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Archives pour 08/2009

Aïe aïe aïe Ballard !

31/08/2009 Comments off
Chez Leroy Merlin

Chez Leroy Merlin

« Nous vivons dans une dictature soft. Notre liberté est une illusion. Dieu est  mort. Nous n’avons plus de grande guerre européenne. La démocratie est devenue une plaisanterie. Les politiciens sont des techniciens corrompus qui gouvernent nos pays comme s’ils manageaient une grande entreprise. La seule chose qui nous reste : le consumérisme. Le danger serait de nous en lasser, car au-delà du consumérisme, il ne nous reste plus rien ! »

J.G. BALLARD. Millenium people

Photo © dominiquecozette

Categories: bouquins

Motivée !

31/08/2009 Comments off
Mes sentiments les plus nets

Mes sentiments les plus nets

Messieurs-dames,
j’ai le grand honneur de vous proposer ma candidature au poste de technicienne de surface privée. Etre embauchée chez vous répond à deux critères prépondérants : premièrement le confort d’un emploi très spécialisé qui requiert une expérience forgée sur dix ans, deuxièmement, le trajet lieu de vie-lieu de travail sans correspondance, ce qui, comme vous ne l’ignorez pas, garde intacte l’énergie que je déploierai à vous servir. Travailler dans votre unité offre une vision attrayante et moderne de ma profession, n’ayant pas eu jusqu’à ce jour, l’occasion de côtoyer l’intimité des politiques. Ma motivation première est de faciliter la vie de personnalités qui, comme vous, ont de la France une très haute idée. Je suis emballée par vos penchants sécuritaires, ce qui tend à prouver que je serai d’une honnêteté maladive. J’ai, bien entendu, quelques desiderata afin de mener à bien mes tâches : je ne fais pas la poussière à laquelle je suis allergique mais j’ai un mastère de brillance P.I.C.E.L (porcelaine, inox, cuivre, évier, lavabo) et j’ai obtenu le Golden Iron (Fer d’Or) en 2006 à Juvisy.
Vous remerciant de la confiance que vous voudrez bien m’accorder, je vous prie de croire, Messieurs-dames, à l’expression de mes sentiments les plus nets. Isadora Duteil.
PS : Etant d’une discrétion totale, je sais recevoir les représentants de la presse pipole comme il se doit, c’est à dire, si vous me permettez, à grands coups de pieds au cul. Néanmoins, je peux laisser filtrer toute information que vous jugerez utile : en ce cas, voyez mon agent.
Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Idée de roman.

31/08/2009 Comments off
Vaine écrivaine

Vaine écrivaine

Amandine est écrivaine. Plus vaine qu’écri car elle a beau avoir une plume, comme on dit, elle est incapable de mener une histoire à sa fin. Dès le matin, pourtant, dès que son amant est parti voir les putes (c’est son business, mais de luxe), elle s’installe à une des tables de travail dans l’hôtel particulier qu’il possède aux Invalides. Elle passe déjà beaucoup de temps à choisir sa tenue d’intérieur, elle en possède des centaines. Puis elle doit briefer la cuisinière pour le dîner du soir selon que son mac reçoit des collègues, de la flicaille, des « Bovo » ou des tarifs 250. Il est déjà l’heure de prendre son thé chez Angelina où elle rencontre ses vieilles « grues » de copines puis de faire un tour chez Smith. Enfin, vers les 19 heures, elle ferme son ordi  non sans avoir jeté une idée de roman qu’elle aura eue en traversant la Seine. Idée du jour : Une nuit, LA bombe explose. Plus rien. Plus tard, Dieu nous cherche, ne nous trouve pas et demande à la ronde : Qui m’a piqué mon monde ? Ouais, bof
Texte et dessin © dominiquecozette.

Categories: fictions

Islandaise 13 en colère

30/08/2009 Comments off
Allez Louilla !

Allez Louilla !

