Les Fessebouqueries #379

21/10/2017 Aucun commentaire

Balance ton porc, OK mais balance ton pied quelque part c’est pas mal non plus pour l’empêcher de te nuire. Donc les têtes (de nœud) tombent, le « name dropping » bat son plein, et pendant ce temps, y en a qui meurent comme l’ISF ce qui réjouit certains, y en a qui partent après cent ans d’une vie hyper bien remplie et partagée et puis et puis je ne sais pas bien, j’ai pas trop suivi l’actu cette semaine. Allez, c’est le départ en vacances. Gaffe en téléphonant : Essayez de ne pas écraser de piétons, 400 morts par an, quand même !

 

- IZ : Balance ton porc, c’est lutter contre l’homme Herta.
- NA : A suivre, le récit bouleversant de Jean-François Copé qui raconte son agression par une chocolatine.
- CV : trouve que Macron, quoi qu’on en pense, tient quand même une partie de ses engagements.
 Il l’avait dit : « Ni de gauche », et il le prouve vachement bien, non ?
- JS : Les mecs qui s’offusquent de #balanceTonPorc, ce n’est pas les hommes qu’il vise, juste les porcs. Si tu te sens visé pose toi des questions
- EM : Je rappelle à TF1 que la pub pour Macron doit être coupée toutes les 6 minutes par quelques secondes de journalisme.
- NP : Si Darwin avait lu #BalanceTonPorc je pense qu’il aurait sorti l’homme des espèces capables d’évoluer.
- RJ : L’amitié homme-femme c’est quand même plus facile quand tu es moche.
- NA : Anne Hidalgo annonce que les toilettes de la Mairie de Paris seront éteintes en hommage à la Somalie.
- GB : « Le parti socialiste se prépare à un plan social massif ».  Loi El Khomri 1er bilan
- AB : #BalanceTaTruie,  J’suis ni cafteur ni chochotte mais un jour Mme Boutin m’a fait des avances que je ne répéterai pas ici
- JS : Je suis pour que Wauquiez soit élu à la présidence de LR. On n’a pas tellement l’occasion de se marrer en ce moment.
- DC : Moi, ce qui me dérange, c’est que les cochons, les vrais, n’ont pas mérité d’être comparés à des ordures !
- JPT : On est toujours le porc d’autruie.
- JB : Pourquoi les hackers s’emmerdent à chercher des failles dans un protocole wifi alors qu’il suffit d’ouvrir Facebook pour tout connaître de la vie des gens ?
- JFR : Quand on regarde en haut pour voir le premier de cordée, qu’aperçoit on en premier? Cette question est sans fondement…
- KA :  Il faut violer des femmes maintenant pour faire la couverture du TIME ? Ou avoir tué une actrice pour faire celle des INROCKS ? Drôle d’époque !
- NP : Aujourd’hui c’est la journée mondiale du don d’organes. Bonne fête donc à tous les cyclistes parisiens qui écrivent des textos en pédalant.
- LC : Pour Carla Bruni, le harcèlement n’existe pas dans la mode. Demain, on apprendra que l’anorexie des mannequins est une illusion d’optique.
- NA : C’est la journée mondiale du refus de la misère. Quand je pense qu’il suffit de la refuser, ces connards de pauvres n’ont plus d’excuses.
- AB : Selon Carla Bruni, il n’y a pas de harcèlement dans la mode. Nadine Morano confirme : « Personne ne m’ennuie quand je défile chez Lidl. »
- HC : Bruno Le Maire : « Nous allons rendre 400 millions d’€ aux 1000 premiers contributeurs à l’ISF ». Soit 400 000€/personne rendus aux + riches.
- TV : 400 millions, c’est exactement… 5 euros par bénéficiaire de l’APL sur un an : voilà donc où ils vont partir
- RB : Depuis que ma mère est sur whatsapp j’ai l’impression que mon smartphone s’est transformé en vibromassseur 24h/24.
- AM : On ne peut pas reprocher à un flic d’emprunter un peu de drogue pour une soirée alors que les cheminots ont le train gratis toute l’année.
- JMB : Tous les 6 mois j’ai l’impression qu’internet découvre que Zemmour est un connard malfaisant.
- ACD : Si ça se trouve, grâce à la pétition, Danielle Darrieux est juste partie chercher Jean Rochefort pour le ramener.
- GB : La légende raconte qu’un téléspectateur a réussi la performance d’enchaîner Le Pen-Finkielkraut sans l’intervention d’une cellule psy

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Au Rapport, Denis !

14/10/2017 Aucun commentaire

Les rapports humains est le titre du dernier livre, un « roman », écrit par Denis Robert. Je mets roman entre guillemets car il ne s’agit pas d’un roman au sens classique. Il s’agit d’un récit fait de phrases, de notes si on veut, de réflexions sur ce qu’il vit, ce qu’il pense, ce qu’il refuse, ce qu’il aime, ce qui le rend triste, ce qui le met en colère, ce qui l’attire, ce qui le fait rêver, ce qui le fait boire, ce qui le fait courir, ce qui le fait braire, ce qui l’émeut, ce qui l’use, ce qui le motive. Ce qui le fait écrire. Récupéré sur facebook, le post qui raconte comment est né ce livre :
« J’étais emmerdé parce que je n’avais pas été à la hauteur (de sa promesse d’écrire). J’avais passé mon été empêtré dans des problèmes de tondeuse à gazon en panne, de locations en Bretagne, de mère à l’hosto, d’enquêtes à finir, de fric qui ne rentrait pas, d’engueulades avec ma femme, de prises de tête avec mon fils, de sollicitations diverses et variées, de désengagement politique, de rapports humains, de fin du monde. Pas une ligne, donc. Et un peu de culpabilité à n’avoir pas su choisir entre l’écriture et la vie. Je lui ai donc envoyé (à son éditeur) un sms plein d’humour (car je suis un mec très drôle) pour lui raconter mon existence palpitante. SMS qui se terminait par ces mots : « Les rapports humains ». Je voulais signifier par cette chute que les rapports humains m’empêchaient d’écrire car ils occupaient mon temps et me pompaient une énergie de dingue. Bernard (l’éditeur), en adepte de Carver (Raymond, le minimaliste) a dû me répondre une phrase du genre : « Tu le tiens ». Et c’est parti. Sur les chapeaux de roue. Ce SMS allait sauver mon âme et mon été finissant. SMS. Save My Soul. D’août 2016 à avril 2017 (en plus de tout le reste) je n’ai fait qu’écrire jour et nuit, m’arrêtant le dimanche à 19h27 pour boire une bière fraîche à l’ombre du catalpa pour réattaquer le lundi à l’aube au saut du lit. J’ai suivi une horloge interne très particulière, mu par cette idée simplissime : « si je m’emmerde, le lecteur va roupiller ». Et ce projet politique d’une portée universelle : sortir du brouillard. »
Denis Robert entretient des rapports très affectifs avec ses éditeurs. Au début, c’était Jean-Marc Roberts, celui que tous ses écrivain(e)s n’ont cessé de pleurer quand le cancer le leur a arraché, puis maintenant, c’est Bernard (Barrault).
Donc voici un livre très original, comme écrit d’une traite, sans chapitres, avec un blanc entre chaque phrase, et quelques paragraphes. Il s’y étale, s’y rétame, se cherche et moi je me demande si ce qu’il raconte est véridique car il y parle de choses intimes comme de sa femme qui n’en peut plus et le quitte, la maîtresse qui lui colle aux basques, les tentations diverses. Il ne se gêne pas non plus pour cracher sur certaines institutions, des journalistes, des politiques… C’est cash. Il consacre un passage (un peu long pour moi) à la finance, son fond de commerce, et particulièrement au VIX, indice de volatilité des marchés financiers, ça ne m’a pas trop interpellée. Contrairement à d’autres de ses préoccupations comme l’intelligence artificielle ou les robots, plus abordables. Parfois, il va se servir un verre et, chaque fois, il termine la bouteille. Il picole sec. Alors il va courir pour éliminer. Et puis il raconte son pote Pacôme à tête d’Arabe — il l’est à demi — qui provoque inévitablement des contrôles policiers et maintes fouilles de voiture sur leurs trajets. Il parle aussi beaucoup de son fils, le petit dernier, et de foot dont ils sont fans. Impossible d’énumérer les sujets abordés dans ce livre mais si vous aimez le personnage, vous apprécierez. Sinon, je ne sais pas, c’est expérimental, nouveau, intéressant de toute façon. A voir.

