Les Fessebouqueries #427

19/01/2019 Aucun commentaire

Ils sont venus ils sont tous là lorsqu’ils ont entendu ce cri : elle va mourir la démocr… Ah, non, je recommence. Ils sont venus ils sont tous là lorsqu’ils ont entendu ce cri : Guéant condamné à un an de pri… Flûte, ça ne rime pas ! Ils sont venus ils sont tous là lorsqu’ils ont entendu ce cri : Benalla accusé de … Soral condamné à … Ghosn emprisonn… Mais pourquoi veux-je absolument chanter cette ritournelle ? Bah parce qu’ils sont venus, ils sont tous là, où ils y viendront dans les deux mois, à la grand-messe, nos maires, nos pairs, nos zélus, nos ceinturés de tricots-l’or, tous ceux qui n’avaient jamais imaginé le goût authentique, le moelleux, la saveur unique du Président.


- ES : Lancement du Grand Débat National en terres normandes : Macron invente la péquenocratie.
- GD : Nous vivons quand même une période totalement dingue où un dirigeant politique répond à des questions qu’on lui pose.
- JPT : Dans ce pays de merde où l’Etat ne songe qu’à dézinguer le service public afin de distribuer des dividendes au capital, j’ai dû payer 1 euro pour faire le trajet Clermont-Ferrand-Alès, soit 255 kilomètres. De qui se moque-t-on ? Qui peut encore s’offrir pareille fantaisie ?
- JB : « Je suis en train de lire le prix Goncourt, ça m’a l’air super ».
 Heeeeey, c’était ma première critique littéraire, je me sens un peu comme Pénélope Fillon après des heures de boulot.
- MK : Quand Jupiter nous montre le bonheur, le pauvre regarde son doigt d’honneur.
- MK : Chouette, Claude Guéant définitivement condamné à 1 an de prison. Beurk, il ira pas ! Vous avez déjà vu un ministre en prison, vous ? Ah, s’il avait volé une pomme dans la poubelle d’un hypermarché…
- OM : Claude Guéant avec sa condamnation à de la prison ferme, c’est un peu le mec qui se dévoue à entrer dans l’eau en premier pour dire à ses potes si elle est bonne.
- GB : Le grand débat: tu veux un yaourt à la fraise ou à la myrtille ? — je veux pas de yaourt —  c’est pas la question. Alors lequel ? — aucun des deux je ne veux pas de yaourt! — refus de débat ? Faciste !
- BP : Ce qui est spectaculaire dans le Grand Débat, c’est que le prof, debout, paraît être le fils des vieux étudiants moustachus ceints d’une écharpe tricolore, assis autour de lui.
- EC : Quand la Sacem a la gentillesse de t’inviter à une journée de formation avec Yves Duteil. 
a) tu as vieilli
. b) tu fais vraiment de la merde
. c) les deux
- BP : Il est possible que les gilets jaunes attirent chaque samedi une nouvelle clientèle de touristes, en particulier chinois, saoudiens ou turcs qui viennent assister en France à ce qui est interdit et invisible dans leurs pays.
- GB : Heu le grand débat je sais pas où je dois aller pour discuter ni avec qui, mais si j’ai bien compris, c’est Macron et les maires qui discutent c’est ça ? Ils disent de quoi ils ont besoin et Macron leur explique comment s’en passer, c’est cette vieille blague le débat ?
- GD : Avec tout ça, on en oublierait presque de se moquer encore de Laurent Wauquiez.
- AB : Pauvre B. Griveaux, qui rame avec 7900 € nets/mois. Ouvrons une cagnotte pour lui permettre de devenir propriétaire à Paris et de se payer une voiture. Je verse 1 euro et un bouton de chemise (nacré)
- GD : Toujours admiratif des gens qui imaginent des parfums d’intérieur comme « figuier tardif » ou « rosée du matin sur bergamotier vigoureux ».
- PI : Le mec au boulot, à la présentation de la nouvelle collègue, il me sort « hey je me suis jamais tapé une rousse ». Je lui ai répondu « cool ! Aussi bien, elle s’est jamais tapée un beauf », je suis pas sûr qu’il me reparle.
- NP : Sachant qu’il est normalement interdit de viser la tête, soit les policiers visent très mal, soit au contraire ils visent très bien. Mais je dis ça…
- ACD : Je ne dis pas que tu as trop bu, je dis juste que ce gentil gilet jaune à qui tu parles depuis une heure est en fait une boîte postale.
- GD : Comme j’aime ce pays où des ministres se plaignant de toucher 7900 € nets demandent à ceux qui en touchent 1000 d’arrêter de se plaindre.
- AB : En garde à vue, Alexandre Benalla aurait produit une lettre à en-tête de l’Élysée qui prouverait qu’il était chambellan chargé de l’organisation de la Galette Des Rois. Parmi les fèves, un phone crypté, un pistolet à eau et des passeports. Il aurait aussi gardé les couronnes.
- AR : Dites, arrêtez moi si je me trompe, mais depuis deux mois que Carlos Ghosn est en prison les usines Renault continuent de tourner, non ? Du coup (sans vouloir offenser personne) est-ce que les ouvriers ne seraient pas plus utiles que les patrons?
- GD : Tout se passe bien avec ce débat-national-crucial-révolutionnaire-mais-qui-ne-changera-de-toute-façon-rien-au-cap-libéral-seul-horizon-possible ?
- OM : En 1 mois Macron nous aura parlé à la télé, fait passer une lettre sur les réseaux sociaux, envoyé cette même lettre par courrier, et aura rencontré nos maires… La prochaine étape c’est quoi ? Une rencontre dans le noir avec palpations ?
- PI : Le bilan de la journée est plutôt bon. J’ai bien mangé. J’ai bien bossé. Je n’ai pas bu trop de café. J’ai bu une bonne bière. Je n’ai rien publié sur IG. J’ai désinfecté l’écran de mon tel. J’ai pris les escaliers plutôt que l’ascenseur. Soral va faire un an de prison.
- AR : Bertold Brecht a une solution pour le petit Cron et son gouvernement : dissoudre le peuple et en élire un autre !
- GB : On en est où de la cagnotte pour l’appartement parisien de Griveaux ? Toujours rien ? Et ça se dit Pays des Droits de l’Homme et de la solidarité .

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

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Oh so chic petit livre !

18/01/2019 Aucun commentaire

C’est un petit bijou dans un écrin Gallimard que nous a élégamment sculpté la poétesse échevelée qu’est Patti Smith. Il s’appelle dévotion, titre de la nouvelle qui en est le cœur, dans une gangue de petits textes, réflexions, impressions, poèmes et photos minimalistes d’un bref séjour en Europe. Invitée par son éditeur, dormant dans un hôtel sur the place to be, je veux dire la place St Germain des Prés (cf la photo prise de sa chambre) et descendant chaque matin au café de Flore y déguster « de la baguette » avec de la confiture de figue, on se doute qu’elle va y croiser Jean-Paul et Simone. Hé bien non ! Dans un name dropping très intello parigot, elle se meut dans la tête de Modiano, avant que ses pas la portent où créchait la Duras, ce n’est pas très loin, puis dans des rues où vécurent Simone Weil et Victor Hugo. J’ai l’air de me moquer mais non, je trouve très bien qu’une figure pop de son envergure s’abreuve à la fontaine de notre culture !
Puis elle descendra à Sète, dommage, je n’y étais pas à ce moment-là, pour signature, visitera le cimetière marin et la tombe de Paul V. puis, sur l’invitation de la fille de Camus, écrivain qu’elle vénère, se rendra à Lourmarin où il vivait et écrivait, face aux oliviers. Elle dormira dans sa chambre et aura l’honneur de consulter et même de lire le manuscrit du premier homme, le dernier livre, inachevé, de l’auteur. Avant que d’aller à Londres puis enfin, de revenir dans son home new-yorkais, un peu décalée, nostalgique des petits déjeuners du Flore et des jardins de Gallimard. Sa valise est petite, son trousseau minimal, je suppose qu’il n’y a pas de trousse de maquillage car elle ne cite que le dentifrice. Patti est une femme extravagante : elle n’est pas coquette, ni m’as-tu vue. Je pense qu’on devrait dire d’elle qu’elle est plutôt « m’as-tu-lue » ? car tout ce qu’elle écrit est digne d’intérêt, fin, subtil, personnel.
Je n’ai pas parlé de la nouvelle du milieu de l’opuscule : une histoire glaçante, hors du temps qui revisite le mythe du Faust de Goethe (c’est dit en quatrième de couv, sinon je… bref).
Ça se lit vite, ça peut rester sur le chevet, se feuilleter, se mettre dans la poche pour un petit trajet en car. En car ? Heu, plutôt en train elle aime les trains, revoir son livre M Train (click ici) qui est un récit tout aussi impressionniste.

