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Archives pour 02/2010

Je te jure que je ne te toucherai pas…

10/02/2010 un commentaire

Mais non, je te jure que je serai sage. Aie confiance, puisque je te le dis ! Tu sais très bien que je te respecte et que je ne vais pas abuser de toi comme ça, voyons. Même si tu me fais… enfin, je ne suis pas un sauvage, je sais me tenir. mais pourquoi tu tournes la tête ? Je peux quand même t’embrasser. Regarde, j’ai les mains dans le dos, comme ça tu ne crains rien. Un tout petit baiser, du bout des lèvres… Sois pas stupide, je ne vais pas te violer… On le fera quand toi tu voudras, je ne peux pas te dire mieux… Je te le jure sur la tête de ma mère ! Crois-moi ! Allez, reste encore, ma voiture est cassée et il n’y a plus de métro. Je te promets de ne rien tenter. Tu dormiras dans le lit et moi sur le canapé, OK ? Mais reste encore un peu contre moi, serre-moi, mais non, j’ai rien dans ma poche, qu’est-ce que tu vas chercher… Bon, je me retourne, retire ta robe et mets-toi au lit. Mais n’aie pas peur, je ne rentre pas dans le lit, je veux juste un baiser, avant de me coucher dans le canapé…Dis, tu sais que je t’aime, tu le sais ?  Tu ne me crois pas ?… Dis, tu ne vas quand même pas me laisser dormir sur le canapé !  Je te jure que je me mets dans le lit sans te toucher. A l’autre bout. Et si toi tu veux un câlin… hé ben tu décides, je ne peux pas te dire mieux. Allez Judith, dis oui…

Texte © dominiquecozette d’après « L’eau à la bouche » de Gainsbourg
Dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Kabul, c’était comment en 67 ?

09/02/2010 un commentaire

Un nuage de haschish...

Je trie mes vieilles lettres et tombe sur celle-ci, d’un copain qui a plaqué son école de commerce pour bourlinguer.  Il m’écrit de Kaboul, en 67 :
« Je me trouve donc actuellement en Afghanistan. C’est le royaume des fourrures et du haschish. Les unes comme les autres sont aussi bon marché et on en trouve à tous les coins de rue contre une poignée de dollars. J’ai sur ma table à côté de moi 1/2 kg de haschish qui appartient à un ami. Hier soir, j’arrive à Kaboul vers minuit. Je frappe à la port de l’hôtel Noor, réputé comme lieu de perdition où  ou tous les beatnicks, voyageurs et Européens bizarres se rendent. On est accueillis par un Afghan complètement parti, avec des yeux grands comme des soucoupes. Il nous installe dans une chambre et revient ensuite avec son shilum, sorte de pipe dans laquelle on fume le haschish pur. Il nous explique que comme il fait très froid la nuit, il vient remplir la chambre d’une fumée de h réconfortante. En effet, dix minutes plus tard, on n’y voit plus rien. Nous nageons dans un nuage de h, et pas du plus mauvais. Il nous lance ensuite des petites plaques de h sur le lit, il n’arrête pas de rire et de parler (…).  Il est tordant, très bronzé. Il porte un petit chapeau couvert de broderies en fils d’or comme en portent les Afghans sous leur turban. Très content, il revient avec du raisin, des gâteaux et des bonbons. Il est merveilleux. D’ailleurs en Afghanistan, tout est merveilleux.(… ) J’apprécie de plus en plus, les paysages, les visages, tout ce qui est naturel et pas contrefait. Je ne regrette qu’une chose, c’est de trouver sur la route des individus complètement drogués, pas au haschish mais à la morphine, à la cocaïne et à tous les médicaments genre Maxiton fort, amphétamines et tout le reste. Le h est une drogue très saine, moins dangereuse que le tabac et l’alcool. (…) Je compte rester à Kabul huit à dix jours, ensuite je vais au Pakistan, puis à Dehli. J’irai sans doute passer Noël à Katmandou… »
Ce copain a vécu au Boutan, est ensuite parti dans le monde, sur un bateau etc. j’ai définitivement perdu sa trace. Il s’appelle Jean-Eudes Bertrand (il n’est pas un des deux de ce nom sur FB). Si quelqu’un le connaît…En recopiant ces mots, j’entends la radio qui la mort d’un soldat français en Afghanistan.