Sur ce lien, Denis Robert parle de son livre.

Les rapports humains de Denis Robert, 2017 aux éditions Julliard. 278 pages, 19 €.

Texte © dominique Cozette

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Les Fessebouqueries #378

14/10/2017 Aucun commentaire

Cette semaine, Rochefort s’est envolé au paradis où il s’est entretenu avec Hugh Hefner, mort de rire par les turlupitudes de Harvey « petit-bras » Weinstein, puis il a bu un drink avec Marie Trintignant qui se demandait encore ce qu’elle avait pu trouver à ce chanteur-cogneur alors que, tout en bas sur notre petite terre, les espagnols étaient toujours aussi gnols, que un-éléphant-ça-Trump continuait ses trumpitudes et que Ferrand se remacronisait après être passé par le pressing de la rue de la justice.
- CV vient de réaliser que les Demoiselles de Rochefort étaient les filles du Mari de la coiffeuse.
- CB : Être centriste aujourd’hui, c’est quand même se retrouver entre Alexis Corbière et Laurent Wauquiez. Et pour ça il faut du courage.
- BS : Une semaine qui commence par le décès de Jean Rochefort et qui se termine par un vendredi 13… Restons sur nos gardes quand même.
- RP : Prochaines sorties de films : « Tulip forever », avec Alicia Vikander, produit par Harvey Weinstein, sera rebaptisé « Tu niques forever »
- GA : Cantat :  je rappelle à ceux qui disent que c’est un artiste malgré tout, que Hitler était un bon peintre. A quand une expo au Louvre ??
- CC : je n’achète plus de pringles goût onion and cheese, la dernière fois que j’en ai mangé, deux minutes après j’avais l’impression d’avoir christine angot dans l’estomac
- MK : Le feu d’artifice de Greenpeace : « Inactifs aujourd’hui, radioactifs demain ! »
- TG : C’est fou, c’est que pour les artistes qu’on pardonne aussi facilement. C’est rare de voir quelqu’un dire : oui il a battu sa femme à mort, il a fait 4 ans  de prison, mais ce boulanger fait un pain extraordinaire.
- DC : Coucou ! Je suis le meurtrier de votre mère et je sors un disque ! Et je fais la une des Inrocks pour qu’on le sache !
- JM : N’empêche que c’est triste, Jean Rochefort c’était le mec qui te faisait penser que vieillir c’est pas si grave…
- EM : Et voilà, tu prononces le mot « bordel » et immédiatement t’as DSK qui revient.
- AW : J’sais pas à quoi s’attendait Cantat en revenant dans les médias alors qu’on a toujours pas pardonné à Ginola son centre contre la Bulgarie en 93.
- CC : dans toutes ces affaires où il faut séparer « l’homme de l’artiste », je propose aussi, tant qu’on y est, de « séparer le journaliste de la pute à clics »
- PR : Donc un mec qui est un salaud, une fois qu’il a purgé sa peine, il ne l’est plus ? Je ne le crois pas.
- EM : — Bonjour, vous avez des compétences ? — Aucune, et en plus je suis con. — Ok, ce poste de Président des Etats-Unis est à vous !
- NP : C’est un homme qui a tué une femme à coups de poing et qui fait une chanson pour dire que le Brexit, c’est mal
- OV : Déclarer son indépendance pour la suspendre aussitôt… En fait la Catalogne c’est juste une ado de 14 ans qui t’annonce qu’elle quitte définitivement la maison et revient 30 minutes plus tard.
- OM : Vu la qualité de jeu des acteurs qui « découvrent stupéfaits » les agissements de Weinstein, ça va être chaud de décerner l’Oscar cette année.
- LC : Sur Twitter, les fans de Mélenchon sont agressifs dès que tu penses pas comme eux. Et les fans d’Hanouna sont agressifs dès que tu penses.
- GR : Bref c’est la faute des filles qui veulent être actrices si un producteur célèbre les forcent à lui faire une pipe.
- JT : Dégoûté par ce qu’Hollywood a laissé faire à ce salaud d’Harvey Weinstein, plus jamais j’achète leurs chewing-gums.
- ACD : Si ça se trouve, Harvey Weinstein, il roule en DSKatre.
- LO : Ayant reçu la facture orthodontie de ma fille, je vends un joli bracelet en or, un jukebox collector, mon appart et ma mère. RT Appréciés.
- NA : DSK scandalisé et écoeuré de ne pas avoir été invité dans les soirées partouzes de Weinstein.
- AB : Selon le Canard Enchaîné, 300 milliards seraient planqués offshore, soit 15% du PIB : alors, qui fout le bordel en France ?
- OM :  —  « Fainéant », « qui fout le bordel », « jaloux »… —  Aïe. Qui t’a dit ça, ton ex ? — Non, mon Président de la République.
- GB : USA — «On sort de l’UNESCO».  Monde:« Mais la science»?  — «On a Monsanto»  — « Mais l’éducation»?  — «On a Dieu» — «Mais la culture»?  — « On a la NRA»
- CC : bon je n’irai pas bosser demain, je suis malade, j’ai des circonstances éternuantes
- OVH : On a tous en nous quelque chose de Vendredi…
- CV : Cette semaine, on a enterré Jean Rochefort et l’ISF.
 Pour l’ISF, Dieu tient à préciser qu’il n’y est pour rien, il faut voir ça directement avec Jupiter.
- OK : Les USA quittent l’UNESCO. En même temps, dans UNESCO, il y a « éducation, science et culture ».
- AB: Ferrand s’en tire les doigts dans l’nez. Qui a encore confiance en la Justice de ce pays ? — La quoi ?  —  Non, rien.
- JS: Tu sais comment on dit « faits prescrits » en langage politique ? « J’ai lavé mon honneur ».
- JP : Je suis allé à une réunion des Alcooliques Unanimes. C’est comme les Alcooliques Anonymes à part qu’on était tous d’accord pour boire.

