La canette
Julien, 35 ans, est blessé. Je parle de son amour-propre. Sa compagne, Elodie, lui a encore fichu une raclée à cause d’une canette de Coca vide qu’il avait laissé traîner sur la table. Dès leur première rencontre, elle avait été claire : jamais de Coca à la maison, ni au café, ni ailleurs. D’abord, parce que ça énerve et des mecs énervés, Elodie en a jusque là. Ensuite parce que le Coca, ça pourrit les dents, et voir son avenir avec un mec à bouche naze, non merci. Et puis parce que c’est participer à l’enrichissement de multinationales gérées par des gros porcs qui méprisent les gens comme nous, et ça, Elodie n’en veut plus. Elodie, de temps en temps, elle pique un coup de sang et poum, ça part ! Tu bois trop de minervois, lui reproche parfois Julien. Mais bon, il n’avait qu’à pas s’installer chez une vigneronne de père en fils depuis 1756 d’un mètre quatre-vingt deux et quatre-vingt dix-huit kilos. Non, elle n’a pas de moustache, ne soyez pas mauvaise langue non plus.
Texte et dessin © dominiquecozette
