulement qui  contacter et si tu me réponds encore une fois  « la ferme ! », tu retournes en gardav.
Je dis non, non, je ne vous dirai pas la ferme, Laferme, c’est le nom de mon père. Et je vis chez ma mère. Dugland.
Un énorme bruit, un poing qui fait sauter tout ce que contient un bureau de flic.
J’ajoute, en me protégeant du bras : ce n’est pas ma faute si elle s’appelle comme ça, ma mère, Dugland.
Je suis de nouveau dans ce trou à rat qui pue, je dois dire que je l’ai un peu cherché mais en même temps, ça me gave et je crois que le premier mec qui porte un nom à la mormoil, style Herschenfuller ou Hunh Soom Tsi ou encore Mrevgrihexkvell, je l’épouse. Marre.

Texte et peinture sur tôle © dominiquecozette

Categories: fictions

Lettre ouverte à Dieu

09/03/2010 Comments off

Cher Dieu,
je vous écris pour vous dire que je ne suis pas contente de vous. Qu’est-ce que vous fabriquez, ces derniers temps ? Vous êtes en train de saccager votre oeuvre et je trouve ça con. On dirait un môme qui saute à pieds joints sur son transformer ou une gamine qui arrache les bras de sa Barbie. Je ne vois pas l’intérêt, franchement.
Vos tremblements de terre, vos éruptions volcaniques, vos tempêtes, vos épidémies, je trouve ça nul et pas très inventif. Le tsunami au moins, je parle d’il y a dix ans, il avait du panache. Attention, je ne dis pas que c’est bien. Simplement, je m’interroge :  Quel plaisir éprouvez-vous à passer votre temps à nous emmerder, et à nous coller des guerres par-dessus le marché, comme si on avait besoin de ça.
Je ne suis pas assez sotte pour attendre une réponse. Quoi qu’il arrive les bigots continueront à vous célébrer, on se demande, parfois. Autre chose, tiens : des gens comme Enrico Macias, par exemple, ou Ariane Massenet, ou Hortefeux, tiens, je pourrais en citer des centaines, Zemour, Hitler bien sûr…pourquoi les avoir créés ? Quel était le brief de départ ? Les papillons, les insectes, les poissons, les fauves, ça je comprends, c’est impressionnant, c’est sublime, c’est varié, c’est créatif, mais franchement, ces gens, hein ? Même moi, c’est vrai, quand je me regarde en sachant que je suis faite à votre image, je ne vous fais pas mes compliments ! Heureusement que je plais à certains.
d’ailleurs, faut que j’y aille, je me marie pour la quatrième fois.  ET J’AIMERAIS QUE VOUS CESSIEZ DE RAPPELER À VOUS MES MARIS CHÉRIS TOUS LES DEUX ANS ! Ça commence à jaser dans les chaumières !
A tout à l’heure à l’église (attention, la prochaine fois, ça sera  le temple ou la mosquée), bien à vous. (Et faites un effort)

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

James Hadley Chase, Swiss made !

08/03/2010 un commentaire

Dans le bonus DVD de l’excellent Miss Shumway jette un sort, 1995, de Clara Peploe, épouse Bertolucci, j’apprends de la bouche (oui, forcément, d’où d’autre ?) de Patrick Raynal  que  James Hadley Chase, l’auteur du livre éponyme, n’a  jamais mis un pied au Etats-Unis ni au Mexique où se situe l’action de cette histoire abracadabrantesque. Monsieur Chase vivait tranquillement  au pays du chocolat, des comptes secrets, de Guillaume Tell et d’Alain Delon. En Suisse. Extraordinaire, non ? Numéro 16 de la Série Noire, jacquette et couverture cartonnée de rigueur, Miss Shumway jette un sort (Miss Shumway waves a wand) est signé, à l’origine, Raymond Marshall. Un des pseudos de JH Chase lorsqu’il estimait que ce qu’il écrivait n’était pas de la littérature. Duhamel a bizarrement accepté ce roman dans sa collection très fermée, réservée aux  histoires réalistes et logiques, bien qu’il en fût loin puisque son héroïne est une sorte de sorcière capable de transformer un chieur en saucisse et à la faire bouffer par son chien pour avoir la paix. Bon, le chien se met à parler parfois… L’action se situe entre la Californie et le Mexique où la belle miss tombe amoureuse du privé qui la recherche. Elle, c’est Bridget Fonda, très marrante et lui, Russel Cowe, très …cute. Plus une belle américaine (la caisse, jaune, décapotée). Il y a des mygales qui sortent d’une bouche, un oeuf pondu par la miss, des résurrections, deux homos qui se roulent de bien plus beaux patins que ceux de Brokeback Mountain. C’est original, très distrayant, avec de jolies images. C’est tout, juste pour dire que Chase, vraiment, écrivain suisse jamais allé aux USA, moi ça m’en a bouché un sacré coin. Coin-coin !

