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Archives pour 01/2010

Une place à l’ombre pour Pierre Mérot

13/01/2010 Comments off

« La tour où travaille l’oncle est entièrement composée de bureaux. Elle porte un joli nom : elle s’appelle Siamoise 1. Elle a une soeur juste à côté : Siamoise 2. Il y a une cantine surpeuplée dans un sous-sol. Les néons sont violents. Les cadres ont des sourires artificiels. … Les parkings des Siamoises sont surchargés. L’oncle découvre enfin une place vide. C’est un rectangle dans un sous-sol lugubre. Il l’adopte pendant quelques jours. On lui met des mots sur son pare-brise. Comme il croit que c’est de la publicité, il ne les lit pas. On insiste. le troisième mot est menaçant : »cessez ce petit jeu avec moi ou vous allez voir ! » Soudain, on braque des phares sur lui. Un homme sort d’une voiture. Il a visiblement guetté pendant des heures. Il est nerveux et inquiet. C’est un cadre anodin, un père de famille. On lui a pris son emplacement. Depuis une semaine, il dort très mal. Il ne fait plus l’amour. Le triangle de sa femme est devenu un rectangle angoissant. Le clitoris klaxonne. Les grandes lèvres clignotent. Il a peut-être un fusil dans son coffre. L’oncle présente beaucoup d’excuses. L’oncle a vraiment l’air sincère. l’oncle ignorait les lois siamoises. Cela ne se reproduira pas ! L’homme est rassuré mais déçu. Il rêvait de western d’entreprise, de poursuite en bagnole. Il aurait terrassé l’oncle, reconquis le rectangle, et fêté la victoire dans sa femme géométrique. »

Texte Pierre Mérot (Mammifères, 2003).
Dessin © dominiquecozette

Categories: bouquins

He says yeh yeh*, je dis han han

12/01/2010 2 commentaires

Figurez-vous que ce bon vieux passé très passé rejaillit encore puisque Ace Records prépare une compil avec des chanteuses des années soixante. Yéyé donc. Malgré le caractère confidentiel de ma carrière discographique, j’aurai l’honneur d’en être avec ma  grande création « les cheveux dans les yeux » qui raconte les mésaventures d’une jeune fille dans le vent causées par la mèche qu’on a tous eue un jour dans les yeux, au grand dam des grands-parents et des bien-pensants de tout poil. Le refrain, que j’avais longtemps porté en moi et écrit avec les tripes (comme j’aime à le formuler) disait et dit toujours (car les disques gravés restent, contrairement aux fichiers MP3)
« J’ai les cheveux dans les yeux han han dans les yeux
j’ai les cheveux dans les yeux han han dans les yeux ! »
A la réflexion, je me demande si Beigbeder ne m’aurait pas pompée avec sa pub « j’ai dit dans les yeux… ». Pour les seins, je sais que non, c’est plutôt Jane qui m’aurait piratée.
Tout ça pour vous informer qu’il existe un site des yéyé girls d’Europe qui s’appelle Ready Steady Girls, sur lequel on est toutes, au fur et à mesure de l’avancement des infos, et sur lequel on peut écouter nos complaintes. Très marrant. Suffit de cliquer here and there (c’est anglais).

* « I say yeh yeh » est une chanson de Georgie Fame (66) qui raconte son histoire d’amour avec sa baby lorsqu’ils se retrouvent chez lui à écouter des chansons, baisser la lumière et faire des choses que personne ne peut voir, si si, ils le font insiste-t-il, et lorsqu’elle lui demande si tout est OK, il répond : « je dis yeh yeh, c’est ce que je dis, je dis yeh yeh ». Ça passe moins bien en français.

