Le mahousse Dossier M, tome 2

27/06/2018 Comments off

Plus de 800 pages, ajoutées aux presque 900 pages du tome 1 (le tome 1, c’est ici), c’est un très gros dossier le Dossier M que Grégoire Bouillier consacre à son amour perdu, M. Une voix le condamne à dix ans pour s’en guérir. Dix ans d’expiation sur lesquels rôdent le suicide pourri de Julien après que le narrateur a couché avec sa femme. A la fin du tome 1, je me demandais que ce que Grégoire Bouillier pouvait bien avoir encore à dire puisque tout est fini avec M. Définitivement puisqu’elle s’est mariée après qu’il ait raté le rendez-vous d’amour qu’elle lui avait donné et qui aurait pu tout changer. Une nuit entière pour conclure enfin. Car Grégoire Bouillier n’a jamais couché avec M. Près de 1800 pages pour une histoire mince comme le mode d’emploi d’une essoreuse à salade ! C’est qu’il va tout essorer de cette histoire !
Il va donc commencer par tâcher de remplir ce temps vide et vain qui s’ouvre devant lui. Ramasser des nacres sur la plage de Bretagne de son enfance à Plurien (!). Décrire cette tâche, la beauté des coquillages, la vacuité du village. Il n’a plus de vie sociale ou affective car il ne répond plus au téléphone, des fois que M appellerait et que la ligne soit occupée. Pourtant, juste avant le mariage qui a lieu en Californie, il va s’y rendre, il connaît Los Angeles, et saccager la cérémonie pour enlever la mariée. C’est décrit en détails. C’est tellement détaillé que je pense qu’il attige de pomper l’histoire du Lauréat. Mais c’est vraiment l’histoire du Lauréat. Il adore Ali Mac Graw, c’est la première qu’il a adorée. Ensuite, il évoque avec nostalgie Béatrice, la fille de sa classe qui les faisait tous baver, son premier baiser alors qu’à treize ans, son sexe n’était qu’un vermicelle. Lorsqu’il revient à la rentrée, Grégoire va lui montrer qu’il est devenu un homme pendant les vacances, qu’il peut bander, hélas, elle s’est évaporée de la région. Il va alors faire le rapprochement entre Béatrice (BM) et M (MB) qui est son exact contraire. Et amalgamer Ali Mac Graw avec elles. D’où la scène dans l’église.
Un an après, il va rencontrer Patricia qui est M plus tard, avec dix ans de plus, sans l’être. Il ne sait pas qu’elle est mariée quand il a le coup de foudre mais il  Julien se pointe, ils ne s’entendent pas bien tous les deux. N’empêche, Grégoire donne une petite clé à Julien, pourquoi ? Mystère. Mais elle va compter. La semaine suivante, Patricia va s’offrir à Grégoire et celle d’après, Julien va se suicider en l’accusant d’avoir baisé sa femme. Passionnant.
Durant toutes ces années de rien, il va nous raconter des histoires dont une sous forme de feuilleton, un navigateur du tour du monde en solitaire qui s’est suicidé pour ne pas montrer qu’il a triché, l’histoire de Kokoschka, peintre autrichien, qui fit faire une poupée grandeur nature à l’effigie de sa maîtresse partie, la femme de Gustave Malher, il organise des nuits entières de poker dans son appartement, puis il décrit toutes (ou presque) les femmes qu’il a consommées, rencontrées, croisées depuis M, avec acharnement, clairvoyance, humour ou désespoir. C’est parfois très drôle, souvent étonnant, toujours palpitant. Des histoires de bar où il passe souvent ses soirées à se bourrer la gueule, à rencontrer des gens, surtout des femmes.
Il se donne des missions comme retrouver l’enregistrement du concert de Miles Davis un jour précis d’octobre 82, auquel il a assisté puisqu’il a encore le ticket du Théâtre de la Ville, pendant lequel tout s’est arrêté car les plombs ont sauté. Miles jouait électrique alors. Du coup, il s’est mis à jouer a capella, avec quelques éclairages de fortune, jusqu’à ce que l’électricité soit rétablie. Il a mis trois mois à trouver la bande car en 2005, il y avait moins de choses sur Internet. D’ailleurs, il a créé un site sur lequel il poste tous les liens ou les photos ou les textes se rapportant au dossier M, à chaque fois qu’il en ressent le besoin. L’enregistrement (très rare) s’y trouve. Il se donne d’autres missions, bizarres, impossibles. Il ne réussit pas forcément.
Ce livre est indescriptible. C’est une somme. C’est comme passer plein de temps avec un ami qui ne vous lâche pas la grappe sur son problème sentimental, qui se prend le chou pour analyser chaque détail qui l’en rapproche ou l’en éloigne ou l’enrichit, c’est obsessionnel, prise de tête permanente. Mais brillamment exprimé, écrit de telle façon à ce qu’on s’ennuie pas, car on peut sauter quelques redondances. Il écrit lui-même quand il s’attaque aux soirées poker qu’on peut sauter jusqu’à la page 311 si on n’est pas fan.
Une partie très forte du livre, c’est lorsqu’il évoque l’épisode du mail envoyé à Sophie Calle et la vengeance de cette dernière « une femme qu’on ne quitte pas », à savoir son énorme expo qui a marché du feu de dieu. Une humiliation qui va faire le tour du monde. Il accepte malgré tout de la revoir, mollement. Elle l’invite au vernissage qui a lieu à Venise puisque Sophie Calle y représente la France avec ce travail. Il n’ira pas. Il acceptera cependant d’aller la voir à Paris, après le clap de fin, en privé. Il a du mal à regarder ce que les 107 femmes ont fait de sa lettre, beaucoup sont des amies de Sophie, donc très malveillantes envers lui. Décortiquée ainsi, l’œuvre « prenez soin de vous » est à revoir si vous avez le livre. Beaucoup de choses prennent un autre sens vues de l’autre côté, ce n’est pas un scoop. Passionnant. L’écrivain  aura bouclé la boucle avec l’histoire de Patricia et du suicide de Julien.
A la toute fin, il nous ramène à Picasso qui était là au début du tome 1 à propos du suicide de son ami. Cette fois, il s’agit de l’élaboration d’un tableau par le peintre, c’est passionnant à voir, il recouvre sans arrêt ce qu’il fait par autre chose, redéfait, refait, c’est dans le site (à voir ici) mais rébarbatif à lire sans l’image.On saura que sa peine est finie dans le dernier paragraphe…
Si vous aimez les vagabondages littéraires, foncez, mais prenez le au début au tome 1. C »est un peu du Proust moderne. Pourquoi pas ? Je le trouve formidable !

Grégoire Bouillier. Le dossier M. (Livre 2). 2018 aux éditions Flammarion. 868 pages, 24,50 €.

Texte © dominique cozette

 

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La couleur des sentiments : waouh !

21/06/2018 Comments off

Quel livre, mais quel livre ! La couleur des sentiments est le premier (et le seul, pour l’instant) roman écrit par Kathryn Stockett. Pour ceux qui (comme moi) ont du mal à trouver un éditeur, sachez que ce livre formidable a été refusé par 60 agents littéraires pendant trois ans, puis, une fois édité, est vite grimpé à un million d’exemplaires aux E.U. Aujourd’hui, avec les éditions de poche (et peut-être le film qui en a été tiré), on en est à 7 millions dans le monde. Ce n’est pas non plus parce que c’est un best seller que c’est un bon livre. Peut-être. Mais il m’a énormément plu.
L’histoire se situe au début des années 60, à Jackson, Mississipi, là où la ségrégation raciale est la plus violente. Les trois héroïnes principales — elles se racontent à tour de rôle — sont deux bonnes noires et une femme blanche.
La première bonne adore élever les jeunes enfants de ses maîtres blancs, elle en a eu dix-sept, y compris dont elle a la charge actuellement, négligée par une mère sèche.  Elle quitte toujours ses maîtres avant que « ses » enfants deviennent racistes, comme eux. Elle-même a perdu son propre fils étudiant qui promettait de faire de bonnes études et de s’en sortir. Il écrivait un journal sur la vie des Noirs.
La deuxième bonne, grande gueule, a quatre gosses et un mari alcoolique et violent. Elle fait avec, on ne quitte pas le père de ses enfants. Sa dernière maîtresse vient du bas de la société blanche, elle est givrée, mais elle aime sa bonne comme une amie (elle n’en a pas d’autres). Elle fait tellement de bêtises que sa bonne lui sert de garde-fou, secrètement,  laissant le mari croire que sa femme est une super maîtresse de maison. Il n’est n’est pas dupe et tellement amoureux !
Quant à la femme blanche, elle veut absolument devenir écrivain et commence à rédiger, grâce à la première bonne qui lui apporte son aide, un livre où de nombreuses bonnes témoignent sur la façon dont elles sont traitées par les Blancs. Parfois très bien, souvent très mal. Elles font cela dans le plus grand secret car dans cette société bien-pensante, toutes trois se mettent terriblement en danger. D’autres intrigues passionnantes se nouent sur ce tronc principal.
Ce livre est construit de telle façon que chaque chapitre offre un suspens haletant, un vrai page-turner comme on dit en bon français. Ce récit nous attrape par les sentiments, l’urgence, l’envie que tout se passe bien… mais il est dense et gros, chaque événement devient une menace pour l’une ou l’autre des protagonistes qui redoutent de terribles rétorsions. Et c’est comme ça jusqu’à la toute fin. Un livre palpitant qu’on a du mal à lâcher.
La romancière sait de quoi elle parle. Elle a effectivement vécu à Jackson. Elle a eu une bonne aimante et c’est en son honneur qu’elle a décidé de faire ce livre. Elle a écrit une petite postface à ce sujet.
La couleur des sentiments de Kathryn Stokett aux éditions Babel, 2009 aux USA (titre : the Help), 2010 chez Actes Sud. Traduit par Pierre Girard. 608 pages. 9,70 €