Dévotion de Patti Smith, 2018 aux éditions Gallimard. 156 petites pages, 14 €.

Texte © dominique cozette

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Celle qui s’enfuyait, sacré thriller !

17/01/2019 Aucun commentaire

D’un côté, il y a  Phyllis Marie Mervil. Elle a une soixantaine d’années, est afro-américaine, installée du côté des Cévennes dans une maison totalement isolée, seule, avec son chien qui s’appelle Douze cette année car il a douze ans. Elle parle très bien le français, l’écrit même puisqu’elle est autrice à succès sous deux pseudos qu’elle utilise alternativement. Son éditeur avec qui elle entretient des relations chaleureuses protège l’anonymat qu’elle réclame. Pas de photos, peu de séances de signatures ou très peu, pas de paroles en public. Pourquoi cette discrétion voulue ?
Parce que de l’autre côté, il y a un homme qui la pourchasse depuis longtemps. Elle le sait, pense qu’il s’agit du FBI puisqu’elle a été condamnée par contumace pour des faits politiques, un petit groupuscule foireux auquel elle appartenait et dont elle est une rare survivante. Nous, lecteurs, on a été briefés : le poursuivant est un Italo-américain, frère d’une jeune femme appartenant au même groupuscule. Ce qui n’explique rien.
Philippe Lafitte tisse joliment un portrait détaillé, palpable, de son héroïne et de son emploi du temps. Tous les jours, Phyllis se lève à trois heures du matin, écrit durant trois heures puis part courir longuement sur le Causse avec son chien. Parfois, très rarement, elle se rend à la ville et y retrouve son amant occasionnel. Il est fasciné par cette femme mais elle refuse de s’installer chez lui, en ville.
Un matin, affûté, sûr de son coup, le poursuivant aura le chien mais pas elle. Ratage qu’il doit réparer au plus vite face aux exigences de la vieille Antonella, l’ancêtre de leur famille, celle qui a su construire avec son mari un petit empire à New-York.  Sur la causse, un homme du cru aura été vaguement témoin de l’affaire. Il aura relevé le numéro de la voiture, en fait part à Phyllis qui refuse de le noter.
Nous apprendrons au compte-gouttes — par le biais de carnets intimes que l’héroïne consent à relire pour éventuellement en faire le roman de sa vie — le pourquoi de cette poursuite acharnée, nous savons qu’il se trouve à la fin du livre sans pouvoir deviner ce qu’il va arriver. C’est tout le talent de l’auteur de nous envoyer des indices ici et là comme des clés à l’intrigue.
Thriller très finement mené, personnages forts et attachants, décors savamment peints, tout contribue au plaisir de voir se dérouler une histoire originale qui saute de la nature rugueuse et sauvage des causses à l’agitation d’une certaine jeunesse américaine des années 70.

Celle qui s’enfuyait de Philipe Lafitte, 2018 aux éditions Grasset. 216 pages, 18 €. Et en prime, la discographie du récit.

Texte © dominique cozette

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Un fils parfait ? Hum

14/01/2019 Aucun commentaire

Un fils parfait est le troisième roman de Mathieu Ménégaux que je lis. A chaque fois, je suis captivée. Il y est toujours question d’un crime, voire d’un meurtre, suivi d’un imbroglio de problèmes judiciaires subis, à juste titre ou non, par le héros ou l’héroïne. Il connaît bien son sujet et c’est passionnant. Mais tellement déprimant aussi.
Ici, c’est une jeune femme qui écrit à sa belle-mère, sa lettre constituant le livre. Dès le début, on apprend qu’elle est en cavale avec ses deux fillettes, loin de la France, que tout va bien, enfin. L’objet de la lettre est de raconter à la mère de son mari sa version des faits. Car, non, ce n’est pas une malfaitrice (ça se dit, ça ?), que son mari, cet homme parfait, était bien un criminel en violant ses fillettes et qu’il a été un abominable salaud d’avoir chargé sa femme et l’avoir fait condamner.
C’est vrai que c’est un type formidable, bon époux, bon amant, bon père, bon professionnel, apprécié de tous, ce qui est bien pratique lorsque l’appareil judiciaire vient fourrer son nez dans sa vie. Cependant, ce loup qui vient terroriser sa fille lorsque la maman s’absente quelques jours pour raisons professionnelle … non, ce n’est pas possible, pas lui ? C’est très fragile un récit d’enfant, et puis un enfant, ça se manipule aussi et pour ça, le mari est très fort. Que faire ? Ça va être un enfer pour cette mère qui veut les protéger. Elle se heurte à beaucoup de choses, la machine judiciaire est impitoyable, elle-même n’est pas parfaite, loin de là, et tout lui retombe dessus, notamment son « hystérie », sa violence face au mari qui veut lui enlever ses enfants.
Ce livre est fondé sur une histoire réelle et fait froid dans le dos. En lisant ce récit, on se prend de sacrés coups de poings dans la gueule, tout paraît dégueulasse, on guette le moment, la faille, où elle pourra sauver ses fillettes des griffes du prédateur.  Puis, tout à la fin, bien après l’envoi de la lettre, un fait divers lui apprend le pourquoi de la déviance perverse de cet homme si parfait. Un choc !

Un fils parfait de Mathieu Ménégaux, 2017 aux éditions Grasset 242 pages. Et chez Points, 6,20 €.