Texte © dominiquecozette. Photo © Vogue

Categories: kultur

Pétassette

11/01/2010 Comments off

Ces jolies petites jambes perchées sur des talons appartiennent à une coquette également folle des sacs de luxe qu’elle tient avec art dans ses jolies petites mains.
- Alors comme ça, ça lui fait quel âge, à votre petite fille, monsieur et madame Tom Cruise ?
- Eh bien, elle va sur ses quatre ans !
- Et elle a l’air d’y aller gaillardement avec ses escarpins taille 27, elle s’en tire bien, dites-moi !
- Oh, vous pensez bien qu’elle a un coach, notre petite ! Vous savez, chez les Cruise, la valeur n’a jamais attendu la nombre des années.
Les parents de la petite pute en herbe lui  font alors soulever ses vêtements pour me montrer son mini soutien-gorge coquin, son porte jarretelles et son mini string perlés de diams. (Mais pas de photo, hein !) Je leur demande, avec un clin d’oeil de connivence,  à quel âge ils espèrent le voir sniffer sa première ligne, prendre sa première cuite, faire sa première pipe, entamer sa première rehab.
Ça les fait rire.
- Vous savez, je suis quand même un scientologue averti et je pense être le meilleur inculqueur de valeurs au monde. D’ailleurs, votre propre président, qui m’a invité à en discuter l’autre année, pourra en faire foi.
- Mais, les pédophiles, dans tout ça ?
- Eh bien, voyez-vous, si vous réfléchissiez un tant soit peu… (monsieur Cruise fixe un moment l’horizon de ses yeux bleus horizontaux) … ils n’aiment pas les femmes, les pédophiles, voyez-vous,  ma mini-femme ne peut en rien les intéresser.
Leur publiciste, miss Lumpenschnik, entra alors brusquement without shouting station (sans crier gare) et indiqua que l’interview était finie. Les trois Cruise ont fermé leur visage et je suis restée sur ma faim au sujet de la marque des petits talons. Si vous la connaissez, dites-le moi, j’attends une fille pour le printemps et j’aimerais tant lui faire porter ces petites fantaisies, si ça existe en premier âge toutefois.

Voici la photo entière qui prouve que cette petite fille rayonne. *
* Miss Lumpenschnik, chargée de relire mon article avant de l’agréer,  m’informe que la petite Suri est allergique à la rayonne. Ses mini-bas sont en pure soie. Je rectifie donc : Voici la photo entière qui prouve que cette petite fille soie.

Texte © dominiquecozette. Photo : voir service iconographique de Elle.

Categories: people

Une des chansons les plus intelligentes de ces dernières années

10/01/2010 Comments off

La reproduction, d’Arnaud Fleurant-Didier à écouter ici le clip

Il ne m’a pas appris l’anglais,
Il ne m’a pas appris l’allemand,
Ni même le français correctement.
Elle ne m’a pas parlé des livres,
De l’histoire des idées,
Pas de politique à suivre,
Pas de mouvements de pensées.

Elle ne m’a rien montré de pratique,
Ni cuisine, ni couture,
Faire monter une mayonnaise,
Monter une SARL, tenir un intérieur.
Il ne connaissait pas grand chose en mathématiques,
Ni équation de Schrödinger.
Mais pour être honnête,
On avait veillé à que je perfectionne mon revers a deux mains,
Que je fléchisse bien sur mes jambes, mais ça n’est pas resté,
ça n’est pas rentré.
On m’a donné un modèle libérale, démocratique.
On m’a donné un certain dégout,
Disons désintérêt de la religion.
Mais il ne m’a pas dit à quoi servait le piano
Ni le cinéma français qui pourtant le faisait vivre.
Elle ne m’a pas dit comment elle s’était mariée, trompée, séparée,
Ni donné d’autre modèle à suivre.

On ne m’a pas parlé de Marx, rival de Tocqueville,
ni Weber, ennemi de Lukacs,
mais on m’a dit qu’il fallait voter.
Elle ne m’a pas caché l’existence mais a tu celle de
Rousseau, de Proust, de Mort à Crédit.
Ils n’ont fait aucun commentaire sur mai 68,
Ni commentaire sur la société du spectacle,
Mais ils savaient que Balzac était payé à la ligne
Et qu’on pouvait en tirer un certain mépris.

Ils ne connaissaient pas d’histoires de résistance ou de Gestapo
Mais quelques arnaques pour payer moins d’impôts.

Ils se souvenaient en souriant de la carte du PC de leur père
Mais peu de De Gaulle, une blague sur Pétain, rien sur Hitler.

Ils avaient connu le monde sans télévision mais n’en disaient rien.
Ils n’avaient pas voulu que je regarde « Apocalypse Now »
Mais je pouvais lire « Au cœur des Ténèbres »,
je ne l’ai pas lu. On ne m’a pas dit que c’était bien.

On ne m’a pas dit comment faire avec les filles,
Comment faire avec l’argent, comment faire avec les morts.
Il fallait trouver comment vivre avec demi-frères, demi-sœurs, demi mort, demi -compagne, maîtresses et remarié,
Alcoolique, pas français fils de gauche : tu milites, milite,
Fils de droite : hérite, profite.

On ne m’a pas donné de coups,
On m’a sans doute aimé beaucoup.
Il n’y avait pas de chose à faire
À part peut-être polytechnicien.
Il n’y avait pas de chose à ne pas faire,
À part peut-être musicien.

Elle m’a fait sentir que la drogue était trop dangereuse,
Il m’a dit que la cigarette était trop chère,
Elle m’a dit qu’une fois elle avait été amoureuse,
Elle ne m’a pas dit si ça avait été de mon père.

Elle ne m’a pas dit comment faire quand on se sent seul,
Il ne m’a pas dit qu’entre vieux amis, souvent, on s’engueule.
On s’embrouille, que tout se brouille, se complique, qu’il faudrait faire sans.

Elle ne m’a rien dit sur Freud et j’ignore Lacan
Pas de conseils ni de raisons pratiques.
Pas de sagesse de famille, pas d’histoires pour faire dormir les enfants,
Pas d’histoires pour faire rêver les grands.
Il ne soufflait mot de la Nouvelle Vague,
Et de tout ce qu’on voyait avant
Mais parlait du Louvre comme d’un truc intéressant.
On ne disait rien sur Michel Sardou
Mais on devait aimer Julien Clerc 
On m’a parlé d’un concert.
Sinon je ne sais rien des pauvres, 
Je ne sais rien des restes d’aristocrates,
Je ne sais rien des gauchistes, 
Je ne sais rien des nouveaux riches,
On ne parlait pas de cathos, ni de juifs, 
Ni d’arabes.
Il n’y avait pas de chinois.
Elle trouvait que les noirs sentaient 
Elle n’aimait pas les odeurs 
Lui, lui s’en foutait.

Categories: kultur

Le point G n’existerait pas, bah alors ?

08/01/2010 3 commentaires
"Chéri, t'aurais pas vu mon point G ?"

"Chéri, t'aurais pas vu mon point G ?"

Donc, encore du nouveau dans le vagin, ce grand inconnu. Quand j’étais jeune, on nous disait : cherchez votre point G, vous verrez comme vous jouirez bien. Et nous voilà toutes (et beaucoup d’hommes bénévoles aussi) à scruter nos profondeurs d’un doigt alerte. Parfois, on croyait le mettre dessus (le doigt sur le point, voyons), et ce n’était qu’un point d’interrogation. Ne parlons pas des points d’exclamation, on en a partout partout. Pour les musiciennes, des points d’orgue, pour les méticuleuses, des points sur les i et pour les rigolotes, des points sur les zizis. Les malchanceuses, c’était des points dans la gueule pour promesse fallacieuse.
En tout cas, on s’est bien marré(e)s à rechercher cette zone plus ou moins étendue (selon la sensibilité de la dame), et même si on ne la trouvait pas du premier coup, ça donnait lieu à d’agréables explorations/prémisses/attouchements. Ça provoquait d’importants débats. Merci l’inventeur, Herr Gräfenberg, avec un G donc (et non pas monsieur Quimperbourg) !
Et voilà qu’on nous dit, en 2010 année du clitoris, je vous le rappelle,  que le point G n’existe plus ! Alors, on l’aurait perdu ? En deux générations ? Les jeunes n’auraient plus le droit de se tripoter le sexe à la recherche du Point Perdu sans collier ? C’est quoi, cette histoire ? Moi je l’ai toujours, enfin, je crois… euh attendez-voir… je demanderais bien à mon chéri mais il est parti au Point P pour acheter des vis de sept. Bah oui…, au moins, sur ce point, il est sûr de trouver ce qu’il cherche !

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Bonnet blanc et blanc bonnet

07/01/2010 Comments off

On a partagé tant de choses, toutes les deux ! Des études calamiteuses, des vacances ratées, des larmes, des flirts non aboutis, des gâteaux dégueu, des expériences amères et pénibles, des soupes à la grimace, des gifles et des baffes, des culs tournés, des disputes, des crêpages de chignons, des gueules de bois, des pneus crevés, des blues du dimanche soir, des déprimes d’hiver, des noëls sans cadeaux, des nuits d’amour sans joie, des chefs sans pitié, des colocations miteuses…
Et puis aussi des trottoirs sans soleil, des clients sans hygiène, des macs impitoyables, des passages à tabacs épuisants, des passages à vide lénifiants, des hôtels minables, des fins de mois éprouvants, des rêves avortés, des pleurs sans fin, des gardes à vue innommables…
On a partagé tout ce qu’on a eu, tout. Et tu veux pas me prêter ton bonnet de bain ? Alors là,  je te trouve un peu personnelle, je vais te faire dire !

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: fictions

Encore une belle idée avortée !

06/01/2010 Comments off
Abortion #6

Abortion #6

C’est une grande gaillarde costaude et décidée. Elle a trouvé, dès l’âge de 15 ans, un procédé infaillible pour mettre fin à toutes les guerres et tous les conflits armés. Elle y a travaillé jusqu’à ce qu’il soit définitivement au point, pour ses 25 ans. C’était formidable, enfin un monde sans guerres ! Bien sûr, les marchands d’armes ne lui disaient pas merci.
Mais cette belle utopie est tombée à l’eau car le jour où cette grande gaillarde aurait dû être conçue, un mardi après le judo sur le banc du vestiaire filles, la mère de la jeune ovulante se fit renverser par un quad, accident bénin mais suffisant pour consigner la jeune fille à la maison. Son copain pensa qu’elle lui avait posé un lapin et de dépit, forniqua avec une pauvre ceinture jaune nommée Rose-Marie Magrotta et la mit en cloque séance tenante. Il en naquit un bébé qui devint petit chef de rayon (principalement poisson et viande) du Mégamarché de la Région. Et qui se passionnait pour les jeux vidéos les plus violents. Comme quoi…

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: fictions

Petit homme

05/01/2010 Comments off

Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France,
de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé « .

Victor HUGO, dans  » Napoléon, le petit  »
Réédité chez Actes Sud
Dessin © dominiquecozette

(Entendu Besson ce matin, horreur, je l’avais espéré englouti dans un bug New year ! Pouah !

Categories: politic

Fin de partie

04/01/2010 Comments off

Putain ce qu’on a pu se marrer dans cette boîte où je passais mes vacances ! On  buvait du bourbon-coca gratos à volonté, les nanas en mini-jupes aux jolies jambes, et quand on était pafs, on dansait comme des tarées sur une estrade d’où les voyeurs pouvaient voir … pas grand’chose car les strings n’existaient pas et on portait culotte. Parfois, monsieur Eddie Barclay débarquait avec sa clique et il offrait le champ à tout le monde. Nous, il nous ramenait chez lui et nous faisait danser au bord de sa piscine tandis que ses invités connus se poussaient à la baille les uns après les autres et gueulaient parce que leurs montres prenaient l’eau. Y z’avaient pas encore de montres étanches, eux non plus d’ailleurs l’étaient pas, parce qu’on les emmenait souvent aux urgences pour les vider. Y avait Sacha qui prenait sa guitare sur le coup de l’aube et il croonait. Quelques couples faisaient l’amour dans les fleurs et moi je m’endormais de toute façon dans la balancelle. Dès que je fumais un joint, toc, dodo. Voilà.
Aujourd’hui le lieu est devenu une permanence pour des sans foyer, c’est pas la même ambiance. Mais à Noël et au premier de l’an, il y avait des rires qui fusaient et des bouchons de champagne qui pétaient. Y en un qui est sorti tout éméché, de blanc vêtu, je vous jure, on aurait dit Eddie Barclay. Sauf qu’il était avec une vieille. Là, je me suis dit : non, c’est pas lui !

Texte et photo © dominiquecozette

Categories: fictions

Vive la galette !

03/01/2010 Comments off

C’est tout bête, mais les hommes sont bêtes. Ils étaient une petite bande de potes, tranquille, et y en a un qui dit : Tiens, si on tirait les reines ? Et ils ont commencé à broder autour de ce thème récurrent de l’épiphanie et ils en sont venus à se demander si untel ne tirerait pas la reine d’untel et coetera. Et des choses ont fusé du genre ça me ferait mal aux c… de la tirer , c’est un thon. Ou au contraire, tu parles ! Y a longtemps que tout le monde la tire, ta reine ! Vous voyez l’ambiance. Alors ils ont commencé à se foutre dessus grave et ça a dégénéré en baston et puis toute la bande élargie s’y est mise, les quartiers, tout ça, ça a sorti des lames, des feux et puis y a une balle qu’ a été tirée. Et puis Y a Momo qu’est tombé. Momo qui passait par là pour aller acheter une petite galette à sa mère et à ses soeurs. Et tous ces cons se sont barrés. Y en a un qui a même dit : c’est Momo qui a eu la fêve. Mais ça a fait rire personne. Voilà cette triste histoire.

Texte et dessin © dominiquecozette (d’après une sculpture au Musée d’Orsay).

Categories: caustic

Merci qui ?

01/01/2010 Comments off

Faisons tous comme Philippe Katerine en cette saison d’agapes, remercions chacun des animaux sacrifiés à notre gourmandise.

Poulet N°728 120
Poulet de Vendée
Elevé en plein air
89 jours et 90 nuits

Parmi 380 autres poulets
Alimenté avec 75% de céréales
Le 3 décembre 1998
A l’abattoir de St Fuljean
Electroculté, Vidé, déplumé, lavé, conditionné, labellisé le poulet

Le 11 décembre 1998
je l’ai acheté 52 francs 55
Chez le boucher chauve,
Rue de la bastille.
Je l’ai mangé chaud le midi,
Froid le soir, avec une bouteille de vin rouge.
Je l’ai adoré le poulet

Poulet N°728120
Je t’aime, je pense à toi.

Chanson © Philippe Katerine / dessin © dominiquecozette

Categories: kultur