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Les Fessebouqueries #409

12/05/2018 Comments off

Sur un prélude sans come-back, la semaine commence péniblement avec l’envol de Maurane. Heureusement, les ami.e.s, que nous pouvons compter sur la fête à Macron pour nous apporter autant de joie qu’une déclaration de Trump ou une grève d’arrière-train sans Weinstein à Cannes. Sans Godard non plus. Heureusement encore qu’on a l’Eurovision avec l’espoir que Monsieur se comportera mieux avec Madame qu’à Koh Lanta. Pendant ce temps, Proutine et Merdevedev, amis de toujours et les Herbiers pas si chiants retournés chez les Chouans. On s’en remettra, de tout ça.

- DT : Après le fromage de Hollande, la feta Macron.
- PR : Recherche parti politique de gauche à vocation gouvernementale. Faire offre.
- HS : Face à l’ampleur sans précédent de la manifestation (38 900 personnes), un gouvernement fébrile annonce le retrait de l’ensemble des réformes. Emmanuel Macron se serait par ailleurs envolé en hélicoptère de Nouméa vers Baden-Baden, assure Le Media.
- MK: (la presse) « Le chômage baisse donc Pôle emploi va… licencier ». Comme il y aura alors plus de chômeurs, Pôle emploi va recruter de nouveau. Eh, eh, c’est qu’il y en a dans la tête des technocrates qui nous dirigent, hein !
- RU : Maurane : Elle avait donné un concert dimanche après deux ans d’absence et préparait un album hommage pour les quarante ans de la mort de Jacques Brel. 
Elle a poussé l’hommage un peu loin selon sa maison de disque.
- CC : Sur un prélude un peu trop tôt tout de même.
- YB : Cannes 2018 : palme d’honneur à Harvey Weinstein pour l’ensemble de son oeuvre
- LD : Mon voisin 85 ans a réussi à parcourir 12 km en contre sens sur l’autoroute . Après on dit que les vieux ne savent pas conduire.
- AB : Le 8 mai 1945, après avoir séché ses larmes, Jean-Marie Le Pen, 17 ans, se dit qu’il serait temps de s’inventer un passé de Résistant.
- HM : C’est curieux les guerres, d’abord on commet morts, puis plus tard on commémore.
- LB : Les parents qui font louper l’école à leurs enfants pour « partir en vacances » et de fait se moquent de la scolarité obligatoire, sont bien les mêmes qui viennent gueuler quand un instit est absent ou fait grève  ?
- AB : Vu sa chute dans les sondages, le benêt du bullshit Wauquiez organisera sa propre FêteÀLolo privée avec ses derniers fidèles dans les toilettes du siège des LR.
- SE : C’est scandaleux ! Assise face à deux enfants dans le train, j’ai demandé à changer de place pour plus de tranquillité et on me l’a refusé, sous prétexte que c’étaient les miens ! SUPER, MERCI LA SNCF !
- JB : La seconde guerre mondiale a provoqué de nombreux jours fériés, qui ont fait du mal à l’économie. STOP LA GUERRE.
- JT : Bon les jeunes pour la FêteAMacron ne saccagez pas de McDo hein, je vous rappelle que l’ennemi c’est pas les frites mais le brocoli.
- HL : Plus jeune, j’étais admiratif devant mon prof de philosophie qui pouvait disserter sur la citation d’un auteur pendant 2 h. entières. Mais finalement, ce n’est rien face aux animateurs de l’Equipe TV qui peuvent analyser une phrase d’un obscur joueur de foot pendant plus de 48 h.
- AR : Celui qui a inventé – pour notre sécurité bien sûr – de faire couiner les camions qui reculent, mérite d’être condamné aux acouphènes à perpétuité
- RR : La légende raconte que Neymar s’est blessé uniquement pour ne pas affronter les Herbiers.
- CC : En tant que gaucho, je n’ai rien contre un peu de fermeté mais Macron m’inspire à peu près autant qu’un Balladur en string cuir.
- NP : Bref Medvedev a été renommé premier ministre par Poutine, qui a été son premier ministre quand il était président, juste après qu’il ait été premier ministre de Poutine quand il était président.
- BL : Les bouchons de sécurité des produits ménagers pour éviter les accidents c’est jusqu’à quel âge ? Non parce que je n’y arrive pas non plus et là j’ai 32 ans quand même.
- BN : Ma fille qui râle parce que je me suis un peu servi dans sa tirelire… Alors je lui ai dit : Tu sais que Jean Moulin a donné sa vie pour toi petite ingrate ? Tu crois que lui ou Guy Môquet aurait pleurniché pour 50€ ? Tu es une honte pour la France qui gagne.
- GD : Chaque jour, Emmanuel Macron repousse les limites du mépris envers les pauvres. Elles se trouvent actuellement au-dessus de l’Australie.
- AL : Je viens de donner un yaourt à mon petit neveu avec la technique de l’avion sauf qu’au dernier moment j’ai crié Allah Alkbar en lui enfonçant la cuillère dans le front.
Ma mère n’a pas rigolé
- CC : y a des gens qui se promènent à cheval sous ma fenêtre, extrait : —  quand même, le vélo, ça sent moins mauvais et ça va plus vite
 — oui, mais tu peux pas le caresser et lui raconter tes malheurs
- NA : Donald Trump « ça ne serait jamais arrivé si les joueurs des Herbiers avaient eu une arme »
- AB : Rappel : Jean-Luc Godard est en coma profond depuis la fin du montage de « Week-end » (1967). Toute pellicule signée de son nom depuis cette date est un fake.
- CC : Donc non Brigitte Macron ne commercialise pas une crème de beauté à 86€ qui vous fait rajeunir de 25 ans et utilisée par Carla Bruni et Michelle Obama. Et son mari n’est pas non plus de gauche.
- AO : Ce qui serait vraiment étonnant cette année au Festival de Cannes, c’est de ne pas voir accidentellement de bouts de seins sur le tapis rouge…
- NP : Je ne dis pas qu’être végan c’est mal, je fais juste remarquer que si Eve avait bouffé une entrecôte plutôt qu’une pomme on n’en serait pas là. C’est tout.
- MK : « Les députés votent une réduction de leur paie ». En marche ? Non, en Pologne !
- RR : J’en ai tellement marre d’entendre en boucle la chanson de l’Eurovision que je vais interdire à mes neveux et nièces de me dire merci pour tout et rien.
- JM : On vit dans un monde qui considère Finkielkraut comme philosophe et Edouard Baer comme humoriste alors que ça devrait être l’inverse.
- DP : Les gens qui font des cœurs avec les mains, vous je sais pas, moi ça me donne envie de devenir illuminati.
- JB : LE SAVIEZ-VOUS ?
Avec la chanson Amsterdam, Jacques Brel lança le mouvement « balance ton port ».
- OK : Si ça se trouve, ils ont découvert que Dupont de Ligonnes était l’un des candidats de Koh Lanta. Alors ils ont préféré tout annuler.
- OM : Des visites scolaires dans les Apple Store… Je crois que ça y est, on a définitivement disrupté avec l’intelligence.
- RR : Il y a quand même des gens qui osent t’inviter au resto un soir d’Eurovision. Quel manque de savoir vivre:
- GB : — « Quand même. Ces élites coupées du peuple dans leurs petits palais parisien »  — « Lamentable. Et après ça se plaint de l’abstention »  — « Oh regarde. Hollande dédicace son livre dans un supermarché Leclerc dans un bled quelconque » — « Haha le con. Le plouc »
- AB : Les aventures de Mélenchon à Moscou mises en scène par Jean Yanne : tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Vive le Goulag, la RDA et la STASI !

FESSEBOUQUERIES  RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo.

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VNR dézingue au Chalumeau !