Mes articles sur : Je me suis tu, ici. Est-ce ainsi que les hommes jugent ici

Texte © dominique cozette

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Nico The End

14/01/2019 Aucun commentaire

C’est la fin de Nico mais The End est aussi une chanson de Jim Morrison, la dernière qu’elle aurait interprétée en public. Donc, titre impec. Ce livre époustouflant a été écrit par un certain James Young, un jeune homme sorti de ses études dans les années 80 pour faire partie du nouveau groupe très improbable de la diva déchue. Il ne savait pas vraiment accompagner, les autres se foutaient royalement de Nico, héroïnomane jusqu’au trognon, mais se réjouissaient de jouer de la pop sur scène et gagner quelques ronds.
Ce livre est drôle et cynique, il ne fait pas de cadeau à Nico, elle n’a rien de sacré, il décrit ces huit ou dix ans passés avec elle avec un humour décapant, comme si c’était une fiction. Nico a un peu grossi,  son seul souci est de se shooter, elle se fout de chanter, c’est une grosse feignasse (sic). Mais quand elle est sur scène à scander ses textes, elle est heureuse. Elle est crade d’ailleurs, porte toujours ses éternelles bottes de motard et à part l’héro, se roule des joints. Comme un autre comparse. Il y a un producteur, une imposture totale qui garde le fric pour son usage sexuel, putes et hôtels confortables quand eux sont logés dans des endroits sordides.
Mais Young n’a pas pour volonté de dézinguer Nico. Pour lui, elle est géniale, sa voix d’outre-tombe est superbe et son ascendant sur le public extra quand elle joue seule ses textes très noirs en s’accompagnant de son harmonium portable. Il la respecte d’une certaine façon même si elle ne partage aucun sentiment avec personne. Sauf son fils, produit non reconnu d’Alain Delon, qui vient la suivre et se dope comme elle. John Cale fait aussi ses apparitions. La première fois, c’est un vieux junkie crado, complètement à la masse, gras, parano, adepte des théories des complots qui l’effrayaient. Quelques années plus tard, il s’est repris en main : c’est un très bel homme mince, sobre, emmerdant. Nico et lui ne se sont jamais entendus, se sont toujours écharpés pour tenir la vedette. Malgré tout, il met un peu d’ordre dans la cacophonie de ces musicos improbables, conscients de leur nullité. Bon, je ne vais pas tout vous résumer. Si l’idée du bouquin vous plaît, je vous jure que vous ne serez pas déçu.e.
Ce livre a été écrit trois ans après la mort de Nico. Il vient d’être réédité avec une très longue intro actuelle de son auteur qui nous raconte en la complètant la fin de l’histoire : que sont-ils devenus, qui est mort, qui fait autre chose ? Comme chaque fois qu’il y a une préface intéressante, je l’ai relue après avoir fini le livre et dans la foulée, suis repartie sur le début du livre. Eh oh ! Mais tu viens de le lire. Oui, mais il m’a tellement plu, il y a tellement d’anecdotes que j’ai failli remettre ça. Dingue non ?
Pour les amateurs de Nico, il existe un biopic réalisé par Susanna Nichiarelli, intitulé Nico, 88. Je l’ai vu à l’époque. Il raconte ces mêmes années où elle était paumée mais où elle continuait à donner ses concerts d’une voix géniale. Certes, la comédienne qui la représente est un peu ronde, mais elle chante comme son modèle, avec sensualité et détachement. Il y a aussi sur le net plein de petits bouts de ses derniers concerts. Envoûtante malgré la déchéance.

Extrait : « Toby venait d’épouser une femme de Copenhague qui ressemblait à Bruce Springteen. C’était une vraie dure. Elle savait siffler entre ses dents et avait une droite qui pouvait vous mettre K.O…. Elle était du genre belle/laide, mais plus elle se shootait à l’héro et plus la laideur prenait le dessus. » Et tout est comme ça !

Nico The End de James Young, 1992. Puis 2018 aux éditions Séguier, traduction de Charles Vilallon. 324 pages (le prix est masqué, c’était un cadeau).

Texte © dominique cozette.

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La vraie vie, aïe aïe aïe, quel livre !

14/01/2019 Aucun commentaire

Si je dis aïe aïe aïe à la vraie vie d’Adeline Dieudonné, c’est parce que ce livre formidable est terrifiant. Mais ça démarre assez tard. D’abord, tout se passe moyennement bien dans ce petit pavillon merdeux de ce petit lotissement merdeux à part la violence du père qui tape régulièrement la mère, une « amibe », selon la narratrice, fillette de dix à treize ans qui se réfugie dans l’amour énorme qu’elle éprouve pour son petit frangin, petit être adorable. Jusqu’à ce qu’un terrible accident se produisent sous leurs yeux. Peu à peu, le cerveau du petit gars va se remplir de saletés, il va dériver dans d’odieuses activités. Pour que tout redevienne normal, elle décide de se consacrer à la remontée du temps, à comprendre comment on peut construire une deLorean puisque, techniquement, c’est possible. Son atout : elle est très intelligente et férue de physique, quantique ou non, et autres sciences compliquées. Pour prendre des cours particuliers avec une « tête », elle fait du baby-sitting et tombe en amour avec le papa. Son petit frère continue à très mal se comporter, son père est de plus en plus violent et sa mère toujours aussi peu intéressante.
Puis lorsqu’elle atteint sa puberté, son père semble la voir. De même qu’il a pactisé avec son fils en l’amenant au tir et à la chasse, il prévoit que sa fille fera partie d’une sorte de partie de survie nocturne, en pleine forêt, avec chacun ses armes pour se défendre. Sauf qu’elle n’est pas dans la catégorie de ceux qui chassent.
Livre très âpre, dur, palpitant, terrible. Sur la quatrième de couv, il est écrit « d’une plume drôle et fulgurante… ». Drôle ? Je n’ai rien senti de tel. Ce qui n’enlève rien aux qualités de ce premier roman d’une jeune Belge prometteuse.
Pour en savoir plus, son intervention dans la Grande Librairie ici.

La vraie vie par Adeline Dieudonné aux éditions L’iconoclaste. 268 pages. 17 €.

Texte © dominique cozette

 

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Les Fessebouqueries #426

12/01/2019 Aucun commentaire

Hormis Chantal Jouanno, que d’hommes, que d’hommes dans l’actu. Et des vrais, comme on les aime, nous les quinquas et plus, bad boys, voyous, imposteurs mais riches et tant pis s’ils sont moches et ramollos du bulbe et d’ailleurs. Et moi et moi et Moix, crie l’un, en panne de bandaison devant disons Sophie Marceau. Et toi et toi et toi, si ce n’est toi c’est donc ton frère, pleurent les Séchan. Et lui, et lui et lui, qui ça, bah le gône un-car-serré au pays du bol de riz ! Et nous et vous et eux, ceusses du Caca-rente, des steaks cousus d’or, du on-est-au-dessus des règles. Ah oui, les règles. C’est vrai qu’à 50 balais, ça n’a plus cours chez nous, les meufs, et force est de constater que de ce point de vue, on pollue moins.