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Categories: Fessebouqueries

Un loup pour l’homme

10/10/2017 Aucun commentaire

C’est le titre du dernier livre de Brigitte Giraud dont j’avais adoré l’amour est très surestimé. D’autres moins. Celui-ci est vraiment bien. On est en 1960. Lila et Antoine vivent le parfait amour avec leur petit polichinelle dans le tiroir quand il est appelé en Algérie. C’est la guerre, on peut y rester 36 mois, au meilleur de sa vie. Lui, comme la plupart, est contre la guerre et ne veut rien en voir. Il réussit à se faire admettre comme soignant après une formation. Mais soigner les blessés, rassembler les bouts de corps victimes d’attentats, assister à la mort de soldats est tout aussi éprouvant que de se servir d’armes. Lorsqu’ils entendent parler des tortures commises par leur armée, lui et son ami cuisinier préfèrent néanmoins ne pas en être et rester au camp.
L’Algérie, c’est magnifique. Un jour de permission, il va à la mer, il trouve cela si beau ! Il finit par s’habituer à l’inconfort du dortoir, aux bestioles, à la moiteur, à la peur, au manque de Lila. Mais pas elle, elle ne se résigne pas à vivre sa grossesse sans lui. D’un seul coup, elle décide de le rejoindre ici, dans ce pays hostile. Il n’en revient pas. Il est très embarrassé. Il sait que ce n’est pas la place de sa femme, qu’en plus, ça va le couper de ses compagnons de chambrée avec lesquels il aimait tout partager, et de ses malades, surtout de celui auquel il s’est attaché contre toute attente : Oscar, amputé d’une jambe, devenu muet, même pas accommodant. Il s’est pourtant promis de l’aider, de la remettre debout, de lui faire retrouver un semblant de goût à la vie. En bref, la venue de Lila ne l’arrange pas. Pourtant, il est heureux de la revoir avec son petit ventre qui pousse. Elle, elle n’avait pas prévu qu’elle s’ennuierait autant dans ce pays où elle n’a rien à faire, entre son meublé mochard de 24 m2, sa proprio envahissante, et son impossibilité à sortir se balader.
Un jour, plus tard, on annonce à Antoine qu’Octave va repartir : cela lui déchire le cœur, d’autant qu’Octave lui a enfin raconté son terrible secret. Puis sa femme doit aussi quitter ce pays devenu trop explosif, trop dangereux, encore un déchirement.
Ecrit par une femme née à Sidi-bel-Abès, Un loup pour l’homme retrace de l’intérieur la vie intime de quelques personnages, c’est sensible et dur, les sentiments sont variables voire équivoques, la position du héros par rapport à la France est imprécise, il ne comprend pas pourquoi il est là. D’autant plus qu’ils n’ont pas d’infos : on leur cache le nombre de jeunes gens morts pour la France, les opérations en cours etc. On y apprend malgré tout que le cauchemar qu’ils vivent ne pourra pas se raconter au retour. Comme les vétérans du Vietnam, les revenus d’Algérie ont souffert de quelque chose qui n’existait pas alors : le syndrome post-traumatique. Débrouille-toi avec ça.

Un loup pour l’homme de Brigitte Giraud. 2017 aux Editions Flammarion. 246 pages, 19 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Marion Vernoux sauve les meubles

07/10/2017 Comments off

Avec Mobile home, Marion Vernoux se livre. S’appuie sur les meubles qui ont jalonné sa vie pour se raconter. Mais qui est Marion ? Marion est une réalisatrice que j’ai connue sur un tournage de pub dans les années 90 ou début 2000 peut-être. Pour un yaourt ou un dentifrice pour mômes, je ne sais plus. En tout cas, elle m’a bien plu, cette Marion, sympa, drôle, en salopette, sans façon, qui ne crachait pas sur des petits verres de vin lors des repas et surtout qui connaissait toutes, TOUTES !, les chansons de Bobby Lapointe qu’elle chantait avec sa productrice qui les connaissait aussi. Ça vous pose quelqu’un, ça. A l’époque, elle était encore l’épouse, ou la compagne, de Jacques Audiard, la mère de leurs deux filles mais pas encore de leur petit dernier, un petit pour la route puisque apparemment les choses n’allaient plus entre eux et qu’il fut conçu par négligence. Bons souvenirs de ce tournage donc. Et bonne impression par rapport à son film Personne ne m’aime sur la condition féminine et les râteaux infligés par ces messieurs. Mais déçue par A boire, qui se passe à Val d’Isère, avec Emmanuelle Béart en pochetronne. Qui fut hélas un bide dont elle a du mal à se remettre.
Le livre de Marion est extrêmement touchant même si parfois il y a quelques longueurs sur les recettes maternelles. Touchant parce que par le biais de ses meubles, elle y raconte ses gamelles. Beaucoup de gamelles. Ses regrets. Beaucoup de regrets. Ses ratages. Ses peurs. Ses chagrins. Dont le plus dur est la rupture d’avec son mari. Elle lui a demandé l’autorisation d’écrire sur lui, il n’a pas dit non mais elle pratique une certaine censure. Ce qu’on peut comprendre. Leur entente fut parfaite malgré un certain machisme, un manque de tendresse. Comme ça a du être difficile aussi de voir que dans leur couple, l’un monte vers les hautes récompenses alors qu’elle stagne, voire se plante ! Ils se sont trouvés tous les deux nommés dans une même catégorie à Cannes, c’est lui qui a ramassé la mise. Il a tout ramassée et elle s’est ramassée.
Sinon, sa mère qu’elle adorait, sa mère au gros cul, qui bossait dans le cinéma (casting) mais l’a mis de côté pour faire des costumes et d’immenses patchworks. Le livre, d’ailleurs, est un réel patchwork. Des morceaux assemblés sans ordre chronologique, c’est un peu gênant mais c’est comme elle, limite bordélique, impulsive, faut que ça sorte. Donc sa mère qui meurt d’un cancer, un père avec qui elle renoue, qui meurt, des parents éloignés qu’elle tente de retrouver pour comprendre le puzzle de leur histoire, les camps, la shoah, les secrets de famille. Les enfants qu’elle élève à la va comme je te pousse, entre les sorties tous les soirs, les fêtes très arrosées et la came. C’est cash, franc, direct. La nana, garçon manqué sans un gramme de féminité ou de coquetterie, nous met tout ça sur la table et à toi de reconstituer le bazar.
De cinéma, elle parle peu, incidemment j’allais dire. Ce n’est pas son parcours professionnel qu’elle nous fournit, passant sous silence les récompenses qu’elle a gagnées (vu sur wiki). Elle s’était donné pour objectif de finir le livre pour ses 50 ans. Chose faite. Elle en a donc 51 et un nouveau film va bientôt sortir. De ça, elle ne parle pas  non plus. Enfin, bien qu’elle ait morflé, Marion ne se départit pas d’une sacrée dose d’ironie concernant sa personne. Et c’est bien réjouissant !

Mobile Home de Marion Vernoux. 2017 aux éditions de l’Olivier. 244 pages. 17,50 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #377