Texte © Jean-Eudes B. /Photo © Mroad

Categories: du vrai

l’amer qu’on voit ses dents…

08/02/2010 un commentaire

Aujourd’hui, tout a été fait, dit, inventé, c’est dingue ! L’autre jour, j’écris une sublime chanson sur ma mère. Ma mère, c’est une petite dame toute grisonnante avec un coeur comme ça, j’ai voulu lui rendre un hommage pour tout le bonheur qu’elle nous a donné, à mes sept frères et moi-même. Moins mes soeurs, parce que c’est normal qu’elle leur ait demandé de les aider, du coup elles sont moins ressenti le bonheur.
Ma chanson, ça commençait comme ça : « ma mère qu’on voit danser le long des golfs verts (elle fait des ménages dans le clubhouse d’un dix-huit trous) a des reflets d’argent, ma mère, des reflets changeants sous la pluie. »
Encouragé par le sentiment d’inaltérabilité de cette poésie, j’enchaîne : Ma mère au ciel d’éte confond ses blancs moutons avec les anges si purs (elle perd un peu la tête, ma p’tite maman) ma mère bergère d’azur infinie (ça, je ne sais pas à quoi ça se réfère mais ça sonne bien).
Le troisième couplet était un peu foireux, avec des étangs et des maisons rouillées, à retravailler. Et le dernier, très lyrique : Ma mère nous a bercés le long des golfs verts et d’une chanson d’amour ma mère a bercé mon coeur pour la viiiiiiiiiiieeeeeeeeee (violons qui s’envolent etc.).
Quand je suis allé à la SACEM déposer mes paroles, le mec les a lues et m’a demandé si je me foutais de sa gueule. Quel intérêt j’aurais ? lui demandai-je. Il alla montrer mon texte à ses collègues et tous, ils se sont mis à se marrer en me regardant. C’était très pénible. Il m’a alors dit : mon petit gars, faudrait réviser vos classiques. N’allez pas me dire que vous ne connaissez pas Trénet. Trénet ? Qui connaît Trénet ?
Alors, je l’ai lue à la mère de mon ex qui s’y connaît en chansons, elle aussi a éclaté de rire. Vous êtes impayable, m’a-t-elle déclaré. Et là-dessus, elle m’a joué le CD du fameux Trenet qui est mort et enterré !!! Putain, il m’avait piqué ma chanson !!! Parfaitement, je l’ai inventée AUSSI cette chanson, non, je ne l’ai jamais, jamais, jamais  entendue… Alors, qu’est-ce que je fais maintenant ? J’écris  sur mon chagrin quand mon ex m’a quitté et que j’ai entendu le train siffler et que j’ai pensé « que c’est triste un train qui siffle dans le soir » ? Puis je me suicide quand on m’annonce que ça a déjà été dit ?

Texte  © charles trenet & dominiquecozette / dessin © dominiquecozette

Categories: fictions

C’est obligé de ranger, monsieur Perec ?

07/02/2010 Comments off

« Comment je classe. Mon problème avec les classements, c’est qu’ils ne durent pas ; à peine ai-je fini de mettre de l’ordre que cet ordre est déjà caduc. Comme tout le monde, je suppose, je suis pris parfois de frénésie de rangement ; l’abondance des choses à ranger, la quasi-impossibilité de les distribuer selon des critères vraiment satisfaisants font que je n’en viens jamais à bout, que je m’arrête à des rangements provisoires et flous, à peine plus efficaces que l’anarchie initiale. Le résultat de tout cela aboutit à des catégories vraiment étranges ; par exemple une chemise pleine de papiers divers et sur laquelle est écrit “à classer” ; ou bien un  tiroir étiqueté “urgent 1” et ne contenant rien (dans le tiroir “urgent 2” il y a quelques vieilles photographies, dans le tiroir “urgent 3” des cahiers neufs). Bref, je me débrouille. »
Texte © Georges Perec « Penser/classer »

Photo © dominiquecozette : chambre d’adolescente qui n’a jamais pu rien ranger. Aujourd’hui, elle est archiviste dans une grosse boîte d’assurances et il paraît qu’elle assure grave. Chez elle, c’est devenu nickel, elle a des boîtes pour tout, il y a d’abord eu les boîtes Habitat héritées de sa mère (à l’époque où Habitat était sympa et abordable), puis les boîtes Ikéa de toutes tailles et facilement réassortissables et enfin, pour changer du carton qui finit par s’écrouler, des boîtes Muji en plastique transparent. Quand vous lui demandez si elle a une aiguille, elle ouvre d’abord un placard où sont empilés de ces  grands tiroirs. Elle tire celui des « travaux manuels », elle en sort une boîte à chaussures Camper où est inscrit « couture » sur un morceau de gaffer, elle l’ouvre, sort une petite boîte translucide ou est marqué « aiguilles » et en sort plusieurs étuis à aiguilles de différentes tailles. Et tout comme ça. C’est tuant aussi, d’une certaine façon.

Categories: bouquins

Pas d’accord avec toi, Philippe Djian !

05/02/2010 4 commentaires

« J’ai rencontré Jerome David Salinger, pour la première fois, en octobre 1965. A cette époque, je le dis à l’attention des plus jeunes, il fallait faire un effort de volonté pour ne pas se suicider. Vous n’imaginez pas comme ce pays était sombre et triste et infiniment cotoneux. N’écouez pas ceux qui vous disent le contraire. J’y étais. Nous partions en lambeaux, nous nous morfondions, nous passions des journées entières à jouer au flipper, à rêver de libération sexuelle, et rien ne frémissait à l’horizon, rien ne nous retenait de nous jeter dans la Seine »
texte © Philippe Djian in Les Inroks du 3 fév 2010 à propos de DJ Salinger.

Ce texte contredit absolument celui que j’ai écrit il y a deux jours (« pas concernée du tout, et alors ? ») où je racontais que le milieu des années 60 était justement une époque bénie. Mio aussi, j’y étais ! Le pays n’était pas sombre, on avait nos musiques de jeunes, nos fringues de jeunes, nos boums, les films de James Dean étaient sortis depuis longtemps, on se marrait au bowling, il y avait Pilote, et Playboy et Lui étaient en vente libre pour les garçons en manque de sexe, ça draguait sec au Wimpy… Peut-être Djian avait-il de l’acné, des complexes terribles ou je ne sais quoi qui l’empêchait de profiter de cette période tellement amusante… En même temps, c’est peut-être grâce à ce mal être qu’il a réussi à devenir écrivain.

Texte et dessin (Djian Nicholsonisé…) © dominiquecozette

Categories: bouquins

Brèves de trottoir

04/02/2010 un commentaire
employMunicipoW

- Tu crois que DSK ferait un bon président ?
- Qui ça ?
- DSK, tu sais Dominique Trottcame, çui qu’était patron de la plus grosse banque du monde !
- Je vois pas mais un patron de banque, moi je me méfie.
- Parce que il paraît que les Français, ils aimeraient bien qu’il soit président.
- Bah, on en a d’jà un de président !
- Ouais mais c’est pour après. Y disent qu’à gauche, ça serait mieux que Hollande…
- Hollande, il est français ce mec ?
- Ben ouais, c’est le mari de Martine Aubry
- Et à droite, y zont qui ?
- Eh ben, Dominique de Vipin, François Fion et Nicolas Sarkosky.
- Nicolas Sarkosky, c’est marrant ce nom, ça me dit quelque chose !
- Idiot, c’est le président actuel.
- Ah…
- Alors ?
- Alors quoi ?
- T’en penses quoi de Dominique Trottcam ?
- Il a un nom pas très catholique. T’es sûr qu’il est français, ce mec là ?
- Bof, tu sais, ce que j’en dis !
- Y a quoi à la cantine aujourd’hui ?
- Des petits poissons carrés avec des blettes
- Ah oui, c’est vendredi ! Au fait, tu viens voir le Kurosawa, ce soir, avec Thierry ?
- Je viendrai seul, il l’a déjà vu. On aura qu’à le rejoindre au backroom après, non ?
- Ouais, ça me détendra…

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: politic

Pas concernée du tout, et alors ?