- PE : Yan Moix avoue que pour que les jeunes femmes s’attachent à lui, il utilise de la glu.
- CC : (Je suis d’accord avec moix je ne pourrai jamais tomber amoureuse d’une femme de cinquante ans, c’est beaucoup trop jeune pour moi.)
- FC : Ce matin petite pensée pour mon poto Carlos Ghosn privé de galette.
- LD : Bravo Yann Moix ! Bien joué ! Maintenant il va avoir droit à un défilé de bombes quinqua qui vont essayer de lui prouver le contraire !… Si ce n’était pas calculé ça..
- OK : Bref, il y a 4 ans, (presque) tout le monde était #JeSuisPolicier #JeSuisCharlie. P***** mais qu’est ce qui a merdé depuis ?
- OM : Non mais sérieusement, y’a vraiment des femmes que ça rend triste de ne pas correspondre aux critères de Yann Moix…?
- JU: Quelqu’un(e) peut il indiquer à BHL comment on désactive la géolocalisation de ses tweets pour arrête de se ridiculiser publiquement depuis sa médina ?
- MT : J’ai voulu faire comme Ribéry sauf que j’ai pas les moyens. Du coup j’ai mangé un Ferrero Rocher avec l’emballage, ben c’est dégueulasse.
- OVH : Monseigneur Barbarin : Jamais un membre de l’Eglise catholique ne pourrait coucher avec Yann Moix. Beaucoup trop vieux.
- EEF : Yann Moix : « Je suis incapable d’aimer une femme de 50 ans », « je trouve ça trop vieux »
ça tombe bien, en général, les femmes de 50 ans n’aiment pas les cons..
- MN : Les filles, ça prépare son summer body dès février pour être la plus bonnasses de tes copines, ça ce met du botox pour éviter les ravages du temps mais ça crie au scandale parce qu’un obscur connard dit ne pouvoir bander sur les corps de meufs de 25 ans. C’est rigolo, une fille.
- MN : Les garçons, ça se paluche devant youporn sur des nanas aux boobs tunés et à l’anus blanchi mangeant leur polochon en se faisant prendre par des mecs montés comme des poneys mais ça crie à l’arnaque dès qu’une fille met un filtre sur sa photo de profil. C’est rigolo les garçons.
- OM : Les groupes du CAC 40 ont versé 57,4 milliards d’euros à leurs actionnaires. Mouillez vous la nuque, ça va ruisseler sévère !
- NP : Vous voyez bien que ça marche le ruissellement ! Moins les entreprises payent de charges plus elles donnent de l’argent aux riches. Devenez riches au lieu de vous plaindre d’être pauvres et vous verrez.
- PC : Donc le gouvernement ne sait pas vraiment s’il faut supprimer la taxe d’habitation pour un célibataire qui gagne 2500 € par mois ou un couple avec 2 enfants qui gagne 4000 €, mais il est certain qu’il ne faut surtout pas rétablir l’ISF pour Pinault, Arnault et son gendre Niel, Bouygues, Drahi, Ghosn etc ?
- JF : Un Séchan qui s’en va, et les yeux se mouillent… Adieu Thierry
- OVH : Cent mille euros pour la défense du boxeur anti flic. Je sens qu’Eric Dupond Moretti va se faire nommer commis d’office.
- EM : Pour mettre fin aux combats de boxe entre gendarmes et « gilets jaunes », l’État a décidé de bloquer les ronds poings.
- BP : Pour une fois qu’une femme est très bien payée, comme un homme, voilà que même les femmes lui tombent dessus !
- VO : Si on suit le raisonnement de LREM sur la cagnotte de Dettinger : financer c’est être complice. Est ce que ça marche sur les ventes d’armes ?
- MN : Luc Ferry est tellement con, c’est à se demander pourquoi il n’est pas au gouvernement.
- PE : Carlos Ghosn, libano-brésilo-français, résident fiscal hollandais retenu au Japon. C’est beau ces citoyens du monde.
- ES :  Le saviez-vous ? Quand elle doit bénéficier à un ancien boxeur, une cagnotte s’appelle en réalité une cognotte.
- SM : Nous sommes le 10 janvier 2019 et François Fillon n’a toujours pas rendu l’argent.
- LR : Depuis le temps qu’il marche seul, Jean-Jacques Goldman, c’est quand même étonnant qu’il n’ait jamais croisé Gérald de Palmas qu’est sur la route toute la sainte journée.
- SY : Grand débat national: Yolaine de Courson, née à Neuilly, fille d’Alain de Courson de La Villeneuve, officier et de Huguette de Hauteclocque petite-fille de Jean de Hautecloque, ambassadeur, a été choisie comme référente sur la thématique « Vie quotidienne des Français ». Ne Pas Rire
- MN : J’ai croisé une meuf sur un vélo hollandais bleu ciel, pizza sans gluten et salade bio dans le panier, stan smith, manteau oversize, bonnet « le slip français » … j’ai failli lui jeter des cailloux à cette connasse de hipster et j’ai vu c’était moi dans le reflet d’une vitrine.
- AB : Tirons sur l’ambulance : depuis 2012, Carlos Ghosn se faisait payer un appart’ à 8000 €/mois en Hollande par Nissan pour échapper à Hollande et donc ne payait plus d’impôts en France. Bruno Le Maire n’était pas au courant. Tout Va Bien
- NP : Bref puisque sa présence polluerait les débats parce que les Français trouvent qu’elle est trop payée, elle veut bien ne pas travailler à une seule condition : continuer à toucher son salaire. Logique.
- NV : Plan Macron des prochains jours : traiter les Français de feignasses, puis inviter les grands patrons américains dans une fête à Versailles pour l’anniversaire de la mort de Louis XVI. Il aura tout essayé. Si ça prend pas, c’est pas de sa faute.
- HM : Le samedi, à la longue , ça devient le Sature Day.
- GB : Un « capitaine d’industrie » fuit son propre pays pour raisons fiscales après l’élection d’un président à la tête de l’Etat pourtant actionnaire de ladite entreprise et qui abonde grandement son salaire.  Je vais patienter un peu avant de geindre sur ses conditions d’incarcération
- GB : « Attendez j’ai vu la vidéo. Macron n’a JAMAIS dit que vous étiez des fainéants. Mais des assistés. Soit fainéants ET profiteurs. Nuance. Alors stop aux fausses polémiques. Et foutez-vous un peu au boulot aussi » Qu’est ce que vous êtes forts.
- OVH : Ce que j’aime bien avec Carlos Ghosn, c’est son originalité. Tout le monde va en Suisse ou en Belgique pour s’évader fiscalement. Lui, il va aux Pays-Bas, c’est tellement, tellement … hype.
- RR : Juste pour info, le centre du monde ce n’est pas Bourges, mais la gare de Perpignan.
- OK: Alerte ! On aurait vu Pénélope Fillon en train de tricoter un gilet jaune à François.
- CO : « Un corps de femme de 25 ans, c’est extraordinaire. Le corps d’une femme de 50 ans n’est pas extraordinaire du tout »…
BEN ÇA TOMBE BIEN, PARCE QUE NOUS LES VIEILLES… NOUS AIMONS LES JEUNES VIGOUREUX parce qu’une vieille nouille qui regarde ses chaussures cela n’a aucun intêret… ET PUIS…A FORCE DE MACHOUILLER ÇA NOUS FOUT DES CRAMPES DANS LA MACHOIRE CONNARD… DE PLUS nous n’avons pas besoin de prendre du Viagra comme quoi il ya une justice.

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

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Les Fessebouqueries #424

05/01/2019 Comments off

2019, année des meufs comme il est dit ci-dessous sera aussi celle de la côte de bœuf dorée à l’or fin, celle du faux-keuf macronien qui voyage diplomatique, celle du non-veuf puisque just married Houellebecq, celle des teufs pognonnées sur le dos des salauds de pauvres, celle du grand bluff  politicard, celle du lunaire œuf céleste et de ses chinoiseries, celle des teuf-teufs à 80 à l’heure, des rues Marbeuf depuis le Pont Neuf jusqu’à Cricquebeuf,  Chateauneuf, Bourgneuf et autre Crespy-le-Neuf…Ce texte médiocre est juste un rough.
- PE : On le sait maintenant, la face cachée de la lune a les yeux bridés.
- ACD : 2019, année des meufs!
- CC : On vit dans un pays où on met de la colle sur les arbres pour tuer des petits oiseaux. Et t’as des mecs qui valident.
- PE : Je demande solennellement que : « Bonne année 2019. » Soit remplacé par : « Malgré un monde dirigé par Donald Trump, Vladimir Poutine, Xi Jinping, Jair Bolsonaro, Kim Jong-Un, Bachar El-Assad, Viktor Orban et Matteo Salvini, je vous souhaite quand même d’arriver jusqu’en 2020. »
- YB : puisque Jeanne Calment est mise en examen, j’exige que mon EHPAD soit débaptisé ! je n’en peux plus de toutes ces gamines de 99 ans qui se rêvent Miss doyenne de l’humanité
- AB : La Chine pose un engin spatial sur la face cachée de la Lune avec une triple mission : retrouver le coffre d’Alexandre Benalla, Xavier Dupont de Ligonnès et l’amie noire de Nadine Morano.
- FA : Ça critique Franck Ribery parce qu’il s’est payé une entrecôte à 1200e mais Fillon il a toujours pas rendu l’argent hein
- JT : C’est scandaleux ce classement des personnalités préférées des français sans aucune femme, les gens n’ont jamais vu un épisode de Joséphine ange gardien ou quoi ?
- TA : Michel Houellebecq, dans son dernier livre, qualifie la ville de Niort de « plus laide du monde ». Ça se voit qu’il n’a jamais passé les oraux du C.A.P.E.S. d’Histoire-Géo à Châlons-en-Champagne.
- JB : Adulée à l’étranger, Zaz a fait l’équivalent de trois tours du monde en 4 ans. D’où l’expression « Zaz à effet de serre ».
- YB : Affaire Benalla : selon Mediapart, Alexandre Benalla n’aurait pas rendu sa carte Navigo Gold ni sa carte de cantine de l’Elysée
- YP : Je me suis procuré un gilet jaune et un passeport diplomatique. Avec ça, je devrais voyager tranquille !
- PA : C’est quand même dingue que des parents d’élèves osent reprocher à des enseignants de ne pas savoir gérer jusqu’à 35 enfants par classe, quand eux-mêmes sont parfois incapables d’en gérer un seul, le leur.
- FT : Jean-Jacques Goldman, personnalité préférée alors qu’il n’en a aucune
- OM : Marrant ce gouvernement qui veut mieux contrôler 6 millions de chômeurs alors qu’il est incapable de contrôler 1 Alexandre Benalla…
- BE : Ces nouvelles boulangeries où on te regarde comme un alien quand tu demandes seulement des baguettes… – Vous voulez dire une tradition ou une audacieuse ? – Non. Baguette. –Ah. – Oui. Baguette. Comme ça se prononce.
- PR : Tout ce pognon de pauvres qui fait cette richesse de riches, c’est dingue.
- RP : Michèle Laroque a été nommée chevalier de la Légion d’honneur. Non, c’est tout…
- VO : – Bon on n’y arrive pas. Ça ne ruisselle pas. On fait quoi ? – Comme d’hab’ on tape sur les chômeurs. – Ça va se voir… – Pas grave, la presse aime, ça fait plaisir au MEDEF et les chômeurs ne disent rien. – Allez bingo
- AB : Dans la Somme, 4 mois fermes pour le vol de 5 tranches de lard (valeur : 10,60 €). À ce tarif, Balkany prendrait 30 ans et Sarkozy finirait en bocal au service de la Science.
- ES : Mélenchon, le Petit RécuPère du Peuple
- PA : Quand l’affaire Benalla a éclaté, l’élément de langage LREM était « Ce n’est pas une affaire d’Etat, c’est une affaire d’été ». Et là, c’est un fait d’hiver ?
- AL : Dans le TGV, un homme aimable s’assoit à côté de moi. Après quelques minutes, j’entends une voix sourde. Je me tourne légèrement. Il récite une sourate. La vision du terroriste me vient. J’ai honte. C’est juste un homme qui prie. Le terrorisme est une gangrène qui nous ronge.
- BG : Et encore, Michel Houellebecq n’a pas dit ce qu’il pensait des mosquées de Niort.
- PR : L’année 2019 sera l’année de l’énorme ruissellement tsunami cyclonique de l’argent des riches dans les banques de riches jusqu’à la faillite ! Ouais.
- CI : Donc la polémique Ribery aucun média ne vérifie ses sources dans ce pays ? les prix sur la carte sont en Dirham (1250 AED = 300 euros) pour un mec qui gagne des millions par an, c’est l’équivalent d’une barquette Charal à 2,75 !
- GD : Tout ça me donnerait presque envie d’aller passer quelques jours à Niort, tiens.
- NP : L’or n’étant pas assimilable par l’organisme cela veut dire que dans les jours qui viennent Frank Ribery va chier 1000 euros d’or…. Quelqu’un a son adresse ?
- HD : Houellebecq fait couiner les gens des Deux Sèvres dans son livre qui ne déclenchera pas de Sérotonine chez les gens du cru..Il aurait perdu le Niort en disant avec assurance (sic) dans son bouquin que cette ville est moche ….
- NA : Quand c’est pour parler de Ribéry qui déguste une entrecôte à 1200€, les journalistes ils sont présents.Pour connaître l’addition de certains députés ou du président, bizarrement, la note du repas a disparu.
- PA : C’est bizarre comme nous sommes toujours obsédés par les kilos en trop et jamais par les neurones en moins.

Image © Yue Minjun

FESSEBOUQUERIES RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les deux lettres sont les initiales des auteurs, ou les 2 premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site ici. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Les cent derniers jours (des Ceausescu)

04/01/2019 Comments off

Les cent derniers jours est un roman roumain écrit par un Anglais né en Tunisie et de mère belge, qui parle donc très bien le chti. Il s’agit de Patrick McGuinness, prof de littérature française à Oxford. Il a vécu entre autres en Roumanie, et y revient en 89 pour un remplacement scolaire. C’est ainsi que débute le livre avec ce héros qui semble être son double. Lui non plus ne sait pas que le régime va s’effondrer dans cent jours et que le couple de dictateurs — dit-on une dictatrice ? — autrement dit les Ceausescu (je ne trouve pas de cédille pour le s) seront exécutés publiquement après un procès expédié.
Notre héros, un jeune homme, a postulé pour ce remplacement car il y avait moins de concurrence que pour Barcelone et autres villes plus glamour. Sans même un entretien d’embauche, on le loge dans un appartement encore empli des meubles, objets, disques, livres et vêtements d’un certain Bellanger. Là, il est pris en main par Léo, son supérieur, un mec rond, sympa, buveur, bouffeur, qui lui ouvre les portes du versant privilégié de ces régimes contraignants, sauf pour le parti et ses amis. Ils ne manquent de rien, mais notre héros découvre avec un certain effroi le traitement réservé à la population : disette, coupure régulière de l’eau, du gaz, de l’électricité, magasins vides où tu fais la queue des heures pour essayer d’avoir n’importe quoi, délations, trahisons. Il comprend que tout le monde ment, même Léo et comprend aussi qu’il est bon de mentir au troisième degré : à la fin, personne ne sait pour qui roule l’autre, pourquoi tout le monde est espionné, par la police régulière, l’armé, la police secrète, privée etc. La duplicité fait place à la triplicité, le marché noir bat son plein, les amis de Léo ont les bras dans fange politique jusqu’aux épaules. Il y a celui qui, proche du régime, rédige ses mémoires, livre de mémoires soft et laudatrices d’un côté qui paraîtra en Roumanie, livre de mémoires réelles et scandaleuse qui sortira à Paris, dans le cercle des intellos, et pour lequel notre héros l’a aidé. L’auteur sait à quoi il s’expose, mais il le fait.
Notre héros tombe amoureux d’une superbe créature qui se joue de lui, disparaît en Allemagne ou en France, réapparaît sans prévenir : elle est la fille d’un ministre hyper classe, comme elle, paré de tous les vêtements, parfums, montres que l’on ne trouve pas à Bucarest. Quels sont les sentiments de cet homme, apparemment affable, pour lui ? Quel jeu jouent le père et la fille, et tous les autres ?
Pendant ces cent jours, le mur de Berlin s’écroule, les autres dictatures s’effondrent et bientôt, Timisoara va se soulever contre le tyran. C’est le début de la fin pour le couple présidentiel. Bucarest est à feu et à sang, fin du règne. Notre héros, aidé de Léo, peut s’enfuir mais il est tombé amoureux d’une autre femme, une chirurgienne qui le lui rend bien, et il hésite.
C’est un roman très intéressant au niveau des mœurs de ces régimes qui régnaient (et règnent hélas encore dans de nombreux pays) par la terreur et la misère. On y voit comment Ceausescu détruit tout ce qui n’est pas dans la ligne du Parti à coup de boules de déstruction et comment il hérisse la ville d’immeubles précaires, hideux, sans confort. On y sent la mort, le désastre, l’ennui, la peur, le rétrécissement de tous les espoirs. Pour autant, ça se laisse lire sans donner le cafard puisqu’on est dans la peau de cet occidental dont on devine qu’il va s’en sortir.