07/10/2017 Comments off

Cette semaine, on applaudit l’entrée d’une nouvelle figure insoumise aux phobies administratives dans ce bordel macronique de l’actu, l’ac-tue pourrait-on dire au regard de toutes ces victimes qui avaient oublié d’emporter leurs armes pour écouter un concert, ne parlons pas d’Angot dingo, c’est cicatrisé, pas comme la Catalogne, une cata qui se saigne pour s’insoumettre, mais heureusement, le retour de Paul Bismuth au violon et de sa compagne à la guitare va nous adoucir tout ça…
- JT : J’ai testé pour vous, “bosser au lieu de foutre le bordel”, je déconseille.
- NP : Le clitoris c’est une peu comme Zanzibar : je sais que ça existe mais je ne sais pas où ça se trouve et je n’y suis jamais allé.
- LC : Au lieu d’ajouter un E à la fin des mots pour l’égalité femmes/hommes vous feriez mieux d’ajouter un 0 à la feuille de paye.
- AA : En dépit de la présence quotidienne d’une professeur de Français à ses côtés depuis 20 ans, Macron a encore des écarts de langage. Dingue.
- CC : Je pense qu’il y a un mec chez Daesh dont le job est d’éplucher la presse internationale pour savoir ce qu’ils peuvent revendiquer.
- NA : Fusillade à Las Vegas : Laurent Wauquiez propose d’interdire les fenêtres dans les hôtels
- CC : au fait, est-ce que daesh a revendiqué daesh ?
- NA : On devrait envoyer Elise Lucet coller des baffes à Christine Angot.
- PV : Les Américains ont la chance d’avoir les armes en vente libre, sinon le bilan aurait été encore pire !
- YP : Daesh revendique les massacres de Marseille et de Las Vegas. Et prétend que les récents ouragans auraient crié « Allah ô akhbar  » !
- NP : N’empêche que si un spectateur du concert de Las Vegas avait eu un lance-roquettes il aurait pu empêcher le massacre. Mais je dis ça…
- JPM : Parfois je pense au pauvre Clinton . Il habite le seul pays où tout le monde possède une arme à feu mais où il est interdit de tirer un coup
- OVH : Je n’ai pas pu résister, je regarde l’émission de Ruquier. Collomb, je sens qu’il a mauvaise haleine.
- SM : Daesh revendique Christine Angot
- OL : C’est marrant de voir les espagnols envoyer les CRS pour empêcher les gens de voter, nous en France un simple dimanche ensoleillé suffit.
- NP : Suivre quelqu’un sur Twitter pour lui dire qu’on n’aime pas ses tweets c’est comme aller chez Mac Do dire qu’on n’aime pas leurs hamburgers.
- NA : Robert Ménard hospitalisé après avoir appris que le tueur de Las Vegas n’était pas un islamiste mais un retraité blanc.
- CC : tu sais que t’es célibataire quand la seule chose qui t’empêche de dormir, c’est une mouche
- JB : Je suis assez d’accord avec Trump pour dire que ce débat sur les armes à feu est prématuré. Attendons d’abord qu’il se soit fait butter façon JFK, et APRÈS on relance les discussions sur la thématique.
- DT : Certains manifestants blessés en Catalogne se retrouvent ce matin avec un franc kyste.
- NA : Selon Henri Guaino la tuerie de Las Vegas n’aurait pas eu lieu si les femmes de chambre avaient été armées de lance-roquettes.
- AO : On va finir par penser que les jours sans attentat(s) sont des exceptions.
- EM : Apprenant que Raquel Garrido n’avait pas payé ses cotisations retraite pendant 6 ans, Thomas Thevenoud vient de la demander en mariage.
- OM : En même temps on est durs avec Raquel Garrido, comme l’a dit Mélenchon « à 6 ans près, elle payait dans les temps »…
- PM : «Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas» un gars aux salariés de GMS, hier… je suis sympa , je vous le traduis 18éme siècle, « S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche  » …
- MK : « Nous avons affaire à un individu très très malade », affirme Donald Trump, fin connaisseur, autre individu très très malade
- DT : En fait la phrase exacte prononcée par Emmanuel Macron est celle-ci: « la réouverture des maisons closes risque de provoquer un sacré bordel »
- OV :  — Papa c’est quoi l’ironie ?
 —  C’est quand Carla Bruni chante « Enjoy the silence » alors que justement tu voudrais profiter du silence.
- OK : Coucou les ami.e.s. Ça va ? Vous avé.e.s passé.e.s un.e bon.ne journé.e ?
- LE : Castaner défend Macron :  » On est cultivés Emmanuel et moi, et pourtant nous nous grattons les couilles comme tout le monde !  »
- PI : Les toulousains, sachez que quand vous dites « Entre autre », on entend « Âne trotro ».
- NA : Donald Trump ira prochainement lancer des maillots de bain aux migrants qui arrivent à Lampedusa.
- RP : Il paraît que les premiers mois de Macron rappellent ceux de Sarkozy. Non ! Brigitte ne chante pas tandis que Carla non plus d’ailleurs !
- JM : Je pense que quelqu’un a pris possession du Président car le vrai Macron aurait parlé de « ceux qui font du tintamarre » (ou du charivari)
- JT : Ils se plaignent mais finalement en France les pauvres vivent comme les étudiants sans la contrainte des partiels

Illustration © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Une histoire épatante d’écrivains US dans les 50′s.

04/10/2017 Comments off

C’est après sa mort qu’a été retrouvé le manuscrit pas complètement ficelé de Un dernier verre au bar sans nom. Il nous raconte la vie de trois couples ou pas couples de personnages qui ont l’ambition de devenir écrivain(e)s. Ils bougent entre San Francisco, Portland en Oregon, L.A., s’aident, se jalousent un peu, s’aiment, font un enfant ou pas, rencontrent rarement la bonne personne et boivent énormément. On est dans une frange de génération, celle de la beat qui adule encore les mythes de cette mouvance.
Aux Etats-Unis, ça m’a toujours frappée, on est écrivain(e) même si on n’a ni écrit ni publié. Donc tout ce petit monde parle de leurs projets, de leurs contacts avec les magazines qui publient énormément de nouvelles, porte d’entrée à la gloire. Le plus valorisant, évidemment, c’est quand une major d’Hollywood rachète les droits du roman pour en faire un film. Le plus dur, c’est de voir comment les tâcherons des studios ont laminé votre création pour un faire une stupidité sans âme.
Ce livre explique beaucoup de chose sur le monde littéraire américain, la guerre entre la côte Est et la côte Ouest, autrement dit les intellos new-yorkais et californiens. On y trouve aussi la façon de gagner sa bière ou sa dose quand on n’a pas réussi à percer comme auteur : on est récupéré par le cinéma qui vous parque dans un burlingue avec d’autres losers, certains plus doués pour savoir se placer et faire fi de leur amour propre pour pondre ce qu’attendent les studios. C’est assez gai car cette époque d’insouciance fait envie, cette façon de se retrouver en bande, dont Brautigan, dans les bistrots de SF où une femme peut se bourrer la tronche comme un homme sans que ça fasse scandale.
Les personnages sont denses, bien campés, les amitiés sont fortes, les liens sont solides. Mais l’enfant, seule naissance prématurée de cette bande, est livrée à elle-même et fustige la liberté de ses parents oublieux, alcoolos, baiseurs et égoïstes.
Un peu lent au démarrage (j’ai trouvé) mais ensuite on s’attache fortement à ces artistes, comme s’appellent les écrivains, plus ou moins déjantés.
Don Carpenter est né en 1931, a connu un énorme succès avec Sale temps pour les braves puis quelques romans. Il est aussi scenariste à Hollywood. Et se suicide en 1995. Postface de Jonathan Lethem qui explique comment il a travaillé sur ce manuscrit posthume.

Un dernier verre au bar sans nom de Don Carpenter, paru en 2016 chez 10-18. Traduit par Céline Leroy. 452 pages.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Goudoue tatouée toi-même, espèce de Chalumeau !

04/10/2017 Comments off

Je retrouve ce post du printemps non posté. Comme Despentes est toujours sur les étals des libraires, je vous en fais cadeau.
« Tout le monde veut rallier le cirque Pinder Despentes. Les douairières du Fig-Mag qui veut s’encanailler, ma belle-soeur, des vieilles dames indignes, des célibattantes… C’est devenu cool de faire un selfie avec la goudoue tatouée. »

