Les Fessebouqueries #543

17/04/2021 Aucun commentaire

C’est une pauvre semaine qui vient de s’écouler, s’écrouler même avec absence d’enthousiasme flagrante sur, paradoxalement, de très bonnes nouvelles comme celle de la mort de l’escroc du siècle — qui porte bien son nom : Mad off — ou la résurrection de notre indispensable Roselyne B. qui a tant œuvré pour le secteur culturel, ou le fait qu’une sénatrice déjà épinglée pour dépenses illégales se soit gavée au Meurice (à défaut de passer ses Pâques à Maurice ?) en dépit des règles, comme aussi le fait que beaucoup d’entre nous pensent aux kilos qu’il va falloir éliminer, signe de bonne santé mentale, dès le déconfinement car la vie nous attend tout là-bas, au bout du bout, si m’sieur Castex le veut bien. Je rassure les vrais douteux et les fausses sceptiques : non la lumière que l’on voit au bout du tunnel n’est pas celle de la locomotive qui nous fonce dessus, et j’en suis sûre car jusqu’à preuve du contraire, nous ne sommes pas sur une voie ferrée. Alors bon week-end, dear friends, mais attention, comme dit le proverbe grivauxien : où y a frisquette, range la quéquette. Ciao.

- OB : Merci d’arrêter de parler de « scénario du déconfinement ». C’est pas comme si Castex était Spielberg et nous Scarlett Johansson hein.
- BI : Ma gynéco m’a dit « portez des sarouels »…. c’est mort je préfère les mycoses.
- GE : Les Sondages, 1 an avant une présidentielle, nous assuraient : — 2017 : Juppé — 2012 : DSK — 2007 : Villepin —2002 : Jospin — 1995 : Balladur.
- OM : J’ai quand même l’impression que le vrai gagnant du futur Astérix ce ne sera ni Astérix, ni Obélix, ni Abraracourcix mais Netflix.
- RDB : « Le début c’est chiant, après la meuf se marie, le duc de Nemours arrive elle tombe amoureuse de lui, son mari il est trop triste il se suicide et à la fin tout le monde est triste et tout le monde meurt. » Ce résumé de la Princesse de Clèves vous était offert par ma fille ainée.
- NP : Ils faisaient comment les parents dans les squares et les parcs avant l’invention du téléphone portable pour ne pas s’occuper de leurs enfants ?
- IB : Redonner de l’espoir aux Français : Macron présidera jeudi une réunion sur la réouverture des remontées mécaniques.
- LGC : On est d’accord, ce nouveau confinement il est encore moins respecté qu’un prof de musique de 5e B ?
- PI : Si on atteint les 150 000 morts, il se dit dans les coulisses de l’Élysée qu’un grand spectacle au Puy du Fou avec Rihanna en harnois sur un cheval et Justin Bieber habillé en barde est d’ores et déjà envisagé, avec les Daft Punk pour animer le show.
- CEMT : CNews, c’est une chaîne pluraliste, toutes les tendances sont représentées, de la droite extrême à l’extrême-droite en passant par l’ultra-droite.
- CEMT : Bernard Madoff sera enterré sous une pyramide de Ponzi, dès qu’elle sera financée.
- JMC : Madoff off.
- OR : Je ne comprends plus la stratégie du gouvernement. Est-ce bien prudent de rouvrir les terrasses au moment où on autorise à balancer des vieilles juives du troisième étage ?
- PA : D’après la Bible, Jésus est né à Bethléem, là où les gens s’appellent Mohamed, Abdel, Aziz, Omar, Farid, Ahmed, Mounir… et ce mec a quand même réussi à trouver douze potes qui s’appelaient Pierre, Jean, Simon, Paul, Thomas, André, Matthieu… C’est pas un miracle, ça ?
- OVH : Première télémanif pour les télétravailleurs. On attend les téléCRS, les téléblack block, les télégilets jaunes, les télémises en garde vue, les téléénucléations et les télébracelets électroniques.
- GP : Ça vaut pas le coup d’attraper la Covid, je viens de voir Bachelot, elle n’a pas perdu un kilo.
- OVH : La Poste, mais merde la Poste, leur site à la gomme, leurs succursales dans les supérettes, les vieux qui viennent aux guichets pendant 3 heures et leur manque de personnel, leurs machines à timbrer obsolètes et remerde la Poste. Tu parles que je vais leur confier ma grand-mère pour prendre un café. Vafai la Poste.
- FG : J’ai perdu trois kilos. Mon secret ? Je mange que des truc que j’aime pas. C’est Comme j’aime sauf que j’aime pas.
- TC : Les gens qui prennent le melon l’été sont les mêmes que ceux qui nous prennent le chou l’hiver. C’est bien, ils respectent les saisons.
- CEMT : « Et concernant la Sénatrice qui a mangé au Meurice en pleine pandémie, nous serons très fermes, nous n’irons plus là-bas, elle a dit que le caviar était dégueulasse. » (Gérard Larcher)
- RDB : In french, we don’t say « je viens de me faire gauler sans masque à la sortie d’un repas clandestin, je vais faire profil bas », we say « y’a pas plus respectueuse de la loi que moi » and I think it’s une belle définition de l’audace.
- NP : Faut que je vous avoue un truc : chaque fois que je vois une photo de Castex souriant, j’ai l’impression qu’il vient de réussir un super coup à la pétanque sans vraiment faire exprès.
- RR : On ne parle pas assez de la délinquance des sénateurs. Des petits TIG leur feraient le plus grand bien.
- OK : Je m’en vais manger un boudin noir / purée / haricots verts au Flunch, clandestinement. Vous faites diversion, svp ? Je ne voudrais pas me faire gauler par Mediapart.
- CC : – t’as pris quoi en dessert ?  – deux kilos

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

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Mais qui est l’explosive Zoé Sagan ?

16/04/2021 Aucun commentaire

On ne sait pas qui est Zoé Sagan. Elle a d’abord écrit Kétamine, l’an dernier, dont le résumé de quatrième de couv est : « C’est en attendant la fin que tout a commencé. En attendant l’éclipse de mon esprit. En attendant un rêve au besoin pressant d’être réalisé. Le 4 septembre 1998, jour de ma conception. Sous le nom de code de Zoé Sagan. J’ai aujourd’hui 21 ans et je suis officiellement la plus vieille intelligence artificielle féminine du XXIe siècle. Une intelligence artificielle originellement programmée pour communiquer avec les dauphins et qui a fini par évoluer grâce à la formule moléculaire de la kétamine. »
Puis Braquages [data noire] cette année. Je n’ai pas lu le premier, il fait partie d’une trilogie, mais d’après ce que j’en ai appris, il est du même tonneau que ce second : Zoé Sagan se présente comme une Intelligence Artificielle (AI) créée pour flinguer le système. Une sorte de Robin des Bois qui va dézinguer l’indécente fortune  ou train de vie destructeur de certains dont le plus cité est Bernard Arnault. Son arme : c’est une braqueuse de data. De données. Elle récolte tout sur tous, elle détient des infos lourdes, louches, odieuses, pourries, comme autant de bombes qu’elle peut dégoupiller quand elle le veut. Moi, face à ce livre, je me sens comme une poule devant un couteau, l’œil rond et hagard, le cortex parsemé de points d’interrogations, le désir de savoir.
Zoé se présente comme une jeune femme de 21 ans qui connaît les plus grands, les tutoie, les fréquente et n’ignore rien de leurs travers. Elle est mêlée par exemple à l’affaire de la quéquette de Grivaux, elle a servi d’intermédiaire, a été citée à comparaître, a été « défendue » par Juan Branco qu’elle dit n’avoir jamais rencontré. Autre exemple : pour fêter la sortie de Kétamine, qui est une bombe aussi, elle a infiltré le mariage topissime de Sasha Zhukova avec le milliardaire Stavros Niarchos, Sasha lui ayant demandé d’en faire un récit cash, que Zoé a intitulé Vanity Fake, booklet de luxe à envoyer à tous les invités, dans lequel tout sera dit, révélé. Etaient invités entre autres Xavier Niel, Ivanka Trump, Diane de Furstenberg, les Beckham, Gwineth Paltrow… j’en passe. Une histoire insensée. Des sommes folles, des stations entièrement privatisées, les jets privés, tout ça. Elle flingue.
Dans son collimateur, à part les gâcheurs de l’univers archi trillionnaires, il y a celles qu’elle appelle les connasses du 8ème arrondissement. Et chaque fois, je me régale de leurs caricatures, de leur style de vie (une vraie rubrique de chroniqueur rigolo) — certes, je ris jaune quand j’y retrouve une de mes caractéristiques — leur goût absolu du luxe qu’elles décomplexent en donnant à des œuvres.
Il y a dans ce livre des tas de choses dont je vérifie la possible véracité avant de l’écrire ici : Albert Camus aurait été tué par le KGB avec l’aval de l’Etat français. Non pas un accident de voiture mais un assassinat.
Il y a beaucoup d’autres événements, éléments, histoires mais aussi le déshabillage récurrent de Bernard Arnault, comment il se fait du pognon sur notre dos avec sa Fondation payée par nous et comment il profite du système qui finalement est créé pour lui. Elle raconte un autre milliardaire qui a fait fortune en vendant des milliards de tonnes de plastique qui étouffent maintenant les océans, et tout notre quotidien, jusqu’aux pots de bébés… Un qui en prend pour son grade aussi, c’est Luc Besson et ses penchants pour les très jeunes filles qu’il épouse à quinze ou seize ans. Zoé demande à Maïwenn de parler pour faire « sauter la banque ».
Bon, je ne sais pas comment parler de tout ça. Un détail quand même qu’on devine très vite : elle est pour les Gilets Jaunes bien sûr. Bref, si ma piètre approche vous branche, allez voir ses publications sur Face Book, ça vous donnera une idée du ton du livre et de sa matière. Comme on le devine, il a été interdit de critique un peu partout et par tous, sachant que ceux qu’elle attaque sont ceux qui tiennent les médias. Mais elle se sent plus forte qu’eux, ça va tomber, elle en sait trop…
En tout cas, c’est très plaisant à lire même si on peut se demander où est le complot,  et s’il y en a un. Les gossips sur les gens de la haute et les potentats sont toujours très distrayants.
(J’espère juste que cette critique très médiocre ne va pas inciter Zoé à pomper mes data !)