…Comment a t-on pu à ce point négliger la nature pour se laisser embobiner par la Bible ou le Coran ? Comment a t-on pu accepter docilement ce calendrier ridicule de douze mois, avec des mois dont on ne sait même pas s’ils ont 28, 29, 30 ou 31 jours ? Le corps, lui, sait qu’il y a treize mois : les femmes saignent 13 fois par an, il y a treize pleines lunes. Mais le christianisme ne tolère pas le 13. ..en supprimant ce nombre, il s’est imaginé plus fort que la nature. Les gratte-ciel à New York n’ont pas de treizième étage : ça en dit long sur l’influence de la religion sur ce pays !

©Björk dans les Inrocks du 27/3/07
Photo © dominiquecozette

Categories: du vrai

Au programme philo

30/08/2009 Comments off
Une femme très heureuse

Une femme très heureuse

« J’ai souvent envié les femmes parce qu’elles font du tricot ou de la broderie. Leurs yeux suivent quelque chose de réel : cela fait que les images du passé et de l’avenir n’apparaissent vivement que par éclairs ».

©Alain *. Propos sur le bonheur
photo © dominiquecozette

* Il ne s’agit ni d’Alain Bashung,  Chamfort, Juppé, Resnais, Manoukian, Souchon, Delon, Gillot-Pétré, Jêrome, Peyrefitte, Tanner, Robe-Grillet, Jacquet, Minc, Prost, Krivine, Afflelou, Mikli, Corneau, Ducasse, Ayache, Fournier ou Finkielkraut. Ni d’un copain comme cochon ni de mon premier flirt qui s’appelait  Jean-Pierre mais se faisait appeler Didi. Il s’agit d’Emile-Auguste Chartier (1868 1951) dit Alain (pourquoi pas Mimile ou Gugusse ?) qui avait une bien belle idée du fonctionnement du cerveau féminin. En même temps, il ne savait pas tricoter.

Categories: kultur

L’artiste du post-it

30/08/2009 Comments off
aujourd'hui, le nez

aujourd'hui, le nez

Pietro est un post-it artist. Posture artistique s’il en est mais rien ne viendra altérer sa soif d’unité de format et de support, le vilain petit post-it jaune, par ailleurs bien pratique pour penser bête. Pietro a commencé en gribouillant des fantômes pointus tandis que des clients calamiteux lui donnaient des cotes de tubes, des dimensions de tuyaux et des diamètres de conduits. Quand il a été débarqué pour fautes professionnelles graves (au plus que pluriel), il nous a dit « m’en fous, mon art m’attend ». Sans jeu de mot. Nous lui avons offert des palettes de carnets de post-it jaunes volées aux fournitures. Le mois suivant, il fit son vernissage. Les murs de son appart était entièrement tapissés de son travail intitulé gribouill’it. A dix euros l’exemplaire, il en vendit quatre. Ce qui l’encouragea. Il demanda à post-it de parrainer sa prochaine exhibition. Le scélérat qu’il eut en ligne le lui promit à condition qu’il fasse des « femmes à poil car y a qu’ça qui s’ vend ». Depuis Pietro dessine la femme qu’il aime, petit bout par petit bout, espérant finir l’ensemble avant que chaque post-it ne se dessèche.

texte et dessin : dominiquecozette

Categories: fictions

caca rente

30/08/2009 Comments off
My sister is richophile

My sister is richophile

Quand j’étais petit, j’entendais parler du Cac 40 à longueur de temps parce que ma grande soeur ne fréquentait que des bourse-écouteurs, des experts financiers et fiscalistes, des investments advisors, des banquiers, des gestionnaires de patrimoines, des traders. Plus quelques moniteurs de ski de Courch. Donc Cac 40 par-ci, Cac 40 par-là, et moi je trouvais que c’était assez sale, leurs affaires car j’entendais caca-rente. En grandissant, j’ai ajusté : allons-y pour CAC 40. Et puis aujourd’hui où je ne suis pas très grand malgré mes 25 balais, je suis revenu à ma version enfantine des sales affaires des amants de ma soeur : caca-rente, c’est bien ce qu’il fallait entendre, c’est bien ce que j’ouis.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Il en a !

25/08/2009 Comments off
Grâce et civilité

Grâce et civilité

Il en a. C’est ce qu’on dit de lui. Sans se vanter, il n’approuve pas cette définition. Le mec qui en a. Non. Le sale boulot pour lequel il a été appelé, il le fait, certes, mais avec grâce et civilité. Les plans sociaux, les bras de fer, les chantages  sont devenus son quotidien. Les insultes pleuvent sur lui mais il n’en a cure. Il pense à autre chose, à celle qui aura droit ce soir à un petit tour dans sa Cayenne. Il verrait bien une petite Asiatique pour changer de ses Russes imposantes. Il ne méprise aucun de ses adversaires,  tout bonnement parce qu’il ne les comprend pas, êtres enchaînés à leur petit poste comme si le monde ne se réduisait qu’à ça. Pourquoi tant de hargne ou d’opiniâtreté à défendre cette pauvre chose sans avenir, sans intérêt ? Que ne vont-ils vers des projets plus lucratifs, plus fun, plus grandioses ? Cette propension qu’ont les obscurs à ne voir le monde que par le petit bout de la lorgnette le fascine. C’est donc avec une extrême sollicitude qu’il supprime ce qu’ils appellent crânement leur outil de travail. Dans son for, il leur ouvre simplement la cage, leur souhaitant de prendre leur essor vers le vaste champ de tous leurs possibles. Alors oui, s’il en a, c’est de l’humanité plutôt.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: caustic

Femme de droite

25/08/2009 Comments off

Killian comptant les pour.

Killian se pose encore la question : est-ce bien raisonnable d’épouser une femme de droite ? C’est le seul point noir de leur histoire. A part ça, tout colle. Il recompte les pour : elle est bandante, elle est célèbre, elle a des grands enfants déjà tout faits, elle a une grosse voiture de fonction, elle est souvent absente et quand elle est absente, il peut en être sûr car il la voit à la télé, elle n’est pas pot-de-colle comme certaines, elle vieillit bien (elle a déjà entamé le processus), elle ne l’oblige pas à trouver un métier plus sérieux et/ou plus prenant (il est coach-image d’une jeune chanteuse française qui passe cette semaine au Divan du Monde). C’est son côté Matignon qu’il a du mal à avaler, cette manie de vouloir mettre en place une commission ou une cellule de crise  lorsqu’il y a un bug entre eux.

Texte et dessin © dominiquecozette

Categories: fictions

La Marie-Vison

25/08/2009 Comments off
Piège à cons et à mites

Piège à cons et à mites

Elle en a fait des conneries, elle en a roulé dans la farine, des pauvres types qu’elle embrouillait, comme ça, pour la thune. Elle portait toujours ce putain de manteau, un vrai piège à cons et à mites. Et quand elle en tenait une sérieuse, elle te racontait comment les mecs la kiffaient, dans le temps, comment ils la trouvaient bonne. Un jour, elle a pété un câble et m’a déballé sa story : C’est pour se payer ce manteau qu’elle a fait la teupu, c’était bizness facile avec tous ces glandus pourraves qui bavaient en la matant. Mais pour ce qui est de l’amour, balpeau. Nib. C’est foutu maintenant. Grosse déprime.  “Alors oublie pas”, qu’elle m’a dit : “l’amour y a que ça de vrai, putain, c’est du lourd. Tout le reste, c’est de la mierda en badigeon !”. Je l’ai regardée l’oeil en coin. Sous ses dehors vaguement tapés, elle était encore bien gaulée. Mais son putain de manteau, y puait trop le désespoir, et le désespoir, c’est pas ma came.

© texte et dessin dominiquecozette
D’après la chanson de Roger Varnay (musique M. Heyral. 1954)

Categories: kultur