Selon Laurent Chalumeau — contre qui je n’ai rien — nous, douairières (j’ai mal au douairière quand je lis ce vieux mot) du Figaro désireuse de s’encanailler (petit canaillou, lançait Darry Cowl dans les 50′s), belle-soeur (soit la femme du beauf), celibattante (terme à la mode en 80 tombé en désuétude), vieille dame indigne (c’est cela, oui) on trouverait cool de faire un selfie avec … « la goudoue tatouée ». A savoir, mesdames-messieurs… :  Virginie Despentes.
Bon. je me suis pris encore une baffe en constatant comment nous étions vues, nous les vieilles baby-boomeuses ex fan des sixties, par les djeunes de 58 ans (l’âge du chalumeur). Donc des archi-croûtons réacs, en quelque sorte, ayant à voir avec Bernie Chirac, ce genre, ou Boutin, pourquoi pas. Bref, des femmes qui trouveraient tellement choquant d’être lesbiche ET tatouée. Mais qui seraient prêtes à —  justement — ne plus trouver ça choquant pour être « dans le vent ».
Et pourquoi ? Parce qu’on aime Virginie Despentes. Selon Chalumette.
Rectifions.
Cher Laurent Chalumeau, c’est vrai, avez beaucoup chalumé. Mais vous avez sauté un épisode : les rombières ne sont plus ce qu’elles étaient. Elles ont jeté leur culotte à trous-trous avec leur voilette par-dessus les Moulin Rouge, elles ont bradé leur membrane au petit mec joli pour ne plus avoir à la trimballer, elles ont dit « baise-moi » lorsque vous ne saviez pas encore pincer votre zigounette pour pisser plus loin que les autres. Elles en ont fait des choses, à deux, trois ou plus, ça dépendait des soirées ! Et même parfois avec des « garçonnes » pas forcément tatouées mais bien velues de l’aine. Elles en ont lu des choses shoking écrites par des écrivains vicieux, mon dieu ! Elles en sont encore toutes palpitante du piège à gars.
Alors croyez-le ou non, si elles aiment Virginie Despentes, c’est pas pour faire bien, elles s’en tapent, c’est parce que quelque part, cette nana ça leur rappelle quelqu’un, quelqu’un qui a pris des rides, des bajoues, des poils sur une verrue peut-être mais qui en ont encore sous le capot et surtout, cerise sur le gâteux, n’utilisent plus ce vocabulaire bien suranné que vous maniez avec brio. Mais jetez ces vieux mots, diantre !
Je ne vous en veux pas, vous n’avez que 58 ans, vous êtes trop jeune pour savoir avec qui vous aurez envie de selfier dans une petite quinzaine d’années.
Je me demande juste, dans mon cerveau par encore bouffé aux vieux mythes phallo, si vous ne seriez pas un peu jaloux de la goudoue tatouée qui, non contente de jouer dans la même cour mixte que vous, est devenue une star immense des lettres en pissant sur le territoire de votre génération. Non ?
Les hétéros variqueuses encore sous THS malgré leur âge avancé vous saluent bien.

Texte © dominique cozette

Categories: caustic

Les Fessebouqueries #376

29/09/2017 Comments off

C’était le week-end dernier mais on en cause encore : la rue de Mélenchon ! Elle ne fait pas vraiment la rue Michel mais l’essentiel est qu’il fût élu. Ah, il ne l’est pas ? Quoi ? Il est mort ? Non, non, me dit-on, c’est HH, Hugh Hefner, le monsieur qui a explosé le plus de canons, qui a palpé le plus de silicone, qui a a tiré le plus de lapins, osons la blague, ce brave Hugh, l’accélérateur de turgescence, l’érecteur d’une bonne partie de l’humanité qui a fini par croiser la route de la faucheuse, cette vieille castratrice émaciée toute de noir vêtue telle une Saoudienne s’apprêtant enfin à prendre le volant sans se défaire de son niqab et invitant son époux épouvanté à la place du mort. Sinon, la jupe de Brigitte. Bon. J’espère juste qu’il n’arrivera rien de marquant ce samedi car ce sera trop tard !

- OVH : Néo Nazis au Bundestag. Merkel supplie Mélenchon de lui prêter la rue.
- FL : La prochaine fois que vous allez chez votre toubib, apportez vos vieilles revues qui ont dix ans. Cela modernisera de 30 ans la lecture dans sa salle d’attente.
- CG : C’est la rue qui a abattu les dinosaures
- NA : Si ça se trouve c’est la rue qui a fait perdre Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.
- AB : Durée de grossesse ramenée à 3 mois par ordonnance du Gouvernement, est-il prématuré d’annoncer la suppression du congé maternité ?
- DC : On retire ses prothèses mammaires et labiales, on se rhabille, on redevient une fille normale : Hugh Heffner n’est plus le parti idéal. Juste parti.
- JPT : En Arabie saoudite : femme au volant, partez en Coran !
- CC décide de poser un lapin à son premier rdv de la journée en hommage à hugh hefner
- PE : La rue qui a chassé les nazis? Au hasard, la rue Lauriston.
- JEB : Picard se relève de l’affaire des lasagnes au cheval et redevient le distributeur préféré des Français. Ils viennent de passer à la girafe.
- AN : Si les 30 000 manifestants d’hier avaient chacun voté 20 fois Mélenchon à la présidentielle, il aurait quand même été éliminé au 1er tour
- HLT : Le glyphosate ne sera dangereux qu’à la fin du quinquennat, annonce Castaner.
- BLM : Clairement, en détaxant les lingots d’or, les yachts, les voitures de collection..les entreprises seront compétitives!!
- DP : Progrès en Arabie Saoudite: les femmes sont désormais à voiles et à vapeur.
- DC : L’histoire ne dit pas si Hugh Hefner baisait comme un lapin.
- CC : ça balance sur la tenue de Brigitte Macron à l’ONU, moi si j’avais ses jambes, à son âge ou pas, je serais en mini-jupe partout, tout le temps, par tous les temps
- DC : Quelqu’un l’a faite celle-ci : P.I.P. Hugh Hefner ?
- SC : Laurent Wauquiez sur Radio Classique : « Je vous réponds avec mon tempérament d’auvergnat ». Il est né à Lyon. Il a fait ses études à Paris.
- DT : Hugh Hefner est mort : PIP, Anne Hidalgo propose d’envelopper la tour Eiffel dans du Sopalin, en attendant le créateur des Bunny’s a rejoint le Paradis Lapin.
- OM : La gueule que va faire Hugh Hefner quand il va se rendre compte en arrivant au paradis qu’il était DÉJÀ au paradis.
- RU : Attendre 47 ans pour réussir à faire un truc inouï : terminer un briquet jetable et donc le jeter. C’est fou.
- DC : La mort de Hugh Hefner laisse beaucoup de veuves poignet en deuil !
- PP : Hugh Hefner, fondateur de « Playboy », est décédé. Anne Hidalgo propose d’envelopper la tour Eiffel dans du sopalin.
- NA : Twitter passe à 280 caractères, les Allemands vont enfin pouvoir écrire un mot en entier.
- HD : Dialogue père/fils..
Papa c’est quoi l’aide internationale ??
 L’aide internationale?., C’est une aide payée par les pauvres des pays riches pour aider les riches des pays pauvres.
- JPT : Chpoil de Carotte a créé un nouveau mot : démocrature. Cela commence comme une démocratie, mais ça finit en dictature. C’est comme Mélenchon : ça commence comme Mélancolie et ça finit comme Ronchon.
- EM : Twitter passe à 280 caractères selon la police, 16 890 caractères selon Jean-Luc Mélenchon.
- OM : N’oublions pas qu’avec 140 caractères de plus, il y a belle lurette que ce con de Trump nous aurait provoqué la 3ème guerre mondiale.
- JPM : A 89 ans Line Renaud a une rue à son nom …. Bon ok c’est une impasse désolé !!
- CR : J’ai hâte d’être riche….pour payer moins d’impôts !
- OM : Les gens qui gueulent parce qu’on leur enlève 5 € d’APL mais qui la ferment quand on leur enlève l’ISF sur leur yacht. Les gens.
- AB : Honteux : pour le nouveau nom du FN, Margarine Le Pen veut me plagier en utilisant celui de mon Parti, le PALC (Parti Avec La Caisse).
- JB : Depuis que Macron est élu, j’ai l’impression d’être enfermé dans le bar à soupes d’un incubateur d’entreprises avec pour seule lecture un hors-série de l’Express sur les investissements immobiliers.
- DC : J’ai hâte d’être très riche pour que ça ruisselle sur les pauvres !
- CV a croisé Tibéri dans l’école de son fils.
Ils laissent vraiment entrer n’importe qui.
- DP : Si tu finis pas ton assiette Christine Angot viendra te chercher cette nuit.