08/05/2018 Comments off

Je sais, elle est facile mais extrêmement pertinente ! Car VNR, le dernier roman de Laurent Chalumeau, raconte l’histoire d’un mec qui va dézinguer les personnes qui ont ruiné sa vie, son mariage, son travail. Oh, il n’ en a pas des masses. C’est d’abord le principal, dont tout est parti, celui qui a harcelé sa femme dans sa boîte, un cadre sup qui lui a pourri la vie à tel point qu’elle a porté plainte. A partir de là, c’est l’horreur : on va décortiquer leur vie à tous les deux, notamment leur relation au sexe qu’ils pratiquent avec ferveur, qu’ils pimentent souvent et qu’ils partagent parfois, très gentiment. Jusqu’à ce qu’elle soit considérée comme une salope, avec ses seins ravageurs et son allure de lionne conquérante. Puis vient l’avocate qui propose à cette belle femme en perdition de la reconstruire grâce à une psy. Une psy lesbienne qui déteste les hommes et lui retourne la tête, lui montrant comment son mari a fait d’elle la victime de ses vices. Et puis, par hasard car ce n’était pas dans le plan, le ministre qui n’a pas empêché la délocalisation de sa boîte, malgré ses belles promesses, le mettant au chômage.
Attention : c’est un livre sarcastique et énorme, complètement dingue ! S’il vous est arrivé d’avoir envie de vous venger d’un salaud (ou d’une) de la pire des façons, ce livre est pour vous. Le narrateur raconte tout aux futures victimes qu’il a entraînées chez lui, une à chaque fois, pour les torturer à mort. Ça craint. Mais on ne le voit pas à l’œuvre. On sait juste comment il va faire disparaître les corps. Il évoque parfois  l’admiration que l’on devrait porter aux kidnappeurs car c’est très délicat d’attirer un adulte pour lui faire sa peau. Il raconte en détail comment il a procédé. Et surtout, il leur montre, films à l’appui, sa vie heureuse d’avant et la merveilleuse entente sexuelle entre sa femme et lui. Le portrait beauf qui se dessine par sa narration est très drôle, façon Coluche un peu et c’est réjouissant.
C’est assez trash  mais pas plus qu’un film de Tarantino finalement.  Concernant les responsables qui vous foutent la merde au boulot, ça pourrait faire le pendant avec qui a tué mon père d’Edouard Louis,  l’humour grinçant et la dérision de Chalumeau en plus.

VNR de Laurent Chalumeau aux éditions Grasset. 2018.  186 pages, 17,50 €.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #408

05/05/2018 Comments off

Bon alors, que s’est-il passé cette semaine ? Rien. Les riches ne seront plus taxés pour fuir la sale France qui leur a piqué tant de fric, le président de la république paie  ses petits frais personnels, ah oui, quand même, bel effort mais à part ses bouchons d’oreille, je ne vois pas trop vu que les cadeaux qu’il fait, c’est nous qui les payons,  le ministre de l’intérieur a une efficacité aussi nulle qu’un prospectus à savoir 3% de résultats pour l’arrestation des Black Blocs, sinon, Hollande qui continue à produire ses petites perles qui n’intéressent pas grand monde. Oh, platitude de l’actualité souriante !
- NP : C’est sympa de vouloir mettre tout le monde dans le générique de fin des films. Mais quand je vais au restaurant il n’y a pas le nom du mec qui a conduit ma salade jusqu’à Rungis sur le menu . Mais je dis ça…
- HK : Je ne sais pas si c’est lié à la récente discussion que j’ai eue avec ma mère sur la bouffe italienne et les allergies, mais toujours est-il que, pendant ma sieste dominicale, j’ai rêvé que j’ouvrais une boutique intitulée Parmesan et Eczéma.
- NP : On peut encore dire muguet ou on doit dire mu-LGBTQ ?
- JT : Le coût de la vie a vachement augmenté, aujourd’hui des mecs achètent une virginité un million d’euros alors qu’à mon époque si tu savais jouer Wonderwall à la guitare tu en avais des gratuites tous les jours.
- FT : il y a moins de gens sur twitter les jours fériés parce qu’il y a moins de gens qui glandent au boulot
- ClD : « Il y a de l’illégalité dans les comptes de campagne de Macron. — Oui, mais il paye son dentifrice à l’Élysée. — Ha ? Ok. D’accord. Pardon. »
- CP : Sur BFN, ils reçoivent Geneviève de Fontenay pour papoter politique. Je te jure c’est vrai. Je vais rester un peu pour son analyse sur la Syrie.
- FZ : Je viens d’acheter un croissant avec mon propre argent car mon modèle est Emmanuel Macron.
- NP : Rappelons quand même que l’Exit Tax avait été créée par un grand ennemi des riches et de la finance : l’ultra-gauchiste Nicolas Sarkozy. Mais je dis ça…
- VS : La France, ce pays où la presse trouve génial que des gens pétés de tunes paient des trucs.
- GB : J’ai eu la chance de régler moi-même Mes courses, Mon resto, Mon journal, Mon gasoil, Mon péage, Mon crédit grâce au fruit de mon travail Je serai donc logiquement candidat à la prochaine présidentielle à la tête d’un immense mouvement de français normaux intitulé « Ouais. Et ? »
- AB : Le président Emmanuel « Dentifrice » Macron paiera de sa poche l’inutile service national à 3 milliards en économisant sur les croquettes du chien. Bel exemple de civisme.
- CC : Je lis avec stupeur et tremblements que G.L.Events opère des réductions lorsqu’on installe nous-mêmes les chaises. Je vais donc réétudier un certain nombre de devis
- LC : Suite à la main tendue de l’avocat de Laura Smet, le clan de Laeticia Hallyday va faire un geste en versant à Laura Smet une part de la maison de Johnny Hallyday à Saint-Barth. D’après mes infos, le clan Boudou est prêt à léguer à Laura l’eau de la piscine.
- PR : Personnellement, je trouve qu’un Macdo caillassé avec les vitres éclatées, le mobilier lacéré, le logo souillé, je trouve ça beau. Une forme d’esthétique sauvage qui redonne du sens à l’action du quotidien, saine, réaliste et proportionnée. J’aime bien.
- NP : Macron n’a pas menti : il n’est pas le président des riches. Il est leur ami. Leur meilleur ami. Nuance.
- JPT : Pari réussi pour la CGT : un Premier Mai à tout casser !
- AB : Il semble que la célébration de mai 68 soit avancée, menée par des petits-enfants de soixante-huitards avec smartphone et fringues fashion noires : « radical chic ».
- GD : Emmanuel Macron n’avait pas vraiment besoin d’être là pour le 1er mai. Il fait la fête aux travailleurs chaque jour depuis un an.
- PE : Pour dire à quel point Vélib fait pitié : aucun vélo municipal n’a été abîmé pendant les affrontements en amont du défilé du er mai.
- EN : Les blacks blocs, c’est une sorte de boy’s band, mais pas inoffensif.
- RU : AHAHAHAHAH… France Info : « les casseurs… les Black Bollock » … j’en ai fait tomber mon café
- YP : Un test de Q.I. pratiqué sur un black-blocs démontre que celui-ci atteint le niveau d’intelligence d’un cocktail Molotov.
- OM : Petit rappel historique à l’attention des casseurs d’extrême-gauche : en 1789 comme en 1968, AUCUN, je dis bien AUCUN, Mac Do n’a été vandalisé.
- AB : — Que ferez-vous ce soir Charles-Édouard ? — Chère Gladys, j’hésite entre un raout chez Côme et brûler un McDo. — Ciel, la seconde activité serait follement amusante.
- NP : Bref Macron a baissé l’ISF pour que les riches ne partent pas à l’étranger ne pas payer d’impôts et en même temps annulé une taxe qui dissuade les riches de partir à l’étranger ne pas payer d’impôts. Logique.
- RR : La zénitude c’est résister à l’envie de jeter des crevettes sur tes voisins de resto à Deauville qui crachent sur les fonctionnaires et déplorent la décadence de la France depuis 68 …
- NP : Cher Emmanuel Macron je suis d’accord que tu supprimes l’Exit Tax si en échange tu mets en place une Ré-Entry Tax : les exilés fiscaux payeraient plus chaque fois qu’ils veulent utiliser un trottoir, une route, un métro ou un hôpital payé grâce aux impôts. Bisous.
- AB :  Je ne pense pas que Macron soit le Président des riches, voire des très riches, comme l’a dit Hollande : il est plutôt le non-Président de la France d’en bas.
- HP : Quand tu donnes une interview à un journaliste, sache que c’est la phrase la plus conne de l’interview qui sera reprise en titre. Je conseille donc toujours de dire un maximum de conneries afin de semer le doute dans la tête du journaliste.
- CP : Quand les pauvres s’arrêteront de travailler, les riches disparaitront. C’est pas demain la veille. Vous êtes si cons et si nombreux !
- GD : « Les riches n’ont pas besoin d’un président. » (Mais une suppression de taxe sur l’évasion fiscale ne fait jamais de mal.)
- JPT : Formidable Hollande, devenu ex-Président pratiquement sans jamais avoir été Président !
- IP : Je vois les En Marche défendre les exilés fiscaux mais en réalité y’en a pas un qui est prêt à les accueillir chez eux.
- RR : Heureusement que Twitter n’existait pas en 1789, on serait encore tous en train de biner des patates avec nos révolutions virtuelles.
- AB : Les deux grandes différences entre Fillon et Macron sont l’âge et les sourcils. —  Ça fait trois. —  Ah oui.

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Categories: Fessebouqueries

Ceija Stojka : une formidable rom !

02/05/2018 Comments off

Je devrai dire romni. C’est, c’était hélas elle est morte, une femme extraordinaire, aujourd’hui exposée à Maison Rouge. J’ai d’abord vu sa peinture, une explosion de couleurs, une ode foisonnante à la nature qu’elle respecte et vénère, naïf, certes, mais extrêmement narratif et souvent très gai malgré les dramatiques épisodes passés dans trois camps de concentration avec une partie de sa famille, durant la guerre, alors qu’elle avait 10 ans. Son père a été exécuté rapidement, une perte énorme. Cette artiste autodidacte bouleversante, première femme Rom à parler du génocide les concernant, a peint sur le tard. Puis je l’ai vue, elle, même expo, dans un film de 20 minutes où elle raconte principalement comment ça se passait à Bergen Belsen. C’est horrible mais sa façon de narrer l’horreur démontre avec éclat la façon qu’elle a de prendre les choses du bon côté durant toute sa vie, quels que soient les malheurs qui la traversent.

Passionnée par ses récits picturaux et verbaux, j’ai acheté le livre qui vient de sortir, qu’elle a écrit. Car, illettrée, elle s’est arrangée pour apprendre les rudiments de l’écriture à son adolescence afin de s’élever. C’est comme ça qu’elle a écrit, sur le tard aussi, la vie qu’elle a menée avec sa famille chérie et tous ses amis roms, ou pas roms. Comment, de petites choses, ils font toujours une fête, se réunissent, dansent, chantent, des chansons très longues et chaque fois réinventées pour transmettre leurs traditions et les histoires familiales. Comment, d’un seul coup à 15 ans, elle devient mère sans le père, ce qui semble ne poser aucun problème … comment, ils travaillent tous, ils font les foires, les marchés. Ça se passe en Autriche, elle vit principalement à Vienne mais dans les années, 50, 60, ils circulent beaucoup avec leurs roulottes. Puis la caravane et la Mercedes, puis enfin, la sédentarité. Pour elle, la vie est un enchantement, et les enfants, la chose la plus chère du monde. Evidemment, la liberté dont jouissait cette communauté avant la guerre a vécu, il leur faut s’intégrer ou se cacher, ce n’est pas facile mais elle ne s’en plaint jamais. Elle a écrit sa vie sans haine (comment a t-elle fait ?) avec un appétit de jouissance et de bonheur extrêmement émouvant. Je viens de finir le livre, je vais retourner à la Maison Rouge pour m’imprégner de ses images, les revoir à la lumière de ce que j’ai appris. Passionnant, je vous dis.
Elle est morte en 2013, à 80 ans, en laissant un millier d’œuvres.

Nous vivons cachés de Ceija Stojka, suivi de deux entretiens plus d’un essai de Karin Berger, celle qui a réalisé le film et a fréquenté Ceija jusqu’à sa mort. Plus un cahier de photographies. Aux éditions Isabelle Sauvage, 2018. 298 pages, 27 €.

Exposition à la Maison Rouge (10 bd de la Bastille) jusqu’au 20 mai. Lien ici.

Texte © dominique cozette.

Categories: bouquins, kultur

Les Fessebouqueries #407

28/04/2018 Comments off

Semaine de franche rigolade où un ex-ministre français part valser en Espagne, où un ex-président se fout de la charité, tandis que l’actuel se fait brosser la clavicule par le maître du monde, où on balance les ports en Afrique d’un sale tycoon, où Bisounours-Cajoline s’invite en Corée et où Christine Lagarde restera toujours son propre guignol. Le monde continue de tourner, de toute façon.
- HD : Le beau temps toujours là s’est installé …FB va se farcir de doigts de pieds manucurés ..si possible au bord d’une piscine ..de barbecues …de cabriolets débâchés et de photo de plages..
- PM : Barcelonais, rendez nous Manuel Valls…non, je déconne
- CC : Il revient le temps du rosé pamplemousse dégueulasse, de la Fiat Punto à aileron, fenêtres ouvertes, garée en double file devant les terrasses bondées et des mecs en pantacourts.
Fuyez
- RR : Les voyelles dans l’alphabet, c’est comme les femmes dans les entreprises : en minorité mais indispensables.
- MK : « Pourquoi Emmanuel Macron va offrir un chêne à Donald Trump ? » Parce que ce sont deux glands !
- AC :  « Christine Lagarde s’attaque à la Corruption. 
Nicolas Sarkozy, Jérôme Cahuzac et Patrick Balkany ont également été nommé eu égard à leurs expertises respectives. »
- JC : Cette alternance de photos d’apéros ensoleillés et de vidéos de flics qui tabassent ou de fachos en montagne…
Magie de facebook.
- OVH : La grande nouvelle, ce n’est pas que la duchesse de Cambridge ait donné le jour à un garçon, c’est que pour une fois, en dépit de la pression des bookmakers, elle est entrée à la maternité ce matin et que pour une fois, ça n’a pas duré 12 jours, mais 8 heures, l’horaire syndical, quoi. Remboursez !
- MK : Vincent Bolloré me déçoit. Je le croyais dans un paradis fiscal, entouré de vahinés ; il n’est qu’en garde en vue à Nanterre, cerné de pandores, accusé de corruption. Il baisse.
- YB : Vincent Jawad Bolloré, le logeur de Nicolas Sarkozy, à nouveau placé en garde à vue
- JPT : Les grévistes de la SNCF font progresser la France et les Français : développement du co-voiturage et du transport par bus, développement du télé-travail. Ils ont fait gagner de cinq à dix ans à la France.
- RR : – Tu es souple toi ? – Oui très. J’arrive à faire « Ctrl / Alt Gr / Suppr » sans me briser une phalange.
- OVH : Bolloré en GAV. A-t-il pu rentrer passer la nuit chez Carla Bruni ?
- OM : J’espère que vous n’étiez pas trop attachés à la « Garde à vue », parce que maintenant que Bolloré y est passé, ça va être nul…
- JG : L’exact opposé du clitoris, seul bout du corps exclusivement dédié au plaisir, C’est le petit orteil, exclusivement dédié à se prendre des pieds de table
- OVH : Kim Jong-Un et Moon Jae-in : les amis Corée.
- DlP : J’ai un ami qui est à Tolbiac. Il me dit que ce qui s’est passé là bas est très grave. Il a vu des CRS manger des étudiants. Des pentacles sont tracés avec le sang des sacrifiés « Gloire à Macron » ou autre « Ave Jupiter sumus interficere ». Il faut le dire
- VS : Il y a plein de gens qui, à la fin de leur mail, dans leur signature, écrivent « n’imprimez pas ce mail » pour des raisons écologiques. Ce qui est très bien. Mais. Y a t-il vraiment des gens qui impriment leurs mails ?
- CC : On annonce un cru exceptionnel de millionnaires cette année en France. Je me demande même du coup si cela ne va pas ruisseler trop fort pour nous qui sommes assez peu habitués à une vie de luxe et d’opulence. Limite j’appréhende le syndrome Tuches
- MP : Si vous croyez pas au karma, sachez que mon nouveau banquier est le mec que j’ai salement plaqué en 1998 et qui m’avait dit «tu verras, un jour tu regretteras».
- QO : Macron est-il le président des riches ? La réponse cash de François Hollande :  »Ce n’est pas vrai. C’est le président des TRÈS riches ».
- DC : Bilan de la rencontre Trump-Macron : Head & Shoulders + un plantage de gland.
- BB : Quand un gorille âgé est confronté avec un nouveau mâle alpha plus viril, il manifeste sa soumission en épouillant le jeune mâle mais son geste est en fait une vaine tentative de l’humilier.
- CC : Bretagne, vol à la préfecture « Les cambrioleurs ont emporté un ordinateur, des drapeaux, le contenu du mini-bar, mais aussi un aspirateur et le portrait officiel d’Emmanuel Macron. La police privilégie la piste de fêtards ».
- PE : balancetonportafricain
- GG : Bolloré marabouté, il blanchit ses capitaux en Afrique et ils deviennent noirs ..
- NP : Les politiques passent leur temps à faire des plans pour les banlieues mais le problème c’est que les rares fois où ils y vont, ils utilisent un GPS. Alors forcément…
- EM : Bolloré Pompe Afrique
- OVH : Vincent Bolloré demande à son tour à devenir bénéficiaire d’une cagnotte publique comme Tariq Ramadan. Rappelons que le crowdfunding pour l’islamologue violeur hélvète, se trouve sur KissKissGangBang.
- NP : Ça devient ridicule : Hollande c’est le mec avec qui tu as refusé de sortir en 3e mais qui vient dire du mal de ton mec sur FB 10 ans après.
- RR : Maintenant que Hollande est devenu écrivain et que Valls va être élu en Espagne, Léonarda demande si elle peut revenir.
- ZA : À écouter certains hommes, je me dis que l’intelligence c’est ce petit supplément dame.
- OVH : Nordahl Lelandais jure qu’il n’a jamais été le maître chien de Bolloré pour soutenir ses méthodes esclavagistes en Afrique.
- JPT : A propos des directives de Blanquer (dictée, lecture, calcul mental), une enseignante : « ça nous ramène 60 ans en arrière ! » Si seulement c’était vrai ! Vous vous souvenez, c’était l’époque où n’importe quel gosse de dix ans savait lire, écrire ou compter.

FESSEBOUQUERIES  RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo.

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Categories: Fessebouqueries

Extraordinaire lambeau !

21/04/2018 Comments off

Philippe Lançon a été touché gravement au visage lors de l’attentat de Charlie. Il en parle souvent dans ses articles avec force détails sur sa reconstruction. Ne pas s’attendre à retrouver ces séquences dans le livre même s’il y raconte ses descentes au bloc, les ratages de greffes et autres énormes inconvénients comme les souffrances dues aux multiples tubes, la salive qu’on ne peut pas endiguer et qui coule, les cauchemars, l’impossibilité de parler etc… Dans ce gros livre bourré de consolations tirées de ses lectures (du classique) et des musiques dont il inonde ses lieux de soin (du classique et un peu de jazz), il s’applique à définir ce qui fait que sa vie d’avant n’est plus reliée à cette nouvelle existence. Il s’efforce de recréer le lien pour tenter d’être le même homme qu’avant. Il ne l’est plus, il sait qu’il ne le sera jamais plus. La communication qu’il maintient avec ses proches, familles, amis, professionnels, n’est pas un gage de reconnaissance du personnage qu’il a été. Mais il fait avec. Les personnes qui comptent le plus pour lui sont sa chirurgienne, une femme très sérieuse qui n’a aucune intention de s’épancher sur sa douleur et se refuse à toute complicité (garder de la distance est une façon pour les soignants débordés de ne pas tomber dans le burn out ou la dépression), la psychologue, la kiné. Il a aussi beaucoup d’empathie pour les gardiens de sa sécurité.
En bref, non, ce n’est pas possible, en bref. C’est une avalanche ininterrompue de ses avancées dans ce monde nouveau, leur description au plus fin, à l’os j’allais dire alors qu’on lui a greffé le péroné pour fabriquer sa mâchoire, habillé du « lambeau » de chair qui donne titre au livre. Outre le dévouement sans faille de son frère qui est là chaque jour, Lançon nous raconte comment sa relation avec son amoureuse s’est considérablement dégradée. Parce que rien n’est à sa place. Le malade n’a plus de pouvoir, de personnalité, il doit louvoyer pour se faire bien traiter par l’équipe, ne pas se plaindre à tout bout de champ, faire confiance même si un élément de son visage se casse la gueule. C’est pour cela qu’il s’aide de la littérature, de la musique. Songez qu’il a perdu la jouissance de tous les autres plaisirs, même de l’odorat. Il ne peut ni manger ni boire. Prendre une douche relève de l’exploit. Mais il s’efforce de marcher dans le couloir, ou dans le jardin des Invalides où il se rééduque. Penser que les choses qui l’ont perturbées après la fusillade c’est son téléphone qu’il n’a pas pu attraper et qu’il n’a jamais récupéré, son sac avec toutes ses affaires, carnets, livres, son bazar, qu’il a serré contre lui dans l’ambulance, et pendant longtemps, son vélo accroché à un poteau. Les images traumatisantes, bien sûr qui lui pourrissent les nuits. L’invasion de son esprit sur son corps, en permanence, ou comment concilier ses morts avec ses vivants quand on a un pied dans chacun de leurs territoires, comment pacifier son ancien et son nouveau moi, comment apprivoiser la souffrance quand on est la souffrance etc.
Même s’il évoque parfois le moment où il l’écrit, soit en 2017, la description de son quotidien de patient s’arrête la nuit de la tuerie du Bataclan, alors qu’il s’est rendu pour la première fois à New-York pour retrouver son amie.
Livre d’une richesse et d’une intimité effrayantes, superbement écrit, qui s’empare profondément de nous.

Le lambeau de Philippe Lançon. 2018 aux éditions Gallimard.  510 pages, 21 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #406

21/04/2018 Comments off

  Cette semaine, on se demande s’il faut retirer la Légion d’Honneur à Johnny, si Bachar est viré de la ZAD, quand Desproges arrêtera sa grève, que fait Kim Jung Un à Tolbiac, quand Estrosi tournera son Vol au-dessus d’un nid de coucous 2 et enfin si le sirop Macron se boit avec une ou deux mesures de Pernaut. Sous le soleil exactement, of course. Attention : écran total, seul écran autorisé aujourd’hui !
- CC : Il restait 30 gus qui demandaient qu’à se faire oublier entre 2 cocottes et 3 chabichous. Vous avez envoyé 2500 gendarmes. 2500. Et ce sont les zadistes qui fument du chichon frelaté à part ça.
- TL : « y a pas de cadeaux dans notre pays » Macron sur l’évasion fiscale : mort de rire.
- DT : La coalition contre la Syrie a tiré 102 missiles. 
D’où le nom de code de l’opération : 
SDF= 102 missiles fixes..
- CC : Le porno c’est gratuit et pourtant vous préférez quand même commenter une interview présidentielle un dimanche soir
- VC : La France a engagé une procédure de retrait de la Légion d’honneur de Bachar al-Assad ! Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer !
- NR : Si tu croises Castaner dans la rue, n’oublie pas de mettre ton voile catholique!
- YP : Biologie. On aurait découvert davantage de gènes d’humanité dans l’ADN des grands singes que dans celui des hommes.
- DC : La Ministre des Armées cherche volontaire(s) pour aller décrocher la Légion d’Honneur du buste de Bachar el Assad.
- YB : Sanctions internationales : le boucher de Damas en larmes après l’annonce de la volonté française de lui retirer la Légion d’honneur
- JMC : Juste pour rire: pour les envois en grande quantité de courrier (par exemple aux adhérents d’une mutuelle), la Poste Française sous traite ….À la Poste Hongroise. Vous avez bien lu (mais vous n’avez peut être pas bien reçu)
- OM : Autant pour Notre-Dame-des-Landes j’avais pas trop d’avis, autant pour Tolbiac y’a pas à discuter : non, tu construis pas un aéroport en plein Paris !
- OM : Perso je trouve aussi ça scandaleux que ces salopards de journalistes n’aient pas donné du « Monsieur le Président de la République » à ce bon vieux Manu.
- NP : Je me demande bien pourquoi Emmanuel Macron a choisi Pernaud, Plenel et Bourdin pour l’interviewer plutôt que Elise Lucet… Nan je déconne.
- RR : paradoxalement quand on est refroidi, ça chauffe chez les héritiers…
- NA : Christian Estrosi propose de protéger les écoles contre Daesh avec un policier armé de sa bite et de son couteau
- GB : Taper comme un sourd en préalable. Toujours. Ensuite parlementer sans écouter l’autre. Se quitter sans avoir rien réglé. Puis rentrer déplorer la situation. Le gouvernement à Notre-Dame des Landes ressemble de plus en plus à mon oncle aviné qui a un accrochage en voiture à Marseille
- CC : J’hésitais très sérieusement entre faire un statut hommage à milos forman et écrire quelque chose sur le fait que j’ai vraiment hyper faim du coup j’ai décidé de mater vol au dessus d’un nid de couscous
- DT : Imagine un instant que les cheminots décident d’arrêter leur grève, sans crier gare…
- DC : Dédé Boudou, gendre de Johnny, victime d’un infarctrust !
- TK : J’ai aéré mon appart 15 minutes, j’ai fait rentrer trois mouches, une guêpe et un mec en sarouel qui s’est installé dans mon salon pour fonder une société alternative basée sur l’égalité et le partage.
- OM : Actuellement en plein atelier déjeunatoire en non-mixité raciale, sexuelle, générationnelle et génétique. Bref, je bouffe seul.
- GD : Certes, on va laisser un monde sans abeilles ni oiseaux ni faune sauvage, mais avec des voitures qui se garent toutes seules. Quand même.
- RR : Fac de Tolbiac : 12 étudiants évacués selon la police, 250 journalistes selon les syndicats.
- ML : Faut faire gaffe à ce genre d’arnaques, par ex :  — les activistes qui se font passer pour des cheminots  — les cheminots qui se font passer pour des étudiants  — les banquiers qui se font passer pour des présidents  — la droite dure qui se fait passer pour le centre…
- NP : Dire qu’on est en 2018 et qu’on a encore besoin de rappeler que Desproges n’a jamais fait de texte sur « les juifs » mais des textes contre l’antisémitisme…
- AB : Trente ans sans Pierre Desproges, c’est à peu près aussi long et chiant que cinq minutes avec Eric Ciotti et Nadine Morano.
- NR :  — Je comprends votre malaise Madame, mais je ne peux pas vous aider.Tout le monde doit participer à l’effort collectif pour redresser la France  — Moi, Monsieur Macron, je paie l’ISF  — Ah, ça change tout…Qu’est-ce que je peux faire pour vous ?
- AB : Les gens mis en GAV devront donner le code d’accès de leur téléphone. S’ils n’en ont pas, on leur perforera le crâne à la perceuse afin d’y implanter un mouchard
- RR : A Cuba, ils découvrent Internet et téléchargent les Beatles et Michael Jackson. On leur dit que Mozart est mort aussi ou c’est trop tôt ?
- JPT : Notre-Dame-des-Landes : le maquis de ZAD.
- DC : Mai 2018 se prépare. Trois mecs sont en train de dépaver ma cour !
- YB : carnet rose : après le rapprochement avec la Corée du Sud et l’arrêt de ses programmes nucléaire et balistique Kim Jong-un annonce ses fiançailles avec Donald Trump
- RR : TGV 10h25 : Des enfants hurlent, certains engueulent leurs parents tandis que d’autres rampent en mangeant des bananes avec des gommettes sur le front. A mon avis, l’apocalypse est proche.

FESSEBOUQUERIES  RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo.

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Categories: Fessebouqueries

Les Fessebouqueries #405 (Peugeot)

14/04/2018 Comments off

Cette semaine, nous avons confirmation que le président est de plus en plus frappant et qu’il adore relancer des vieilles tendances comme l’habit Goterie, le Pernod en apéro du midi, le lancer de Miss îles, le Zorro zazou en Zad et les carabistouilles pendant que notre ancien prèz nous fait un petit coucou genre si si je vous assure que j’ai fait tout ce qu’il faut, c’est écrit dans le livre, tandis que Zücky de FB se prend un costard-cravate. Fi du train-train en grève, notre poète préféré fait un dernier tour de piste aux étoiles avant de s’enfouir, en musique et clap-clap, dans les plus belles ruelles du vieux Paris. Faisons comme Izia, rions !
- OV : Je me demande si Mark Zuckerberg va répondre aux questions du Congrès américain sur Facebook dans l’ordre chronologique ou en mettant celles qu’il préfère à la Une ?
- CC : Je n’ai rien contre le Paris-Roubaix mais je préfère quand même le Paris-Brest
- PR : Et si ouvrait à la concurrence chaque train ? Un wagon Vinci, un wagon Bouygues, un wagon Emirates, un wagon Vivendi, la loco General Electric ?
- JPT : Marine Le Pen reproche à Macron de se faire interviewer par un « journaliste illégitime ». Et alors ? Je ne vois pas où est le problème. Il a bien débattu l’an dernier pendant deux heures et demi avec une incompétente.
- HD : Macron « Le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, il nous incombe de le réparer ». Répare déjà le lien entre l’État et :
 —  Les chômeurs 
—  Les associations 
— Les pauvres
 — Les cheminots 
—  Les retraités
 —  Les handicapés 
— Les fonctionnaires 
— Les enseignants. 
Et après on verra s’il te reste du ciment.
- NBF : Attention les catholiques, Macron, il va rapprocher l’Église de l’État puis il va privatiser l’Église.
- MK : Qu’un sang impur de zadistes abreuve nos macron-sillons !
- AdN :  Une certaine Christine B. aurait eu un orgasme en écoutant Emmanuel devant les évêques, une enquête est en cours sur twitter.
- JB : Vous allez voir qu’on va bientôt découvrir que Macron a un compte au Crédit Agricole de Sablé-sur-Sarthe.
- CC :  j’ai repris la musculation en essayant d’ouvrir un sachet de fromage râpé sans sortir les ciseaux
- GS : Démocratie: 5 CRS pour 1 manifestant, mais 1 infirmière pour 30 patients.
- OM : On rigole avec Macron chez Pernaut mais quand il va parler de “startups disruptives”, il y a au moins 30 millions de français qui vont saigner du nez…
- JT : Cette stratégie qui consiste à organiser Macron-TF1 à l’heure de la sieste des retraités, c’est quand même bien la preuve que ce gouvernement n’aime pas les vieux.
- NP : Mark Zuckerberg vient de changer son profil Facebook de « Maitre du Monde » à « C’est compliqué ».
- RdB : Pensez ce que vous voulez des zadistes, mais si une intervention militaire contre des citoyens pour raison administrative (1 an après celle de Nuit Debout) ne vous effraie pas, vous me paraissez quand même bien mûrs pour une dictature.
- DA : L’info de la soirée c’est que François Hollande n’a pas dit qu’il ne serait plus jamais président.
- RR : Arrêtez de stresser avec les grèves. Au rythme où la foi avance en ce pays, on se déplacera bientôt en marchant sur l’eau.
- IZ : Ce moment indéterminé où tu t’aperçois que l’anagramme de TOLBIAC, c’est BIACTOL.
- RdB : Martine 42 ans sur FB « Superbe photo de mes enfants Léo et Lola tout nus dans notre piscine du 8 bis impasse des lilas à Plouc-sur-Mer ». Martine 42 ans sur le forum 60 millions de consommateurs : »Keuwa ?! FB partage nos données à notre insu ?! Mais c’est dégueulasse !! »
- AB : À force de tergiverser sur la Syrie, Macron et Trump enverront un ambassadeur chez Assad avec une règle en bois pour lui taper sur les doigts.
- MTC : Le lien entre ma motivation et mon Le Travail s’est abîmé, il nous incombe de le réparer. Un verre de vin blanc c’est un peu comme du ciment, non ?
- NA : Monseigneur Barbarin serait plus pour renforcer le lien entre l’église et l’école primaire.
- PLG : Casser le code du travail, supprimer l’ISF, privatiser la SNCF, réduire les retraites, tabasser les étudiants, ramener la religion dans l’état, mépriser les soignantes, franchement on pense ce qu’on veut de Fillon mais au moins depuis qu’il est élu, il applique son programme.
- AB : Le cardinal Macron et l’archevêque Wauquiez vous prient d’assister à la béatification de sainte Christine Boutin, patronne des crapauds de bénitier. Tenue correcte exigée.
- CC : Eh les zadistes, Z’êtes trop cons : vous auriez dit que vous étiez une communauté religieuse, jamais il vous aurait fait évacuer le Président
- OG : C’est marrant comme les enterrements de vie d’homme sont plus tristes que les enterrements de vie de garçon.
- RR : A mon enterrement, je veux de la musique. Elle adoucit les morts.
- CS : Il y a deux mois, il hésitait à agiter le goupillon devant un cercueil, v’là-t’y pas qu’il lèche les bottes aux grenouilles de bénitiers maintenant !
- TH : Ah merde la grenouille de bénitier redevient tendance. La chasuble is the new petite robe noire 2018.
- VN : « Les riches n’ont pas besoin d’un président » (Macron). C’est totalement faux. C’est fondamentalement erroné. C’est ne rien comprendre à la politique. Les riches ont besoin d’un président qui casse les solidarités et la redistribution. Pour être toujours riche.
- AB : Le toujours jeune et fringant Jean-Pierre Pernaut, 127 ans, recevra la médaille de vermeille des pseudo journalistes surpayés pour services rendus à la Macronie.
- MTC : «En avril, commence à te raser le persil» [Proverbe d’estheticienne]
- SN : Après avoir entendu le discours d’Emmanuel Macron devant la conférence des évêques de France, la laïcité s’est présentée au commissariat pour déposer plainte pour viol en réunion.
- NMB : Ok. Chaque fois que je vois « ouverture facile » je sais que je vais finir en larmes en train de déchiqueter le bazar avec des ciseaux en poussant des petits cris.
- OM : Moquez vous, en attendant au Top 10 des plus gros succès de Jean-Pierre Pernaut, notre Président est désormais à égalité avec le nougat de Montélimar et la véritable charentaise des Charentes !
- RR : Borloo s’occupe des banlieues, Toubon défend les droits fondamentaux… Dans peu de temps Boutin prend la tête du planning familial.
- AB : Tarnac. Pendant que la justice relaxe après des années d’accusations démesurées et la prison, le gouvernement mobilise l’armée pour mater un village d’utopies concrètes.
- OK : Milos Forman.woman est mort. Finalement, c’est vrai que ce n’est pas top l’écriture inclusive.
- DC : Et qui vole au-dessus d’un nid de cons-cons aujourd’hui ? C’est Milos !
- EM : « Et pour remplacer les trains je vais lancer des autocars à bistouilles. » Macron.TF1
- OM : En même temps, si en France les étudiants avaient des « diplômes en chocolat », au moins ils seraient sûrs d’avoir quelque chose à bouffer…
- RdB : « La ministre de la santé envisage une deuxième journée travaillée mais non payée ». Ben ouais tiens, pourquoi on irait s’emmerder à traquer les évadés fiscaux au Panama alors qu’on a des smicards sur le territoire qui peuvent raquer ?
- DK : Je viens de voir sur BFM qu’un américain a inventé un truc pour lire dans les pensées. J’veux pas briser son délire mais ça existe déjà et ça s’appelle une femme.

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Categories: Fessebouqueries

Les Fessebouqueries #404

07/04/2018 Comments off

Sale temps pour les poètes de l’amour : JV Placé a commis une sacré bévue, sexiste et déplacée (j’ai bu j’en ai bévu pas vous ?), Boudou le beauf à Johnny traficote dans la caisse, ça doit être l’atavisme ((Boudou, quelle famille !), la SNCF déraille et chaque jour on se tape Pépy tôt mi corazon à la radio, pfff, mais tout ça ne serait qu’une chatouille sous le pied si, horreur et pestilence, la Grande Faucheuse n’avait attrapé le grand Jacquot par le plumeau, quel toupet !, pour épousseter les quelques cendres de Johnny qui voletaient encore ça et là. Champagne pour tout le monde et pour les autres auusi pour la peine (de coeur).
- JLL : Geler les avoirs de Johnny ? On va pouvoir relancer la tournée Hallyday on ice !
- CP :  Grégory Boudou, le frère de Laeticia Hallyday, est en garde à vue dans une enquête sur sa discothèque du Cap d’Agde. De plus, les policiers veulent savoir pourquoi, lors de la descente des enquêteurs, tous les clients de la discothèque étaient habillés.
- BS : C’est parti, vous avez 3 mois pour vendre vos biens immobiliers en bordure de voies ferrés avec cet argument imparable : Ah non, non, on ne les entend pas les trains, allez-y ouvrez la fenêtre.
- RV :  Comme dirait Rachida Dati:  » mieux vaut se sentir bottom-up que botox-down ! »
- CC :  quand je vois les montants des agios je me dis que ça n’a jamais été aussi cher d’être pauvre
- OM : Grève des cheminots : 1er jour de grève selon les syndicats, 2.857ème selon les médias.
- JPT: A Bordeaux, 34% de grévistes, 2% de trains. Cela signifie-t-il que 66% du personnel ne servent pas à grand chose ?
- CP : Une copine policière me confirme que Jean-Vincent Placé est en garde à vue. Mais il est tellement torché que c’est plutôt une « garde à bu ».
- PM : Jean Vincent placé en GAV…le verbe est dans la phrase
- DC : Placé en garde à vue ! Il a enfin trouvé sa place ! Ah ah ah !
CP : Ça blague dans le milieu politique sur Jean-Vincent Placé : - »Il a enfin trouvé un poste. Le poste de police » - »Avant, il était écolo et maintenant alcoolo » - »Les femmes l’appelleront désormais Jean-Vincent Déplacé » - »Depuis qu’il a arrêté la politique, il est au bout du goulot »
- OM : N’empêche on se fout de sa gueule, mais Jean-Vincent Placé n’a jamais été aussi près d’un destin à la Nicolas Sarkozy…
- NP : Te faire arrêter bourré, après avoir emmerdé une fille, insulté un portier et menacé des policiers, quand tu es d’origine étrangère c’est quand même la preuve que tu as bien intégré la culture française.
- IBL : Toutes façons la SNCF c’est parti en couille le jour ou ils ont installé la Gare de Lyon à Paris.
- OM : Je suis dans un train bondé, des gens qui ne se connaissent pas s’engueulent sans raison. On se croirait sur Twitter.
- NP : Une pensée particulière pour Sarko coincé depuis plusieurs jours en gare d’Avu.
- AB : La GAV étant le dernier plan médiatique à la mode, sur le conseil de son coach en com, Jean-Vincent Placé se bourre la tronche pour ne pas rater le coche.
- DC : Mon coeur est en deuil. Higelin est parti. J’attends Higelautre…son fantôme tonitruant.
- JPT : Au moins, Higelin, lui, a légué son talent à ses enfants de son vivant.
- NP : Depuis l’annonce de la disparition d’Higelin j’ai ses chansons qui tournent en boucle dans ma tête… Du coup j’ai très très peur du jour où Sardou va mourir.
- NA : Vincent Placé condamné à 2 mois de TIG dans un bar PMU Breton pour apprendre à gérer l’alcool.
- LP : La GAV de Jean-Vincent Placé étant prolongée, Nicolas Sarkozy lui propose de dormir chez lui ce soir.
- JT: Quand vous annoncez le décès d’une célébrité merci de penser aux hypocondriaques et nous dire quelle en est la cause, on aimerait bien savoir de quoi on doit s’inquiéter.
- CC : La nuit promet d’être belle car Mona Lisa tombée du ciel klaxonne. Une rousse au chocolat trop petite pour être malheureuse chantonne qu’elle ne peut plus dire « je t’aime ». Dans un dernier sourire Jacques répondit « je suis mort qui, qui dit mieux : Champagne ! ».
- JB : ALERTE SOLEIL
Que faire en Bretagne en cas de soleil ?
Le soleil est cette sorte de boule lumineuse dans le ciel qui peut apparaître entre deux averses et trois nuages gris. 
Il suffit généralement de plisser les yeux quand on sort dehors, et de retirer son ciré et son caban. 
Ne regarder ni trop haut, ni trop bas (car le soleil se reflète dans les flaques d’eau). 
Un brusque accroissement de luminosité est souvent compensé Sud-Loire par le port de lunettes adaptées (lunettes « de soleil »), mais le plus simple ici est de se réfugier dans un bar en attendant la prochaine averse.

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Categories: Fessebouqueries

Rouge de soi. Une splendeur !

04/04/2018 Comments off

Si vous ne connaissez pas Babouillec, vous ne me croirez pas. Son portrait ici. C’est une autiste profonde qui n’a jamais appris à lire, à écrire, à parler mais qui possède un cerveau somptueux. Elle retient tout, s’intéresse à tout, écrit comme personne avec un vocabulaire insensé. Chacune de ses phrases est une lumière dans une explosion d’artifice, c’est interrogeant, ça demande une attention pour ne rien rater car tout est important, ou interpellant, ou philosophique dans Rouge de soi. Comme dans Algorithme éponyme et autres textes son premier opus.
Il faut savoir qu’elle « écrit » en déposant des petites lettres en carton sur une feuille et c’est sa mère qui transcrit tel quel. Pas une seule faute d’orthographe, jamais. Des litanies superbes, des pensées magnifiques.
C’est un roman, l’héroïne s’appelle Héloïse Othello, elle est danseuse et participe à des ateliers de créations. Elle a deux chères amies plus le frère de l’une d’elles, en sus, pour le fantasme. Elle a aussi une réparatrice de vie, madame Sanchez (jeu de mot ?) qui la remet sur des rails. C’est pas qu’elle veut être comme tout le monde, avec son cerveau qui ne se plie pas aux règles sociétales, bien au contraire, elle attache une grande importance à la différence mais cherche le minimum de confort pour pouvoir communiquer.
Héloïse, qui jouit de l’autonomie de son corps ce qui n’est pas le cas de Babouillec, est néanmoins sa projection. Elle aussi écrit son livre qui va s’appeler Rouge de soi. Elle explique : « rouge comme les interdits, le sang, l’intimité, l’émotion suprême, la timidité, le dépassement de soi dans la profondeur de l’identité, le carrefour des sens interdits. »
A lire absolument si vous êtes amoureuse/reux des mots, des questions philosophique, du vocabulaire. C’est l’éloge de la différence ou comment faire d’un enfermement terrifiant la zone de décollage d’une poésie hallucinante !

Quelques citations d’Hélène Nicolas, alias Babouillec :
« La définition du mot plaisir oriente notre vision du plaisir : fournir du désir à nos intentions. La vie occupée à décrypter les intentions polymorphes de ses hôtes ignore la routine. »
« La liberté d’opinion est un acte précieux inscrit dans la charte des droits de l’homme. A-t-on le droit de s’en servir lorsque nos opinions froissent notre famille, doit-on élire à l’unanimité les opinions permises ? »
« Ma soeur, c’est la nana qui aimerait squatter votre subconscient pour écrire votre histoire avec ses idées. Elle fait partie des gens qui prennent beaucoup de place. Elle ne sait pas où loger son « elle », alors elle déborde. »
 » Suzy la femme a la générosité sauvage d’un cerveau sans garde-fou. Elle a laissé entrer Héloïse et ses valises remplies d’inconvenances  dans la démesure. Suzy, cette raccommodeuse d’esprits effilochés, aide son amie à rassembler les morceaux rouges de soi ».
« Je me suis battue en dehors des conventions sociales qui véhiculent des modèles indéchiffrables dans ma panoplies sensorielle, ce vaste monde de l’auto-construction et je me suis construite dans cet indéchiffrable surréalisme de la pensée, cet ailleurs tellement loin de l’hypothèse du bébé parfait. Combien sommes-nous dans ce monde réglementé à dérailler dès la naissance et à ne jamais trouver la bonne bicyclette ? »
Et la plus belle :
« Avec l’écriture, j’ai enfin trouvé un moyen de me raconter sans parler de moi. »
Epoustouflante, je vous dis !

Rouge de soi de Babouillec, 2017 aux éditions Rivage. 142 pages. 15 €

Texte © dominique cozette

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Trouville Casino, drôle de jeu (d’écriture) !

02/04/2018 Comments off

Pour une fois, je ne parlerai pas d’un livre parce que l’aimé, mais parce qu’il m’a étonnée d’une drôe de façon. Il s’appelle Trouville Casino et relate, si on peut dire, le braquage du Casino de Trouville par un pépé de 75 ans, un type tout ce qu’il y a plus ordinaire, sage et banal. C’était en 2011, durant l’été. Sans maquiller la plaque de sa modeste caisse, armé d’un petit pétard dont il ne s’est peut-être jamais servi, il s’empare de quelque milliers d’euros, tire sur un policier qui avait son gilet para-balle, s’enfuit, re-tire sur un policier à un barrage, prend un otage et sa voiture (l’otage saute et s’enfuit) puis, à un autre barrage, tire à nouveau. Mais il reçoit deux balles, et il mourra.
A partir de ce maigre argument, réel, Christine Montalbetti va écrire un truc qui n’est ni une fiction, ni l’histoire de cet homme. A part la reconstitution précise, à l’heure près, des fait, elle invente le reste. Mais elle nous en informe. Elle nous dit qu’à chaque fois, c’est ce qu’elle imagine. Sa rencontre avec sa compagne, l’emménagement dans la maison de celle-ci, dans l’Orne, où rien ne lui appartient, la pêche, les visites au Casino pour jouer etc…
On a vraiment l’impression qu’elle fait du remplissage. Ce n’est pas désagréable, certes, mais c’est curieux. Ce n’est pas non plus très palpitant. Elle raconte ce que pouvait être ce petit village, avant notre ère. Puis au moyen âge. Elle imagine comment ça serait d’aller dans le petit salon de coiffure, elle invente des animaux dans la maison, des insomnies, elle raconte le lac Léman parce que quelqu’un du village est allé en Suisse, etc. A la toute fin, pour ne pas finir trop vite sur le dénouement, elle décrit diverses choses, dont le camping du golf etc…
« Je vous en supplie, n’écrivez pas sur vos blogs qu’il est dommage que je digresse. »
supplie -t-elle quelque part, car elle est comme ça, c’est sa façon d’écrire. Bon,  voilà. Au début, je me disais que ça fait comme des vacances mais moi qui suis impatiente souvent et pragmatique toujours, ça finit par me lasser. On peut aimer. Donc, si leur cœur vous en dit

Trouville Casino de Christiane Montalbetti. 2018 chez le regretté P.O.L

Texte © dominique cozette

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Valérie Lagrange la bourlingueuse

31/03/2018 Comments off

C’est une très belle plante quand elle commence, à tel point, que les grands réalisateurs, Godard, Lelouch, Schroeder, Garrel la font tourner quand elle veut bien, parce qu’elle n’a pas que ça à faire. Elle a sa vie, ses rencontres, ses fiestas, ses aventures de toutes sortes, ses ivresses, elle qui ne picole pas mais touche à tout le reste, comme tout ceux qu’elle fréquente, la bande de la Coupole d’abord avec Marc’O, Bulle Ogoer et Kalfon avec qui elle vivra une passion rageuse où chacun fait ce qui plaît, couche avec qui lui plaît, va tourner loin. Elle a eu un petit gars très jeune, s’est mariée, puis a quitté le papa qui s’est suicidé pour la peine. Dur. Le petit gars, elle le trimballe parfois, souvent le laisse à ses parents. Sinon, elle entre en hippitude, va partout où se regroupent les adeptes de la route, sans jamais rien prévoir, Maroc, Baléares, Asie. Une grande bourlingueuse. Entre de très longs voyages, elle occupe les squats en vogue dans les grands villes. Elle travaille sa guitare avec les musiciens rencontrés, monte un groupe puis des groupes, enregistre de nombreux albums, se déchire avec des amoureux jusqu’à ce qu’elle rencontre celui avec qui elle est encore, déglingué aujourd’hui par les drogues et l’alcool mais dont elle s’occupe car il ne sait plus le faire.
On expérimente la vie des années de libération extrême, on côtoie ceux qui ont fait l’actu artistique ou défrayé la chronique hype et surtout on y voit une belle personne qui n’a jamais fait de plan de carrière. Sauf que plus tard, vers les quarante et quelques, elle aurait bien aimé que sa musique marche plus fort. Elle a quand même eu un prix aux Victoires.
C’est un livre édifiant pour les gens qui, comme moi, n’ont jamais taillé la route pour courir après les chimères, se mettre en danger, suivre un groupe au débotté sans rien d’autre qu’une guitare à la main, se défoncer à toutes sortes de substances, prendre la vie comme elle se présente sans se poser trop de questions. Ça ne rit pas tout le temps, bien sûr, dans ces communautés en marge, mais ça pulse. En tout cas, si son coeur en a pris un coup à chaque mort de ses amis, cette vie de dingue n’a pas fait de ravages sur sa belle gueule. Peut-être aussi parce qu’elle a pris son temps pour méditer, contempler, réfléchir…

Mémoires d’un temps où l’on s’aimait par Valérie Lagrange, première sortie en 2005 au Pré au Clercs, réédité en 2017 aux éditions Le Mot et Le Reste. 382 pages, 24 €.

Texte © dominique Cozette

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Une sacrée nana qui n’a peur de rien!

31/03/2018 Comments off

C’est une frêle personne, Catherine Poulain, mais avec un courage d’acier. Elle a vécu de drôles de choses, a fait de drôles de boulots, en tout cas, a passé dix ans à pêcher avec les foutus marins sur des foutus bateaux en Alaska. Et si vous n’avez jamais vu ces redoutables reportages de pêche dans les conditions extrêmes, où on risque de périr chaque jour en glissant sur un pont chargés de sang et de viscères, d’être emporté par une monstrueuse vague, accroché par un hameçon géant, déséquilibré par un énorme flétan, empoisonné par les épines d’un poison redoutable ou fatigué de n’avoir pas assez dormi, car on ne dort que très peu, d’avoir trop bu ou pris trop de dope, ou tout ça ensemble, vous découvrirez ce que c’est que ce cauchemar auquel les pêcheurs et elle sont accros. Pourquoi ? Parce qu’ils fuient, parce qu’ils ne savent pas faire autre chose, parce qu’ils kiffent la décharge d’adrénaline qui les cuirasse, qu’ils se sont habitués à ce satané corps à corps avec la mort qui les rend insensible à la souffrance, à la crasse, au froid, au danger et qu’ils n’attendent souvent qu’une chose : se bourrer la gueule à mort pour dormir enfin.
Ce premier roman couronné de nombreux prix raconte ce que cette femme insensée a vécu en dix ans. Une héroïne qui refuse d’être considérée comme une demi portion, refuse souffrance, douleur, peur, tout ce qui pourrait l’empêcher de faire comme les hommes qu’elle côtoie. Elle rencontre son double, le grand marin, un homme brisé par la vie qui ressuscite à son contact. Mais l’amour tranquille n’est pas un projet. Coûte que coûte, elle continuera à chevaucher la mer, le retrouvant peut-être au hasard des bateaux qui les emploient.
Formidable bouquin, d’un inconfort total, formidable portrait d’une femme extraordinaire qui sait se faire respecter.

Le grand marin, par Catherine Poulain. 2016 aux Editions de l’Olivier. 374 pages. Existe en poche.

Texte © dominique cozette

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