03/02/2010 un commentaire

Les contraintes peuvent se  resserrer, les obligations se faire plus pressantes et le principe de précaution plus inquiétant, je m’en contrefous. Je n’ai pas d’avis sur la burqa, ni sur les « affaires », Clearstream, Polanski, Frêche… Je ne me suis pas mise à la TNT, ni ruée aux soldes, je ne me suis pas fait vacciner,  je n’ai pas de préservatif sur moi, je n’ai pas prévenu qu’un bagage était abandonné, je n’ai rien donné pour Haïti, je n’ai pas suivi le débat du président, je n’ai pas appuyé sur la touche étoile, je n’ai pas travaillé plus, ni le dimanche, je n’ai pas fait de mammographie, je ne ferai pas de coloscopie, j’ai zappé le dentiste, je n’ai pas tenu la rampe ni mon chien en laisse, je n’ai pas ramassé sa crotte,  je n’ai pas acheté une nouvelle voiture avec la prime à la casse, je n’ai pas participé au débat sur l’identité nationale ni prouvé que mes parents étaient français, je n’ai pas vu Avatar, je ne vais jamais sur Facebook ou Twitter, je ne lis pas les blogs,  je ne me suis pas fait lifter ni remonter les seins, je n’ai pas  de cashemere, je ne dis pas « en surpoids » au lieu de « gros » ni « de couleur » au lieu de « noir », je ne boycotte pas le thon rouge, je n’ai pas vu Dr House ni 24h chrono, la mort de Michael Jackson m’indiffère, je n’ai pas consommé utile, ni inutile d’ailleurs, ni bio, je n’ai pas acheté ni offert de sex-toy, je n’ai pas l’intention de mourir bientôt, ni de voter, ni d’acheter l’ipad,  je bois même si je conduis, je n’attache pas ma ceinture, je fume partout où je veux, je fais du 200 sur l’autoroute, je me fous de la fonte des glaces et de la pollution… A vrai dire,  j’emmerde le futur ! Car on est au milieu des 60′s,  j’ai eu le bac, le permis, mon premier amant  et  je ne sais même pas ce que veut dire filière en langage étudiant. Alors l’avenir !!!

texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Couchée, sultane !

02/02/2010 Comments off

Tous les jours se faire la plus belle, passer des heures à s’émollier dans le bain chaud, à s’extraire les sucs impurs, à étriller sa surface, à y faire circuler la vie, à extraire les pilosités dans les moindres recoins, à oindre la masse capillaire, la faire reluire aux huiles parfumées, idem pour les ongles qui se doivent d’être rigides et épais, nacrés et parfaitement ovalés, puis ensuite le maquillage, les pigments, les khôls, les onguents, les préparations karitéennes, des heures tous les jours pour se faire la plus belle dans ce palais mirifique aux trente femmes. Et encore des heures à s’assortir au temps, aux lumières, aux états d’âme par des étoffes somptueuses, soyeuses, mouvantes, crisseuses ou voileuses afin d’apparaître comme la plus belle des belles lorsque le sultan vient y choisir son plaisir du soir et de la nuit.
Eh bien, sans moi. Et puis quoi ? Il n’a qu’à me prendre comme je suis. Et de toute façon, je n’aime pas qu’il me prenne, je n’aime pas ses bras grassouillets, son corps rebondi, son torse moelleux et glabre, quasi eunuquéen. Je n’aime pas qu’il prenne son plaisir sans me donner le mien avec son petit sexe impatient et ses grognements puérils. Moins je le vois et mieux je me porte. Si je m’ennuie ? L’ennui n’existe pas dans une tête de femme. Une femme, c’est comme un chien ou une chatte, ça accompagne le temps qui coule, ça pépie joyeusement ou ça somnole passivement à l’endroit où elle s’est posée en attendant la suite des événements.

Texte  et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Kennedy-le-bon-fusil

01/02/2010 un commentaire

« John Kennedy possédait un rapport étrange à son corps. Ce type ne tenait jamais plus de deux minutes au lit, le type même de l’éjaculateur précoce. Je ne le surnomme d’ailleurs pas « Deux-minutes-Jack » pour des prunes. Avec son minuscule engin, un tout petit bout ridicule, Kennedy ne risquait pas de faire du mal à qui que soit. mais il a quand même couché avec toutes les stars hollywoodiennes possibles. Mes informations sont très fiables, je les tiens d’un détective privé qui avait placé des micros dans la maison de l’acteur Peter Lawford, où Kennedy avait pas mal batifolé. Il ne prenait pas les femmes au sérieux. Il recherchait le pouvoir et tout ce qui allait avec. Il fumait beaucoup de marijuana, se bourrait d’amphétamines ».

James Ellroy balance ça dans son dernier bouquin. Bon, avec les micros en place, on peut effectivement savoir combien de temps dure une relation sexuelle. A la décharge du Président, si je puis dire, c’était un homme très occupé qui devait satisfaire beaucoup de femmes chaque jour, il avait donc choisi la stratégie du lion : baiser vite pour baiser plus. Quant à la taille de son engin, on peut quand même se demander quels sont les indices qui ont permis à l’écrivain de faire ces déductions. La jalousie  parce qu’il a eu plus de stars planétaires que lui ? Allez James, dis-nous tout !

Texte © James Ellroy & Dominiquecozette. Dessin © dominiquecozette

Categories: people