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Categories: Fessebouqueries

Les Fessebouqueries #375

23/09/2017 Comments off

Alors effectivement les absents n’ont pas toujours tort puisque c’est d’eux qu’on parle le plus, primo, ou prima, la bienfaitrice du parti de Paul Bismuth sans qui madame Royale serait peut-être passée (pour ce qu’elle n’est pas) en 2007, alias Lily Bettencourt dont deux commentaires majoritaires sur sa disparition : « Liliane, fais tes valises » (que les jeunes ne peuvent pas comprendre) et RIB Liliane. Une belle unanimité aussi pour sarcasmer sur l’autre absent, Florian « merguez » Philippot, sorti du FN, ce qui nous entraîne dans d’incontournables questionnements : quand on est au FN, vaut-il mieux se vanter d’aimer le couscous ou les soirées saucisson ? A part ça, rien, on se fout de la future guerre nucléaire initiée par deux mectons immatures et mal coiffés. Sombre perspective !
- CC : on peut rire de toutou, mais pas avec n’importe Kiki
- JPT : Au FN, ce soir, Philippot d’adieu !
- FT : Souhaitons à Philippot et ses Patriotes une belle traversée du désert avec un chouïa de harissa. Il croisera très certainement au détour d’une dune Dupont Taignan et ses Amoureux de la France en train de faire du stop.
- PK : La merguez a quitté le couscous. Je répète, la merguez a quitté le couscous…
- DC : Stéphane Bern va bosser sur la sauvegarde du petit patrimoine. Bénévolement. Mais aura t-il un petit carrosse de fonction ?
- NV : Après Stéphane Bern au patrimoine, Macron a donc nommé Lorànt Deutsch comme conseiller en histoire
- JB : Pour les journées du patrimoine, je pense aller visiter le Crédit Agricole de Sablé-sur-Sarthe.
- NP : Si Trump veut détruire la Corée du Nord sans abimer le Sud la France a des experts capables d’arrêter un nuage radioactif à la frontière.
- LC : Philippot il est tellement grillé au FN que les militants sont capables de lui reprocher d’utiliser les chiffres arabes pour compter.
- RdB : Ave Twitter, ceux qui partent travailler en extérieur en pleine saison de chasse te saluent (et accessoirement cherchent une casquette fluo)
- NP : Philippot viré du FN après avoir mangé un couscous. Apparemment c’était un couscous…boulette.
- NP : Suite à la démission de Florian Philippot du FN BFMTV cherche un invité permanent pour ses journaux du matin.
- MG : En gros vous m’expliquez qu’on peut faire imploser le FN avec un couscous merguez et qu’on y avait pas pensé avant
- OK : Si ça se trouve, chez lui, Florian Philippot porte des babouches.
- OM : C’est moi ou ça fait bizarre de voir un mec quitter son parti sans qu’Emmanuel Macron y soit pour quelque chose…
- NP : J’ai commandé un couscous sur Deliveroo et je l’ai fait livrer chez Marine Le Pen. Normalement dans 2 semaines on est débarrassés du FN.
- HD : Suite à la suppression de postes à Pôle emploi je vous formule la proposition suivante ..celle de supprimer le travail qui est la principale cause de chômage
- ML :  je crois qu’à 1 cheveux près, Liliane aurait pu monter au paradis fiscal …
- HD : Dimanche : Elections sénatoriales.
 Les maisons de retraite frétillent d’impatience en attendant de savoir quel pensionnaire sera élu.
- NP : Les Arabes sont tellement fourbes que si ça se trouve ils ont inventé le couscous il y a 2000 ans juste pour faire exploser le FN.
- HS : On attend la déclaration de Philippot expliquant qu’il vient de découvrir avec stupéfaction que le FN est un parti d’extrême droite raciste.
- ACD : Du coup,on a le droit de dire que le FN pédale dans la semoule ?
- GB :   » — Pôpa tout le monde quitte mon parti. Je suis perdue  — T’inquiète pas, ma Marine on va recruter Wauquiez et se recentrer sur les arabes »
- AB : Muni d’une fausse barbe, Floflo Philippot tiendra un stand de merguez à la Bastille.
- JB : Ce soir à l’apéro j’ai bu un bidon de 5 litres de glyphosate avant qu’il n’y en ait plus sur le marché. Ça passe bien avec des cacahuètes transgéniques à l’huile de palme.
- AB : Mélenchon, notre bien-aimé Président fictif à vie
- FO : Y’en a encore qui pensent que froncer les sourcils en direction d’une moto trop bruyante en réduira le volume ? Oui, moi.
- CC : Mélenchon est pour la lutte des classes affaires
- JS : Le gouvernement va lancer « les assisses de la mobilité ». Cet intitulé est tellement macronien.
- ACD : Ce soir, mon chéri veut m’amener au resto manger un couscous. J’appelle de suite mon avocat.
- AB : Floflo Philippot et sa nano clique « Patriote » se présenteront désormais sous l’étiquette « Couscous pour tous »
- ZZ  : Il va aussi devoir rendre les clés de son bureau de BFMTV Florian Philippot ?
- DC : En marche pour les assises de la mobilité. Ou la pensée complexo- oxymorienne macronique.
- NP : Bettencourt : pour que tous ceux à qui elle a donné des enveloppes puissent lui rendre hommage les obsèques auront lieu au Stade de France.
- DP : C’est fou Twitter. Chaque matin je suis convaincu que j’ai rien à dire et chaque soir je sais que j’aurai dû fermer ma gueule.

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Categories: Fessebouqueries

Point cardinal. Ou cardinale ?

18/09/2017 Comments off

Ça commence sur un parking d’hyper désert. Dans une voiture, une femme se démaquille, retire sa perruque, se change, met sa tenue de sport, redevient l’homme ordinaire qu’il est habituellement. Laurent fait bien attention à chaque détail avant de retourner chez lui, d’embrasser la femme qu’il aime depuis l’école et leurs deux enfants, deux ados.
Point cardinal est le cinquième roman de Léonor de Récondo.
Un résumé très détaillé de l’histoire est au dos du livre donc je ne spoile rien en vous dévoilant la suite. S’il aime profondément sa femme, il se trouve que son côté féminin le titille depuis quelques temps, en fait depuis longtemps, quand il a refusé le foot à la grande déception de son père. Il a rencontré un alter ego devenu femme qui le guide dans le bar où il peut donner libre cours à son charme. Rien de glauque là-dedans.
Puis sa femme part trois jours avec les enfants. Il en profite pour se travestir sans état d’âme et vivre pleinement sa féminité. Mais après son retour, sa femme trouve un cheveu blond et une épingle dans la chambre. Premier choc : elle n’en revient pas qu’il puisse le tromper. Elle l’épie, le suit et se retrouve face à la réalité. Deuxième choc.
Cette découverte, c’est ce qui va inciter Laurent à aller jusqu’au bout de sa transformation, quelles que soient les réactions de son entourage, particulièrement de ses enfants et de son entourage professionnel.
L’auteure ne s’encombre pas de trop de psychologie, ce n’est pas un livre style atelier d’écriture américain. Les séquences sont incisives, courtes, peu d’introspection et même si l’on sait (ou soupçonne) qu’une transformation physique de cet acabit n’est pas de tout repos ni sans douleur, le héros semble traverser la frontière qui le sépare de la femme qu’il sait être sans payer de droit de douane. Malgré tout, on se glisse facilement dans la peau de Laurent devenu Lauren, on compatit à ses mésaventures, car il y en a de sérieuses, on se sent plein d’empathie pour sa femme et leur couple, se demandant comment ils vont fonctionner après, lorsque le tsunami sera passé. Car l’amour est toujours là.
C’est un livre simple, un style dépouillé, une histoire sans fioritures, sans trop de personnages secondaires, une ligne claire si on peut dire. Très agréable.

Point cardinal, roman de Léonor de Récondo chez Sabine Wespeiser éditeur. 2017. 224 pages, 20€…

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Enorme ! J’ai bossé près d’un cafard !