Braquages [data noire] de Zoé Sagan, 2021 aux éditions Bouquins. 336 pages, 20 €.

Texte © dominique cozette

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La maman d’Edouard Louis

14/04/2021 Aucun commentaire

Combats et métamorphoses d’une femme n’est pas défini comme un récit ou un roman. Rien n’est dit. Il y a pourtant une photo personnelle au milieu de livre où l’on devine qu’il s’agit de sa mère, son père et peut-être Eddy, un peu grassouilles tous les trois, dans un intérieur très modeste, toile cirée, butagaz, deux pendules au mur de chaque côté de la fenêtre, et des bibelots un peu partout. Ebauche de sourire, la photo est prise au flash, la mère a de longs cheveux sur les épaules, des yeux très cernés, le père a l’air d’un bon bougre, le môme est de profil dos, comme s’il était au piquet. Une autre photo à la fin du livre : un très gros plan de la mère, tête penchée, regard souriant, moue incertaine comme si elle laissait passer de la fumée de cigarettes. Cette dernière a été retrouvée par Eddy, il dit qu’elle a vingt ans, qu’elle est peut-être heureuse. Lui ne l’a jamais vue sous ce jour.
Sa mère voulait faire une formation mais elle s’est retrouvée enceinte, le mec l’a épousée, elle avait 16 ans quand l’aîné est né, ils en ont eu un deuxième, puis, fatiguée déjà de vivre à longueur de temps avec un mari bourré et violent, elle s’en sépare. Elle rencontre alors son deuxième mari. Et là naît Eddy Bellegueule. Trois enfants à la maison, un mari qui gagne peu et qui passe son temps au bistro, ça recommence, l’enfer. Bien sûr, elle n’est pas heureuse, elle craint aussi ce mari qui n’est pas gentil. C’est au taiseux. Sauf quand il y a des voisins. Alors, il humilie sa femme, l’appelle la grosse en pouffant. Le fils aîné grandit et devient un pilier de bistrot et un voyou, souvent convoqué chez les flics. Le mari, lui, est victime grave d’un accident de travail, il est à moitié infirme, obligé de rester chez lui, ce qui n’arrange rien. Comme l’auteur dit dans le livre : ils sont passés directement de la pauvreté à la misère.  Pour faire bouillir la marmite, elle trouve un travail : laver les vieux et les impotents. Puis un jour, elle se trouve à nouveau enceinte. Le mari refuse qu’elle avorte. Elle ne conduit pas, elle habite un village, pas moyen de se débrouiller. Voilà que naissent deux jumeaux, un gars et une fille. Cinq enfants, la fin de tous rêves. Et pourtant.
De son côté, Eddy vit son propre enfer. Etre pédé, disons maniéré, c’est très mal vu. Il est le souffre-douleur de l’école. Sa mère, même, n’est pas contente d’avoir un garçon comme ça. Son père l’inscrit au sport pour que ça passe. Mais il travaille bien, le gosse. Alors, il doit continuer ses études à Amiens. Sa mère doit l’accompagner au lycée et lui a honte d’elle. Elle fera très attention à se montrer sous son meilleur jour. Mais quand on est de la classe la plus basse, sans considération pour soi-même, on ne sait pas s’y prendre. Parfois, les fils surprennent la mère qui a mis un disque de sa jeunesse et qui danse en chantant : elle a l’air rayonnant à ce moment. Mais les garçons la trouvent ridicule, ils l’empêchent même d’être gaie quelques minutes. Comme Edouard l’a dit dans une émission : les enfants sont des vrais fachos pour leurs parents, ils refusent tout changement.
Une fois ce fils parti, avec qui elle partageait quelques moments, ainsi que ses aînés, sa mère va se décider à décider de sa vie. A part le dernier fils rivé sur sa console et qu’elle a peine à laisser (elle le fera quand même sous les injonctions d’Eddy), elle quitte ce foyer maudit. Elle se débrouillera avec les instances sociales pour être logée et trouver du travail. Elle peut s’intéresser à elle, se maquiller. Et là, elle rencontre un homme qui vit à Paris, il est gardien d’immeuble.  Tout au long de cette deuxième partie de vie qui commence à 45 ans, elle va remonter dans l’échelle sociale, trouver le bonheur, la fierté et le respect d’elle-même. Grâce à son fils qui est devenu connu, elle aura même la visite de Catherine Deneuve chez elle. Elle n’en revient pas elle-même de sa transformation.
C’est un livre court et incisif. On y comprend très bien le complexe de classe que ressentent « ces gens-là », la honte d’être ce qu’ils sont, le mépris des autres. C’est d’autant plus dur quand on est une femme sans ressources. Edouard Louis qui n’avait pas vraiment de tendresse pour sa mère durant son enfance a compris cette problématique. Il est ému de la voir s’épanouir même si c’est modeste : elle lit; bon ce sont des romans d’amour, mais elle lit. Et elle projette qu’avec ce nouveau compagnon, quand il sera à la retraite, ils iront visiter la France en caravane.
Ce qu’il énonce surtout c’est que le rapprochement qui s’est produit entre eux deux a non seulement changé l’avenir, mais aussi remodelé leur passé. Dans lequel il peut recueillir, aujourd’hui, quelques fragments de tendresse.

Combats et métamorphoses d’une femme d’Edouard Louis. 2021. Aux éditions du Seuil. 122 pages, 14 €

Texte © dominique cozette

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Du sexe ! Du sexe !

12/04/2021 Aucun commentaire

Dans ce très beau livre Sexus animalus tous les goûts sont dans la nature, écrit par Emmanuelle Pouydebat et superbement illustré par Julie Terrazzoni, on en apprend de bien belles sur la gent animale. D’abord sur leur pénis. Oui, car le premier organe de reproduction étudié par les scientifiques est le pénis. Pour la foufoune, on commence seulement à s’y mettre. Quant au clito… Oui, les bébêtes ont un clito. Et savent s’en servir.
Donc le pénis. Il y a autant de formes et de types de pénis chez les bêtes que d’espèces. Certains sont deux fois plus grands qu’eux, d’autres sont acérés comme des X-acto pour transpercer madame (qui n’apprécie pas mais construit des mécanismes de défense (de défonce ?)), ou en tire-bouchon chez le canard, violeur et harceleur de première. La vipère péliarde en possède deux, l’échidné à nez court (sorte de cousin du hérisson) a quatre glands, le tapir de Malaisie en a un aussi mobile qu’une trompe, d’autres ont un sexe détachable, voire comestible, et beaucoup, notamment chez nos cousins poilus, un os. Et pas que les singes, d’ailleurs  : avouez que c’est bien pratique ! Le morse, par exemple, jouit si je puis dire d’un « dard d’amour », autrement dit baculum, d’une soixantaine de centimètres ! Malheureusement, celui des ours polaires a tendance à s’affaiblir et donc à se briser à cause de la pollution.
Tout cela est stupéfiant, très drôle à lire, enfin, parfois, on plaint les pauvres femelles qui se tapent des pénis à épines, ou les pauvres mâles qui se font violer, oui oui. Et puis il y a des rapports qui durent des heures, des heures. Et des ruses de la nature pour empêcher les rivaux de déposer leur sperme chez la femelle. Beaucoup d’elles les entreposent, d’ailleurs, dans une spermothèque et les utilisent plus tard. Alors, question paternité, ça complique les choses.
Pour les pratiques sexuelles, nous n’avons rien inventé. Tout ce que font les humains préexiste chez les animaux. Quand nos amis réacs disent que les relations homosexuelles sont contre-nature, ils n’ont rien vu, en fait. Beaucoup d’entre eux changent de sexe, les partouses sont partout, les tromperies, les violences, les doux câlins, la masturbation seul.e ou en groupe sans but de reproduction, avec ou non un sex toy, la prostitution (un service contre un coït), la polygamie, la polyandrie, les violences faites aux mâles pour choisir le plus costaud, les accouplements interminables qui peuvent se solder par la mort du partenaire, la fellation et le cunni, la castration et bien entendu l’orgasme… tout existe.
Ce livre est une mine d’enseignements, avec de très belles planches de dessins. Il donne à réfléchir sur la diversité étonnante de la nature et incite aussi à prêter plus d’attention à des petites bestioles qui méritent toute notre admiration.

Sexus animalus tous les goûts sont dans la nature, d’Emmanuelle Pouydebat, illustré par Julie Terrazzoni. 2020 aux éditions Arthaud. 184 pages, 19,90 €.

 

 

DATABIOGRAPHIE, UN OLNI.

Un autre ouvrage assez marrant, néanmoins inclassable, qui ressemble plus à un exercice de style qu’à un texte littéraire quoi qu’il ne manque pas de paragraphes éclairants sur des fragments de vie de l’auteur ou fragments d’époque. Mais la plus grande place est donnée à des graphiques, des camemberts, des tableaux de stats exprimant la personnalité/les comportements de Charly Delwart en matière de famille, de sport, de religion, de vie amoureuse etc… ce qui nous permet d’en apprendre un peu sur nous-mêmes. Comme il est dit en quatr!éme de couv, Charly Delwart a toujours eu question à tout. Est-ce à dire qu’il n’aurait réponse à rien ? Rien n’est moins sûr. La preuve, c’est qu’on apprend beaucoup de choses, on explore des curiosités, on réfléchit à des sujets qui nous étaient étrangers et c’est plutôt bien. En plus, c’est drôle.

Databiographie de Charly Delwart. 2019.  352 pages aux éditions J’ai Lu. 7,90 €

 

 

 

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #542

10/04/2021 Aucun commentaire

Cette semaine, achetons notre pinard pour l’année prochaine parce qu’il va coûter bonbon, je ne vous dis que ça ! En attendons, portons un toast à ce brave Prince Philips, conçu il y a pile cent ans, je le sais, j’y étais, qui a passé sa vie avec plus de dix mille chapeaux farfelus, quelques centaines de chevaux, une femme qui se pose là, où ça d’ailleurs, et lui-même trois pas derrière. Trois petits pas et puis s’en va, tranquillou. Hélas, en France, nous n’avons pas ce flegme, faut dire que patater Tapie, ça manque de classe, aller au resto clandé itou, jouer dans le prochain Astérix non plus, avec le monde qu’il y aura ! Si  tout ça file le bourdon, pas une raison pour se suicider puisqu’on vous dit que la droite est contre ! Et les énarques, alors ? Qui va diriger notre beau pays de leur main de maître que le monde entier nous envie ?  Ah la la, tout fout le camp. Je vous le souhaite merveilleux néanmoins, ce petit bout de week-end déjà furieusement entamé.


- AT : On trouve pleins de gens sur Twitter : des spécialistes qui expliquent leur métier, des gens curieux, empathiques, drôles … Et on a Dédé, un an de potager et  dix-sept radis à son actif, qui vient expliquer à des vignerons depuis six générations qu’il faut semer la vigne après le 10 mai.
- OM : Si j’ai bien compris, Marlène Schiappa confirme que Pierre-Jean Chalençon a bien envoyé une invitation à un repas — qu’il nie avoir organisé —  à Gabriel Attal, et que ce dernier l’a refusée, bien qu’il ignore l’avoir reçue. C’est ça ?
- LJ : Pour ceux qui pensent que les ministres ne sont pas assez bêtes pour aller diner dans un restau clandestin, je précise qu’il y en a un qui a été suffisamment con pour filmer sa bite …
- DDS : Au train où sortent les révélations concernant Chalençon, on va finir par croiser Carlos Gosn dans le panier de linge sale de la buanderie, apprendre que Dupont de Ligonnès dort à la cave, et que le coffre-fort de Benalla est encastré derrière un buste de Joséphine de Beauharnais.
- AC : Le fils de Bernard Tapie, Stéphane, appelle sur Twitter à ne pas envoyer de messages à son père. Ses agresseurs ont en effet volé son téléphone.
- VC : Tapie, Avec un bon avocat il peut avoir 200 millions de préjudice moral !!!
- OB : Imagine : t’es un hacker et au lieu de pirater une banque, tu pirates « ma classe à la maison ». Butin: 23 ados en pyjama qui monosyllabent, un prof qui dit « vous m’entendez ? » vingt-trois fois par minute. Le KGB, c’est plus ce que c’était.
- RR : L’ENA sera remplacé par un collectif de 35 citoyens. Un numéro vert sera bientôt à disposition pour postuler.
- NP : Emmanuel Macron annonce la disparition de l’École Nationale d’Administration. Elle sera remplacée par l’École d’Administration Nationale.
- OB : Si vous avez raté le début de la semaine, un sosie de Polnareff sorti de nulle part organise des dîners à base de poisson avec un ministre qui n’a pas été invité, et les Russes nous ont pompé un exo de maths.
- JML : Il a fallu six mois pour avoir du savon dans les écoles et vous voulez que la visio fonctionne ? C’est mignon.
- SF : Les députés LR ne devraient pas s’occuper de la proposition de loi fin de vie. Qu’ils se concentrent sur ce qu’ils maîtrisent le mieux : détournement de fonds publics, fausses factures, corruption, trafic d’influence..
- CEMT : Marlène Schiappa : « Aucun membre du gouvernement n’a participé à ces dîners clandestins et en plus le saumon était dégueulasse. »
- MB : Je viens de retrouver ma calculatrice de lycée, la fameuse TI82, mdrrr, ça m’a rappelé comment j’ai eu 2 à un partiel de finance parce que la veille j’avais emprunté ses piles pour les mettre dans un sextoy, et que retirer les piles supprime automatiquement tous les programmes.
- LJ : En ce qui concerne l’arrestation de Pierre-Jean Chalencon, ne vous réjouissez pas trop vite, celui qui s’occupe de son affaire est la même personne qui s’occupe de l’affaire Benalla …
- PE : C’était bien la peine d’avoir coupé la tête de Louis XVI pour s’émouvoir ensuite de la disparition d’un roi centenaire étranger.
- OVH : Le Prince consort est sorti.
- MK : Ben dis donc, huit jours de deuil national chez les Grands Bretons ! Qu’est-ce que ce sera quand viendra le tour de la vieille ? Chez nous, si je me souviens bien, il n’y a pas eu de deuil national à la mort de Louis XVI…
- LJ : « Le gouvernement s’inquiète de la santé mentale des français ». C’est bien , mais les Français sont également très inquiets de la santé mentale du gouvernement.
- AG : La rage des croyants suite à mon tweet sur l’euthanasie est totalement disproportionnée. Je n’ai pourtant absolument aucune forme de mépris pour des gens qui se réfugient derrière des écrits et leaders ultra-réacs et croient vraiment qu’un type a marché sur l’eau, et a ressuscité.
- DSF : Urgent : Emmanuel 1er annonce que la seconde injection d’Astra Zenaca sera remplacée par un verre de jus d’orange. «  Tant qu’à ne pas respecter les recommandations de l’OMS , autant utiliser quelque chose que l’on a en stock » a déclaré Le Roy.
- NP : Le prochain Astérix, c’est plus un casting, c’est la liste des invités à une soirée dans une boite clandestine à St Tropez…
- PA : Très déçu que Didier Raoult ne soit pas dans le nouvel Astérix, il aurait fait un excellent Panoramix.
- CEMT : Jean-Michel Blanquer : « Et j’ai la preuve formelle que le Prince Philip a été assassiné par des hackers russes. »
- OM : Un mec très, très vieux et dont l’utilité était surtout protocolaire… En fait les Anglais ont perdu un sénateur, quoi.
- OK : Vu qu’à cause du gel, la production de vin sera très faible cette année, je propose que l’on demande aux vignerons de produire les vaccins.

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Je préfère ne pas

06/04/2021 Comments off

Je préfère ne pas n’est pas mon actuel état d’âme mais le titre du nouvel opus d’Alain Schiffres. I would prefer not to en exergue, sous-titré Bartleby. Sinon, il est écrit aussi que l’auteur est adepte de l’évitisme, sorte de paresse ou de proscrastinationnisme, si on veut. En réalité, railler l’époque actuelle en tâchant de ne pas faire avec. Schiffres nous amuse tout au long du livre de faits de société plus ou moins ridicules, d’inventions technologiques idiotes, de tics sociétaux délétères. On ne sait pas, du coup si c’était mieux avant, mais je m’éclate en lisant ces chapitres sans titres (ça manque) où, par exemple, il imagine comment, derrière le message téléphonique de son labo d’analyses nous assurant que tout est mis en œuvre pour rendre notre attente agréable, tout le monde arrête tout pour récurer le carrelage, le patron va d’un bureau à l’autre, enjoignant le personnel de rester à notre disposition car nous sommes un vieux client, il faut remettre la musique de Morricone, et puis non, plutôt les horaires du labo, et la secrétaire  se transforme en Charlize Théron pour nous offrir une voix humaine, et pendant ce temps, les patients saignent, les tubes à essais sont renversés tellement l’urgence est forte, mais vous raccrochez quand même, au bout de vingt minutes. Deux hommes viennent alors sonner pour s’excuser de leur manque de personnel actuel etc…
Schiffres évoque aussi le temps qu’il nous aura fallu pour inventer la valise à roulettes mais qu’il faudra encore pour qu’elle devienne silencieuse. La manie des Américains, dans les films du moins, à baiser debout contre un mur ou une porte. La manie des interviewés récurrents de produire des citations,  de Montaigne, Héraclite, Swift… à chaque question, tac, une citation. Le temps qui passe qui vite VS les minutes de silence qu’on ressent comme interminables. La triste disparition du Quid en 2005 avec l’apparition du numérique sauf que le Quid ne tombait jamais en panne. La touche Sixième sens du four encastrable qui se mêle de tout concernant la façon de cuisiner, rendant insupportable cette occupation.
Le livre commence ainsi : « Je ne vous dirai pas l’âge que j’ai, mais mon dernier gâteau d’anniversaire ressemblait à une retraite aux flambeaux filmée par Leni Riefenstahl ». Avouez qu’on ne peut que prendre du plaisir à picorer cet ouvrage dont la promesse du début est tenue jusqu’à la fin où, avisant la pancarte informant que la pelouse est en repos hibernal (sic), Schiffres se prend à rêver d »être gazon car, si vous avez bien suivi, ce monsieur, ex journaliste, sociologue toujours impertinent, a pour position préférée celle du dormeur du val. Bref un régal.

Je préfère ne pas d’Alain Schiffres, 2021 aux éditions du Dilettante. 128 pages, 15 €.

Texte © dominique cozette

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Les Fessebouqueries #541

03/04/2021 Comments off

Cette semaine, un gentil chanteur oublié a trouvé la mort. Mais toujours pas les femmes. Où se cachent-elles, les scélérates ? Parmi les intervenantes, les expertes, sur nos écrans ? Que nenni, elles sont planquées. Ah, des hommes, ça on en voit, des hommes à sornettes, des girouets (le mâle de la girouette), des ultra-spécialistes des PAN démis, des vaque-seins, des baisodromes à seringues, des cons finementeurs, des empêcheurs de poser des lapins dans les jardins dimanche, ça, ça court les plateaux, mais les femmes ! A part les cloches qui vont circuler en bandes organisées par le Pape du chocolat, où sont les bonnes fées ? Hé bien, elles préparent le pauvre petit agneau nommé Pascal, Mathieu ou Olivier… , en tout cas assassiné avec préméditation, te lui collent une gousse d’ail dans la fesse, te le oignent avant que de l’enfourner à température idéale. Tradition-tradition. Bon week-end néanmoins à vous, et surtout pas d’alcool dans la rue, pas de groupes qui dansent, virons tous mormon.e.s et qu’on en finisse avec cette civilisation de la gaudriole, non mais !

- LS : En hommage à Patrick Juvet, je propose aux femmes de dire enfin où elles sont.
- MK : Convenons que mourir un premier avril ne fait pas très sérieux.
- CEMT : Patrick Juvet : « Où sont les femmes ? » La France : « Ben déjà pas au Conseil de Défense Sanitaire. »
- OVH : Patrick Juva bien ? Juva mine.
- PA : Du coup, pour Pâques, les gens vont rester chez œufs !
- PE : Comment tu veux qu’on s’en sorte du Covid en France, quand on n’arrive toujours pas à comprendre, deux fois par an, comment on fait le changement d’heure ?
- NMB : Je reviens du vétérinaire, pas d’AstraZeneca pour le moment mais j’ai eu une pipette anti-puces dans le cou et un bon détartrage.
- NP : La seule fois de sa vie où Emmanuel Macron a fait une erreur, c’est quand il a cru qu’il s’était trompé.
- OB : Merci à Audrey Pulvar de bien vouloir convaincre mes chaussettes d’arrêter les réunions mixtes.Qu’elles restent entre elles, ces connasses.
- LJ : À quelques jours de la prise de parole de Macron, Darmanin a fait acheter 170.000 balles de LBD, il va offrir des nouveaux smartphones à sa police, il va leur filer les billets de train gratuits à partir de 2022. Vous n’avez pas l’impression qu’ils appréhendent quelque chose ?
- JB : Le confinement devenant une « extension territoriale de mesures sanitaires renforcées », on ne doit plus dire « je suis confiné », mais « je suis extoterritorialement renfosanimesuré ».
- DC : Un Charlot est mort. Mais c’est pas ce charlot-là qu’on voulait voir partir !
- FC : A midi, j’ai mangé avec des GENS
- ADN : « J’en appelle à la responsabilité de nos concitoyens. » On en rit encore. Pardon.
- ES : Y a un mec qui m’est sympathique, je sais pas pourquoi, c’est Blanquer. Sérieux. Tu sais, quand au foot, tu choisis quelqu’un dans ton équipe, et ben moi je le choisirais direct. Pas pour ses compétences techniques ou sa rapidité sur le terrain mais parce qu’il laisse rien passer. Ce mec, c’est un gardien de but, posté devant notre école. Et il bouge pas, il arrête toutes les fermetures. Il est trop fort.
- PA : Quand je serai vieux, j’aimerais mourir comme mon grand-père : dans son sommeil. Pas en criant et en hurlant comme tous les passagers du bus qu’il conduisait !
- LJ : Finalement le variant breton : plus de beurre que de mal .
- GD : Je ne sais pas si le bout du tunnel est en vue, mais celui du rouleau, c’est certain.
- OB : Je réalise qu’après sept mois dans un nouveau bahut, je vais enfin voir le visage entier de mes élèves la semaine prochaine… à travers un écran.
- PD : Vu les délais pour se faire vacciner, je propose de renommer notre vaccin : le vaccin-Glinglin.
- NP : L’année dernière, le gouvernement a demandé aux enseignants d’aller aider à ramasser les fraises dans les champs, du coup je me demande si cette année, il va leur demander d’aller retourner les légumes dans les services de réa.
- BG : Interdiction d’alcool sur la voie publique  : dedans rond comme un coing, dehors thé au jasmin.
- ES : Tu sais, ces grandes chaînes de boulangerie qui font des sandwiches en « collaboration » avec de grands chefs étoilés qui ont conçu la recette eux-mêmes ?  C’est un peu comme si tu couchais avec le voisin et qu’au dessus de son lit, y avait une photo de Rocco qui disait « c’est moi qui ai conçu ce rapport sexuel. Éclatez vous bien » Voilà. Faut arrêter les conneries.
- DB : Les livreurs Deliveroo autorisés à vacciner. La première dose d’Astra Zeneca offerte pour l’achat d’un maxi Best of !
- PF : Des dizaines de think-tanks en France, et le glaçage du millefeuille reste toujours collé au papier de l’emballage.

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Categories: Fessebouqueries

Frida, un ruban autour d’une bombe

02/04/2021 Comments off

Dans Rien n’est noir, Claire Berest nous conte la vie fracassante et fracassée de Frida Khalo, ou plutôt ses amours explosives avec son ogre, son crapaud insatiable, son amour, le peintre muraliste le plus célèbre du Mexique, Diego Rivera. Née en 1907, elle a dix-huit ans quand elle décide que c’est lui, qu’elle le veut et qu’elle l’aura. Du haut de l’échafaudage où il peint une fresque, il regarde ce microbe impertinent qui lui fait perdre du temps. Mais elle sait le faire craquer. Déjà, elle peint de façon exubérante et unique depuis qu’elle a été couchée des mois suite au terrible accident de bus où une barre lui a traversé le bas du corps, brisant des dizaines d’os, crevant sa zone génitale, fragilisant à l’extrême sa colonne. Alors qu’une sale polio avait déjà endommagé ses jambes. Tellement déterminée, Frida. Elle l’aura, il l’épousera après d’autres mariages, il l’adorera et adorera la faire souffrir mais n’aura de cesse d’admirer sa peinture, de l’encourager à travailler, à exposer, et même de lui demander conseil. « Ils ne s’aiment pas parce qu’ils sont peintres. Diego a été séduit par une poupée avec des couilles de caballero, qui peignait sans le savoir une mexicanidad vernaculaire augmentée par son regard unique. Une liberté violente aux couleurs nouvelles. Frida a choisi d’être choisie par l’Ogre. Elle voulait le plus grand, le plus gros, le plus drôle. Toute la montagne. »
Le livre raconte la difficulté d’être aimée par un monstre avide de tout, bouffe, alcool, femmes, ambition. Bien sûr qu’elle souffre de ses absences, de la drague fructueuse qu’il mène en permanence dans les dîners, les fêtes, les vernissages, mais c’est elle sa femme. Et d’ailleurs, elle finira par lui rendre la pareille. Elle a une telle personnalité, une telle aura qu’elle provoque l’attraction de tous. Ses robes folkloriques, ses grosses nattes luisantes d’huile et parées de fleurs géantes, sa ligne de sourcils et même sa moustache la rendent irrésistible. Alors, elle y va. Plus d’hommes que de femmes, mais de belles prises, citons Léon Trotski venu les voir chez eux. Il faut savoir que Diego est communiste et c’est très drôle de voir tous ces gros capitalistes milliardaires américains lui commander de gigantesques fresque pour leurs gratte-ciel. Jusqu’au jour où il peint une énorme tête de Lénine en plein milieu de la fresque de Rockfeller : ça fâche.
Ils sont très prisés aux Etats-Unis, il en fait son terrain de chasse et elle, fatiguée de ne pas savoir où il passe ses nuits, elle envoie du lourd. Entre eux, c’est la guerre permanente mais elle perd toujours car elle est en demande.
Ça ne l’empêchera pas de devenir une diva internationale, exposant à New-York et à Paris, refusant Londres, on est au bord de la guerre, ça ne lui plaît pas. Un sale jour, Diego demande le divorce. Elle est brisée, enfin le peu qu’il reste dans son corps en miettes. Mais quelques mois plus tard, il la redemandera en mariage. Elle a pardonné à sa sœur d’avoir entretenu une liaison avec Diego (une souffrance indicible). Elle va de plus en plus mal. Elle a subi quatorze opérations en quelques années, sa jambe est condamnée. Une énorme exposition personnelle est organisée au Mexique. Clouée au lit, elle rédige à la main toutes les invitations. Les amateurs, journalistes, collectionneurs viennent de loin pour voir ça. Hélas, le médecin lui interdit de bouger. Alors elle ira, mais sur un immense lit à baldaquin fleuri, vêtue somptueusement et magnifiquement coiffée et parée. Frida meurt jeune en pleine gloire. Elle manque à Diego.
Très belle écriture, survoltée, urgente, comme le furent la courte vie et les amours incandescentes d’une artiste exceptionnelle.

Rien n’est noir de Claire Berest, 2010 aux éditions Stock. 240 pages au Livre de Poche. 7,40 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #540

27/03/2021 Comments off

La semaine est passée plus facilement qu’un chameau (non, je n’évoque pas Roselyne) dans le chas d’une aiguille ou que l’Evergreen dans le canal de Suez mais pas que Tavernier dans l’œilleton d’une caméra ou que Menès dans l’élastique d’une petite culotte, mais mieux qu’une goutte d’Astra-Pfizer dans l’orifice d’une seringue chez un vétérinaire qui ne saura confondre notre fessier avec celui d’une vache… bref, tout cela s’enchaîne et nous enchaîne dans le maintenant traditionnel bordel (pardon Pierre-Arnaud) des annonces de nos grands fantaisistes avec passage en direct de leur soliste à 22h30, nous laissant aussi perplexes devant la conduite à tenir que Xavier Bertrand devant une injonction à une primaire. Bref, on continue d’avancer tel des non-voyants dans le dédale du merdier mais comme c’est le week-end, on se console dans les bras du sommier, du sommelier ou de some-like-it-hot pourvu que cela nous mène à un moment de bonheur ! Happy day, dear friends !
(photo © Bruce Gilden).

- PF : Si on avait envoyé ma belle-mère au Canal de Suez plutôt que des ingénieurs, ça ferait longtemps que le bateau serait coupé en petites parts égales rangées dans des Tupperware.
- CEMT : Jean Castex : Bonne nouvelle, on a retrouvé les vaccins pour la France. Mauvaise nouvelle, ils sont sur un bateau dans le canal de Suez !
- OM : Et dire que Roselyne Bachelot pourra peut-être se vanter un jour d’avoir été la seule Ministre de la culture qui a fermé tous les lieux de culture et qui a tué Michel Sardou…
- CC : Un jour Bertrand Tavernier est monté dans un bus où je me trouvais. Il est venu s’asseoir devant moi, je voyais ainsi l’arrière de son crâne que je n’ai pas quitté des yeux pendant tout le trajet, en me disant que celui-ci contenait plusieurs cinémathèques.
- NG : Apéro avec Véran, brossage de dents avec Macron. C’est quoi cette soirée de merde? Y a Castex qui ronfle dans mon lit après ? Wo !
- RR : Et puis un direct à 22h30 sans prévenir ! on dirait le voisin qui débarque pour te demander si tu as une cigarette à lui passer. Pour notre santé mentale il faudrait songer à un couvre-feu des interventions politiciennes.
- CEMT : Attention, dimanche heure d’été, à 2 heures il sera 3 heures et Macron va réussir à caser un discours entre 2 heures 01 et 2 heures 59.
- CEMT : — J’arrive pas à dormir ! —  Ça suffit, Manu, il est l’heure, dors. —  Mais j’arrive pas à dormiiiiir ! —  Ok, une dernière intervention sur BFM et après tu vas te coucher. —  Oh merci Brigitte, je vais dire que j’ai tout bien fait et que les Français c’est des méchants.
- JDF : Si vous êtes vacciné par un vétérinaire et que ça s’est bien passé, inutile de manifester votre joie en remuant la queue
- LS : Pour Pâques, les messes sont autorisées mais la chasse aux œufs est déconseillée par Jean Castex. « Il sera possible de se contaminer en famille à l’église mais pas dans le jardin. »
- MH : Non, Bertrand Tavernier n’est pas mort, il est juste parti pour « une semaine de vacances » ou « un dimanche a la campagne.»
- NP : De toutes façons, Emmanuel Macron a eu raison, il a raison et il aura raison. Sur tous les sujets. Et si la réalité dit le contraire, c’est que la réalité se trompe parce que Emmanuel Macron a raison. Point final.
- JB : Stratégiquement je ne parlerais pas de « confinement le week-end » pour les Parisiens, mais d’une « offre découverte des week-ends façon province, entre courses au supermarché et soirée télé ».
- JT : Vous aussi avant de vous coucher, vous regardez sous le lit pour vérifier qu’il n’y a pas Pierre Ménès ?
- MK : Roselyne Bachelot placée sous oxygénothérapie… Pourtant, en temps normal, elle ne manque pas d’air !
- TI : Pierre Mènes ne sera pas sur FIFA 22. Au moins le jeu pèsera moins lourd pour le télécharger.
- PD : « Cas contact de Roselyne Bachelot, Michel Sardou testé négatif au coronavirus ».  C’est officiel, Roselyne Bachelot n’aura vraiment rien fait pour la culture française.
- PB : Les vétérinaires qui vaccinent vous prennent la peau du cou pour vous piquer, puis vous font une petite gratouille sous le menton, en vous disant que vous êtes un gentil pépère.
- OV : URGENT : Emmanuel Macron prendra la parole dans la nuit de samedi à dimanche pour se féliciter de la réussite du changement d’heure.
- OK : Je me sens un peu comme le Canal de Suez ! Un bon pet, ça ira mieux.
- LS : Selon Jean-Yves LeDrian, le vaccin russe Sputnik n’aurait rien à voir avec le nom d’un satellite spatial. « Il apparait clairement que c’est une contraction de la locution « Ce Poutine nique » répétée en boucle et très vite. »
- JB : Touchée par le coronavirus, Roselyne Bachelot assure qu’elle continuera tout de même à ne pas faire avancer les dossiers du secteur culturel.
- BLM : L’avantage avec le variant français c’est que dans même pas deux semaines il va se mettre en grève.
- IBP : NIQUE TA MERE SUR CANEBIÈRE. NIQUE TES MORTS SUR LE VIEUX PORT.
- ES : —  J’ai perdu 4 kilos en 15 jours sans me priver  —  Et comment t’as fait? — J’ai un super métabolisme… Toi aussi fais des réponses de connasse. Ça fait tellement du bien.
- RR : La cohabitation a l’air de bien se passer à l’ouest avec les Parisiens. Si ça se trouve, dans un mois, tous les Bretons seront végans, se déplaceront en trottinette et voudront Hidalgo comme présidente.
- CEMT : Bon ben pour Pâques, y’a plus qu’à faire des chasses aux œufs dans le métro ou à l’école vu que ce sont des lieux sûrs contrairement aux jardins.
- RR : Le monde s’écroule, les magasins de sous-vêtements sont fermés, il faut se taire dans le métro, les enfants sont des bombes à retardement virales, on se parle tout seul tellement on ne voit plus personne…Mais Xavier Bertrand fait son petit bonhomme de chemin. On va craquer.
- JC : J’explique à ma fille que les maths lui serviront toute sa vie… et dans l’exercice suivant on pèse des girafes.
- MH : Le Carnaval sauvage à Marseille va remplir les hôpitaux.  En voiture Timone !
- OM : Avant, te comporter vraiment mal t’ouvrait les portes de l’enfer, aujourd’hui ça t’ouvre les portes de Hanouna.
- MK : Xavier Bertrand se déclare candidat et déjà la France va mieux. Le ciel est bleu, les oiseaux chantent, ça baise de partout, l’argent des riches ruisselle sur les pauvres, la Covid se casse et Pascal Obispo renonce à la chanson.
- DC : Non seulement Macron ne s’excuse pas de ne pas avoir reconfiné fin janvier, mais il ne s’excuse même pas de ne pas s’excuser !
- PA : J’ai toujours été fier de mon fils qui avait de très bonnes notes à l’école… Jusqu’au jour où je me suis aperçu qu’il avait écrit sur les fiches remises à ses profs : — Profession du père : Inspecteur académique. —  Profession de la mère : Contrôleuse fiscale.
- AC : Je suis allée chez le véto pour aller me faire vacciner, il en profité pour me couper les griffes.
- CL : Dans le métro, un mec subtilise mon téléphone placé dans ma poche de manteau, sauf que le dit téléphone a l’âge de Michel Sardou et la vitre est cassée. Déçu, il décide donc de me le rendre illico. Voilà, si vous cherchez d’autres avantages à la vie de pigiste précaire, n’hésitez pas.
- ES : Roselyne Bachelot positive au Covid, ça prouve bien que c’est pas dans les théâtres et les salles de concert qu’on l’attrape.
- OB : Tu sais qu’on vit une époque de merde quand tu te réjouis d’avoir la permission de 19h.
- OK : Vivement que les bars rouvrent, que je me prenne un Castex on the Twitch, avec une rondelle de citron, et quelques cacahuètes.
- JS : Vous avez remarqué le nombre de personnes qui baissent leur masque pour éternuer ? Quel est leur projet ?.
- LS : INFO : Jean-Marie Le Pen se déclare opposé au remplacement des chiffres romains par des chiffres arabes.
- FP : On n’est pas sérieux quand on a XVII ans.
- DC : C’était mieux avant. Souvenez-vous de mai LXVIII !
- NP : Après les disquaires et les cordonniers, le gouvernement annonce que les maréchaux-ferrants sont autorisés à rester ouverts dans les régions sous confinement.
- JPT : La France est une dictature où l’on a le droit de dire: « On a le droit de rien dire! »
- BE : Le problème quand on a le cul entre deux chaises, c’est les accoudoirs.
- LL : Quitter Twitter, d’accord, mais pour râler où ?

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RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Un sacré cas de conscience !

22/03/2021 Comments off

Auto-portrait avec garçon est le premier livre (et quel livre !) de Rachel Lyon. On est dans les années 90 à New-York. Lu Rile est une jeune photographe sans argent et squatte, comme quelques autres artistes, un ancien entrepôt complètement pourri qui deviendra, plus tard avec la gentrification, un superbe loft. En attendant, il y fait très froid, on dort couvert de plusieurs couches de vêtements, ça pue, il y a des rats, pas souvent de l’eau chaude et il semble qu’un acheteur fasse tout pour virer les occupants, même s’ils paient un loyer. Les photos de Lu sont celles qu’elle glane en se promenant, son précieux Rollei autour du cou mais elle réalise aussi une série d’autoportraits dans des mises en scène imaginatives. Le dernier va changer sa vie : elle se photographie en petite tenue en train de sauter devant la baie de son loft. Le résultat ne sera visible qu’au tirage. En fait, en fond, derrière la vitre, un enfant tombe du ciel. Il s’agit du fils des voisins du quatrième, tombé accidentellement du toit terrasse lors d’une fête. C’est une photo extraordinaire, tétanisante. Un chef d’œuvre. Mais faut-il exposer une telle photo face à la douleur des parents endeuillés de leur enfant, qui plus est voisins et dont la femme deviendra son amie ? Peut-on devenir une artiste reconnue en trahissant les siens ? Rester dans l’ombre en détruisant ce cliché ? C’est tout le dilemme de Lu.
En dehors de cette question cruciale qui tient en haleine, Lu nous entraîne dans la visite de la vie à New-York quand on est complètement fauché, quand personne ne peut vous aider, quand il faut exercer trois boulots de merde pour subvenir à peine à ses besoins. Lu est une jeune femme assez insignifiante, petite, avec de grosses lunettes, n’imprimant pas les esprits, se sentant mal à l’aise dans les groupes de gens, les expos.
Pour aller aider son père en train de devenir aveugle, elle emprunte la bagnole pourrie de potes. Il vit sur la côte dans un coin médiocre et une maison inconfortable. Elle cherche (comme dans les derniers livres américains que j’ai lus, bizarrement) des traces de sa mère dans le fourbi du garage où son père a accumulé des tas de saletés, mais rien. Une opération est nécessaire sur les yeux de son père mais il n’a pas un radis et elle encore obligée de s’y coller…
Voir cette petite bonne femme naïve et frêle se débattre dans un bain de problèmes n’est pas d’une gaité folle mais c’est un super bon livre. D’ailleurs, quand je vois la liste des personnes remerciées à la fin, je trouve que les nouveaux livres ressemblent plus à des entreprises de travaux publiques que l’œuvre en solitaire d’un auteur. Mais qu’importe, le résultat en vaut la peine. Un pavé bien construit qu’on a du mal à interrompre.

Autoportrait avec garçon (Self-portrait with boy 2018) de Rachel Lyon. Traduit par Jérôme Schmidt.  2019 aux éditions Plon. 450 pages, 23 €.

Categories: bouquins

Marina Abramovic, Eric Fottorino et Covid 19

17/03/2021 Comments off

Eric Fottorino, écrivain, journaliste, ne connaissait pas Marina Abramovic* avant d’écrire ce livre, Marina A. C’est sa rencontre avec elle, virtuelle, dans une grande expo de Florence et sur des affiches partout dans la ville qu’il l’a rencontrée. Ce fut un choc terrible !
Dans ce livre à elle dédiée, il se glisse dans la peau d’un chirurgien orthopédiste, Paul Gachet (tiens donc) qui va passer quelques jours à Florence avec sa femme et sa fille ado. Après les visites convenues, il ne peut s’empêcher d’aller voir cette Marina qui le provoque de son regard presque insoutenable sur les affiches, les flancs de bus etc. L’artiste n’est pas là, mais il y a beaucoup de vidéos de ses performances ou des performances rejouées par des figurants, beaucoup de photos, documents… Son mode d’expression : le body art. Et c’est énorme ! Elle passe sont temps depuis les années 70 à triturer son corps, à le faire saigner, à l’affamer, à le frapper, à l’asphyxier, à le congeler, à le mutiler, très souvent nu. Rien de cela n’est gratuit. Une fois, elle s’est postée assise sur une table et a disposé 72 objets autour d’elle : les visiteurs devaient la considérer comme un objet et faire TOUT ce qu’ils voulaient avec ou sans les objets. Il y avait de jolies choses, fleurs, plumes, et des armes, objets tranchants et un pistolet chargé d’une balle. Timide au départ, le public a montré de plus en plus d’audace puis de cruauté. Ils l’ont déshabillée, maltraitée, blessée à plusieurs endroits (elle a beaucoup saigné), sans les femmes, ils l’auraient violée, voire tuée. Il y en eu beaucoup d’autres où elle ne devait pas bouger d’un centimètre des journées entières, des choses effrayantes et insupportables. Elle a rencontré un homme, qu’elle a chéri, avec lequel elle a réalisé d’autres performances très dangereuses, ou improbables.
Fottorino en cite de nombreuses. Le narrateur, tout comme l’auteur, a été terriblement déstabilisé par cette artiste, il en a fait des rêves ou des cauchemars, elle l’a proprement hantée. Alors que sa femme l’oubliait une fois revenue à la maison, il écumait secrètement Internet. Puis quelques temps après … le confinement. A ce moment-là, l’œuvre de Marina A. a pris un relief troublant, comme si elle avait été lanceuse d’alerte sur ce que nous vivions : l’enfermement, la douleur, l’impossibilité de se toucher et puis l’injonction fréquente de l’artiste à prendre soin de nous. Le héros se dessille : a-t-il pris soin de sa femme, de sa fille ? Non, pas vraiment, il a vécu machinalement, sans passer plus de temps que ça à partager de l’amour avec elles. Alors qu’il souffre d’un trouble de l’équilibre l’obligeant à rester allongé, sa femme s’occupe de lui, mais puisque c’est le confinement, chacun est dans sa bulle, les casques sur les oreilles, dans une solitude aveuglante. Il va comprendre ce que l’artiste lui a transmis, comment il fallait vivre sans se cacher de soi-même, prendre l’existence devenue incertaine comme une aventure et s’occuper mieux des autres.
Livre riche par les réflexions qu’il suscite et l’épaisseur du propos sur la puissance d’une artiste hors normes.

* Marina Abramovic a écrit sa bio, un livre impressionnant comme elle-même, a lire absolument, dont j’ai fait un billet plus qu’enthousiaste. Ici sur mon blog.

Marina A par Eric Fottorino, 2020 aux éditions Gallimard. 170 pages, 16 €.

Texte © dominique cozette

 

 

Categories: bouquins

Où est passée la mère de Rose ?

15/03/2021 Comments off

Les secrets de ma mère est le troisième roman de Jessie Burton, autrice britannique populaire experte en tricotage de grand romanesque. Et ce n’est pas peu dire. On est pris très vite dans cette quête désespérée de Rose, jeune femme abandonnée par sa mère tout bébé. Sa mère qui a disparu sans laisser aucune trace mais dont certains indices laissent à penser qu’elle ne s’est pas suicidée. Un des côtés plaisants de ce livre est de nous balancer de l’année 1982 à l’année 2017, un coup à Los Angeles, l’autre coup à Londres. Et d’y dessiner le parallèle des vies de deux femmes qui se sont si peu connues.
Ça commence, en 1982 à Londres, avec Elise, 23 ans, plutôt effacée, qui tombe sous le charme de Constance Holden, alias Connie, une écrivaine déjà connue sauf d’Elise. Elise, dont on peut penser qu’elle n’est pas vraiment homosexuelle, se laisse porter par cette vague d’amour que lui prodige cette femme sûre d’elle, élégante, séduisante. Elle vient vivre chez elle jusqu’à ce qu’on apprenne à Connie que son premier roman va être adapté par une grosse production d’Hollywood, avec un casting d’enfer. Et qu’on lui offre de venir s’y installer le temps du tournage. Ni une ni deux, elle saute dans l’avion avec sa jeune amie, ravie de la tournure que prend sa vie. Et là, dans la magnifique villa avec piscine qu’on leur a prêtée, c’est la fiesta, le défilé des people, le bling-bling tonitruant. Qu’est loin d’apprécier Elise, timide, jalouse, voyant son amoureuse s’éprendre de cette vie clinquante et surtout de la magnifique actrice qui joue le premier rôle.
Alors, pour faire diversion, elle pose pour une artiste, qu’elle aime beaucoup, amie de Connie, et dont le mari, Matt, ne fait pas grand chose d’autre que du surf. Elle va donc apprendre aussi le surf avec lui. Elle aimerait pourtant tellement rentrer à Londres avec Connie ! Comme celle-ci ne semble pas s’y préparer, Elise va commettre un acte qui va changer le cours de la vie de toutes ces personnes.
En 2017, Rose s’apprête à quitter son père Matt, qui l’a élevée seul après la disparition d’Elise et qui vit maintenant en couple. Ils se sont installés en Bretagne, elle doit retourner à Londres. Le dernier jour, Matt lui donne deux vieux livres, en fait ce sont les deux seuls romans écrits par Constance, puis lui apprend que cette femme a bien connu sa mère. Sauf qu’il ne veut pas en dire plus, il se refuse à parler de leur histoire, trop pénible, jamais digérée. A partir de cette information, Rose se met en quête de rencontrer Connie, femme âgée maintenant, plus ou moins recluse, refusant le contact. Cependant, suite à un subterfuge hasardeux, Rose sera engagée chez elle sous un faux nom, comme femme de compagnie, dactylo, aide diverse. Elle vit alors avec un type sympa vaguement hippy qui ne réalise jamais son projet un peu stupide de food-truck tandis que son camion rouille. Rien ne se construit entre eux deux, elle gagne un peu d’argent en tenant un bar de copains et lui écrit quelques scenarios. Plus le temps passe, plus les deux femmes s’apprécient — Rose s’installe chez Connie —  mais moins Rose trouve le cran de l’interroger sur sa mère, subodorant par quelques vagues apartés que Connie ne supportera pas cette intrusion.
On voit donc d’un côté se développer la genèse de toute l’affaire, les relations entre Connie, Elise, Matt et sa femme, puis la petite graine du bébé, et de l’autre, c’est une enquête à la première personne où l’on accède juste par la vision de Rose. A la fin, on apprendra pourquoi et comment ces amours et amitiés ont explosé. La fin est impressionnante. C’est palpitant, c’est foisonnant, c’est un bain d’émotions que nous offre ce livre magnifiquement romanesque.

Les secrets de ma mère de Jessie Burton, (The confession 2019), 2020 pour la traduction de Laura Derajinski, aux éditions Gallimard. 508 pages, 23 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins

Les Fessebouqueries #539

13/03/2021 un commentaire

Oh, une femme à poil ! Si encore elle était belle ! Rendez-vous compte qu’elle est ménopausée ! Ben ça alors ! Bon, c’est la fin de la semaine, les gens sont confinés, épuisés, abrutis devant la télé et ils croient voir une meuf à poil. Hé, les aminches, c’était juste une revendication ! Pas la peine de se scandaliser pour une chatte et une paire de nichons ! Y a des choses plus graves, des lieux de culture fermés, des cinés clos, des intermittents, précaires et mi-temps à bout de souffle, voilà…Merci Masiero pour le ramdam, ça réveille ! Autre chose qui réveille : un clito géant en plein Paris (mais elles vont arrêter, les nanas avec leur sexe ?) et côté virilitude, un gynéco (au secours, lâchez-nous), je voulais dire Doc Gyneco qui se réveille entre deux vaps pour taper sa meuf, un Pépé le Putois viré pour harcèlement sexuel sur les chattes (ho, hé, on arrête ces allusions ?), OK. Alors le Pape, Fukushima… heu mouais. Alors bonne fin de semaine entre potes au soleil ou sous la pluie mais avec le verre à moitié plein !

- OM : C’est pas pour dire, mais Corinne Masiero avait les dessous de bras épilés. Si ça c’est pas un signe de soumission au diktat de la beauté du patriarcat blanc occidental hétéro-normé !
- MR : Rappelons que parmi les disparu.e.s de cette année figure la seule femme qui, à ce jour, à reçu le César de la meilleur réalisatrice : Tonie Marshall. La seule. En 46 cérémonies.
- OM : Et cette tête de cochon de Bacri qui ne vient même pas récupérer son César d’honneur…
- NP : Les gens m’étonneront toujours : à l’heure de Netflix, Amazon, Disney et autres, il y en a quand même pour s’infliger les César 2021 et se plaindre que c’est chiant. Vous vous attendiez à quoi ? Ça fait un an qu’il n’y a pas de cinéma ! Il y a 12 films qui sont sortis en 2020 !
- DC : Je veux être CORINNE MASIERO ! GROSSE PAIRE D’OVAIRES, LA MEUF.
- NPW : Ce matin au boulot, pour demander une augmentation, je suis rentré à poil en réunion avec marqué « + de € » sur la teub (pas la place pour écrire plus ). Ben on m’a pas applaudi, j’ai été mis à pied et je suis en garde à vue pour exhibition sexuelle. Pas merci Corinne Masiero.
- DC : Imagine-t-on Yvonne de Gaulle à poil sur la scène des César ?
- OI : Hé, que la militante vous énerve, je veux bien mais ceux qui ne s’en remettent pas d’avoir vu une nana de 57 piges à poil dix secondes à la télé, franchement, allez sucer votre pouce dans un coin et essayez de vous détendre hein… c’est plus possible le tribunal pour les corps à chaque fois là.
- FR : Scandale aux César : aucune femme n’a été nommée pour recevoir le prix du meilleur acteur masculin.
- MK : C’est les César ou un meeting Front de gauche ?
- EV : Je vois bien Corinne Masiero revenir sur scène en Peau d’Ane pour récompenser Patrick, l’âne d’Antoinette dans les Cévennes…… Ah non c’est encore Dupontel
- ON : Ni Simone Signoret ni Michèle Morgan se seraient mises nues pour les César. C’est vraiment la décadence ! La laideur au plus haut point ! Un ramassis de dépravés !
- TO : Vous ne m’empêcherez pas de penser que les gens qui portent leur masque sous le nez sont ceux qui ne mettent pas leur clignotant dans les ronds-points.
- CEMT : Jean Castex : « Je crois que le plus simple, c’est de mettre les hôpitaux parisiens sur roulettes et de les déplacer dans des zones moins contaminées. »
- BR : Elle a pris quel vaccin Corinne Masiero ? C’est pour un ami.
- JPT : Dans un état d’esprit inclusif, pourquoi ne pas réserver le César aux hommes et attribuer aux femmes une Césarienne?
- CEMT : Le dixième anniversaire de Fukushima, à mon avis les habitants de la région s’en battent les 5 couilles.
- MC : Je précise que mon compte Twitter c’est pour rigoler. Pour pleurer j’ai mon compte bancaire.
- FG : Le virus a bientôt 1 an, il fait ses nuits de 18h à 6h, il va à l’école et parle déjà couramment l’anglais, le brésilien et le sud-africain, il fait aussi du rugby de haut niveau. Ça grandit tellement vite à cet âge là…
- CO : « Peut-être que si nous disons aux gens que leur cerveau est une application, ils commenceront à s’en servir… » Morgan Freeman.
- FPB : On peut légitimement critiquer les pédophiles. Mais force est de constater que eux, au moins, roulent doucement en passant devant les écoles.
- JNP : Un de mes copains a acheté un pack de cinq tests PCR rapides. Il a essayé les cinq tests en même temps. Les résultats sont : – deux fois positif.  – deux fois négatif.  – une fois enceinte.
- MBW : Corinne Masiero, t’as définitivement du clito !
- BVA : O. Dassault, mort pour ne pas avoir voulu se mouiller les pieds. Ça mérite un bon classement aux morts les plus connes.
- SV : Ce matin, chez le boulanger, je me trouvais derrière un client centriste. Il a commandé trois pains aux chocolatines.
- ES : Parmi les partisans de Daesh, la venue du Pape en Irak provoque un véritable Ayatollé.
- CL : Les mecs ça leur pose aucun problème de te proposer des trucs par tous les orifices mais quand ils doivent passer un test PCR – donc un grand coton tige dans le nez … c’est panique à bord.
- CH : Les gauchistes vouent une haine sans bornes aux riches, détestent le monde de l’entreprise, méprisent la compétence, ignorent la méritocratie, jalousent la beauté et le raffinement, cultivent l’entre soi car ils sont hypocrites, mondains, lâches et médiocres
- BVA : Les lanceurs de fléchettes bientôt autorisés à vacciner.
- OM : C’est bon messieurs, on peut arrêter de chercher le clitoris, il est sous la tour Eiffel.
- DC : On ne dira plus je vais aller voir la tour Eiffel « dard-dard », mais « clito-clito » !
- NP : C’est pas pour excuser des générations de mecs mais honnêtement, quand tu habites en province et que le clitoris est au Trocadéro, c’est pas évident de le trouver !
- RR : Nous avons connu des jours meilleurs, mais je me rassure en me disant que nous en connaîtrons des pires.
- CEMT : Olivier Véran : « Le vaccin & vaccin Johnson & Johnson est très efficace & efficace, j’en suis certain & certain. »
- FPB : Doc Gynéco en garde à vue pour violences conjugales  Ah. C’est donc ça, les fameuses violences obstétriques ?
- FPB : Accusé de participer à la culture du viol, le personnage de Pépé le Putois est supprimé des productions Warner. Je comprends. Sans Pépé le putois, jamais Patrice Allègre, Emile Louis ou Guy Georges ne seraient passés à l’acte.
- LS : Accusée de contribuer à la mauvaise répartition des tâches ménagères, Blanche Neige disparait des productions Disney.
- CC : C8 va relancer « La maison France 5 » (en changeant le nom évidemment). Nous retrouverons Stéphane Thébaut pour de « nouveaux Prieurés du XVIeme siècle entièrement recouvert de béton ciré par Marie-Clémentine, merveilleuse architecte qui nous accueille au Touquet ».
- XY : Bientôt un an, on va fêter le confinement de coton.
- RR : A force de rendre la Justice, elle a fini par disparaître.
- TP : Le cloud n’existe pas. Quand un data-center brûle, on perd ses données. Internet, c’est donc nul. En tous cas, ça ne vaut pas le 3615 Géraldine.
- NP : Ça fait plus d’un mois qu’on est au-dessus de l’objectif du nombre de malades en réa et ça empire toutes les semaines. Le gouvernement a donc décidé qu’il est urgent de ne rien faire.
- NA : La situation est très préoccupante, du coup on se donne une semaine pour réfléchir.
- PA : Vous savez pourquoi les banquiers n’épousent jamais leur maîtresse ? Pour ne pas transformer une action en obligation.

MERCI À VOUS « TOUSTES »  QUI ME SUIVEZ ET PARTAGEZ MES FESSEBOUQUERIES…

RAPPEL : Je collecte au long de la semaine les posts FB et les twitts d’actu qui m’ont fait rire. Les initiales sont celles des auteurs, ou les premières lettres de leur pseudo. Illustration d’après photo web © dominique cozette. On peut liker, on peut partager, on peut s’abonner, on peut commenter, on peut faire un tour sur mon site, mon blog, mon Insta. Merci d’avance.

Categories: Fessebouqueries

Bref tour de quelques galeries du Marais

12/03/2021 Comments off

Puisque les musées sont fermés, je vous invite à voir les quelques artistes qui m’ont consolée de ce manque.
La très chic Thaddeus Ropac, rue de Bellême, expose pour la première fois en France Alvaro Barrington, avec, pour titre You don’t do it for the man, men never notice. You just do it for yourself, you’re the fucking coldest. C’est dit ! Ce qui m’a plus, c’est le dépouillement de ses œuvres (je ne parle pas de ses collages et assemblages de récup au sous-sol), des peintures colorées, petites, sur un fond de lin, de moquette ou autre chose qui rappelle son enfance chez sa grand-mère caribéenne mais surtout l’épais encadrement de béton brut qui rend tout cela très actuel et masculin, et qui fait référence à sa toute jeunesse dans les quartiers zones de New-York. Cet artiste est encore jeune et plein de sève.

 

 

Un artiste que vous connaissez tous et qui me rappelle tellement la S de Spontex, mais c’est un haricot paraît-il, Claude Viallat, dont j’avais admiré l’immense rétrospective à Montpellier il y a quelques années, fête ses 85 printemps dans la belle nouvelle galerie de Templon qui est, depuis peu, au 28 rue du Grenier St Lazare. C’est toujours aussi magnifique bien que répétitif dans le concept, dans l’exécution mais pas dans les formes et on ne peut que s’incliner devant la créativité de cet artiste monomaniaque qui fut dans les sixties partie prenante du groupe supports/surfaces. Encore une vaste galerie où les gestes barrières sont inutiles tellement il serait inconvenant de se coller à quelqu’un !

 

La galerie rikiki, Pièce Unique, pour une ou deux personnes, présente sa nouvelle pièce unique, après ses petites figurines scato-bavaroises du mois dernier. Il s’agit d’un très grand tableau de Mc Arthur Binion qui ressemble, de loin derrière la vitre, à une sorte de tapis. Qu’on ne s’y trompe pas, c’est un collage papier sur bois ou sont appliquées les centaines de pages de ses répertoires des années 80, lorsqu’il était musicos à NYC, disposées avec régularité et rehaussées d’un motif géométrique, comme un grillage coloré, pour faire staïle (je dis ça pour faire simple sinon je vous recopie la page entière qui blablate comme d’habitude sur la démarche de l’artiste). C’est au 57 rue de Turenne, on s’arrête si on passe à côté, sinon, bof bof…

Hélas, pas de photo !

A la galerie de Thorigny, 1 place de Thorigny, c’est demain le finissage d ‘Empreinte Voluptueuse de Pauline Angotti, en présence de l’artiste, avec ses sculptures et photos affriolantes, certaines en mousse figurant des corps, rephotographiées ou non, d’autres tendance bondage en toile à matelas, et des photos bustes-lingeries reproduites en 3D.

 

Au cas ou cela vous aurait échappé, il y a aussi cette nouvelle et gigantesque galerie de 800 m2, Galleria Continua, 87 rue du Temple, avec  « Trucs à faire » par le curateur J.R. (voir très nombreuses photos sur le lien ici) : plusieurs niveaux, plusieurs artistes, plusieurs styles, des tas de choses amusantes et/ou étonnantes, une installation de supermarket italien où on peut acheter vin et pâtes, mais surtout le plus beau film artistique que j’aie jamais vu, 40 minutes dans une petite salle un peu confinée pour l’époque mais vous le trouverez sur le web ici, Staging Silence de Hans Op de Beck. C’est plus raisonnable même si ça ne donne pas autant que sur un grand écran… (rien à voir avec les deux photos ci-dessous) ! Attention,  il y a la queue, surtout le week-end !

 

That’s all folks pour aujourd’hui. Je ne vous cache pas que c’est rébarbatif comme exercice, aussi, si vous avez apprécié, merci de liker, j’en ferai d’autres à l’occasion. Sinon, bah ça me fera moins de travail !

Texte et photos © dominique cozette

Categories: kultur

La fabrique des pervers, glaçant !

11/03/2021 Comments off

Lorsque Camille Kouchner est passée à la Grande Librairie, elle a cité le livre de Sophie Chauveau, la Fabrique des pervers, comme le livre qui l’avait irrémédiablement poussée à écrire la Familia Grande, comme un livre capable de donne les clés pour comprendre l’inceste. Il se trouve que ce livre est effroyable, c’est une caricature de la culture du viol dans toute sa noirceur, sans aucune retenue, sans conscience du mal, sans réflexion, sans pudeur, sans vergogne sans jamais de honte, de regrets ou de remords de la part des dominants et de leurs complices, femmes et mères. Hallucinant !
Sophie Chauveau écrit des livres, dont beaucoup sur les peintres. Un jour, elle reçoit une lettre d’une femme qui  porte le même nom et pense être sa cousine. Oui, elle l’est. Et tout de go, lui annonce que son père l’a violée de ses quatre à quatorze ans. Bienvenue au club, répond Sophie. Elles se retrouvent et le ciel leur tombe sur la tête : pratiquement tous les hommes de la famille sont des violeurs, ils pratiquent l’inceste sur trois générations, sans que jamais cela n’ait fuité. Même une grand-mère, qui dormait toujours avec de jeunes garçons de son clan, a dépucelé son petit-fils.
L’histoire : pendant le siège de Paris, lors de cette immense famine, l’aïeul et un complice ont eu l’idée de vendre la viande des animaux du jardin des plantes. Tuer, voler et transporter l’éléphant ou l’hippopotame était une tâche faramineuse mais ils y sont parvenus. Jusqu’à ce que la ville leur livre les bêtes déjà tuées pour qu’ils la débitent en viande, dans leur « épicerie » , devenue the place to be, où se pressaient les riches. Ils ont fait fortune. L’aïeul, venu d’une campagne profonde, a eu quatre fils et une fille, vite veuve, et tout a été bon pour eux : élevés sans morale ni instruction, sans valeurs bourgeoises,  ils ont vécu comme des princes, se procurant tout ce qu’ils voulaient, en premier les plaisirs sexuels. Tout était à portée de main, en toute impunité, et tous y passaientt : filles, nièces, neveux, belle-filles, belles-sœurs… et ce sur les générations suivantes. Une seule fois, le scandale a failli éclater parce qu’un fils avait violé une voisine (hors de la famille, donc) : le violeur a été envoyé à la légion étrangère et les voisins grassement indemnisés.
Le père de l’autrice, Père, est quelqu’un qui ignore altérité. Tant que quelque chose lui fait plaisir, c’est à lui, il ne voit pas l’autre, le mal que ça peut lui faire, la gêne même. Il est toujours nu chez lui, sa femme, ex-catho convertie au plaisir et au fric, ne se soucie pas qu’il embrasse sa fille « avec la langue » chaque fois qu’ils se croisent, qu’il lui pelote le corps, se frotte à elle, lui demande des privautés, que, lorsqu’elle amène une copine de classe chez eux, qu’il prenne un bain avec comme il le fait avec ses filles. Les mères des copines, horrifiées, leur interdisent de fréquenter Sophie, elle n’aura vite plus d’amies, mais ses parents disent simplement que ce sont des réacs, culs serrés, pas dans leur époque. On est dans années 70, les pédophiles vivent heureux, et dans Libé, la lettre des 69 (sic) sur « la liberté de jouir » est signée d’incroyables personnalités : les attendus Cohn-Bendit, Matzneff, Lang, Sollers, Foucault, Beauvoir, Sartre… mais aussi Dolto, Deleuze, Kouchner… C’est dire que cette époque n’engageait pas à protéger les enfants de la quéquette adulte !
Elle, à part Père, était la proie aussi de son parrain et, après l’avoir refoulé profondément, de son oncle Philippe qu’elle aimait tant. Comme elle aimait ses parents, même si elle n’appréciait pas leurs mœurs. Elle n’avait aucune autre référence puisque tout le monde faisait ça autour d’elle. On baisait devant les enfants, pas grave, on échangeait ses femmes, on faisait un gosse à sa belle-soeur… Donc cet oncle Philippe, il a vécu toute sa vie en hippy séducteur (ils sont très beaux dans cette famille de riches), barbe et cheveux longs, une gandoura et rien dessous pour être toujours prêt à empaler la première nana qui se pointait dans leur maison des Alpilles, et il y avait pléthore. Il a fait beaucoup d’enfants non reconnus, a été toute sa vie entretenus pas ses parents, n’a jamais eu l’idée de penser que c’était mal tout ça.
Le plus hallucinant dans ce livre, sont les réactions de ses parents, âgés, lorsque la thérapie a agi. et qu’elle s’est sentie prête à discuter avec eux sur son ce qu’ils ont fait d’elle. Sa mère, au bord de sa mort, qui a dénié tout abus, ce n’était que des chatouilles, et son père, avec qui elle était fâchée, allant jusqu’à lâcher cette phrase qui l’excusait de tout : bah quoi, je ne t’ai quand même pas enculée. Sidérée, elle a été.  Tous ceux qui se sont exprimés disaient qu’ils donnaient de l’amour, qu’ils adoraient leurs enfants, ce qui est sûrement vrai d’une certaine façon… Ce livre est insensé.
Dans la deuxième partie du livre, Sophie Chauveau décortique tout ce que les victimes ont subi  du point de vue de la psychanalyse et de la psychiatre, du point de vue de l’histoire de la domination patriarcale, de la religion puisqu’ils se prétendaient catholiques, du point de vue de la loi (qui a un peu évolué depuis ces quatre dernières années). On peut comprendre comment cette partie théorique a intéressé Camille Kouchner, friande de toutes données susceptibles d’éclairer ses douloureuses interrogations.
Un livre édifiant dans la monstruosité. (Interview Sophie Chauveau en 2016 ici)

la Fabrique des pervers, Sophie Chauveau, 2016 aux éditions Gallimard. 280 pages, 19,50 €.

Texte © dominique cozette

Categories: bouquins