Texte © dominiquecozette d’après l’entretien de P. Raynal
Dessin © dominiquecozette

Categories: bouquins

Ne pas confondre avec la fête des femmes

07/03/2010 2 commentaires

26 février 2010 : La cour suprême de Birmanie a confirmé la condamnation du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi à 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence…
Fashion week : un petit débardeur brodé de chez Balmain pour 8000 euros…
Entre ces deux infos, la journée internationale de la femme installe ses stands dans une partie des médias du monde. Que va-t-il en sortir ? Que va-t-on nous montrer, nous vendre ? La femme sera-t-elle encore l’avenir de l’homme comme demain on rase gratis ? Mais demain c’est quand ? C’est demain, petit malin ! Mais alors l’avenir… eh bien, l’avenir, c’est le contraire du passé mais c’est pas aujourd’hui. Ni demain la veille. Donc y a encore du boulot avant que par exemple les décideurs du monde soient des femmes (oh fan de pute, parlez pas de malheur !). Qui va piano va sano, ouais, mais faudrait pas non plus que la femme s’endorme sur ses zakis. Moi, c’est fini, j’ai plus besoin de ça, l’avortement, le code du travail, l’allaitement… Mais tout de même, faudrait que ça bouge un peu plus vite, les mecs ! Je ne parle pas de vous qui me faites l’honneur de me lire.
Donc à l’année prochaine ! Il y aura j’espère moins de petites filles excisées, plus de fillettes à l’école dans des pays ingrats, mais moins à travailler comme bêtes de somme dans des grandes villes près de chez nous, et encore moins à se faire enfiler comme des petites perles précieuses dans des pays ensoleillés par des bourrins venus d’ailleurs.

Texte et peinture © dominiquecozette

Categories: politic

Boys band des sixties

05/03/2010 Comments off

Quelques tranches de vie de garçons dans les années 60 qui écrivaient des lettres parce que ça se faisait. Parfois, dans les lettres, ils disaient : je t’appellerai lundi vers 18 h. Et on s’arrangeait pour recevoir l’appel, pendant que nos pères chassaient le buffle à coup de lances et que nos mères frottaient les silex pour allumer le feu.

« Merde, chierie de putain de chiasse de saloperie de caca de mes deux et de bonne-sœur enceinte. J’en ai marre mais marre et encore marre bordel. T’as compris, tout me fait chier et me répugne. Il n’y a aucune liberté possible sur ce globe à la con où l’on vit comme des cons car on est des cons. C’est vrai oui ou merde ? » (JEB. St Cloud, 67)

« Ma sœur t’a trouvée extra pour de nombreuses raisons, la première étant la suivante : lorsqu’on te parle, tu écoutes, véritablement concernée et tu réponds ensuite. A notre époque, c’est tellement rare que c’est une qualité fantastique » (JEB. Rouen, 67)

Tu n’es pas expressive ma chérie, tu ne dis jamais rien, je préfère que tu me fasses des reproches, si j’en ai besoin, que de te voir toujours muette, j’ai toujours peur que tu t’ennuies avec moi et c’est très désagréable. (AB. Joinville, 64)

Hier soir, je suis allé écouter Barbara chanter à la fac, et en arrivant une demi-heure après le début, j’ai réussi à entrer sans payer ma place. Ce qui fait que j’ai passé une soirée fort agréable. (JN. Paris, 65)

Je t’envoie toutes les congratulations que j’adresse à Dylan pour ses deux derniers 33 T que j’apprécie en ce moment dans la fumée d’une bonne « cigarette ». Je te les adresse sur un navire à rames longues et rythmées guidé par de grands barbus casqués et poilus. (JR. Londres, 66)

Poème Souvenirs secrets :
La source pleure encore au bas de la prairie
et toujours une enfant en robe rose ou blanche
qu’on chérira demain comme tu es chérie
à la nuit vient l’entendre et vers elle se penche
de tout le chaste élan de son âme attendrie
une enfant aux yeux bleus ainsi que la pervenche
une enfant aux yeux bleus qui s’appelle Domi
(AS. Joinville 1962 ou 3)

Texte collectif. Dessins © dominiquecozette

Categories: du vrai

Un ministère détonant

04/03/2010 un commentaire
"Hey, t'as vu, Corinne ? Il a de ces idées, not' Président !"

"Hey, t'as vu ça, Corinne ? Il a de ces idées, not' Président !"

Je me demandais l’autre jour (vous démarrez un roman comme ça et ça va direct poubelle) pourquoi notre bien-aimé Président ( je dis bien-aimé mais pas par moi, vous pensez, et j’ai même mis un pet majuscule, bref, je fais du remplissage) ne créerait pas le… le quoi ???? le Ministère de l’Opposition. Quelle classe ! Ça aurait de la gueule, d’autant que les ministres de l’opposition, ils seraient obligés de jouer leur rôle d’opposant pour bien montrer comme le Président à l’esprit large de rameuter des gens qui ne pensent pas comme lui et qui peuvent le dire. Ils diraient par exemple : je désapprouve totalement la politique sécuritaire du ministre de l’Intérieur, je suis contre la politique de Besson, je regrette que le Président aille dans ce sens etc… Bref, ils l’ouvriraient, contrairement aux UMPistes qui eux, ne peuvent l’ouvrir sans subir des remontrances. Dons les UMPistes seraient irrités que d’autres ministres puissent s’exprimer. Et le Président, ça le ferait marrer car il aime bien foutre la merde, faut le reconnaître.
Le seul problème, c’est de recruter les vrais opposants. Parce que les faux opposants, c’est facile. Ils sont d’ailleurs dans l’Ouverture, d’autres se pressent à la porte pour les nouvelles inscriptions de la saison prochaine. Mais les vrais ? Ils ne pourraient pas, ils diraient, non mais, pas de ça Coco, moi dans un gouvernement sarkozyste ??? Non mais ça va pas !!! Puis finalement, ils iraient quand même parce que s’il faut attendre la Saint Glinglin pour avoir son macaron sur le pare-brise, sa pension à vie et ses trépidantes anecdotes de vrai politicien vues de l’intérieur (sans i majuscule, je parle du dedans), hé ben, bref. Oui, monsieur le Président, vous n’allez pas être déçu par ma détermination à vous contrer, blabla… (sourire ironique du Président).
Vous allez me dire : elle est idiote ton idée. Ça servirait à quoi, ce ministère de l’opposition ? Qu’est-ce qu’il ferait, le Président, quand un opposant lui dirait « je ne suis pas d’accord avec telle mesure » ? Hé bien, il répondrait : « c’est normal puisque vous êtes dans mon opposition, ça prouve bien que ma mesure va satisfaire mes électeurs ! ». Ainsi, il enfoncerait le clou du bien-fondé de sa politique.
(Note : je viens de m’inscrire à Sciences Pauvres « section enseignement par courriel », c’est chouette la politique,  et on peut vraiment y exercer sa créativité !)

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: politic

Des patrons qui en ont

03/03/2010 un commentaire

Selon une étude qui sera publiée en avril dans la revue du CNRS “Travail, genre et sociétés” : les entreprises du CAC 40 qui ont plus de 35% de cadres féminins ont connu une croissance de chiffre d’affaires de 23,54%, contre 14,61% dans les sociétés qui ont moins de 35% de femmes cadres. Cette croissance  s’accompagne d’une productivité sur cinq ans supérieure de 33,88% aux autres entreprises, et de créations d’emplois plus nombreuses (18,08% contre 7, 36%). Attendez !!! Je n’écris pas ce blog à la gloire des femmes ! Laissez-moi finir !

Parmi les explications avancées et indéniables (vivier de talents élargi, comportement différent des femmes face aux risques…),  il y en a une, et de taille, qu’on oublie : la mentalité de leurs patrons. Des patrons capables de filer le pouvoir à de nombreuses femmes, ce sont des mecs qui en ont, qui n’ont pas peur que les femmes piquent leur job, qui les placent sans barguigner à des postes de responsabilités, qui les écoutent, qui respectent leur talent et leurs compétences. Des patrons à l’esprit ouvert, quoi. Donc des gagneurs. CQFD

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Le paradis des riches fraudeurs.

02/03/2010 un commentaire

Vous me direz, en France, les riches n’ont pas trop à se faire de soucis entre la mollesse à débusquer leurs évasions fiscales et la quasi absence de sanction. Eh bien il y a peut-être mieux et c’est la porte à côté, en Allemagne, figurez-vous, dont notre dirigeant s’est entiché de la sienne. Comme  je ne suis pas trop l’économie internationale, je pensais qu’Allemagne = rigueur, ordre, règlement-règlement !!! Eh bien non ! Pas du tout ! Il y a aussi  l’évasion fiscale, pas de raison !, qu’on estime à plus de 300 milliards d’euros ! Impunie. Bon, ça peut changer vaguement. Le ministre des finances de Merkel s’est fait tirer l’oreille pour acheter le DVD contenant les informations sur ces comptes. Il a récupéré 170 millions. Une paille ! Mais un début de menace car les riches commenceraient à pétocher et viendraient se signaler au fisc. Bon.

Ce même ministère rechigne aussi à faire son travail pour évaluer les gros comptes : pratiquement aucun  contribuable très riche ne paie les 42% correspondant à l’imposition maximale. Les 450 ménages les plus aisés ne versent que 34% de leurs revenus. Là-dedans ne sont pas pris en compte (ni payés)  les revenus du capital  (pourquoi s’emmerder avec ça !)  ni les revenus locatifs (alors que plus de la moitié des Allemands sont locataires). Non,  l’Etat n’est pas très curieux sur la situation financière des ménages aisés. En voici une autre preuve : il a commandé une étude sur la pauvreté et la richesse : 216 pages sont consacrés aux pauvres et 10 seulement aux  riches. Vous me direz que c’est parce que les défavorisés l’intéressent beaucoup plus. C’est exact ! Mais pour une raison bizarre : figurez-vous que leurs maigres ressources  sont épluchées au centime près ! Au centime près ! Alors que les fonctionnaires ne disposent que  de trois heures et demie pour vérifier la déclaration d’une grosse légume ! Sachant qu’elle débouche sur un rappel moyen de 135 000 €. Bof, 135 000 petits euros, c’est une paille par rapport aux monstrueux centimes que les pauvres pourraient  carotter. Salauds de pauvres ! Tous des voleurs et des menteurs, des profiteurs de système et d’aides sociales, non mais je te vais les mater moi !

Texte © dominiquecozette d’après un article de Daniel Haufler (Berliner Zeitung) dans Courrier International récent.
Dessin qui n’est pas Merkel mais on dirait que ça serait sa soeur en 1985 © dominiquecozette

PS : Article sur ce sujet dans Libé d’hier qui passe le traitement réservé aux salauds de pauvres sous silence.

Categories: politic

Pourquoi le temps passe de plus en plus vite

01/03/2010 un commentaire

C’est la une de Science et Vie de février. Oui, pourquoi ?  Voici donc la réponse à ce problème que déplorent les retraités et autres quinquas précocement retirés des affaires. Cette enquête très poussée sur 14 pages blindées de colonnes de texte en corps 8, de graphiques et schémas, confirme les deux hypothèses subodorées : 1/ le temps passe plus vite pour les vieux/vieilles* parce que les durées de temps représentent une partie de plus en plus ténue de leur temps déjà vécu, ou 2/ comme il arrive moins de choses aux vieux/vieilles*, les années se ressemblent et défilent sans que rien de saillant ne vienne les ralentir**. Bon, bah finalement c’est à la fois ça et à la fois beaucoup plus compliqué. Comme je ne veux pas vous laisser le bec dans l’eau, je vais vous exposer ma théorie.
Théorie Cozette du Temps*** : Si notre senior (ou seniorette) sorti du monde du travail trouve que le temps passe plus vite, c’est parce qu’il se donne beaucoup plus de tâches qu’on ne lui en a donné au boulot. Et notre babyboomer, consciencieux, en pleine forme (toutes les études le disent), veut aller plus vite que la musique car il s’agit de sa vie, de ses activités personnelles, de ses objectifs privés, donc d’une importance primordiale. Ranger le grenier, par exemple, il estime que ça lui prendra une semaine (« et encore, je compte large »  fanfaronne-t-il). Or, dans ce grenier se trouvent toutes sortes de documents/photos  qu’il va éplucher entre deux coups de facebook, une sortie journaux/pain, un popo tranquille en lisant Science et Vie etc… En fait, il va mettre deux semaines à liquider cette tâche (sans compter les îlots de résistance à traiter ultérieurement), retardant d’autant l’érection d’une étagère à chaussures (même estimation erronée car à Leroy Merlin il va s’éparpiller dans tous les rayons, faisant de nouveaux projets pour une vie plus éco-responsable…).
De fil en aiguille, nos seniors (ou seniorettes) actifs vont trouver que les journées sont plus courtes qu’avant puisqu’elles ne leur suffisent plus. Avant, ils n’avaient pas vraiment de raisons de s’avancer dans leur boulot donc le temps était parfaitement calibré. (Et je ne parle pas de la paperasserie, les coups de fil administratifs et autres obligations privées hautement chronophages qu’ ils faisaient au boulot)
* je dis vieux/vieilles, hein, vous n’allez pas vous vexer. Si vous trouvez que le temps passe trop vite, c’est que vous êtes vieux. De même que si vous trouvez que la musique joue trop fort, c’est que … bravo, vous n’êtes pas sourd.
** Pas forcément vrai mais ça fait plaisir aux quarantenaires responsables de ces études de penser qu’il ne peut rien arriver d’important à leurs vieux parents sauf glisser en pente douce vers la sortie de secours.
*** soit TCT, en abrégé, que je développe en détail dans le prochain ouvrage que je rédigerai lorsque j’aurai du temps.

Texte et dessin © dominiquecozette

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