16/09/2017 un commentaire

En réorganisant ma bibliothèque, je tombe sur FCA 85, un livre qu’avait fait faire Jean Feldman pour promouvoir son agence. Il avait fait monter un mini studio de photo dans l’agence pour tirer le portrait de tous les collaborateurs. Tout le monde y est, du coursier au PDG, en passant par le chien de l’acheteuse d’art ! Comme son nom commence par Z, il est à la dernière  face au chien Kodak, la mascotte. Je n’en crois pas mes yeux ! Comment ? Eric Zemmour ???? Eric Zemmour aurait bossé comme chef de pub dans mon agence et on ne m’aurait rien dit  ! Eric Zemmour aurait pris le même ascenseur ! Eric Zemmour m’aurait même peut-être adressé la parole ! J’aurais partagé de l’air avec Eric Zemmour ! C’est énorme ! Mais que ne l’ai-je écrasé d’un coup de talon de mes Santiags, comme un nuisible qu’il est ! Pourquoi l’avoir laissé vivre ! Incroyable !!!
Remarquez, je ne m’en souviens pas du tout. Il est passé dans ma vie professionnelle de façon aussi discrète qu’un morpion de pouilleux à l’autre bout de Paris. A l’époque l’agence avait déménagé à Suresnes, on venait de la rue du Louvre, pas loin de la Cloche d’Or (un fameux bar à vins), de la première boutique d’agnès b. et du pied du cochon. Voyez l’ambiance. Il fallait que nous retrouvassions nos marques (que pour ma part, je n’ai jamais retrouvées, je suis repartie assez vite dans une agence des Halles). Alors Eric Zemmour et ses petits dossiers clients et ses petits tickets resto et ses petites chaussures pointues, voyez comme je m’en tapais.
Pour être bien sûr que c’était LE Eric Zemmour haïssable que nous connaissons, j’ai vérifié son CV sur le net. Hé bien rien sur la pub. Sa carrière  commence après, à un âge pas si jeune. Il a tout gommé le traitre. Mais cette photo, réalisée par Alain Vivier, très bon portraitiste inconnu du Web, apparaît dans son tronchoscope, sans commentaire.
C’est tout ce que j’avais à dire sur le charisme avorté de cet individu. Un(e) ex- FCA se souvient-il/elle de lui ? A-t-il au moins dépassé le stade de la période d’essai ? En tout cas, pas le stade sadique anal !
Pour vous montrer comme je ne regardais pas les insectes rampants, je vous joins ma photo parue dans le livre. J’étais équipée des célèbres Wayfarer qui filtrent les saletés et autres indésirables. Je ne les quittais pas du nez. Ceci explique cela.

 

 

 

 

 

 

 

Photos Alain Vivier. Texte © dominique cozette

 

 

 

Categories: du vrai

Les Fessebouqueries #374

16/09/2017 Comments off

Reconstruire un paradis fiscal, s’entraîner à gagner des médailles, demander une cellule plus confortable, essayer de digérer sa défaite présidentielle, filer une blinde pour un gadget, faire la queue pour des dorures et des vieilles pierres…Il y a les urgences, il y a les désirs, il y a les obligations, il y a les vanités, il y a les rêves, c’est ça l’avenir. Juste un peu de patience amigos, amigas !
- JPT : Macron qui traite des Français de fainéants ! J’adore ce mec ! Il a toutes les audaces ! Il va nous conduire loin et haut ! Contre notre gré !
- ALD : Mercredi dernier une cinquantaine de gendarmes, un hélicoptère et une équipe cynophile étaient mobilisés sur un ilot classé de la Loire pour détruire… 125 pieds de cannabis ! Il me semble que ces gendarmes auraient été plus utiles s’ils avaient été envoyés préventivement à Saint-Martin et à Saint Barthélémy.
- FV : Après les experts en politique et en économie nous avons sur Facebook de nombreux experts en intervention militaire en infrastructure et en maintien de l’ordre. Tout ça de Paris , derrière un ordi! ADMIRATIVE
- YP : Le président Donald Trump envisage de construire un mur de 10 000 km de longueur pour empêcher les ouragans de pénétrer illégalement sur le territoire américain.
- DT : Maintenant quand ma femme sera déchaînée, je l’appellerai Irma. Avant ces événements, José pas le faire.
- JPCM : « Les Français sont des feignasses et des enculés de grévistes » GILLES DE LA TOURETTE
- JB : Nous sommes dévastés par des ouragans, des inondations et des canicules et pourtant les présentateurs et présentatrices météo, qui font chaque jour la promotion des dérèglements du climat sont toujours en liberté.
- JB : Ce qu’il faudrait, c’est une greffe générale : on remplace tout le corps politique.
- GG :  Un cyclone tropical porte souvent un nom de femme car il arrive chaud et humide, puis repart avec ta maison, tes meubles et ta bagnole…
- DP : Tous les spécialistes des cyclones sont sur fb. Pourquoi le gouvernement ne les a pas embauchés avant ?
- EM : Quand ta boss amène sa bouteille d’Hépar en réu, tu devines qu elle n a pas du faire son caca du matin, et tu ressens immédiatement une immense compassion à son égard.
- DT : En découvrant le nouvel iPhone et son prix astronomique, beaucoup d’adeptes de la marque à la pomme ont eu le moral gravement tatin…
- OM : C’est génial, rendez-vous compte : on vient de gagner l’organisation des Jeux qu’on était les seuls à vouloir organiser !
- JPT : « Si Benoit Hamon avait retiré sa candidature, aujourd’hui il serait Premier ministre et moi Président de la République! » Merci à Jean-Luc Mélenchon d’apporter cette touche d’humour après les pénibles journées causées par Irma dans le pays. Franchement, ça fait du bien de rire un peu.
- NB : On vit quand même dans un monde où il est de plus en plus difficile de faire la différence entre le Gorafi et les vraies infos.
- DK : « Les ouragans vont coûter 290 milliards de dollars. » Faut vraiment être con pour acheter un ouragan.
- TS : Plutót qu’accuser Irma ou José, si l’on donnait aux cyclones les noms de ces 90 entreprises ? L’ouragan Chevron, Exxon, BP, Gazprom, Total..qui réchauffent la planète.
- OVH : Si le père de Mélenchon s’était retiré, Hamon aurait été au 2e tour.
- OB : On ne parle pas assez du stress du licenciement… pour l’employeur
- JT : C’est vrai que c’est magnifique l’amour d’une mère, vous devriez voir les yeux de la mienne quand elle parle de Stéphane Plaza.
- OM : Sinon comme on est des fainéants, je propose qu’en 2024 on allume la « flemme olympique ».
- NP : En apprenant que l’Iphone X se déverrouillait par reconnaissance faciale les frères Bogdanoff ont commandé un Samsung S8.
- ACD : Les gens qui imaginent qu’on les juge parce qu’ils achètent le nouvel IPhone à + de 1000€, on ne vous juge pas, on se fout de votre gueule.
- VS : L’attribution des JO me fait penser à un dîner de con.
- HL : Dingue le nombre de trucs qu’on peut faire avec un iPhone X. Comme prendre un crédit, payer des agios, manger des pâtes pendant 6 mois…
- OVH : Emmanuel, tu peux lâcher la main de Brigitte maintenant, on a compris que vous êtes ensemble.
- OV : Explosion d’une bombe artisanale dans un métro de Londres : 22 blessés et pas un seul mort… Une preuve de plus que les artisans c’est plus ce que c’était.
- OK : Message de service journées du patrimoine : Mireille Mathieu n’est pas visitable, je répète : Mireille Mathieu n’est pas visitable.
- OM : J’ai pas bien compris : ce week-end on peut visiter Stéphane Bern ?
- JT : Une famille c’est un papa (au bar) et une maman (qui attend qu’il rentre).
- OV : Si l’assistanat était vraiment un cancer il resterait maximum 1 semaine à vivre à Laurent Wauquiez.
- OK : Une pensée pour Fillon qui avait un boulevard devant lui. Demain, il pourra se faire plaisir en visitant l’Elysée.
- HL : T’écoutes les commentateurs, t’as l’impression que Paris2024, ça coûtera quand même vachement moins cher qu’un iPhone X.
- SF : J’aurais bien une solution pour régler les petits problèmes de santé de Salah Abdeslam pourtant je ne suis pas médecin