Les cent derniers jours de Patrick McGuinness, 2011. 2013 aux Editions Grasset, 496 pages, traduit par Karine Lalechère. Paru aussi en poche.
Prix du premier roman étranger 2013.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

L’étrange Federica Ber

29/12/2018 Comments off

Federica Ber est le titre du livre de Mark Greene, un roman original, un récit déconcertant car on ne sait pas trop si l’on a affaire à une histoire d’amour improbable ou à un polar, peut-être les deux mais pas vraiment. L’amour y est curieux, le polar y est proche de l’irrésolu. Ce qui fait que le mystère persiste jusqu’à la fin alors qu’il ne s’agit pas d’un livre à suspense. Quoique.
D’abord, il y a ce fait divers inexplicable : un jeune couple amoureux auquel tout sourit, qui vient de remporter un énorme succès lors d’un appel d’offre architectural, est retrouvé mort au pied d’un à pic dans les Dolomites. Le plus fou, c’est que l’homme et la femme sont attachés l’un à l’autre par un lien, comme s’ils avaient voulu mourir vraiment ensemble. Ils sont vêtus comme pour aller dans un lieu chic alors qu’ils ont gravi de la pente et pas qu’un peu. Aucun indice, aucun témoignage ne permet d’adhérer à l’hypothèse du suicide. Cependant, il est question d’une tierce personne, une femme qui les accompagnait au début du week-end, avec qui ils ont pris des repas. Une femme secrète, discrète qui logeait dans un gîte. Et dont on connaîtra juste le nom.
Le fait divers traverse la frontière italienne. Le nom de l’accompagnatrice interpelle un homme, à Paris. Il se souvient parfaitement de cette femme étrange, rencontrée vingt ans plus tôt, et revue dans des circonstances inattendues, pour des pique-niques sur des toits, des rendez-vous non conventionnels, hasardeux même, dans une salle de jeux. Mais d’amour entre eux, pas grand chose. Une femme frêle mais d’une grande force physique, une femme capable de porter de lourdes charges et de vivre dans des ambiances délétères. Puis qui avait soudain disparu.
Vingt ans plus tard, l’enquête piétine. Il recherche sa trace, retrouve tous les lieux qu’ils avaient fréquentés ensemble, les toits aussi, avec un petit espoir.
Le livre a un charme fou, l’Italienne, celle qui est morte, nous donne l’image d’une femme muse, d’une sorte de poétesse de la vie qui en connaît le sens et sait comment le transmettre aux autres. Quant à l’autre, la mystérieuse, elle pourrait faire penser au rat d’un hôtel de Monte-Carlo (dont je ne retrouve pas le nom du film, il me semble que c’est Audrey Hepburn pourtant) et on a envie d’en savoir beaucoup plus sur elle, qui est-elle, d’où vient-elle, qu’a-t-elle de commun avec le couple. Mais l’auteur nous en dira-t-il un peu plus ?

Federica Ber de Mark Greene, 2018 aux éditions Grasset. 208 pages, 18 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Souriez, vous lisez Smile !

29/12/2018 Comments off

Smile est le dernier bébé de Roddy Doyle, écrivain irlandais de Dublin, qui avait déjà connu un grand succès avec The Commitments ou The Van. Smile nous raconte l’histoire assez complexe de Victor, la cinquantaine, qui revient au pays et essaie sans succès de renouer avec les vieux copains du collège catho, beaucoup sont morts ou partis. Et lui était plutôt un souffre-douleur. Il vient de rompre avec une superbe femme, célèbre car elle travaille à la télé, plutôt, c’est elle qui a rompu. Il se retrouve dans un immeuble genre habitat social où vivent les réfugiés, essaie d’écrire enfin son livre, et passe ses soirées au pub où il tente de se faire accepter par une bande d’habitués, ceux qui boivent de la bière et flirtent gentiment avec les femmes mûres. Mais un type, esseulé et arrogant, lui met le grappin dessus. Il s’appelle Ed et semble bien connaître Victor puisque, soi-disant, il était au collège. Dans ce collège, les garçons ont tous subi les agressions sexuelles des « frères », plus ou moins fréquentes ou sérieuses. Ed lui rappelle que le petit Victor avait un sourire (d’où le titre du livre)qui plaisait à l’un des frère et qu’il fut longtemps surnommé le pédé à cause de ça. Et puis il lui rappelle que sa sœur (la sœur d’Ed) était très amoureuse de lui. Victor tente de rappeler ce passé, ça revient petit à petit, chaque jour un peu plus.
Dans ce livre, on passe beaucoup de temps au pub, on les écoute parler, faire des blagues de plus ou moins bon goût, parler des femmes. Il devient un peu la vedette depuis qu’on sait qu’il vivait avec la fameuse Rachel. Ça pose son homme. On revit aussi les années scolaires très désagréables, la tension créée par les frères, la honte. Puis on l’écoute évoquer sa superbe femme, leur belle entente sur tous les plans, sexuel en particulier. Puis on revient au présent où il n’est plus grand chose et où il semble avoir loupé quelque chose. Le fameux Ed continue à le harceler, il ne peut pas s’en débarrasser. Et pour cause ! On le comprendra à la fin.
On redécouvre aussi au long de ce roman comment les cathos mènent le jeu, comment l’interdiction d’avorter colle à la vie quotidienne, comment les femmes, comme les petits garçons face aux curés pédophiles, ne sont que quantités négligeable quand il est question  du plaisir des hommes.
Un livre très vivant, très riche en tout petits détails de la vie intime et des pensées, un peu amer aussi, forcément.

Smile de Roddy Doyle, 2018 aux éditions Joëlle Losfeld. Traduit par Christophe Mercier. 250 pages, 19,50 €

texte © dominique cozette

 

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #423

29/12/2018 Comments off

Pour ces dernières Fessebouqueries avant le prélèvement à la source, merci à Alexandre Benalla qui nous a fait cadeau d’une nouvelle actu avec son pass diplo-docu. Ça change un peu des Yellow Jackets. Lui, c’est golden tie and red carpet mais gaffe, Alexou, un nouveau petit farceur risque de te piquer le job de serial liké si tu ne lui claques pas le beignet, déjà avec son drôle de nom : Son-forget (me not) et sa gueule de casting. L’essentiel, dans la politique c’est de buzzer ! Regarde Trump, quel winer ! Rien ne l’arrête ! Enfin, je te fais confiance pour la suite… En attendant, bonnes fêtes à tous-et-toutes, on se retrouve à minuit sur les Champs, comme tous les samedis !
- ACD : In France we don’t say  » running gag » but « Benalla  » and I think it’s beautifull.
- GD : À force d’être partout, Alexandre Benalla va finir par nous retrouver Xavier Dupont de Ligonnès et toutes nos deuxièmes chaussettes.
- BP : On sent qu’avec Benalla on est parti pour un feuilleton. Le mystère Benalla… Le passeport de Benalla… La fiancée de Benalla… Le procès de Benalla… Le retour de Benalla… Les mémoires de Benalla…
- AB : Communiqué de l’Élysée : Alexandre Benalla n’est pas une barbouze, n’est pas allé au Tchad, n’a bastonné personne, n’avait pas de coffre, utilise un pistolet à eau, et par ailleurs n’a jamais existé.
- PR : Il y a un truc qui me fait marrer avec les gilets jaunes, c’est le côté touristique. Les Champs, l’Opéra, la Concorde, les beaux quartiers, Montmartre… C’est vraiment le beauf qui visite Paris. Joindre l’utile à l’agréable. C’est assez sain finalement. Une sorte de fraîcheur. Et dire qu’on leur refuse la visite guidée du patron à l’Elysée. C’est dingue. Ben pourquoi ?
- RdB : J’aimerais porter un toast au plus beau cadeau que la vie nous offre le 25 décembre : la fin des pubs de Noël.
- AW : Clair et juste : Les gilets jaunes ne sont ni d’extrême droite ni d’extrême gauche mais d’extrême nécessité..
- GD : Le résumé du nouveau Michel Houellebecq donne autant envie que de déguster du vomi de chat dans un sandwich d’éponges de vaisselle.
- DB : Là L’homme prétendument le plus puissant du monde trolle un enfant de 7 ans qui croit encore au Père Noël. Le même qui pense à 72 ans que le réchauffement climatique est une invention chinoise et la Belgique une ville.
- JT : Une pensée pour tous les évadés fiscaux qui passent Noël loin de chez eux aujourd’hui.
- MK : Benalla est bien le morpion de Macron et de LREM : il s’accroche aux parties
- YP :  Complot ! Selon Médiapart, Alexandre Benalla serait un hologramme envoyé à l’Elysée par Mélenchon pour nuire à Macron
- EN : ça coûterait moins cher de monter non pas un, mais 4 murs et d’enfermer Trump à l’intérieur.
- YP : On aurait aperçu Emmanuel Macron à Paris en décembre. Or, Alexandre Benalla y était en novembre. Vous croyez à cette coïncidence ?
- GB : Misogynie Harcèlement Condescendance Délation Arrogance : Joachim Son-Forget a réussi en 24h sur Twitter à cocher plus de cases que Zemmour en 10 ans de télé. Respect
- PM : Bonne nouvelle , « Grosse m*** » n’est toujours pas déposé à l’INPI, on peut donc toujours l’utiliser pour qualifier Philippot, Lepen et Ménard , ah j’apprends à l’instant que « enc*** de sa m***  » n’est pas déposé non plus , deuxième bonne nouvelle…
- PR : Personnellement, j’ai tendance à penser que la volonté du peuple majoritaire est très minoritaire dans le pays. Ben oui.
- MK : Je déclare ouverte la saison durant laquelle les chefs médiatiques ne cuisinent plus mais « travaillent autour de la truffe », « repensent le boudin », « interrogent la langoustine », « déclinent le foie gras » ou « subliment la pintade ».
- GB : Les fêtes c’est aussi se tourner vers les plus démunis en détresse. Notamment les membres du gouvernement/députés LREM qui pensaient enfin pouvoir souffler et se retrouvent avec les affaires Benalla/Elysée/Tchad-Brigitte Macron/Campion et Joachim Son-Forget.
- PR : Faut que je passe du cash tranquille, tu me files le pass diplo steuplait ?
- AB Contenu du coffre d’AlexandreBenalla : • Passeports diplomatiques du Bananistan et de la République de Macronie • Lingots d’or gonflables • Documents SECRET-DÉFENSE sur les caleçons de Manu • Chargeurs d’Evian pour son pistolet à eau
- SF : Joachim Son-Forget, ce ne sont ni tes propos sexistes, ni ta vulgarité qui me gênent. Ce qui me gêne c’est qu’on te paie pas loin de 8000 euros par mois pour débiter tes conneries.
- ES : Retour du froid : attention, gelées jaunes et Macron glacé !
- GD : Plus que quelques jours avant ce grand bonheur collectif, le projet politique de société ultime, l’horizon radieux : l’impôt à la source.
- ES : Notez qu’un passeport diplomatique c’est pratique pour faire passer des valises pleines de pistolets à eau en toute discrétion.
- AB : L’enseigne Auchan va expérimenter un hypermarché sans caisse ni employé, privé de parking, qui sera interdit aux clients et fournisseurs. Son adresse sera gardée secrète.
- SF : L’Elysée, Versailles et maintenant le fort de Brégançon. En même temps, qui a dit : « Qu’ils viennent me chercher » ?

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Categories: Fessebouqueries

Les Fessebouqueries #422

22/12/2018 Comments off

Y en a qui font leur coming out mais cette semaine orgasmique, d’autres font leur coming back : Tapie qui en sait plus long sur les Gilets Jaunes que Brigitte Lahaie sur l’anatomie du clitoris, Sarkozy qui est plus légitime à conseiller Macron qu’un évêque à déboutonner une soutane en 47 secondes et Benalla qui invente un scénar plus acabrantesque que tous les primés réunis de Cannes-Berlin-Sundance… Sinon, noël guette au trou, il va vous sauter dessus violemment comme une belle paire de fesses à l’entrée d’un grand magasin où vos gosses ne rêvaient qu’à sauter sur les cuisses bien dodues d’un papa rouge et barbu. Pour la peine, joyeuses fêtes à bûche que veux-tu.

- HD : Breaking news -La police recherche activement celui qui a remplacé les carrefours par des ronds points ..
- JT  : — Tonton, pour Noël ça te dirait une place pour aller voir Aznavour ? — Il est mort cette année. —  Oui voilà.
- DT : Bernard Darty est décédé à l’âge de 84 ans. 
L’homme qui en S.A.V trop…
À ses obsèques, un requiem sera chanté par le Chœur Darty Show.
- CC : Le saviez vous ? Les écharpes « tour de cou » rondes sont surnommées « prépuces laineux » par les écharpes basiques, les vendeuses en magasin, et ma mère. (maintenant, je sais de quoi j’ai l’air quand j’en porte une)
- LTS : Vous savez ce que c’est la magie de Noël ? C’est quand t’as 4 chats et que le matin, tu te lèves et ton sapin est intact.
- EN : A Paris, pour enfin faire plaisir aux habitants des 7è, 8è et 16è arr., plutôt que des pistes cyclables la mairie envisagerait des pistes de déambulateurs.
- RR : Rappelons aux mecs qui vont courir acheter le slip Aubade que le mannequin n’est pas fourni avec et qu’ils devront se contenter de bobonne.
- EF : La dette de tous les pays du monde atteint en cumulé 3.000 Milliards de dollars . Mais du coup … on le doit à qui cet argent ?
- GB : Quelqu’un s’est donc dit  » tiens si on invitait Bernard Tapie bénéficiaire d’un cadeau de 404 millions d’euros pour disserter sur le sentiment d’injustice des fins de mois difficiles ». Vous êtes subjuguants.
- NP : Le bordel autour des mesures pour calmer les gilets jaunes !  J’ai pas vu un tel niveau d’improvisation depuis le spectacle de noël en CM2 où Régis avait oublié les paroles de sa chanson et s’est mis à beugler celles du curé de Camaret.
- PE : Et ce matin, le retour de Nicolas Sarkozy, la nouvelle chanson de Francis Lalanne et l’avis de Bernard Tapie sur les gilets jaunes.
- LC : —  Les enfants, ça vous dit de venir avec moi au zoo des animaux morts? — Maman, tu peux pas dire boucherie comme tout le monde?
- NP : Vous le voyez arriver vous aussi le moment où on va avoir un référendum sur le référendum ?
- OM : Quand tu fais des études pour devenir huissier de justice, t’as certainement un UV « Exécuter un acte de procédure » et un autre « Apporter une enveloppe à Jean-Pierre Foucault ».
- BG : La France devient officiellement le premier pays ENTIÈREMENT EN BURN OUT.
- RR : Donc Benalla avait un pistolet à eau. Si ça se trouve les codes nucléaires de Macron c’est juste pour activer le champignon de « Questions pour un Champion ».
- CLD : Le gouvernement abroge finalement le maintien de la suspension concernant la discontinuation du report de ses mesures. Enfin je crois.
- AB : L’escroc Tapie conseille à Macron de s’entourer de gens compétents, et hop, il embauche Sarkozy.
- ES : Castaner veut déloger les derniers Gilets Jaunes : « Et s’il le faut, je leur enverrai mon rond poing dans la gueule ! »
- DT : Aux États-Unis, un braconnier multirécidiviste condamné à regarder « Bambi ». Si on arrête Xavier Dupont de Ligonnès , il est prévu qu’on l’oblige à regarder l’intégralité des épisodes d’une Famille Formidable.
- EEF : Apparemment le 21 Décembre est à la fois la journée du pull de Noël ET la journée de l’orgasme.
 Va essayer de filer un orgasme à quelqu’un avec un pull clignotant à tête de renne toi !
- DC : J’ai le droit de râler, c’est la journée de l’orgasme !
- NP : Aujourd’hui c’est l’anniversaire d’Emmanuel Macron. Et la journée mondiale de l’orgasme. À priori aucun rapport entre les deux.
- FR : Filles de Laetitia Hallyday: « Maman, c’est quoi ton nom de jeune fille ? » Laetitia Hallyday: « Boudou les filles » Filles: « Ah oui pardon, Boudou maman. Mais ton nom de jeune fille alors ? »
- EF : Le jour où on va oser poursuivre les fraudeurs fiscaux en France, comme les Japonais chez eux, on va récupérer de quoi payer 2 fois le système de sécu, un abonnement amazon premium pour chaque français et même l’happy hour Chez Dédé tous les vendredis.
- VG : Je voudrais rien dire sur la fidélité de Laëtitia mais je trouve quand même que ses deux filles ne ressemblent pas beaucoup à Johnny
- ES : Comment financer les mesures de Macron ? La crise est-elle réellement derrière nous ? Y aura-t-il une liste Gilets Jaunes aux Européennes ? Il reste vraiment beaucoup de ronds-points d’interrogation…
- OM : J’ai à peu près compris pour les Gilets Jaunes, mais les Pulls Moches ils gueulent pour quoi exactement ?
- PE : Vous rigolerez moins quand vous aurez dessaoulé après les fêtes et que vous vous rendrez compte que Nicolas Sarkozy sera devenu Ministre de l’Intérieur, Bernard Tapie Ministre de l’Emploi et Jérôme Cahuzac Ministre des Finances.
- NP : Chercher des cadeaux de Noël c’est comme draguer en soirée : au début tu es super exigeant mais à la fin tu es prêt à prendre n’importe quoi.
- RR : Pas de coup de pouce pour les fonctionnaires. Juste un doigt.
- JC : J’espère que l’année se termine bientôt, mon agenda est presque fini.
- PPP : Je me demande ce que faisaient nos parents pour tuer le temps avant Twitter ? j’ai posé la question à mes 27 frères et soeurs , ils n’en ont aucune idée
- OB : Le sachiez-tu ? Si tu dis trois fois « urgences » devant ta glace en frottant une boîte d’Ibuprofen, Patrick Pelloux apparaît pour donner son avis.

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Trois fois la fin du monde

18/12/2018 Comments off

C’est le titre du livre de Sophie Divry qui, comme son nom l’indique, est de Montpellier. Livre extrêmement sinistre mais pas désespéré ! Le jeune homme, Joseph,  qui est notre héros tombe lors d’un braquage où son frère est tué sous ses yeux par les flics. Lui-même a juste voulu aidé son frère Tonio alors qu’il n’a pas une mentalité de voyou. Il n’a plus personne dans la vie, plus de parents ni de nana quand il est envoyé en prison. Et pour lui apprendre à bien se tenir, et aussi parce que son frère avait fait de la tôle et sûrement laissé aux matons un sale souvenir, on le place dans des cellules ultra-cauchemardesques et là, l’on comprend comment un jeune qui peut être repêché sera impitoyablement détruit pas la grosse machine et perdra toute humanité.
Mais, après un accident nucléaire gigantesque, il s’échappe de cet enfer qui a tué la plupart des populations entières. Il apprend qu’il fait partie des rares humains à posséder un ADN résistant et qu’à ce titre, il est recherché pour études scientifiques. Mais il ne peut plus blairer l’humain, il refuse de se rendre dans la zone protégée, commet un acte irréparable et s’en va vivre comme un ermite (débutant) dans un endroit, un hameau déserté, où il n’y a plus d’êtres vivants. Il va redevenir Robinson, apprendre à vivre sans aucun confort ni information ni contact puisque toutes les communications, l’eau et l’électricité ont été coupées. cette solitude absolue, dans un premier temps, lui convient bien. Mais ne risque-t-il pas la folie ? Heureusement pour son mental, il rencontre un mouton qu’il va apprivoiser puis, plus tard, une petite chatte qu’il lui faut aussi amadouer. Ces deux bêtes deviennent sa raison de vivre, il se doit de les nourrir et de les protéger. Mais…
Livre très fort mais il vaut mieux avoir le moral pour en apprécier pleinement le style.

Trois fois la fin du monde de Sophie Divry, 2018,  aux éditions Notabilia. 236 pages, 16 €

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

La grand-mère de Frédéric Pommier

15/12/2018 Comments off

Vous le connaissez, Frédéric, super sympa, qui fait sa revue de presse sur France Inter. Il écrit des livres ou des traités et cette fois, il nous offre un récit plus intime, Suzanne, sur sa grand-mère, cloîtrée dans un EHPAD car, vu son grand-âge et son état de dépendance, impossible de faire autrement. C’est poignant. Dans le premier établissement, Suzanne n’était pas bien traitée, c’est le moins qu’on puisse dire, manque de soin, manque d’empathie, manque de temps, infantilisation, bouffe dégueulasse… jusqu’à ce qu’on lui trouve une autre résidence, plus humaine, plus confortable. On est rassuré.
Mais le livre n’est pas qu’une charge contre cette façon de traiter nos vieux. C’est aussi, à 80%, l’histoire reconstruite de sa grand-mère bien aimée depuis sa naissance en 1922, et même avant, une bien  jolie façon de l’ancrer dans cette presque centaine d’années qu’elle a traversées avec plaisir, amour, enthousiasme, énergie. Et liberté. Car elle a été une femme libre, plutôt casse-cou, cash, pleine d’allant et de force, de projets. Elle a connu le grand amour, le seul, le vrai mais dont le cœur a lâché trop tôt. Ils ont eu quatre filles qui portent toutes un nom de fleur, Iris, Rose, Violette et Marguerite, et un petit garçon, Paul, rêve du papa, mort hélas juste quelques jours après être né. Elle a connu la solitude, ne voulant pas « refaire » sa vie mais a repris goût aux activités professionnelles, travaillant dans des cabinets d’avocats, le domaine de feu son époux.
L’histoire bien sûr importe mais le plus beau du livre, c’est la façon dont Frédéric Pommier nous restitue les couleurs des années traversées, en touches expressionnistes qui les rendent fleuries, odorantes, sonnantes et parfois trébuchantes. La poésie du temps passé nous attrape par la main quand d’un seul coup, bim ! quelques lignes sur ce foutu EHPAD vient interrompre le charme. Qu’à cela ne tienne, on le retrouve au chapitre suivant, on retrouve la Suzanne bien vivante et sa manière « virile » de conduire sa voiture, le récit de ses innombrables voyages, l’achat ou la revente de ses maisons avec les beaux arbres dont elle tombait amoureuse, les années noires de la guerre, l’occupation, les « Boches », puis les incursions à Paris, concerts et théâtre qu’elle adorait.
C’est un très joli livre, un très bel hommage à une grande dame, c’est ainsi que je l’imagine, qui peu à peu, sombre dans le brouillard d’une vieillesse ingrate. Mais une femme qu’on n’oublie pas lorsque le livre est refermé. Ce matin, les amis de radio de Frédéric ont évoqué le livre car il figure dans le Parisien. Alors, j’ai appris que Suzanne vit toujours, mais en est-elle encore consciente et doit-on s’en réjouir ? Question délicate.

Suzanne de Frédéric Pommier, 2018 aux Editions Equateur. 236 pages, 19 €

Texte © dominique cozette

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