Tableau © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Summer, le nouveau Sabolo

13/09/2017 Comments off

Le nouveau Sabolo, comme si elle était aussi connue de Sagan. Non, mais ça peut s’arranger. Monica Sabolo raconte une histoire d’absence de très belle façon, Summer, tout en demi-teintes mates et sourdes. Comme s’il était écrit au pastel gras, avec des non-couleurs fondues, des nuances de bleu, de mauve, de vert… le contraire du criard, de la ligne claire, du descriptif fidèle. La voix est portée par un jeune garçon, devenu trentenaire plus tard, dont la grande sœur disparaît lors d’un pique-nique avec ses copines. Lui, quinze ans, avait été admis aux bacchanales. Nous sommes en Suisse, près du lac, dans des quartiers huppées, dans l’entre-soi, que des gens de bonne compagnie.
Le père a réussi, il est mâle dominant, il brasse les affaires comme les gens. La mère est belle mais ailleurs, sans présence hors sa beauté qui irradie, sa sœur, Summer, est une superbe plante aux jambes et aux cheveux longs, comme ses amies, lui n’est qu’une sorte d’avorton jamais à sa place, se pensant mal aimé, n’ayant pas accédé au statut d’héritier. Son père n’a pas réussi à en faire le jeune homme idéal, brillant comme lui l’avait été, et le fustige régulièrement. Au collège, personne ne devient son ami. Quant aux filles, il les côtoie.
Mais sa sœur disparaît. On ne la retrouve pas. On ne sait pas ce qui s’est passé pendant cette partie de cache-cache. Peu à peu, on apprend toutes sortes de choses, la première que cette sainte n’était pas si nitouche que ça. Puis le temps passe, le garçon n’en parle plus. Il tombe amoureux d’une des copines de Summer, présente ce jour-là. Ça se passe bien jusqu’à ce qu’il décide de ne plus la voir, sans dire pourquoi, la rendant malheureuse. En quelque sorte, il disparaît comme l’a fait sa sœur. Je ne vous dirai pas plus de choses sur la suite, sauf que le garçon tombe en dépression, s’adresse à un psy qui ne lui fait aucun effet, puis retrouve le commissaire qui s’était impliqué dans l’enquête sur sa sœur. Et là, choc.
Un livre très bien écrit, où les sensations, sentiments et ressentis du jeune homme sont décrits de façon organique, comme sous l’eau d’un lac, comme dans des nuages. Très impressionniste, un peu ouaté, un peu onirique mais pas compassé. Ce livre en creux, sur une disparition, est en fait plein de relief.

Summer de Monica Sabolo, chez JC Lattès. 2017. 320 p. 19 €

Voir l’article sur un autre roman de la même auteure, totalement contraire, que j’avais beaucoup apprécié : Crans Montana

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Eva ou l’innocence saccagée.

10/09/2017 Comments off

J’allais titrer l’innocence retrouvée, mais non, hélas. L’innocence est le titre. Et l’innocence a été saccagée. Eva, c’est Eva Ionesco, j’ai déjà écrit un article sur elle lors de la sortie du livre de son mari Simon Liberati, Eva (revoir l’article). Cette fois, c’est elle qui écrit, qui se raconte et je vais vous redire pourquoi je suis intéressée par elle : dans les années 80, j’ai vu ses photos érotiques de petite fille publiées dans Photo notamment, offerte, lascive, outrageusement maquillée, déguisée en petite pute par sa mère, Irina Ionesco, qui abusait d’elle en l’offrant aux hommes. Elle lui faisait faire aussi des photos obscènes, indécentes qu’elle revendait à des collectionneurs. Et cela me choquait, moi maman d’une fillette, qu’une mère pût utiliser sa fille ainsi, pût la prostituer au sens figuré comme au sens propre. Ça me choquait que cela ne choquât pas grand monde, que ça ne fît pas plus de scandale. J’étais psychologue de formation, je ne donnais pas cher de la peau de cette petite, je me demandais chaque fois que je la voyais — et on la voyait souvent — ce qu’une telle enfance donnerait plus tard. Et plus tard, on y est. J’ai donc lu le livre de Liberati qui lui est consacré et vu aussi le film qu’elle a réalisé sur son enfance, My Little Princess en 2011 avec Isabelle Huppert dans le rôle de la mère indigne qui se prenait pour une artiste. Qu’elle était d’ailleurs ce qui, à ses yeux, devait l’absoudre de toute vilenie.
Ici, Eva raconte ses dix premières années, dont quatre forcément très belles quand son père était là, bouleversé d’amour par cette superbe fillette qu’il adorait et avec qui le temps passé dans des endroits chics était paradisiaques. Puis la mère a empêché ou interdit le père de voir la petite et ce fut un déchirement profond. Ils se se revus sporadiquement, vite fait, mais la mère ne passait pas les communications téléphoniques, ne lui donnait pas les lettres.
Sa mère était une détraquée, issue d’un inceste : sa mère Margareth était aussi sa soeur, son grand-père ayant couché avec sa fille de quatorze ans. Eva et Irène — elle appelle sa mère Irène, jamais maman — vivent avec Mamie, l’arrière grand-mère de la petite, une vieille serbe (?) coulante et pieuse. Plutôt : Eva et Mamie vivent dans une chambre de bonne minuscule alors qu’Irène est dans l’appartement qu’elle a transformé en studio photo et salon de rencontres. Irène est une femme entretenue, indécente, sans vergogne, sans surmoi, qui déteste les hommes et  veut juste en profiter.
Eva se prête au jeu de sa mère car on a toujours confiance en sa mère quand on a cinq ans. Peu à peu, ça l’écœure, elle veut fuir mais où ? Une année, elle vit chez sa grand-mère à San Francisco, sans voir ses parents. Et puis, en été, elles vont en Bretagne, plus souvent à Ibiza chez les hippies. Un été, sa mère la loue à un photographe qui ne la touche pas mais la shoote avec d’autres, photos pornos et pédophiles. Sorte de trafic. Souvent, avec une amie, elles vont dans le swinging London « voir des gens ». Elles en reviennent avec des fringues insensées. La petite porte des talons YSL dorées très tôt.
Ce livre est assez ahurissant sur la maltraitance de cette fillette mais il est aussi intéressant sur les années 70/80 où tout est permis. Eva se raconte à la fois du point de vue de la fillette qui ne voyait pas le honte, du moins au début, aussi avec un esprit d’adulte qui reconstitue les rencontres artistiques ou littéraires qu’elles ont faites, traînant fréquemment à la Coupole ou au Flore, à Saint Tropez ou aux éditions Filipacchi. Les lieux, les gens, les décors, les musiques y sont décrits avec précision, c’est le charme de la nostalgie.
A la toute fin du livre, elle part à la recherche des traces de son père, elle ne connaît même pas précisément son nom. Elle parviendra à un résultat un peu frustrant, elle retrouvera sa tombe.
Le style est curieux, parfois classique puis soudain un peu vulgaire, émaillé d’argot non justifié. Elle est comme ça, d’après Liberati, parfois popu, et souvent capricieuse, colérique. On peut tout lui passer.

Innocence de Eva Ionesco, 2017 chez Grasset. 428 pages, 22 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins